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Merci pour vos reviews, ça fait plaisir !! Chapitre dédié à Charlie, qui a insisté (juste un tout petit peu) par reviews interposées pour avoir la suite… Bon, elle veut aussi que je massacre Sheppard, mais euh…haem.
Donc voilà la petite suite…
« Je vous ai gardé pour la fin parce que…parce que honnêtement je…je détesterais penser que les récents événements pourraient avoir affaiblie votre foi en mes compétences de façon permanente. Ou votre confiance en moi. Si c’est le cas j’espère…j’espère que je pourrais les regagner. »
Sheppard sortit doucement du téléporteur, s’approcha de Rodney et lui fit un sourire sincère. Il prit une lente et profonde inspiration et ses yeux se plantèrent dans ceux du scientifique.
« Vous n’avez rien à regagner McKay. Tout le monde fait des erreurs, d’autres plus grosses que d’autres c’est vrai mais… »
« Colonel, j’ai utilisé votre amitié pour parvenir à ce que je voulais ! »
Le militaire secoua la tête et posa une main chaude et rassurante sur l’épaule du canadien.
« Rodney, combien de fois vous ai-je mis la pression pour vous faire travailler plus vite ? Utilisez mon amitié comme bon vous semble, elle est faite pour ça…les amis sont fait pour ça. »
« Alors…alors ça veut dire qu’on est toujours amis je suppose… ? »
La main du colonel serra l’épaule du scientifique et rapprocha son corps du sien pour le prendre dans ses bras. Aussitôt, une vague intense de chaleur humaine envahit Rodney qui serra fort le buste de son ami. Ca faisait si longtemps qu’on ne lui avait pas manifesté de signe d’amitié comme celui-ci, si longtemps… Emu, il sentit ses yeux piquer, ce qui en général annonçait l’arrivée de larmes. Il enfouit le bas de son visage dans le cou de Sheppard et sentit sa main se poser sur sa tête, tapotant amicalement la chevelure châtain.
« J’ai l’impression que le monde entier à en permanence les yeux rivés sur moi. Tout ce que je fais est soumis à une pression intense, je n’ai pas le droit d’abandonner ou de craquer. J’ai l’impression d’étouffer par moments, j’ai l’impression que tout repose sur mes épaules… »
« Rodney, je serais toujours là pour vous, vous pouvez compter sur moi. »
Là les larmes se mirent à couler, mouillants une à une l’uniforme noir de Sheppard qui serra plus fort son ami contre lui, comme si à tout moment il pouvait lui être enlevé…
Les yeux de McKay s’ouvrirent, entraînants avec eux de grosses larmes salées qui coulèrent sur ses joues pour venir imbiber la taie d’oreiller.
Il tourna la tête et distingua son bureau dans la pénombre, avec son ordinateur portable posé dessus. Il était dans ses quartiers, et tout cela n’avait été qu’un rêve. Sheppard le détestait toujours, il était toujours aussi seul, toujours aussi abandonné et tout le monde s’en foutait toujours autant.
Il renifla et sa main se glissa sous son oreiller à la recherche de son mouchoir de tissu. Il se releva, s’assit sur le bord du matelas et s’aperçut qu’une fois de plus il n’avait pas pris le temps de se déshabiller avant de se coucher. Personne pour le lui reprocher.
Il avait cru qu’en vivant sur une cité avec plus de 200 personnes, il se serait sentit moins seul. Mais non, c’était toujours pareil, la routine de se lever le matin, de savoir qu’on a pas besoin de passer par le mess pour le petit déjeuner avec les autres parce que le café seras près dans le labo, saluer Radek et Miko et Brigitte d’un geste de la main, reprendre ses équations sur son ordinateur portable, ne pas voir le temps passer, ses journées rythmées par la faim et les sandwiches à la dinde pour ne pas tomber en hypoglycémie, et aussi les barres chocolatées, les sucreries, les chips. Quelques fois partir en mission, se faire capturer, sentir une montée d’adrénaline mais toujours rentrer, saluer Carson et ses aiguilles qui ne piquent même plus à force d’examens, et rentrer dans ses quartiers, prendre sa douche, dormir. Ne sentir que la douceur froide du coton sous ses doigts, quelques fois laisser sa main glisser entre ses cuisses et saisir le machin qu’il a utilisé il y a trop longtemps, respirer plus fort, mais ne jamais aller jusqu’au bout parce que sa pensée n’arrive pas à se fixer sur quelqu’un de précis. Dix paires de seins, sans pouvoir remettre une tête ou un prénom dessus. Ca ferais rire Sheppard, lui ça lui suffit une paire de nichons pour y arriver, par contre Rodney a besoin de personnes en entier, d’un prénom d’une tête d’un corps d’un caractère. Et après avoir failli frôlé l’orgasme, le vague à l’âme.
Et tous les jours la même rengaine, la même solitude. Bien sur quelques fois quand ça va vraiment plus, il va voir Carson, ils discutent et se comprennent, trinquent à leur vie misérable et au fait qu’à partir de maintenant, promis, jurer, tout va changer. L’écossais se plait à dire qu’ils sont faits du même bois, que c’est limite s’ils ne sont pas jumeaux, et que le jour où l’un aura trouvé le bonheur, l’autre suivra tout logiquement. Croiser le regard de Sheppard et supporter ses injures à peine masquées, se demander pourquoi, qu’a t-il fait pour mériter ça ?
Et ça repart, tous les jours de la semaine, même le dimanche, même les jours fériés. Cette banalité de l’extraordinaire qui a eu raison de sa passion.
Rodney soupira et ôta ses vêtements. Il se dirigea avec lassitude vers la salle de bain, mis l’eau glacée à couler dans la baignoire et se regarda dans le miroir accroché au dessus du lavabo. Ses pommettes humides étaient gonflées et rouges, ses yeux ressortaient de son visage et faisaient comme un éclair bleu dans un ciel jaune et rouge. Ouais, il n’était même pas blanc, il était jaune, il ne possédait pas la grâce de ceux qui palissent joliment. Ses yeux se posèrent sur ses bras potelés, son buste large et son ventre trop gros, beaucoup trop gros. Il aurait aimé manger moins, mais il ne pouvait pas, il se sentait vide et ingurgiter de la nourriture était le seul moyen qu’il connaissait pour se remplir le cœur et l’estomac. Carson lui avait clairement dit qu’il courrait droit à la crise cardiaque, mais il s’en foutait. Ce n’était pas la forme la plus désagréable de suicide.
Il perdait pied. Il se perdait dans son quotidien, dans son absence de tout ce qui était important, de tout ce qui comptait vraiment. Sa chair flasque le répugnait, ses cheveux trop peu nombreux le faisait ressembler à un gros bébé joufflu, sa voix était insupportable, il se détestait. Il se haïssait, se haïssait…IL SE HAISSAIT !!
Quelle importance de toute façon ! Tout le monde le détestait !!!
Des larmes de rage lui chatouillaient les commissures des lèvres. Il ne tarda pas à éclater en sanglots emprunts de désespoir, ne supportant plus si son reflet ni son regard sur lui-même.
McKay enjamba le rebord de la baignoire, tenta de se noyer dans l’eau glacée mais n’ayant ni le courage ni la volonté, renonça et sortit de sa salle de bain, grelottant et humilié. Sa serviette de bain étroitement serrée autour de ses épaules, il s’étendu sur son lit et s’endormit au fil de ses larmes.
« Bonjour Docteur McKay, comment venez vous aujourd’hui ? »
Rodney réprima un sourire et corrigea le jeune homme.
« On dit « Comment allez vous », pas comment « venez vous » ! »
« Je suis désolé… »
« C’est pas bien grave. Ca peut aller, et toi ? »
C’était un énorme mensonge, mais raconter sa vie à son élève comme il l’avait fait la veille n’était tout compte fait pas la meilleure solution. Le jeune homme sembla chercher un instant ses mots.
« Je…pas pouvoir dormir ! »
« Il faut que tu conjugues…pouvoir au passé composé, première personne du singulier. »
« Je n’ai pas pu dormir. »
« Très bien ! Et pourquoi donc ? »
Le réplicateur sembla chercher un instant ses mots, puis écarta les quelques mèches noires qui pendaient devant ses yeux.
« Je pensais à Sheppard. Il m’a dit… »
« Je te le répète, ne fais pas attention à lui. »
« Je sais qu’il avoir raison. Je sais comment je suis fait. »
McKay sourit et son visage s’illumina une fois de plus.
« Tiens, au lieu de penser à cet imbécile, raconte moi plutôt ce que tu sais… »
« Vous aussi vous pensez que moi machine. »
Le scientifique fronça les sourcils. Okay, là il était mal partit. Il se devait de rassurer N16, il ne le connaissait pas après tout, et il devait le considérer comme un être humain extraordinaire avant une machine. Même si quelque part, une partie de lui même se répétait qu’il resterait un réplicateur…
« Non…non, il ne faut pas que tu penses ça… »
« Mais vous pensez que… »
« Tu te trompes, tu as peut être été crée artificiellement, mais physiologiquement tu es humain ! »
Le jeune homme replia ses genoux sous son menton et sembla réfléchir quelques instants.
« Les humains sont mortels, les humains sont vulnérables. Moi je ne peux pas… »
« Mais qu’est ce que tu racontes ? »
« Je pouvoir activer un champ de force sur moi…si le vouloir. »
Rodney, trop intrigué pour corriger les fautes de conjugaison du réplicateur, s’approcha de son interlocuteur. Celui-ci lui souriait mystérieusement, et l’espace d’une seconde le canadien le trouva d’une beauté juvénile troublante, presque hypnotisante. Ses yeux verts semblaient lumineux à travers le rideau de cheveux noirs et gras qui lui masquaient le visage, et sa pâleur extrême faisait ressortir l’ombre de ses clavicules et les courbes de son visage.
« Docteur McKay vouloir que je montre ? »
« Volontiers. »
« Faites moi mal. »
En d’autres circonstances, McKay aurait ri devant une telle proposition, mais la curiosité était telle qu’il s’exécuta. Il saisit le bras du réplicateur et tenta de le pincer. A sa grande surprise, ses doigts glissèrent sur la peau blanche du jeune homme, sans parvenir à agripper l’épiderme.
« Mais comment tu fais ça sans émettre de champ magnétique ? »
« Vous et les autres humains…pas utiliser la majeure partie de votre cerveau. Une de ces parties permet de resserrer les pores de la peau au maximum, et ça fait comme un bouclier, un champ de force naturel… »
Le canadien acquiesça, impressionné.
« Mais comment tu sais tout ça toi ? »
« Mémoire génétique, j’ai toutes les connaissances des réplicateurs dans mon cerveau. »
N16 baissa les yeux, soudainement triste.
« Qu’y a-t-il ? »
« Je suis seul. »
« Quoi ?!? »
« Je suis le seul réplicateur qu’il reste. Et même s’il y en avoir eu d’autres, je suis le seul réplicateur humain. Je n’ai pas de but. Je n’ai pas été programmé pour faire quelque chose. Je suis vide… »
Rodney détourna le regard, se reconnaissant dans les paroles de N°16. Ca lui arrivait si souvent ce sentiment de vide, d’inutilité…
Mais il fallait qu’il se ressaisisse, il ne devait pas commencer à s’identifier à son élève, il ne devait pas trop se rapprocher de lui, après tout l’avenir d’un réplicateur sur Atlantis était plus qu’incertain ! Néanmoins ses doutes étaient légitimes, aussi McKay posa une main amicale sur son épaule et se força à sourire.
« Bienvenue dans le monde merveilleux des humains ! »
« Choisir pour moi… »
« Malgré le fait qu’en temps normal j’adore jouer au petit chef et dire aux autres ce qu’ils doivent faire, tu es libre, c’est à toi de décider ce que tu vas faire de ta vie. »
N°16 sembla réfléchir quelques secondes, ses dents mordants sa lèvre inférieure, dans une expression que Rodney pensa purement Sheppardienne (1).
« Je choisis d’être humain. Je veux être humain. »
Le scientifique esquissa un sourire. Il avait de la volonté ce garçon, il irait sûrement loin.
« Je veux avoir le droit de me laver, de marcher, d’avoir un nom. »
« Pour le nom je ne sais pas, mais pour ton hygiène, c’est vrai qu’on t’as un peu négligé… »
En effet, les cheveux du jeune homme étaient sales et une légère odeur de transpiration se faisait sentir…
Après tout, McKay était le chef scientifique, il avait un des plus hauts niveaux de sécurité, non ?
« Vient te débarbouiller dans mes quartiers ! »
Rodney entendait le bruit de l’eau couler dans la petite salle de bain jouxtant sa chambre. I poussa un soupir de soulagement. Les gardes n’avaient pas fait de difficultés quand il avait voulu sortir le réplicateur de la salle d’examen qu’il n’avait presque pas quitté depuis son arrivée. Ce dernier avait découvert avec émerveillement les quartiers du scientifique, n’osant toucher aux bibelots mais dévorant des yeux la décoration –certes désordonnée- de l’habitat du canadien.
Le plus difficile avait été d’expliquer à N°16 que la douche n’était pas un objet dangereux en soi, que le jet d’eau qui en sortait n’était pas une créature douée d’intelligence qui allait essayer de l’assassiner et que le gel douche ne se mettait pas sur la tête comme le shampoing mais servait à se savonner, et vice-versa. Il avait aussi eu droit à une longue négociation afin de convaincre le jeune homme qu’il n’y avait aucun danger à le laisser seul dans une salle de bain, et que de toute façon une douche ça se prenait en solo (en général).
Une vague notion de protocole de sécurité effleura l’esprit de McKay. Okay, si Elizabeth apprenait qu’il faisait faire des visites touristiques d’Atlantis à un réplicateur, il risquait de se faire sacrément enguirlander, mais franchement, que risquait-il avec N°16 ?
Ce garçon était inoffensif, il en était sur et certain. Tellement inoffensif qu’il en devenait attachant.
Ses pensées furent troublées par le silence, ou plutôt par l’arrêt du bruit de l’eau qui tombe sur le carrelage d’une douche. La session de nettoyage intensif de monsieur N°16 était terminée…
Le jeune homme sortit soudain de la salle de bain, complètement nu et dégoulinant d’eau, un sourire béat se dessinant sur son visage. L’astrophysicien rougit vivement et se retourna, un peu gêné de poser son regard sur le corps dénudé de N°16, même s’il l’avait rencontré dans un état semblable.
« Un problème ? »
« Je euh…non, aucun »
Il essaya de se redonner de l’aplomb et se tourna vers le réplicateur, un sourire forcé aux lèvres.
« Il faut que tu te sèches, tu vas attraper froid. Rentre dans la salle de bain… »
Le jeune homme s’exécuta, suivit par un Rodney plus que mal à l’aise. Celui-ci saisit plusieurs serviettes éponges et les donna à N°16, lui expliquant comment se sécher, et lui définissant accessoirement le b-a-BA de la pudeur.
Le réplicateur essaya de se sécher avant de se rhabiller, perdu dans ses pensées.
« Docteur McKay ? »
« Oui ? »
« Je veux un nom. Comment on choisis un nom ? »
Le canadien réfléchis quelques instants avant de répondre.
« Normalement, on choisit un nom qu’on aime, ce n’est pas quelque chose qu’on invente. »
« J’aime le gel douche que vous m’avez donné. Il sent bon… »
McKay jeta un coup d’œil à la cabine de douche, dans laquelle reposait le savon en question. Axe aux fruits rouges. C’est vrai que ça sentait drôlement bon (2) ! Axe…axe…
« Axel ? C’est un beau prénom Axel ! Ca te plait ? »
« Axel ! C’est mon prénom ? »
« Oui, si tu es d’accord… »
Le jeune homme éclata de rire, un peu comme un gamin devant son cadeau de Noël.
« J’ai un prénom ! Je suis Axel… »
Rodney sourit et tendis la main au réplicateur.
« Enchanté de te connaître Axel ! Je m’appelle Rodney… »
« Je sais. »
Axel serra la main de son maître à penser et le regarda dans les yeux.
« C’est aussi un beau prénom, Rodney… »
J’espère que ça vous a plus !! Laissez moi des revieeeeews !
(1) Alors ça, c’est pour Saschka, qui s’amuse à compter les mimiques de Flanigan, qui décidément joue très mal
(2) Désolée pour la pub ! Non, non, j’ai pas d’actions chez Axe