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Books » Harry Potter » J'adore
coqcigrue
Author of 8 Stories
Rated: T - French - Romance - Draco M. & Harry P. - Reviews: 107 - Updated: 02-21-07 - Published: 08-05-06 - Complete - id:3087307

Titre : J'adore

Auteur : Coqcigrue

Résumé : Moi, Draco Malfoy, quintessence de la jeunesse décadente, incorrigible charmeur, j'adore fréquenter les lieux de débauche moldus… et par dessus tout, regarder danser les gens. Mais on ne sait jamais où ça pourrait nous entraîner ! SLASH HPDM

NOTE A LIRE : ceci est un SLASH, c'est-à-dire une fiction parlant d'une relation homosexuelle, ici entre Harry et Draco, alors si vous n'aimez pas ce genre, passez votre chemin.

Mot d'excuse : je m'excuse sincèrement auprès de toutes celles et ceux (y en a-t-il ?) qui attendaient désespérément la suite de cette fic depuis très (très, très, très) longtemps...

La troisième partie traînait dans un fond de tiroir (ou plutôt dans le fin fond de mon ordi) depuis longtemps, mais j'ai été très occupée dernièrement, des amies sont venues me voir du Japon, et j'ai trouvé du travail, j'ai du déménager, tout ça ne me laissant que peu de temps pour aller sur internet quand je rentre chez mes parents...

... eu des problèmes avec internet, avec mon ordinateur, sincèrement cru avoir updaté cette fic pour me rendre compte 3 semaines plus tard que ffnet l'avait mangé...

Mais si ça peut vous consoler, cette non publication m'a aussi causé de nombreuses promesse de représailles et harcèlements sans fin de la part de ma ch'tite sœur, à qui je dédie cette fic.

J'espère que vous apprécierez quand même la fin de 'J'adore'

J'adore 3

« Draco Lucius Malfoy ! Je peux savoir où tu étais ? Je me suis fait un sang d'encre ! Et dans ma tête, ramener quelqu'un chez toi est synonyme d'aller t'envoyer en l'air chez ta conquête d'un soir ! Depuis quand un Malfoy joue sur les mots pour détourner une promesse à son avantage ? Où étais tu ? Et par Salazar, qu'a tu fais à tes vêtements pour qu'ils soient si... courts ? »

A peine arrivé qu'il commence à hurler. Il porte une immonde chemise hawaïenne. Je l'ai toujours dit, quelqu'un qui ne sait pas s'habiller avec goût manque forcément de classe. Ne vous y trompez pas, j'adore Blaise, mais parfois il est singulièrement... lourd.

« Blaise, mon sucre d'orge, j'apprécierai vraiment que tu arrêtes de me crier dessus sur le palier, nos voisins n'ont pas besoin de le savoir. »

J'ouvre ma porte et lui fait signe d'entrer. Pas que je ressente le besoin de me justifier auprès de lui, mais la scène de ménage sur le palier, très peu pour moi. Une fois la porte refermée, je commence à lui expliquer.

« Pour que tout soit bien clair dans ta petite tête, les Malfoy détournent toujours tout à leur avantage, et ce depuis la nuit des temps. J'ai effectivement découché, mais c'est pas ce que tu crois, c'est quelqu'un de très bien qui m'a ramené chez lui. »

« Oh, alors parce que cette personne est 'très bien', on peut sans problème se la faire, c'est vrai, mais où avais-je la tête ! » Il a l'air vraiment très en colère. Pas vraiment que j'ai découché, mais plutôt que je l'ai déçu, je crois.

« Arrête, Blaise, ce ton accusateur ne te va pas du tout. Le Survivant m'a trouvé complètement ivre et m'a évité de faire plus de conneries en me ramenant chez lui. En tout bien tout honneur. »

« Attends, Draco, je suis perdu. Quand tu dis le Survivant, tu veux dire... enfin, tu sais, Harry Potter ? » Il est complètement déconcerté, le pauvre. Je ne vois pourtant pas ce que ça a de si inconcevable... enfin, c'est vrai qu'on avait des relations plutôt tendues, voir même franchement inamicales à Poudlard, mais on a grandi, tout de même.

« Oui, Potter. »

« Et tu vas me faire croire qu'il t'a simplement ramené chez lui comme ça, par pure charité ? »

« Si on considère qu'il a dormi sur son canapé inconfortable et que je me suis réveillé complètement habillé dans son lit, oui. »

« Oh... Draco, ma petite fleur des champs, je suis désolé d'avoir douté de toi. Et... il est comment alors ? » Blaise a un visage très expressif pour un serpentard. Et en quelques minutes, je l'ai vu passer de la colère à l'ahurissement, puis la culpabilité, et enfin la curiosité.

La curiosité de Blaise est quelque chose de vraiment étrange pour moi…

Il veut toujours tout savoir, avec le plus de détails possible. Je ne sais pas comment il fait pour emmagasiner tout ça, mais il se rappelle mieux que moi qui est passé dans mon lit, à quelle date, et ce que j'en ai pensé... Et là, il a retourné une chaise pour s'asseoir à l'envers, les avants bras sur le dossier, dans sa position 'chasseur d'informations'.

« Il est comment quoi ? L'appartement de Potter ? Ce dont on a discuté ? Le physique de Potter ? »

« Ben, tout, évidement, mon poisson au caramel. »

ooo

Les explications avec Blaise ont duré longtemps, très longtemps. Et il m'a semblé plutôt choqué quand je lui ai annoncé que je lui avais fait des propositions indécentes. Pourtant, s'il le voyait maintenant, il serait forcé d'admettre que c'est le plus bel homme que j'ai jamais vu. Enfin, après moi, bien sûr.

Mais il n'a pas seulement un physique attrayant, il est aussi la personne la plus prévenante, la plus gentille et la plus adorable que j'aie jamais rencontré. Si Blaise est efficace pour lutter contre ma mauvaise humeur, Potter est le seul en présence duquel je ne me sens pas minable, le seul avec lequel je peux me permettre d'être complètement moi-même.

Blaise dit que je suis tombé amoureux, mais... c'est pas possible, hein ? Ca ne peut pas être vrai. De toute façon si ce crétin de Zabini avait une sensibilité pour comprendre ce genre de choses, ça se saurait, non ?

Je suis retourné souvent chez Potter. J'avais des vêtements à lui rendre, un roman à finir, et puis... son petit appartement est agréable, en fin de compte. Enfin, à part la cheminée... Je me demande comment il fait pour ne pas être claustrophobe quand il arrive dans son minuscule placard à balais.

Surtout qu'en plus, la porte a refusé de s'ouvrir la première fois tant que le maître des lieux n'était pas de retour, et je suis resté coincé dedans. Pendant une demi heure ! Parce que bien évidement, la cheminée aussi à refusé de me laisser repartir.

Vous y croyez, vous, à une pareille mauvaise volonté de chose aussi stupide qu'une cheminée ou une porte ? J'ai eu beau hurler, cogner, jeter des sorts, rien n'a marché ! Draco Malfoy prisonnier d'un bête placard à balais !

Quelle honte, quelle déchéance ! Bien sûr, le manoir Malfoy ou Poudlard ont aussi leur lot de pièces magiques, mais là, ça en devient démoniaque de pathétisme... Le placard à balais du plus moldu des appartements plus effrayant que les sombres greniers ou le cachot à torture du Manoir !

Et Potter qui m'a délivré, comme une fleur, d'un simple claquement de doigts !

En plus, il m'a présenté à sa porte ! Vous vous rendez compte ? J'ai du parler poliment et dignement à une putain de porte de stupide placard à balais grincheuse et sûrement aigrie, pour qu'elle accepte de me laisser passer même en l'absence de son propriétaire ! Y a des jours où il faudrait mieux resté couché.

Mis à part ces quelques mésaventures, je me sentais bien chez lui. Il m'accueillait toujours avec une tasse de thé chaud, je lui empruntais un livre et lisais en silence, dans son canapé pendant qu'il vaquait à ses occupations, sans paraître se préoccuper de ma personne.

Parfois, il s'affairait dans la cuisine, préparant les plus délicieux cookies que j'aie jamais mangé, il lui arrivait aussi de se plonger dans un livre, d'écrire une lettre, ou de tout simplement allumer la musique et l'écouter à côté de moi, les yeux mi-clos, comme si ma présence ne le dérangeait pas le moins du monde.

Parfois il me gardait pour le dîner, parfois je l'emmenais dîner dehors. Dans de modestes petits restaurants sans prétention, mais j'avoue qu'on s'y sentait bien… étrangement mieux que dans les grands restaurants à la mode et hors de prix que j'avais l'habitude de fréquenter.

Parfois nous nous endormions sur son canapé, surpris par le sommeil en pleine lecture. Et je ne sais pas si j'adorais ces soirs là ou si je les détestais.

Détester parce que mon corps délicat se réveillait invariablement avec d'horribles courbatures, et que le jour suivant, en allant travailler au Manoir, le regard de Lupin me suivait immanquablement d'un air réprobateur qui semblait dire 'si tu étais moins fougueux dans tes ébats nocturnes, tu serais peut-être en état de faire quelque chose de tes journées'.

Adorer parce que le matin, la position très chaste dans laquelle nous avions sombré dans le sommeil était bien loin. Nos jambes entremêlées, son corps pressé contre le mien, sa tête bien calée contre mon épaule et mes bras l'enlaçant possessivement auraient forcément prêté à confusion pour toute personne nous surprenant à ce moment là.

Je me réveillais invariablement avant lui, et j'en profitais sans vergogne, me grisant de sa chaleur, caressant légèrement son dos, dégageant doucement quelques cheveux de son front pour contempler son air serein, m'enivrant de son odeur. Puis je me dégageais de cette étreinte pour éviter que la gêne ne s'installe entre nous, et lui préparait son café.

Ca peut vous paraître un peu fleur bleue ce genre d'attention, mais je ne sais pas pourquoi, ça me semblait juste être quelque chose de naturel. Pas spécialement ni gentil ni anti-malfoyen, j'avais juste envie de faire quelque chose pour lui.

Et pas la peine de me dire que je me voile la face, c'est pas vous qui avez un Harry Potter en état post-éveil à affronter. Bon, c'est vrai que l'observer à ce moment est également très drôle.

Il commence par s'étirer, puis se recroqueville comme s'il s'apercevait seulement du froid ambiant, il grogne, baille deux ou trois fois, cligne des yeux, se lève enfin et s'étale immanquablement par terre parce qu'il s'est emmêlé dans ses propres jambes. Il se frotte la tête, hébété, grogne encore en se rendant compte qu'avec les yeux ouverts, ça marcherait mieux, entrouvre péniblement un demi œil et se dirige en mode automatique vers la cuisine en grognant 'café, café'.

Il avale la tasse que j'ai posée devant lui d'une traite, sans réaliser que le café n'apparaît en général pas tout seul, sous le nez des gens, et alors seulement il remarque ma présence... Il me grogne presque gentiment un 'bonjour', bougonne un merci et me fait signe qu'il va prendre une douche, comme si parler était au dessus de ses forces.

Juste un conseil, comme ça... si vous le rencontrez un matin au saut du lit, pensez à ne surtout, surtout pas vous trouver sur le chemin entre Harry Potter et sa tasse de café, ça pourrait vous être fatal. Quoique... je n'ai pas vraiment envie de partager ce privilège avec qui que ce soit.

Mais ce n'est pas seulement pour ça que j'aime passer du temps chez lui, malgré l'exiguïté de son appartement, la mauvaise volonté des portes grincheuses, le canapé inconfortable, les grognements de l'espèce potterienne en cours de réveil, j'aime être avec lui, tout simplement.

Je ne sais pas pourquoi, mais il se dégage de lui une impression de calme assurance, de bien-être compréhensif, de force et de tranquillité... je ne sais pas vraiment comment décrire cette impression, mais avec lui, je me sens en sécurité.

Pas qu'un Malfoy aie jamais ressenti une cruelle insécurité, c'est pour les faibles, mais... je sens qu'Harry me protège. Entendons nous bien, je n'ai pas peur de l'extérieur, je me sens toujours parfaitement à l'aise, où que je sois, même au milieu de sorciers qui me regardent de travers pour mon ascendance...

De toute façon, dans le tas, il y en a invariablement la moitié qui est passée dans mon lit, et s'ils me détestent pour ce que je représente, ils ne rêvent que d'une chose, que je leur accorde une nouvelle nuit d'extase. Ce serait plutôt eux, les faibles...

Non, je n'ai pas besoin d'aucune protection contre eux... c'est plutôt contre moi-même qu'il me protège. C'est peut-être inconscient de sa part, ou peut-être qu'il le fait exprès, mais chez lui, j'ai le loisir de réfléchir à ma vie, ce que je voudrais en faire, ce qu'il faut y changer, et ce qu'il me manque.

Il est là, mais il peut aussi bien être là en silence, sans questions auxquelles de toutes façon je n'ai pas envie de répondre. Ou alors, quand j'ai envie de discuter de choses futiles, parler à bâtons rompus du livre que je viens de lire sans me pousser à révéler mes sombres pensées.

Lui, au moins, il ne me demande pas hypocritement comment je vais. De toute façon, au début, à chaque fois que j'y allais, c'est parce que je me sentais horriblement mal, le moral dans les chaussettes, la tentation de reprendre ma vie de gosse de riche vide de sens à fleur de peau.

Puis, quand je me sens enfin prêt à parler, il m'écoute et me répond simplement, sans me juger. Et pourtant, j'avoue que j'ai dû mettre ses nerfs à rude épreuve. Merlin sait que l'envie ne devait pas lui manquer, mais il ne m'a jamais crié dessus.

Il aurait eu des raisons, pourtant.

ooo

Un soir, je suis arrivé chez lui, complètement bourré. Il est tellement beau, tellement irrésistible que je n'ai pas pu m'en empêcher. Je lui ai fait des avances... encore.

J'y ai mis le temps, mais j'ai fini par l'admettre : je le trouve définitivement à mon goût. La plupart du temps j'arrive très bien à gérer ça, le seul problème, c'est que mon moi désinhibé par l'alcool a plus de mal à se retenir de se jeter dessus comme un libertin en manque.

Le second problème étant, bien entendu, que c'est ce que je suis devenu... j'ai toujours été un libertin. Depuis que j'ai l'age de séduire, j'en ai toujours profité, j'ai toujours eu ce que je désirais. Toujours.

Mais depuis ma dernière mésaventure, je n'ai pas voulu retourner fréquenter les lieux de plaisir et de débauche. C'est peut-être stupide, mais je n'avais pas envie de le décevoir, lui aussi.

Alors pendant un peu plus d'un mois, j'ai résisté. J'ai vécu comme un ermite, entre Blaise, Mère, Lupin et le salon de Potter. Et je peux vous dire une chose : l'abstinence, c'est vraiment pas mon truc. Je me sens épouvantablement en manque...

A force de m'obliger à rester calmement chez moi pour éviter la tentation de finir ma nuit en compagnie, j'en ai presque oublié ce que c'est de serrer un corps contre soi... Ou plutôt, je ne me le rappelle que trop bien.

Alors j'ai pris les clefs de ma voiture, j'ai erré dans les bars et pubs à la recherche de compagnie, flirté, été abordé par un nombre incalculable de personnes, pour être honnête, mon charme malfoyen a fait des ravages... comme d'habitude...

Mais pour la première fois, ça me laissait indifférent.

Je suis même allé dans une luxueuse boite de strip-tease, demander à la plus exquise créature de danser juste pour moi, mais je ne ressentais toujours rien. Elle se frottait voluptueusement à moi, seulement vêtue de sa nudité et de quelques bijoux, mais je restais de marbre.

A elle comme à toutes les autres personnes qui avaient croisé ma route ce soir là, il manquait quelque chose. Quelque chose de taille... Ils n'étaient pas Harry Potter.

Alors je suis rentré chez moi, un peu plus désespéré que quand j'en étais sorti, et j'ai un peu abusé des 'Bloody Merlin' pour éclaircir mes idées.

Evidement, ça ne peut arriver qu'a moi ce genre de choses.

Se ridiculiser devant son ancien ennemi un soir de biture, on est ridicule un moment et c'est tout, après tout, on en survit. Devenir ami passe encore, mais en tomber amoureux...

Salazar sait pourtant que les Malfoy ne sont censés donner leur cœur à personne... et encore moins se le laisser dérober sans même s'en rendre compte. Et pourtant, c'est ce qui m'est arrivé. Sans savoir pourquoi ni comment, Harry m'est devenu indispensable.

Une bouteille de fire whisky pour me remettre du choc plus tard, ma décision est prise. Autant régler ça tout de suite. Une douche rapide et mes plus beaux vêtements, et je serais parfait pour mon plan.

Et peu importe la petite voix dans ma tête qui me dit que deux heures du matin c'est pas vraiment une heure pour faire part de mes sentiments à un Harry Potter endormi. En même temps, l'idée même de le surprendre endormi me semble vraiment alléchante. Qui sait, peut-être dort-il entièrement nu...

Fort de ces nouvelles résolutions et promesses de luxure (après tout, personne n'a jamais résisté au charmé légendaire d'un Draco Malfoy) je jette la poudre de cheminette et m'élance dans les flammes.

Après une bonne minute de débat intensif avec la porte d'un placard à balais que j'ai dû réveiller, elle m'a enfin laissé entrer dans l'appartement. Non sans me faire remarquer la saugrenuité de mon arrivée intempestive à des heures indues. Cette foutue porte est décidément trop bavarde pour son bien. Un jour, je ne me retiendrai pas.

L'appartement était calme, seulement éclairé par les rayons de la lune pénétrant par les fenêtres de la pièce principale. J'ouvris la porte de la chambre le plus doucement possible, ravi de le surprendre dans son sommeil.

Il a un air tellement paisible quand il dort. Allongé sur le ventre, il serrait son oreiller dans ses bras puissants. Les cheveux encore plus ébouriffés que d'habitude, il avait du bouger parce que le drap l'avait découvert jusqu'au milieu du dos.

Un dos dévêtu. Merlin, le plus beau que j'aie jamais vu... un dos musclé, bronzé... extrêmement tentateur. Je fantasmais déjà sur son torse, ses cheveux, ses lèvres, ses yeux, après tout, pourquoi pas sur son dos aussi... Je suppose que dans l'état où je suis, même la vue de ses orteils dénudés parviendraient à me faire bander.

Ne vous méprenez pas, je n'ai absolument pas l'habitude de m'introduire dans la chambre de personnes que je sais endormies pour en profiter, ce n'est pas du tout mon genre.

Je suis d'ailleurs bien placé pour savoir à quel point c'est désagréable, les filles de serpentard adoraient venir me réveiller en douceur, elles étaient pathétiques ! Je ne suis pas comme elles, et je suis loin d'être pathétique !

Oh, et puis pensez ce que vous voulez, je m'en moque, en ce moment, il n'y a plus que moi et la vision d'un dos dénudé extrêmement attirant.

La bouche sèche, je m'approchai doucement du bel endormi. Sa respiration calme et régulière m'apaisait. Prenant appuis sur le matelas qui s'affaissa un peu, j'avançai doucement un doigt timide vers sa colonne vertébrale que je suivis rêveusement, me rapprochant peu à peu de lui jusqu'à monter entièrement sur son lit.

Son odeur me grisait, je ne pus résister à l'envie d'embrasser légèrement sa nuque, ma main descendant toujours un peu plus le long de son dos, jusqu'à rencontrer les draps. Je les descendis de quelques centimètres, espérant dégager sa chute de reins.

Mes caresses devenaient de plus en plus appuyées, je déposai une pluie de petits baisers sur sa nuque, ses épaules, son cou. Son souffle s'était légèrement accéléré, et il remua doucement puis se retourna sur le dos, s'offrant à mes caresses.

Son torse était magnifique, je le parcourai entièrement, descendant de plus en plus bas, repoussant le drap sur ses cuisses. Je fus un peu déçu de constater qu'un pantalon de pyjama me séparait encore de sa virilité. Mais je me consolai en voyant le vêtement tendu par une érection très peu discrète.

D'une main je libérai son désir du pantalon indésirable, tandis que l'autre effleurait timidement son sexe tendu quand je le sentis tressaillir et agripper fermement mon poignet, m'emprisonnant complètement.

Je n'avais pas prévu d'abuser de son sommeil, je pensais le réveiller et, je ne sais pas, moi, lui faire l'amour jusqu'au matin, parler de mes sentiments, l'embrasser passionnément, ... enfin, pas forcément dans cet ordre.

Mais je n'ai pas pu résister à la tentation et maintenant il me jette un regard noir, les yeux complètement ouverts et lucide, bien loin de l'état de somnambule qui le caractérise d'habitude.

« Malfoy, qu'est ce que tu fais dans mon lit ? » Il avait l'air vraiment furieux, et je ne pu que bredouiller quelques excuses à toute vitesse.

« Tu as bu » constata-t-il simplement « Rentre chez toi, avant de te sentir stupide pour avoir fait l'idiot à nouveau. » Il lâche mon poignet en écartant ma main de sa virilité toujours dressée et remet calmement son pantalon.

« J'ai peut-être bu, mais je suis plus lucide que jamais. J'ai besoin de toi et j'ai très très envie de toi. Je… s'il te plait, laisse moi te faire l'amour, laisse moi te donner du plaisir. Je ne sais plus qui disait que la seule façon de se débarrasser d'une tentation, c'est d'y succomber. (1) Laisse moi faire... »

Doucement, je glissai ma main sous la ceinture de son pyjama et m'emparai de l'objet de ma convoitise. Il laissa échapper une sorte de hoquet très peu viril, quand ma main commença à bouger, puis reprit ses esprits beaucoup trop vite à mon goût et repoussa fermement ma main.

« Ne me dis pas que tu n'en as pas envie, alors que ton... état crie le contraire. »

« Malfoy, au cas ou tu l'aurais oublié, je suis un homme, et je ne suis pas insensible aux caresses. Ce qui me dérange c'est que tu t'introduises dans mon lit pendant mon sommeil pour profiter de mon corps. » Il avait toujours l'air en colère, mais semblait faire un effort pour se maîtriser.

Ne sachant pas si c'était plutôt bon signe ou plutôt mauvais signe, j'hésitai un très court instant. Autant s'excuser tout de suite, je n'ai pas envie de finir ma vie maintenant parce qu'il n'aura pas réussi à contrôler sa magie. Je vois déjà les titres des journaux : L'héritier Malfoy meurt d'un impardonnable pour avoir pénétré subrepticement dans le lit du Survivant.

« Je suis désolé, je n'avais pas l'intention, je pensais vraiment te réveiller avant, tu sais, mais tu étais tellement tentant, comme ça, complètement offert... »

Mes excuses ont eu l'air de le calmer un peu, parce qu'il me regardait presque avec compréhension. Mais je me moque de sa compréhension. Ce que je veux, moi, c'est qu'il m'aime !

« Comme tu as changé ta façon de vivre, je conçois que tu puisses te sentir en manque ou quelque chose comme ça, mais c'est pas une raison pour te jeter sur moi. Je ne suis pas ce genre de personnes frivoles, qui veulent juste prendre leur pied l'espace d'une nuit avec quelqu'un qu'elle ne reverront plus après. »

Mon cœur se serra impitoyablement. Ca faisait mal de voir qu'il me voyait toujours comme un incorruptible dragueur, un séducteur en mal de passade d'un soir... Vu ce qu'il connaît de ma vie, je comprenais qu'il me voit comme ça, mais... pour lui j'ai changé, et ça me fait mal qu'il ne le voie pas.

« Je ne t'ai jamais pris pour ce genre de personne, je te respecte trop. Non, écoute moi jusqu'au bout sans me couper. Je viens seulement de me rendre compte que tu avais pris mon cœur, et... je crois que j'ai agi sans réfléchir, mais... »

« Malfoy, tu as l'esprit complètement embrumé par l'alcool. Tu ne te rappelleras sûrement pas de ça demain matin, alors avant de dire d'autres choses stupides, tu ferrais mieux de rentrer chez toi. On en reparlera quand tu seras sobre, si tu veux. »

... quand je serais sobre, hein... j'ai bien peur de ressentir les mêmes sentiments à ce moment là, comme tout le reste de ma foutue vie, d'ailleurs. Peut-être que si je pouvais le lui prouver...

« C'est pas une stupide idée que j'aurais oublié à mon réveil. Je t'aime, Harry James Potter. Vraiment. Alors ne me rejette pas. Laisse moi te donner du plaisir. S'il te plait... »

« Non Draco. Tu ne sais plus ce que tu fais. Et puis, vu l'état dans lequel tu es, tu risquerais d'abîmer mes bijoux de famille, ce serrait dommage, non ? »

Il avait l'air de peser mes affirmations, comme s'il cherchait à savoir la dose de vérité dans tout ça... pour ne pas me faire trop souffrir si je disais la vérité, il s'échappe par une pirouette. Alors je jouai le jeu... si tous les jours où je le vois je lui dis que je l'aime, au bout d'un moment il finira bien par le croire, non ? Salazar, il m'a changé en pitoyable poufsouffle, et le pire, c'est que je m'en fous !

« Hé ! Un Malfoy est toujours exceptionnel au lit, et je ne te permets pas d'en douter ! Tu es sûr que tu ne veux vraiment pas... »

« Non »

« Alors je peux rester dormir avec toi ? »

« Non plus, tu ferais mieux de rentrer chez toi. »

« Juste dormir, je te promets que je ne te toucherais pas » Merlin, j'en suis réduit à supplier ! Mais je le ferais céder pour ça au moins. Je n'ai vraiment, mais alors vraiment pas envie de rentrer dans mon appartement tout seul, le cœur en mille morceaux.

« Tu sais que tu es énervant, quand tu t'y mets, toi ? »

« C'est ce qui fait mon charme ! Je peux rester, alors ? »

« Oui, si tu arrête de me saouler en parlant tout le temps ! Il est trois heures du matin et j'aimerais reprendre mes rêves là où un crétin les a interrompu ! »

« Oui, mais interrompu d'une agréable manière, non ? »

« Malfoy... » Sa voix devient menaçante, il vaut mieux que j'arrête.

J'enlève mon pantalon et ma chemise, et me glisse sous les draps, me serrant contre lui. Il grogne un peu, bien sûr, pour la forme, mais il fini par arrêter de se tortiller et accepte mon bras comme oreiller.

ooo

La différence n'est peut-être pas flagrante, à première vue, mais vous ne pouvez pas savoir à quel point j'étais heureux ce matin là de me réveiller aux côtés d'Harry.

C'est vrai, après tout, ça m'est déjà arrivé un nombre incalculable de fois de me réveiller et de le découvrir au creux de mes bras, dormant paisiblement en acceptant mon étreinte. Mais cette fois-ci, c'était différent, il avait consciemment accepté que je reste dormir avec lui, que je partage son lit... bon, pour être honnête, je lui avais extorqué cette permission, mais...

Il dormait paisiblement, mes bras l'enlaçant possessivement et sa tête reposant sur mon torse, juste au dessus de l'endroit où mon cœur battait. Je me sentais tellement heureux que j'en eu presque peur de le réveiller par le bruit infernal de ce cœur qui n'avait jamais battu pour personne avant, jamais battu si fort.

Je me dégageai doucement de son étreinte, brûlant d'envie de lui dérober un baiser mais le souvenir de la veille m'en empêcha. J'avais déjà trop embrassé ce corps sans la permission de son propriétaire pour risquer de perdre tout contrôle et recommencer la même erreur. Salazar sait pourtant que j'en mourai d'envie.

Le souvenir de mon premier réveil dans cette chambre, un peu plus d'un mois plus tôt me revint en mémoire. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il avait singulièrement manqué d'allure.

Les circonstances étaient similaires : un Draco Malfoy éméché perd tout contrôle et se retrouve à faire des avances à son ancien ennemi de terrain de quidditch... D'ailleurs, le léger mal de tête qui subsistait de mes folies de la nuit passée était présent pour me le rappeler.

Mais pas question pour moi d'offrir à nouveau une mauvaise image de moi au sorcier que je ne désespérai pas parvenir un jour à conquérir.

Fort de ces bonnes résolutions, je me précipitai dans la salle de bain pour me donner une meilleure apparence. Une bonne douche, une potion anti-gueule-de-bois avalée, les dents brossées et les cheveux peignés, je remettais uniquement mon pantalon, ma chemise se montrant récalcitrante à tous les sortilèges de repassage que je connaissais.

Harry dormait toujours, tel un ange... enfin, un ange incitant diablement à la luxure. Résistant à ces pensées fort peu décentes, je me contentai simplement de remonter un peu le drap sur son épaule, pour qu'il n'attrape pas froid.

Désirant que tout soit parfait, je dénichai des toasts dans un placard que je tartinai généreusement de confiture à la citrouille, et les disposai élégamment sur une assiette, en compagnie de deux tasses de café. Je conjurai également une rose rouge que je posai sur le plateau et me dirigeai vers la chambre, bien décidé à réveiller le voleur de mon cœur.

Je posai le plateau sur la table de nuit et lui caressai doucement la joue pour le réveiller, quand il grogna, en ouvrant les yeux « Hum, café ».

« Je t'aime, Harry Potter, me permets-tu de partager ce petit déjeuner avec toi ? »

Et ce crétin de griffondor idiot n'a rien trouvé de mieux à répondre que de répéter stupidement « café » en tendant la main vers moi dans un effort pour m'attendrir. Je suis désolé d'avoir à détruire vous illusions, mais un Harry Potter au réveil est quelqu'un d'absolument pas romantique, préférant sa tasse de café à un Draco Malfoy sexy et torse nu...

Je lui tendis sa tasse, puis m'assis sur le lit, posant le plateau entre nous deux. Quand son clignement d'yeux sembla se stabiliser dans la position 'réveillé', je pris mon courage à deux mains et répétai.

« Je suis désolé pour hier soir, j'avais un peu trop bu, et je m'excuse du comportement que j'ai eu. Et j'espère que tu me pardonneras, parce que maintenant, je suis sobre, et je ressens toujours la même chose. Je t'aime, Harry. »

Sous le choc, il laissa sa tartine retomber sur le plateau, et plongea ses yeux dans les miens, cherchant une réponse à la question qu'il se décida finalement à me poser.

« C'est vrai ? Vraiment vrai ? » C'est la première fois que je le voyais si démuni. Il m'avait toujours semblé très fort, sûr de lui, et c'est comme si ces quelques mots avaient réduit toute son assurance à néant.

« Oui c'est vrai. Je t'aime. Et même si ça fait poufsouffle, je suis bien décidé à te le répéter aussi longtemps qu'il le faudra jusqu'à ce que tu me croies. »

Les quelques secondes qui suivirent me parurent des heures. Il avait fermé les yeux, semblant peser ma déclaration. Quand il les rouvrit, ils brillaient d'une nouvelle lueur, on aurait dit qu'il rayonnait.

Un peu intimidé, je soufflai doucement « Je peux t'embrasser ? » Il ne répondit pas, se contentant de se pencher vers moi pour déposer ses lèvres sur les miennes, en une douce caresse.

Finalement, j'avais raison, il n'a pas vraiment besoin de passer du temps à se coiffer, ses cheveux décoiffés attirent irrémédiablement mes doigts, de même que je ne peux me retenir de l'embrasser dès que je vois ses lèvres…

Longtemps après, nous quittâmes un lit plus en désordre que jamais, un peu comme les cheveux de Harry. Il était horriblement en retard pour aller travailler, tout comme moi, mais finalement, aucun de nous ne s'en souciait.

Et quand à l'apogée de sa jouissance il m'a dit qu'il m'aimait, je me suis senti le plus heureux et le plus riche des hommes.

Je devrai peut-être renier les principes des Malfoy... à force de manipuler les gens pour obtenir toujours plus d'argent et de pouvoir, les hommes de ma famille en ont oublié à quel point il est délectable de se sentir appartenir à quelqu'un d'autre.

ooo

Ca fait déjà trois mois qu'Harry a accepté mes sentiments et que nous sommes ensembles. On l'a déjà annoncé à toutes nos connaissances, Blaise et Ginny, Ron et Hermione, Lupin et Mère, et tout un troupeau de griffondor exubérants. La presse et Skeeter n'ont pas encore eu vent de la nouvelle, mais ça ne saurait tarder, je crois.

En fait, je crois bien que ce soir je ferai la folie de le demander en mariage. Tant pis si Lupin en fait une jaunisse, je veux qu'Harry m'appartienne vraiment complètement, tout comme je veux lui appartenir pour le reste de ma vie.

Et je veux le rendre aussi heureux qu'il le mérite, chaque jour que Merlin fait, même s'il donne plus d'attention à sa tasse de café qu'à moi à son réveil, parce que je sais que tout le reste de la journée, c'est moi et mon corps parfait qui occuperai ses pensées. Toutes ses pensées... jusqu'à ce qu'il rentre à la maison, attendant impatiemment de mettre en pratique ses derniers fantasmes...

Bon, je vous laisse, j'ai un petit brun nu qui m'attend à aller satisfaire. C'est un boulot à plein temps, vous en conviendrez.

ooo FIN ooo

Voilà voilà… c'était le dernier chapitre… Alors, vous avez aimé ?

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