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Author of 5 Stories |
Auteur : Lwella
Base : Le magnifique univers de Gundam Wing
Disclaimer : Le Papa Noyel n’a pas été gentil, il ne m’a toujours pas apporté mes pilotes préférés à Noël :-(
Couples : Ca y est ! Trowa et Quatre sont ensembles ! Maintenant reste à caser Heero et Duo… (et ça c’est pas gagné)
6 mois… 6 mois entre la publication du chapitre 5 et celui-ci… Je ne vais pas tarder à battre des records là !
Alors merci à vous qui m’avait envoyé de si gentilles reviews et qui désespérez pas de lire la suite un jour ! Donc un grand merci à Gayana, zashikiwarashi (toujours aussi imprononçable ton pseudo), x-Shinigami-x, Catirella, Des roses et des orties, The Disturbed Angel, ma petite Moon, neska, yaone-kami, marnie02 et Coquillette (je n’ai eu ta review que très récemment car j’ai changé d’adresse mail entre temps et je m’excuse de ne pas t’avoir répondu !)
Merci de votre patience !
Au programme de ce chapitre 6 : une dispute (non, non ne criez pas !), la maman de Duo en forme, les retrouvailles de Quatre et Trowa, une soirée entre amis, un Heero vraiment pas glacial, et plein d’autres choses dans ce genre là
Ce chapitre, il est pour ma petite Moon… Et aussi pour Coquillette, pour m’excuser de n’avoir pas répondu à sa review (oui, oui je m’en veux)
Bonne lecture !
Petit résumé rapide : Les parents de Duo ont débarqué à l’improviste chez leur fils et ont donc fait la connaissance d’Heero. Le trouvant très sympathique, Hélène Maxwell les a donc invité à dîner ce mardi au plus grand malheur de son fils, persuadé que sa mère va le ridiculiser inconsciemment auprès de son bel écrivain…
Chapitre 6 : Beaucoup trop pour moi…
En ce mardi matin à la bibliothèque, Duo ne cessait de penser à l’invitation à dîner de sa mère ; cela l’avait turlupiné toute la fin du week-end !
Les sentiments que le jeune homme portait à Heero étaient déjà bien assez chaotiques comme cela, sans que sa mère et ses suppositions ne s’en mêlent. Mais ce soir, il allait forcément devoir affronter le sixième sens de sa maman se vantait de posséder dès qu’il s’agissait des « émois sentimentaux de Poussinou »… C’était elle qui avait deviné que Duo était amoureux de sa maîtresse de CE1 ; c’était elle qui avait trouvé planqué sous un tas de linge sale, sa première revue érotique ( ce fut d’ailleurs la première et la dernière achetée !) ; c’était elle encore qui avait surpris un baiser « pour essayer » entre lui et Hilde à 15 ans !
Bref, une vraie calamité. Mais malgré cela Duo adorait sa mère et son sixième sens. Mais là, c’était autre chose qu’une amourette de gosses. Cette fois, on parlait d’Heero ! Un homme ! Absolument fascinant d’accord, mais un homme quand même.
Et si Duo ne savait comment nommer les sentiments qui se bousculaient dans son cœur, sa mère elle, le saurait.
Toutes ces préoccupations, Duo les avaient ressassés tout le week-end. Heero avait bien évidemment perçu son trouble mais n’en avait rien laissé paraître, mis à part lundi matin où il lui avait dit :
- Tu sais Duo, si trop de choses envahissent ta tête, fais les surgir sur une feuille de papier.
Pffff ! Plus facile à dire qu’à faire ; soupira le natté, attablé à son bureau devant une feuille de papier, vierge de toute écriture.
Trois coups frappés à sa porte, le tirèrent de sa léthargie.
- Entrez !
Les cheveux frisés de Catherine apparurent dans l’embrasure de la porte.
- Excuse-moi Duo mais ta classe vient d’arriver et ils semblent plutôt impatients de te voir.
- Oh zut ! Je les avais complètement oubliés ! paniqua Duo en se précipitant au rez-de-chaussée.
Ses trois collègues féminines le regardèrent passer devant elles, ébahies.
- Mais il a quoi Duo aujourd’hui ? demanda Réléna. Il a l’air complètement à l’ouest.
- Trowa m’a dit qu’il dînait chez ses parents ce soir… avec Heero ; déclara Catherine.
- Aïe ! gémit Hilde. Avec un phénomène comme madame Maxwell, Heero va être chaleureusement accueilli dans sa future belle-famille.
- Belle famille ?! Ah parce que tu les vois déjà casés ? s’exclama Réléna.
- Oui et je ne suis pas la seule… Mais comme d’habitude ce sont toujours les deux principaux intéressés qui ne se rendent compte de rien ; conclut Hilde fataliste.
Au plus grand désespoir de ses collègues, l’état d’agitation de Duo dura toute la journée, y comprit lors de ses heures de prêt au public.
- Dites donc Mr Barton, il lui arrive quoi à notre petit Duo aujourd’hui ; s’enquit une vieille lectrice en jetant un rapide coup d’œil à Duo qui était en train de ramasser le tas de photocopies qu’il avait malencontreusement fait tomber.
- Je n’en sais trop rien madame Comte.
- Il a des soucis en ce moment ?
- Non, mais il a davantage de travail que d’habitude et je commence à craindre qu’il n’arrive pas à tout gérer ; éluda Trowa, sachant pertinemment ce qui tracassait son ami.
Et c’est cet instant précis, que la cause du tracas de Duo franchit les portes de la bibliothèque. Heero repéra tout d’abord Trowa en discussion avec une lectrice et se dirigea vers lui.
- Bonjour Trowa, bonjour Madame ! dit le jeune auteur, toujours poli.
- Ah salut Heero ; le salua à son tour Trowa avec un grand sourire. Madame Comte, permettait moi de vous présenter Heero Yuy, un ami. Heero, je te présente Eglantine Comte une de nos plus fidèles lectrices.
- Et une des plus vieilles aussi ; rétorqua Mme Comte en souriant. Enchantée jeune homme.
- Ravi de vous connaître Madame ; la salua Heero avec un charmant sourire.
Puis le regard du jeune homme fit rapidement le tour de la bibliothèque avant de se fixer sur une longue natte caramel près du rayon des romans policiers. Un léger sourire étira les lèvres de Heero.
- Tu viens chercher Duo ? lui demanda Trowa.
- Oui, nous dînons chez ses parents ce soir.
- C’est ce que j’ai cru comprendre vu son humeur aujourd’hui…
- Ah, il est toujours si… si angoissé ?
- Heero, il n’angoisse pas. C’est pire que ça. Il est terrifié à l’idée que tu passes toute une soirée avec ses parents !
- Mais enfin, je ne vois pas pourquoi. Je lui ai pourtant assuré que je les trouvai formidables.
- Tu devrais peut-être le lui répéter alors ; sourit Trowa. Et de préférence avant qu’il ne provoque un incident dans la médiathèque.
Heero soupira et se dirigea vers Duo qui ramassait les livres qu’il avait laissé échapper de ses mains. Depuis son poste d’observation, Trowa vit Heero poser sa main sur l’épaule de Duo, ce dernier sursauter puis se retourner d’un air effaré avant, qu’enfin un sourire n’éclaire son visage tandis que Heero lui parlait.
- Ouuuuf ; soupira Trowa.
- Et bien si je m’attendais à ça !
Le bibliothécaire sursauta et tourna la tête vers Mme Comte, qu’il avait complètement oublié.
- Mme Comte ?!
- Il est charmant ce jeune homme ! Ah si je n’étais pas aussi vieille ; soupira la vieille dame.
- Voyons vous êtes encore magnifique pour votre âge ; rit Towa.
- Vous êtes gentil Mr Barton, mais je n’ai pas envie de me mettre notre petit Duo à dos si je tentais de séduire ce jeune homme…
- Pardon ? s’étrangla Trowa à ces mots.
- Voyons Mr Barton, ce n’est pas à un vieux singe que l’on apprend à faire des grimaces ! Je suis peut-être vieille mais pas complètement aveugle et je mettrai ma main à couper que notre petit Duo est en train de tomber amoureux.
Trowa jeta un long regard pétillant à Mme Comte qui le lui rendit.
- Vous êtes très perspicace Mme Comte.
- Disons que je suis observatrice et que les regards que s’échangent ces deux là, comme si ils étaient seuls au monde, ne trompent personne.
- A part eux-mêmes ; soupira Trowa.
- Ne vous inquiétez pas pour eux et laissez-les goûter aux prémices de leur histoire, qui promet d’être belle.
Et c’est sur ses mots échangés entre un jeune directeur et une vieille dame, qu’Heero et Duo quittèrent la médiathèque. Au grand soulagement de Trowa, ce dernier semblait plus détendu et prêt à affronter sa maman.
A 19h30 pile, Heero et Duo se tenaient devant la porte d’entrée de la jolie petite maison des parents de ce dernier. Le jeune natté était désormais au pied du mur. La soirée entre ses parents (enfin surtout sa mère) et Heero allait débuter, pour le meilleur et pour le pire !
Le jeune auteur, chargé d’un gros bouquet de fleurs pour Mme Maxwell attendait patiemment que Duo se décide à sonner chez ses parents.
- Bon quand faut y aller ; soupira Duo en pressant la sonnette.
Deux secondes plus tard, la porte d’entrée s’ouvrit découvrant Mme Maxwell vêtue d’un beau tailleur gris perle, un sourire éblouissant illuminant son visage.
- Ah mon chéri ! Heero ! Vous voilà ! Entrez, entrez ! s’exclama t-elle en les invitant à entrer.
- Bonsoir maman ; dit Duo en l’embrassant sur la joue. Tu es très élégante.
- Merci mon chéri. Toi aussi, tu es très beau, comme d’habitude. Pas de doute, tu es bien mon fils !
Duo leva les yeux au ciel tandis qu’Heero s’approchait à son tour d’Hélène Maxwell.
- Bonsoir Mme Maxwell. Merci de m’avoir invité ; dit-il en tendant le bouquet.
- Oh elles sont magnifiques ! Merci Heero et s’il vous plait, appelez moi Hélène. Allez, venez prendre place dans le salon.
Le salon était une grande pièce spacieuse où était dressée une imposante table en chêne, agrémentée à l’instant de quatre couverts. Heero se sentit immédiatement à l’aise dans cette pièce. Deux canapés beige, une bibliothèque, une petite table basse, quelques plantes et une imposante cheminée complétaient le tableau.
Alors que Heero était en train de complimenter la mère de Duo sur son intérieur, David Maxwell arriva de la cuisine, s’essuyant les mains avec un torchon.
- Ah David te voilà ! Nos invités sont arrivés. Vois-tu les belles fleurs que Heero m’a apporté ; dit Hélène Maxwell en cherchant un vase.
- Elles sont sublimes chérie. Bonsoir fiston ! salua t-il son fils en le serrant tendrement contre lui ; étreinte auquel Duo répondit.
Heero avait rapidement compris que Duo entretenait un lien très fort avec ses parents, lien qui était d’autant plus fort vu qu’il était fils unique. Peut-être que sa mère l’exaspérait un peu mais il l’adorait. Quant à son père, une réelle complicité les unissait.
- Bonsoir Heero ! dit Mr Maxwell en lui serrant affectueusement la main. Bienvenue chez nous. Asseyez vous, je vous en prie.
Heero et Duo prirent place dans un canapé, tandis que les parents de ce dernier monopolisaient le second. Alors qu’Hélène Maxwell allait débuter la conversation, l’entrée de deux boules de poils, une noire et l’autre grise se précipitant vers Duo, l’interrompit.
- Chocolat ! Mitaine ! Ne sautez pas sur mon pantalon, vous allez me mettre des poils de partout.
Mais peine perdue, deux chats : un bleu russe et un chat de gouttière, vinrent faire la fête à Duo.
- Heero, nous te présentons les deux autres membres de la famille : Mitaine et Chocolat ; présenta David.
- Ce sont les chats de Duo ; ajouta Hélène.
- Oui ce sont mes petits monstres. La jolie bleue russe c’est Mitaine, elle va avoir dix ans. Et le gros père obèse là, c’est Chocolat qui a quatre ans ; dit Duo en faisant les présentations. Mitaine, Choco, je vous présente Heero.
A leur deux noms, les chats arrêtèrent de faire la fête à leur maître et portèrent leur attention vers Heero. Ce dernier fut surpris par le regard acéré et intelligent que lui lança Mitaine. Quant à Chocolat, il décida que ce nouveau venu aux yeux cobalts ferait un excellent « distributeur de caresses » et s’installa donc d’office sur les genoux de Heero qui se mit à le caresser. Et vu comment le chat ronronnait, Heero devait se débrouiller comme un chef.
A la vue de Chocolat ronronnant sous la main de son ami, Duo se dit qu’il appréciait de voir Heero dans le salon de ses parents et qu’en y réfléchissant bien, ça ne le dérangerait pas de le voir ici plus souvent…
- Et si nous passions à l’apéritif ; proposa Mme Maxwell.
Le repas, contrairement aux craintes de Duo se déroula parfaitement bien. Heero était un invité parfait et ses parents semblaient sous le charme. Son père racontait une montagne d’anecdotes très divertissantes. Quant à sa mère, pour l’instant elle était plutôt calme, mais Duo craignait que sa véritable nature de « maman expansive » ne se dévoile après le dîner.
Après le plat principal, tout le monde retourna s’asseoir dans les confortables canapés, histoire de faire une petite pause avant le dessert. Hélène remarqua que Heero semblait détendu et que son fils avait retrouvé sa bonne humeur coutumière. Les deux jeunes hommes semblaient passer une bonne soirée.
- Duo, tu viens m’aider pour le dessert ? demanda David Maxwell en se levant.
- J’arrive ; répondit Duo, tout en étant un peu inquiet à l’idée de laisser sa mère en tête à tête avec Heero.
Ce dernier lui fit un sourire rassurant avant de reporter son attention sur Mme Maxwell qui lui racontait une mésaventure avec un de ses voisins.
Quand Duo et son père revinrent de la cuisine, ils trouvèrent Heero et Helène assis côte à côte sur le canapé et penchés sur un album photo qui les captivaient. Duo observa sa maman qui parlait avec animation et Heero, à côté d’elle qui l’écoutait avec attention, Chocolat ronronnant dans ses bras.
- … et là, c’est David et moi lors du mariage d’une cousine. A cette époque, j’étais enceinte de Duo et j’avais de fréquentes nausées. Je suis tombée dans les pommes à la sortie de l’église. Ce fut un vrai branle-bas de combat ! Le seul à garder son calme fut David, n’est-ce pas mon chéri ? en levant les yeux vers son mari qui prenait de nouveau place à côté d’elle.
- Il faut avouer que je commençais à avoir l’habitude. C’était à peu près ton cinquième malaise depuis le début de ta grossesse !
- Votre grossesse a été difficile ? demanda Heero.
- Les premiers mois oui, et puis cela s’est estompé. Et pour finir, voilà le résultat ; annonça Hélène Maxwell en sautant plusieurs pages de l’album photo pour arriver à une photo de Duo nouveau-né, dans les bras de son papa très fier.
- Tu étais un très beau bébé ; constata Heero.
- Merci ; sourit Duo qui caressait machinalement Chocolat toujours installé dans les bras d’Heero et qui ronronnait à qui mieux mieux.
Mais il sursauta quand par mégarde, il effleura la main du jeune auteur. Heero tourna son regard vers lui et lui sourit, rassurant, mais Duo, rouge comme une tomate, retira sa main.
Ce bref mouvement avait attiré l’attention de Mme Maxwell qui, en voyant l’état de son fils, se permit un petit sourire.
Pendant ce temps, David Maxwell continuait à commenter les photos :
- Ici c’est Duo lors de son premier bain. Duo quand il a attrapé la varicelle. Duo et Mitaine. Duo à une compétition de tir à l’arc et…
- Oh j’ai une idée ! s’exclama Mme Maxwell, faisant sursauter tout le monde. Et si nous prenions une photo de nous quatre pour immortaliser cette soirée ! Qu’en pensez-vous Heero ?!
- Euh oui, c’est une bonne idée.
- David, va chercher l’appareil photo ! Poussinou mets toi ici près d’Heero ; ordonna t-elle. Moi je vais me mettre là, et on mettra Papa ici. Où est passé Mitaine ? David ! Tu le trouves cet appareil ?!
- Me voilà, me voilà ; dit le père de Duo en pénétrant dans le salon.
Il enclencha le mode retardateur de l’appareil et se précipita entre sa femme et son fils, attrapant Mitaine au passage. Quelques secondes plus tard, un flash illuminait le salon.
- Voilà, ça fera un très joli souvenir ! déclara Mme Maxwell en se relevant. Heero, si vous voulez, je vous enverrai un double de la photo, une fois que nous aurons développé la pellicule ?
- Avec plaisir.
Et si nous passions au dessert avant qu’il ne fonde ; proposa le père de Duo.
Et tous les quatre retournèrent à table pour déguster une glace. Quelques minutes plus tard, la soirée tirait à sa fin et le couple Maxwell raccompagnèrent Duo et Heero sur le perron.
- Et fais attention sur ton engin de malheur ; recommanda Mme Maxwell à son fils qui enfourchait sa moto.
- Oui maman ! soupira Duo.
Après tout ce n’était que la 212ème fois que sa mère lui disait ça.
- Mme et Mr Maxwell, je vous remercie pour cette soirée. C’était vraiment très agréable ; les remercia Heero.
- Le plaisir était pour nous Heero ; assura Hélène en le serrant dans ses bras. J’espère que nous aurons l’occasion de nous revoir !
- Je l’espère aussi ! Au revoir ! dit Heero en s’installant derrière Duo.
- Salut Pa’ ! Salut Man’ !
Et Duo démarra. Quelques secondes plus tard, on ne voyait déjà plus les phares de la moto dans la nuit noire.
Alors que Mr Maxwell allait retourner dans sa cuisine, il observa sa femme qui bras croisés, sur le perron regardait encore là où la moto de son fils avait disparu. Elle semblait plongée dans ses pensées.
- Chérie ?
- Hein ?! Ah David, excuses moi, je rêvassais…
- J’avais remarqué. A quoi pensais-tu ?
- Rien d’important… Bon et si nous allions débarrasser le salon.
David Maxwell n’insista pas, sachant pertinemment que sa femme finirait par lui dire ce qui la tracassait. Et cela ne loupa pas. Une heure plus tard, alors qu’il venait à peine de se coucher, la voix de sa femme, allongée à côté de lui, se fit entendre dans la pénombre de la chambre.
- Chéri ?
- Mmmh ?
- Tu crois que mon Poussinou pourrait être gay ?
La semaine suivante était le début des vacances de Pâques et qui dit vacances scolaires, dit moins de travail à la bibliothèque. Enfin normalement… Trowa diminua les horaires de la médiathèque afin que toute l’équipe s’attelle sérieusement à une tâche annuelle : le désherbage, qui consistait à donner à diverses associations les livres trop abîmés, trop vieux ou qui ne sortaient plus depuis au moins deux ans. En bref, faire un gros tri !
Pour Duo, cette tâche se révélait chaque année très difficile car le jeune homme était trop attaché à son secteur. Trowa avait donc demandé à Hilde, qui adorait jeter les vieilleries, de l’aider.
Tous les deux, étaient dans les rayons des fictions jeunesse, entourés de lourdes caisses remplies de centaines de livres.
- Et celui-ci Duo ?
- Ah non sûrement pas ! C’est le premier roman que j’ai lu tout seul !
- Mais Duo, il est dans un état lamentable !
- Je m’en fiche ! Tu le remets en rayon !
Si Duo était trop attaché aux livres, Hilde, elle, était têtue et mit discrètement le fameux roman dans le carton « désherbage », tout en notant quand même de le racheter.
Mais le comble fut atteint au moment où Hilde attrapa un des derniers romans, et après avoir fait une rapide recherche sur l’ordinateur, elle le tendit à Duo.
- Celui-ci ne sort plus depuis trois ans. Je le mets dans le carton ?
Alors que Duo allait approuver, il jeta tout de même un regard au livre par conscience professionnelle. Et là, il devint livide !
- Hilde ! Tu rigoles j’espères ! Est-ce que tu as bien lu le nom du traducteur ?
- Oui, Heero Yuy, je sais ! On ne va quand même pas garder un livre qui n’intéresse plus personne, sous prétexte qu’ Heero l’a traduit, il y a quelques années ! Il ne sort plus !
- Et bien je vais le faire sortir ! Mais tant que je travaillerai ici, pas un seul des livres auxquels Heero a participé de près ou de loin, ne sera désherbé !
- Et bah ! Heureusement que tu n’es pas amoureux de tous les auteurs présents dans les rayonnages de la bibliothèque… grommela Hilde.
- Ahaha ! Très drôle vraiment ! bougonna Duo.
Mais la soudaine rougeur sur ses joues n’avait pas échappé à la Hilde qui se retint de pouffer de rire.
- Au fait, comment se passe la colocation avec Heero ? Ca va bientôt faire quatre semaines que vous vivez ensemble non ?
- Trois semaines et demi et tout se déroule à merveille ! Tant en ce qui concerne la cohabitation que la collaboration sur l’album. Heero est LE colocataire parfait !
- Je suis sûre que c’est un amant parfait aussi…
- HILDE !
- Quoi encore ?! Arrête de monter sur tes grands chevaux dès que « Heero », « sexe », « amant » ou « lit » sont dans la même phrase. Tu sais, Heero a aussi une vie sexuelle ! Ce n’est pas un moine !
- Raaaah tais toi ! gémit Duo. C’est déjà assez difficile pour moi de le voir à la sortie de la douche !
- Alàlà, que dirais Mme Maxwell en attendant son fils fantasmer sur le corps sexy d’un jeune écrivain ; rit Hilde.
- Tel que je la connais, elle serait folle de joie de pouvoir annoncer à toutes ses voisines que son « Poussinou » est gay, qu’elle l’a totalement accepté et qu’elle adore Heero ! sourit Duo.
- Ca serait drôle !
Après un court instant, Duo reprit la conversation sur un ton un peu moins joyeux :
- Euh Hilde… Tu ne trouves pas ça bizarre qu’Heero et moi, nous nous entendons si bien. On n’est jamais pris la tête. C’est pas normal ça, non ?! Un moment ou à un autre, ça va forcément péter !
- Duo, tu angoisses trop ! Arrête de te prendre la tête pour des futilités.
Malheureusement, l’avenir allait prouver à Duo qu’il aurait peut-être dû se préoccuper de ces futilités.
Le jeudi suivant, tout était calme à la médiathèque. Le bâtiment n’ouvrait au public que dans deux heures et l’équipe en profitait pour rattraper leur travail en retard. Trowa était submergé de paperasserie à remplir obligatoirement. Catherine était en train de remettre de l’ordre dans la discothèque. Réléna et Hilde cataloguaient les derniers livres acquis. Et Duo était dans son bureau, en compagnie d’Heero afin que tous les deux puissent travailler sur l’album en préparation.
La médiathèque n’avait jamais connu une ambiance aussi studieuse, mais ce n’était que le calme avant la tempête…
Brusquement, sans que rien ne l’annonce, des éclats de voix se firent entendre du bureau de Duo.
Hilde et Réléna n’y prêtèrent aucune attention au départ. Mais quand elles entendirent Duo criait encore plus fort et le bruit d’un objet se fracasser contre le mur, elle se regardèrent, inquiètes.
- Tu crois qu’on devrait aller voir ce qui se passe ? demanda Réléna.
Hilde n’eut pas le temps de répondre. La porte du bureau de Duo s’ouvrit à la volée, laissant apparaître Heero, le visage complètement fermé.
Les deux filles furent stupéfaites de voir tant d’éclairs dans son regard habituellement si clair.
- Je n’ai pas terminé de te dire ce que je pensais ! hurla Duo de son bureau.
- Parce que tu crois que ton avis m’intéresse ! rétorqua Heero sur le même ton.
Duo apparut au seuil de la porte, rouge de colère. Lui d’habitude si enjoué et agréable à vivre semblait complètement transformé. Jamais Hilde et Réléna ne l’avaient vu ainsi.
Alerté par les cris, Trowa sortit à son tour de son bureau et resta muet de stupéfaction en ressentant la tension qui animait Duo et Heero.
- Je te signale que tu me l’as demandé mon avis pour ton satané album ! Je te l’ai donné ! Pas la peine d’être aussi susceptible ! Ca se dit auteur alors que ce n’est même pas capable d’entendre une critique !
- Ce n’est pas une critique que tu m’as faite mais carrément une liste de tous mes défauts sur ma façon d’écrire! Si tu es si doué, tu n’as qu’à te démerder tout seul !
- Putain Heero, c’est pas possible d’être aussi bouché ! Casse toi ! Casse toi avant que je ne m’énerve vraiment !
Avec plaisir ! rétorqua le jeune auteur en lançant un dernier regard noir à Duo avant de tourner les talons.
- Tu m’emmerdes Heero Yuy ! Tu m’emmerdes ! cria Duo avant de retourner dans son bureau et d’en claquer une nouvelle fois la porte.
Un silence gêné s’installa dans la pièce.
- Euh quelqu’un peut m’expliquer ce qui vient de se passer ? demanda Hilde.
- Je crois que l’on vient d’assister à une scène de ménage mémorable ; dit Réléna.
Quant à Trowa, il dévala l’escalier à la suite d’Heero et traversa la médiathèque sous le regard stupéfait de Catherine.
- Heero ! Attends moi ! cria Trowa, sur le pas de la porte, en voyant le jeune auteur tourner à l’angle de la rue.
Le jeune homme se mit à courir sous les yeux intrigués des passants qui n’avaient jamais vu courir le digne directeur de la médiathèque.
Trowa stoppa net au coin de la rue. A quelques mètres de lui se tenait Heero, les épaules basses et fixant un point invisible devant lui.
- Heero…
Le jeune métis releva la tête, hagard. Trowa allait s’enquérir de son état mais Heero le devança :
- Putain Trowa mais qu’est ce qu’il m’a prit ? Qu’est ce qu’il m’a prit ?
- Heero, que s’est-il passé avec Duo ?
- Une connerie… rien qu’une connerie…
- Le jeune auteur soupira longuement avant de continuer :
- On mettait au point les derniers détails d’une des illustrations, qui avait demandé beaucoup de travail à Duo. Et nous ne sommes pas tombés d’accord sur l’expression de l’un des personnages. D’habitude, nous discutons, chacun énonce son point de vue, mais là, le ton est rapidement monté. Chacun campait sur ses positions ! Duo s’est énervé, moi aussi… J’ai fini par voir rouge et j’ai voulu le remettre à sa place en lui disant que c’était moi l’auteur et donc moi qui décidait !
- Aïe ; grimaça Trowa. Duo n’a pas dû apprécier cet ordre.
- En effet… Oh merde ! Trowa, si tu savais comme je m’en veux ! jura Heero, qui sous le coup de la rage mit un coup de poing dans le mur.
Il serra fortement les dents pour ne pas hurler sous le coup de la douleur.
- Ce n’est pas malin de te venger sur un mur ; dit calmement Trowa en s’emparant de la main d’Heero afin de constater les dégâts, qui se limitaient à trois phalanges ensanglantées. Heero, tu m’étonnes, tu sais. Tu peux faire preuve de maturité et de distinction, comme tu peux te comporter comme un parfait imbécile. Tu as été le dernier des cons avec Duo.
- Je sais Trowa… Que faire ?
- Allez, rentre à l’appartement, fais le vide et attends que Duo rentre. Vous vous expliquerez calmement à ce moment là.
Heero hocha la tête doucement et remercia Trowa d’un regard avant de s’éloigner.
- Heero ! le rappela Trowa. Soigne ta main.
Quand le jeune directeur retourna à la médiathèque, la porte du bureau de Duo était légèrement entrebâillée. Trowa y jeta un rapide coup d’œil et pût apercevoir son meilleur ami assis à son bureau, le visage entre ses mains. Trowa ne pénétra pas dans la pièce. Il y a des circonstances où Duo devait se débrouiller seul.
Lors de l’ouverture de la médiathèque au public, le jeune natté fit bonne figure devant les lecteurs mais dès qu’aucun regard n’était fixé sur lui, son regard redevenait triste.
Quelques heures plus tard, quand Trowa mit l’alarme de la médiathèque, il retint Duo qui le regarda avec étonnement.
- Tro ?
- Ne sois pas trop dur avec Heero, d’accord. Je suis sûr qu’il regrette ce qui a été dit.
Duo hocha la tête et lui fit un petit sourire avant de disparaître dans la nuit.
Quelques minutes plus tard, le jeune natté arrivait devant son immeuble. Il leva les yeux vers sa véranda et vit que le salon était allumé. Il soupira avant d’entrer dans le bâtiment. Heureusement, il ne croisa aucune de ses voisines « pot de colle », il n’aurait pas eu la patience de les supporter aujourd’hui.
La première chose qu’il perçut en entrant dans l’appartement fut l’air de Canon Rock, sa mélodie préférée, jouée à la guitare ; ainsi qu’une délicieuse odeur qu’il ne pût identifier.
Quand il parvint au salon, Heero se tenait immobile près de la table mise et joliment décorée, sur laquelle était posé deux bougies.
Cobalt et améthyste s’affrontèrent un moment. Doucement, Duo finit par s’approcher d’Heero. Il remarqua immédiatement le bandage qui entourait la main gauche de son colocataire mais ce fut seulement quand il ne fut qu’à quelques centimètres de lui, qu’il demanda :
- Que t’es-tu fait à la main ?
- Mon imbécillité à rencontré un mur.
Duo esquissa un léger sourire et s’empara délicatement de la main bandée qu’il caressa machinalement sous le regard d’Heero.
Ils se fixèrent encore un moment avant qu’Heero ne commence :
- Duo, je…
- Chuuut ; l’interrompit ce dernier en posant deux doigts sur la bouche de l’auteur. Je ne veux rien entendre. Ce qui s’est passé cet après-midi, je veux l’oublier ; mais si tu veux à tout prix une explication : mets ça sur le compte de notre fatigue respective.
Alors qu’Heero allait répliquer, Duo fit une chose à laquelle le jeune métis ne s’attendait pas : il déposa sa tête contre la poitrine du brun et resta ainsi quelques secondes avant que ce dernier ne réagisse et ne pose à son tour sa tête sur celle de Duo en l’enlaçant.
- Heero, tu comptes beaucoup trop pour moi… Ma colère s’est vite dissipée ; murmura Duo.
Le jeune auteur resserra son étreinte et répondit :
- Toi aussi Duo, tu comptes trop pour moi. « Beaucoup trop… » pensa t-il.
Au final, la première dispute tant redoutée par Duo, n’avait pas duré plus de six heures, au grand soulagement des deux principaux concernés. Par contre, elle avait permis une déduction à Heero : les colères de Duo étaient comme ses réconciliations : foudroyantes !
Le lendemain, tout était redevenu comme avant au plus grand plaisir des deux concernés, et la bonne humeur était de rigueur sur le quai de la gare afin d’accueillir Quatre et Wufei qui venaient passer le week-end parmi eux.
- Je vais finir par connaître tous les moindres recoins de cette gare ; plaisanta Heero.
- Surtout quand le train que l’on attend est prévu avec dix minutes de retard ! soupira Duo.
Trowa, de son côté, attendait impatiemment de voir apparaître son petit ami. Tous les deux venaient de passer quatre semaines sans se voir, semaines qui avaient semblé des siècles au jeune directeur. Mais il n’allait pas attendre plus longtemps: le train en provenance de Paris était enfin annoncé. Quelques minutes plus tard, Quatre et Wufei descendaient de leur wagon. Le premier ne prit même pas la peine de s’encombrer de son sac pour se précipiter sans ménagement dans les bras de Trowa.
Après un long baiser de retrouvailles, Quatre se détacha légèrement des lèvres du brun et lui dit :
- Tout un week-end avec toi ! Je n’arrive pas à y croire ! Tu m’as tellement manqué !
- Toi aussi mon ange, tu m’as manqué. Et je n’ai pas l’intention de te quitter des yeux pour ces deux jours à venir.
Au vue de la réaction de Quatre qui s’empara tendrement des lèvres de son petit ami, l’idée d’être toujours à portée des yeux revolver de Trowa, ne semblait pas lui déplaire.
- Alàlà ! Mais que c’est niais des retrouvailles sur le quai d’une gare ; gémit Duo de façon théâtrale.
- Niais mais incontestablement romantique ; le corrigea Heero. La scène du baiser sur le quai d’une gare fait envie à plus de la moitié de la population.
- Et puis, avoues que tu es jaloux ; le taquina Wufei.
- Pfff ! Pas du tout !
Mais le rapide coup d’œil qu’avait lancé Duo à Heero, n’avait pas échappé au regard vigilant de Trowa.
Heero et Duo accompagnèrent Quatre, Wufei et Trowa chez ce dernier, qui les hébergeaient, afin de déposer leurs affaires. Puis ils décidèrent d’aller chercher Hilde qui fut ravie de voir cinq garçons sur le pas de sa porte, notamment un fier asiatique.
Il avait été décidé qu’ils passeraient la soirée chez Duo et c’est là qu’ils se rendaient quand Quatre s’interrogea sur l’absence de Catherine, Gabriel et Réléna.
- Catherine et Gabriel ont amené Lise chez ses grands-parents paternels ; lui répondit Trowa.
- Dommage ; soupira Quatre. J’aurai adoré revoir ton adorable petite nièce.
- Quand à Réléna, elle avait rendez-vous avec son nouveau petit ami ; dit Hilde. Ce qui fait de moi la seule fille de votre groupe ! Vous avez intérêt de me chouchouter.
- Comptes pas trop là dessus ma vieille ! la taquina Duo.
Le menu de la soirée fut basique : apéro, salade, pizzas et glaces. Mais cela semblait convenir à tout le monde.
Les jeunes gens venaient de terminer une partie de poker, remporté haut la main par Quatre et étaient avachis sur les canapés, quand Hilde s’exclama :
- Et si on sortait en boîte ?!
Sa proposition n’eut pas l’effet escompté. Les garçons ne semblaient pas fous de joie ; Wufei avait même carrément blanchi.
- Allez les gars ! Bougez-vous ! Sinon, vous serait vieux avant l’âge !
- Hilde, je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée d’aller en boîte avec Heero. Il pourrait être reconnu et on passerait la soirée à être harcelés de questions.
- Parce que tu t’imagines vraiment que les personnes qui fréquentent la boîte où nous allons habituellement, lisent beaucoup de livres jeunesse et connaissent Heero. Si il est harcelé, ce sera seulement pour son sublime corps.
A ces mots, Heero éclata de rire et accepta d’accompagner Hilde. Duo, comprenant que l’idée plaisait à Heero, décida d’y aller aussi. De plus, il n’avait aucune envie que SON auteur soit harcelé par des vautours ! Après un regard échangé, Trowa et Quatre acceptèrent également. Seul Wufei, hésitait encore mais une moue suppliante de Hilde suffit à le convaincre.
- Vous m’excusez deux secondes ; s’enquit Duo. Je vais me changer car je ne pense pas qu’ils acceptent de me laisser entrer vêtu d’un tee-shirt et d’un bas de survêtement.
- T’es sexy pourtant ! plaisanta Hilde. Tu veux de l’aide pour choisir ta tenue ?
- Non, merci, je sais exactement ce que je veux mettre ; répondit Duo avant de disparaître dans sa chambre.
En attendant le natté, le petit groupe se resservit à boire. Et Hilde en profita même pour se remaquiller.
- Vous en pensez quoi ? les surprit Duo en réapparaissant dans le salon.
Un grand silence l’accueillit. Tous contemplaient le natté, vêtu d’un jean noir et d’un tee-shirt moulant en col en V de la même couleur. Le haut du tee-shirt était lacé, laissant une importante part du cou de Duo à nu. L’habituelle natte avait laissé place à un catogan lâche. Hilde en siffla d’admiration. Wufei sous la surprise, laissait sa cigarette se consumer entre ses doigts. Quatre applaudit. Un mince sourire étirait les lèvres de Trowa
« Il a vraiment fait fort là » ; pensa t-il.
Quant à Heero, son visage ne laissait rien paraître comme à son habitude, mais ses yeux s’emplissaient de la vision que lui offrait Duo.
La soirée promettait d’être belle.
Une demi-heure plus tard, tous les six se trouvaient devant le Fairy Club ; une boîte branchée située à la périphérie de la ville.
- Ici vous trouverez de tout : des hommes, des femmes, des hétéros, des homos, des bisxuels, des vieux, des jeunes, des travestis,… Vous verrez, c’est très éclectique ; expliqua Hilde.
- On voit ça ; dit Wufei en jetant un rapide coup d’œil à un jeune homme en train d’embrasser langoureusement un travesti à l’entrée de la discothèque.
A peine avaient-ils payé l’entrée que Duo et Hilde se précipitèrent sur la piste de danse où se pressait déjà une foule de corps, tandis que les quatre autres, plus posés, s’installèrent à une table et commandèrent six cocktails dont un sans alcool pour Hilde. En attendant de trinquer avec la jeune fille et Duo, les garçons bavardaient en observant l’intérieur de la discothèque : Wufei observait avec attention la barmaid préparer leur cocktails aux couleurs chaudes. Trowa bien installé sur la banquette pourpre, avait un bras passé autour de l’épaule de Quatre qu’il caressait doucement. Ce dernier discutait avec Heero qui levait de temps en temps les yeux sur l’endroit de la piste où dansaient Hilde et Duo.
Quelques minutes plus tard, les deux danseurs les rejoignaient en riant, et bien contents de trouver un cocktail rafraîchissant. Hilde s’affala près de Wufei et Duo prit place près d’Heero, qui lui sourit.
- Merci pour le cocktail.
- De rien. L’ambiance sur la piste est bonne ?
- Oui, carrément ! Il faut que tu viennes l’essayer hein !
- Promis !
Quatre proposa de trinquer.
- Et on trinque à quoi ? demanda Wufei.
- Peu importe ! s’exclama Hilde. A la vie ! A l’amour ! A nous !
- Alors à nous… murmura Heero à l’oreille de Duo, tout en faisant tinter leur verres.
- A nous ; répondit le jeune homme en plongeant dans les yeux cobalt, plus brillants que d’habitude grâce aux lumières.
Vingt minutes plus tard, Duo était de nouveau sur la piste accompagné cette fois de Quatre. Tous les deux se déhanchaient sur un rythme latino, mettant à rude épreuve leur hanches, et cela sous le regard subjugué de certains danseurs et celui vigilant de Trowa.
- Tu ne rejoins pas Quatre ? demanda Heero.
Trowa répondit par une autre question :
- Et toi ? Tu l’as promis à Duo pourtant.
- Oui mais j’espère qu’il aura oublier.
- Tu danses si mal que ça ?
- Non ; rit Heero. Mais Duo est tellement gracieux. A côté de lui, j’aurai l’air d’un gros pachyderme.
- Modeste ! s’exclama Hilde. Je suis sûre que tu débrouilles aussi bien que lui.
A cet instant, Duo arriva vers eux.
- Tro, tu viens danser ?
- Je viens, je viens ! sourit le grand brun en se levant.
- Heero, tu m’a promis de venir danser ! dit Duo en se tournant vers le jeune auteur.
- Je n’ai pas oublié. Je finis mon verre et je vous rejoins.
Mais un léger incident décida Heero à se rendre sur la piste de danse plus tôt que prévu. Depuis que Trowa avait rejoint Quatre et que Hilde apprenait les bases du rock à Wufei, Duo se retrouvait seul pour danser, cela ne semblant pas le déranger outre mesure jusqu’à ce qu’un homme d’une quarantaine d’années aux allures d’italien sorti tout droit du Parrain, ne le remarque et ne l’entraîne dans un rock endiablé. Duo accepta avec plaisir car il adorait danser mais quand le DJ annonça l’heure des slows et que Duo voulut s’éloigner de son partenaire, ce dernier ne semblait pas décidé à le laisser partir.
A cet instant, Heero vit rouge ! Il se leva brusquement et se dirigea droit sur Duo.
Quand il fut à côté du natté, il glissa doucement un bras autour de la taille de Duo. Le jeune homme sursauta mais fut rassuré d’un regard par Heero.
- Je te trouve enfin. Je t’ai cherché partout ; je commençai à m’inquiéter ; dit-il d’une voix tendre.
- Hein… ah oui ! Mais tu sais ce que c’est, quand j’entends de la musique je suis dans mon monde ; dit Duo entrant dans le jeu d’Heero.
- Allez viens, tu m’as promis un slow.
Et alors qu’Heero allait tourner les talons et entraîner Duo avec lui, l’italien intervint brutalement :
- Hey mec ! C’est moi qui dansais avec lui !
- Pardon ?! demanda un Heero glacial.
- Euh non rien… balbutia le macho avant de s’en retourner vers d’autres conquêtes aux yeux un peu moins brillants.
Duo le regarda fuir un grand sourire aux lèvres.
- Tu illustres parfaitement l’exemple du preux chevalier volant au secours de la princesse en détresse ; dit-il en se tournant vers le beau métis.
- N’exagérons rien. Premièrement, je ne suis pas un preux chevalier. Deuxièmement, tu n’as rien d’une princesse et troisièmement, je n’ai pas volé à ton secours ; je t’ai seulement enlevé pour pouvoir danser avec toi.
Et avant que Duo n’ait pu esquisser un geste, Heero le tira à lui. Duo était surpris : il ne s’attendait pas à ce qu’Heero le rejoigne pendant un slow et qu’ils évoluent tous les deux sur Baby, can I hold you de Tracy Chapman, mais il n’allait pas s’en plaindre… Bien au contraire… Il ne se plaignait pas d’évoluer sur la piste avec un des plus beaux hommes de la soirée. Il ne se plaignait pas de noyer son regard dans celui d’Heero. Il ne se plaignait pas de sentir son corps contre le sien.
La fin de la soirée, Duo aurait pût la résumer en quelques mots : « les bras d’Heero ». En effet, que ce soit sur la piste ou attablés au bar, le jeune homme était toujours dans les bras du jeune auteur. Ce dernier continuait à jouer à la perfection le jeu qu’il avait entamé pour sauver Duo des griffes de l’italien et vu que le mafioso regardait souvent dans leur direction, les deux jeunes hommes s’amusaient beaucoup à ses dépends. Duo n’hésitait plus à se blottir contre Heero, à lui caresser le bras ou à lui parler à l’oreille. Deux ou trois fois, il osa même l’embrasser sur la joue, mais il mit cette dernière action sur le compte de l’alcool.
Quant au jeune auteur, ces contacts ne semblaient pas le déranger outre mesure. En les observant, Hilde se dit que soit Heero avait une maîtrise de lui exceptionnelle et qu’il était un très bon comédien, soit que Duo n’allait plus tarder à rester célibataire…
Par contre, cela semblait étonner Quatre :
- C’est bien la première fois que je vois Heero aussi… « tactile », si j’ose dire ; fit-il remarquer en les observant les deux jeunes hommes en train d’évoluer, enlacés, sur la piste de danse.
- Et Duo ne s’en plaint pas, on dirait ; observa Wufei.
- En effet ! Mais quand même ! Habituellement, Heero met davantage de distance entre lui et les gens, il ne se lie pas facilement.
- Mon cœur, ça va faire quatre semaines qu’ils vivent ensemble. Tu ne penses pas que les barrières de Heero ont eu le temps de tomber ? demanda Trowa.
- De plus, avec le tempérament enthousiaste de Duo, Heero ne peut que céder ; rajouta Wufei.
- Bon ça suffit les commères ! gronda Hilde. Taisez-vous, ils reviennent.
Ayant fini d’enflammer la piste, Duo et Heero revenaient s’asseoir à côté d’eux. Ils continuèrent à discuter mais quelques instants plus tard, la tête de Duo commençait à dodeliner sur l’épaule d’Heero. Le jeune auteur se pencha vers lui et lui caressa la joue.
- Tu es fatigué ?
- Mmh mmh…
- Tu veux rentrer ?
- Naaan, pas déjà ; protesta Duo en baillant.
- Il est quand même 4h du matin ; intervint Quatre. Et je ne veux pas être rabat-joie mais en ce qui me concerne, la fatigue du voyage en train est en train de se faire ressentir.
- C’est vrai que l’ambiance de la soirée commence à tomber ; soupira Hilde.
- Allez, on y va ; dit Trowa en se levant, annonçant ainsi le départ.
Heero aida Duo, qui baillait à s’en décrocher la mâchoire, à se lever. Mais une fois dehors, le jeune natté retrouva un peu de sa vivacité. Sur le parking de la discothèque, Duo, Heero et Hilde dirent au revoir à leurs trois amis, avant de s’engouffrer dans la Twingo de Hilde, tandis que Quatre et Wufei montaient dans l’Audi de Trowa.
Quelques minutes plus tard, Hilde déposait les deux jeunes hommes devant l’immeuble de Duo.
- Merci Hilde ! A mardi !
- Merci Hilde. A bientôt.
- Bonne nuit les gars et soyez sages… répondit-elle avant de démarrer.
Une fois dans son appartement, Duo s’écroula sur le canapé :
- Pfiuuu ! C’est dur d’être jeune !
- Tu vas à la salle de bain ? demanda Heero, en ôtant ses chaussures.
- Non, non, vas y d’abord.
Le jeune auteur s’exécuta et quand il revint dans le salon, en tenue de nuit (c’est à dire un tee-shirt et un caleçon), il constata sans surprise que Duo s’était endormi dans le canapé.
Il sourit et avec délicatesse entreprit d’ôter au jeune homme ses chaussures et ses chaussettes. Puis il aller chercher la couette de Duo et en recouvrit son propriétaire qui poussa un soupir de contentement dans son sommeil avant d’enfouir sa tête plus confortablement dans les coussins qui ornaient le canapé.
Pendant un instant, Heero resta debout à côté du canapé, songeur. Puis il se pencha doucement vers Duo et tendrement l’embrassa sur le front.
- Bonne nuit…
Et à son tour, il regagna sa chambre.
Le week-end de Quatre et Wufei passa à une vitesse phénoménale et au grand désespoir du premier, le dimanche soir fut vite là . Entre les diverses choses qu’il avait dû voir avec Heero, la soirée en boîte, une grosse ballade le dimanche avec Duo, Heero, Wufei et Trowa, il avait la désagréable sensation de ne pas avoir assez profité de Trowa, et pourtant son amant avait été très « présent » lors de leurs deux nuits passées ensemble.
C’est ainsi que le lundi matin de bonne heure, quand Trowa émergea de son sommeil, il chercha à tâtons mais en vain, la douceur de la peau de Quatre, à ses côtés. Il ouvrit bien vite les yeux en comprenant qu’il était seul dans le lit. Un instant, paniqué, il fut vite rassuré quand il vit son amant vêtu d’un boxer et d’un tee-shirt, devant la fenêtre, en train de contempler le jardin éclairé par les premiers rayons du soleil.
- Quatre ?
A son prénom, le jeune homme tourna la tête vers lui et lui fit un petit sourire avant de reporter son attention vers la fenêtre. Comprenant que quelque chose tracassait son petit ami, Trowa se leva entraînant la couverture avec lui. Il enlaça tendrement Quatre, attendant que ce dernier se décide à parler.
- Loin des yeux, loin du cœur… finit par soupirer le jeune homme blond.
Trowa se crispa légèrement et desserra son étreinte. Quatre se retourna vers lui et le fixa très sérieusement de ses yeux bleus.
- C’est donc ce que tu penses Quatre ? Que notre relation est vouée à l’échec car plus de 500 kilomètres nous sépare. Tu ne crois donc pas à l’amour à distance ! Tu penses que parce que nous vivons loin l’un de l’autre, les sentiments que nous nous portons ne sont pas assez forts ?!
- Je pense surtout à l’avenir. Qui ne nous dit pas que d’ici quelques mois, nous n’en aurons pas assez de faire des allers-retours en train. Déjà qu’il m’est difficile de ne pas m’endormir entre tes bras tous les soirs…
- Mon cœur, il faut que tu apprennes à apprécier le moment présent. Qu’importe si dans quelques heures, tu seras à Paris et moi ici. Pour l’instant, nous sommes ensemble. C’est sûr que nos exigences professionnelles ne nous facilite pas la tâche mais qui sait ? D’ici quelques semaines, la collaboration entre Heero et Duo va prendre fin mais j’ai la nette impression que Duo est prêt à allez voler de ses propres ailes à Paris… Peut-être que je le suivrai…
Quatre esquissa un sourire, dont lui seul avait le secret et se blottit contre Trowa.
- Serre moi fort…
Trowa s’exécuta et se pencha à l’oreille de son amant où il murmura :
- Moi aussi, j’ai une citation : « La distance rend toute chose infiniment plus précieuse ». Et tu es ce qu’il y a de plus précieux pour moi.
Duo et Heero ayant décidé d’aller visiter une exposition de peinture à une cinquantaine de kilomètres, Trowa fut seul à accompagner Quatre et Wufei à la gare.
Alors que Wufei était déjà installé dans le wagon, en train de téléphoner à Zechs pour lui annoncer que lui et Quatre arriveraient à Paris d’ici trois heures ; Trowa retint son amant contre lui.
- Chaque séparation devient de plus en plus difficile… avoua t-il.
- C’est pour mieux nous retrouver mon cœur. Je t’aime, ne l’oublie pas.
- Je t’aime aussi.
Et pour approuver ses dires, Trowa déposa ses lèvres contre celles de Quatre pour un langoureux baiser. A regret, Quatre détacha ses lèvres et à reculons, monta dans le wagon.
Quand le train s’éloigna, Trowa soupira… Cette situation ne pouvait plus durer…
Loin de se douter des tourments qui agitaient son meilleur ami, à quelques kilomètres de là Duo, allongé sur le dos, dans l’herbe d’un parc contemplait les yeux mi-clos, les divagations des nuages dans le ciel. Quelques instants auparavant, il était en train de lire mais il avait rapidement délaissé son livre afin de profiter de la mélodie du ruisseau qui serpentait près de lui, du souffle du vent qui rendait la chaleur supportable et de la cavalcade des écureuils dans les sapins, au dessus de sa tête.
Le soleil chauffait doucement la peau de ses bras et de son cou. Duo se sentait complètement détendu et pas loin de s’endormir.
Dans un sursaut de motivation, il ouvrit les yeux pour observer la silhouette à ses côtés. Heero avait relevé les bas de son pantalon et se servait de ses genoux comme support pour écrire. Son crayon courrait sur le papier en bruissant. Parfois, le jeune homme s’arrêtait, laissait son crayon en suspension et semblait observer les environs. Mais malgré les lunettes de soleil que portait Heero, Duo savait que ce dernier était en pleine réflexion.
Duo poussa un soupir de contentement. Quelle bonne idée ils avaient eu de se rendre dans ce parc pour profiter du soleil, après avoir passé plus de deux heures dans un musée. Le jeune natté se serait cru en vacances.
Un léger mouvement d’Heero lui fit ouvrir les yeux. Ce dernier était penché sur lui et fixait un point sur la droite.
- Heero, que…
- Chut ; lui intima le jeune auteur. Un écureuil…
Duo tourna doucement la tête et en effet, à moins d’un mètre d’eux, se tenait un petit écureuil qui, sur ses deux pattes arrières, guettait le moindre mouvement.
Les deux jeunes hommes ne bougèrent pas d’un pouce, cessant presque de respirer. Rassuré, l’écureuil commença sa toilette sous des regards améthyste et cobalt. Mais il finit par s’enfuir quand un enfant fit rouler son ballon près de lui. Une demi seconde plus tard, il ne restait plus un poil de la longue queue touffue.
Heero et Duo se sourirent et alors que le jeune auteur allait se relever, Duo le retint et lui planta un doux baiser sur la joue.
Agréablement surpris, mais n’en laissant rien paraître, Heero demanda :
- C’est en quel honneur ?
- En l’honneur de ce bel après-midi passé à tes côtés.
Le jeune auteur sourit et se pencha doucement sur le natté afin de lui déposer à son tour un baiser appuyé sur la joue.
Duo rougit mais dit :
- C’est en quel honneur ?
- En l’honneur de ce bel après-midi passé à tes côtés ? murmura Heero, ne le quittant pas du regard.
Duo se sentait tout chose sous l’intensité de ce regard. Le visage d’Heero était si près du sien, son souffle caressait sa joue le faisant délicieusement frissonner. Et ses lèvres si tentantes, à quelques centimètre de lui… Et ses yeux qui semblaient vouloir lui dire quelque chose… Le jeune natté le savait : il ne pourrait résister plus longtemps. Et doucement, il avança ses lèvres… Mais une sonnerie stridente mit fin à l’espoir de Duo, de toucher les lèvres de Heero.
A ce son, le jeune auteur se redressa promptement et s’assit sagement, fourrageant dans sa chevelure brune, gêné.
- Et merde ! jura Duo en attrapant son téléphone portable qui continuait à émettre cette affreuse sonnerie !
Il leva les yeux au ciel en voyant le nom de son interlocuteur.
-Oui Maman… Que puis-je pour toi ? soupira Duo en décrochant.
- Ah Poussinou chéri. Je ne te dérange pas j’espère ?
- Pas du touuuut ! grinça Duo, en regardant Heero.
- Voilà… à vrai dire j’avais une question à te poser…
- Oui ?
- Euh… ce n’est pas facile et je…
- Maman… l’interrompit Duo, déjà exaspéré. Quelle est ta question ?
- Très bien… Ne te vexe pas surtout hein… Mais voilà, je… je me demandais si tu ne préférais pas les sucettes aux melons…
Duo en resta sans voix ! Il n’y comprenait rien ! Sa mère était folle ! Elle ne pouvait être que folle ou alors sadique pour l’interrompre au moment où quelque chose aurait enfin pût se produire entre lui et Heero ! Et en plus, elle lui posait une question sans queue ni tête.
- Poussinou ?! Tu es toujours au téléphone ? Duo ?
- Maman, ne te vexe pas surtout mais je crois vraiment qu’il serait temps que tu arrêtes de fumer en cachette !
- Mais chéri, …
- Maman, je vais te laisser. Je crois qu’il faut que tu ailles te reposer. J’appellerai papa plus tard pour savoir si tu vas mieux. Bonne fin d’après-midi.
Et le jeune natté raccrocha outré.
- Que voulais ta mère ? demanda Heero.
- Elle m’a demandé si je préférais les sucettes aux melons ! Tu y comprends quelque chose, toi ?
A ces mots, Heero fit tout son possible pour garder son sérieux mais cela fut trop pour lui, il éclata de rire. Duo, étonné, arrêta de pester contre sa mère et demanda à Heero ce qui le faisait tant rire.
- Voyons Duo, tu n’as pas saisi le sens caché de la question de ta mère ?
- Faudrait être complètement illuminé pour comprendre ce qu’elle voulait me dire.
- A ton avis ?
- Bah je vois pas ! Elle m’a simplement demandé si je préférais les sucettes aux melons.
Au regard suggestif et au sourire en coin d’Heero, Duo compris enfin le sens des paroles de sa mère. Les yeux écarquillés, il en resta sans voix.
- Heero, tu penses que ma mère se doute que… que je…
- Que tu préfères les hommes ? A priori, elle vient de le comprendre ; sourit Heero.
- Et merde ! gémit Duo en se laissant tomber en arrière sur l’herbe, sous le rire du jeune auteur.
A l’autre bout de la ville, Mme Maxwell, le combiné du téléphone encore dans les mains, cherchait son mari dans toute la maison.
- David ! David ! David !
- Oui, oui chérie, je suis là ; répondit son mari en surgissant de la salle de bain. Que t’arrive t-il ?
- Oh David ! Je suis scandalisée ! Duo m’a raccroché au nez une fois de plus !
- Ah et que lui as tu demandé cette fois ? Si il était d’accord pour participer avec toi à une émission télévisée sur le thème « La sexualité de nos enfants »; plaisanta t-il.
- Non, je lui ai simplement demandé si il préférait les sucettes aux melons ; murmura Hélène Maxwell.
- Pardon ? s’exclama son mari, croyant ne pas avoir bien entendu.
- Je lui ai demandé si il préférait les sucettes aux melons ; répéta Mme Maxwell.
- Chérie, je t’assure que je fais des efforts pour te comprendre mais là, je ne saisis pas l’importance de ta question.
- Mais voyons David ! s’énerva Hélène Maxwell. C’était une manière détournée pour demander à Duo si il était gay !
Mr Maxwell réfléchit un instant :
- Sucettes… Melons…
Et soudain, il comprit. Sa bouche s’agrandit en forme de O et il explosa de rire. Il riait tellement qu’il dût demander à sa femme un verre d’eau avant qu’il ne s’étouffe.
Quelques instants plus tard, David Maxwell avait repris une respiration normale et essayait de comprendre ce qui était passé par la tête de sa femme, une fois de plus.
- Chérie, notre fils a 25 ans. Je crois que tu peux lui parler librement, sans employer un tas de métaphores, connue de toi mais je voulais être la plus subtile possible.
- Et bien c’est raté. Avec ta méthode, Duo a dû, une fois de plus, te prendre pour une folle.
- Ça il me l’a bien fait remarquer ; soupira Hélène Maxwell.
En voyant le visage attristé de sa femme, David Maxwell se leva du canapé et vint la prendre dans ses bras.
- Allons, ma chérie ne t’en fais. Duo nous avouera qu’il préfère les hommes quand il sera vraiment prêt.
Le couple resta silencieux un moment avant que Mme Maxwell n’ajoute d’un ton très décidé :
- Bon maintenant, reste à savoir si Heero est mon futur gendre.
- Ma douce, je te conseille d’attendre un peu avant de poser cette question ; sourit Mr Maxwell, imaginant déjà comment sa femme pourrait formuler sa demande.
Et faisant l’association dans sa tête « sucette » et « Heero », il repartit dans un fou-rire.
Le lendemain matin, Duo avait complètement oublié le coup de fil désastreux de sa maman mais avait décidé à dire la vérité à ses parents sur sa sexualité. D’ailleurs, Heero l’avait vivement encouragé à le faire.
Mais pour l’instant Duo était complètement absorbé par ces illustrations. Quant à Heero, ne voulant pas déranger son colocataire, il était dans sa chambre en train signer toute la paperasse que Quatre lui avait laissé ce week-end. Il n’en était pas à la moitié que son téléphone portable sonna :
- Allô ?
- …
- Oui ?
- …
- Ah…
- …
- Oui, je vois.
- …
- Si, si merci.
- …
- Très bien. Merci de m’avoir contacté. Au revoir.
Après avoir raccroché, Heero resta un long immobile. Il réfléchit quelques instants et semblant avoir pris une décision, il se leva et sortit de sa chambre.
De son côté, Duo était en train d’ajuster consciencieusement quelques détails sur le dessin qui ornerait la couverture du futur album. Il était tellement plongé dans son travail qu’il n’entendit pas Heero le rejoindre dans le salon.
C’est seulement quand ce dernier prit une chaise pour s’asseoir près de lui que Duo leva la tête en souriant, un crayon à la main. Il voulut dire quelque chose mais il s’interrompit en voyant le regard contrarié d’Heero.
- Heero ? Que se passe t-il ? Il y a un problème ?
Après un court silence, le jeune auteur annonça de but en blanc :
- L’Eclipse vient de m’appeler. La fuite dans la chambre est réparée…
A suivre...
J'espère à bientôt pour le 7ème chapitre.
Merci de m'avoir lu
Bisous
Lwella