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Epilogue Partie II :
La brise légère estivale soufflait doucement. Par la fenêtre grande ouverte, le ciel bleu se tranchait avec la blancheur immaculée des murs. L'azur était des plus purs, sans aucun nuage pour le troubler. Le chaud soleil brillait bien haut dans les cieux.
Tout était calme : quelques cigales chantaient sans doute installées dans les cyprès du jardin. Quand elles se taisaient, on pouvait entendre le roulis serein des vagues qui venaient s'écraser sur la plage de galets en contrebas du jardin.
La chambre aux murs blancs dépouillés était meublée de plus simplement : une commode, un fauteuil en osier garni d'épais coussins blancs et bleus. Au centre de la pièce se trouvait un berceau en osier lui aussi. A l'intérieur, le bébé qui dormait quelques instants auparavant se réveilla. Il ouvrit ses grands yeux gris et regarda le carré bleu qui se découpait au-dessus de sa tête. Il gigota un instant. Ses petites mains attrapèrent un dragon en peluche et le secouèrent vivement, le grelot à l'intérieur du ventre de la peluche se mit à tinter. Le bébé gazouilla et secoua avec plus de vigueur le jouet. Un rire joyeux s'éleva dans la pièce. Il finit par se lasser du dragon, il le relâcha. Ses yeux se fermèrent de nouveau et il s'endormit.
Il se réveilla quelques heures plus tard en pleurant : il avait faim. Quelques minutes plus tard, il entendit des pas se précipiter vers sa chambre. Sa mère arriva, un biberon à la main. Dans les bras de la sorcière, le bébé calma aussitôt ses pleurs. La mère s'installa dans le fauteuil et donna le biberon en se balançant lentement. Tout en buvant, le bébé essayait d'agripper le biberon avec ses petites mains : il voulait montrer qu'il était assez grand pour se débrouiller tout seul !
Le biberon terminé, le bébé était bien réveillé : il s'amusait à attraper les mèches de cheveux de sa mère en riant. Elle lui rendit son sourire.
- Nous avons de la visite, lui murmura-t-elle. Tu veux descendre ?
Elle prit le gazouillis du bébé pour un oui. Ils quittèrent la chambre pour gagner le jardin.
De cet endroit, on pouvait admirer toute la vue dégagée sur le golfe aux eaux turquoises, la plage de galets, le chemin qui y serpentait depuis la maison. Sur la droite, les hautes falaises noires plongeaient dans la mer en une ligne vertigineuse. La végétation était plus rare : seules les plantes qui supportaient les grosses chaleurs poussaient ici, mais même cet été, les plus résistantes avaient du mal à survivre au milieu de la fournaise. Seul le jardin de la maison blanche aux volets bleus semblait échapper à la sécheresse : plusieurs petits bassins alimentés par de petits ruisseaux apportaient eau et fraîcheur. L'herbe de la pelouse aurait pu rivaliser sans aucun problème avec ses cousines anglaises. Des parterres colorés de fleurs égayaient le gazon.
La table avait été installée à l'ombre des hauts cyprès du jardin.
Deux personnes y étaient attablées devant des jus de citrouille bien frais. La gazette des Sorciers était négligemment posée sur un banc, le vent en faisait tourner les feuilles légères.
Avant d'aller s'asseoir aux côtés de Lucius, Anae y jeta un coup d'œil nonchalamment, elle se demandait pourquoi ils continuaient à s'y abonner, les nouvelles qu'elle donnait n'avaient plus grande importance. Elle installa son fils sur ses genoux et celui-ci tendit les bras vers la table pour y attraper ce qui s'y trouvait. Comme il n'y arrivait pas, il se désintéressa des objets devant lui : le papillon qui voletait sous ses yeux était drôlement plus amusant.
Drago sirotait sa boisson en donnant les dernières nouvelles d'Angleterre, qui au final ne changeaient guère. Des combats faisaient toujours rage ça et là … Des combats contre un nouvel « ennemi » mais des combats toujours.
Anae n'avait pas connu la fin de la Grande Bataille. Le sort qui l'avait touché ce soir l'avait laissée inconsciente pendant quelques semaines. Ensuite, elle avait dû restée clouée au lit de longs jours.
A ce moment-là, la guerre était finie depuis longtemps. Il en restait des traces un peu partout, des traces de mort et de désolation … et surtout, devant l'antre de Voldemort, le cadavre de Harry Potter. Après sa mort, son corps avait été exposé aux yeux de tous pour montrer le sort qui attendait ceux qui oseraient se dresser contre le Seigneur des Ténèbres … A ce souvenir, Anae ne put s'empêcher de frissonner : elle avait su que Harry avait été capturé ce fameux soir, mais qu'il n'était mort que bien plus tard, de longues semaines après … Elle préférait ne pas imaginer ce qu'il avait dû endurer avant de trouver le repos.
Ce qui s'était passé ensuite, elle l'avait appris par les journaux ou par Drago.
Lucius avait décidé de lui faire changer d'air : tous deux, ils étaient partis loin de l'Angleterre trop chargée en souvenirs. Leur errance en Méditerranée les avait amenés sur cette petite île oubliée des Cyclades, ils s'y étaient trouvés bien et ne l'avaient plus jamais quittée.
Anae avait voulu oublier … tout oublier … Cela n'avait pas été facile tous les jours, mais petit à petit, elle avait surmonté sa peine, loin des folies de grandeurs de Voldemort qui faisait du monde son nouveau terrain de jeu. L'Angleterre toute entière et une bonne partie de l'Europe avaient déjà sombré dans les ténèbres, qui seraient les suivants ?
Les nouvelles apportées par Drago la replongeait dans la réalité : par petits groupes, aidés de quelques sorciers, les moldus organisaient une résistance discrète, rarement efficace. Les ripostes des Mangemorts en étaient que plus sanglantes et dissuasives.
Le soir tombait doucement sur l'île. Kaly sortit de sa torpeur et quitta l'ombre des arbres pour partir en chasse dans l'île. Le soleil se couchait lentement sur les flots argentés de la Méditerranée, embrasant mer et ciel de mille reflets dorés et roses. Mais au large de lourds nuages chargés de ténèbres se profilaient. Anae frissonna et serra plus fort son fils contre elle : elle espérait que l'orage qui menaçait au loin ne parviendrait pas jusqu'à l'île… Mais rien n'était moins sûr.