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Prologue
Cette nuit de chasse s'annonçait pour se dérouler comme elle avait l'habitude de le faire, sans aucune anicroche. Cependant, il l'avait bien vu. Il avait vu la jeune fille qui les observait d'un œil horrifié depuis l'entrée principale, dissimulée derrière un pan de mur. Il avait alors lâché sa proie dont il avait fini de se nourrir et parti en direction de l'espionne, sans toute fois se faire voir d'elle puisqu'il arrivait du côté opposé à celui où elle regardait.
- Qu'est-ce que tu fais là, Tomoko ? Tu devrais être au lit en ce moment !
- Ni-san...
- Tu n'as pas le droit d'être ici !
- Et... et toi... tu viens... tu viens... tu viens d'assassiné une fille ! Et tes amis... ils font pareil ! chiala-t-elle.
- Tomoko, rentre à la maison, tu n'as jamais rien vu de tout ça.
- Je ne rigole pas !
- Non, mais tu te fiches de moi ! T'es vraiment cinglé !
- Rentre à la maison ! C'est un ordre !
- Pour ça, j'y manquerai pas ! Et même... On devrait t'interner !
- Rentre tout de suite, Tomoko !
- D'accord ! Mais ce n'est pas parce que tu me le demandes, c'est parce qu'il faut que je le dise à papa et à maman !
- Tu vas le regretter, si tu fais ça !
- Raison de plus !
Et elle partit en courant. Il ne tenta même pas de la retenir, il alla plutôt chercher le maître. La nuit tirant à sa fin, on s'affairait déjà à ranger la boîte de nuit et le camion pour charger les corps des victimes venait de se stationner devant l'entrée. Deux personnes avaient été choisi pour l'emplir, il ne tardèrent pas à commencer leur tâche.
- Une humaine nous a vu ! souffla-t-il au maître en le trouvant enfin.
- Quoi ?
- Tu as parfaitement bien compris.
- Merde !
- Je sais...
- Tu la connaissais ?
- ... C'était ma sœur...
Le maître attrapa un des membres du clan par le bras et lui ordonna :
- Il ne faut laisser aucune trace de notre passage, nettoyez tout de fond en comble, verser de l'Essanguinis sur tous les planchers à tous les étages et sur tous les murs. Exécution immédiate. Vous poserez vos questions plus tard.
- D'accord.
Ce dernier alla alors prévenir les neuf autres pour qu'ils les aident. Cependant, ils ne furent que sept à l'aider parce que les deux qui avaient été assignés pour allez conduire les corps à la morgue durent quand même faire ce sale boulot. Tandis que ces sept-là s'occupaient du nettoyage du bâtiment, le maître prit l'autre avec lui dans une salle à part.
- Tu dois te douter un peu de la suite des événements... dit le plus haut placé du Clan.
- Oui...
- Elle va aller en parler à tes parents et...
- Eux appellerons certainement la police, je sais... et je vais me faire mettre en prison à moins que je ne passe pour un aliéné, je sais aussi. Et il sera plus facile pour vous d'entrer en contact avec moi dans un hôpital psychiatrique que dans une prison, je le sais !
- Oui, en effet. Mais comm... commença-t-il
- Comment elle a fait pour venir jusqu'ici ? Elle a dû me suivre... Je n'ai pas été assez vigilant, apparemment.
- Sauf qu'elle v...
- Va sûrement pas que me dénoncer, moi, mais vous aussi. Dans ce cas, je dirais qu'elle était en état de choc et qu'elle a vu n'importe quoi.
- Bien. Je compte s...
- Sur moi pour que tout se déroule comme dans ce qu'on vient d'élaborer. Compris !
- Et essaie de n...
- Ne pas trop en faire, oui !
- Et cesse de f...
- Finir tes phrases, ça t'énerve, je sais !
- Maintenant, sors d'ici et va aider les autres, moi j'ai des appels à faire.
- À vos ordres !
Une heure plus tard, le grand nettoyage était terminé et tout le monde rentrait chacun de son côté avant que le soleil ne se lève.
Lui aussi rentrait chez lui, de toute façon, il se devait d'obéir aux ordres. Toutefois, toutes les lumières étaient allumées dans la maison familiale.
- Merde...
Il s'arrêta le temps de reprendre sa forme humaine et entra.
- T'as du culot de revenir ici après ce que t'as fait ! hurla sa sœur, à peine la porte fut-elle refermée.
- J'ai droit à un toit, quand même !
- Cette maison n'accueillera aucun meurtrier !
- Cette fois, c'était son père qui avait ragé.
- Quoi ! Mais je ne suis pas un meurtrier ! J'ai peut-être tué quelqu'un, mais c'était nécessaire... pour ma survie...
- Pour ta survie ! Viens pas me faire croire que cette nana t'avait agressé ! Tu as passé toute la soirée à lui tourner autour... à la... séduire, à la peloter, même ! Et après... tu la saignes à blanc !
- Je ne l'ai pas saignée à blanc ! Il fallait que je me nourrisse, c'est tout !
- Kamisama... fit sa mère, d'une voix blanche.
- C'est comme ça que ça fonctionne, qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ! Seulement, moi, quand j'ai faim... je peux pas ouvrir le réfrigérateur et me prendre un truc à l'intérieur ! Je parle de... quand c'est... cette faim-là...
- Attends un peu... Tu veux nous faire croire que tu es un vampire, c'est bien cela ? interrogea le père, incrédule.
- Voyons, papa, tu vas pas le croire !
- Je n'essaie pas de vous le faire croire puisque j'en suis un !
- C'est bien, nous en avons assez entendu comme ça ! dit une voix professionnelle et inconnue. Nous allons l'emmener à l'hôpital psychiatrique.
- Quoi ? s'étonna la jeune fille.
- Il ne servirait à rien de le mettre en prison, il pourrait s'en prendre aux autres prisonniers ou aux gardiens, mais il n'en comprendrait pas les conséquences puisqu'il a vraiment l'air d'y croire... expliqua un policier alors qu'un second appelait l'asile et qu'un troisième et un quatrième le retenait.
- Mais vous ne comprenez donc pas ! Vous êtes tous cinglé ! Vous voulez que je meure, c'est ça ! Que je meure de faim ! Vous voulez pas m'accepter, hein ! Vous n'avez pas l'esprit assez ouvert ! Vous êtes...
à suivre...