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Hisokaren
Author of 50 Stories

Rated: M - French - Romance/General - Harry P. & Draco M. - Reviews: 32 - Updated: 04-09-07 - Published: 06-30-06 - id:3017641

Auteuse : Moua ! n.n...

Titre du Recueil : Les amours interdits.

Base : Harry Potter et « Fever » la version Beyonce.

Genre : Songfic - Hétéro – relation extra-professorale (mdr... je sais même pas si ça se dit vraiment lol)

Rating : M ou T selon les avis.

Couple : Rogue - Ginny

Disclaimer : Les personnages ne sont pas à moi, mais à JKR.

Statut : OS – inter histoire (Très, très, très long ! Et ce n’est pas une blague n.n...)

Résumé : Tout le monde pense qu’une relation entre un professeur et son élève, c’est simple... En apparence sûrement, mais dans le fond, c’est un peu plus compliqué. Le Professeur Rogue et Ginny en feront la difficile expérience.

Note :

Wou-hou ! Ma première fiction HP hétéro mdr n.n... Je suis tout excitée mais un peu anxieuse lol. Comme avec la précédente et certainement beaucoup d’OS de cette série ce sera la première fois pour moi... Haaa. Perdre ma virginité dans ses conséquences, un peu risqué mais motivant lol.

D’autant que je n’ai aucune véritable expérience écrite avec Rogue. La dernière en date est une fiction où il est en couple avec Neville et j’ai pu constater que la personnalité que je lui avais donnée n’était pas des plus adéquates. En fait, je gère parfaitement Rogue... Uniquement quand il ne doit apparaître que dans quatre ou cinq lignes lol...

Enfin, j’espère me rattraper ici, si tant est que vous lisiez, hum.

J’espère que ça vous plaira !

Bonne lecture !

Pour ma bêta ISHTAR : Ma chérie ! Je suis vraiment ravie que tu aies accepté de bétalecter cette série d’OS. Je me doute que tu aies du boulot ailleurs et je sais que je te prends du temps. Je t’adore et merci encore pour tout ce que tu fais pour moi ! Kissouxxxx HK.

Ah oui ! Excusez-moi d’avance pour les fans de Rogue et aussi pour les commentaires de mon amie Juju... Ca faisait longtemps tiens.

LES AMOURS INTERDITS : Le Professeur et son élève.

« Ginny ? »

« Harry ! s’exclama la jeune fille avec un sourire. Qu’est-ce que tu fais ici ? »

« La même chose que toi je suppose. J’ai été collé, répondit-il avec une moue dégoûtée. Même après la guerre ce satané professeur de Potion m’en veut toujours... Je ne sais pas, j’ai dû lui voler sa soupe dans une vie antérieure. »

« Tu t’es encore battu avec Malfoy, je parie. »

« Penses-tu, Malfoy m’ignore en ce moment. Il fait comme si je n’existais plus... »

« Bah, il a changé... Il n’est plus le même depuis la guerre. »

« D’abord Ron, ensuite Sirius, maintenant toi... J’ai la sensation d’être le seul à ne pas l’avoir remarqué, se renfrogna Harry. C’est vrai quoi ! C’est ma Némésis personnelle et je suis le seul à n’avoir rien vu. Et puis, s’il veut faire la paix il n’est pas obligé de m’ignorer ! C’est chiant. »

« Oh voyons Ry, fit Ginny en roulant des yeux, ça te manque tant que ça de ne plus de disputer avec lui ? »

Harry resta pensif quelques secondes avant de répondre.

« Ben... Je ne dirais pas ça comme ça. C’est clair que ça me fait des vacances mais je ne vais pas non plus te cacher que c’est un peu déstabilisant. J’ai l’impression de manquer des épisodes de ma vie et ce n’est pas très rassurant. »

« Tu verras, tu t’y feras vite, lança Ginny en riant. Et puis, Rogue pourrait faire un excellent substitut. »

« Tu plaisantes j’espère ! s’exclama le brun avec de gros yeux. Jamais de la vie ! L’avantage avec Malfoy c’est qu’il ne pouvait pas me foutre en retenue quand bon lui semblait, et je vais te dire un truc. J’ai autre chose à faire que de me retrouver collé vingt-cinq heure sur vingt-quatre ! »

« En parlant de ça, pourquoi as-tu été collé ? »

« Je suis arrivé en retard... »

« Comme d’habitude, ricana Ginny. »

« Pas du tout ! s’indigna Harry. En fait, je n’avais que vingt minutes de retard cette fois... D’habitude j’arrive une demi-heure après le début du cours. » (NdJuju : Comme moi, solidarité oblige héhé...)

Ginny éclata de rire et Harry haussa les épaules d’un air outré.

« Et toi ? demanda-t-il. »

« Bah... J’ai fait pousser des oreilles d’âne sur la tête de cette affreuse Alicia Dolce. C’était pas de ma faute, c’était plus fort que moi... » (NdJuju : Dommage que je ne puisse pas faire la même chose avec une certaine personne...)

« C’est pas elle la nouvelle petite amie d’Israël ? »

Ginny détourna le regard en affichant une moue blasée.

« Ouais... Je me demande comment cet imbécile a pu la préférer à moi ? »

« Justement, sourit Harry, c’est parce que c’est un imbécile. »

« Tu as raison, mais en plus d’être un imbécile c’est un mufle ! »

« J’ose espérer que vous ne parlez pas de moi, Miss Weasley ? »

Ginny et Harry tressaillirent et se retournèrent pour voir leur professeur de Potion, les bras croisés et le regard menaçant. Ginny secoua négativement la tête et rougit légèrement, avant que Rogue ne leur demande de le suivre. Ils pénétrèrent dans la salle de potion, vide et silencieuse à cette heure de la nuit, puis Harry s’installa près de Ginny, attendant de connaître leur punition. Mais Rogue ne leur accorda pas le moindre regard et se contenta de s’asseoir à son bureau et d’ouvrir un livre. Ginny et Harry se lancèrent un regard étonné et alors qu’ils haussaient tous les deux les épaules, quelqu’un frappa à la porte.

« Entrez, lança Rogue sans lever les yeux de son grimoire. »

« Bonsoir Professeur, salua Pansy avant de fermer la porte. Excusez mon retard, ajouta-t-elle en apercevant Harry et Ginny. »

« Vous êtes pile à l’heure Miss Parkinson, répondit-il. Ce sont eux qui sont arrivés en avance. Bien, maintenant vous allez tous prendre un chaudron individuel et me préparer ces potions, poursuivit-il en inscrivant trois modes de préparation au tableau d’un coup de baguette. »

Harry leva un sourcil surpris. Préparer une potion en guise de retenue ? C’était bien la première fois que Rogue demandait cela. D’ordinaire, il était du genre à affectionner le nettoyage de chaudrons ou encore de cages d’animaux gluants. Des trucs...

« Ce sont des potions de guérison pour Madame Pomfresh. Elles servent essentiellement pour les blessures au Quidditch. Je ne saurais donc trop vous conseiller de réussir vos potions car autrement... » (NdJ : C’est désossé à vie mdr...)

...bien sadique quoi.

Severus laissa sa phrase en suspend, se retenant d’afficher un sourire caustique. Il savourait avec un plaisir dissimulé les mines quasi horrifiées d’anticipation qu’affichaient ses élèves. Ah qu’il était bon de se détendre un peu...

Ce n’était malheureusement qu’un court répit. Le destin, avait semble-t-il envie de se divertir un peu, et avait de ce fait jeté son dévolu sur notre honni et adoré professeur de Potion.

oOo

Je le savais. Je. Le. Savais. J’aurais mieux fait de rester couché ce matin, soupira mentalement Severus.

Pourquoi fallait-il qu’il soit professeur de Potion déjà ? Ah oui... Parce qu’il ne pouvait pas être Professeur de Défense contre les Forces du Mal. Il ne niait pas entretenir une affinité toute particulière avec les Potions, après tout, il les adorait, mais les élèves montraient en général plus de détermination –et de plaisir semblait-il- à réussir en Défense. Enseigner cette matière, lui aurait donc certainement évité moult maux de tête.

Refermant son ouvrage d’un geste sec démontrant son mécontentement et sa patience à fleur de peau, Rogue se leva promptement et se dirigea vers la source de son tracas. Une source d’où découlait de vicieux mots grossiers et diverses critiques plus ou moins recherchées et sans doute exagérées. Severus n’en était pas tout à fait certain, mais il s’en fichait éperdument. Tout ce qu’il savait c’était que les deux furies qui se disputaient depuis maintenant cinq minutes lui tapaient sur les nerfs.

« Miss Weasley, Miss Parkinson, je vous prierais de cesser vos jérémiades, les invectiva-t-il durement. »

Les deux élèves perdues dans leur enthousiasme croissant à la recherche productive d’insultes blessantes et inventives, ne remarquèrent pas la présence de leur professeur et poursuivirent leur altercation orale avec fougue.

« SILENCE ! mugit alors Severus son regard noir rutilant d’éclairs. »

Dire qu’il était prodigieusement énervé était un doux euphémisme... Du moins de l’avis d’Harry qui avait sursauté au son de sa voix froide et cassante.

Les deux jeunes filles sursautèrent elles aussi d’un même mouvement, et sous le coup de la surprise Ginny lâcha les graines de tournesol qu’elle tenait en main, dans son chaudron. À ce moment précis, personne ne le remarqua, trop occupé à se rétrécir face au regard meurtrier de Rogue. Ce n’est que lorsque que la potion bouillit, faisant naître des bulles de lave à la surface, avant de jaillir telle une colonne d’eau pouvant faire pâlir de jalousie les plus grands geysers, que le « personne » en question daigna y accorder un minimum d’attention.

« Personne », n’avait pas le choix en réalité... Car quasiment tout le monde fut copieusement aspergé de Potion. De Rogue à Ginny en passant par une Pansy totalement chavirée. Harry, lui, mu par ses réflexes aiguisés, avait réagi à temps et c’était courageusement –intelligemment serait un mot plus approprié cependant- planqué sous sa table avant que cette pluie diluvienne ne s’abatte sur sa tête brune. (NdJ : Mdr, j’aurais fait pareil. Je tiens trop à mon brushing.)

Et alors qu’il sortait son nez de sous son abri, il écarquilla les yeux. La moitié de la salle était inondée de Potion, les tables dégoulinaient de liquide visqueux d’un vert kaki criard, le plafond gouttait, et sur le sol s’étendait une véritable mare vaseuse. On aurait dit un marécage meublé comme une Salle de classe, ou le contraire... c’était du pareil au même. Et au milieu de tout ce fatras, se tenaient plus ou moins fièrement, le professeur Rogue, Ginny et Pansy tous trois victimes du tsunami de potion.

Rogue avait un regard indéchiffrable rivé sur la petite rouquine et cette dernière observait son professeur de manière identique. C’aurait pu être le plus effrayant, de l’avis d’Harry, si un peu plus loin, Pansy ne s’était pas... goulûment –c’était le mot- jetée sur une malheureuse chaise qu’elle honorait de baisers, hum, voraces. Harry hésita entre rire et grimacer. Pour rien au monde il n’aurait voulu être à la place de la pauvrette –il pensait à la chaise bien entendu- et ce même s’il avait été hétéro.

Pansy était loin d’être laide, bien au contraire, elle lui rappelait souvent Blanche neige à vrai dire –cheveux noirs, lèvres rouges, teint pâle- mais la manière dont elle embrassait la chaise était très... particulière. Voyant la Serpentarde commencer à chevaucher le siège, Harry se décida à agir. Tel Indiana Jones, il sortit de sa cachette et se dirigea vers la jeune fille. Mais à peine eut-il le temps de la saisir par les épaules, qu’elle s’évanouit lui tombant littéralement dans les bras. Il la rattrapa de justesse, grimaçant en sentant la robe potionnée de la jeune fille sur sa peau et se tourna vers Rogue. (NdJ : Help ! é.è)

Ce dernier, avait abandonné la contemplation de Ginny et dardait sur lui un étrange regard. Un regard qu’Harry ne lui avait jamais vu. Le Gryffondor s’attendit à une explosion de colère en bonne et due forme et au moins à un nombre incalculable d’heures de retenue, mais Rogue ne semblait pas... d’humeur. Il avait l’air confus.

« Potter, amenez Miss Parkinson à l’infirmerie, dit-il d’une voix rauque. »

Puis d’un coup de baguette, il nettoya la salle ainsi que leurs vêtements à tous. Harry lui en fut secrètement reconnaissant. Non seulement la potion avait une odeur parfaitement détestable mais en plus, porter une Pansy dégoulinante ne l’enchantait guère, surtout qu’elle commençait à peser entre ses bras. (NdJ : J’imagine n.n’’...)

« Partez, ajouta le professeur en retournant à son bureau. Votre retenue est levée pour ce soir. »

Harry arrondit encore les yeux, n’y croyant pas réellement, mais ne chercha pas plus loin. Mieux valait ne pas tenter le diable et alors qu’il sortait de la salle de classe, Pansy entre ses bras et Ginny à sa suite, il remercia sincèrement Dame Chance.

« Tu veux que je t’accompagne Harry ? demanda Ginny. »

« Euh... Tout dépend de ton état. Tu veux aller voir Pomfresh ? »

La rouquine réfléchit quelques secondes avant de secouer la tête en signe de négation.

« Non, c’est bon. Je pense que Rogue nous aurait dit d’aller consulter l’infirmière si la potion était dangereuse. Bon, je peux te laisser alors ? »

« Ouais, t’inquiète. Je dépose juste la princesse et je retourne au dortoir. »

« À demain. »

Ginny le quitta avec un baiser sur la joue et Harry soupira en saisissant sa baguette.

« Mobilicorpus. »

Il refusait de se casser le dos à porter Pansy jusqu’à l’infirmerie qui se trouvait à l’autre bout du château. Costaud ouais, mais suicidaire, non. (NdJ : LOL !)

SRGWSRGWSRGW

Éreinté par sa journée particulièrement riche en émotion et surtout sa dernière retenue –il s’en maudissait encore d’ailleurs- Severus, rejoignit ses appartements.

D’un coup de baguette il ôta le sort de sécurité posé sur sa porte et pénétra enfin dans son antre austère au premier abord, mais qui recélait une certaine chaleur qu’il était bien le seul à remarquer : le chaleureux et si chéri silence qui l’accueillait. C’était son petit chez lui, son coin d’isolement, son petit paradis d’exil, le seul où il était assuré de ne pas être constamment dérangé par le brouhaha quotidien des élèves, leurs rires hystériques, leurs ridicules et exaspérantes faces d’étudiants boutonneux et pré-pubères au degré de maturité inférieur à moins de zéro et encore, il restait poli. (NdJ : A peine...)

Après avoir fermé et verrouillé la porte de son terrier de solitude, il se permit un petit soupir de bien-être. Alors qu’il faisait léviter ses affaires jusqu’à son bureau, il entreprit de sa main libre, de déboutonner le haut de sa robe dévoilant le col d’un t-shirt sombre.

Puis, toujours d’un coup de baguette, il se servit un verre d’alcool avant de renoncer et de choisir de se préparer une tisane. Mieux valait se détendre sans se garantir une gueule de bois pour le lendemain. À jeun il supportait déjà mal les pépiements incessants des Poudlardiens, alors avec un mal de crâne carabiné, il craignait de trop rapidement jouer de sa baguette sur l’air d’un Impardonnable. Pas que ça le dérangeait vraiment, d’ailleurs c’était peut-être là, la seule véritable raison pour laquelle il regrettait de ne plus être un mangemort, mais bon... Il ne voulait pas non plus gâcher le temps qui lui restait sur terre à expier ses crimes en prison à cause d’un ou d’une petite insolente qu’il aurait Dolorisé pour cause de tapage diurne excessif et nuisible à ses pauvres tympans amoureux de calme. Il avait eu son compte avec la réplique miniature et exaspérante au possible, de son défunt rival d’école.

Néanmoins, Severus songea avec ironie que malgré tout, il n’en aurait jamais fini avec la race des Potter. Autant le père était un exécrable petit cafard, autant le fils était un infect morpion qui lui pourrissait son existence. La seule chose de bien chez Potter junior, mis à part son CV encensé de la mort de Voldemort, était ses yeux d’un vert intense et vif. Son regard lumineux et brillant en n’importe quelle circonstance, qui rappelait avec nostalgie à notre professeur de Potion, le regard de sa première et secrète amie : Lily Evans de son nom d’épouse Potter.

Une fois sa tisane prête et posée sur la table basse près du feu, Severus défit entièrement sa robe de sorcier et l’ôta rapidement avant de se laisser choir dans son fauteuil « cent pour cent pur mou garanti velouté sous vos fesses fatiguées » dixit le vendeur. Il se saisit de sa tasse et but le liquide relaxant tout en laissant dériver son regard sur les flammes crépitantes dans l’âtre comme ses souvenirs dans sa tête.

D’aussi loin qu’il se souvienne, Severus avait toujours eu un faible tout particulier pour les roux. Il adorait ces têtes coiffées avec un rayon de soleil d’automne. Cette couleur rouille ou ambré corrosif qui pouvait tirer sur le brun ou au contraire sur la navel flamme et brûlante. Cette couleur chaude qui laissait cette impression de soleil après la pluie. (NdJ : Je vais peut-être me teindre en rousse tiens...NdIshtar : MOI D’ABORD !)

Le professeur de Potion se remémora avec un sourire dissimulé derrière le bord de sa tasse, combien il aimait admirer de loin la chevelure-flamme de Lily dans sa jeunesse. Une longue avalanche de feu au divers reflets maltais qui pouvait réchauffer n’importe qui pendant un orage. En réalité, c’est de là qu’il tenait cette passion secrète pour la rousseur.

Au fil des années, il avait eu l’occasion de rencontrer une multitude de rouquins. Certains comme Arthur ou Molly Weasley, ne possédaient pas ce rayonnement particulier que pouvait dégager la couleur chatoyante de leurs cheveux. D’autres comme les frères Weasley disposaient d’une étincelle de couleur qui leur donnait un certain charme malheureusement dissimulé sous leur bêtise chronique. En réalité, il n’y avait qu’une personne qui pouvait vraiment se targuer de posséder la rousseur inégalée de Lily... Et par un curieux hasard il fallait que le prénom de la jeune fille eût la même terminaison que celui de l’épouse Potter : Ginny de son nom de famille –infortuné coup du destin selon l’avis de Severus- Weasley.

Le regard de Rogue se troubla en pensant à l’adolescente et en particulier à ce qui s’était passé pendant la retenue. Ce fut très bizarre, même pour lui, qui pourtant se vautrait dans la magie tous les jours.

Après avoir été copieusement aspergé de potion, il avait posé son regard sur la jeune Gryffondor et avait ressenti quelque chose de singulièrement étrange. Il n’avait plus éprouvé cela depuis bien longtemps : de l’attirance. Sous le coup de la surprise il en était resté muet et n’avait pu que darder sur elle un regard rempli d’une émotion qu’il lui était difficile de nommer, mais qui laissait en son sein un léger goût de miel et de douceur.

En quelques secondes seulement, il avait eu le temps d’entièrement la détailler et l’avait, à son plus grand étonnement, trouvée très attirante. Pourtant, elle était complètement maculée de potion et lui lançait un regard effaré luisant de terreur. Rien qui aurait pu attiser sa convoitise en temps normal. Pourquoi avait-il alors ressenti cette soudaine attraction pour elle ? Comment avait-il fait pour remarquer son visage fin constellé de taches de son, ses yeux noisette et clairs, son corps vivant de jeunesse et délicieusement proportionné, sous cette couche vaseuse de potion ? (NdJ : Je me le demande. Si seulement c’était aussi simple de draguer un mec... la boue ça marche aussi vous croyez ? Ndla : Lol, idiote.)

Severus secoua la tête et engloutit le reste de sa tisane en une gorgée avant de s’en préparer une autre pour calmer ses ardeurs. Parce qu’elles étaient là et bien là... Au souvenir de la jeune Gryffondor, son corps réagissait de manière dérangeante et effrayante pour un homme dont la sensibilité était aussi accrue que les talents de Potter en potion, autant dire quasi inexistante. Ses mains étaient moites, son cœur se compressait étrangement, sa respiration s’accélérait et il avait l'impression désagréable de suer. Et contrairement à l’opinion publique, il avait horreur de ça... être en sueur. Il ne supportait pas d’être gras et collant. Cette pensée lui en remémora une autre, et avec un soupir il se leva pour aller chercher sa baguette.

Il la saisit puis alla se placer devant le miroir à pied de ses appartements. Il la pointa alors sur sa tempe, ferma les yeux et l’agita en petits cercles réguliers faisant naître une multitude d'escarbilles bleues et blanches. ((1)) Les flammèches s’élevèrent dans les airs avant d’entièrement envelopper le corps du professeur puis de disparaître avec un « Finite incantatem » murmuré.

Il songea avec soulagement et satisfaction, que le sort de déshabillement était plus qu’efficace lorsque l’on avait les membres fourbus par une longue et rude journée de travail. Rogue ouvrit alors les yeux et s’observa. Devant lui se tenait le reflet d’un Professeur de potion à l’aspect revêche entièrement nu.

Son nez légèrement crochu était fin. Son regard d’onyx avait un air obscur et caverneux, mais profond et envoûtant. Sa chevelure était plutôt grossière, mais abondante et épaisse. Son teint pâle était presque cadavérique mais cela donnait un aspect plutôt étrange à sa silhouette : fragile et moiré. Son corps paraissait être d’une maigreur presque osseuse mais il avait une taille fine et droite qui le rendait élancé.

Il n’était pas le genre d’homme que l’on qualifiait de renversant, canon et foutrement bandant selon les termes plus ou moins vulgaires de la jeunesse actuelle qui l’affligeait tant, mais il avait ce côté brun ténébreux non négligeable qui lui garantirait un nombre appréciable d’admiratrices, s’il décidait d’abandonner définitivement son côté d’ours bourru mal réveillé. (NdJ : C’est aussi ça qui fait son charme n.n...NdI : je confirme !)

Posant sa baguette, il se dirigea vers sa salle de bains. Il ouvrit le robinet d’eau et alors qu’elle remplissait à grands jets la baignoire, Severus agrémenta son bain de quelques sels parfumés, puis ferma le robinet avant de s’y plonger avec délices.

Fermant les yeux et appréciant la douceur salvatrice de son bain, il laissa son esprit vagabonder. En quelques secondes seulement, il se focalisa sur une tête rousse à la chevelure d’automne. Ginny Weasley... Elle n’excellait pas dans sa matière ce qui était semble-t-il une tare commune dans la famille Weasley, mais et même si Ginny Weasley avait tout des qualités d’un cancre, ça lui plaisait. (NdJ : Mon prof de Droit, super mignon, ne pense pas la même chose de moi malheureusement...)

Cette fille avait depuis toujours attiré son attention. Il l’avait remarqué à cause de sa rousseur exquise, mais là où beaucoup pouvaient la trouver ordinaire et sans saveur, il ne pouvait s’empêcher de la trouver adorable et gracieuse. En outre, après cette retenue il la voyait désormais tout autrement. Elle était rayonnante, pleine de vie, incroyablement séduisante et il pouvait le penser en toute tranquillité, bougrement succulente.

Sans prendre réellement conscience de la tournure de ses pensées, il s’imagina en train de la goûter. De passer sa langue sur ses petites lèvres roses et fines, de saisir dans la paume de sa main l’un de ses seins menus et de le ployer avant d’en téter le bout avec gourmandise. De lentement faire glisser ses doigts le long de son ventre avant d’aller tâter de sa féminité... Il imagina les gémissements et petits cris qu’elle pousserait, son regard noisette s’enflammer, son visage pris dans la corolle rousse et lisse de sa chevelure se crisper de plaisir.

Il la voyait désormais se cambrer, bombant sa poitrine, la tête rejetée vers l’arrière et suppliant ses doigts de se faire plus pressants, plus rapides, plus durs, dans son sexe. Et il obéirait, oui il obéirait car rien n’était plus beau en cet instant que Ginny Weasley en pleine extase.

Severus, se déversa dans un cri et tenant toujours sa virilité encore palpitante entre ses doigts, reprit peu à peu pied avec la réalité. Quelques secondes s’écoulèrent au son de sa respiration haletante avant qu’il ne réalise toute l’horreur de la situation. Il s’était masturbé en pensant à Ginny Weasley. Il s’était masturbé en pensant à une élève... mineure de surcroît.

Poussant un cri d’effroi, il se leva promptement et sortit du bain. Sans se préoccuper de sa nudité et de l’eau qui dégoulinait de son corps, il se précipita dans son salon, se saisit de sa baguette l’utilisant pour se sécher et s’habiller. Une fois cela fait, il sortit de son antre de solitude, brusquement atteint d’un pressant besoin d’air frais.

Et alors qu’il se hâtait vers la tour d’astronomie, en vue de prendre un grand bol d’air, sa tisane, elle, refroidissait lentement sur sa table basse... (NdJ : Gaspillage ! Ndla : Mais tais-toi pour l’amour de Dieu !)

oOo

Il arriva assez rapidement à destination et s’engagea aussitôt dans l’escalier de pierre en forme d’escargot.

Perdu dans sa course et ne regardant pas où il allait, il se cogna brutalement sur ce qui paraissait être un mur mouvant, chaud et très doux.

Déstabilisé, il entraîna le mur avec lui dans une chute courte mais douloureuse. Enfin surtout pour le mur car, lui, il avait atterri directement dessus.

« Par tous les saints, glapit-il alors qu’il tentait de se redresser. »

Il se massa le crâne avant de secouer la tête pour reprendre ses esprits. C’est alors qu’une voix familière le fit sursauter.

« Professeur Rogue ?! »

Son cœur fit un bond phénoménal dans sa poitrine, alors qu’il dardait un regard effaré sur le mur parlant : une petite rouquine, les yeux arrondi de stupeur, les jambes maladroitement écartées pour laisser place au corps plus qu’imposant de Severus.

« Miss Weasley ?! »

Les deux protagonistes cessèrent tout mouvement, trop surpris pour se soucier une seule seconde de la pose plus que suggestive qu’ils venaient de figer dans l’air. Quelques secondes s’écoulèrent encore, quand Severus reprit possession de ses moyens, réalisant enfin la position problématiquement indécente dans laquelle il se trouvait.

Se dégageant d’un mouvement rapide, tout en occultant farouchement l’étrange sensation de la chaleur du creux des cuisses de son élève, il se releva vivement s’éloignant aussi dignement que possible de la jeune fille. Inspirant profondément, il tendit ensuite la main à la rouquine, qui semblant toujours perdue dans les méandres d’il-ne-savait-quoi, accepta sans autre forme de cérémonie l’aide bienvenue.

Une nouvelle minute s’égrena lentement, durant laquelle le Professeur et son élève se jaugèrent mutuellement, sans pour autant avoir les mêmes raisons de le faire. Severus en profita, et ce malgré l’acide réprimande de sa conscience, pour savourer le contact de ses yeux avec le corps juvénile qui se tenait face à lui, tremblant et hésitant.

En temps normal, cela lui aurait fait de l’effet de terrifier un élève qui venait de bafouer le règlement interne de l’école de surcroît, mais là, un autre genre d’excitation le prenait aux tripes. Une excitation malsaine et ô combien malvenue en cet instant précis. Se concentrant un maximum, il endigua toute forme d’émotion non désirée pour l’heure et dirigea une attention professionnelle nouvellement retrouvée sur la rouquine.

« Miss Weasley, puis-je savoir ce que vous faisiez hors de vos dortoirs à une heure pareille ? demanda-t-il, soulagé de constater que sa voix avait les inflexions voulues. »

La rouquine tressaillit, puis rougit, balbutiant un quelconque chuchotement incompréhensible. Severus soupira discrètement, préférant écourter la rencontre au risque de voir son excitation étrange refaire surface. Ginny Weasley se rendait-elle compte à quel point elle était désirable en cet instant ?

« Bien, puisque vous n’avez aucune explication valable à me donner, il serait plus que préférable pour vous de rejoindre votre tour. Je retire également dix points à Gryffondor pour non-respect du couvre-feu et cinq point de plus pour vagabondage nocturne. »

À cette phrase Ginny sembla retrouver une légère contenance et lança un regard criant d’injustice à son Professeur, mais ce dernier, ne lui laissa pas le loisir de protester. Y avait-il matière à protester de toute façon ?

« Ne me regardez pas comme cela, Miss Weasley, ce n’est pas comme si vous ne connaissiez pas le règlement de Poudlard, n’est-ce pas ? Sur ce, retournez immédiatement à vos dortoirs, à moins que vous ne désiriez une retenue en plus. »

Severus vit la rouquine le fusiller du regard, puis s’en aller, lui tournant sèchement le dos. Il patienta encore un moment, s’assurant du départ réel de l’adolescente, avant de pousser un profond soupir intérieur, que ne trahissaient que ses yeux fermés. Il les rouvrit, puis se dirigea plus lentement cette fois au sommet de la tour. Il n’avait aucune envie de rencontrer à nouveau un élève, d’autant plus que si cela était le cas, il ne se priverait certainement pas pour lui coller deux bonnes heures de retenue.

Il était un tantinet sur les nerfs là, et son bref entretien –si tant est qu’on puisse appeler cela un entretien- avec la petite Weasley, l’avait laissé très agité. En clair, il avait une irrépressible envie de se défouler.

Severus s’accouda au muret du toit de la tour, et soupira doucement. Son corps et ses hormones agissaient de façon très inhabituelle pour lui. C’est comme si un troupeau entier de centaures avaient élu domicile dans ses veines, s’amusant à l’échauffer et le stimuler de manière bizarre.

Diable !

Depuis quand n’avait-il pas ressenti cela ? Dix-huit, vingt ans ? Il connaissait sa profonde attirance pour les roux, il connaissait son admiration jusque-là discrète pour Ginny Weasley, mais il ne connaissait définitivement pas le désir soudain qui lui enflait les veines depuis peu, dès qu’il la voyait.

Désir renforcé semble-t-il par sa toute récente séance de masturbation dans son bain. Ce n’était pas la première fois qu’il se caressait intimement, ça il le savait parfaitement. Il le faisait assez régulièrement non pas pour le plaisir de la chair, mais plus par souci d’apaisement. Frustration, colère, irritation et autres, paraissaient se déverser totalement hors de lui, chaque fois que son membre se soulageait.

C’était sa manière à lui de se défaire de tout nœud indésirable dans son corps et son esprit. La montée d’adrénaline était telle que... mais tout de même, très insuffisante en général pour le pousser à fantasmer sur qui-que-ce-soit. Alors pourquoi ce soir s’était-il ainsi laissé aller dans son bain ? Pourquoi n’avait-il pu endiguer le flot de pensées obscènes qui lui avait traversé l’esprit alors que sa main s’activait sur lui ? Pour elle ?

Pourquoi « pour elle » ?

Severus ne comprenait pas bien, mais il se promit de découvrir la vérité et de mettre à jour ses fantasmes plutôt incommodants. Ginny Weasley ne pouvait définitivement pas lui plaire à ce point, et ce, après une simple retenue, alors que toute l’année il la croisait sans arrêt. Ce ne serait pas normal... et surtout identifié dans le règlement du corps professoral comme une faute grave et condamnable, bien évidemment.

SRGWSRGWSRGW

Un mois plus tard

« Professeur Rogue, puis-je vous entretenir un moment ? »

Severus acquiesça et suivit plus ou moins docilement sa collègue. Après quelques couloirs, ils pénétrèrent le bureau du professeur et alors qu’elle leur servait une tasse de thé à chacun, il s’installa dans un fauteuil, près de la cheminée.

« Vous semblez préoccupée Minerva, remarqua-t-il alors qu’elle lui tendait une tasse. »

La vieille femme soupira et prit place dans le fauteuil face à celui de son collègue potionniste. Elle bu une gorgée de thé, dardant sur lui un regard étrange et Severus pensa en son for intérieur qu’il ne pourrait y échapper. Et dire qu’il avait tout fait pour que rien ne transparaisse...

Manifestement et au vue des yeux bleus posés sur lui, il c’était trompé. S’il s’était demandé ce que sa collègue lui voulait, il l’avait très bien deviné. Gêné par ce contact visuel, il ferma les yeux, sirotant un peu de sa boisson, et prit la parole.

« Je sais ce que vous pensez Minerva, et croyez-moi quand je vous dis que ce n’était absolument pas voulu, dit-il en rouvrant les paupières. »

Elle avait posé sa tasse et se tenait, comme de coutume, penchée en avant, les mains jointes et les avant-bras posés sur ses genoux. Une position que Severus avait vue bien des fois et qui signifiait très clairement « nous allons avoir une longue discussion cher ami ». Il soupira intérieurement, sachant que par la suite, il aurait à faire avec Dumbledore.

« L’aimez-vous Severus ? demanda-t-elle sérieusement. »

Il tressaillit, surpris par la question, mais ne répondit pas, et ce alors même que Minerva répétait trois fois encore la question.

« Severus ! s’exclama-t-elle frustrée. Répondez à ma question ! »

« Je ne vois pas en quoi cela vous regarde, grogna-t-il en guise de réponse. »

« Cela me regarde parce que Ginny Weasley est avant tout mon élève ! Elle fait partie de ma maison et plus encore, elle est mineure ! J’ai toute autorité sur elle dans cette école et je pense que vous le savez parfaitement. »

Quelques minutes s’écoulèrent dans le silence buté du professeur de Potion, et sa collègue poussa un soupir irrité, mais ne poursuivit pas. Elle préférait abandonner, car connaissant l’opiniâtreté de Severus Rogue, cela ne mènerait à rien. Elle poursuivit donc sur un autre chemin.

« Écoutez Severus, cette histoire n’a que trop duré, dit-elle d’un ton urgent. »

Le professeur de Potion savait qu’elle avait raison, mais il ne pouvait s’empêcher de se sentir frustré et très irrité par la manière dont elle lui venait de lui adresser la parole.

« Je le sais parfaitement Minerva, répondit-il assez sèchement. Mais puis-je savoir d’où vous tenez l’information que cette histoire dure depuis trop longtemps ? »

Elle parut offusquée, mais ne releva pas. Elle préféra poursuivre sur sa lancée.

« Cela fait un peu plus d’une semaine maintenant que j’ai remarqué la, hum, chose. Au début, je ne voulais pas y croire, mais au fur à et mesure, il me fallut bien ouvrir les yeux et accepter la réalité telle qu’elle l’était. Je ne vous cache pas que cela m’a profondément choquée. »

« Comme tout ceux qui finiront par l’apprendre, marmonna-t-il ennuyé. »

« Severus... vous ne pouvez plus continuer ainsi, reprit Minerva. Cette histoire doit cesser sur le champ ! Ou alors... »

« Alors quoi ? s’écria-t-il sans vraiment le vouloir. Je sais très bien ce qu’il m’en coûtera, ce qu’il nous en coûtera si nous poursuivons ainsi, mais... mais... »

Minerva fut légèrement déstabilisée de la confusion soudaine de Rogue, mais et ce même si cela l’attristait, son devoir passait avant tout. Au-delà de ses devoirs de professeur et même de ceux de directrice de maison, elle faisait cela avant tout par amitié pour Severus.

Bien entendu, ils n’étaient pas ce que l’on peut nommer de proches amis, leur relation se basait essentiellement sur leurs emplois communs, mais elle se plaisait à penser que Severus et elle, malgré leurs nombreux différents, étaient suffisamment proches pour qu’elle puisse l’entretenir de cette manière.

Elle poursuivit donc sur cette voie d’action.

« Severus, la relation que vous entretenez depuis je suppose plus longtemps qu’une semaine, avec la jeune Miss Weasley, est tout sauf acceptable. C’est dangereux non seulement pour la réputation de l’école, mais pour la vôtre également. Cette élève est mineure et vous êtes professeur ! Si cette histoire arrive jusqu’aux oreilles de la famille Weasley, savez-vous ce que vous encourrez ? »

Un sourire ironique s’étala sur le visage de Severus.

« Il est notoirement connu que je n’ai jamais réussi à m’entendre avec le père Weasley... Arthur me déteste aussi sûrement que sa petite famille de rongeur. »

« Severus ! s’exclama Minerva outrée. Vous savez pertinemment que c’est faux. »

Cette fois, le professeur de Potion se leva, abandonnant sa tasse de thé sur la table basse, et fusilla sa collègue du regard.

« Je n’ai que faire de tout cela Minerva ! explosa-t-il furieux. Je me fiche de ma réputation ! Croyez-vous sincèrement que cela m’affecte de savoir que ma réputation va en pâtir ? Depuis toujours, tout le monde me voit comme un ancien mangemort, que j’ai été espion ou pas, et ce même si la guerre est finie ! On me regarde comme un pestiféré, comme quelqu’un en qui il est impossible d’avoir confiance ! Alors franchement, que croyez-vous que toute cette histoire va changer dans ma vie ? »

McGonagall se leva à son tour, le visage dur et le regard exaspéré.

« Que tu ne te soucies pas de ta réputation te regarde Severus, répliqua-t-elle en colère, mais que tu mettes la réputation de Poudlard en danger à cause de ton égoïsme, ça, je ne peux l’accepter ! »

Elle était si furieuse, qu’elle ne remarqua pas qu’elle tutoyait son vis-à-vis.

« Ne te soucies-tu donc pas un minimum de la réputation de cette école Severus ? N’en as-tu que faire de ce qu’Albus a fait pour toi durant toutes ces années ? Tu dis que personne ne te faisait confiance, mais c’est faux ! Albus avait une confiance aveugle en toi, il croyait en tes possibilités, et après une bataille acharnée il a réussi à faire en sorte que moi aussi j’ai confiance en toi ! Comment peux-tu renier tout cela et nous mettre ainsi dans l’embarras ? »

Brusquement la colère du professeur de Potion décanta, et il se rassit, poussant un soupir à fendre l’âme. Voyant cela, le professeur de Métamorphose se calma un tantinet et s’approcha lentement de son ami. Après la tirade passionnée de l’homme face à elle, elle avait compris qu’il tenait énormément à Ginny Weasley. Elle n’était pas certaine de pouvoir user du mot aimer, mais, elle savait que Severus ne défendait ainsi que ce à quoi il tenait le plus au monde. Le visage du professeur était en soit une preuve de plus.

Elle allait faire quelque chose qu’elle n’appréciait pas du tout, mais elle ne pouvait faire autrement pour convaincre Severus de l’entendre.

« Severus, je t’en prie, si tu tiens véritablement à la petite Weasley, tu feras ce qui est bon pour elle, aussi bien que pour toi. »

Cette réplique plus que toutes les autres, fit bondir le cœur de Severus, et son souffle s’accéléra. Il ne répondit pas, préférant quitter cette pièce le plus rapidement possible. Il avait besoin de se retrouver seul, chez lui, pour réfléchir.

Il se leva, et alors qu’il ouvrait et refermait la porte derrière lui, il resta sourd aux appels de Minerva. Il était fatigué. Si fatigué.

SRGWSRGWSRGW

L’image se brouilla sur une jeune rouquine, furieuse et quittant précipitamment la salle commune des Gryffondor.

« Que pensez-vous de tout ceci Albus ? Severus tout comme la petite Weasley, semblent beaucoup tenir l’un à l’autre. Minerva n’a pas réussi à faire entendre raison à Severus, et Hermione en a encore moins fait avec Ginny. »

Le vieux Directeur abandonna la contemplation de sa boule de cristal, et s’adossa au dossier de son fauteuil, le regard étrangement brillant.

« Je pense qu’ils savent tous les deux à quoi s’en tenir et que par conséquent il faut leur laisser encore du temps mon cher Sirius, répondit-il mystérieusement. »

Sirius fronça les sourcils. Il ne connaissait que trop bien l’étrange lueur qui brillait derrière les célèbres lunettes en forme de demi-lune et son instinct d’animagus pressentait quelque chose.

« Que dissimulez-vous Albus ? demanda-t-il. »

« Oh mais rien du tout, répondit-il en souriant. »

« Albus, je connais très bien cette espèce de mimique bizarre que vous faites à chaque fois qu’une idée farfelue vous titille l’esprit, alors je vous en prie, ne me faite pas languir. Dites-moi ce que vous avez derrière la tête, insista le professeur de Défense contre les forces du mal. »

Dumbledore éclata d’un petit rire et croisa les mains sur son bureau.

« Sirius, je vous demanderais d’être parfaitement honnête envers moi, dit-il. Que pensez-vous de toute cette histoire ? »

L’animagus ne cacha pas sa surprise, et haussa les sourcils avant de répondre.

« Et bien... Ils ont tous de bonnes raisons ou de s’aimer ou de proscrire cet amour. Cependant, et ne vous méprenez pas sur mes sentiments envers Severus, je suis de son côté. Je sais ce que cela fait d’aimer sans que cela ne soit accepté, et... comment dire ? J’éprouve de la compassion pour lui, parce que je sais ce qu’il endure en ce moment. »

« Vous songez donc que Severus et la petite Weasley ont le droit de vivre leur amour ? s’enquit Dumbledore très intéressé. »

Sirius lui fit un petit sourire contrit avant de répondre.

« Je ne pense pas que mon avis soit très objectif à cette heure, Albus. Après tout, ayant moi-même vécu cela, je... »

« Certes, certes, coupa le vieux sorcier, mais cela n’entre pas réellement en ligne de compte, car j’ai la même opinion que vous sur le sujet. »

« Vraiment ? s’exclama Sirius surpris. Mais, je ne comprends pas... je sais que vous êtes quelqu’un de fondamentalement bon, mais Minerva a tout de même soulevé des points importants lors de sa conversation avec Severus. La réputation de Poudlard, la vôtre, les Weasley et tout ça... »

Dumbledore pouffa et se leva pour aller flatter les plumes de son phénix. (NdJ : A ne pas confondre avec la ville de Phoenix, beaucoup font l’erreur.)

« Sirius, Poudlard a été mis en danger mille fois, dit-il. Je comprends les motivations de Minerva, mais je n’ai jamais pensé que l’amour puisse être un problème et vous le savez aussi bien que moi, ajouta-t-il avec un clin d’œil éloquent à Sirius. »

Ce dernier rougit légèrement, mais ne releva pas, laissant poursuivre son Directeur.

« C’est l’amour qui nous a tous sauvés, reprit-il. Il est vrai que cette histoire peut engendrer quelques soucis, mais comme je l’ai dit il faut simplement laisser du temps au temps. »

Le visage de Sirius montrait clairement qu’il n’avait pas tout suivi du discours de Dumbledore, néanmoins il avait suffisamment confiance en lui pour ne pas remettre en cause son jugement.

« Très bien, dans ce cas, comment allons-nous arranger les choses ? »

« Patientons encore un peu, ensuite nous convoquerons certaines personnes et nous éclaircirons tout cela. En attendant, je pense qu’il serait judicieux et même important pour vous, de faire ce que vous n’avez pas osé faire il y a des années. »

Sirius sursauta, rougit et s’enfonça dans son fauteuil, cherchant sûrement à s’y cacher... en vain.

« Je... je ne sais pas. Je... je... je ne pense pas que... »

« Cessez donc de penser mon ami, coupa Dumbledore avec un regard bienveillant. »

L’animagus s’empourpra encore plus, et perdant tout moyen, il préféra fuir, trop perturbé par le petit rire clair de son Directeur d’école.

« Ahlala mon cher Fumseck, murmura gaiement le vieux sorcier, l’amour nous fera toujours faire n’importe quoi. » (NdJ : Je ne te le fais pas dire. Ndla : Mdr... je m’en souviens encore. Se déguiser en sapin de Noël pour espionner ton chéri, fallait le faire... NdJ : Oh, ça va !)

SRGWSRGWSRGW

Des démons dansaient dans le foyer de la cheminée. Ils tournoyaient sous les yeux caverneux de Severus, déposant leurs reflets chatoyant sur sa bouche, la rendant pleine et sensuelle. Ses cheveux couleur de jais tombaient le long de son visage, dissimulant une partie de son regard et ses mains, croisées sous son menton, laissaient entrevoir la profonde réflexion dans laquelle il s’était plongé.

Son verre d’alcool posé devant lui sur la table basse n’avait pas été entamé, et se réchauffait petit à petit à la chaleur du feu. Severus soupira et posa son regard sur son verre rempli.

« Severus, je t’en prie, si tu tiens véritablement à la petite Weasley, tu feras ce qui est bon pour elle, aussi bien que pour toi. »

Comment avait-il réussi à s’embarquer dans une telle histoire ? Il y a encore plusieurs semaines, il rejetait l’attirance qu’il éprouvait pour la rouquine, et aujourd’hui, il se retrouvait assis devant un feu de cheminée à ruminer ses pensées sombres. Certes, il n’avait jamais refoulé son attrait pour Ginny, mais il ne l’avait jamais pleinement accepté non plus.

En fait, après la nuit sur la tour d’Astronomie, il avait décidé de mettre à jour ses fantasmes, de les confronter à la réalité, et grand mal lui fît, car la réalité lui avait montré une chose à laquelle il n’avait su faire face : le charisme de la petite Weasley. Enfin, il disait petite, mais Ginny s’était révélée être une personne hors du commun, intelligente, vive, compréhensive, amusante et extrêmement mature pour une jeune fille de seize ans. Bon, elle n’était pas encore adulte, et son caractère fougueux démontrait parfois qu’elle était toujours une adolescente, mais elle pouvait se montrer tellement posée de temps à autre, que c’en était étrange.

Au début, il avait cru se retrouver des années en arrière, en présence de Lily. Mais au fur et à mesure des sentiments étaient nés de cette impression, et plus il côtoyait Ginny, plus les sentiments se précisaient. Ils avaient évolué à un tout autre degré et une limite avait été franchie, aussi bien par lui que par elle.

La première fois qu’il s’en était aperçu, Ginny et lui discutaient d’un projet en potion qu’elle devait présenter à la classe. Elle avait quelque difficulté à comprendre la composition d’une certaine potion et lui avait demandé son aide. Bien entendu, il n’avait pu le lui refuser, car depuis un moment, ils s’étaient tous les deux considérablement rapprochés. À tel point, que Minerva s’en était rendu compte...

Ils discutaient donc ensemble et Ginny avait éclaté de rire, laissant couler sur son visage une longue mèche de cheveux roux. Severus avait été quelque peu hypnotisé par le tracé de la mèche et l’avait inconsciemment remise en place derrière l’oreille de la rouquine. Le rire, s’était alors soudain suspendu, et plongeant son regard dans les yeux noisette de son élève, il n’avait su dire comment ni pourquoi, mais son cœur avait fait un bond prodigieux dans sa poitrine. Ce fut donc le cœur battant et lisant une certaine envie dans le regard de Ginny qu’il s’était lentement rapproché d’elle, mêlant son souffle au sien, déposant aussi naturellement que possible, un chaste baiser sur ses lèvres.

Il avait senti le tressaillement de l’adolescente, mais son désir était si fort, si incontrôlable qu’il n’y prit pas garde et grand bien lui fît, car la jeune fille lui répondit. Ils ne s’étaient embrassés que quelques secondes, mais il avait semblé à Severus qu’une éternité s’était écoulée, et il avait apprécié chaque seconde de cette éternité.

Ce fut donc le visage rouge et le regard embué qu’ils s’étaient tous les deux séparés et leur couple était né. Un couple à l’aspect fragile, de par leur différence d’âge et tout ce qui pouvait les opposer, notamment leur opinion au sujet d’un certain brun à lunettes, mais ils parvenaient tout de même à mettre leurs différents de côté pour profiter aussi pleinement qu’ils le pouvaient de ce que la vie avait consenti à leur offrir.

Pour Ginny cela ne devait probablement être qu’une simple relation, mais pour lui c’était différent. C’était bien plus qu’une simple amourette...

Peut-être cela ferait-il rire Ginny si elle l’apprenait, mais il n’avait connu la chaleur des bras d’une femme que trois fois, dans toute sa vie. Celle de sa mère, celle de Lily, et celle de son premier amour, Ursula. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Ursula n’était pas rousse mais blonde et incroyablement jolie. Severus en était fou amoureux, et pour elle il aurait fait n’importe quoi. Ce fut donc ainsi qu’il investit les troupes de Voldemort, par amour pour elle et ce qu’elle représentait, au détriment des avertissements de Lily. (NdJ : Ursula ? Ndla : Ben quoi, c’était sur le coup de l’inspiration. NdJ : Tu devrais en changer alors... Ndla : -...-’’)

« Mais elle se sert de toi, Severus, ne le vois-tu donc pas ? Elle ne t’aime pas ! »

« Ça suffit Lily ! Tu sais très bien que c’est faux ! Ursula m’aime et elle ne me ferait jamais une telle chose ! »

« Sev, écoutes-moi je t’en prie ! Ursula n’est qu’une intrigante, elle ne t’aime pas et se sert de toi uniquement pour entrer dans les bonnes grâces de Voldemort ! Tu dois me croire Severus ! »

« Pourquoi Lily ? Pourquoi me dis-tu toutes ces choses ? N’es-tu pas heureuse de mon bonheur ? Pour une fois je trouve quelqu’un qui m’aime pour ce que je suis. Pour une fois, moi, l’indésirable Severus Rogue, détesté de tous les élèves de Poudlard, trouve quelqu’un qui tienne à lui et... et toi tu... tu... Je te croyais mon amie Lily... »

« Mais je suis ton amie Sev ! Et justement, parce que je suis ton amie, je veux te protéger. Je ne serais heureuse pour toi que lorsque tu auras trouvé quelqu’un qui t’aime vraiment contrairement à Ursula. Je... »

« ARRÊTE !! Tais-toi ! J’en ai assez ! Tu veux que je te dise Lily ? Tu es jalouse de mon bonheur ! »

« QUOI ? Mais c’est totalement faux ! »

« NON ! Je sais ce que je dis ! Tu es jalouse parce que Potter a décidé de sortir avec Marjorie Wilson et qu’il ne veut plus de toi ! Toi aussi tu te sers de moi, et je sais que tu le fais pour atteindre Potter ! Tu sais qu’il me déteste et tu espères qu’il te reviendra s’il nous voit ensemble ! Tu m’écoeures Lily ! Tu m’écoeures ! »

« Très bien Severus, si c’est ce que tu penses... Mais ne viens pas me voir quand tu apprendras la triste vérité. Je te pensais plus intelligent que cela, mais je me suis trompée. Aussi bien sur ton compte que sur l’espèce de relation entre nous que j’aimais à penser être de l’amitié. Je te déteste Severus Rogue. Je te déteste vraiment ! »

Sur ces mots, elle était partie, profondément blessée. Plus tard, il avait appris qu’Ursula était déjà mariée et qu’effectivement, il aurait dû croire Lily, car la jeune femme blonde se servait bien de lui. Tout son monde s’était effondré après cela, et il avait voulu reconquérir l’amitié de Lily, mais il n’en avait pas eu le courage. Lily était fiancée à Potter et elle attendait un enfant de lui. Elle avait refait sa vie et ne se souciait plus de lui.

Ce fut une époque bien sombre pour le professeur de Potion, mais il avait pris une décision et c’est comme ça qu’il devint espion pour le compte de Dumbledore. Seuls quelques initiés dont Lily avaient été mis au courant. Par ce biais, la jeune femme lui avait pardonné et Severus à défaut de lui faire ses plus plates excuses en face, la protégeait à sa manière. Mais la mort de Lily avait été un choc pour lui, et finalement, il avait banni les femmes de son existence.

Du moins, jusqu’à ce qu’arrive la réplique miniature de Lily... Ginny Weasley avait changé tellement de choses en lui, elle avait tant fait qu’il en avait abaissé ses barrières pour la laisser pénétrer son monde obscur et y mettre un peu de couleur. Un peu comme Lily l’avait fait à une époque.

C'était donc pour cette raison qu’il craignait un peu ses sentiments à l’égard de la jeune rouquine. Il avait peur de se tromper une fois encore, de prendre le mauvais chemin pour finalement retomber dans la désillusion.

Après tout, Ginny était encore très jeune. Elle avait toute la vie devant elle... Alors pourquoi se soucierait-elle de le rendre heureux, lui, un quadragénaire acariâtre ? D’autant que Minerva avait raison.

Dumbledore avait tant fait pour lui, pendant toutes ces années. Malgré son arrogance de jeunesse, il l’avait accepté et lui avait donné toute sa confiance. Il n’avait jamais failli à ses promesses et Poudlard avait été son refuge. Pouvait-il réellement prendre le risque de détruire la réputation de sa maison et de son Directeur, le seul homme qui le considérait comme un égal, pour une... fille ?

Et les Weasley ? Si jamais Arthur et Molly apprenaient leur relation, qu’en serait-il ? Oh, certes, Ginny et lui n’avaient pas encore franchi ce cap important dans leur couple mais... Etait-ce vraiment sans conséquences ?

Severus soupira bruyamment et rejeta le haut de son corps en arrière, s’adossant au dossier de son fauteuil. Il ferma les yeux, se les frotta une seconde avant de les rouvrir et de contempler le plafond de ses appartements. Tout cela était tellement compliqué... Ceci commençait à prendre des dimensions qu’il n’avait pas imaginées et à son âge, il était un peu tard pour se prendre la tête dans ce genre de dilemme amoureux.

Amoureux, car oui, il aimait Ginny et c'était bien à cause de cela qu’il avait tant de mal à prendre une décision. Quitter Ginny était très probablement la meilleure solution pour la tranquillité de sa vie, mais elle était déjà tellement présente en lui qu’il n’en serait indéniablement pas de même pour sa tranquillité d’esprit, sans compter celle de son cœur.

Que devait-il faire ? Il avait le sentiment que la réponse était tout près de lui ou comme on dit qu’ « il l’avait sur le bout de la langue », mais c’était comme si un voile sombre lui brouillait la vue. C’était extrêmement agaçant et il ne savait plus quel moyen utiliser pour s’en sortir.

Quelques coups frappés à sa porte la ramenèrent à la réalité et ce fut dans un grommellement agacé qu’il se leva. Qui pouvait bien le déranger à cette heure ? Si c’était Minerva, il allait la renvoyer aussi sec dans ses appartements. Il n’avait pas besoin de ses sermons et n’aspirait qu’à la quiétude, d’ici à ce qu’il trouve la coquine solution qui s’évertuait à savamment lui échapper.

Il se dirigea vers la porte et l’entrouvrit à peine qu’elle lui sauta au visage laissant passer un visiteur manifestement très en colère. Légèrement sonné et le nez douloureux, il referma la porte et allait invectiver l’intrus quand il reconnut la voix de son agresseur.

« Franchement, c’est absurde ! Vraiment absurde ! Hermione ne sait pas de quoi elle parle ! »

Surpris, il arrondit les yeux et observa silencieusement Ginny aller et venir dans sa chambre, comme un lion en cage. Finalement, alors qu’elle déblatérait il ne savait quelles grossièretés fleuries, il prit la parole, la coupant dans sa tirade agrémentée.

« Ginny, je peux savoir ce que tu fais ici ? demanda-t-il en croisant les bras. »

La rouquine se tourna vers lui, lui sourit tendrement avant de le rejoindre, d’ouvrir ses bras et de se blottir contre son torse. Comme à chaque fois qu’elle le faisait, Severus se raidit, sentit son cœur battre la chamade et il ne put faire autrement que de lui rendre son étreinte, un peu maladroitement.

Elle poussa un petit soupir de contentement et Severus songea à quel point il l’aimait. C’était complètement fou, totalement irréaliste et pourtant, il lui avait donné son cœur, sans imaginer une seule seconde que la jeune fille n’en pensait pas moins.

Ils s’enlacèrent ainsi un moment, avant que Severus ne reprenne la parole.

« Ginny, que fais-tu ici ? »

La rouquine quitta les bras réconfortant de son professeur et soupira.

« Je me suis frittée avec Hermione et j’avais comme qui dirait besoin de te voir, répondit-elle en partant s’installer sur le canapé. Pourquoi ? Je te dérange ? demanda-t-elle ensuite. »

Le regard peiné qu’elle lui lança le fit fondre et il lui fit une esquisse de sourire. Il n’arrivait décidément pas à se défaire de certaines habitudes.

« Pas vraiment, non. Que s’est-il passé avec Granger ? »

Ginny se saisit du verre d’alcool que Severus lui retira aussitôt des mains, sans se soucier de la mine contrite qu’elle lui fit, et répondit.

« Elle nous a vu nous embrasser ce matin et elle m’a fait un méga sermon sur l’illégalité de cette relation, sur le fait que la réputation de Poudlard et la nôtre pourraient en pâtir, sur l’opinion de mes parents et le choc que ça pourrait provoquer si tout le monde l’apprenait, bref ! Que des conneries quoi. »

Severus vida son verre d’un coup de baguette et s’assit près de l’adolescente.

« Et donc ? Qu’en penses-tu ? »

« Qu’elle se trompe sur toute la ligne ! »

« Vraiment ? »

« Bien sûr ! s’exclama Ginny avec véhémence. Je ne vois pas en quoi, le fait que nous sortions ensemble puisse déranger qui que ce soit !? »

Severus sourit plus franchement cette fois-ci, et s’adossa au dossier du divan.

« Et bien, contrairement à ce que tu peux voir, ce n’est pas l’idée que tout le monde se fait de notre relation. »

« Que veux-tu dire ? demanda-t-elle surprise. »

« Qu’aujourd’hui j’ai eu à peu près le même type de conversation avec ta Directrice de maison. »

« QUOI ! »

« Ne crie pas, s’il te plaît. Minerva est au courant pour nous. Elle pensait se leurrer, mais force est de constater que nous n’avons pas été des plus discrets ces derniers temps. »

Ginny détourna le visage, plongeant son regard dans les flammes de la cheminée et murmura, étonnée.

« Je n’arrive pas à le croire, avant d’ajouter plus fort : alors comme ça tout le monde est contre nous. »

« Tout le monde, non, du moins pas encore. Pour ce que j’en sais seules Minerva et Granger sont au courant, bien que cela ne m’étonnerait pas que Dumbledore le sache lui aussi. »

Le silence envahit la pièce pendant quelques minutes, durant lesquelles Ginny parut se plonger dans ses pensées, laissant Severus se débattre avec les siennes.

Ginny, malgré la véhémence avec laquelle elle avait défendu sa relation avec son professeur, angoissait.

Bien sûr, elle aimait Severus. Elle tenait vraiment beaucoup à lui, et même si parfois elle se demandait comment cela pouvait être arrivé, elle croyait dur comme fer en ses sentiments et en son instinct de Gryffondor. Sa relation avec Severus avait commencé plutôt bizarrement, suite à une retenue assez mouvementée et à une rencontre nocturne très troublante.

Et puis, petit à petit, elle s’était mise à observer son professeur et à le regarder différemment. Elle savait que quelque chose d’insolite lui était arrivé et elle avait la sensation que ce quelque chose ne pouvait pas être néfaste pour elle. Pour cette raison, elle avait décidé de se rapprocher un maximum de Severus et tout ceci déboucha sur un baiser, durant lequel elle acquit la certitude que ce qu’elle faisait était bon. Pour elle comme pour Severus.

Néanmoins, cette nuit, Hermione avait soulevé des interrogations troublantes et des arguments non négligeable lors de leur conversation.

Severus était de plusieurs années plus âgé qu’elle, il avait donc déjà acquis une maturité qu’elle ne possédait pas. Elle, elle était encore jeune, même pas encore adulte aux yeux de la société et contrairement à celui dont elle était amoureuse, elle possédait ce qu’Hermione avait qualifié de « fougue de la jeunesse ». En clair, Severus était beaucoup trop vieux pour une jeune fille de son âge.

Lui, avait déjà vécucomme le disait Hermione- il en avait déjà vu, il avait déjà construit toute une vie et à son âge, il était un peu trop osé de croire qu’il aurait la vitalité correspondante à celle d’une adolescente qui attendait de commencer une vie.

Ginny observa Severus du coin de l’œil et les fines ridules qui s’installaient aux commissures de ses yeux. Elle fronça les sourcils quand une phrase d’Hermione lui revint en mémoire : « Imagine un peu ! Dans dix ans, tu auras vingt-six ans, et lui, il aura quoi ? Une bonne cinquantaine d’années ! C’est un peu excessif, tu ne trouve pas ? »

Le point lumineux du reflet des flammes dans le regard de Severus vacilla un peu et la rouquine sourit. Non, elle ne trouvait pas que c’était excessif. Dans dix ans, dans dix ans... Elle n’imaginait même pas encore son avenir, alors comment pourrait-elle prévoir ce qui allait arriver ? Serait-elle toujours avec Severus dans dix ans ? Elle ne le savait pas et ne s’en souciait pas pour le moment. Si cela marchait aussi longtemps entre eux, c’est parce qu’elle l’aurait désiré et lui aussi. A contrario, si leur relation ne fonctionnait pas, elle pourrait se dire, avec le sourire, qu’ils l’avaient vécue pleinement et surtout pleinement heureux. Elle ne pourrait jamais regretter d’avoir connu si intimement Severus Rogue, parce qu’il était tout bonnement fascinant. Avec elle, il faisait preuve d’une telle prévenance, d’une telle gentillesse –bien qu’il eut encore du mal-, mais cet homme l’intéressait sous tous ses aspects, positifs aussi bien que négatifs.

Pour une fille intelligente et ouverte, Hermione avait un esprit bien étriqué, songea-t-elle avec tristesse. Et dire qu’elle pensait qu’elle était son amie, sa meilleure amie à vrai dire. Mais bon, l’esprit humain recèle tellement de facettes qu’il serait absurde d’affirmer pouvoir toutes les connaître en moins d’une vie.

Évidemment, Hermione n’avait pas uniquement souligné un seul argument, ou c’était mal la connaître. Elle avait également parlé de la réaction de ses parents, de celle de sa famille en particulier Ron et Harry qui ne vouaient pas une adoration sans borne à leur professeur de Potion, et puis, il y avait également la réputation de Severus et celle de Poudlard.

« Imagine le scandale que cela provoquerait si votre relation était mise à jour, ce qui ne tardera pas à arriver si vous continuez sur cette voie ! » lui avait lancé Hermione.

Ginny n’avait pas besoin d’imaginer, tout simplement parce qu’elle y avait déjà songé. Très sérieusement, par ailleurs. De ces réflexions elle avait tiré des conclusions, pas vraiment simples, mais satisfaisantes pour l’heure.

Elle allait se les énoncer mentalement, quand la voix de Severus la coupa dans ses pensées.

« Tu disais ? demanda-t-elle légèrement à l’Ouest. »

Son professeur de Potion, actuellement petit ami, la fixa avec un sérieux curieux, mais effrayant et elle sentit son cœur battre plus vite.

« Ginny, commença Severus qui de son côté avec également prit le temps de réfléchir, il faut qu’on parle. »

« Parler, mais de quoi ? Et pourquoi ? »

Severus soupira.

« Parce que... et bien, parce que j’ai réfléchi à tout ça et... »

« Et quoi ? demanda-t-elle alors que son rythme cardiaque accélérait. »

« Il faut vraiment qu’on parle, répondit-il. » (NdJ : Je sens le coup fourré. Tu n’aurais pas osé ? Ndla : Osé quoi ?)

Ginny s’éloigna légèrement de lui, comme si elle voulait s’éloigner de la souffrance qu’elle pressentait, mais en vain.

« Je ne comprends pas, hasarda-t-elle. Severus ? »

Il sentait la peur et l’angoisse percer dans la voix de Ginny et s’en voulait de lui faire ressentir cela, mais cette discussion, ils devaient l’avoir. Cela ne le concernait pas uniquement, cela concernait Ginny et de nombreuses autres personnes. Severus avait eu du mal à admettre que son amour pour la rouquine puisse toucher autant de monde autour de lui, mais il fallait regarder les choses en face.

L’amour n’est pas un long fleuve tranquille, et Merlin savait qu’il aurait voulu que ce soit le cas.

« Ginny, avant toute chose je veux que tu saches que ça m’est très difficile d’aborder le sujet avec toi, mais au vu de ce qu’il vient de se passer, je pense que nous devons prendre une décision. Ce choix, nous allons le faire à deux, parce que bien que tout démontre qu’il serait préférable que je le fasse seul, je tiens trop à toi pour ne pas tenir compte de ton avis. »

« Severus, pourrais-tu être plus clair s’il te plaît ? »

Le professeur de Potion prit une profonde inspiration et se lança. S’il ne le faisait pas maintenant, il ne le ferait jamais et ce n’était pas la meilleure des solutions.

« Je crois que... que... »

Voilà qu’il bégayait maintenant. Merlin n’avait-il vraiment pas l’intention de lui faciliter la tâche ? Un coup d’œil aux grand yeux noisette de Ginny et Severus sut que la réponse était et resterait non.

« Donc, je crois que Minerva et Hermione ont raison. Je pense que toi et moi sommes beaucoup trop différents pour entretenir une relation comme... comme la nôtre. » (NdJ : Tu as osé...)

Ginny sentit son cœur ralentir brusquement sa course et elle arrondit les yeux, refusant de croire à ce qu’elle venait d’entendre.

« Severus, rassure-moi, murmura-t-elle encore en proie au choc, tu... tu ne viens pas de dire ce que je pense que tu viens de dire. Non ? »

L’homme soupira et saisit les mains de la rouquine entre les siennes avant de plonger son regard dans le sien.

« Ginny, ne me le fais pas répéter, s’il te plaît. C’est assez difficile comme ça pour que... »

La colère s’empara brusquement de l’adolescente et c’est le regard flamboyant d’éclairs qu’elle se leva sèchement, mettant le plus de distance possible entre eux.

« Assez difficile ? ASSEZ DIFFICILE ? Tu te moques de moi là ou quoi ? »

« Ginny... »

« NON ! Tais-toi ! Est-ce que tu te rends compte de ce que tu viens de me dire Severus ? Te rends-tu compte de ce que je peux ressentir ? »

Aussi soudainement qu’elle venait de prendre Ginny, la colère s’empara également du Maître des Potions et il se leva à son tour, les poings serrés le long de ses flancs.

« Ne dis pas n’importe quoi, Ginny ! Si je ne tenais pas à toi, je n’aurais jamais pris la peine de t’en parler, et je t’aurais juste quittée sans un mot ! »

« Oh bien sûr, excuse-moi. Mais quelle bonté d’âme Sev, non, vraiment, répliqua-t-elle pétulante d’ironie. »

« Arrête ça. »

« Tu veux que je te dise ? En fait tu n’as pas pensé à moi une seule seconde et tu sais pourquoi ? Parce que tout ce qui t’importe c’est toi, toi, toi et encore TOI ! »

« C’est faux ! démentit Severus avec véhémence. »

Il tenta de s’approcher de la jeune fille, mais elle recula farouchement, lui signifiant clairement que ses essais se solderaient par de cuisants échecs et probablement quelques dents en moins. En clair, il devait éviter de franchir la limite autorisée car sa présence auprès d’elle était tout sauf désirée, en cet instant.

« Au contraire, reprit-elle, je pense que c’est la vérité. Si tu te souciais réellement de moi, tu aurais pris la peine de me demander mon avis sur toute cette histoire ! Tu te serais soucié de la souffrance que tes mots occasionneraient. Tu nous aurais donné une chance. Au lieu de cela, tu préfères te camper sur tes positions et écoutez l’opinion obsolète de deux cinglées ! »

« Mais enfin Ginny ! Réfléchis donc un peu ! Tu es de vingt ans plus jeune que moi, tu es mon élève, je suis ton professeur et par-dessus tout tu es encore mineure ! Imagine un peu le scandale que notre relation provoquerait si par malheur elle venait à s’ébruiter au-delà des murs de Poudlard ! Pense à la réaction de tes parents ! À celle des sorciers en général ! À tes amis ! Crois-tu qu’ils seraient heureux d’apprendre que tu sors avec ton professeur de Potion ancien mangemort ? Le crois-tu vraiment ? Si je fais tout ceci, c’est pour ton bien, parce que je ne veux pas que tu connaisses la souffrance d’une relation compliquée comme la nôtre. » (Ndla : un peu plus de vingt ans en fait.)

Severus pensait la calmer, malheureusement, ces mots ne firent qu’augmenter la fureur de la jeune rousse. Ses yeux s’étaient assombris, son visage était rouge et il semblait que ses cheveux se soient presque dressés sur sa tête. Il aurait gauchement souri et trouvé cela adorable, en d’autres circonstances.

Cependant, ce fut d’une voix extraordinairement –ou dangereusement- calme, que la rouquine prit la parole.

« Très bien, j’ai écouté tes arguments, maintenant voici les miens. Ma vie n’appartient à personne d’autre qu’à moi et j’en fais ce que bon me semble. Si je veux sortir avec un professeur anciennement mangemort, ça me regarde. Si mes parents et mes amis m’aiment vraiment et ne désirent que mon bonheur, ils comprendront et accepteront mon choix. En ce qui concerne les trouble-fêtes, ils seront tout simplement balayés de mon existence et le monde sorcier je m’en fous ! Ce n’est pas de lui que je dépends et je ne compte pas changer ma ligne de conduite. Severus, il faut que tu comprennes une chose, mon bonheur est auprès de toi. Je ne sais pas comment vont évoluer les choses, je n’en ai même pas une vague idée. En revanche, ce que je sais c’est que je te veux, tu m’entends ? C’est toi que je veux et personne d’autre ! »

Severus observa avec stupéfaction la jeune fille qui lui faisait face. Etait-elle réellement sa petite amie ? Ginny Weasley, venait-elle réellement de lui dire qu’elle le voulait lui ? Qu’elle le voulait malgré tout ce qui pourrait les séparer ? Malgré son passé et tout ce qu’il avait pu commettre de répréhensible ?

Il l’aimait, Merlin oui, il l’aimait. Il ne voulait que son bonheur et elle venait de clairement lui signifier que son bonheur était à ses côtés et qu’elle serait prête à sacrifier n’importe quoi... Severus avait l’impression de se retrouver des années en arrière, alors qu’il n’était encore qu’un adolescent et qu’il n’aspirait qu’à une chose, qu’on l’aime pour ce qu’il était et non pour ce qu’il pouvait représenter comme forme d’accession au pouvoir.

L’image d’Ursula lui revint en mémoire et il sourit mentalement. Cette femme qu’il avait aimée et qui l’avait trahi n’était plus et venait de se substituer à son image celle de Ginny Weasley. Une petite rouquine de seize ans, au tempérament de feu et au caractère tenace.

Malheureusement, le passé n’est pas quelque chose que l’on peut si aisément effacer, surtout lorsque l’on s’est vautré dedans durant plusieurs années. Il avait été follement, éperdument, passionnément amoureux d’Ursula. Lui aussi aurait donné n’importe quoi pour préserver cet amour et si elle ne l’avait pas trompé, il l’aurait aimée jusqu’à la fin de sa vie.

Aujourd’hui, il ressentait la même chose pour Ginny, il avait l’impression de pouvoir l’aimer jusqu’à ce que la mort les sépare et c’était justement là le problème. Son cœur se serra, et il prit une décision.

« Ginny... Tu ne peux pas savoir à quel point les mots que tu viens de prononcer sont doux à mes oreilles. Tu n’imagines même pas à quel point je peux être heureux de les avoir entendus, mais... Tu es beaucoup trop jeune pour t’engager avec moi. »

« Sev, je viens pourtant de te dire que l’âge n’avait aucune importance à mes yeux ! s’écria la Gryffondor. »

Il secoua la tête et s’approcha d’elle, rassuré qu’elle accepte sa proximité. Il la saisit par les épaules et la fixa sérieusement.

« Tu n’as pas compris. Regarde-moi, j’ai déjà pratiquement vécu toute une vie, alors que toi, tu viens à peine de la commencer. Dans dix ans, tu auras tout juste vingt-six ans, et moi j’aurais déjà atteint la cinquantaine. Tu seras encore jeune et belle, moi je serais vieux et tout fripé, tiens-tu réellement à vivre toute une vie auprès d’un vieux professeur de Potion comme moi ? »

Ginny fronça les sourcils en posant ses mains sur le torse de Severus.

« Dans dix ans, je ne sais même pas si nous serons encore ensemble Sev, mais ça n’a pas d’importance. Parce que ce qui compte c’est le présent, n’est-ce pas ? »

Le regard du Maître des Potions s’assombrit, et les traits de son visage s’affaissèrent. Il l’aurait parié !

« Justement, dit-il d’une voix rauque. Ginny, je n’ai plus l’âge et je n’ai pas l’envie de m’engager dans une simple amourette d’adolescent. Ce dont j’ai besoin aujourd’hui, c’est de stabilité tu comprends ? Ce que je veux c’est un contrat pour une vie et pas seulement pour l’éventualité de quelques années. Si je ne recherchais que le plaisir charnel, ça ne m’aurait posé aucun problème et j’aurais transgressé toutes les règles pour être avec toi, mais ce n’est pas le cas. Je t’aime Ginny. Et ce n’est pas quelque chose à prendre à la légère. »

Le regard de Ginny brilla de larmes contenues et ses lèvres tremblèrent, alors que le professeur Rogue poursuivait.

« Désormais, nous ne parlons plus d’interdit ou de règlement ou de réputation. Alors je vais te poser une seule et unique question et tu devras y répondre en toute franchise : es-tu sûre de tes sentiments au point de vouloir me suivre jusqu’au bout ? »

SRGWSRGWSRGW

Deux semaines plus tard.

« Ginny. »

« ... »

« Ginny. »

« ... »

« Ginny ! »

« Allez-vous en ! Je ne veux pas vous voir ! »

« Ginny, allez, s’il te plaît, sors de là maintenant. »

« Nooon ! »

Hermione soupira et se retourna vers Harry et Ron. Cela faisait maintenant plusieurs jours que leur amie était dans cet état et si l’une des membres du trio en connaissait la raison, les deux autres étaient complètement paumés.

Harry et Ron s’inquiétaient énormément pour la rouquine, elle ne mangeait presque plus, ne dormait pas beaucoup –au dire d’Hermione et de ses camarades de dortoirs- pleurait très souvent, et surtout, elle n’allait pratiquement plus en cours, notamment celui de potion.

Ils avaient tout essayé pour lui rendre le sourire, mais Ginny restait confinée dans son monde et refusait de s’ouvrir à qui que ce soit. Les garçons avaient pensé qu’elle se confierait à Hermione, mais il semblait que la rouquine en veuille à son amie, pour une raison quelconque.

De son côté, Hermione commençait à regretter les paroles rudes qu’elle avait eu envers Ginny et son attitude autoritaire. Depuis qu’elle avait appris de la bouche même de Ginny, que « Rogue et moi c’est fini », elle s’en voulait d’être l’une des causes de son chagrin actuel.

Bien sûr, elle pensait bien faire, car la relation que Ginny entretenait avec leur professeur était plus que dangereuse, mais elle n’avait jamais songé que toute cette histoire la mènerait devant les toilettes des filles, faisant le pied de grue alors que sa meilleure amie versait toutes les larmes de son corps. Aujourd’hui, Hermione n’était plus aussi certaine que cela du bien fondé de ses actes, car elle s’était rendu compte d’une chose : Ginny était vraiment, réellement tombée amoureuse de Severus Rogue et inversement.

Si ça n’avait pas été le cas, elle ne se serait jamais abandonnée ainsi à la tristesse. Encore plus en sachant que Ginny avait la nature et la personnalité d’une battante ! En ce qui concernait le professeur Rogue, ce dernier tentait de le cacher, mais les cernes qu’il avait sous les yeux et ses airs sombres prouvaient son mal-être. Son agressivité accrue aussi d’ailleurs.

Hermione avait finalement réalisé que malgré tout ce qui pouvait séparer deux personnes, l’amour était une chose unique à préserver, et que rien, même un interdit, ne pouvait empêcher deux êtres de s’aimer. Cela s’accroissait plus encore quand elle observait Ron. Elle voulait donc le faire savoir à Ginny et s’excuser, mais la rouquine lui en voulait énormément, et n’était pas prête à lui adresser de nouveau la parole, pour autre chose que des banalités.

Sur ce coup-ci, l’intelligence d’Hermione se retrouvait acculée et pour dire les choses franchement, elle ne savait plus quoi faire.

Elle soupira et apprécia, malgré la situation, la main secourable de Ron posée sur son épaule.

« Je ne comprends pas ce qui lui arrive ? fit Harry en fronçant les sourcils. D’aussi loin que je m’en souvienne, Ginny n’a jamais déprimé comme ça. »

« Ça m’inquiète, ajouta Ron. Ma sœur n’est pas comme ça. Il a dû se passer quelque chose de grave pour qu’elle se laisse aller de cette façon. Hermione tu ne sais vraiment pas ce qui a pu lui arriver ? »

Elle était tentée d’en parler à Harry et Ron, mais elle se doutait de leur réaction et cela ne ferait sûrement qu’aggraver les choses. Étant donné leur aversion pour Rogue, il était pratiquement certain et même plus que probable, qu’ils n’allaient pas caresser l’animal dans le sens du poil. Au contraire.

« Non, je suis désolée, mentit-elle à contrecœur. »

Un sanglot, étouffé par le bois de la porte, leur parvint et Ron, n’en supportant pas davantage, prit les choses en main.

« Bon, Harry, Mione, il faut que ça s’arrête ! J’en ai marre ! J’en peux plus, alors même s’il faut que je défonce la porte des chiottes, je vais lui parler ! décida-t-il. »

Hermione fronça les sourcils et tenta en vain de le tempérer.

« Non ! Ça m’énerve de voir ma sœur dans cet état et je n’arrive vraiment plus à le supporter ! »

« Ce n’est pas comme ça que tu vas réussir à la faire parler, intervint Harry. Ginny à vraiment l’air mal et je ne pense pas que défoncer la porte et lui arracher les vers du nez avec autant d’agressivité soit la meilleure façon d’arranger les choses. »

« Harry a raison Ron, approuva Hermione. Ginny ne parlera pas, même sous la torture. »

Le rouquin leur lança un regard torve et renifla.

« Qui vous dit que je vais lui sauter à la gorge ? J’ai dit que j’allais lui parler, pas lui arracher tripes et boyaux. »

Les deux Gryffondor bruns le regardèrent avec étonnement avant de se concerter du regard. Finalement, aucun n’ayant vraiment de solution, ils acceptèrent d’un signe de tête. Ron leur demanda de partir, et Harry lui lança :

« Fais quand même attention, hein ? C’est une fille, pas un garçon. »

Ron poussa un soupir irrité, mais sourit.

« Tu crois peut-être que je ne le sais pas ? »

« Ron, je te connais... »

« Ce n’est pas toi qui disais que j’avais mûri ? Celui qui a pris le plus en grade, si je m’en souviens bien et pas seulement en taille, hum ? »

Harry rit légèrement et s’en alla avec un signe encourageant de la main.

« Bien, à nous deux Ginevra Eleanore Weasley ! affirma-t-il en se tournant vers la porte. »

SRGWSRGWSRGW

« Albus, cette histoire a pris des proportions énormes ! »

Le Directeur rit dans sa barbe et posa sa tasse de thé.

« Voyons Minerva, ne soyez pas si dramatique. »

« Je ne suis pas dramatique Albus, mais réaliste ! répliqua-t-elle en colère. Severus est devenu une véritable loque ! Il corrige mal ses copies, est dix fois plus sévère avec ses étudiants –hier encore deux Gryffondor, trois Serdaigle et quatre Poufsouffle sont venus se plaindre de son comportement-, ajoutez à cela qu’il manque deux réunions du conseil des professeurs, qu’il ne se nourrit plus et qu’il devient presque rachitique. Quant à la jeune Weasley, elle est pratiquement dans le même état que lui, sans compter qu’elle ne vient pratiquement plus en cours. Et quand elle le fait, ce n’est que pour écouter d’une oreille avant de se mettre à sangloter. Les élèves commencent à se poser des questions Albus et Arthur et Molly s’inquiètent également pour leur fille. Comment faire pour arranger les choses ? »

Dumbledore posa une main réconfortante sur l’épaule de sa collègue et amie avant de répondre avec un calme étonnant :

« Ne vous inquiétez pas Minerva, tout finira par s’arranger. »

« Toute cette histoire ne serait pas arrivée si vous ne vous étiez pas interposée ! lança Sirius. »

McGonagall fit volte face et fusilla l’animagus du regard.

« Je ne vois pas en quoi mon intervention aurait pu provoquer cette situation ! rétorqua-t-elle sèchement. »

« Vous ne voyez pas ? Si vous n’aviez pas mis toutes ses idées farfelues d’interdictions et de prohibitions dans la tête de Severus, il n’aurait jamais eu l’idée de se séparer de la petite Ginny ! »

« Insinuez-vous que c’est entièrement de ma faute, Black ? demanda-t-elle dangereusement. »

« Ce n’est pas uniquement de votre faute, je le concède, mais vous n’êtes pas exempte de toutes fautes. »

« Seigneur dieu ! s’exclama McGonagall. Vous avez une bien piètre opinion de cette école, Black. À vous entendre, j’ai l’impression d’avoir agi en tant qu’avocat du diable ! Ce que j’ai fait était dans le but de préserver la jeunesse de cette jeune fille, autant que la réputation de notre école ! Il est de mon devoir en tant que Directrice de maison et professeur de maintenir l’ordre à Poudlard et de garantir la décence en ces lieux. Notre école a déjà suffisamment subi de représailles durant la guerre pour avoir besoin aujourd’hui d’un nouveau scandale ! »

« Oui et bien admirez l’œuvre de la décence et de la bienséance, Minerva, répondit Sirius. Ginny Weasley et Severus Rogue sont devenus de véritables épaves au nom des convenances. Bravo ! »

Vexée et outragée, le professeur de Métamorphose écarquilla les yeux alors que son corps se raidissait. Elle allait répliquer, mais Dumbledore se décida à intervenir entre les deux parties.

« Écoutez mes amis, il est inutile de se mettre dans de tels états, les apaisa-t-il. Il est grand temps d’arranger les choses comme vous le dites et j’aurais besoin de votre aide à tous les deux. Minerva, convoquez Ginny Weasley dans mon bureau s’il vous plaît. Quant à vous Sirius, veuillez aller chercher Severus, il doit être dans ses appartements. Et profitez-en pour lui parler, je suis certain que vos arguments et que votre expérience en la matière lui seront d’une grande aide. En ce qui me concerne, je vais préparer du thé pour tout le monde et je vous attends pour quinze heures trente, n’est-ce pas ? »

Une fois les deux professeurs sortis de son bureau, Dumbledore s’autorisa un profond soupir de lassitude anticipée. Une partie de lui était excitée à l’idée de ce futur entretien, mais l’autre était épuisée d’avance.

« Merlin fasse que tout ce petit monde comprenne la valeur de l’amour, murmura-t-il à son phénix. »

SRGWSRGWSRGW

« Tu QUOI ? Avec QUI ? MAIS T’ES CINGLEE OU QUOI ? »

Ginny se leva brusquement, les poings serrés le long du corps, en proie à une furieuse envie de mettre une baffe à son frère.

« Je savais, s’écria-t-elle, je savais que je n’aurais jamais rien dû te dire !! »

Elle se détourna et commença à sortir des toilettes, mais avant qu’elle n’atteigne la porte Ron la rattrapa. Il lui saisit le poignet et la détourna de façon à pouvoir l’attirer à lui et la serrer contre son torse.

« Lâche-moi ! cria sa cadette. Lâche-moi ! »

« Ginny, tenta-t-il de l’apaiser, Ginny, s’il te plaît calme-toi. Je ne te laisserais aller nulle part, tu m’entends ? Calme-toi s’il te plaît. »

« NON ! Toi, tout comme les autres vous ne comprenez rien ! Vous ne voulez rien comprendre ! rétorqua la rouquine en se débattant faiblement. »

Ron la serra plus fort dans ses bras, une main caressant lentement la chevelure de feu de sa sœur, l’autre pressée dans son dos.

« Ginny, pardon. Excuse-moi, je n’ai pas très bien réagi, c’est vrai. Mais comprends-moi, je... je ne m’attendais pas à... Ça. Tu dois quand même admettre que pour moi, c’est un méga choc, hum ? »

Malgré son souhait de rester fâchée contre son grand frère, Ginny ne put réprimer un sourire, tandis que ses mains se refermaient dans le dos de Ron.

« Bon, maintenant, j’aimerais que tu m’expliques tout dans les moindres détails. »

La rouquine soupira, et finalement, ce fut assise sur le carrelage qu’elle lui conta toute l’histoire. Depuis la retenue, à leur dispute d’il y a deux semaines. Dispute qui immanquablement avait débouché sur la rupture.

« Hermione était au courant, et elle ne m’a rien dit, murmura le rouquin abasourdi. Je n’arrive pas à le croire. Elle va m’entendre ! »

« Ron, ce n’est pas la peine de t’en prendre à elle... Si elle ne t’a rien dit c’est qu’elle devait avoir une bonne raison. »

« Mais tout de même, répliqua son frère indigné, je pensais qu’elle avait confiance en moi et... »

« Ron, je te signale que ce n’est pas le sujet de la conversation, lui rappela sa petite sœur avec un froncement de sourcils. »

Le Gryffondor parut réaliser quelque chose, puis secoua la tête avant de sourire gauchement.

« Oui, c’est vrai. Excuse-moi. Bon. Donc, si j’ai bien compris toute l’histoire, le professeur Rogue a rompu avec toi, à cause de ce que le professeur McGonagall et Hermione ont dit, n’est-ce pas ? »

Ginny secoua légèrement la tête.

« Pas vraiment non. Enfin, en partie seulement, mais... mais en réalité, Severus... »

« Le professeur Rogue, coupa Ron fermement. »

« Severus, comme je le disais, reprit sa sœur sans lui avoir prêté attention, m’a posé une question. »

« Et tu n’as pas su répondre, n’est-ce pas ? »

« Non, murmura Ginny en baissant les yeux tristement. »

Son grand frère remarqua très rapidement le changement de ton et posa une main réconfortante sur son épaule. Ginny, lui fit un maigre sourire, mais la conviction n’y était pas.

« Que s’est-il passé ? »

« Je... et bien... en fait, il m’a dit qu’il m’aimait. Qu’il était vraiment tombé amoureux de moi. Il m’a dit qu’il recherchait la stabilité et qu’à son âge, il n’avait plus le temps pour les frivolités. Ensuite, il m’a demandé la confirmation de mes sentiments pour lui et... et... enfin, en gros, il voulait savoir si je serais capable de l’aimer jusqu’à la fin de nos vies. »

Ron écarquilla démesurément les yeux, la bouche ouverte sur une exclamation silencieuse.

« Qu... Quoi ? bégaya-t-il. Il t’a pratiquement demandée en mariage là, mais il est cinglé ce type ! On ne demande pas à une adolescente de seize ans seulement, si elle veut se marier ! s’indigna-t-il. »

« Il ne m’a pas demandée en mariage, protesta Ginny, il m’a... »

« Demandée si tu voulais passer le reste de tes jours avec lui, compléta son frère. Moi, j’appelle ça une demande en mariage sous-entendue ! »

Ginny soupira.

« Oui, bon. Si tu veux, mais... »

« Pas de « mais » s’il te plaît soeurette, dis-moi plutôt ce que tu as répondu, s’excita le rouquin. »

Ginny le fusilla du regard pour l’avoir interrompu, mais elle finit par abandonner et son regard se perdit dans le vague. La couleur noisette de ses yeux se ternit rapidement et, sur son visage, ce lisait de la résignation.

« Ginny ? »

« Je lui ai répondu que j’étais trop jeune encore pour juger de mes sentiments à long terme, et il a dit qu’il s’en doutait et que malgré tout ce qu’il pouvait ressentir il ne m’en voulait pas. »

Le ton changea brusquement et la voix de Ginny monta dans les aigus, reflétant détresse et panique.

« Je lui ai dit que ça n’avait pas d’importance, que je l’aimais aujourd’hui et que je ne voulais pas qu’il en tire des conclusions hâtives, qu’il me fallait du temps et que si dans dix ans nous étions encore ensemble c’est qu’il avait l’assurance de mon amour éternel ! Mais... mais il a refusé de m’écouter et il m’a dit qu’il n’avait pas dix ans, qu’il ne voulait pas passer dix années dans le doute et la peur qu’un jour je finisse par le quitter. Il m’a dit qu’il n’arriverait pas à le supporter et... et il a rompu. »

La voix de la rouquine se brisa dans un sanglot alors que la dernière phrase de son ancien petit ami lui revenait en mémoire : « C’est mieux ainsi, Ginny. C’est le mieux que je puisse faire pour toi comme pour moi... »

Ron était bouleversé. D’un côté, il y avait son aversion pour son professeur de Potion, cet homme dont sa sœur était amoureuse et qui la détruisait, mais de l’autre, il y avait sa compassion et sa compréhension des sentiments de Severus Rogue.

Le rouquin était partagé entre sa raison et son cœur.

Sa raison lui dictait qu’effectivement c’était mieux pour Ginny qu’elle ne fréquente plus cette espèce de sadique vicieux et méchant. Elle lui disait que Ginny finirait bien par s’en remettre un jour et qu’elle allait oublier cet homme détestable et continuer à vivre sa vie...

Son cœur, lui, comprenait la douleur de sa sœur et celle surtout, de son professeur tellement honni. Il savait au plus profond de lui ce que le Maître des potions ressentait, la douleur qu’il avait dû combattre et la force de volonté incroyable dont il avait dû faire preuve pour renoncer à son amour. Quelque part, il se retrouvait dans cette situation.

En effet, son cœur à lui était encore fraîchement meurtri par la séparation forcée que lui avait imposée Charlie, pour le maintien des convenances et le respect des mœurs. Bien sûr, sa situation était très différente de celle de sa sœur, car l’inceste faisait partie de cette catégorie détestée d’amour : « l’amour sale ». L’inceste n’était même pas considéré comme de l’amour...

Pourtant, dans un sens, l’amour avorté, peu importe la situation, c’est toujours la même chose : douleur, souffrance, peine, tristesse, solitude, sentiment d’abandon, incompréhension... et surtout colère. Colère contre le monde entier, contre soi-même, contre son cœur pour éprouver de tels sentiments.

Le Gryffondor roux soupira longuement et ferma les yeux, écoutant les sanglots étouffés de sa sœur cadette. Il avait mal pour elle et le grand frère en lui se détestait de ne pouvoir rien faire. Car, effectivement, il n’avait pas de solution à proposer à Ginny. Il voulait l’aider, Merlin, oui, il le voulait, mais comment faire ? Que fallait-il faire ?

Il se souvint que lui aussi avait passé de sombres moments, pleurant à chaudes larmes quand personne ne pouvait le voir ou l’entendre. Pleurant son amour pour son frère aîné, pour Charlie qui lui manquait tant... Même s’il avait trouvé une raison de vivre en la personne d’Hermione, il ne pourrait jamais occulter, ni oublier l’amour profond et passionné qu’il ressentait pour Charlie. C’était et ça resterait une constante dans sa vie...

Ron ouvrit les yeux et observa longuement sa petite sœur. Il ne voulait que son bonheur, il ne voulait qu’une chose en cet instant. Cette chose était que les larmes de Ginny cessent de couler et qu’elle retrouve son sourire.

Il ferma les paupières une nouvelle fois et prit finalement sa décision. Si Ginny ne pouvait être heureuse qu’auprès de cet homme, alors il la soutiendrait et l’encouragerait. Il trouverait un moyen de faire changer d’avis Severus Rogue, pour le bien-être de sa petite sœur chérie.

« Tu sais Ginny, moi aussi j’ai souffert par amour, commença-t-il, et je sais exactement ce que tu ressens et ce que peut ressentir le professeur Rogue. »

La rouquine renifla et lui lança un regard interrogateur. Ron sourit.

« Et ouais, moi aussi je suis tombé fou amoureux de quelqu’un, mais il se trouve que nous ne pouvions pas être ensemble. »

Les larmes de Ginny cessèrent progressivement de couler et cette fois, la Gryffondor affichait un air clairement surpris et intéressé.

« Ron tu... tu sortais avec quelqu’un ? demanda-t-elle perplexe. Mais qui ? Et pourquoi est-ce que vous ne pouviez par rester ensemble ? »

« Hum, en fait je ne sortais pas exactement avec cette personne, disons que nous étions amoureux l’un de l’autre et qu’entre nous c’était impossible. Quant à savoir qui est la personne en question, je ne peux pas te le dire et c’est inutile d’essayer de me faire parler, je ne dirais rien, ajouta-t-il face au regard inquisiteur qui le scrutait. »

« C’est assez incroyable... Je veux dire, se dépêcha-t-elle d’ajouter face au regard menaçant de son frère, que, et bien, que je ne pensais pas que tu puisses tomber amoureux d’une autre personne que d’Hermione. »

Ron la regarda, étonné.

« Pourquoi pas ? »

« Et bien, parce que... comment dire, bégaya Ginny soudain gênée, tout simplement parce que Hermione et toi semblez être faits l’un pour l’autre. »

« Tu crois vraiment qu’elle et moi sommes destinés et que personne d’autre ne pourrait me convenir ? demanda Ron troublé. »

Il se sentait confus... Cela signifiait-il donc, que même s’il avait tenté sa chance avec Charlie, que même s’il avait eu une chance avec son frère, cela n’aurait servi à rien ? Que son amour serait faussé par un quelconque destin ?

Ginny fronça les sourcils, intriguée par le comportement soudainement étrange de son frère aîné. Sa curiosité venait de prendre le pas sur son chagrin et elle se demandait qui pouvait bien inspirer de tels sentiments à Ron.

« Et bien, je pense que tout dépend de la personne, répondit prudemment la rouquine. Je ne connais qu’Hermione tu sais, enfin, je veux dire, je ne vois qu’elle qui puisse être attirée par toi... »

« Comment ça ? s’exclama Ron un tantinet vexé. Tu veux dire que je ne suis pas assez séduisant pour le reste des humains ? »

« Non, non, ce n’est pas ça, démentit aussitôt Ginny. C’est juste que... comment dire ? Hermione est la seule fille avec qui tu traînes et bon... voilà quoi, c’est plus logique. S’il te plaît dis-moi que tu as compris que j’arrête de m’enfoncer. »

Ron sourit, apaisé. Oui, il la comprenait. Après tout, comment lui en vouloir, puisqu’il semblait effectivement qu’Hermione et lui soient mystérieusement destinés.

« Ca va, rassura-t-il et Ginny se détendit. »

Une minute de silence s’écoula et la Gryffondor se tourna vivement vers son frère, le visage curieux.

« Qui c’est ? »

Ron fronça les sourcils, se doutant des intentions de sa sœur.

« Qui est quoi ? »

« Oh, arrête un peu de tourner autour du pot, tu sais très bien ce que je veux savoir. De qui es-tu tombé fou amoureux ? »

Ron senti son cœur manquer plusieurs battements, et son angoisse augmenta tandis qu’il imaginait la réaction de Ginny si par malheur elle devinait qu’il aimait Charlie.

« Euh... et bien, murmura Ron embarrassé, hum, je ne peux pas te le dire, je t’avais avertie. »

« Pourquoi ? »

« Parce que, je ne peux pas c’est tout. »

« Oh allez, insista Ginny inconsciente du trouble qu’elle provoquait chez lui. »

« Ginny je ne peux pas te le dire, un point c’est tout, comprends cela ! s’énerva soudainement Ron. »

Elle le regarda surprise et blessée, alors il s’adoucit.

« Je crois que tu n’aimerais pas le savoir, expliqua Ron. »

« Tant que ce n’est pas Severus, dit-elle. »

Ron ricana à moitié amusé et horrifié par ce que sa sœur venait de dire. Lui, aimer Rogue ? Et puis quoi encore !

« Non, ce n’est pas Rogue, mais ça ne change pas le fait que je ne te dirais rien. »

Ginny observa un moment son grand frère et se demanda pendant une seconde s’il n’avait pas simplement menti à ce sujet, uniquement pour la réconforter. Mais l’expression craintive dissimulée sous de l’embarras de Ron ne lui échappa pas. Elle mourrait d’envie de connaître l’amoureuse secrète de Ron, mais ne pouvait définitivement pas le forcer à le lui avouer s’il ne le voulait pas. Pourquoi Ron semblait-il si apeuré à l’idée qu’elle puisse découvrir l’indentité de son amoureuse secrète ?

« As-tu peur à ce point que j’aille le dire à Hermione ? demanda-t-elle. Tu sais que je ne dirais rien et tu sais aussi que tu me peux me faire confiance comme tu fais confiance à Harry. Parce que je suis sûre que tu lui as dit à lui, n’est-ce pas ? »

Ron soupira encore.

« Non, je n’ai pas peur que tu le révèles à Hermione. De plus Harry n’est pas au courant lui non plus, en fait, il sait tout comme toi que je suis très amoureux d’une autre personne que Mione, mais il ne sait pas de qui. Je n’ai pas voulu le lui dire. C’est mon secret, j’ai bien le droit d’avoir des secrets non ? »

Ginny fit la moue, s’avouant vaincue pour le moment, mais se promettant de connaître la vérité un jour.

« Bon, très bien, mais... que s’est-il passé entre vous ? Je veux dire, entre ton amoureuse et toi ? »

« Et bien, ce fut un peu comme pour toi, nous avons rompu avant même d’être réellement ensemble. »

« Oh, je vois... Mais... Pourquoi est-ce que tu me racontes tout ça ? »

Ron sourit et son regard bleu lagon montra une farouche détermination.

« Parce qu’il ne faut pas que tu abandonnes. Entre moi et cette personne, c’était impossible, totalement et complètement impossible et pourtant nous nous aimions si fort... Nous n’avions aucune chance que notre amour soit un jour accepté, mais c’est différent pour le professeur Rogue et toi. Votre amour est possible, malgré vos âges respectifs, malgré le règlement de Poudlard et malgré tout ce qu’on pourra dire. C’est possible Ginny. »

Le visage de la rouquine s’éclaira brusquement, mais s’assombrit tout aussi vite, oubliant totalement l’histoire d’amour tragique de son frère, son esprit se concentrant uniquement sur la sienne : Severus.

« Merci pour ton soutien Ron, mais tu as tort. Severus n’en a que faire des convenances et autres, il me l’a dit, ce qui le gêne réellement c’est... c’est l’incertitude de mes sentiments. »

« Est-ce que tu l’aimes ? »

« Oui, je l’aime ! Mais... mais je ne sais pas si je l’aimerai pour toujours... »

« Et bien il suffit de le faire changer d’avis ! s’exclama Ron avec le sourire, sous le regard abasourdi de sa petite sœur. »

SRGWSRGWSRGW

« Tu es vraiment le roi des imbéciles Snivellus ! »

« Oh la ferme Black ! Fous-moi la paix ! Je ne sais même pas pourquoi est-ce que je t’ai raconté tout ça ? »

« Parce que tu as besoin de te confier et après ce que je t’ai moi-même confié, tu as le sentiment que quelque part on se ressemble. »

Severus grogna. Sirius avait vu juste, mais le professeur de Potion n’était pas prêt à l’avouer. Plutôt mourir !

« Si à l’époque l’homosexualité était mal vue, ce n’est plus le cas aujourd’hui ! Et à ce que je sache Potter n’est plus dans tes pattes, donc tu peux faire ce que bon te semble non ? »

Sirius fronça les sourcils et serra les poings.

« Ne parle plus jamais de James sur ce ton, Snivellus ! Il était mon meilleur ami et... »

« Et quoi ? s’emporta Severus. Il t’a rejeté quand il a su que tu étais gay et si je m’en souviens bien, il ne voulait même plus t’adresser la parole ! Du coup, qu’est-ce que tu as fait ? Ben t’a préféré jouer les lâches et abandonner la partie, au profit de votre soi-disant amitié. Ah c’est beau l’amour hein ? »

Le regard de Sirius brilla de colère et il s’avança rapidement vers Rogue, pour le saisir violemment par le col de sa robe et le porter à hauteur de ses yeux.

« C’est toi qui me parles de lâcheté ? Non mais tu ne t’ai pas regardé Snivy ! »

Les deux hommes se toisaient avec mépris et fureur, mais dans le regard de Severus on pouvait lire une profonde tristesse mêlée de confusion.

« Ta situation est différente de la mienne, le cabot ! Ne me compare pas à toi ! »

« Et en quoi est-ce différent, hein ? Tout comme moi tu as préféré abandonner Ginny et mettre votre amour au bûcher ! Pour quoi ? Pour l’amour de la décence et de la bienséance. Tu es aussi lâche que moi Severus ! »

Le Maître des Potions ne répondit rien, laissant à Sirius le loisir de poursuivre.

« Est-ce que tu as regardé Ginny ces derniers temps ? Elle est complètement abattue ! Elle erre dans ce château comme une âme perdue et si je ne savais pas que tu éprouvais aussi de la douleur, je ne me mêlerais pas de vos affaires ! Cependant, il faut que tu comprennes une chose Snivy, tu ne peux pas demander à une adolescente de seize ans si elle t’aimera toute sa vie ! C’est complètement ridicule ! Toi-même tu ne sais pas si tu l’aimeras aussi longtemps ! »

Severus se dégagea de la poigne de fer de l’animagus et le fixa avec rage.

« Bien sûr que je l’aimerai toute ma vie ! J’aime Ginny comme je n’ai jamais aimé personne d’autre avant et je suis certain de mes sentiments à son égard ! »

Sirius ricana, provoquant le redoublement de la colère du professeur de Potion.

« Dis-moi Snivy, es-tu toujours amoureux d’Ursula ? demanda-t-il. »

« Je ne vois pas en quoi cela te regarde ! répondit Severus sur la défensive. »

Sirius haussa un sourcil amusé.

« Oh, cela veut-il dire que tu es toujours amoureux d’elle ? »

« Bien sûr que non, imbécile ! Tu sais très bien vers qui sont tournés mes sentiments ! »

« Pourtant, tu disais que tu aimais Ursula comme jamais tu n’avais aimé auparavant. Tu disais que tu serais à jamais amoureux d’elle, et j’avais même entendu de la bouche de Lily que ton amour pour elle était passionné, fusionnel, éperdu, profond et tout le bataclan ! »

Severus se figea et Sirius continua, un sourire narquois accroché aux lèvres.

« Pourtant, tu es bien tombé amoureux de Ginny, n’est-ce pas ? Tu m’as toi-même dit que tu n’aimais plus Ursula, parce que Ginny était arrivée dans ta vie, n’est-ce pas ? »

Soudain, Rogue perdit tous ses moyens et sa confusion augmenta.

« Où veux-tu en venir Black ? »

« À la même question que je t’ai posée, il y a une minute : es-tu certain de pouvoir aimer Ginny jusqu’à la fin de tes jours ? Sachant que tu disais la même chose de ton premier amour et qu’aujourd’hui tu en aimes une autre ? »

« Je... je... ce n’est pas la même chose, rétorqua vivement le Maître des potions. J’avais dix-sept ans à l’époque et aujourd’hui j’ai mûri ! »

Sirius éclata de rire : « Oh non, mon cher Snivy, tu te trompes lourdement, parce que c’est exactement la même chose au contraire. Qui te dit que dans dix ans tu ne va pas rencontrer une autre femme et tomber amoureux d’elle ? »

« Je... je... »

« Tu te voiles la face, et tu sais pourquoi ? Parce qu’en réalité, tu sais très bien que ce qui t’a poussé à rompre avec Ginny ce n’était pas la peur de la voir te quitter dans dix ans, mais plutôt la peur des interdits. En fait, tu crève de peur à l’idée d’affronter de nouvelles épreuves pour ensuite te retrouver comme un con, si jamais tu perds la bataille. Voilà, la vérité, Snivellus. Tu es bien un Serpentard tiens. »

SRGWSRGWSRGW

Dumbledore regarda toute la petite troupe assise dans son bureau et soupira mentalement. Ça n’allait pas être simple.

Sirius, debout dans un coin, avait les bras croisés sur son torse et affichait un air clairement renfrogné. Severus quant à lui, affichait le même air, malgré ses essais de faire passer cela pour de l’indifférence.

Dumbledore devina avec raison que sa conversation supposée être pacifique avec Sirius avait dû tourner au vinaigre. Comme de coutume entre ces deux-là. Mais à quoi donc s’était-il attendu au juste ? On parlait de Severus Rogue et de Sirius Black après tout... Une ou même dix mille expériences en commun ne les aiderait pas à faire la paix. Comme c’était puéril, mais que pouvait-il y faire après tout ? Les mettre en couple ?

Deux ennemis ensemble ? Cela ne s’était jamais vu. Dumbledore pouffa intérieurement à cette idée. C’était comme d’imaginer mettre Harry et Draco ensemble... hum, parfaitement impossible. De toute façon, Severus était hétérosexuel et Sirius homosexuel, donc opposés même en amour.

Puis son regard se reporta sur Minerva et Ginny. Toutes les deux semblaient extrêmement tendues, toutes les deux en attente de ses intentions. Il soupira une nouvelle fois mentalement, se préparant à nombres d’effusions et lança un regard à son phénix pour se donner du courage. Fumseck lui répondit par une œillade rassurante et le vieux directeur sourit dans sa barbe, confiant.

Cela ne pouvait que bien se passer... du moins, il l’espérait.

De toute façon, il avait décidé de raccourcir la conversation et d’aller aux points essentiels car... eh bien, parce qu’il n’avait plus de thé. Il ne pouvait pas entretenir de longues conversations sans thé, surtout avec des personnages aussi impulsifs et sensibles que ceux qui étaient présents.

Pas de calmants, trop de risques, lui disait souvent Alamans, l’un des portraits accrochés aux murs de sa chambre à coucher.

Finalement, soudain irrité de cette absence de dialogue, Severus prit la parole.

« Que nous vouliez-vous Albus ? demanda-t-il impatient. »

« Et bien tout d’abord excusez-moi de ne rien pouvoir vous offrir à boire, répondit-il calmement, mais il se trouve que je n’ai plus de thé et que... »

« S’il vous plaît Albus, allez droit au but, le coupa Severus. »

« Severus, évitez de parler sur ce ton au Directeur, le réprimanda McGonagall, se souciant peu du regard meurtrier qu’elle se reçut. »

« Bien, bien, bien, calmez-vous, intervint Dumbledore. Nous sommes tous sous tension et il est inutile de s’impatienter. »

Une fois le calme plus ou moins revenu, le Directeur reprit la parole, plus sérieusement cette fois, faisant battre le cœur de Ginny d’appréhension. S’il avait demandé à la voir en même temps que Severus, cela ne pouvait signifier qu’une chose... Et dire qu’elle venait de trouver une solution pour retrouver les bras de son amoureux, voilà que même Dumbledore allait s’opposer à leur relation. Elle voyait ses espoirs s’envoler en fumée car elle savait que Severus éprouvait trop de respect envers son mentor pour lui désobéir. Ginny sentit son cœur se bloquer et les larmes humidifièrent ses yeux, mais elle ne dit rien et se retint de pleurer.

« Bon. Je pense que vous savez tous ici, les raisons de cet entretien soudain, commença le vieux sorcier. Je n’ai pas jugé nécessaire de prévenir les autres professeurs et les membres du conseil d’administration de l’éducation, parce qu’il s’agit d’un problème que nous pouvons somme toute régler entre adultes, même avec la présence de Miss Weasley. »

Severus et Ginny tressaillirent au mot « problème » et leurs cœurs se serrèrent simultanément. Minerva quant à elle affichait un air satisfait et Sirius voulut lui verser un bidon d’eau sur la tête pour être aussi insensible et borné. Ne voyait-elle donc pas la détresse de Severus et Ginny ? Etait-elle à ce point aveugle ? Il voulut grogner, mais se retint, songeant que cela ne ferait qu’entraîner une dispute de plus, ce qui était pour l’heure, très malvenu.

« J’ai appris, il y a quelque temps, la relation particulière que Severus et toi, Ginny entretenez, poursuivit Dumbledore. Cela pose évidemment quelques menus problèmes mais... »

« Quelques menus problèmes, coupa Minerva indignée. Mais enfin Albus, comment pouvez-vous prendre cette histoire à la légère ? »

« Oh, je vous en prie McGonagall, intervint Sirius fâché, ne soyez pas si rabat-joie ! Pourquoi Snivy et Ginny n’auraient pas le droit de vivre pleinement leur amour ? »

Severus grogna au surnom que lui donna son vieil ennemi, mais lui lança un regard sincèrement surpris alors qu’il prenait sa défense. C’était... troublant et ce même s’il savait quelles étaient les véritables motivations de Sirius. Après tout, il avait lui aussi connu ce genre de problèmes. Enfin, par genre il voulait dire, amour impossible.

« Je croyais pourtant avoir été clair à ce sujet tout à l’heure, rétorqua le professeur de Métamorphose. Il en va de la réputation de cette école ! Que pensez-vous donc qu’il adviendrait de Poudlard si l’extérieur apprenait que nous laissions forniquer une adolescente avec l’un de nos professeurs ? »

On ne baise pas ensemble, voulut s’exclamer Ginny, mais Severus avait été plus rapide et moins éloquent.

« Nous ne forniquons pas, dit-il froidement. »

McGonagall lui lança un regard courroucé.

« Peu importe que vous le fassiez ou pas, dit-elle, l’important est de savoir que vous le ferez tôt ou tard, si nous vous laissons rester ensemble. Ce qui est inadmissible. »

« Ce qui est inadmissible est de voir à quel point vous semblez ne pas vous souciez du bien-être de ces deux personnes, lança Sirius en s’approchant vivement. »

« D’autant que ma vie privée et donc sexuelle ne vous regarde en aucun point, ajouta Severus tout aussi furieux. »

Minerva se sentit brusquement acculée, mais ne fuit pas. Elle devait le faire, c’était son devoir et depuis toujours elle respectait les règles. Bien sûr, elle faisait parfois des exceptions –avec une pensée pour Harry-, mais le cas présent était différent. Elle ne supportait pas que tous soient contre elle, et qu’on lui donne le rôle de méchant ici, mais elle arriverait à force de volonté à faire accepter à tout le monde son point de vue.

D’autant qu’elle ne le faisait pas que pour elle ou pour Poudlard ou même pour Albus, elle le faisait aussi pour Ginny et Severus. Ne voyaient-ils pas les problèmes qu’ils allaient s’attirer ? Les parents de Ginny, leur entourage, l’opinion des gens... Beaucoup de choses entraient en ligne de compte et ils ne pouvaient pas simplement les ignorer et vivre dans leur cocon d’amour. Il fallait bien leur ouvrir les yeux et les protéger non ?

« Au contraire de ce que vous paraissez penser Sirius, reprit-elle déterminée, je me soucie bien plus que vous ne l’imaginez de Severus et de la jeune Miss Weasley. Je vous ai déjà exposé mille fois les arguments contre cette union et je suis persuadée d’avoir raison. Nous ne pouvons pas laisser faire ça ! Ce serait de la folie et le scandale assuré ! »

« Et POURQUOI ? s’écria soudain Ginny, en colère. Pourquoi Severus et moi ne pourrions pas nous aimer ? À cause du regard des autres, de la réputation de cette école ? » (NdJ : C’est vrai ça, pourquoi ?)

Elle en avait assez que tous essayent de contrôler sa vie et ses choix. Elle en avait vraiment marre de chez marre !

« Vous êtes tous là à débattre sur l’amour que Severus et moi éprouvons l’un envers l’autre, mais aucun d’entre vous ne sait combien il est difficile pour nous aussi de nous aimer. Que croyez-vous ? Que nous sommes stupides à ce point-là ? Que nous ne ressentons rien et que nous ne pensons qu’à nous ? J’en ai assez qu’on essaie de s’immiscer dans ma vie, j’en ai assez d’être sous pression comme ça... je suis fatiguée et si personne n’est content, sauf votre respect professeur McGonagall, et bien je vous dis d’aller vous faire voir en enfer ! Je suis mineure et je n’ai pas la majorité légale oui, mais faut-il vraiment être majeur aux yeux de l’administration pour savoir si l’on aime et si c’est bien d’aimer ou pas ? Vous le pensez vraiment ? »

« Ce sont les règles, répondit Minerva. Vous ne pouvez aller à l’encontre des règles. »

La directrice des Gryffondor était sidérée par le discours enfiévré de Ginny et surtout par le ton acide qu’elle avait employé. Sirius, lui, la regardait avec admiration et se disait qu’il avait eu raison de croire en la force de volonté d’une Gryffondor amoureuse. Severus l’observa étrangement, son cœur bondissant dans sa poitrine, son esprit bouillonnant, mais sa volonté aussi faible que celle d’un nouveau-né.

Dumbledore, quant à lui, semblait satisfait. Ils venaient tous de lui épargner un bien gros travail en se disputant de cette manière et il n’avait plus qu’à exposer ses solutions.

« Eh bien, eh bien, dit-il avant que Minerva ne reprenne la parole, je pense que nous sommes vraiment tous tendus. Il n’est donc plus nécessaire que j’explique la situation qui semble-t-il est très claire désormais. Alors, voici ce que j’ai décidé de faire. »

Tout le monde le regarda avec appréhension et il sourit. Il n’aimait pas être sadique, mais il devait s’avouer qu’il était vraiment plaisant de faire ainsi durer le suspense alors que tout le monde se tenait suspendu à ses lèvres. Cependant, il y a une fin à tout et il dut se résoudre à briser le silence hérissé qu’il venait d’installer.

« Quand était votre dernier anniversaire, Miss Weasley ? »

« Euh... eh bien, en mars de cette année Professeur, répondit-elle intriguée par la question. »

Et alors ? voulut-elle ajouter, mais elle ne dit rien.

« Et bien, c’est une excellente nouvelle n’est-ce pas ? sourit Dumbledore en levant les mains enjoué. »

« Albus, je crois que vous avez perdu la tête, marmonna Sirius. Je ne vois pas en quoi l’anniversaire de Ginny a un rapport de près ou de loin avec notre sujet actuel. »

« Si c’est une diversion pour tenter de nous calmer, laissez-moi vous dire que ça ne fonctionne pas le moins du monde, nota Severus nerveusement. »

« Où voulez-vous en venir Albus ? demanda Minerva. »

Dumbledore sourit encore.

« Et bien, n’est-ce pas limpide à vos yeux mes amis ? Quelles sont donc les raisons qui poussent à refuser que Severus et Miss Weasley ici présents ne soient pas ensemble ? »

« Elle est encore mineure et c’est une élève, répondit Minerva sous l’œil exaspéré de Sirius. »

« Très bien, dans ce cas patientons quelques mois jusqu’à ce qu’elle soit majeure, déclara tranquillement Dumbledore. Si mes calculs sont justes, vous aurez dix-sept ans dans approximativement six mois n’est-ce pas ? »

Ginny arrondit les yeux et hocha la tête, stupéfaite, tandis que Sirius, Severus et Minerva affichaient une mine tout aussi surprise.

« Mais... mais Albus, vous... »

« Oh Minerva, je comprends parfaitement vos inquiétudes croyez-moi, mais je ne pense pas que l’amour soit un problème. Comme je l’ai expliqué à Sirius l’amour est un sentiment formidable et Poudlard ainsi que moi avons survécu à pire qu’une relation entre un professeur et son élève. »

Puis il se tourna vers Severus et Ginny.

« Lorsque tu auras dix-sept ans Ginny, donc la majorité aux yeux de la communauté, tu seras libre de tes choix. Je sais que tu ne veux pas être contrôlée et que tu as la sensation de ne pas pouvoir diriger ta vie, mais le professeur McGonagall a raison. Tu es encore mineure et sous notre responsabilité, donc tu dois te plier aux règles, ma chère enfant. Une fois la majorité acquise tu auras parfaitement le droit de fréquenter Severus sans craindre quelques représailles que ce soit. Ton jugement sera considéré comme celui d’un adulte responsable et consentant. Je ne vous interdis pas de vous fréquenter, seulement restez discrets et extrêmement prudents. Même si Ginny acquiert sa majorité vous serez toujours professeur et élève donc il serait sage de ne pas ébruiter votre relation avant que tu ne sortes de l’école Ginny. Cela pourrait amener les gens à penser que son amour pour toi fausse son autorité et ses décisions en tant que professeur. Je pourrais demander à une autre personne de prendre en charge ton éducation en potion, mais c’est beaucoup trop compliqué et cela attiserait davantage les curiosités. »

Dumbledore pouvait en outre ajouter que pour le problème des parents de Ginny, il y avait également une solution, mais il ne voulait pas fausser les espoirs de tous. En effet, il existait une loi stipulant qu’avec l’accord des parents, Ginny pouvait fréquenter un adulte sans crainte, mais il n’était pas certains que Ginny désire en parler à Arthur et Molly tout de suite. Il supposait que la jeune fille et Severus voudraient en discuter avant et probablement prendre leurs propres dispositions à ce sujet. Si c’était le cas, notre vieux sorcier de directeur serait présent pour les soutenir dans leurs actions, quelles qu’elles soient, mais tout en légalité, bien entendu. Pour ne froisser personne et leur éviter toute forme de problèmes. D’autant qu’il n’était pas certain que les parents Weasley acceptent d’avoir un homme aussi âgés qu’eux pour gendre.

Dumbledore promena son regard sur la petite assemblée et vit avec satisfaction le sourire heureux de Sirius. L’animagus était soulagé et content pour Severus et Ginny. Malgré son antipathie pour le maître des potions, il savait que Severus avait plus que quiconque besoin d’être aimé et il semblait que la jeune rouquine puisse tenir ce rôle à la perfection, surtout depuis sa dernière discussion avec Snivy.

Minerva, elle, paraissait encore sous le choc de la déclaration de son Directeur et ne pouvait qu’ouvrir et fermer la bouche sur des paroles muettes. Bien sûr elle désapprouvait totalement le fait que Severus et Ginny continuent de se fréquenter car elle pensait qu’ils ne seraient jamais suffisamment discrets. Si elle l’avait découvert, pourquoi pas les autres ? Il faudrait qu’elle parle encore un peu à Dumbledore et ce dernier frissonna anticipant la dite conversation. Cependant, tout au fond d’elle, elle se sentait apaisée par le jugement d’Albus. Elle avait vu le visage de Severus s’éclairer brusquement et une chaleur douce s’était repandue en elle. Il était tellement rare de voir autant de bonheur se dessiner sur les traits sévères de Severus Rogue. Naturellement, ce n’était pas explicite et ce dernier l’avait dissimulé, cependant cela était si inhabituel que malgré toutes les protections de Severus cela se voyait forcément.

Severus, quant à lui, était tout simplement heureux. Son cœur battait à une vitesse folle et ses sens étaient en émoi. Il venait d’avoir la permission officielle –enfin, aussi officiel que cela puisse être- de sortir avec Ginny. Alors, forcément il était content. Cependant, ses vieilles appréhensions refirent surface et son visage s’assombrit alors qu’il repensait à la raison pour laquelle il avait quitté Ginny.

Malheureusement, Ginny qui de son côté pensait à la même chose le vit et des larmes s’accumulèrent dans ses yeux. Elle avait compris les pensées de Severus et songea avec amertume que tout ce que Dumbledore venait de dire ne servait à rien. Car finalement, le problème ne venait plus de là...

Elle sourit avec tristesse et baissa la tête, sous le regard inquiet de Dumbledore, surpris de Minerva et désorienté de Sirius. Alors qu’elle commençait à parler les larmes coulèrent librement, incapables de rester en suspend au bord de ses cils et Severus sentit un poids s’abattre sur ses épaules alors qu’il craignait plus que tout ce que Ginny s’apprêtait à dire.

« Professeur Dumbledore, dit-elle la voix légèrement brisée, je vous remercie sincèrement pour votre aide et votre soutien. Sirius toi aussi je te dis merci pour avoir pris notre défense. Professeur McGonagall, je vous demande pardon de vous avoir parlé aussi grossièrement, parce que je peux comprendre que vous aviez vos motivations. Cependant... je crois que tout ceci n’a servi à rien. »

« Que veux-tu dire Ginny ? demanda Sirius très inquiet. »

Il n’aimait pas voir la jeune rouquine aussi mal et se promit de trucider Severus si cela avait un rapport avec lui. De toute façon, se dit-il, je le truciderai parce que ça a forcément un rapport avec lui.

« Je sais que suis ingrate parce que finalement vous avez tous pris très à cœur mon histoire avec Severus et vous avez cherché des solutions, mais aujourd’hui ça n’a plus aucune importance. Vous savez, j’aime vraiment beaucoup Severus et j’ai réellement besoin de lui. Honnêtement je ne sais pas si je l’aimerai toute ma vie, mais je sais que tout ce que je veux en ce moment c’est être dans ses bras, mais ça... il ne le comprend malheureusement pas. Il ne le veut pas. »

Dumbledore fronça les sourcils, mais ne pouvait rien faire pour les aider sur ce terrain-là. Ce coup-ci, c’était à Severus d’intervenir et de régler le problème de profondeur. Il avait réglé les problèmes de surface mais là, ce n’était pas de son domaine car il s’agissait du cœur de Ginny et de celui de son ami potionniste.

Ginny sourit faiblement à travers ses larmes, et salua tout le monde avant de se précipiter hors du bureau de Dumbledore. Après quelques secondes de silence pesant, Sirius poussa un long soupir agacé et s’approcha vivement de Severus. Il leva sa main et lui asséna une taloche sèche et douloureuse à l’arrière du crâne, faisant protester le professeur de Potion et sourire Albus. (NdJ : Toc ! Bouge-toi un peu, imbécile !)

« Mais enfin qu’est-ce qui te prend Black ? grogna-t-il mécontent. »

« Tu comptes la laisser partir comme ça Severus ? demanda Sirius le regard dur. »

« Je... »

« Tu quoi, au juste ? Tu attends qu’elle s’éloigne définitivement de toi c’est ça ? Tu attends quoi pour la rattraper et lui dire ce que tu ressens pour elle ? Pourquoi faut-il que tu sois aussi borné ? Ne te souviens-tu pas de notre conversation ? »

Severus baissa la tête pour la première fois de sa vie face à Sirius Black et réfléchit intensément.

Trop d’années sont passées depuis que j’ai abandonné mon amour pour Remus, à cause de ma lâcheté. J’ai fait le con et aujourd’hui... eh bien aujourd’hui beaucoup de choses ont changé. Ne fais pas la même bêtise que moi Severus, profites-en tant qu’on t’en offre la chance, tu ne sais pas ce que tu rates sinon. Mieux vaut vivre avec des remords qu’avec des regrets.

« Mais tu voulais protéger ton amitié avec Potter, murmura Severus. »

Sirius sourit, amusé, sachant pertinemment que Severus venait de répondre à la réplique qu’il avait faite avant de le conduire chez Dumbledore.

« Tout à l’heure tu me réprimandais sur mon attitude et maintenant tu me cherches des excuses ? C’est très gentil de ta part, mais je n’en ai plus besoin aujourd’hui, dit-il. Arrête juste d’être un lâche. » (NdJ : Toi aussi, tiens, et tu devrais aller voir Remus)

Severus releva vivement la tête s’apprêtant à répliquer, mais il vit le regard confiant et rassurant de Sirius et se sentit soudain très courageux et plein de volonté. Il ne savait ni pourquoi ni comment et n’osait même pas se l’avouer mais... mais sentir le soutien de son vieil ennemi lui redonnait la force nécessaire pour affronter ses peurs.

Finalement, il se leva, salua brièvement Dumbledore et Minerva, lança un regard reconnaissant à Sirius, puis disparut derrière la porte.

« Vous pensez qu’ils règleront ce problème ? demanda McGonagall après un moment. »

« Je pensais que vous n’étiez pas d’accord avec ça, nota Sirius surpris. »

« Et bien, Minerva haussa les épaules, maintenant que semble-t-il Albus a trouvé des solutions sommes toutes raisonnables, je ne vois pas de raisons supplémentaires me poussant à m’inquiéter pour autre chose que leur avenir ensemble. »

Sirius sourit légèrement et remercia Dumbledore d’un coup d’œil. Cependant, ce dernier ne le vit pas, car trop occupé à suivre un certain couple, à travers sa boule de cristal.

Sirius éclata de rire et lança : « Albus, vous êtes un tel voyeur ! »

« Je préfèrerais « observateur », précisa le vieux sorcier avec un sourire. » (NdJ : Lol !)

« Qu’importe ! Que se passe-t-il ? demanda Sirius avec curiosité alors qu’il s’approchait pour voir l’intérieur de la boule. »

Minerva fronça les sourcils.

« Vous êtes vraiment deux gamins, dit-elle durement. Ne songez-vous pas qu’ils ont besoin d’un peu d’intimité ? »

« Oui, oui, plus tard, répondirent-ils, la consternant davantage. » (NdJ : Re-Lol !)

SRGWSRGWSRGW

Ne se doutant pas d’être observé Severus poursuivit Ginny à travers couloirs et escaliers. Il ne voyait pas la rouquine dans son champ de vision, mais étrangement, il savait tout au fond de lui quel chemin suivre.

Une centaine de mètres plus loin, alors qu’il bifurquait au coin d’un couloir, il tomba nez à nez –et c’était le mot- avec le frère aîné de sa dulcinée. Et au regard que lui lança le jeune Ronald Weasley, Severus devina rapidement que ce dernier était au courant de la situation.

Severus n’avait aucune envie de lui parler et encore moins de se confier à lui, mais il savait qu’il ne pourrait pas y échapper. Après tout, il fallait bien qu’il en passe par là, non ? Puisqu’il sortait avec la petite sœur de Ron... Étrange situation, mais il ne s’y attarda pas, préférant couper court à la conversation et poursuivre sa route.

« Écoutez Weasley, dit-il alors que Ron ouvrait la bouche pour parler, je n’ai pas réellement le temps et encore moins l’envie d’en discuter avec vous pour le moment, mais je vous dois tout de même une explication. J’aime Ginny plus que vous ne l’imaginez et je compte rattraper mes erreurs passées, alors ne me mettez pas en travers de ma route. »

Son ton était froid et un peu cassant, et même s’il ne l’avait pas vraiment voulu, ce qui était fait était fait. Ron fronça les sourcils, mais l’expression de son visage se radoucit.

« Juste... ne lui faites pas de mal, dit-il. Ne la faites plus souffrir sinon, Professeur ou pas, je vous jure que je vous décalque la tête sur un mur ! »

C’était Rogue, c’était terrifiant, mais sa petite sœur comptait plus qu’une éventuelle retenue. Ron ferma précipitamment les yeux après ce soudain élan de courage, ne voyant pas le sourire narquois de son Professeur.

« Weasley, lorsque vous menacez quelqu’un ayez au moins le courage d’affronter son regard, dit-il, vous serez plus crédible. »

Ron ouvrit les yeux, surpris, et hocha la tête.

« Bien. J’ai pris en compte votre avertissement Monsieur Weasley, ou devrais-je dire... beau-frère ? » (NdJ : Mdr... effectivement)

Ron écarquilla les yeux, choqué et Severus rit sous cape, prenant congé sans se soucier outre mesure de la mine de poisson hors de l’eau de son interlocuteur. Ce n’était pas vraiment le moment de plaisanter, mais Severus avait senti l’appui réel et sincère de Ronald Weasley, et après ceci, qui sait, peut-être leur relation serait-elle moins chaotique.

oOo

Ginny courait à perdre haleine, sans réellement savoir où ses pas la menaient. Elle savait juste qu’une profonde douleur l’avait envahie et qu’elle voulait s’éloigner du monde pendant un moment.

Elle avait mal... Si mal.

Severus avait dit qu’il l’aimait, Dumbledore avait trouvé une solution à leur problème et McGonagall semblait partager son avis... Tout aurait pu bien se dérouler, mais le manque de réaction de Severus l’avait anéantie. Malgré tout ceci, il continuait à refuser son amour.

Pourtant, il lui avait dit qu’il l’aimait n’est-ce pas ? Après avoir discuté avec Ron elle avait trouvé le courage de se battre pour Severus et lui faire comprendre que sa peur était irraisonnée, mais le visage sombre de son amoureux avait réduit ses espoirs en miettes. Il n’y avait aucune chance, pour que Severus la reprenne à ses côtés et elle le savait.

C’était douloureux, mais elle allait s’y faire. Il le fallait... pour son propre bien-être. Et puis qui sait ? Peut-être parviendrait-elle à l’oublier et à passer à autre chose ? Peut-être que Severus avait raison finalement...

« Oui, peut-être que nous ne sommes simplement pas faits pour être ensemble, murmura-t-elle. »

« Ce que les Gryffondor peuvent être sentimentaux, c’est fou ça ! la surprit une voix traînante. » (NdJ : DRACO ! Ouais !)

Ginny sursauta et fit volte-face pour se retrouver face à un blondinet Serpentard bien connu de sa maison.

« Malfoy ? murmura-t-elle étonnée. »

« Lui-même, dit-il en faisant une petite révérence. »

La rouquine fronça les sourcils.

« Qu’est-ce que tu fais ici ? demanda-t-elle. »

Draco leva son nez vers le ciel et fit mine de réfléchir.

« Et bien... que fais-je ici ? En fait je m’occupais de mes affaires quant tu es arrivée en pleurs, répondit-il. »

« Je ne pleurais pas ! nia la Gryffondor avec véhémence. »

Draco ricana.

« Bien sûr. Tu transpirais des yeux, n’est-ce pas ? » (NdJ : C’est ce que mon copain et mon frère ont dit quand ils ont regardé « Sauvé Willy» lol... Ndla : Moi j’ai pleuré en regardant « La ligne verte » film vraiment émouvant.)

Le ton sarcastique qu’avait employé Malfoy mit Ginny hors d’elle et elle s’avança pour lui lancer une gifle, mais son geste fut arrêté en plein air.

« Arrête ça, Weasley, dit-il calmement. »

La rouquine voulut se dégager mais Draco l’attira à lui, la serrant tout simplement contre son torse. Ginny rougit furieusement, sentant la chaleur du blond se répandre en elle et étrangement apaiser son humeur. Draco sentait bon, il était doux et chaud et même si son geste était stupéfiant au plus haut point, Ginny ne se sentait pas le courage de refuser cette étreinte. (NdJ : Mon héros !)

Elle accrocha timidement ses mains aux épaules du blond et enfouit son visage contre son torse.

« Pourquoi ? sanglota-t-elle. »

Elle entendit Draco soupirer.

« Parce que je ne veux que le bonheur de mon parrain et que tu sembles être celle qui peut permettre la réalisation de ce souhait. »

La rouquine releva son visage surpris.

« Tu es au courant ? Severus te l’as dit ? »

« Hum et bien... Pas exactement, mais je connais très bien mon parrain. Je sais reconnaître une étincelle de bonheur dans ses yeux quand j’en vois une. Tu te doutes que c'est extrêmement rare, sauf quand il s’agit d’emmerder Harry, ajouta-t-il avec un petit sourire. »

Ginny nota mentalement le « Harry » et non le « Potter » employé mais ne fit aucune réflexion pour le moment. Elle garderait cela pour plus tard.

« Tu sais, dit-elle, je ne pense pas que tu aies raison. »

« Pourquoi cela ? »

« Parce que... et bien parce que... »

Ginny enfouit une fois de plus son visage dans les vêtements de Draco et soupira. Qu’ils étaient réconfortants les bras du Serpentard... Ginny songea avec amusement que si son cœur n’était pas déjà pris, elle aurait sauté sur l’occasion et dragué le blond. Mais son humeur maussade revint très vite au galop.

« Parce que ton parrain ne semble pas partager cet avis. »

« Oh, je vois... Ouais, il est comme ça, nota distraitement Draco. Je vais t’expliquer un truc, qui concerne Sev. Les couples se forment et il y a souvent cette sorte d’alchimie et de passion extraordinaire au début, mais malheureusement de courte durée le plus souvent. L’un des deux ne se sent plus en sécurité et devient nerveux, demandant soudain plus à l’autre. Et alors, l’autre se sent menacé, étouffé et se met à reculer sans se soucier de ses sentiments ou des sentiments de son conjoint. Ça entraîne donc une lutte pouvoir entre les deux... Qui mènera le train ? En somme. Severus est comme ça. Quand il se sent acculé, il se met à réfléchir à toute vitesse et la plupart du temps quand il ne trouve pas de solution, il se met à demander plus, toujours plus jusqu’à ce qu’il s’épuise et l’autre avec. »

« Ce ne devrait pas être comme ça, murmura Ginny. »

« Effectivement. »

« Je pense que si deux personnes sont intéressées alors celui dont l’intention est la plus forte prends les devants et il n’y a pas de compétition. Le contrôle c’est à deux... et c’est la relation de couple que je veux. »

Draco sourit. Severus avait raison, Ginny Weasley était quelqu’un de très intéressant. Il tourna la tête et vit avec surprise et contentement le regard noir et jaloux de Severus posé sur lui, mais surtout sur ses bras enlaçant le frêle corps de sa dulcinée. Son sourire s’élargit et rien que pour embêter son parrain, il baissa la tête, prit en coupe le visage de la rouquine et l’embrassa affectueusement et avec beaucoup de tendresse sur les joues, la faisant légèrement haleter et rougir. (NdJ : Comme je la comprends...)

Severus grogna, serrant les poings et s’avança alors qu’une Ginny encore sous le choc le voyait venir vers eux. Elle se détacha rapidement des bras de Draco, le faisant ricaner et rougit davantage, comme prise en faute.

Le blond quant à lui, haussa les épaules, et lorsqu’il passa à côté de son parrain entendit clairement : « Nous en rediscuterons Draco, sois en certain. » Le blond pouffa encore, très loin de se sentir effrayé et poursuivit son chemin, heureux d’avoir pu aider la rouquine. Car il en était sûr, elle ne laisserait pas passer sa chance et il se sentait enchanté pour Severus.

oOo

« Severus je, je... ce n’est pas ce que tu crois, je... Draco... »

« Draco ? »

« Enfin, Malfoy était là uniquement pour me remonter le moral et je... enfin, il ne s’est rien passé de plus entre nous. Je te le promets. »

Ginny était paniquée à l’idée que Severus puisse la détester à cause de cela, elle s’emmêlait les pinceaux à force de justification qui semblaient inutiles au vu du visage grave de son amoureux et finit par abandonner. Puis, elle regarda le dos de Draco alors qu’il s’éloignait, entendit le soupir de frustration de Severus et se mit soudain en colère. Après tout, pourquoi tentait-elle de se justifier aux yeux d’un homme qui ne voulait plus rien avoir à faire avec elle ? Hein ?

« De toute façon, poursuivit-elle un peu plus froidement, je ne vois pas en quoi est-ce que ça pourrait te regarder. »

Severus fronça les sourcils, consterné, mais ne dit rien. Il savait parfaitement ce à quoi faisait allusion l’adolescente.

« Pourquoi dis-tu cela ? Tu sais très bien que c’est faux et que cela me regarde au contraire ! répliqua-t-il plus durement qu’il ne l’aurait voulu. »

Ginny leva un visage rouge de colère vers lui.

« Comment oses-tu me dire cela ? s’écria-t-elle. C’est pourtant bien toi qui m’a quittée, non ? C’est bien toi qui légitimait ta rupture à cause de mon âge et de ta trop grande expérience de la vie non ? Alors pourquoi diable as-tu besoin d’être jaloux ? »

« Parce que je t’aime, petite idiote ! rétorqua Severus avec force. »

Ginny parut déstabilisée sur le coup, mais se reprit bien vite.

« Ouais, bien sûr que tu m’aimes, ricana-t-elle. Mais ça reste toujours mieux pour moi, hein ? Non, pour toi. Oui, c’est mieux pour toi que nous ne sortions plus ensemble, parce que tu manques de confiance en toi pour assumer ton amour pour moi. Vous savez quoi Professeur Rogue ? Allez au diable vous et vos états d’âme ! J’en ai assez ! »

Ginny se prépara à tourner les talons, mais tout comme Ron précédemment, Severus lui saisit le poignet et l’attira vivement à lui, l’emprisonnant de ses bras. Il bénit Merlin et tous les Saints qu’il n’y ait personne dans le parc à cette heure, car dieu sait ce qu’il arriverait des avertissements de Dumbledore et de sa réputation de sadique au cœur d’artichaut si cette effusion de sentiment venait à se savoir. Il n’était pas encore temps que cela se sache...

La rouquine tenta de se dégager de son étreinte possessive, mais à mesure que Severus la serrait dans ses bras et que son parfum musqué, étourdissant et légèrement potionné se diffusait dans son corps, la bataille qu’elle livrait devint de plus en plus vaine. Finalement, elle se laissa aller dans les bras de son professeur et s’accrocha presque désespérément à ses vêtements.

« Severus, je t’aime, chuchota-t-elle. Je t’aime tellement, pourquoi est-ce que tu me fais ça ? Si tu ne veux pas de moi, pourquoi me retiens-tu ? »

Le maître des potions soupira, puis posa son nez dans la chevelure-flamme de Ginny, qu’il adorait tant, respirant son parfum vanillé.

« Moi aussi je t’aime, lui dit-il sur le même ton. Je t’aime sincèrement et je suis désolé, parce que j’ai agi comme un imbécile. Je t’ai fait souffrir et c’est bien la dernière chose que je voulais. J’ai été égoïste et je m’en excuse. »

Ginny releva son visage, n’y croyant pas. Il lui fit un sourire maladroit, gêné par son sentimentalisme, mais il poursuivit courageusement. Les Serpentard étaient certes lâches face au danger, mais ils étaient ambitieux. Et l’ambition de Severus était, à l’heure actuelle, Ginny Weasley.

« Je veux être avec toi Ginny, plus que tout. J’ai réalisé que mon monde ne serait plus pareil sans toi et crois-moi l’avant-goût que j’en ai eu à cause de ma stupidité, m’a écoeuré. J’étais différent, j’étais plus amer, plus sombre, plus froid et plus agressif. Le plus dur était de me rendre compte à quel point cela ne me plaisait plus d’embêter les élèves, à quel point cela ne m’apaisait pas non plus. Ce que je voulais c’était toi et Sirius ainsi que beaucoup d’autres sont parvenus à me le faire comprendre. Je te veux dans ma vie Ginny Weasley, peu importe ce qui se passera dans l’avenir. » (NdJ : Waa... Je fond ! o...)

Severus prit une profonde inspiration et acheva dans un souffle.

« Est-il trop tard ? »

Ginny, les yeux arrondis, le regard brillant et la bouche entrouverte sur un sourire radieux hocha la tête négativement, incapable de prononcer une parole. Elle était si heureuse qu’elle en avait le souffle coupé. Severus la fixa, attendri, caressant lentement ses cheveux jusqu’à sa joue puis se pencha, cherchant ses lèvres et oubliant pour une seconde le fait qu’ils puissent être vus par des élèves. Il s’en fichait... il était heureux.

La petite rousse ferma les yeux et lorsque sa bouche rencontra celle de son amoureux, sa joie fut si grande qu’une explosion se produisit à l’intérieur de son corps. Son cœur s’était mis à battre avec frénésie, son ventre s’était réchauffé sous le battement d’ailes de milliers de papillons, et sa tête tournait agréablement. Elle se sentait étourdie par tant de bonheur, tant de félicité et tellement d’amour qu’elle ne savait plus si son cœur était suffisamment gros pour tout enfermer.

Elle entoura le cou de Severus de ses bras et se rapprocha de lui, se mettant sur la pointe des pieds.

Severus, lui, ne savait même plus qui il était. Il approfondit le baiser, soutenant Ginny par la taille, collant plus étroitement leurs corps et laissant sa langue demander l’accès à la bouche de la rouquine. Les lèvres roses s’entrouvrirent rapidement, laissant une langue menue et avide de passion franchir la barrière des dents blanches.

Leur baiser fut passionné, langoureux, lancinant, fusionnel et foutrement bon. Ils se sentaient tous les deux très excités par cette soudaine montée d’adrénaline dans leur veine et le désir fit très vite son ascension au creux de leur étreinte amoureuse. Ils se perdaient tout simplement l’un en l’autre, oubliant tout, le monde ne se rapportant qu’à eux et leur incroyable baiser.

Ils ne sentirent donc pas tous les regards posés sur eux à ce moment-là.

Dans le bureau de Directeur de Poudlard : Sirius poussait un cri de victoire, Dumbledore souriait largement, Minerva rougissait furieusement.

Dans un couloir au premier étage avec vue sur le parc intérieur de Poudlard : Ron se sentait mitigé entre bonheur et dégoût. Après tout, même s’il était content pour sa sœur, il avait encore du mal à digérer le baiser passionné qu’elle donnait à Severus Rogue... Eww !

Derrière une colonne en pierre, à quelques mètres du couple : Draco souriait tranquillement, les mains dans ses poches. Il était ravi pour son parrain et savait qu’il n’aurait plus aucun souci à se faire. Son sourire devint moqueur quand il observa le visage froissé d’Harry.

Et effectivement, non loin de Draco, dissimulé par un coin de couloir : Hermione observait la scène heureuse elle aussi que tout ait fini par s’arranger pour Ginny et se promettait de lui parler et de lui faire ses excuses, tandis qu’Harry, lui... était tout simplement abasourdi et totalement choqué.

Ginny et Rogue... Ginny et Rogue... GINNY ET ROGUE !

Je rêve, avait-il demandé à Hermione. Mais cette dernière avait souri, lui demandant de se taire pour ne pas gâcher le moment et lui promettant de tout lui expliquer.

C’était tout simplement incroyable... D’abord il voyait Malfoy enlacer Ginny comme si de rien était, provoquant sa fureur, surtout quand il l’avait embrassé. Non mais de quel droit ce blondinet arrogant se permettait-il de poser ses sales pattes sur Ginny ? Il faudrait qu’il lui en touche deux mot d’ailleurs et ce même s’il voyait un sourire de pur bonheur se dessiner sur les lèvres du blond.

Son avis en tant que gay ? Draco était objectivement, terriblement mignon. Son avis en tant qu’Harry ? Malfoy était juste un connard fini.

Ensuite, il voyait plus qu’il n’entendait son professeur de Potion, connard fini tout comme son filleul, faire sa déclaration d’amour à Ginny pour après lui bouffer les lèvres. Enfin, de son point de vue, bien évidemment...

Le monde ne tournait plus rond, il en était certain désormais. Harry poussa un long soupir résigné et décida qu’il était temps pour lui d’aller rejoindre son petit ami, avant de demander quelques explications à Hermione et Ron qui semblaient-ils en savaient plus que lui. Ce qui était normal dans le monde d’Harry Potter. Après tout... il était toujours et foutûment à tous les coups, le dernier à être au courant. C’était une constante pour lui... Il espérait seulement que ses amis et proches ne lui annonceraient pas une autre nouvelle bouleversante, comme quoi Hermione ou Ron avaient décidé de sortir avec McGonagall ou pire... Rusard. (NdJ : Beuh !)

Oh, ça le tuerait à coup sûr, mais plus rien ne pourrait l’étonner après ça. Il passa une main dans ses cheveux, ne se souciant pas du soupir d’extase d’Hermione et du regard orageux posé sur la magnifique gourmette en argent qui enroulait élégamment son poignet. Un cadeau d’anniversaire...

SRGWSRGWSRGW

Vacances de Noël : 24 décembre.

Severus rejeta la tête en arrière et poussa un long gémissement rauque... Oh, il en avait rêvé de cette nuit-là.

Oh

You give me fever

Fever oh

Oui, maintes et maintes fois, il s’était réveillé en sueur dans son lit, une excitation douloureuse entre les jambes, le corps en feu, une fièvre étrange s’étant emparée de lui. Ses rêves mouillés étaient de plus en plus embarrassants et dérangeants pour lui... Sa concentration et son self-control étaient mis à rude épreuve et il se battait chaque jour avec son corps, afin d’endiguer cette vague de chaleur dès que son esprit vagabondait de trop ou que Ginny apparaissait dans son champ de vision.

Oh

You give me fever

Fever in the morning

Fever when it's late at night

You give me fever

Bien sûr, il voulait attendre. Il ne voulait surtout pas brusquer l’adolescente et la mettre mal à l’aise à cause de son taux dangereusement élevé de testostérone, mais hé, il était un homme. Un homme amoureux d’une magnifique créature rousse, au corps affriolant, aux baisers de plus en plus grisants et aux caresses aventureuses et très, très indésirables pour le maintien de sa maîtrise de soi.

(fever)

Fever when you kiss me

Fever when you hold me tight

You give me fever

(fever)

Fever in the evening

Fever all through the night

You give me fever, yeah

(fever)

Fever when you're with me

Fever when you love me right

Il lui semblait qu’à chaque minute, chaque moment de la journée, il allait exploser. La frustration était son pain quotidien, puisqu’il ne se masturbait plus, dans l’attente justement du moment où Ginny lui offrirait son corps pour la première fois. Il voulait que ce soit parfait, il voulait que la première nuit de sa rousse entre les bras d’un homme soit inoubliable. (NdJ : Romantique ? Sevy ? Naann... Ndla : Un homme amoureux est à mes yeux un homme amoureux, c’est tout !)

Combien de fois son filleul s’était-il moqué de lui, se vantant de sa vie sexuelle plus qu’épanouie. Naturellement, Draco, ne pouvait pas le comprendre. Il était gay, jeune et sans complexe. D’autant qu’il avait déjà un amour inconsidéré pour le corps de son amant actuel. Selon les dire du blond, il était passionné par ce corps, par les courbes de son ventre, celles de ses cuisses et oh, summum de la répugnance pour Severus, par la taille impressionnante de son pénis.

Le professeur de potion avait failli vomir, alors que Draco comptait ses exploits sexuels, le regard brillant, les lèvres humides et la jugulaire palpitante. Ginny, elle, avait semblée plus qu’intéressée par l’histoire et semblaient prendre note de nombreux détails... ce qui exaspérait un peu Severus. Non seulement, les histoires cochonnes de son filleul le tourmentaient parce que justement elles émoustillaient de trop sa libido, malgré le fait qu’il ne soit pas gay, mais en plus, le visage rose de plaisir de Ginny dans ses moments-là, lui donnait l’envie brutale de la plaquer sur un divan, de lui ouvrir les cuisses et de la prendre sans plus attendre. (NdJ : Là, ouais, je le vois plus comme ça Sevy. Ndla : De toute façon, pour toi, tous les hommes doivent être comme ça... NdJ : Bah, et alors ? Ndla : -...-’’)

Ces envies l’effrayaient parfois, tant elles étaient intenses et Ginny ne semblait pas le remarquer, à son plus grand damne.

Heureusement, les vacances de Noël approchaient et il aurait l’occasion d’être seul, dans ses appartements, à s’abîmer le poignet de frustration sur son sexe. La veuve poignet lui permettrait enfin de réduire au silence cette libido énervante, du moins jusqu’à que le corps de Ginny puisse s’en occuper. Oh, il s’était évidemment promis de ne pas le faire, d’attendre et tout... mais, son sexe réclamait de plus en plus souvent de l’attention et Severus avait un besoin énorme de se soulager.

C’est pour cette raison que même s’il se sentait un peu triste, il avait dit au revoir à Ginny avant le début des vacances, soulagé quelque part de pouvoir se mettre à son entreprise sans crainte d’être dérangé.

Alors qu’il finissait de prendre son bain, après un excellent repas de Noël, Severus un peignoir sur le dos avait entendu frapper à sa porte. Il s’était demandé qui cela pouvait bien être, mais n’avait pas cherché plus avant, se contentant d’ouvrir la porte avec la ferme intention de renvoyer l’intrus et d’aller se relaxer au creux de ses draps, une main entre les jambes.

Quelle ne fut pas sa surprise en voyant mère Noël, toute de rouge vêtue, un bonnet de lutin sur la tête, un sucre d’orge dans la bouche et un sourire coquin derrière la porte.

Severus avait été totalement pétrifié et son sexe déjà dur d’anticipation précédente, s’était mis à gonfler encore, alors que son regard se perdait sur le corps menu mais agréablement proportionné de sa rouquine. Sur l’espace de peau libre délimité par le court manteau rouge et les jambières en coton blanc agrémenté de deux petits nœuds rouge sur les côtés. Sur les épaules à peine dévoilées et le cou gracile entouré d’un ras du cou rouge auquel était suspendu une clochette dorée. Sur le sucre d’orge rayé rouge et blanc, coincé entre les lèvres brillantes de sucre et carmines de plaisir. Sur le regard profondément grivois et excitant posé sur lui.

Le professeur de potion se demandait réellement ce que faisait Ginny devant sa porte, le soir du réveillon de Noël au lieu d’être en famille, mais il oublia vite ses questions, quand d’une voix sensuelle et provocante, Ginny lui demanda de la laisser entrer, avant de lui faire goûter le sucre de sa sucette à même ses lèvres. À partir de là, tout c’était rapidement enchaîné pour Severus et de retour au présent, il était en train de se faire lentement sucer par sa petite amie.

Ginny n’était pas encore dévêtue, en fait, elle avait poussé son homme sur le lit, lui avait lentement retiré son peignoir et avait couvert son corps de baisers jusqu’à ce que sa bouche se fraye un chemin vers le sexe dur de Severus. Elle avait été un peu impressionnée –c’était peu de le dire- par la taille du sexe de cet homme, et se sentait craintive quant à la marche à suivre pour le faire correctement, mais les conseils de Draco l’avaient aidée et face au plaisir qu’elle procurait à Severus en ce moment, elle sentait sa peur s’effilocher.

Sa main s’entoura d’abord très lentement autour du membre tendu, l’enveloppant dans une douce étreinte avant de commencer à le caresser lentement, très lentement de haut en bas. Elle testait en premier la texture du sexe, sa douceur, sa grosseur, sa dureté... puis, quand elle prit plus d’assurance et qu’elle sentit le pénis glisser sous sa paume, elle augmenta le rythme, se délectant des soupirs de plaisir de son amant et du plaisir qu’elle éprouvait elle-même à le toucher.

Ginny se sentait toute chaude à l’intérieur... elle sentait son ventre commencer à s’enflammer et quelque chose de mouillé coulait entre ses cuisses, tâchant sa culotte. Puis elle se souvint des paroles de Draco : « Suce-le, les hommes aiment ça. »

Alors, les joues rouges d’embarras, mais le cœur palpitant elle observa la verge coulissant dans sa main. Le gland pourpre d’excitation et un liquide transparent suintant de la fente. Elle voulut y goûter et alors, elle baissa la tête, ses lèvres frôlant d’abord timidement le gland puis sa bouche finissant par le sucer le sommet, provoquant des spasmes de plaisir chez Severus.

« Oh Seigneur, Ginny, OUI ! s’écria le maître des potions. »

La rouquine encouragée, fini par mettre entièrement le gland entre ses lèvres et par le sucer doucement d’abord alternant coup de langue et caresse au palet, avant de finalement oser prendre une grande partie de pénis dans sa bouche, s’aidant de sa main, afin que Severus ait l’impression de pénétrer l’étroitesse d’une femme. Ce qui au plus grand bonheur du couple fonctionna à merveille.

Le professeur de Potion était totalement perdu dans un monde de liesse et de plaisir. Un monde se résumant à la bouche de Ginny sur son sexe, cette petite bouche innocente et mignonne, dans laquelle il s’enfonçait, déformant de temps à autre les joues roses d’excitation. La cadence augmenta rapidement et Severus, sur le point d’exploser se retira précipitamment d’entre les lèvres de son amante.

« Je... je ne... je veux pas jouir de cette façon, dit-il essoufflé à une Ginny surprise. »

La rouquine sourit puis s’avança d’un air félin, à quatre pattes vers son homme. Elle enjamba les cuisses de Severus, s’assit sur ces dernières et l’embrassa profondément, le professeur lui rendant son baiser avec ardeur. Ils se sentaient tous les deux extraordinairement excités. L’un parce qu’il sentait l’humidité de Ginny à travers les tissus de sa culotte et l’autre parce qu’elle sentait le pénis dur de Severus contre son sexe.

Ils commencèrent alors à se frotter l’un contre l’autre, aguichant leur passion, attisant leur flamme, titillant leurs sens, les mains de Severus plaquées sur les fesses de Ginny pour l’aider à bouger et celle de Ginny défaisant son manteau pour se déshabiller. Le vêtement glissa sur le lit et Severus vit avec étonnement mais plaisir, que la rouquine ne portait qu’une simple culotte blanche en guise de sous-vêtements.

Sa verge se gonfla de bonheur alors qu’il voyait les petits seins ronds et blancs de son amante, se soulever sous les halètements de leur propriétaire. Deux parfaites petites collines tachetées par endroits, laissant poindre en leur sommet deux mamelons roses et durs. Severus haleta sous l’effet de l’excitation et ne put attendre pour en prendre un dans sa bouche.

« Ooh ! Sev, mon dieu ! HUUMMM... »

Ginny avait jeté sa tête en arrière son corps de cambrant face au plaisir, alors que l’un de ses tétons roulait et se gonflait entre les lèvres de son amant. Son corps commença alors à bouger plus durement sur Severus, pressant son sexe contre le pénis de son petit ami, le faisant lentement glisser entre les lèvres de son intimité, titillant et excitant cette petite boule de chair qu’elle caressait parfois, seule.

Oh, Merlin qu’elle aimait cette sensation de dureté à travers sa culotte, mais elle en voulait plus, surtout depuis que Severus avait abandonné l’un de ses tétons pour aller agacer l’autre. Severus était tendre avec elle et prévenant, mais elle voulait bien plus. Elle voulait directement sentir la peau de cette verge dans la moiteur de son sexe.

Elle en était presque folle.

He's so sweet

He's so good to me

He's so intelligent

He's so confident

My baby's so very sexy

(uh huh)

My baby put the fever on me, uh

(uh huh)

My baby knows just what to do

(uh huh)

You got me boilin past a hundred and two

(uh huh)

Quand Severus la renversa sur le lit, lui retirant prestement sa culotte, lui laissant uniquement les jambières, et trempant ses doigts au creux de son sexe, elle cria, se cambrant de ravissement. Les doigts de Severus étaient de véritables démons de plaisir, allant et venant sur son clitoris gorgé de sang, titillant habilement l’accès de sa virginité, les faisant glisser lentement, puis plus vite, puis de nouveau lentement, puis encore plus vite jusqu’à ce qu’elle le supplie d’en finir.

Severus lui obéit avec un sourire satisfait et plongea son visage entre les cuisses de la jeune fille. Sa langue sortie de son fourreau et il la fit couler sur le bouton rose et dur, goûtant la liqueur de sa rouquine, alors qu’elle se voûtait toujours plus, les mains vissées aux draps, la gorge ouverte sur des cris de volupté. Il recommença à titiller l’entrée de son intimité et sa bouche se mit à alors violemment sucer le clitoris de Ginny, lui faisant ouvrit les yeux démesurément, la bouche sur un cri silencieux, les poings serrés, les jambes raides et le corps tremblant sous l’orgasme.

You give me fever oh

Oh, uh

Severus remonta le long du corps de son amante, et l’observa avec ravissement. Ginny, était magnifique ainsi abandonnée à l’endorphine qui coulait dans ses veines. Merlin qu’il l’aimait... Il se pencha alors et lui donna un profond baiser, mêlant amour et passion, tandis qu’elle encerclait son cou de ses bras, le rapprochant d’elle, ouvrant ses cuisses pour qu’il s’y loge et lui fasse encore découvrir mille et un plaisirs.

Never know how much I love you

Never know how much I care

When you put your arms around me

I catch a fever that's so hard to bare

You give me fever

(fever)

When you kiss me and fever when you hold me tight

You give me fever

(fever)

In the mornin and fever all through the night

My baby's so damn sexy

(uh huh)

My baby put the fever on me

(uh huh)

My baby knows just what to do

(uh huh)

And got boilin past a hundred and two

Give me a fever

Oh

Ils firent l’amour comme deux être passionnés cette nuit-là. Severus avait été tendre et doux, Ginny avait un peu sangloté de douleur, mais elle était si excitée que même si elle n’avait pas atteint l’orgasme ultime, elle avait éprouvé plus de plaisir qu’elle ne le pensait. Assez de plaisir pour avoir envie de recommencer encore et encore, durant de nombreuses nuits. (NdJ : De quoi ? C’est tout ? Attend tu m’chauffes et tu t’arrêtes ? HK ! Je vais te flinguer ! Ndla : Lol... hum, HK est absente pour le moment, veuillez laisser un message après le bip sonore ! BIP ! NdJ : TU VAS MOURIR !)

Une fois leurs corps repus, leurs sens apaisés et la moiteur de leur sueur lavée, ils retournèrent au lit, changeant les draps et s’y pelotonnèrent ensemble, heureux et béats.

Everybody's got a fever

That is somethin you all know

Fever isn't such a new thing

Fever started long ago

Romeo loved Juliet

And Juliet felt the same

When he put his arms around her

He said "Julie baby you're my flame"

Thou give me fever

When we kisseth

A fever with the flaming youth

Fever I'm on fair

Fever yeah I burn peruses

Severus entoura Ginny de ses bras et lui murmura tendrement : « Tu es ma flamme... ma déesse à la chevelure de feu et je t’adore. Je me sens si différent entre tes bras... je me sens un autre homme, et j’aime cette sensation. » Ginny rit et l’embrassa amoureusement.

Puis ils se câlinèrent encore un moment avant que Severus ne redevienne sérieux, oubliant l’incendie qui l’avait consumé plus tôt.

« Maintenant que nous sommes calmés, commença-t-il, peux-tu me dire ce que diable tu fais ici ? » (NdJ : Parle pour toi... Grrr !)

Ginny pouffa et caressa du bout des doigts le torse de son premier amant.

« Et bien quoi ? Tu n’es pas content de me voir ? »

« Ne dis pas de bêtise amour, souffla-t-il en lui embrassant les cheveux. Je veux juste savoir ce que tu fais ici, le soir du réveillon de Noël alors que tu devrais être chez tes parents autour d’une dinde ? »

Puis Severus se raidit et il força leur regard à se croiser.

« Par Merlin Ginny, mais tu es folle ! s’exclama-t-il. Tes parents savent où tu te trouves en ce moment ? »

La rouquine rit un peu de l’inquiétude de son amant, mais arrêta bien vite, se rendant compte qu’elle ne faisait qu’aggraver son cas. Elle plongea ses yeux dans les siens et sourit tendrement, lui caressant le visage.

« Sev, chéri, je sais que tu vas être fâché mais hum... comment dire, mon frère, Hermione et Harry passent leur Noël ensemble à LostManor chez son petit ami, et je leur ai demandé de me couvrir. J’avais tellement envie de te voir Sev. »

Severus fronça les sourcils sous l’œil inquiet de sa petite amie.

« Ce qui signifie que tes parents te croient en ce moment avec ton frère et Potter, c’est ça ? »

« C’est ça, oui. »

« Ginny... »

« S’il te plaît ne te fâche pas... Et puis, j’ai demandé à Dumbledore de me couvrir lui aussi et il a accepté. Il n’y a personne au château pendant les fêtes de Noël et puis, Minerva et Sirius aussi le savent. Je serais prudente okay ? Je te le promet, mais laisse-moi passer les fêtes avec toi... S’il te plaît. »

« Ginny ce n’est pas raisonnable et tu le sais. Tes parents vont sûrement vouloir prendre de tes nouvelles à LostManor et s’ils découvrent que tu n’es pas là-bas, ce sera une vraie catastrophe, tu le sais ça ? »

La rouquine gloussa.

« Aurais-tu peur que mon père te coupe la tête ? demanda-t-elle amusée. De toute façon si c’est le cas je te protégerai et je lui expliquerai de long en large que je t’aime plus que tout et que tu me rend heureuse. »

Cap'n Smith and Pocahontas

Had a very mad affair

When her daddy tried to kill him

She said "Daddy, oh don't you dare"

He gives me fever

With his kisses

Fever when he holds me tight

Fever

I'm his Mrs.

And Daddy won't you treat him right

Severus soupira et secoua la tête.

« Je me demande pourquoi je m’entête à essayer de parler à une adolescente de seize ans, qui n’écoute que ses hormones –ce dont je ne peux me plaindre je l’avoue- et qui a la volonté immodérée de flirter avec les ennuis ? »

Ginny fit la moue et se hissa près du visage de son amant.

« Je n’ai pas la volonté immodérée de flirter avec les ennuis ! protesta-t-elle. »

« Bien sûr et moi je suis un Gryffondor, répliqua Severus en roulant des yeux. »

Ginny gloussa et glissa à son oreille, malicieuse.

« Hum... tu as raison, je t’ai entendu ronronner tout à l’heure. »

Severus s’empourpra aussitôt, la fusillant du regard.

« Je ne ronronnais pas ! Un Serpentard ne ronronne pas ! »

« Oui, tu ronronnais, menteur ! »

« Non, je ne ronronnais pas ! »

« Si ! »

Le professeur de Potion leva soudain sa main en signe de reddition et soupira.

« Bon arrêtons là cette conversation stérile et bizarre. Réfléchis seulement à ce que tu as fait Ginny, ça pourrait nous attirer des ennuis. »

La rouquine souffla, fermant les yeux puis les ouvrit et fixa son amant intensément.

« Severus, s’il te plaît, comprends-moi et crois-moi quand je te dis que mes parents ne sauront rien. Ça faisait tellement longtemps que je voulais être seule avec toi. On ne se voit pratiquement jamais, si ce n’est en cours et en de rares exceptions quand Draco nous aide, mais... Je n’en pouvais plus. Je voulais être auprès de toi et même si je sais que nous faisons pour le mieux, cette attente me tue. Pas toi ? »

Severus se senti fondre devant la bouille d’ange que lui faisait la rouquine et même s’il se savait totalement et complètement déraisonnable en cet instant et frôlant les ennuis, il laissa tomber et savoura juste l’instant et la joie de passer autant de temps avec Ginny en tête-à-tête. Sa tendre aimée, avait raison... Ces dernières semaines avaient été éprouvantes pour elle comme pour lui, et ils ne se voyaient que très rarement, une fois sûr et certain que personne ne pourrait les voir.

Déjà que Potter et sa bande étaient au courant, plus Draco et les trois autres professeurs... ils ne voulaient pas que cela s’ébruite et avait clairement fait comprendre à ce jeune coq agaçant de Potter que si par malheur il ouvrait de trop sa bouche, il lui ferait subir les pires tortures au monde, sans se soucier une seconde du fait qu’il soit le vainqueur de son combat contre Voldemort.

C’était fatigant et très stressant et Severus avait besoin de calme et d’amour. Ainsi, s’ils pouvaient passer un minimum de temps ensemble, Ginny et lui, il ne s’en plaindrait pas.

Il fit un sourire rassurant à sa petite amie et l’embrassa pour la réconforter.

« Je t’aime, lui murmura-t-il. »

« Je t’aime aussi... répondit-elle. »

Now that you've listened to my story

Here's the point that I have made

Chicks were born to give ya fever

Be it Fahrenheit or centigrade

They give ya fever

When ya kiss em

An fever if you live in learn

Fever until you sizzle

What a lovely way to burn (X3)

Fever

Til ya sizzle

What a lovely way to burn (X4)

What a lovely to...

Burn

Oh oui... Severus avait longtemps attendu cette nuit-là.

Il avait longtemps attendu, la nuit où ivre de bonheur il pourrait s’endormir avec au creux de ses bras la femme qu’il aimait. Qu’il pourrait se délecter de la chaleur de son corps et de ses mots doux. Qu’il pourrait enfin et après tout ce qu’il avait traversé comme épreuves, vivre pleinement heureux et satisfait de ce que la vie lui apportait.

Bien entendu les femmes trahissaient, faisaient souffrir et l’amour en général était une chose compliquée et douloureuse. Mais tout ceci pouvait être tellement grisant aussi, tellement fascinant, tellement beau et apaisant que ça en valait la peine, au final.

Tout vient à point à qui sait attendre, Severus.

Oui Lily, songea-t-il heureux. Tout vient à point à qui sait attendre... (NdJ : Ca marche aussi pour le poulet rôti ! Ndla : Lol !)

Fever...

((1)) : Tout comme Juju, pointez votre doigt sur votre tempe et tournez-le en cercle. Vous comprendrez alors pourquoi je me suis marée en écrivant cette scène lol... je sais, je suis pathétique, hum... NdJ : Oui et tout comme moi, vous aurez l’air débile lol !

THE END-EUH n.n

Bon. Wala, wala...

Ma première fiction HP hétéro lol... Et bien, ce fut une longue, très longue aventure (33 pages), mais j’espère que l’avez aimée autant que moi j’ai pu aimer l’écrire.

Parce que oui, j’ai pris un énorme plaisir à écrire cette histoire, à mon plus grand étonnement. Elle me tenait étrangement beaucoup à cœur et je crois m’être laissée emporter par ma prose, alors que je prévoyais de faire quelque chose de court et de simplement érotique. Ahlala... Je crains de vous avoir ennuyés avec mon lyrisme un peu lourd parfois, mais bon, j’espère pour ceux et celles qui ont tenu le coup jusqu’ici que vous avez aimé et que vous ne vous êtes pas ennuyés à en mourir lol.

Autrement, je ne pense pas avoir vraiment fait le tour du sujet de cet amour interdit : « Professeur et élève » en effet, j’aurais voulu ajouter beaucoup de choses comme la persécution des élèves, la pression exercée par les amis, les parents, et aussi rajouter plus de professeurs adhérant à la cause de Minerva, mais c’est un OS et j’ai été disons quelque peu limitée.

C’est pour cette raison que j’ai voulu éviter l’entrée en scène des parents de Ginny et également celle de Remus. Oui, parce que je voulais que l’histoire de Remus et Sirius soit en parallèle avec celle de Severus et Ginny, mais bon, je n’ai pu faire que très peu de choses et finalement, j’ai l’impression désagréable de m’être répétée le plus souvent.

Je regrette seulement maintenant, de ne pas avoir pris plus de temps pour l’OS avec Ron et Charlie, car je me rends compte que j’aurais pu faire quelque chose de plus fourni, avec ce que je viens d’écrire lol, mais bon... ce qui est fait est fait, n’est-ce pas ? Je me rattraperai plus tard.

Enfin... j’ai encore quelque difficulté à retourner au monde de l’écriture après mon absence prolongée et ma crise de la page blanche.

Cela dit, je vous remercie de m’avoir suivie jusque-là et je vous dis à bientôt pour le prochain OS où j’aborderais l’amour interdit avec mon couple favori : Harry et Draco, les deux ennemis. Bon, amour interdit n’est pas vraiment un terme approprié en fait, parce que ce sera plus un sorte d’interlude détente lol et je pense que je parlerai là de la relation compliquée de Sirius et Remus.

Un petit commentaire pour me faire plaisir ?

Kissouxxxx HK ;)

NdJuju : Quant à moi, je vous retrouve peut-être sur une prochaine fiction ! Et je tiens à dire, même si vous pouvez penser que ce n’est pas très objectif parce que c’est mon amie, que j’ai adoré cette histoire ma petite HK ! Sauf le lemon inachevé... hum ! Ndla : Tu ne changeras jamais n.n’’


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