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: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Books » Harry Potter » Draco Malfoy est unique

Artoung
Author of 26 Stories

Rated: M - French - Romance/Humor - Draco M. & Harry P. - Reviews: 402 - Updated: 05-30-07 - Published: 08-20-06 - Complete - id:3115016
Titre :Draco Malfoy est unique

Disclamer : Pas à moi mais à J.K.R

Rating : M

Paring : HP/DM

Genre : Romance/Humour

Note : Voici une nouvelle invention des jumeaux (ça faisait longtemps) et cette fois c’est Draco qui en fait les frais. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, il s’agit d’une fic avec 5 chapitres maximum où les jumeaux inventent quelque chose qui a pour conséquence de mettre Harry avec Draco (et oui, on ne se refait pas).

Remerciement : A Quiproquo ma bêta lectrice.

Dédicace : Cette fic est un cadeau pour LadyNush qui m’avait écrit la 500ème review de « Et Harry aima Draco ». Je lui avais promis un OS mais finalement elle a le droit à une fic. J’espère que cela te plaira miss

Chapitre 1 : C’est celui qui dit qui y est !

Poudlard était certes une école de sorcellerie où l’on y apprenait maints sorts et enchantements mais à part les matières étranges que l’on y étudiait, Poudlard avait exactement le même fonctionnement qu’un collège moldu.

L’école possédait donc des professeurs appréciés et d’autres beaucoup moins.

Des « vieux » couples d’élèves que tout le monde ou presque enviait.

Des groupes de filles gloussantes et à la pointe de la mode.

Des « mauvais garçons » aimant ingurgiter des substances plus ou moins dangereuses, mais pourvu que cela soit illégal, ça leursuffisait

Il y avait aussi, ceux pour qui les études étaient toute leur vie, ceux qui faisaient des blagues idiotes à tout bout de champs et celles qui n’aimaient rien d’autre que faire courir des rumeurs.

Et enfin, il y avait les maîtres incontestés de l’école…

Les leaders…

Ceux que tout le monde enviait, respectait et admirait.

Harry Potter aurait pu donc faire partie de cette catégorie mais les leaders avaient aussi une autre disposition dont le gryffondor était totalement dépourvu.

L’amour du pouvoir.

Or ce trait de caractère coulait, en revanche, dans le sang des Malfoy depuis des générations.

Commander. Ordonner. Imposer. Exiger. Sommer. C’était des verbes que les Malfoy conjuguaient avec une maîtrise parfaite, à tous les temps, surtout celui de l’impératif et à une seule personne, la première du singulier « moi, je ! ».

Draco Malfoy avait donc hérité son goût du pouvoir et du commandement de ses ancêtres Malfoy.

Fort heureusement, ses ancêtres Black, lui avaient légué une sorte de nonchalance et de classe qui faisaient de lui un prince charismatique et très envié ou presque.

Les serdaigles, les poufsouffles et les serpentards admiraient en effet le blond –bien que pour les poufsouffles, cette admiration soit fortement teintée de crainte- mais les rouges et or le trouvaient hautain et imbuvable.

En effet, les serpentards même s’ils avaient combattu contre les mangemorts avec le reste de l’école, n’étaient pas pour autant devenu amis avec les gryffondors.

Et la guerre permanente entre Harry et Draco y était pour beaucoup, chacune des deux maisons soutenant son prince.

Pourtant, depuis quelque temps, Draco Malfoy avait changé.

Il avait de plus en plus fréquemment le regard dans le vague et l’air rêveur…

Surtout quand un certain gryffondor passait devant lui.

Draco s’était en effet depuis quelque mois rendu compte que Harry Potter même s’il était absolument énervant, était aussi incroyablement sexy.

Cela lui avait fait un choc. Comme quoi on pouvait découvrir quelqu’un qu’on voyait pourtant tous les jours. On pouvait se mettre à regarder au lieu de voir tout simplement. On pouvait écouter au lieu d’entendre. Et Draco bien malgré lui, c’était mis à écouter son cœur battre plus vite et il commençait enfin à comprendre.

Il ne parlait pas encore d’amour mais son regard le disait pour lui. Il ne voulait surtout pas parler d’amour car cet amour serait voué à l’échec. Et s’il y avait une chose que Draco détestait, c’était bien de perdre, qu’il s’agisse de son cœur ou de n’importe quoi d’autre.

Mais bon, ça lui ferait encore plus chier de perdre son cœur. C’est que mine de rien c’était utile ces trucs là.

Donc, il se contentait de regarder Harry Potter de loin et de le faire chier de près. Ce n’était pas comme s’il ne pouvait pas soulager son désir. Il avait du succès et il le savait. Alors Potter et ses yeux verts pouvaient aller se faire voir. Le serpentard n’avait qu’à se baisser pour ramasser une nouvelle conquête…

Il faut dire qu’il avait une arme secrète :

Son haussement de sourcil.

En effet, il lui suffisait de hausser un délicat sourcil blond accompagné d’un léger sourire en coin et les filles se mettaient à rougir et à glousser d’une façon totalement idiote.

Et le sourire de Draco s’accentuait.

C’était ça, la classe.

Mais ce matin là, pour une fois, Draco Malfoy (et ses sourcils) n’était le centre d’aucune conversation.

Effectivement, Dumbledore venait de leur annoncer que dans une semaine, les représentants de divers corps de métier et de plusieurs écoles supérieures viendraient à Poudlard. Ils s’agissaient en fait d’anciens élèves de l’école qui viendraient parler de leurs expériences. Ils auraient tous un stand installé dans la grande salle où les élèves viendraient leurs poser des questions.

Les sixièmes et les septièmes années étaient obligés d’y aller. Dumbledore avait appelé cet événement, La Journée de l’Orientation.

Si la plupart des élèves se faisaient une joie de cette future journée sans cours, ce n’était pas le cas de Draco Malfoy.

-Encore une idée stupide du vieux cinglé, grommela-t-il, je ne vois vraiment pas pourquoi on doit tous être obligé d’y aller. Pour ma part, mon avenir est déjà tout tracé. Je vais reprendre l’empire Malfoy et le faire fluctuer.

-Mouais, marmonna Blaise, moi je pense que ta mère s’en sort très bien, elle se débrouille même mieux que ton père si tu veux mon avis.

Le père de Draco était mort quelque mois plutôt tué par son propre maître en voulant protéger son fils.

Même s’il le cachait, Draco ne s’était toujours pas remis de la perte de son père. Il savait que Lucius était loin d’être parfait mais il avait été un père attentif et Draco n’avait jamais manqué de rien.

Tout petit, on lui avait fait comprendre que son avenir et celui des Malfoy ne feraient qu’un. Il était l’héritier d’un clan comptant plus de cinq cent personnes et dont chacune d’elle n’avait pour objectif que d’amasser le plus de pouvoir possible.

Draco devait admettre que Blaise avait raison. Sa mère avait un sens inné des affaires et même si cela faisait grincer des dents certains membres de sa famille, les intérêts des Malfoy n’avaient jamais été mieux gérés.

Mais la question ne se posait pas pour le serpentard, il était évident pour sa mère et pour les autres que c’était à lui de reprendre les affaires et ce, dès l’année prochaine.

-Je ne pense pas que j’aimerai passer ma vie dans les affaires, commenta Vincent, si tu veux mon avis le quidditch, il n’y a que ça de vrai !

Les serpentards levèrent les yeux au ciel, en début d’année un sélectionneur de quidditch était venu. Et après avoir vu les quatre équipes jouer, il avait proposé à Vincent Crabbe un poste de batteur remplaçant, pour commencer, dans son équipe. Le serpentard, qui ne s’intéressait pas au quidditch plus que ça, ne parlait depuis lors que de ce fantastique sport, mettant à mal la patience de ses camarades de classe.

-Le quidditch te rendra peut-être populaire Vince, mais moi, je vise le pouvoir, fit Draco d’un ton supérieur.

En réalité, il était un peu jaloux que Vincent ait été sélectionné, pas qu’il veuille jouer au quidditch, mais il aurait pu se la raconterauprès de Potter…

Le sélectionneur avait parlé à Potter pendant un certain temps et le serpentard n’avait pas pu savoir ce qu’ils s’étaient dit, il savait juste que Potter n’avait signé aucun contrat.

Cela énervait Draco au plus au point que le gryffondor soit aussi doué. A croire qu’une tripoté de fée s’étaient penchées sur son berceau, lorsqu’il était bébé.

« Tu auras des yeux verts qui charmeront les cœurs les plus glacés »

« Tu auras une puissance magique inégalable »

« Tu joueras au quidditch comme un dieu »

« Tes cheveux noirs seront plus doux que les plus douces des plumes »

« Ton sourire fera pâlir d’envie le soleil »

«Tu auras des tas d’amis plus dévoués les uns que les autres »

« Et tu posséderas la plus belle paire de fesses que le monde ait jamais portée »

Heu…Les pensées de Draco étaient sérieusement en train de s’égarer. Surtout que la réalité était tout autre.

Potter avait peut-être de beaux yeux mais il était myope comme une taupe et portait d’affreuses lunettes rondes.

Il avait certes, une puissance magique conséquente mais il était incapable de faire de mal à une mouche. Il ne se servait de ses pouvoirs que pour rendre justice, c’était désespérant.

Il jouait assez bien au quidditch mais avait la fâcheuse habitude de se retrouver à l’infirmerie avant de pouvoir finir un match.

Ses cheveux étaient un cauchemar pour quiconque ayant un semblant d’élégance. Et Draco mettait lui toujours un point d’honneur à ce que sa coiffure, comme le reste de sa personne soit irréprochable.

Le putain de sourire du balafré ne s’adressait qu’à une infime partie de la population de Poudlard, triée sur le volet. Population dont les serpentards en général et Draco en particulier ne faisaient, bien entendu, pas partis.

Le gryffondor avait, il est vrai, quelques amis mais ses ennemis étaient encore plus nombreux. Le genre d’ennemi que personne n’aurait aimé avoir.

Quant à ses fesses…elles n’étaient pas si terribles… enfin c’était ce que s’acharnait à lui dire Blaise…quand il voyait son regard devenir un peu trop fixe tandis que Potter passait.

Durant une semaine donc, chaque poudlarien ou presque s’interrogeait sur son avenir, ses futures études, sa vie après Poudlard.

Et puis enfin la Journée de l’Orientation arriva.

Et le calvaire de Draco Malfoy allait tout juste commencer.

O°O°O°O

Il avait tout d’abord décidé de ne pas se lever, enfin de se lever le plus tard possible. Il avait une chambre à lui en tant que préfet en chef, il ne craignait donc pas d’être dérangé par ses camarades de classe. Ce fut la voix enjouée de Dumbledore qui le réveilla. La voix parvenait du plafond et engageait tous les élèves de sixième et septième année à se lever et à se préparer afin d’accueillir les invités.

Draco s’était bien sûr enfoui sous sa couette mais la voix honnie avait continué son harcèlement.

« Levez-vous chers petits élèves, une magnifique journée s’annonce ! Debout ! Debout ! Debout !”

Sachant qu’il était condamné à entendre le vieux fou tant qu’il ne se lèverait pas, Draco se décida à sortir de son lit. D’un coup de baguette il ouvrit ses rideaux pour remarquer qu’il pleuvait abondamment. Draco trouvait la conception de Dumbledore sur« les magnifiques journées » intéressante.

Il essaya de traîner le plus possible dans sa chambre mais deux heures plus tard, ce fut Pansy qui frappa à sa porte.

Blaise, Vincent et Grégory étaient là aussi, l’attendant patiemment.

-Je vous préviens, dit-il, ne comptez pas sur moi pour faire preuve d’enthousiasme.

-Oui, c’est sûr, d’habitude tu es tellement radieux ! ironisa Blaise.

Draco se contenta de hausser les épaules, ignorant volontairement les sourires amusés des trois autres.

Lorsqu’ils arrivèrent dans la grande salle, les quatre grandes tables avaient disparu pour être remplacée par plusieurs petites tables, où se trouvait à chaque fois un intervenant. Il y avait déjà beaucoup de monde. Les élèves allaient de table en table pour discuter avec les invités.

Draco jeta un coup d’œil glacial à l’assemblée, cherchant déjà des yeux Potter, juste pour savoir où son séduisant ennemi se trouvait.

-Dubois est là ! s’écria Vincent visiblement aux anges avant de s’élancer vers la table du joueur de quidditch.

Il y avait beaucoup de monde vers Dubois, beaucoup de filles essentiellement et Draco trouva que Vincent devenait vraiment agaçant avec son quidditch. Il aurait pu au moins avoir l’air moins ravi de voir leur ancien adversaire.

Grégory repéra un cuisinier presque immédiatement et se dirigea vers son stand. Il y avait des dégustations gratuites.

Draco, Blaise et Pansy avancèrent donc tous les trois. Ils remarquèrent vite que plusieurs Weasley avaient été invités. De toutes façons les jumeaux Weasley ne pouvaient qu’être remarqués. C’était à leur stand qu’il y avait le plus de monde.

Il y avait aussi le Weasley qui travaillait à la banque et Draco se maudit de le trouver séduisant. Et c’était sûrement aussi le cas des filles qui gloussaient près de lui, à moins qu’elles aient toutes une vocation en tant que banquière mais le serpentard en doutait.

De l’autre côté de la pièce, avec ses lunettes sur le nez se trouvait assis bien droit, le rouquin qui avait été préfet lorsqu’ils étaient en cinquième année, avec marqué en lettres dorées sur sa table « Ministère de la Justice ».

-Il y a plein de rouquin ! s’écria Pansy en plissant le nez de dégoût. Les Weasley sont décidément aussi proliférants et indésirables que des champignons.

-Et tout comme eux, ils aiment les endroits chauds et humides, fit une voix basse et séductrice derrière eux.

Les trois serpentards sursautèrent avant de se retourner vers un autre rouquin qui les regardait d’un air amusé. Il avait la peau plus halée que ses frères et une coupe de cheveux improbable, un peu comme Potter mais en plus bouclé et en roux. En réalité, c’était Pansy qu’il regardait plus que les deux autres. La jeune fille n’avait pas rougi à son sous-entendu, pourtant il était sûr qu’elle avait compris et c’est cela qui intriguait le jeune homme.

Les Weasley avaient, tous, un goût prononcé pour les filles de caractère et Charlie ne faisait pas exception à la règle. Il la trouvait vraiment mignonne avec ses cheveux noirs qui encadraient son visage délicat dans un carré parfait et son attitude revêche.

-Charlie Weasley, fit-il en lui tendant la main.

La serpentarde regarda la main tendue comme s’il s’agissait de quelque chose de répugnant mais le Weasley ne sembla pas s’en formaliser et attrapa sa main avant de la serrer doucement.

Le contact ne dura que quelque seconde, puis il la lâcha et passa devant eux avec un sourire indulgent avant d’aller jusqu’à sa table où était indiqué « Dresseur de Dragon ».

-Wahou, il a un métier qui en jette ! ne put s’empêcher de s’exclamer Blaise. Tu lui as tapé dans l’œil Pansy, rajouta-t-il visiblement amusé.

-Ne dit pas n’importe quoi ! s’exclama la jeune fille d’un air qui se voulait méprisant, mais son regard ne quittait plus le dresseur si sûr de lui.

Draco qui regardait aussi dans cette direction, encore étonné de cette étrange rencontre, aperçut Potter, Granger et Weasley qui se dirigeaient vers le dresseur.

Weasley semblait aux anges de voir tous ses frères et il allait de l’un à l’autre régulièrement. Au bout d’une heure de ce manège Granger sembla se lasser puisqu’elle s’arrêta devant la table d’un médicomage et le harcela de question et Potter réussit à emmener Weasley jusqu’à un ancien élève qui était devenu auror.

Pansy était, depuis longtemps déjà, partie au stand d’une couturière, stand qui se trouvait juste à côté de la table du dresseur de dragon, bien entendu.

-Pansy ne sait même pas recoudre une chaussette, commenta Draco. Et je ne vois vraiment pas ce qu’elle trouve à ce rouquin…Un Weasley en plus !

-Clair ! s’exclama Blaise. C’est comme si toi, tu t’intéressais à un Potter ! C’est impossible !

-Merlin, ce que tu peux être comique ! fit Draco froidement.

-Je n’y peux rien, soupira son meilleur ami, je m’ennuie à mourir. Je regarde Pansy regarder le frère de Weasley et je te regarde toi regarder Potter. J’en ai marre de vous regarder regarder. Tu ne veux pas aller voir un stand plutôt ? Il n’y a rien qui t’intéresse ?

Draco allait répliquer que ça lui était égal et que son discourt était affligeant, lorsque son regard tomba sur un petit homme, assis seul à sa table, avec marqué dessus « artefactier ». Le serpentard eut un vrai sourire alors qu’il faisait un pas dans cette direction. Ce métier avait toujours fasciné le blond. Changer des objets banals en objets enchantés était un travail difficile et minutieux.

Un bon artefactier devait déjà avoir un niveau excellent en sortilège, en potion et en métamorphose, mais on ne pouvait réellement apprendre ce métier qu’en devenant apprenti. Là, le maître vous enseignait tout ce qu’il savait et si vous étiez bon, vous pouviez tenter de passer le concours. Mais les places étaient très rares.

Il n’existait pas beaucoup de bon artefactier dans le monde, peut être une dizaine. C’est grâce à eux, qu’une cape toute simple devenait une cape d’invisibilité, ou une cape anti-feu. C’était valable pour tous les objets, du moindre miroir, en passant par les plumes, les vêtements, les armes... et les enchantements étaient d’une diversité impressionnante.

Il n’eut hélas pas le temps d’arriver à destination que de l’eau glacée lui tomba dessus.

Il y eut un silence puis deux rires. Exactement les mêmes rires.

Draco se retourna dans cette direction, son regard aussi glacial que l’eau qui traversait ses vêtements.

-Désolé Malfoy, notre nouvelle catapulte n’aurait pas dû envoyer l’eau sur toi, fit l’un des jumeaux Weasley qui avait cessé de rire.

L’autre riait toujours autant mais c’était bien le seul dans la grande salle. Les élèves regardaient la scène avec angoisse.

On n’humiliait pas le prince des serpentards sans en payer les conséquences.

Les serpentards s’étaient d’ailleurs rassemblés silencieusement derrière leur chef. Personne n’avait oublié que ces jumeaux étaient, il n’y avait pas si longtemps encore, des gryffondors et ils venaient sûrement de briser une paix toute relative.

Les autres Weasley, dont Ginny, ainsi que Potter et Granger, attirés par le silence s’étaient eux aussi approchés.

-Allons Malfoy, fit le jumeau qui ne riait pas, tu ne vas pas en faire un drame, ce n’est que de l’eau.

-Que de l’eau, répéta Draco froidement, alors vous ne devriez pas en user pour vos jeux. Je pense que vos pauvres parents en trouveraient une meilleure utilité, ne serait-ce que pour permettre à votre frère de se débarrasser de sa crasse car d’après ce que je peux voir, on n’a pas l’eau courante chez vous.

L’autre jumeau cessa immédiatement de rire et il sembla à Draco que tous les Weasley rougissaient sous l’insulte. C’était assez impressionnant.

-A moins que, poursuivit le serpentard presque inconsciemment, l’odeur nauséabonde qui agresse mes narines lorsque je suis près de l’un d’entre vous, soit votre odeur naturelle. Dans ce cas ce n’est pas dans de l’eau qu’il faut investir mais dans du parfum et encore je doute qu’il en existe des assez fort pour masquer…

-Ta gueule Malfoy !

Draco se retourna vers Potter, il semblait aussi furieux que les autres, peut-être même plus.

-Un problème Potter ? demanda-t-il en arquant un sourcil.

Il essayait de ne pas frissonner mais il avait vraiment froid et faisait un effort surhumain pour ne pas frotter ses bras avec ses mains et pour ne pas claquer des dents.

-Ce n’était que de l’eau, bordel ! s’énerva Potter. Tu n’avais pas besoin de les insulter, d’autant plus qu’ils se sont excusés !

-Et toi, tu n’as pas besoin de les défendre Potter. Ils sont sept et six d’entre eux sont plus âgés que moi.

-Il a raison Harry, fit doucement Bill en souriant, nous pouvons nous défendre. Ce n’est clairement pas aujourd’hui qu’un Malfoy nous fera peur, mais ce n’est pas aujourd’hui aussi que je m’abaisserai à lui répondre. Je retourne à mon stand, s’il y en a qui veulent des renseignements sur le métier de banquier...

Draco détesta la façon dont le roux parlait à Potter, avec son sourire agaçant. Mais au moins son intervention avait eu le mérite de faire bouger les gens.

Les autres Weasley étaient retournés à leur place et il ne restait plus que Draco et Blaise devant les jumeaux avec Potter, Granger et Weasley à leurs côtés.

-Je ne vais pas faire d’esclandre ici, siffla enfin Malfoy, mais ça se paiera.

-Peut-être bien, répondit George sur le même ton, en attendant, tu ressembles à une fouine mouillée.

Le serpentard pâlit sous l’insulte et Potter rajouta quelque chose comme quoi les fouines mouillées ça ne sentait vraiment pas bon.

-Je t’emmerde Potter, répliqua Draco calmement. Je ressemble peut-être à une fouine mouillée mais je possède quelque chose que vous deux n’avaient pas, dit-il en regardant les jumeaux, je suis unique.

-Pardon ?

-Vous êtes donc si fiers de votre jumealité ? susurra-t-il faussement étonné. Bien sûr que vous l’êtes, au point de vous habiller pareil, de vous coiffer pareil…C’est pathétique. N’existez-vous donc que parce que vous êtes deux ? C’est Fred ET George, n’est-ce pas? Tu es quoi toi George sans Fred ? Et toi Fred, tu existes par toi-même sans ton frère ?

-Bien sûr que nous…

-Je vous ai observé, vous savez, reprit Draco cruellement. Toujours à finir la phrase de l’autre, ou à dire la même chose en même temps. Personne ne vous reconnaît vraiment. Il paraît que même votre mère a dû mal à vous différencier. Je me demande même si vos copines y arrivent. Cela doit être tellement décevant de s’apercevoir que personne ne vous connaît réellement au point de vous différencier de votre jumeau. Vous n’êtes rien l’un sans l’autre et c’est tellement pathétique que je vous plaindrais presque.

Les jumeaux avaient pâli et Draco eut un sourire triomphant. Il n’aurait pour sa part jamais aimé avoir un jumeau, c’était vraiment impersonnel. Comme plus personne ne parlait, le serpentard décida qu’il était temps de partir et de se sécher avant d’attraper la crève.

Il venait après tout de se venger avec son arme favorite, la parole. Il était sûr en effet que sa petite argumentation leurs avait fait l’effet d’une douche froide.

Il se sentait juste un peu mal à cause du regard déçu que Potter lui avait jeté…

O°O°O

Fred et George avaient regardé Malfoy s’en aller sans un mot. Les paroles du serpentard les avaient beaucoup plus touché qu’ils ne l’auraient aimé. Insulter le lien qui les unissait était vraiment un coup bas, surtout quand il y avait une part de vérité dans tout cela.

-Ça va aller ? demanda enfin Ron.

-Evidemment, fit Fred en se forçant à sourire, qui fait attention à ce que dit Malfoy de toute façon ?

-C’est clair, ce connard ne parle que pour cracher son venin, renchérit George. J’espère juste qu’un jour il s’étouffera avec.

Harry approuva silencieusement, il ne comprenait vraiment pas quel besoin avait Malfoy d’être si méchant. N’importe qui d’autre aurait pris ça en plaisantant ou du moins avec moins d’aigreur. Lui, il avait fallut qu’il insulte ceux que Harry considérait comme sa famille. Il avait pourtant trouvé que le blond s’était calmé depuis quelques temps.

Il s’était juste trompé, Malfoy ne changerait jamais, il resterait un sale connard prétentieux toute sa vie.

Cela faisait bien vingt minutes que les jumeaux discutaient dans leur coin à voix basse en faisant de grands gestes, si bien que Harry crut qu’ils étaient en train de se disputer. Mais la seconde d’après, ils s’étaient retournés vers eux avec un grand sourire qui ne présageait rien de bon.

-Je vais aux cuisines, annonça George innocemment, voir si je peux ramener deux-trois trucs à grignoter.

-Mais tu n’as pas le droit, s’exclama Hermione, tu n’es plus résident de Poudlard sans compter que les elfes de maison ne sont pas à ta disposition !

Ce discourt eut juste le mérite de faire hausser les épaules à George. Ron aurait bien voulu l’accompagner mais Hermione, comme si elle lisait dans ses pensées, lui jeta un coup d’œil sévère qui le calma instantanément.

-T’inquiète Hermione, dit Fred, les elfes nous adorent, je suis sûr que ça leur fera plaisir que George vienne leur faire un petit coucou.

La jeune fille en doutait sérieusement. Qui pouvait apprécier les deux personnes qui avaient été pour eux une constante source de surplus de travail durant sept années ?

Pourtant Hermione avait tort. Les elfes appréciaient réellement les jumeaux Weasley. C’étaient les seuls élèves qui étaient venus les voir régulièrement durant leur scolarité et même si c’était pour manger du rab, ils discutaient avec eux. Aussi étaient-ils vraiment heureux de voir arriver George Weasley. Il n’eut pas besoin d’insister beaucoup pour que l’un d’entre eux aille chercher ce pour quoi il était réellement venu.

Il avait suffi d’un regard pour qu’il comprenne que l’envie de vengeance de Fred envers Malfoy était aussi grande que la sienne. En vingt minutes ils avaient mis au point un plan et il était parfait.

George était en train de manger un éclair en chocolat lorsque dix minutes plus tard, l’elfe arriva tenant dans ses doigts un magnifique cheveu blond.

-Dobby a mis du temps monsieur, mais c’est parce que monsieur Malfoy était dans sa chambre en train de se changer. Dobby a attendu qu’il parte et il a trouvé le cheveu dans la serviette éponge.

-C’est parfait, murmura George en prenant le cheveu avec un sourire cruel.

Draco Malfoy, tellement persuadé d’être unique, tellement fier de son apparence de ténébreux et séduisant aristocrate, allait comprendre qu’il n’aurait jamais dû se moquer des jumeaux Weasley.

O°O°O

Fred et George passèrent les deux jours suivants à concocter des chaudrons entiers de potion. Ils avaient inventé, il y a quelque mois de cela une potion fortifiante et ils avaient remarqué que s’il la mélangeait à d’autres potions, selon la position de la lune, leur potion renforçait le champ d’action de l’autre concoction.

Par exemple, la potion fortifiante mélangée au polynectar lorsque la lune était à son premier quartier, lui donnait une durée, non plus d’une heure mais d’une semaine.

Ils avaient, non pas inventé cette fois, mais trouvé une potion dupliquante. Grâce à elle, il n’avait eu besoin que d’un seul cheveu de Malfoy, qu’ils avaient dupliqué encore et encore.

Draco Malfoy allait bientôt savoir ce que cela faisait d’avoir des copies conformes…

Des tas de copie conforme.

Car qui ne rêverait pas d’être pour une semaine, dans le corps du prince des serpentards ?

Les filles pour pouvoir le toucher par substitution, les garçons pour essayer de conclure avec la fille de leur pensée ou tout simplement pour savoir quel effet cela faisait d’être un dieu vivant.

Le problème, c’est que beaucoup de gens avaient eu la même idée, vraiment beaucoup. Les deux tiers de poudlard pour tout dire. Le samedi, à Près-Au-Lard la boutique de farces et attrapes ne désemplissait pas.

Les jumeaux étaient ravis. Ils avaient dit à chacun de leur client de ne boire la potion que le dimanche soir à minuit, pour un effet maximum.

En réalité l’effet maximum serait pour le vrai Malfoy quand le lundi matin il entrerait dans la grande salle, emplie de lui-même.

Le serpentard allait vivre une semaine de calvaire et les jumeaux n’avaient jamais autant regretté de ne plus être à l’école.

O°O°O

Ce lundi matin Draco se réveilla en sursaut, il venait de rêver que Harry était mort. Tué par Voldemort. Son cœur battait très vite et il avait encore des sueurs froides.

Il faisait souvent des rêves de ce genre, la guerre était encore trop présente dans son esprit. Il aurait largement préféré faire des rêves érotiques, c’est ce que l’on faisait normalement quand quelqu’un vous plaisait vraiment. Mais il faut croire que son esprit ne fonctionnait pas comme celui des autres.

Lui, il rêvait juste qu’il perdait Potter et c’était beaucoup plus douloureux qu’une érection inassouvie.

Il se leva donc, le cœur au bord des lèvres en maudissant sa sainteté Potter. Lorsqu’il faisait ce genre de rêve, il n’avait qu’une envie, trouver le gryffondor le plus vite possible et vérifier qu’il allait bien.

Il se lava et s’habilla donc en hâte et sortit sans passer par la salle commune, sans attendre les autres.

Il devait voir Potter.

Il accéléra le pas dans le couloir, ne rencontrant exceptionnellement personne. Un brouhaha étonnant semblait venir de la grande salle et après une seconde de flottement, Draco Malfoy ouvrit les battants de la porte en grand.

La seconde d’après il se figea sur place, pâlissant à vue d’œil.

Qu’est-ce que c’était que ce bordel ?

A suivre…

J’espère que ça vous a plu, et surtout à toi LadyNush puisque c’est pour toi (se ronge les ongles désespérément).

Gros bisous et à bientôt.

Artoung


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