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10 – Ce que contera la légende
C’est en silence que le corps de Naruto fut enterré dans le cimetière de Konoha. Tous étaient venus assister, de près ou de loin, à cette funèbre cérémonie. Les amis du défunt restaient silencieux, le regard grave, la tête basse ; les maîtres avaient également adopté cette image, ne voulant dévoiler leur peine. On n’entendait alors que les sanglots étouffés de Konoha-Maru, qui ne pouvait retenir ses larmes, grimaçant pour ne pas pleurer, en vain. Bientôt, la cérémonie fut terminée : chacun rentra, lentement, sombrement, ne réalisant qu’à peine l’évènement, espérant toujours émerger de ce mauvais rêve. Il ne resta plus que Sakura et Kakashi devant la stèle. Seuls les cheveux roses de l’adolescente bougeaient, balayés en arrière par un vent doux et frais ; le maître demeurait aussi immobile, mais son regard dévoilait l’habitude de cette douleur. Les yeux vides, Sakura articula enfin :
- Pourquoi… ne suis-je pas triste ? Je devrais pleurer… mais je n’y arrive pas…
Le silence dura un instant, puis l’autre répondit enfin :
- Ton cœur se durcit. On ne s’habitue jamais totalement à la mort, mais on apprend à vivre avec.
- J’ai l’impression que ma vie s’est arrêtée en même temps que la sienne…
- Sa vie s’est arrêtée pour que perdure la tienne ; ne rend pas son sacrifice vain. Continue de vivre et entretiens son souvenir, c’est tout ce que tu peux faire encore…
Aucun des deux n’ajouta quoi que ce soit. Ils finirent par quitter silencieusement le cimetière, et se retrouvèrent seuls dans le village éteint : il régnait la même atmosphère qu’à la mort du troisième hokage. Ils s’installèrent sur un banc, fixant silencieusement l’horizon.
- Kakashi-sensei… Je ne sais plus vraiment… ce que je ressens… mais… malgré tout, sommes-nous… ?
L’épouvantail se leva alors, sans détourner son œil du soleil couchant.
- Nous ne sommes rien de plus qu’un maître et son élève. Sakura, j’ai cru t’aimer, et toi aussi. Ces sentiments n’étaient que le résultat d’un profond manque d’affection. Tu as vu en moi un père, et j’ai vu en toi une fille.
- Une… fille ?
- Oui… Ma fille. Elle aurait à peu près ton âge… mais on l’a assassiné avec sa mère, peu de temps après sa naissance.
- Je suis désolée…
- Tu n’as pas à l’être. C’est moi qui m’excuse : je savais bien que quoi qu’il arrive, nous n’irions nulle part. Cette histoire était vouée à l’échec, de toute façon.
- Alors… souffla Sakura d’une voix faible. Restons un simple maître et son élève…
Le silence revint, un vent léger balayant les feuilles sur le sol, les emportant au loin. Kakashi annonça alors :
- Je vais partir à Suna.
Comme elle ne répondait rien, il continua :
- Définitivement.
Encore le silence, et le vent, et le regard vide planté dans la terre, Sakura répondit simplement :
- Je vois.
C’est ainsi qu’ils se quittèrent. De brefs adieux, pas même une poignée de main : un regard perdu, une amertume profonde, et chacun partit de son côté, en silence. Le lendemain, Kakashi avait quitté Konoha. Sakura redevint l’élève de Tsunade, l’équipe sept ayant complètement disparu, et la vie reprit son cours. On n’osait plus prononcer le nom de Naruto, de peur de faire ressurgir les larmes enfouies. Pourtant chacun savait, à Konoha, que l’on avait perdu celui qui, un jour, devait devenir hokage ; et ce serait ainsi que plus tard, on conterai son histoire. L’adolescente savait aussi qu’elle n’aurait de place dans ce conte, car on ne parle jamais que des vrais héros, on oublie le superficiel pour augmenter l’importance du reste. Alors elle fixa son regard sombre sur l’horizon, laissant ressurgir quelques pensées dérisoires, quelques souvenirs heureux, sans plus éprouver ni joie ni tristesse. Le temps passerait et elle referait sa vie, un jour, loin de cette époque qui finirait par disparaître. Pourtant, ce jour là, Konoha semblait bien vide.
FIN
Une nouvelle histoire de terminée, merci d’avoir suivi jusqu’au bout ! Je suis désolée que l’épilogue soit si court, mais je n’arrive pas à l’étoffer et ait le sentiment que rallonger ce dernier chapitre le pourrirait quelque peu. Ce fut un grand plaisir d’écrire cette histoire et de lire vos commentaires !