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Books » Pride and Prejudice » Ames soeurs
doddy
Author of 1 Story
Rated: K - French - Romance - Elizabeth & Mr. Darcy - Reviews: 1,298 - Updated: 04-13-12 - Published: 07-18-06 - id:3052094

Bonjour à toutes et à tous... Je suis très heureuse de vous présenter ce 1er chapitre d'Ames soeurs, la suite d'Orgueil et Préjugés. Cette fic représente beaucoup de travail, mais quand on aime on ne compte pas. J'ai essayé de rester dans la lignée du roman, notamment concernantl a psychologie des personnages et le style. J'espère en tout cas que vous aurez autant de plaisir à la lire que j'ai eu à l'écrire et sachez que toutes vos reviews (critiques, suggestions, encouragements) sont les bienvenues... Bonne lecture et à bientôt pour le chapitre 2 qui paraîtra très bientôt...


Ce n'était un secret pour personne parmi la bonne société du Hertfordshire qu'Elizabeth Bennet, était une jeune fille particulière. Si certains lui reconnaissaient un esprit très vif et un net penchant pour la franchise, d'autres, moins indulgents, la considéraient comme une effrontée et une jeune fille irrespectueuse. Pour tout dire, elle n'était pas très aimée, en tout cas beaucoup moins que sa sœur aînée, Jane, qui recueillait tous les suffrages. Aussi toutes les matrones de Meryton et de ses alentours tombèrent-elles des nues lorsque Mrs Bennet leur annonça les fiançailles de sa cadette avec Mr Darcy – un homme affreusement orgueilleux, méprisant et méprisable qui avait pour seule qualité de disposer de dix mille livres de rentes et de la moitié du Derbyshire. Qu'Elizabeth ait accepté pareille demande ne les étonna guère – quelle jeune fille sensée refuserait un aussi beau parti ? – mais ce qui alimenta les commérages de toutes les soirées données à Meryton, ce furent les motivations de Mr Darcy. Pourquoi avait-il demandé la main d'une jeune fille provinciale sans le sou à la famille qui ne souciait guère des convenances et cela alors même que son comportement frisait l'insolence et l'incorrection ? Ce n'était certes pas la beauté de Lizzy Bennet qui avait dû l'attirer. La cadette des Bennet avait un physique agréable mais rien chez elle ne méritait qu'on lui concède l'adjectif « belle », surtout comparée à sa sœur Jane qui était absolument ravissante et au caractère tellement plus doux et agréable. En réalité, les commères de Meryton eurent beau chercher une explication au choix de Mr Darcy, elles le firent en vain.

Mais l'avenir de ce jeune couple les intéressaient plus encore. Il était évident pour tous que Mr Darcy avait beau être très beau et très riche – qualités qui auraient suffi à nombre de jeunes filles en quête d'un mari – mais qu'il était aussi et surtout fier, hautain, froid. Même en présence de sa fiancée, il n'avait aucun geste affectueux envers elle, aucun regard tendre, aucune chaleur, comme chacun put s'en apercevoir à un bal donné par Mr et Mrs Lucas. Et chacun put spéculer à sa guise sur la future vie de couple de Mr Darcy et de sa promise. En province, on considère toujours que nos voisins, quelques soient leurs défauts, sont supérieurs aux parfaits étrangers. Aussi Elizabeth, malgré le fait qu'elle soit moins populaire que ses autres sœurs, fut-elle l'objet de plaintes et de regrets dès ce fameux bal chez les Lucas. On craignait que son mari ne la rende malheureuse malgré toute sa fortune, et l'on ne pouvait s'empêcher de le comparer au mariage de sa sœur Jane et de Mr Charles Bingley, qui s'annonçait parfait. Que le simple et chaleureux Mr Bingley fût le meilleur ami de Mr Darcy ne permit pas aux relations des Bennet de se douter un seul instant derrière l'orgueilleux Mr Darcy se cachait un homme entièrement différent.

En temps normal, Mrs Bennet se serait posé les mêmes questions que ses amies bien-pensantes. Mais elle était trop occupée à exulter et proclamer partout haut et fort que trois de ses filles avaient trouvé un mari – dont sa Jane avec le charmant Mr Bingley de Netherfield avec cinq mille livres de rentes et Lizzy avec un gentleman possédant la moitié du Derbyshire et dix mille livres de rente – pour se préoccuper du bonheur futur de ses deux aînées. Seul son bonheur à elle comptait : il ne lui restait que deux filles à marier. Et à dire vrai, se rappeler les demeures dans lesquelles allaient vivre Lizzy et Jane, leurs toilettes, leurs équipages et tout ce que procurent le rang et la fortune, aurait suffi à la rassurer sur le bonheur de ses filles si d'aventure elle avait eu le moindre doute à ce sujet. Quant à Mr Bennet, son opinion sur son futur gendre était arrêtée depuis le jour où il lui avait accordé la main de Lizzy : il ne lui aurait jamais cédé sa fille préférée s'il n'avait pas été sûr du parfait bonheur conjugal qui attendait cette dernière. Tous deux étaient unis par une tendre complicité. Il savait qu'elle était de loin la plus intelligente et la plus spirituelle de ses filles. Aussi était-il une des rares personnes de toute la bonne société du Hertfordshire à connaître les motifs du futur mari d'Elizabeth et d'ailleurs le fait que Mr Darcy ait demandé sa main ne l'étonnait pas une seconde : le propriétaire de Pemberley avait trouvé un esprit à la hauteur du sien, ce qui valait toutes les dots et tous les beaux visages d'Angleterre.

Lizzy était inconsciente de tous les commérages dont Jane et elle étaient l'objet. Elle n'avait d'yeux que pour son bonheur tout neuf qui semblait ne jamais devoir prendre fin. Mr Darcy et elle se voyaient tous les jours, tantôt à Longbourn, tantôt à Netherfield où résidait Mr Bingley, l'hôte de Mr Darcy. Il était prévu que le mariage de Jane ait lieu une semaine avant le sien, trois semaines plus tard, et que les jeunes mariés rejoignent Pemberley aussitôt, sans passer par Londres comme Mr Darcy l'avait d'abord envisagé, des affaires l'appelant sur son domaine.

« Etes-vous certaine que cela ne vous dérange pas ?

- Bien sûr que non. D'autant que vous n'avez pas le choix : votre présence est requise à Pemberley. Et je préfère être là-bas avec vous plutôt que seule à Londres. De toute façon je n'apprécie guère la capitale, répondit Lizzy.

- Oh... cela veut-il dire que vous ne m'y accompagnerez pas à Noël ? demanda Mr Darcy soudainement inquiet.

Bien sûr que non. J'irai où bon vous semblera tant que vous me permettez de rester à vos côtés. »

Les deux fiancés se promenaient dans le parc de Netherfield. Ils avaient distancé Miss Bingley, Mr Bingley et Jane. La sœur de Charles Bingley ne pouvait soutenir les regards que s'échangeaient Mr Darcy et Elizabeth, alors qu'elle avait tant caressé l'espoir de devenir un jour la maîtresse de Pemberley. Depuis l'annonce des fiançailles des deux jeunes gens, elle témoignait à la future Mrs Darcy une froide politesse, lui ayant adressé des félicitations si forcées que son frère lui-même, d'ordinaire si inconscient des défauts d'autrui, en avait été mortifié. Qu'Elizabeth, une jeune provinciale sans grande beauté, sans fortune et sans éducation, ait pu charmer Mr Darcy ne cessait de l'étonner. Aussi tenta-t-elle de se rapprocher de Jane, sa future belle-sœur, pour tromper sa déception et sa colère et tenter d'oublier la présence de celle qui, par les liens sacrés du mariage, allait aussi devenir sa sœur.

« Quelque chose semble vous préoccuper, Miss Elizabeth... dit Mr Darcy en posant sa main sur celle de sa fiancée alors que tous deux s'asseyaient devant la table qui avait été dressée sur la terrasse pour le thé. Absorbée par ses pensées, Lizzy ne répondit pas.

- Miss Elizabeth ?

- Oui ? oh je suis désolée j'étais loin...

- Je vois... Quelque chose ne va pas ?

- En réalité, je réfléchissais à quelque chose.

- Votre méditation devait être très profonde pour ne pas m'entendre alors que je suis en face de vous.

- Pardonnez-moi... je me demandais juste si votre lettre avait reçu une réponse de Lady Catherine. »

Elizabeth regretta aussitôt son aveu. Elle savait que toute la hauteur et la froideur de son fiancé revenaient dès lors qu'il était contrarié. Mais elle ignorait encore à quel point la réaction de sa tante l'avait plongé dans une colère noire.

« Elle m'a adressée une réponse qui ne mérite pas d'être prise en considération, dit-il sur un ton qui sous-entendait qu'il ne souhaitait pas s'appesantir sur le sujet.

- Je suis désolée d'être la cause de cette brouille entre vous et votre tante.

- Vous n'y êtes pour rien... Lady Catherine aurait détesté toute jeune fille de mon choix qui n'aurait pas été sa fille. Vous lui donnez satisfaction en culpabilisant et je ne veux pas qu'elle gagne à ce jeu-là. »

Lizzy comprit qu'il était dans son intérêt qu'elle n'aille pas plus loin. Elle commençait à connaître les limites de la patience de son fiancé. Fort heureusement pour elle, Jane, Mr Bingley et Miss Bingley ne tardèrent pas à les rejoindre.

« Cette promenade était délicieuse, n'avez-vous pas trouvé, ma chère ? demanda Miss Bingley à Jane.

- Tout à fait... Il est vrai que le parc de Netherfield est si beau que c'est un plaisir que de s'y promener ! répondit Jane avec enthousiasme.

- J'imagine que cela doit bien vous changer de celui de Longbourn... dit Miss Bingley d'un ton méprisant, sachant pertinemment que le domaine de Longbourn n'avait pas de parc.

- Oh mais Longbourn est très agréable à vivre également ! dit Jane en tout innocence.

- A condition d'aimer la campagne bien évidemment.

- Caroline, voyons, toutes les jeunes filles ne sont pas d'irréductibles citadines comme vous... dit Mr Bingley.

- Certes. Enfin, passons. Dites-moi, ma chère, les préparatifs de votre mariage avancent-ils ? demanda Miss Bingley à Jane.

- Naturellement. Mère craint sans cesse que nous serons en retard mais en réalité je n'ai pas d'inquiétude à ce sujet. Nous nous y employons suffisamment pour que tout soit prêt à temps. Et je ne retarderai ce jour pour rien au monde ! dit Jane posant un regard plein de chaleur sur son fiancé qui lui sourit en rougissant. Mr Bingley avait encore bien des efforts à faire pour ne plus être intimidé par la ravissante Jane Bennet.

- Et vous, Miss Elizabeth ? demande Miss Bingley.

- Les préparatifs progressent à la même vitesse que ceux de Jane pour la simple raison que nous les faisons ensemble.

- A ce propos, Charles, Miss Elizabeth et moi ne pourrons pas vous voir à Londres en octobre, nous nous rendrons directement à Pemberley, dit Mr Darcy.

- Quel dommage ! Des affaires vous y attendent ? dit Mr Bingley.

- Oui, j'ai reçu une lettre préoccupante de mon contremaître ce matin.

- Je vois.

- Mais vous vous y rendrez ultérieurement j'imagine ? demanda Jane.

- Bien sûr. A Noël sans doute, si Miss Elizabeth y consent, répondit Mr Darcy.

- Quel dommage, nous n'aurons pas le plaisir de fêter Noël dans votre charmant domaine, Mr Darcy. Il est si beau sous la neige ! Et miss Georgiana joue les hymnes de Noël si bien ! se plaignit Miss Bingley.

- Ce n'est que partie remise. Nous verrons Londres sous la neige et Georgiana dispose d'un pianoforte dans ma demeure de Londres également, n'ayez crainte.

- A propos, Miss Elizabeth, n'appréhendez-vous pas de rencontrer miss Georgiana ? demanda Miss Bingley, faussement préoccupée pour Lizzy.

- A dire vrai… les présentations ont déjà été faites… Et j'en garde un excellent souvenir. J'espère qu'il en va de même pour miss Georgiana, répondit Lizzy.

- Elle était ravie également, confirma Mr Darcy.

- Oh mais elle ne rencontrait alors qu'une amie. Qu'en sera-t-il lorsque vous serez belles-sœurs ?

- Je ne peux qu'espérer que nous nous entendrons bien, dit Elizabeth mal à l'aise.

- Vos tempéraments sont faits pour que vous vous accordiez, je puis le certifier » dit Mr Darcy, inconscient de l'angoisse de sa fiancée.

Miss Bingley sourit en voyant Elizabeth rougir et plonger son regard dans sa tasse de thé. Elle avait marqué un point. Devenir Mrs Darcy serait sans doute moins aisé que prévu pour Elizabeth Bennet. Sans compter qu'elle allait devoir diriger le domaine de Pemberley, ce qui requérait des qualités qu'aucune des petites Bennet n'avait. Miss Bingley ne tarderait pas à exulter en voyant celle qui avait détruit ses rêves désemparée et en proie à la risée de la meilleure société de Londres.

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