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Bonjour à toutes, et à tous (on ne sait jamais),
Non vous ne rêvez pas, voici le dernier chapitre que vous attendiez. Il m'en a fallu du temps mais j'ai enfin réussi à finir 'Rêve'. Les excuses s'imposent pour vous avoir fait attendre si longtemps. Et aussi je m'excuse d'avance pour tous ceux qui seraient déçus par ce dernier chapitre. Peut-être que sa qualité ne vaut pas l'attente que vous avez eu, mais j'ai fais ce que j'ai pu. Je n'aime pas finir mes histoires (Demandez à mes amies qui m'ont harcelées pour finir 'Rêve'), et en plus je fais toujours des fins spaces, ou qui ne ressemblent pas à des fins =_=. Enfin tout ça pour dire que vous avez entièrement raison de vous plaindre. Pourtant moi personnellement je suis assez satisfaite de cette histoire. J'ai passé d'agréables moments à l'écrire, de parler de mes idées avec vous, de me prendre la tête dessus. Il est temps de passer à autre chose je crois.
Je vous souhaite à tous une bonne lecture et à bientôt.
Venda.
sSsSsSsSsSs
L'interphone se mit à sonner, à sonner sans interruption. On laissait le doigt dessus puis on se mit à appuyer frénétiquement. Camus les yeux fatigués sortit de sa chambre et alla d'un pas incertain vers l'interphone. Qu'est ce que c'était que ça ? Quelle heure il était ? Il jeta un oeil à l'horloge dans la cuisine et alla jusqu'à l'interphone.
« Mais qu'est ce qui se passe ? » marmonna Hyoga en se frottant les yeux.
« On va le savoir de suite. » Camus appuya sur l'interphone. « Allo ? »
« Camus ! C'est Aiolia. Ouvre-moi. »
« Non mais tu as vu l'heure qu'il est ? » Il n'aimait pas être réveillé comme ça. Mais en prononçant sa phrase il réalisa qu'il ne pouvait y avoir qu'une seule raison. « Il est arrivé quelque chose à Milo ? »
« Non, pas que je sache. Laisse-moi monter. » Camus appuya sur le bouton qui commandait l'ouverture de la porte.
« Bon bah moi je retourne me coucher. » fit Hyoga. De toute façon il dormait encore à moitié. Il n'aurait aucun mal à se rendormir.
Camus n'attendit pas longtemps. Il eut juste le temps d'aller au frigo et de sortir une bouteille d'eau et deux verres d'un placard. Aiolia entra sans même frapper, il semblait sur les nerfs et inquiet. Camus fronça les sourcils, ce n'était pas bon signe. Le jeune flic le chercha deux secondes du regard, le trouva, avança vers lui d'un pas rapide et lui attrapa les deux bras avec force. « Tu as eu des nouvelles de Milo ? » Camus eut du mal à comprendre, il faut dire aussi qu'il tombait du lit. Aiolia le secoua un peu. « Milo ! Quand l'as-tu vu pour la dernière fois ? Quand l'as-tu eu au téléphone ? »
Camus avait eu un peu de temps pour réfléchir. « Vu c'était Mardi dernier. » Cela faisait presque une semaine. Il m'a téléphoné euh . . . Il a laissé un message sur mon portable i jours. » Et il ne pouvait l'avouer mais le gang des vénitiens l'avait eu au téléphone il y avait deux jours. Deathmask l'avait trouvé nerveux mais il faut dire que c'était normal. Ils n'étaient plus aux moments des rigolades.
« 4 jours ! » cria Aiolia.
« Chuuttt, Hyoga a école demain. » Aiolia serrait fort ses bras, mais il ne fit pas de gestes pour se dégager, il semblait si nerveux. « Aiolia, qu'est ce qu'il se passe ? »
« Je l'ai eu il y a deux jours, le soir très tard. » Oui donc à peu près à la même période qu'eux. « Il semblait nerveux, m'a parlé d'un rendez vous avec des types importants. »
« Et ? »
« Il devait me rappeler juste après et il ne l'a pas fait. »
« Il n'a peut-être pas eu le temps. » répondit Camus mais commençant à s'inquiéter lui aussi.
« Oui, c'est ce que je me suis dit . . . . Le problème c'est qu'il a loupé également deux rendez-vous téléphonique avec notre père. On a installé ça, comme cela devient dangereux . . . . »
« Tu crois qu'il est en danger ? »
« Pas forcément en danger mais peut-être dans une situation où s'il essaye de nous joindre il risque de tout faire foirer. Je n'aime pas ça. » Lui non plus n'aimait pas ça, mais que pouvaient ils faire ?
Aiolia sembla prendre brusquement une décision. « Tu peux prendre des vacances ? Hyoga peut louper quelques jours d'école ? »
« Hein ? Mais pourquoi ? »
« J'ai promis à Milo de vous mettre à l'abri si quelque chose n'allait pas. »
« Attends, attends ! » Aiolia ne l'écouta pas, ne l'écoutait plus. Il l'avait lâché soudainement, et avait avancé jusqu'à la chambre de Hyoga. Il ouvrit la porte et même de là où il était Camus vit son petit frère sursauter dans son lit.
« Hyoga prépare vite un sac avec quelques affaires. »
« Hein ? »
Camus fit les quelques pas pour les rejoindre dans la chambre de Hyoga. « Non attends, Aiolia. Nous devons réfléchir posément. »
« J'ai promis de vous protéger. Ici, je ne peux pas, je vous emmène ailleurs. »
« Aiolia ! » Le jeune flic se tourna vers Camus. Le Français laissa un temps de silence. « Si . . . Si je connais un moyen pour savoir où est Milo ? »
« Il t'a donné une méthode pour le joindre même quand il est injoignable ? »
« Non, mais . . . On . . . » Camus jeta un regard à Hyoga. « On peut avoir un moyen de savoir où il est. »
Hyoga fixa son frère. « Cassy ? » demanda t il.
« Ce serait dangereux si tu l'appelais sur son portable ? »
« Non ! »
« Tentons ! » fit Camus tremblant un peu. Hyoga sortit du lit, alla chercher son portable, composa le numéro. Il jeta un regard à Aiolia et Camus qui ne le lâchaient pas du regard et appuya pour envoyer le coup de fil.
Il appuya sur le kit main libre et mit l'appareil à une distance raisonnable de son oreille pour ne pas se crever le tympan. Tout le monde attendit nerveux écoutant les sonneries passer. On décrocha au bout de trois fois.
« Allo ? »
« Cassy, c'est Hyoga. S'il te plait ne raccroche pas. »
« Qu'est ce que tu veux ? »
« De l'aide mais pas pour moi. Tu te rappelles de mon frère ? »
« Hum ! Je ne te fournirai pas. Tu peux aller voir ailleurs petit PD et ton PD de frère aussi. Si le petit ami de ton frère débarque je lui casse la gueule comme la dernière fois. »
« Quoi ? »
« T'as entendu ce que je t'ai dit ? Vous n'avez pas intérêt à débarquer. Au squatte, on ne veut pas vous voir. »
« Milo est au squatte ? »
« T'es sourd ? » cria Cassy. « Tes copains et toi je vous fais la tête au carré si vous débarquez. De toute façon le petit copain de ton frère on l'a déjà bien arrangé. » Camus frissonna, Aiolia écarquilla les yeux. « Je sais que tu es une balance. C'est toi qui avais prévenu les flics lorsque le gang des vénitiens nous avait mis une branlée. » Hyoga le plus près du téléphone entendit une voix derrière Cassy. Une voix qui semblait lui donner un ordre.
« Cassy, tu veux que je prévienne les flics ou le gang des vénitiens ? »
« Je hais les flics, encore plus que les pds dans ton genre. Ne m'appelle plus. » Cassy raccrocha subitement. Hyoga resta un instant sans bouger. Les deux autres étaient dans le même état que lui.
« Comment prévenir le gang des vénitiens ? » s'apitoya Aiolia. « Personne ne sait qui c'est et le seul qui a un moyen de les contacter c'est Milo. »
Camus prit un air déterminé. « On ne va pas se laisser aller comme ça. Aiolia, va chercher ton frère. »
« Tu crois ? Qu'est ce qu'on peut faire ? Si on débarque en tant que flic on met Milo en danger et on fout tout en l'air. »
« Va chercher Aioros. » insista Camus. Il poussa même un peu le Grec vers la sortie. « Dans deux heures, rendez-vous dans le vieil entrepôt derrière le . . . »
Aiolia sembla se reprendre un peu. « Comment tu connais cet entrepôt ? »
« C'est pas le moment. »
« D'accord. » Aiolia partit d'un pas rapide.
Camus se retourna vers Hyoga. « Je t'arrête de suite. » fit le jeune Russe. « Hors de question que je reste ici à rien faire, à me morfondre. »
Camus fit une petite grimace. « En fait j'espérais que tu veuilles bien m'aider. »
« Je dois faire quoi ? »
« Tu vas déjà passer des coups de fils. » Camus partit à sa chambre s'habilla en quatrième vitesse. « Je dois aller faire quelque chose. Préviens Angelo et Kanon, ils te diront quoi faire. Je reviens vite. » Hyoga n'eut pas le temps de protester s'il en avait eu l'intention.
sSsSsSsSsSs
Shura se tourna dans son lit et eut un sursaut monumental. « Nom de dieu. » cria t il en posant la main sur son cœur. « Comment vous êtes rentrés chez moi ? »
« Vous avez une dette je crois. Une dette envers Aioros, Aiolia et Milo. »
« Mais qui . . . ? »
« Vous ne vous souvenez pas de moi ? »
Shura fronça un peu les sourcils. « Vous êtes . . . . Camus ? »
« Milo a besoin de vous. »
« Comment ça ? »
« Le temps presse, je vous expliquerai après. »
sSsSsSsSsSs
Aiolia sortit de la voiture sans attendre. Il n'avait pas le temps d'attendre son frère qui traînait les pieds encore une fois. « Ici ? » s'étonna l'aîné. « Camus t'a donné rendez-vous ici ? »
« Oui, dépêche-toi. »
« Je ne vois pas ce que l'on va pouvoir faire. On ne peut pas y aller en tant que flics et . . . . »
« Je sais tout ça et Camus le sait aussi. Arrête de rabâcher. »
« Je ne raba . . . » Aioros se figea en apercevant un homme sortir du vieil entrepôt. Une silhouette qu'il avait connu. Il lui fallut un temps pour réaliser et d'ailleurs ce fut Aiolia qui le reconnut en premier.
« Shura ? » Aiolia fit quelques pas vers l'espagnol pour être sûr qu'il ne se trompait pas. « Mais . . . Qu'est ce que tu fais là ? »
« A dire vrai ? » Shura ne semblait pas à l'aise. Il tourna la tête vers l'intérieur de l'entrepôt. « Je ne sais pas trop. » Il observa les deux frères. « J'ai . . . J'ai un peu l'impression de m'être fait kidnappé par l'amant de Milo. »
« Camus ? »
Shura fit un simple petit mouvement de la tête. « Il m'a déposé ici en disant que vous alliez arriver et . . . Il m'a volé ma voiture. » Aioros n'avait toujours pas bougé. Cela faisait des années qu'il ne s'était pas retrouvé en face de l'homme qui avait changé le cours de leur vie à tous. « C'est bizarre. Je n'ai même pas réagi. »
Aiolia eut un petit sourire. « Camus est comme ça. Quand il prend les choses en main . . . » Il secoua la tête. « Il ne t'a pas dit où il allait ? »
« Non ! Je ne sais même pas ce que je fais ici. »
« Moi j'ai très bien compris . . . » marmonna Aioros. « Il veut qu'on soit pris de remord et qu'on sorte Milo de là par nos propres moyens. »
« Ce serait du suicide, Camus ne ferait jamais ça. » le défendit encore une fois le cadet.
« Ce n'est pas parce que c'est le petit ami de Milo que tu dois toujours prendre sa défense. »
« Alors arrête de le voir constamment comme un ennemi. Il veut la même chose que nous. Sortir Milo de cet enf . . . . »
Un bruit qui résonna dans tout l'entrepôt se fit entendre. Les 3 hommes se figèrent. « Tu es avec quelqu'un ? » demanda Aioros à l'espagnol.
« Il n'y avait personne tout à l'heure. » L'aîné n'eut pas d'hésitation. Il sortit son flingue de son fourreau et passa devant. Il rentra parfaitement sur ses gardes, fit quelques pas et . . . . Il ne vit pas le coup arriver. Son flingue valdingua et glissa à plusieurs mètres de lui.
« Nous n'aimons pas les armes à feu. » tonna une voix forte. Aioros aperçut au fond de l'entrepôt un homme seul, couvert par une immense cape. C'était le chef du gang des vénitiens. Un mouvement à peine perceptible sur sa gauche lui fit réaliser que c'était le seigneur qui venait de le désarmer. Son objectif atteint d'ailleurs, le seigneur repartait vers le chef de la bande.
Le général était là également. Il se pencha ramassa l'arme, fit tomber une à une les munitions dans sa main. Il sembla les soupeser et les observer, puis en un grand geste ample les jeta le plus loin possible. On les entendit retomber plus loin faiblement une à une. Le général se tourna de l'autre côté et envoya l'arme à l'opposé. « Hé mais c'est mon flingue. »
Il n'eut aucune réponse, du moins tant que les 3 membres du gang ne soient réunis devant eux. Le chef ne tourna pas autour du pot. « Un ami commun nous a dit que vous aviez besoin de notre aide. »
« Un ami commun ? » s'étonna Aiolia. « Vous connaissez Camus ? »
« Cela n'a pas d'importance. Vous avez besoin de notre aide oui ou non. »
« Non ! » fit Aioros plutôt en colère pour son arme.
« Si ! S'il vous plait. » demanda Aiolia en se mettant devant son frère. Le cadet d'ailleurs pour montrer sa volonté de s'allier à eux. Retira sans gestes brusques son arme et la fit glisser aux pieds du chef. Ce dernier se pencha et la ramassa. Il la regarda un instant puis la jeta derrière lui.
« C'est ridicule. Même à vous trois vous ne pourrez rien faire. On ne sait même pas combien ils sont dans ce squatte. »
« Qui vous a dit que nous étions que trois. » Le chef tourna la tête vers le seigneur, 3 nouvelles capes arrivèrent dans le champ de vision des flics. Puis il tourna la tête vers le général et une autre cape apparue. Aiolia et Aioros étaient bluffés. C'est vrai qu'on les avait toujours vus que par trois. Personne n'avait pensé à l'idée qu'ils pouvaient être beaucoup plus. « En plus notre seigneur nous a déjà concocté un plan. Par contre il va nous falloir des précisions sur les plans du squatte, les sorties possibles surtout. » Le chef désigna Aiolia de la main. « On raconte que tu les as bien étudié. »
Aiolia réalisait qu'ils avaient une bonne chance de pouvoir sortir Milo. Il s'approcha du gang. « Oui, je peux vous les indiquer. »
« Excusez moi, mais . . . » Tout le monde se tourna vers Shura qui venait de prendre la parole. « Je veux bien vous aider à sortir Milo de là mais . . . Je ne crois pas être très utile. »
Le général sans dire un mot s'approcha et sortit une cape d'un sac à dos. Il la mit dans les bras de l'espagnol. Il s'éloigna et donna la même chose aux deux flics. « Vous voulez qu'on se fasse passer pour des types de votre gang ? » s'étonna Aioros.
« Tu préfères peut-être y aller à visage découvert. » répondit sans prendre de gants le chef. Il plongea la main dans le sac que tenait encore le général revenu vers lui et lui lança un masque vénitien. Aioros le rattrapa mais semblait encore un peu sceptique. « Plus on sera nombreux, plus on aura de chance d'en sortir sans bobos. »
sSsSsSsSsSs
Milo assit sur une chaise, les mains attachées derrière le dos par des menottes, reçu une gifle monumentale qui fit tomber la chaise, le faisant tomber avec elle. Deux jeunes hommes le relevèrent en même temps que la chaise. Le Grec releva la tête et fixa celui qui venait de lui donner avec un air indifférent. Son visage était marqué, on lui avait donné plusieurs coups et certains bleuissaient ce qui signifiait qu'ils dataient de plusieurs heures.
« Encore une fois Milo . . . Pour qui tu travailles ? »
« Pour personne ! » souffla Milo fatigué et lassé.
Aphrodite qui lui avait tourné le dos, se tourna pour le regarder avec un petit sourire pas vraiment de circonstance. Il semblait lui plutôt amusé par la situation. « Cassy ! » Le jeune homme en retrait se montra. « Tu es un des plus proche de Milo. Je dois . . . »
« Il ne me fait plus du tout confiance. »
« Tu l'as joué en solo, Milo ? » s'amusa Aphrodite.
« Je ne m'encombre plus de personne. Je ne bosse que pour moi. »
« Tu connais les règles du milieu. Tu les fais appliquer toi-même. Alors pourquoi les enfreindre maintenant ? » Milo défia Aphrodite du regard mais ne répondit pas. « Qui tu protèges ? » Toujours aucune réponse. Aphrodite poussa un petit soupir. « Cassy ? »
« Oui ? »
« Tu vas aller . . . »
« Tu ne sais pas quoi faire hein ? » le coupa Milo. « Tu es incapable de prendre une décision sans que ton maimaître ne t'en ait donné l'ordre. »
« Tu te crois plus malin que tout le monde . . . Pourtant tu viens bien de commettre une erreur. »
Milo eut un petit pouffement. « Parce que tu as compris tout à fait par hasard que je ne bossais plus pour ton intérêt tu es persuadé que j'ai fait une erreur. »
« Cela n'a pas d'importance. Quand on va savoir que tu es un traître, toutes les organisations de Paris vont vouloir ta peau. »
« Qu'est ce que tu attends pour aller le crier sur les toits ? » fit Milo cynique.
Aphrodite fut un peu déstabilisée, mais se reprit vite. « Tu sais que j'ai besoin de preuves pour te discréditer devant les autres. »
« Et ouais ! J'ai plus de personnes dans ma poche que tu crois. Il te faudrait des preuves en béton pour me faire tomber. Des preuves que tu n'as pas, alors tu espères me faire avouer. »
Aphrodite s'approcha de Milo posa ses mains sur les genoux de son prisonnier, et il se pencha, leurs deux visages prêts à se toucher. « Tu te lasseras bien avant moi. Pour qui tu travailles ? »
« Pour nous. » Aphrodite et Cassy se retournèrent surpris, Milo leva la tête, aussi étonné qu'eux. Les 3 membres du gang des vénitiens se tenaient là, devant eux. « Un petit coup de main, Milo ? »
« C'est quoi cette histoire ? » demanda Aphrodite en fronçant les sourcils.
« Que tu t'es fait avoir dans les grandes largeurs, beauté. »
Cassy fit quelques pas de recul, un peu surpris. Le général ne le lâcha pas du regard, il se tourna même bien vers lui pour bien faire comprendre que ce n'était même pas la peine d'essayer de s'enfuir. Pourtant une main gantée de cuir se posa sur son avant bras, tranquillement. Le seigneur et le général s'observèrent du regard un instant. « Casse-toi. » siffla entre ses dents le général. L'adolescent ne se fit pas prier et tourna le dos pour partir en courant.
Le chef avait fait quelques pas vers Aphrodite et Milo mais attendait de sentir ses deux partenaires derrière lui, sur leurs gardes pour poursuivre. Ces derniers ne tardèrent pas. « Plutôt intelligent non ? » continua le chef semblant être plutôt amusé par la situation. « Toute cette mascarade. »
« Mascarade ? »
« Hum ! »
« Hé ! » Milo leur jeta un regard énervé. « A quoi vous jouez ? »
« Quelle reconnaissance ! On vient te sauver la vie et tu nous engueules. »
« Mais je ne vous ai rien demandé putain de m . . . » Milo se figea brusquement, fixant quelque chose. Aphrodite et même le chef du gang regardèrent dans la direction de Milo, mais ils ne virent rien à part . . . le seigneur lui-même, une main sur la hanche et l'autre tenant son bâton, attendant simplement. Le général lui était plus concentré sur les deux ouvertures de la pièce au cas où l'alerte soit donnée. Milo calmé, fixa à nouveau le chef. « Vous avez été long. »
Aphrodite tilta. « Qu'est ce que tu racontes Milo ? Il n'y a pas deux secondes tu . . . »
« Aphro, la ferme ! » Le seigneur se déplaça silencieusement et alla libérer le scorpion. Ce dernier avant de se lever de la chaise se frotta les poignets. Il avait besoin de se les dégourdir.
sSsSsSsSsSs
Dehors, quatre autres membres du gang des vénitiens se tenaient là, sur le qui vive. Le moindre bruit les faisait se retourner, la moindre chose suspecte en position défensive.
« Dites vous ne trouv . . . . » commença un des quatre.
« Chuuuuuuutttt ! » le stoppèrent les trois autres.
« Bah ! »
« Chuuuuuuutttt ! »
« Vous allez m'en laissez placer une. » s'énerva un peu le quatrième. « Il y a des gosses qui se font la malle. On les laisse partir ? » Les trois se tournèrent vers la direction qu'indiquait le quatrième.
« Oh que non ! » chuchota un des autres. « Celui là je me le réserve. » Il commença à aller vers eux, mais un des deux qui était resté en arrière fit quelques pas et retint celui qui voulait aller se battre.
« Seigneur nous a dit de ne pas bouger. »
« Lui je vais lui éclater la gueule, il t'a touché. »
« On lui a promis. »
sSsSsSsSsSs
Camus au volant d'une voiture s'arrêta tout simplement. Ils étaient arrivés, il se tourna vers Hyoga. « S'il te plait, Hyoga ! » Le Français se pencha vers son petit frère et ouvrit la portière. Hyoga la referma d'un claquement sec.
« Non, je ne te laisse pas y aller tout seul. »
« Je ne serais pas seul. Il y a Kanon et Masque avec moi. » Camus jeta un regard à l'extérieur, Ikki qui avait aperçu la voiture arriver, s'approcha. Il se pencha pour regarder ce que les deux frères faisaient dans la voiture. Hyoga avait comme toujours ouvert sa fenêtre en grand, même maintenant alors qu'on était encore en pleine nuit. « Je veux que tu restes en sécurité chez Ikki et Shun. »
« Non ! » Hyoga qui avait fixé la route sans se tourner vers son frère, le fixa enfin. « Si tu m'as amené ici, c'est parce que tu as peur de ne pas revenir. Je viens avec toi. Je vous aiderai. »
« Non, Hyoga ! Ce n'est pas un jeu. Nous allons . . . »
« Je le sais très bien et c'est pour ça que je viens avec toi. Tu ne me feras pas changer d'avis. » Ikki avait tout entendu. Il ne réfléchit pas très longtemps. Il ouvrit la portière à l'arrière et s'installa.
Camus pour la première fois de sa vie se faisait dépasser par les évènements. Il fixa les deux adolescents uns à uns. « Vous allez sortir de cette voiture. » hurla t il. « Il est hors de question que . . . »
Shun qui sans doute était resté sur le pas de la porte de la maison avança doucement. « Nissan ? Qu'est ce que tu fais ? Je croyais que Hyoga venait dormir à la maison. »
Ikki baissa sa vitre sans sourciller. « Tu restes à la maison, Shun. On n'en a pas pour longtemps. On va donner un coup de main à Camus. »
Camus sortit de la voiture furieux. Il fit le tour de la voiture et ouvrit les deux portières. « Sortez de cette voiture. Je n'emmène pas deux gosses. »
« Tu sais que tu as besoin de nous. » répondit Hyoga sans bouger d'un millimètre.
« Ce que j'ai besoin, c'est de vous savoir en sécurité ici. »
« On sera parfaitement en sécurité avec vous trois et je veux t'aider à sortir Milo de là. Si tu le perds, jamais on se le pardonnera. »
« Mais . . . »
« Ah non, Shun. » s'écria Ikki. « Toi tu restes ici. » Camus et Hyoga en plein dans leur dispute n'avaient même pas remarqué Shun qui venait de s'installer dans la voiture.
« Tu vas arrêter de me prendre pour un bébé. Je viens vous aider. » Camus un peu comme un automate ferma les portières et alla s'installer à nouveau derrière le volant.
Il se tourna vers les trois adolescents. « Si . . . vous allez me jurer de ne prendre aucuns risques. On va avoir besoins de sentinelles. Vous sifflerez au moindre truc suspect et vous ne traînerez pas. »
« D'accord. »
« Mais pourquoi je fais ça moi. » se parla à lui-même le Français en reprenant la route.
Il y eut un long silence, puis Shun se pencha entre les deux sièges avant. « Et en fait on va où ? On va faire quoi ? »
« On va sortir Milo d'un . . . »
« C'est qui Milo ? »
« Le petit ami de Camus. »
« Ah ! »
Ikki aussi se pencha et fixa un instant son petit frère, halluciné. « Shun ! C'est pas vrai t'es en pyjama. » L'aîné retira un léger pull qu'il portait et le donna à son frère. Il se retrouvait torse nu mais apparemment il préférait prendre froid plutôt que Shun tombe malade.
« Bah toi tu es en chausson. » Shun passa quand même le pull. Il montra ses pieds à son frère, lui montrant que lui avait au moins eu la présence d'esprit d'enfiler des baskets pour sortir.
Hyoga ne pu s'empêcher de rire. « On est vraiment partis en catastrophe. » Les 3 adolescents se mirent à rire, plus ou moins fort.
Quand ils arrivèrent derrière le vieil entrepôt, Masque et Kanon les attendaient déjà avec Saga. Masque devint rouge de colère en apercevant les adolescents. Presque de la fumée sortait de ses oreilles. « Qu'est ce qui t'a pris de ramener ces gosses ? » cria t il à Camus.
Le Français fixa les trois adolescents descendant de la voiture. « Le seul moyen que j'aurais eu de ne pas les emmener aurait été de les assommer. Et . . . On a besoin de quelqu'un pour surveiller nos arrières. »
Masque s'approcha des 3 ados d'un air menaçant, d'ailleurs Shun recula un peu, se mettant derrière Ikki et Hyoga, un peu effrayé. « Règle numéro 1 : Le premier que j'entends parler je lui fais bouffer sa langue. Règle numéro 2 : Deux sifflements brefs égal danger imminent. On se sépare et on s'éloigne le plus vite possible. Un sifflement long, c'est fini on s'éclipse discrètement sans traîner. Des questions ? »
« Euh . . . Je ne sais pas siffler. » osa dire avec une petite voix Shun.
« C'est moi qui sifflerait idiot. »
« Et nous on vous prévient comment si on voit des trucs suspects ? » demanda Ikki pas trop impressionné par Masque.
L'Italien se tourna vers Camus. Le Français arrivait avec capes et masques. D'ailleurs il tendit une paire de chaussure à Ikki. « C'est sans doute un peu grand mais ce sera mieux que les chaussons. »
Kanon arriva, tendit à Hyoga une crosse de Hockey et donna à Shun une chaîne pliée en trois. « Pour se défendre c'est mieux que rien. »
Camus retira immédiatement les armes des mains des deux plus jeunes. « Ils ne se battront pas. »
Kanon et Camus se mirent à se disputer les deux objets. « Il leur faut bien quelque chose au cas où. »
« Je ne veux pas qu'ils aillent se battre. »
« Mais si du renfort arrive il faut bien qu'ils aient au moins de quoi les dissuader. »
Masque se mit entre les deux et arracha les deux objets. Il les rendit aux deux adolescents. « Seulement en cas d'extrême nécessité. C'est bien compris ? » Shun et Hyoga acquiescèrent. « Saga ! Cela ne te dérange pas de rester avec eux ? »
« Je croyais qu'il vous fallait quelqu'un à l'intérieur ? »
« Aiolia, Aioros et Shura suffiront amplement. S'ils acceptent. » espéra Camus. Les trois membres du gang s'habillèrent très rapidement et s'éloignèrent un peu pour se consulter entre eux.
« Je n'aurais jamais imaginé que c'était eux. » parla doucement Saga en s'adressant aux trois adolescents.
« Eux qui ? » demanda Shun.
« Le gang des vénitiens. »
« C'est qui ? »
« Bah eux ! » Shun et Saga se fixèrent un instant. Ils avaient du mal à se comprendre.
« Le gang des vénitiens, ça fait un peu groupe de rock. » s'exprima Ikki aux côtés de Hyoga.
« Ils n'ont pas choisi je crois. On les a appelés comme ça à cause des masques. »
« Hé ! Vous les avez trouvés où ces masques ? » demanda Ikki en interpellant le gang.
« Le premier qui se marre aura affaire à moi. »
« Bah pourquoi ? »
« Parce que cela vient de ma collection privée. »
« Tu collectionnes les masques vénitiens ? »
« Non ! Je les crée. » Ce fut l'étonnement total.
« Et oui, cela ne paraît pas comme ça mais Masque est un artiste. » se moqua un peu Kanon.
« Oh arrête. »
« Il est très réputé à Venise pour ses masques. » continua Camus très sérieux.
« On est pas là pour parler de . . . »
« Mais Masque je suis sérieux. J'aime beaucoup ton travail et je ne suis pas le seul. Tu y dégages une telle sensibilité. »
« Habillez-vous au lieu de raconter des bêtises. » L'Italien s'éloigna en bougonnant, disparaissant de leur vue.
« Il n'aime pas qu'on voit son côté sensible. » expliqua calmement Camus. Il s'approcha des trois adolescents et commença à réajuster leur cape, à bien mettre les manches longues pour qu'elles ne les gênent pas. « Vous restez avec Saga, d'accord ? »
« Oui, ne t'inquiète pas. »
« Ne faites rien qui pourrait vous faire reconnaître, surtout parler. »
« Oui, d'accord. »
Camus prit Shun et Hyoga contre lui et les serras tendrement. « C'est de la folie, de la pure folie. »
« Il ne nous arrivera rien. » essaya de rassurer Hyoga. Camus les lâcha vérifiant une dernière fois qu'ils étaient bien habillés et sans crier gare prit Ikki contre lui tout comme il venait de le faire avec Hyoga et Shun. C'était une vision un peu comique mais personne ne rit.
« Tu es l'aîné, tu prends bien soin d'eux. » Ikki n'osa même pas répondre, tellement peu habitué à des marques de tendresse à son égard de cette façon. Il avait l'habitude de Shun se blottissant dans ses bras mais de ça . . . . Il y eut un sifflement bref et Camus le lâcha. Il ne put s'empêcher de bien remettre la tunique, même pour Ikki. « Aiolia et Aioros arrivent. Ne vous montrez pas tant que le chef ne vous le demande pas. » Camus positionna une dernière fois bien son masque, fit glisser sa capuche sur la tête et attrapa un long bâton. « Si vous avez quoique ce soit sifflez 3 fois bref, Moi, Seigneur, et Kanon, Général, arriveront en courant. » Le Seigneur fit une légère révérence et partit de son pas glissant vers l'entrepôt. Les quatre restants suivirent de loin.
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« Hé toi ! » Cassy entrain de faire sortir le plus vite possible des gosses vivants dans le squatte, se retourna. « Toi et moi on a des choses à régler. »
« Vous êtes qui vous ? » Il semblait surpris mais pas vraiment impressionné. Pour lui les trois membres du gang des vénitiens se trouvaient à l'intérieur. Ceux là ne pouvaient être que des faux, surtout qu'ils étaient quatre.
« La relève. »
« Alors permets-moi de vous dire que vous ne faites pas du tout crédibles. »
« On va se battre, tu vas voir si . . . . »
« Cassy ! » Un adolescent de leur âge sortit précipitamment du squatte. Il se figea en voyant les quatre capes. « Merde, il y en a partout. »
« Comment ça partout ? »
« Il y en a trois autres à la sortie Sud. Ils ont déjà rossé tout le monde. »
« C'est ça de sous estimer ses adversaires. »
« Les originaux sont assez impressionnants je l'avoue, mais vous n'êtes que des pâles copies. »
« Viens te battre contre la copie. On va voir qui aura le dessus. »
« Personne ne va se battre ! » cria un des membres du gang des vénitiens présents, les trois autres étant juste derrière celui qui avait interpellé Cassy.
« Ne t'occupe pas de ça. Je vais l'éclater. » Celui de derrière attrapa fermement le bras, essayant de le retenir.
Cassy regarda avec amusement la scène. « Hé les gars ! » interpella t il des gosses qui sortaient du squatte. « Ces 4 là ont besoin d'une leçon. » Derrière Cassy se placèrent 5 ados à cran. « On va enfin savoir ce qui se cache derrière ces masques. »
« Vous n'êtes pas assez nombreux. » provoqua l'un des membres du gang. Celui qui semblait le plus vindicatif, le meneur du gang des vénitiens n'attendit pas. Il leva le poing et envoya une droite monumentale à Cassy. Ce dernier surpris fit plusieurs pas en arrières et eut du mal à s'en remettre. Il n'en eut d'ailleurs pas le temps. L'autre se jeta sur lui en ils commencèrent à se battre. Ils ne faisaient pas semblant. Un autre du gang des vénitiens voulut se mettre entre eux avec l'intention de les arrêter sans doute mais les copains de Cassy l'en empêchèrent. Deux vinrent sur lui et le firent reculer pour qu'ils aient de la place pour se battre. Il fut vite débordé et n'eut pas le temps de savoir comment s'en sortaient les autres, trop occupé à repousser les attaques simultanées.
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Les autres semblaient s'en sortir plutôt bien. Cassy avait du mal à faire face à celui qui l'avait frappé mais se défendait assez bien pour ne pas être submergé. Plus loin le plus grand du gang présent éloignait le plus gros des adolescents, qui avaient été attirés par les bruits qui résonnaient dans la ruelle. Il les tenait à assez bonne distance sans trop leur faire de mal. Celui qui se battait avec la chaîne avait une technique de combat bien particulière mais assez efficace. Il repoussait les plus coriaces vers le grand, les autres, il s'arrangeait pour atteindre leurs talons d'Achille les empêchant de se relever dans l'immédiat.
Très vite une sorte de coordination s'installa entre les 4 sans qu'ils aient cherché à obtenir ce résultat. Celui qui se battait avec Cassy était pas mal occupé car l'ancien petit ami de Hyoga avait l'habitude des bagarres des rues, pourtant il arrivait à jeter de petits coups d'oeils vers celui qui avait été submergé au début. Ce dernier s'en sortait assez bien finalement malgré le nombre impressionnant d'adversaire qu'il avait. Avec sa crosse de Hockey il semblait avoir le même genre de techniques de combat que le seigneur, déstabilisant plutôt ses adversaires que les frapper.
Le grand et celui qui se battait avec une chaîne avaient rapidement mit au point une coordination assez précise, sans même avoir à se parler. Ils savaient comment et où pour garder l'avantage à deux malgré le flux de plus en plus important d'arrivants.
Mais brusquement tout l'avantage qu'ils avaient eu s'écroula. Le grand sembla avoir un malaise. Il dut poser un genou à terre. Leurs adversaires profitèrent de l'occasion et se jetèrent sur lui pour le plaquer à terre. Inquiet celui qui était à côté de lui essaya de lui venir en aide, oubliant une fraction de seconde qu'il avait déjà beaucoup à faire avec ses propres adversaires. Il n'eut pas le temps de rejoindre son ami qui fut complètement submergé.
Pourtant tout ça eut une conséquence à laquelle personne ne s'attendit. Comme leurs adversaires cherchèrent à exploiter cette faiblesse, ils submergèrent les deux qui étaient maintenant à terre. Cela permit à un autre d'être à peu près dégagé. Il se débarrassa des deux seuls adversaires qui lui restaient et se lança sur les deux hommes qui se battaient presque comme des chiens. Cassy avait réussit à se mettre à califourchon sur son adversaire et frappait de toutes ses forces là où son adversaire le permettait. En réalité la plupart de ses coups étaient arrêtés mais il continuait à frapper sachant qu'il n'aurait pas d'autres occasions de le dominer.
Sans qu'il n'ait le temps de réaliser un objet passa devant lui. La crosse de Hockey se posa sur son torse et brusquement se cala dans son cou, lui coupant la respiration. « Arrêter ! » hurla celui qui tenait la crosse de Hockey. Il tira vers l'arrière coupant un peu plus la respiration à Cassy, qui avait posé ses mains sur la crosse pour tenter de la retirer. « Arrêter ! » répéta t il encore plus fort en obligeant Cassy à se redresser un peu.
Si la première fois on ne l'avait pas vraiment écouté, cette fois tous les combats en vu stoppèrent. « La plupart d'entre vous ne savent même pas pourquoi ils se battent. » Il resta derrière Cassy l'étranglant toujours légèrement pour le tenir tranquille. Il fit face au plus grand nombre des personnes présentes dans le lieu. « On est pas venu en ennemi. » Il sembla hésiter puis finalement continua. « On est venu aider l'un des vôtres. » Sa dernière phrase eut l'effet qu'il attendait. Tous les jeunes du squatte se regardèrent ne comprenant pas. « Milo risque sa vie pour . . . »
« Milo nous a trahi. » cria un adolescent tout au fond. Plusieurs personnes se décalèrent s'étonnant d'entendre quelqu'un parler ainsi.
« Non ! » cria celui qui tenait Cassy essayant d'être le plus possible convaincant. Il augmenta la pression sur la gorge, mais relâcha de façon supportable quasiment de suite.
L'ancien amant comprit le message. « Milo ne nous a pas trahi. » expliqua t il à ses compagnons. « Il essaye de nous sortir de cette merde. »
« Qu'est ce que tu racontes, Cassy ? » cria un autre squatteur.
« Aphrodite se sert de nous pour . . . des trucs vraiment graves. Milo essaye de l'en empêcher. » Un silence religieux s'installa. Quelques personnes se redressèrent, d'autres se posaient des questions en s'envoyant des regards. Tout le monde semblait réfléchir, ne sachant plus quoi penser. « Réagissez voyons. Milo a toujours été de notre côté. Il nous a toujours aidés et protégés. » Cassy fit une pause, pour reprendre son souffle et peut-être pour que ce qu'il avait à dire ait plus d'impact. « Milo s'est associé au gang des vénitiens car ils ont le même but. La . . . la première attaque des vénitiens était pour venger un gosse du Lycée Macran que certains d'entre nous avaient tabassé car il avait refusé d'acheter de la drogue. » Cassy assez calme s'énerva un peu, criant un peu plus. « Milo a toujours détesté qu'on s'en prenne aux gosses. Rappelez-vous. Il refuse qu'on touche à cette saloperie de drogue. » Cassy se redressa et l'autre le lâcha enlevant même la crosse de sa gorge. « On a fait des tas de conneries et Milo nous en a toujours sorti. Cette fois c'est à nous de l'aider. »
Pendant quelques secondes il n'y eut pas un seul mouvement dans toute la rue. Puis avec étonnement, Cassy vit un de ses camarade du squatte se baisser et attraper le bras d'un des membres du gang des vénitiens pour l'aider à se relever. « Il y a mon petit frère qui est en 6ème à Macran. » expliqua t il.
Un autre fit quelques pas en avant. « Qu'est ce qu'on peut faire pour aider ? »
« Rameuter le plus de personnes possible. » fit calmement le membre du gang avec la crosse de Hockey. « Je crois que cet Aphro-type doit se douter que vous ne trahirez pas Milo. Il a du prévoir des gros bras. »
« Je l'ai toujours détesté. » expliqua Cassy. « Dis donc toi, tu ne serais pas de la famille du seigneur ? Tu te bats comme lui. » L'adolescent envoya un sourire complice qui disait long sur ce qu'il pensait.
Le membre du gang se contenta de lui lancer sa crosse que Cassy réceptionna facilement. « Je t'apprendrais peut-être quelques . . . »
« Hé ! » Les deux garçons se retournèrent. Personne n'avait fait attention, mais le plus grand du gang des vénitiens était toujours à terre. Celui avec une chaîne penché sur lui. « Il a vraiment pas l'air bien. » Il semblait se tordre de douleur, tout en se tenant la tête. Une sorte de grognement sortit de sa gorge, alors qu'il faisait glisser avec des gestes erratiques sa cape à terre.
« Qu'est ce que tu fais ? » cria l'un des membres en s'approchant pour l'en empêcher. L'autre ne l'écouta pas, il fit de la même façon glisser son masque, tout le monde pu voir son visage. Un visage déformé par la douleur. Saga continua à se déshabiller, tirant sur son tee-shirt comme s'il l'étouffait. Puis ses mains se mirent à chercher dans ses poches. « Qu'est ce que tu as ? Tu as mal où ? »
« Mes . . . mes cac . . . . » essaya d'articuler le Grec. Il n'y arrivait pas, et ses mains tremblaient trop pour qu'elles puissent attraper quoique ce soit dans ses poches.
« Tes cachets ? » Saga secoua un peu la tête, même si ce fut à peine perceptible. Tout de suite les deux autres se mirent à fouiller dans les poches de Saga, essayant de trouver le flacon contenant les pilules. « Tu les a mis où ? » cria l'un des membres en paniquant. Ce fut trop tard, Saga s'effondra inconscient avant.
« Faut l'emmener à l'hôpital votre copain. » fit Cassy qui avait approché.
Celui du gang qui était resté en retrait le bouscula un peu par l'épaule. « Occupe-toi de tes affaires. »
« Arrêtez vous deux, on dirait des gosses. Il y a plus grave. »
« Vous ! » Cassy désigna quatre adolescents du doigt. « Portez le, emmenez le à l'hôpital. » Il en désigna d'autres de la même façon, annonçant les tâches à faire. Une fois réparti tout le monde, il se tourna vers les 3 membres du gang valides. « On peut leur faire confiance. Venez ! »
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« Alors voilà mon cher Aphro. » Le Suédois assis sur la chaise que Milo occupait quelques minutes avant, observait le scorpion penché sur lui, comme s'il s'agissait d'une personne folle à lier. « Ne trouves tu pas ça amusant ? » Le Grec était appuyé sur la chaise. Il se tourna légèrement et fit un clin d'œil au gang des vénitiens, se moquant que Aphro puisse voir son geste. « Tu voulais savoir pour qui je bossais, en réalité … ce sont eux qui bossent pour moi. »
« Tu as trahi notre organisation pour cette bande de carnaval ? »
Le chef fit un pas en avant, sans doute vexé, mais Milo anticipa. « Hé ! Un peu de respect. » Milo attrapa une touffe de cheveux du Suédois par l'arrière et lui tira la tête pour qu'il le fixe bien droit dans les yeux. « Tu croyais réellement que j'allais être à tes pieds toute ma vie ? En réalité depuis le début, je préparais ça. Vous êtes grillés partout, toi et …. »
« C'est pas le moment Milo. » essaya de l'interrompre le chef.
« Oh si c'est le moment. Il n'y aura pas de meilleur moment. »
Des claquements de doigts retentirent dans la pièce. Le général prévenait, des bruits anormaux se rapprochaient. Le seigneur vint le rejoindre et chacun d'un côté de l'entrée attendirent de voir qui arrivait, tous les deux en position à l'affût. Le chef lui ne s'était pas gêné pour se mettre devant la porte, il se mettait toujours face à un ennemi. Et cette fois ce fut un plus. « Putain, qui vous a dit de quitter vos positions ? » Le seigneur eut un sursaut qui n'échappa à personne et vint de suite voir. Il fut tellement choqué qu'il faillit parler.
Mais le scorpion réagit en premier, il avança d'un pas rapide vers les nouveaux arrivés et envoya une gifle magistrale à Cassy. « Depuis quand vous n'obéissez plus à mes ordres petits cons ? »
Aphro ne fut pas dupe, il vit de suite que quelque chose clochait mais il n'imagina simplement pas le bon scénario. « Alors c'est pour ça que le gang des vénitiens disparaissait et réapparaissait sans qu'on puisse mettre le main dessus. Tu as demandé aux gosses du squatte de …. »
« Tu me connais décidemment très mal, Aphro. Je n'impliquerai jamais ces gosses dans quelque chose de dangereux. » Milo attrapa d'ailleurs le bras de Cassy et le bouscula pour qu'il s'en aille. « Je vous avais dit de vous tirer. » Il bouscula d'ailleurs les trois autres déguisés comme le gang. « De tous vous tirer. »
On sentait que les gosses voulaient répliquer et on sentait que Milo ferait tout pour les en empêcher mais un nouveau mouvement par une autre entrée de la pièce surprit tout le monde. Encore un drapé entra, suivi par deux autres, mais ce dernier ne resta pas incognito. Aioros retira sa cape et son masque tout en se dirigeant vers Aphro. « C'est lui ? C'est lui qui …. »
« Non ! » Shura fit tomber sa capuche et remonta le masque sur son front. « Ce n'est pas lui qui m'a ordonné de te tuer car tu commençais à t'approcher trop près de la vérité. Lui … » Shura désigna le Suédois d'un air dédaigneux. « Ce n'est qu'un sous fifre. »
« Qui alors ? Qui est ce ? »
« Il n'y a que deux personnes qui connaissent son visage. » avoua Milo en s'approchant semblant à peine étonné par l'arrivé de son frère aîné et de son ancien coéquipier, comme s'il avait prévu que tout se déroulerait ainsi. « Aphro et Shura. »
« Mais Shura avait épluché tous les suspects potentiels à l'époque. »
« La seule chose dont je suis sûre avec tout ce temps passer ici, c'est que ce type ne fait pas parti du milieu. » Milo revint près d'Aphro pour de nouveau lui faire relever la tête. « Par contre je n'ai toujours pas trouvé comment il te donne tes ordres. Je me suis renseigné sur tous les numéros sortants ou entrants de ton portable, je t'ai mis sur écoute, je t'ai fait suivre nuit et jour par mes gosses. » Aphrodite lança un regard meurtrier à Cassy. Milo se pencha légèrement vers lui. « Et oui, Cassy n'a jamais eut l'intention de me trahir. J'ai trouvé ça trop drôle quand tu lui as demandé de m'espionner. » L'adolescent d'ailleurs eut l'air content de lui puisqu'il sourit légèrement sans se cacher.
« Et puis… » murmura une voix qui semblait vouloir se parler à elle-même.
Aiolia le seul à être resté incognito jusqu'à maintenant retira la capuche qui le cachait pour fixer dans les yeux l'ancien flic, voulant l'inciter à continuer. « Et puis quoi ? »
« J'ai à peine vu son visage en réalité. Il faisait tout pour le cacher dans la pénombre. C'est plus sa voix que j'ai repérée. »
« On ne va pas faire grand-chose avec une voix. » s'énerva Milo. Il bouscula de nouveau Aphrodite, la colère montant de plus en plus. « Tu es donc le seul qui pourra nous mener à lui. »
« Je ne te dirais rien, absolument rien, Scorpion. Qu'est ce que tu vas faire ? Tu es coincé. »
« Bon c'est fini les conneries. » Le chef qui venait de parler se déplaça rapidement. Il avait laissé le Scorpion gérer l'affaire jusqu'à maintenant mais cela ne menait à rien. Il attrapa leur prisonnier par le col, le relevant légèrement pour lui mettre un torgnolle qui aurait assommé n'importe qui. « Qu'est ce que tu vaux, hein ? Quel prix donne ton patron à ta vie ? Nous sommes en meilleure position que toi. Si on te garde prisonnier, ta filière va complètement se désintégrer. Peut être que ton patron se bougera le cul à ce moment là et qu'il prendra contact avec nous. »
« Sa vie ne vaut rien. » La voix glaciale qui retentit fit se figer tout le monde. Le chef en lâcha même Aphrodite qui s'écroula toujours attaché sur sa chaise. Toutes les personnes dans la pièce s'observèrent. Qui avait parlé ? Il n'y avait personne d'autres qu'eux dans la pièce donc… c'était l'un d'entre eux ? Shura avait légèrement pali, ce qui fit comprendre aux plus observateurs d'entre eux que la voix était celle qui le hantait depuis des années. « Tues le, chef du gang des vénitiens. Demain il est remplacé. »
Cette phrase plus longue ne permit pas de savoir d'où venait la voix, mais … plusieurs personnes se tournèrent vers… Aioros couru comme un fou vers le général et lui arracha sa tunique. « Kanon ! A quoi tu joues ? »
« Oh ! Attendez ! »
« C'était ta voix. »
« Non ! »
« Comment tu peux nous mentir ? On a tous reconnu ta voix. » cria le chef.
« Je n'ai …. » Le général maintenant démasqué se tourna vers le seul et unique seigneur. « Tu as confiance en moi. Tu sais que ce n'est pas moi. »
« Ta voix ! » susurra le seigneur.
« Je ne suis pas le seul à avoir cette voix. » hurla Kanon, paniqué de découvrir que plus personne, son amant, ses meilleurs amis, n'avait confiance en lui.
« Saga ! » réalisèrent plusieurs personnes en même temps.
« Où est-il ? » demanda le seigneur en se tournant vers les adolescents encore drapés.
« Il… »
« Je suis là Camus. Juste là. » Le jumeau sortit d'un coin sombre pour se faire voir de tout le monde.
« Saga ! Qu'est ce qui te prend ? »
« Patron, ce n'est vraiment pas sympa ce que vous venez de dire. »
« Tu t'es fait avoir en beauté, Aphrodite. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi. »
« Vous ne m'aviez même pas dit que vous aviez un jumeau. »
« Le coupable idéal, petit détective de troisième zone, fréquentant les bas quartiers, sans un sous en apparence mais qui s'en sort toujours. C'était plus avantageux pour moi. »
« Tu te sers de Kanon pour te couvrir ? »
« Depuis toujours. Et cet idiot continut à tenter de recoller les pots cassés. »
Pour Aioros ce fut trop, il frappa Kanon qui sous la violence du choc tomba à terre. « Comment tu as pu faire ça ?»
« Je ne savais pas pour cette histoire de chef de drogue. Je te le jure. J'ai couvert Saga que pour des petits trucs. Je disais que c'était moi. J'ai payé les amendes, fait les heures de travaux généraux ou la prison avec sursis à sa place c'est tout. Mais … si j'avais su ça. Je vous jure que je vous l'aurai dit. »
« Voyons, voyons Kanon. Tu sais depuis notre naissance que j'ai un dédoublement de personnalité. »
« Mais tu n'avais fait de mal à personne jusqu'à … jusqu'à… »
« ce que je tente de te tuer, ainsi que Camus. »
« Après ils t'ont mis sous traitement. J'ai cru que tout ça, c'était fini. »
« Je dois avouer que ces saleté de pilules m'ont empêché de sortir, mais tu vois je suis toujours là. »
Leur identité était pratiquement à tous dévoilée. Camus n'hésita donc pas à se débarrasser de ce qui le gênait et s'accroupit face à Kanon pour lui prendre son visage entre ses mains. « Kanon ! Comment on l'arrête ? Comment tu le calmes ? Comment tu le fais redevenir lui-même ? »
« Tais-toi ! Immonde crétin. » hurla Saga à son frère.
« Saga, tu es mon frère je t'aime. Je fais ça pour te sauver. »
« Idiot ! Tu me condamnes. »
Saga voulut se jeter sur son frère, le réduire au silence, le tuer peut être. Mais par chance il était seul, Aphrodite attaché il n'y avait que lui contre le scorpion, le chef du gang des vénitiens et 3 flics ou anciens flics.
« Quand on était petits j'ai failli me noyer une fois. Saga m'a sauvé la vie. Il faut l'immerger dans l'eau. Lui faire croire qu'il va se noyer. Cela fait revenir de suite Saga, le vrai Saga. »
« Bon ! Vu qu'on n'a pas ça sous la main. » Masque fit rapidement les quelques pas qui le séparait de Saga. Le Grec était tenu en respect par Milo et Aioros. Il ne lui laissa même pas le temps de se débattre, envoyant un magistral coup de poing. Saga ne tomba pas à terre seulement parce que les deux autres l'attrapèrent. Masque lui redressa la tête pour vérifier qu'il était bien inconscient puis regarda Aioros. « Je vais avoir des problèmes ? »
« Cela fait quand même deux fois que tu l'assommes. »
« Légitime défense. »
« Cela reste à prouver. » expliqua Aiolia.
« Parles-en à mon avocat. » répondit du tac au tac Masque en désignant Kanon.
« Et qu'est ce que l'on fait maintenant ? » demanda une voix peu forte.
Que faisaient-ils maintenant ? Rien n'était réglé et ils découvraient chez les autres des secrets qui les déstabilisaient ou les rendaient furieux intérieurement en tout cas. Quasiment tout le monde avait un secret qu'il avait cru pouvoir garder et qui maintenant se retrouvait au grand jour sans crier gare.
Le premier à réagir fut bizarrement Aiolia. Il alla vers Aphrodite toujours sur sa chaise, le libéra… pour lui faire passer les mains derrière le dos et ainsi lui mettre les menottes. « Je vous arrête pour tentative de meurtre sur la personne de l'officier Aioros Salkis, ainsi que pour la tentative de corruption de l'ancien officier Shura Manos. »
« Quoi ? »
« Je n'ai pas fini. Pour mise en vente de drogues illégales et blanchiment d'argent. »
« Mais ce n'est pas moi. C'est le patron. »
« Ton patron est un fantôme. Donc tout retombe sur toi. »
« Vous n'avez pas de preuves. Vous n'avez aucunes preuves. »
« Oh si, Aphro. Ils en ont pleins. » répondit avec lassitude Milo. « Ils sont au courants de tout. »
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Kanon et Masque encore avec leur cape sur le dos, mais le visage à découvert, portaient le plus doucement possible Saga. Ils l'allongèrent délicatement à l'arrière d'une de leur voiture, le plus près qu'ils aient trouvé. Aioros, Aiolia, Shura avec leur prisonnier avaient du s'éclipser le plus vite possible pour que le moins de personne possible ne les voient.
« Quelle soirée de fou. » commença Masque en se tournant vers les ados qui les suivaient. Sans déclencheur, Kanon éclata en sanglots. L'Italien le prit contre lui pour le calmer. « Espèce d'idiot ! » fit il pour lui remonter le moral. « Depuis le temps qu'on est amis, tu crois pas que tu aurais pu nous mettre au courant ? »
« Je ne suis pas le seul à avoir des secrets. »
« C'est vrai, mais le tiens est vraiment lourd à porter. Je ne veux pas à devoir de nouveau nourrir un de mes amis à la petite cuillère. »
« Merde, Masque ! Je ne savais vraiment pas que c'était si grave pour mon jumeau. »
« On va s'occuper de tout ça, ensembles. Saga est malade, alors on va prendre soin de lui. » Masque jeta un coup d'œil aux trois ados pas très loin d'eux. « Et vous les morpions ! » Les deux frères et Hyoga qui avaient gardé leurs distances par discrétion leur firent face. « Vous avez bien géré. » sourit l'Italien. « Merci beaucoup. »
« Merci ! » répondit naturellement Hyoga. D'ailleurs il se tourna vers Shun et lui prit la main pour répéter. « Merci ! Merci Shun, de rester quand même mon ami. »
Shun rougit un peu mais c'est presque avec nonchalance qu'il se décida à dire. « Bah ami c'est mieux que rien. On était amis avant on peut le redevenir. Et puis vu qu'apparemment Ikki et toi vous voulez vous remettre ensemble. C'est comme si je devenais ton beau-frère. »
Hyoga serra Shun contre lui. « Oui, je serais très heureux d'être ton frère. » Shun eut un regard triste que bien sûr Hyoga ne put voir. Mais Ikki à côté le vit, il fit donc un sourire d'encouragement à son frère. Shun répondit par un sourire plus heureux. Si les deux personnes qu'il aimait le plus au monde étaient heureuses ensembles. Il pourrait surmonter sa peine de se retrouver seul. Hyoga l'embrassa même tendrement sur la joue, ce qui embauma le cœur meurtri du plus jeune.
Le jeune Russe par contre le repoussa doucement mais assez abruptement. « Pardon Shun ! Il faut que j'aille parler à Cassy. » Il venait de voir passer son ex-amant. Il sentait le besoin d'aller lui parler. Il courut donc après le jeune délinquant. Ce dernier quittait le squatte, à son pas on aurait dit que c'était son dernier jour dans cet endroit. « Cassy ? » Le jeune homme se retourna sans surprise dans son regard. « Tu t'en vas ? Tu sais je… voulais te remercier de m'avoir aidé à convaincre tes amis. J'ai peut-être… été un peu dur avec toi l'autre fois. »
« Non, tu as eu raison. Mais ces personnes sont comme ma famille. Je ne pouvais pas tout quitter comme ça. »
« Je peux comprendre. Tu seras toujours le bienvenue chez nous tu sais. Camus t'aime beaucoup. Ce que tu es ne compte pas. » Hyoga fit un petit sourire rassurant. « Milo est bien un bandit de grand chemin. »
« C'est gentil, mais ce sera dur de venir je pense. »
« Pourquoi ? »
« J'ai beaucoup réfléchi à ce que tu m'as dit et …. Ce matin j'ai eu le courage de… d'appeler ma sœur. »
« Tu as une sœur ? » Hyoga en tombait des nus. Il était sorti avec Cassy et il ignorait qu'il avait une sœur. Ils n'étaient pas sorti très longtemps ensemble mais tout de même.
« Elle habite en banlieue, elle est mariée, elle a un enfant… » Cassy poussa un léger soupir. « Y en a même un autre en route si j'ai bien compris. Je … Je lui en voulais. Nos parents sont morts et on avait toujours été ensembles. Quand cet homme est rentré dans sa vie… Je me suis senti trahi, seul. Elle a dit qu'ils s'étaient beaucoup inquiétés pour moi. Son mari est allé plusieurs fois poser des avis de recherche à l'endroit où j'avais disparu. Elle veut que je vienne vivre avec eux. Faudra que je partage la chambre avec le petit mais… »
Sans rien dire, Hyoga enlaça tendrement le délinquant. Il ferma les yeux et le serra avec beaucoup de tendresse. « Je suis très heureux pour toi. » Cassy eut d'abord du mal mais avec soulagement il répondit à l'étreinte. « La banlieue ce n'est pas si loin. Tu pourras venir nous voir de temps en temps. »
« Oui ! » Cassy au bout d'un moment rouvrit les yeux. Il tomba direct sur le visage d'Ikki, appréciant peu le spectacle de son petit ami, enserrant un autre. « J'arrive pas à croire que tu te sois remis avec Ikki. Tu n'avais pas dit que tu ne voulais plus en entendre parler ? »
« Euh… J'ai essayé. Ce gars je l'ai dans la peau, ça ne s'explique pas. » Hyoga ne put que rire même si c'était un peu crispé. « Je n'arrive pas à m'en défaire. »
« Ça va être chaud à gérer. »
« Je sais. On essaye de trouver un petit ami à Shun. » Hyoga jeta un petit coup d'œil à son petit ami avant de refaire face à son ex. « En attendant on a décidé de faire ceinture. Je t'avoue que je ne sais pas si on va réussir à tenir très longtemps. » Hyoga prit un air coquin. « Tiens ! Mais tu ne serais pas intéressé ? »
« Hein ? Non, merci ! Il est peut-être mignon mais ce n'est pas du tout mon genre. On va dire que je suis un hétéro qui a eu un coup de foudre passager pour un gars, ok ? »
« Oki ! »
« Mais ce gars a trouvé chaussure à son pied, et c'est mieux pour tout le monde. » Tendrement Cassy laissa ses doigts glisser sur la joue de son ex. « Je vais changer de portable pour couper les ponts avec toutes mes anciennes connaissances. Dès que je l'ai, je t'appellerai pour que tu aies mon numéro. »
« D'accord ! »
« Ne le donne à personne. Sauf à Milo, s'il a besoin de me contacter. »
« Promis ! »
« Mais je crois que lui aussi veut tourner la page. » Cassy ne put résister. Il se pencha légèrement, pour embrasser du bout des lèvres Hyoga. Ce fut assez bref car du coin de l'œil il aperçut Ikki mécontent venir dans leur direction. « Allez, j'y vais avant de changer d'avis. »
« Bonne chance dans ta nouvelle vie. » Cassy fit un dernier sourire puis tourna les talons, décidé à tirer un trait sur tout ça.
« Il était obligé de t'embrasser ? » demanda Ikki à la limite du furieux vu que lui cela lui était interdit d'avoir ce genre de contact avec Hyoga pour le moment.
« C'était un baiser d'adieu. »
Ikki ne répondit pas. Il prit même sur lui pour ne pas grommeler. « Allez viens. J'ai laissé Shun tout seul à la voiture. » Il tira Hyoga doucement par le bras qui se laissa faire mais ne détourna la tête que lorsque Cassy ne fut plus en vue.
« Comment ça tout seul à la voiture ? » réalisa t-il enfin.
« Masque et Kanon sont partis faire un truc. » Mais aucun des deux adolescents ne s'attendait à voir un tel spectacle en arrivant au véhicule justement. Shun était assis sur la banquette arrière, les portes étaient encore toutes ouvertes. Saga avait repris connaissance, ce qui inquiéta quelques secondes Ikki qui accéléra le pas.
Pourtant le spectacle n'avait en rien un aspect dangereux. Le fier et grand Saga pleurait comme un bébé, son visage enfoui dans le torse de Shun qui lui caressait le dos en petits ronds pour le rassurer. Lorsqu'il vit son frère et Hyoga arriver, le cadet leur envoya un petit regard désespéré. « Je n'arrive pas à le calmer. Il s'est réveillé et n'arrête pas de pleurer. »
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Les mains se levèrent pour abaisser la capuche. Il savait quel visage il allait découvrir. Il le savait puisqu'il avait reconnu sa voix et… qu'il avait reconnu le bracelet à son poignet. Pourtant il n'arrivait pas encore à y croire. Il ne voulait pas y croire. Ses doigts se refermèrent sur le masque pour doucement le faire glisser, faisant apparaître un visage qui l'obsédait depuis le premier jour où il l'avait aperçu.
« Je t'en prie ! Dis quelque chose ! » Dire quelque chose ? Il n'avait rien à dire. Ses doigts se serrèrent plus sur le masque qu'il tenait maintenant d'une main, puis il l'envoya avec force contre le mur. Camus sursauta, surpris mais ne lâcha pas son regard.
Il n'avait rien à dire. Tout simplement parce que tous les mots qui voulaient sortir de sa bouche seraient des mots qui blesseraient l'homme qu'il aimait, tout comme lui-même se sentait blessé à cet instant présent. Il se sentait trahi pour la deuxième fois, et presque la première fois ce n'était rien à côté, parce que Camus ne savait rien de lui. Mais là… Lui il lui avait avoué tous ses secrets. Il croyait avoir ressenti le même désir de ne plus rien cacher chez Camus. Il s'était trompé de toute évidence. « Tu… » Il devait garder son calme. Les mots voulaient sortir. Il avait envie de vomir tout ce qu'il avait sur le cœur. « Tu ne m'as jamais… »
« Il faut filer d'ici en vitesse. » cria Aioros en arrivant, ne se rendant même pas compte que Kanon était sur ses talons. « Vous faire passez pour le gang des vénitiens. Ça va pas la tête ? »
« Quoi ? »
« Aioros, pour un flic tu n'es pas très… »
« Justement… » grogna le représentant de l'ordre. « Je suis un flic et j'ai ordre d'arrêter à vu le gang des vénitiens. Donc… Je ne veux rien savoir. Vous n'êtes pas le gang des vénitiens. Vous avez plusieurs alibis qui le prouvent. »
« Mais… Aioros ? » essaya de répliquer Kanon.
« D'ailleurs je me demande pourquoi je t'écoute. Tu n'es pas là. Tu es tranquillement à la maison à m'attendre en t'occupant de ton frère malade. » Le flic fit face à son cadet. « Milo, je t'embarque pour la routine. Ce serait trop flag sinon. On a rien contre toi. Tu seras sorti dans 48 heures. »
Le scorpion était tellement habitué et en même temps perplexe par tout ce qui se passait, qu'il tendit les bras par automatisme. Aioros lui passa les menottes sans délicatesse. « J'en sais assez sur ce gang pour te dire que ce n'est pas eux. »
Milo eut un léger sourire triste. Il n'était pas dupe. Il savait très bien que c'était eux. C'était leur exacte façon de bouger, de procéder. « Aioros ! »
« Ce n'est pas eux, je te dis. » insista le flic sans aucune envie d'écouter son petit frère. D'ailleurs il tira ce dernier sans ménagement jusqu'à la voiture. Il l'installa sur le siège arrière, sans aucune autre option que le mettre à côté d'Aphrodite. « Prêt pour la conserve mes petits poissons ? » Milo secoua la tête dépité. Aioros et ces blagues débiles. Ce n'était vraiment pas le moment en plus.
« Franchement, Aioros. »
« Ecoute ! A moi aussi il m'a menti. On va se comporter comme des adultes d'accord ? On va attendre patiemment de s'être calmés, et on demandera des explications précises et concises. Sinon je sens que… Si elles ne sont pas convaincantes ces explications. Je sens que je vais faire un massacre. »
C'est à ce moment qu'Aiolia rentrant dans la voiture à côté de leur aîné qui s'était assis derrière le volant. « C'est bon Shura à récupéré sa voiture pour rentrer. » En voyant l'air morose de Milo et la colère sur le visage d'Aioros, le troisième frère comprit immédiatement le problème. « Vous avez autant de tords qu'eux. Vous aussi vous ne leur avez pas fait confiance. »
« Moi j'ai tout dis à Camus. » répliqua le scorpion encore plus morose avec les paroles d'Aiolia.
« Ah oui ? Tu lui as dit que tu l'avais fait surveiller ? »
« C'était pour sa protection. »
« Si ça peut te faire plaisir. »
« Mais… Dites-moi… Vous vous connaissez ? » demanda Aphrodite.
Les trois frères réalisèrent qu'ils avaient parlé en oubliant complètement que le Suédois était avec eux dans la voiture. Heureusement Milo réagit vite. « C'est eux qui m'arrêtent tout le temps. Je les connais mieux que ma propre mère. »
« Et nous que ton petit ami. »
Aphrodite s'énerva sans aucune raison apparente sur l'instant. Ayant les mains liées dans le dos c'est un coup de pied qu'il donna sur le tibia du Scorpion. « Tu vas me dire que tu as fait tout ça simplement pour ton petit traducteur de merde. Tout ça pour un joli petit cul. Tu pouvais pas le baiser comme les autres et le laisser tomber ? »
Un coup dans les tibias cela ne faisait pas du bien, et bien sûr Milo grimaça sous la douleur. « Qu'est ce que t'as pas pigé, Aphro ? Depuis le début j'avais l'intention de te trahir. »
« Depuis le début ? »
« Depuis le premier instant où tu m'as pris sous ton aile. »
sSsSsSsSsSsSs
Kanon se frotta les mains l'une contre l'autre pour se réchauffer, puis s'alluma une cigarette en se protégeant du vent avec. Une fois allumée, il remonta mieux son manteau sur son cou. Il n'était pas là depuis longtemps, mais le froid mordant de la nuit n'aidait pas. Il était gelé. Il savait que l'autre finirait par sortir. Il ne savait pas combien de temps cela lui prendrait de faire coffrer les deux zigotos, mais Aioros finirait indubitablement par sortir par là. Il n'était pas une sorte de détective privé pour rien. Et quand il s'agissait de fouiner et découvrir les habitudes de quelqu'un il était plutôt doué. Donc Aioros finirait bien par sortir par cette porte, la question était de savoir quand.
Il ne se faisait pas trop d'illusion. Il avait vu les regards que l'aîné lui avait lancé. C'était encore plus significatif que le silence de Milo. Pourtant il était là à attendre de le voir. Il était entrain de se demander pour quelle raison d'ailleurs. Il avait autant de chance de se disputer avec Aioros que de croiser un flic devant cette gendarmerie, même à une heure pareille.
Quand un énième flic en civil sortit du bâtiment, Kanon adossé à un poteau se redressa un peu. A sa manière de marcher, de bouger, sans voir son visage malgré la nuit, il avait su presque de suite que c'était lui. Aioros mit un léger moment pour l'apercevoir, mais quand il le vit, il ne fronça même pas les sourcils pour vérifier qu'il s'agissait bien de Kanon.
Comme son amant l'avait fait un peu plus tôt, le flic remonta mieux la fermeture éclair de sa veste et prit sa direction. Arrivé à sa hauteur, il commença par piquer la cigarette collée entre les lèvres devenues bleuté à cause du froid et inspira une grande bouffée. « T'es idiot ? Tu sais que ça veut dire que ton alibi ne tiendra pas la route. »
« Mon alibi ? » Kanon n'arrivait pas à croire qu'Aioros parlait de ça maintenant. « Mon alibi c'est que j'ai passé la nuit à surveiller mon jumeau malade et qu'au petit matin je me suis dit que je pourrais rendre visite à mon amant qui finissait de faire sa nuit à son boulot. Un flic en plus. »
« Compte pas sur moi pour te servir d'alibi. Pour qui tu me prends ? »
« Je te prenais pour mon mec, mais apparemment ce n'est pas le cas. »
« Tu crois que tu peux débarquer comme ça et que tout va être réglé ? »
« Non, pas vraiment. »
« Qu'est ce que tu fous là alors ? »
« Je voulais parler avec toi. Avoir un échange entre adultes si possible, mais là aussi je me suis gouré. »
« Ne me sors pas ce genre de conneries alors que cela fait des mois que tu me mens. Tu me mens depuis le début. »
« Parce que tu m'as dit la vérité toi peut-être ? Tu ne m'as jamais présenté à tes parents. Je croyais que s'était parce que tu n'assumais pas ta sexualité. Et qu'est ce que Camus m'apprends ? Que Milo 'Le scorpion' est ton frère et que tes parents sont ravis d'avoir des fils gays. Tu ne m'avais même pas dit qu'il y a cinq ans tu avais été blessé grièvement. Tu as fait pire que me mentir tu ne m'as pas fait confiance. »
Aioros était resté plutôt calme, on sentait l'exaspération sur son visage mais il avait réussi à rester maître de lui-même. Par contre le dernier mot de Kanon le fit sortir de ses gonds. Aioros attrapa son amant par les épaules et le plaqua contre le poteau. Kanon grimaça de se retrouver avec cette barre frappant contre sa colonne vertébrale. « Tu n'es pas digne de confiance. On ne peut pas te faire confiance. T'es un fouineur qui répète tout ce qu'il entend. Tu passes ton temps à ça. Ça te branche de découvrir les petites combines des gens et de tout raconter à ceux qui pourront s'en servir en bien ou en mal. »
« Tu penses vraiment ça de moi ? »
« Je n'ai pas besoin de le penser. Je le sais. Tu crois que tu es le premier fouineur que je connaisse ? Je me suis servi de bien d'autres avant toi. Y a pas mieux pour savoir ce qui se passe. »
« Alors… » Kanon eut besoin de reprendre un peu sa respiration, bloqué entre Aioros et le poteau il avait du mal à remplir ses poumons d'air. « Alors ce que tu ne supportes pas, c'est que ça se soit retourné contre toi. Que je me sois servi de toi, comme tu l'as fait avec moi. »
« T'as rien obtenu de moi. Je sais très bien m'immuniser contre des gars comme toi. »
« Peut-être mais à pouvoir flâner comme je voulais dans ton commissariat j'en ai appris de belle, crois moi. »
Le visage d'Aioros devint de plus en plus fermé, de plus en plus en colère. Il lâcha Kanon et s'éloigna de bien deux mètres. « Je me demande bien ce que j'ai pu te trouver à un moment. J'ai toujours détesté les fouineurs. Tire-toi. Je veux plus te revoir dans les parages. »
Kanon ne se laissa pas démonter, pas pour si peu. Il remit sa veste en place et fit quelques pas pour s'éloigner lui aussi. Il avait bien l'intention de partir, et de ne jamais essayer de revoir Aioros. Il était clair que tous les deux n'avaient plus rien à faire ensembles. Mais il avait une dernière chose à dire, une dernière chose à cracher. « Tu n'es pas plus digne de confiance que moi, Aioros. Un vrai frère serait allé chercher son petit frère par la peau des fesses pour le ramener en sécurité à la maison. Il ne l'aurait pas laissé pourrir dans un squatte pendant quatre ans et risquer sa vie tous les jours. »
« Ne parle pas de ce que tu ne connais pas. »
« Je sais ce que c'est que d'avoir un frère qui a besoin d'aide. C'était un appel au secours que Milo te lançait en risquant sa vie pour toi. Pense à ça, Aioros. »
Kanon tourna les talons décidé à ne plus se retourner. Il n'avait même pas envie de connaitre la réaction du flic par rapport à ses derniers mots. Il ne voulait qu'oublier tout ça. Ces quelques mois avec Aioros, le gang des vénitiens, tout ça… Ce serait une parenthèse qu'il ferait tout pour oublier.
sSsSsSsSsSsSs
Doucement en essayant de faire le moins de bruit possible, il tourna la clef dans la serrure. Il était plus que tard. Ils devaient tous dormir, autant ne pas réveiller toute la maison. Il ne voulait que pouvoir lui parler, rien de plus. Il entra dans l'appartement puis referma la porte le plus lentement possible. Cette porte faisait un bruit monstre quand elle se fermait mais il ne s'en était pas trop mal sorti.
Il n'eut pas le temps de se tourner dans l'entrée que la lumière s'alluma, aussi vive qu'un plein jour. « J'espérais que tu viendrais. » murmura la voix plus proche de lui qu'il ne l'aurait pensé.
Camus était au pas de la porte de sa chambre, les cheveux en pagaille mais l'esprit déjà vif, alors qu'il tombait du lit. Milo l'observa une seconde, même avec cet air pas réveillé il était magnifique. « Dis quelque chose. Tu es en colère ? »
Le scorpion poussa un soupir et laissa une de ses mains glisser dans ses cheveux courts, comme s'il cherchait à gagner quelques secondes pour répondre. « Non, je ne suis pas en colère. » Camus lui lança un regard des plus troublants à moitié entre l'étonnement et une expression laissant penser qu'il ne croyait pas en ses mots. « Si, j'ai été en colère, mais j'ai beaucoup réfléchi pendant ces 48 heures enfermé dans une cellule. Tu sais que je fonce et que je réfléchi après. Et là c'est bien, parce que j'ai pu réfléchir avant de faire une bêtise. » Son amant entrouvrit les lèvres, Milo l'en empêcha d'un léger geste avant de continuer. « Je voudrais que tu répondes juste à une question. Une question toute bête… mais réponds-y sincèrement. » Il attendit que Camus hoche la tête pour se décider. « Tu avais l'intention de me le dire ? »
Il s'attendait à un silence, à un temps de réflexion, mais à la place. Camus devint passionné. « Bien sûr que oui. Je ne pouvais pas te le dire dès que tu m'as fait confiance pour ton propre secret, parce qu'il fallait que j'en parle à Masque et Kanon. Mais je voulais te le dire. Mais si je leur en parlais je devais trahir ta confiance en leur disant ce que je savais sur toi. Alors je ne savais plus trop… comment faire pour ni trahir ton secret, ni trahir mes amis. Mais je me disais que comme maintenant en quelque sorte on était du même côté, c'était moins grave. Que je te le dirais dès que ce serait possible. Dès que tout serait redevenu nor… »
Milo crut qu'il ne pourrait l'arrêter dans son flot de paroles vertigineux. Pourtant, un simple baiser, le silence revint, Camus se fondant dans ses bras. « J'en ai marre des secrets, des remords, des regrets, des rancunes. Je t'aime et je ne veux plus te perdre. »
« C'est tout ce que tu as à dire ? »
Milo ne put cacher son étonnement. Malgré tout il sourit vite à son amant. « Que veux-tu de plus ? »
« Dis-moi que tout est fini et qu'on va pouvoir vivre avec sérénité et heureux. »
« Tout est fini. Dès demain je me cherche un travail respectable. Et si Hyoga et toi vous acceptez de vivre avec moi. Je pourrais peut-être nous trouver un appartement pour y vivre à trois. »
Camus répondit simplement par un baiser fougueux, puis il quitta les bras chauds et reprit la direction de sa chambre. « On en parlera au petit déjeuner. Il est tard et demain je travaille. »
« Je vais prendre une douche. Je ne me suis pas décrassé de la prison. »
« Ne fais pas trop de bruit. » Camus sembla aller se coucher sans plus faire attention à lui. Milo fit une petite grimace lui qui espérait des retrouvailles un peu plus… câlines. C'est lorsqu'il entra dans la chambre pour passer dans la salle de bain que Camus déjà sous les couvertures, se redressa. « Mais tu peux me réveiller si tu as une autre idée en tête que parler. » Camus envoya un sourire complice à son amant et se recoucha. Milo sachant maintenant qu'il allait l'attendre en chauffant le lit.
sSsSsSsSsSsSs
Camus s'était installé à l'ombre d'un tilleul sur une balancelle. Un chat s'était installé à côté de sa cuisse, Camus le caressait de temps en temps, comme apaisé. Il s'était éloigné d'une bande de gosses jouant dans la piscine familiale. Enfin bande de gosses, dans la bande il y avait quand même son petit ami, plus heureux que jamais. Shun accroché aux épaules de Milo tentait par tous les moyens de le noyer. A côté, Ikki, avec Kiki assis sur ses épaules et Hyoga tentaient d'apporter leur soutient au plus jeune mais de façon plus discrète. Ce serait mal de se mettre à dos Milo, leur hôte. Shun s'en moquait, enfin surement parce qu'il avait de suite compris que Milo était resté enfantin et joueur dans son âme. Aiolia et Marine aussi dans la piscine s'étaient quand même éloignés des troublions, se serrant tendrement dans un coin.
Milo avait invité tout le monde dans la maison de campagne de ses parents. Il considérait qu'ils avaient tellement de choses à fêter qu'il fallait que tous leurs amis soient présents. C'est ainsi que Kanon et Saga se trouvaient également là, un peu contre la volonté de Aioros, qui avait fini par aller bougonner dans son coin pour ne pas les voir. Shura également présent, maintenant lui tenait compagnie, dans un endroit éloigné du grand jardin. Peut-être discutaient-ils du passé, de leurs erreurs.
Pas très loin de la balancelle où se tenait Camus, Masque avait préparé un endroit agréable pour y installer Mu. Cette dernière avait sorti plusieurs victuailles pour les affamés et assoiffés.
Une main ridée se posa sur la main libre de Camus, qui contemplant les joueurs, tourna la tête vers le côté. La mère des trois Grecs s'était assise à ses côtés depuis le début pratiquement, mais n'avait pas parlé. Elle s'était contentée de regarder la jeunesse vivre et s'épanouir. Camus sentit dans le contact de cette main un profond soulagement.
« Merci de rendre heureux mon fils. Je croyais que je n'entendrais plus jamais son rire. »
Camus serra avec amitié la main dans la sienne. Il comprenait presque les inquiétudes d'une mère. Pour Hyoga il avait été un père, une mère et un frère en même temps. « Je n'ai pas fait grand-chose. Milo m'a rendu plus fort. » La mère acquiesça de la tête, trouvant sans doute les mots inutiles à présent. Camus garda sa main jusqu'à ce que Milo sorte de la piscine et cours vers eux. Milo se jeta à ses pieds, se mettant à genoux devant lui et comme un enfant posa sa tête trempée sur les genoux de son amoureux. Bien sûr Camus sursauta un peu sous le contact froid, mais n'osa pas réprimander son amant devant tout le monde. Le silence régna encore un petit moment dans leur coin, jusqu'à ce que Milo sans lever sa tête la tourna vers celle qui l'avait élevée. « Maman, Aioros continue à me bouder d'avoir invité Kanon. »
« Tu espérais qu'ils se réconcilient ? »
« Je ne suis pas d'accord avec lui. Kanon n'est pas… »
« Tu es toujours en désaccord avec lui. Comme si cela vous amusait d'être toujours en conflit tous les deux. »
« Il faut qu'il arrête de voir tout le monde comme un ennemi. »
Camus passa une main tendre dans les cheveux encore dégoulinants. « C'est dur de pardonner quand on aime. La trahison est plus douloureuse. »
« Je t'ai pardonné, moi. »
« Ça n'a pas été facile, avoue-le. Et… Je n'ai pas tenté de te tuer. »
Milo réfléchi un instant. « Il semble pardonner à Shura. »
« Mais je crois qu'Aioros a peur de faire confiance maintenant. Il préfère s'éloigner que se sentir trahi à nouveau. »
« Camus a raison, Milo. Aioros est passé par de durs moments. Il aura besoin de plus de temps que toi pour pardonner. »
Milo poussa un léger soupir mais décida d'en rester là. Il comprenait les arguments que sa mère et Camus avaient énoncés. Il savait également la blessure que l'on avait à être trahi par la personne qu'on aime. Il voulait juste effacer toutes les mauvaises choses et tout recommencer à zéro. Il aurait voulu que son frère aîné puisse faire de même.
Sentant la tristesse envahir l'esprit de son fils cadet la mère voulut changer de sujet. « Alors ! As-tu réfléchi à ton avenir maintenant ? »
Le sourire radieux de Milo revint sur ses lèvres. « Camus m'a trouvé un travail. »
« Un travail ? » s'étonna Masque un peu plus loin. « Toi ? Travailler ? »
« Oui, Monsieur. » répondit en rigolant Milo. Masque et lui aimaient se taquiner depuis longtemps maintenant. « Un vrai travail honnête. »
« J'ai hâte d'entendre ça. Que vas-tu faire ? »
« Coursier ! » répondit avec fierté l'ancien 'Scorpion'. Masque écarquilla les yeux, faisant éclater de rire Milo. « C'est le travail parfait pour moi. Je vais passer mes journées à sillonner Paris en vélo. Et le plus génial…» Il redressa la tête pour déposer un baiser sur les lèvres de son amant. « Je pourrais déjeuner avec mon Camus presque tous les midis. »
« En parlant de déjeuner. Qui a faim ? »
« Je meurs de faim. » Shun avait crié pour que tout le monde l'entende bien. En même temps il sortit de la piscine en frissonnant. Il faisait beau et l'eau était chaude mais passer de l'intérieur à l'extérieur provoquait un petit frisson peu agréable. Comme si Saga était au service du jeune homme il s'approcha en tendant ouvert un peignoir sec et chaud. « Tu es si gentil Saga. » remercia Shun en souriant tendrement.
« C'est que… » Presque l'aîné rougit face à tant de gentillesse. « J'ai crée tellement de problèmes… à tout le monde. »
« Maintenant c'est fini, n'est ce pas ? » Shun insista fortement. Il ne voulait plus que tout ça se reproduise. Le jeune homme se tendit, levant les talons pour se mettre sur la pointe des pieds et ainsi atteindre le visage de Saga, mais … Un bras le repoussa assez abruptement. Kanon venait de le pousser, pas méchamment mais assez vivement pour que l'intention de Shun ne soit pas réalisable.
« Tu es trop jeune pour sortir avec mon frère. »
« Non, c'est pas vrai. »
« Tu n'es pas majeur, et tant que tu ne le seras pas… il est hors de question que tu sortes avec Saga. »
« Je suis parfaitement au courant de ce qui se passe entre deux hommes et entièrement consentant. »
« Je m'en moque. » resta calme Kanon mais intraitable. « Tant que tu n'es pas majeur, on peut accuser mon frère de détournement de mineur. Je ne le veux pas. »
« C'est que… » commença l'aîné des jumeaux.
« C'est que quoi ? » demanda son frère.
« C'est que rien. » éluda Shun. Il prit la main de Saga et le tira vers la maison. « Jusqu'à ma majorité on ne sera qu'amis. » Et ils partirent ainsi, Shun semblant déjà être le dominant d'un couple même pas formé.
Ikki attendit que Kanon ce soit éloignés d'eux, pour venir murmurer à l'oreille de Hyoga. « Pourquoi ai-je l'impression que Shun ne fera pas ce qu'il a dit ? »
Hyoga resta à observer Saga et Shun entrain d'entrer dans la maison, et se détourna quand ils ne furent plus en vue. « Parce qu'ils l'ont déjà fait. »
« Hein ? T'es sûr ? »
« Oh oui ! » Il avait été l'amant de Shun assez longtemps pour connaître le jeune homme sur le bout des ongles. Il savait comment il se comportait lorsque…
« Pourquoi tu m'as rien dit ? » le secoua Ikki.
« Eh ben… Qu'est ce que tu veux y faire ? On ne va pas l'en empêcher. »
« Mais non, idiot. Ça veut dire que toi et moi… on peut … »
« On va pas faire ça ici. » s'inquiéta Hyoga en jetant des regards inquiets vers Camus et toute la petite troupe restante.
Un visage se pencha à l'oreille du blond. « Je peux 'occuper' Camus. » s'amusa à dire tout sourire Milo.
« Mais y a pas que Camus à 'occuper'. » répondit Ikki en se penchant de l'autre côté de Hyoga.
Milo descendit le regard sur sa montre vite fait. « Je vous accorde une demie heure. Je sais que vous attendez ça depuis longtemps. » Milo prit un petit air espiègle. « Après je ne promets pas qu'on ne vous cherchera pas. »
En tout cas Ikki décida de ne pas attendre plus longtemps. Il attrapa Hyoga par la main et le tira sans tenir compte des protestations de son petit ami qui semblait vouloir attendre un moment et un endroit plus propices.
Milo attendit un moment puis retourna rejoindre les autres en sifflotant. « Hyoga et Ikki ne viennent pas manger ? » demanda le Français en voyant Milo revenir seul de nouveau de la piscine.
« Ils arrivent. Ils veulent se changer avant de passer à table je crois. »
« Tiens donc ! » Camus ne laissa pas paraître qu'il avait compris ou non le fait que les deux adolescents s'éclipsent.
sSsSsSsSsSsSs
Kanon entra dans la cuisine en fredonnant. Du pain ! On lui avait réclamé du pain. Et ? Du jus de fruit… Il voulut prendre la direction du réfrigérateur mais le sursaut d'une personne dans la pièce le surprit. « Ah shun ! Il faut du… » Sur la table de la cuisine, se tenait le sac à dos de Saga, grand ouvert. Shun face à lui tenait dans les mains d'un côté un petit tas de pilule et de l'autre un flacon vide. « Shun ? Qu'est ce que tu fais ? »
« Ne te fâche pas. Je… J'aime vraiment ton frère, je l'aime mais… J'ai si peur qu'il refasse une crise. Je… » Shun renversa avec précautions toutes les pilules dans le flacon. « Je ne peux pas m'empêcher de les compter pour vérifier qu'il les prend bien. »
« Je comprends. » répondit Kanon pas du tout énervé. « Mais il les prend, rassure toi. Je vérifie tous les soirs. » Shun fit un petit sourire timide. « Tu n'as pas à porter un tel fardeau. Je peux m'occuper de mon… »
« Je veux prendre soin de lui. » Shun avait crié avec tellement de véhémence que Kanon sursauta à son tour. Vite il reprit ses esprits et sourit à l'adolescent.
« Mon frère a beaucoup de chance. Prenons soin de lui ensembles. »
« Oui ! » Kanon eut l'impression, à l'expression du visage de Shun, de lui offrir le plus beau des cadeaux.
L'adolescent reposa le flacon bien fermé dans le sac et partit tout joyeux rejoindre ce qui était apparemment son nouvel amour. Kanon haussa les épaules en le regardant partir en courant. L'amour ne pouvait pas faire de mal.
De nouveau seul dans la cuisine, il repéra le pain, attrapa un couteau et commença à faire des tranches pour les faire tomber dans un petit panier prévu pour ça. « Idiot ! Tu ne sais même pas couper du pain. »
Nouveau sursaut pour le jumeau qui n'avait entendu arriver personne. « C'est toi l'idiot. » s'énerva t il après s'être repris très vite surtout parce qu'il avait reconnu la voix de son ex amant. « Je le coupe très bien. »
Aioros se mit derrière lui, attrapa ses deux mains avec les siennes et avec une certaine poigne montra comment couper raisonnablement des tranches. « Faut les couper en biseau. »
« Et pourquoi donc ? » Kanon essayait de rester maître de lui-même, pourtant il n'en menait pas large avec le flic dans son dos.
« Parce que c'est comme ça que cela doit être fait. C'est une règle. »
« Ah oui, et toi tu suis toujours les règles. »
« Oui ! » ne nia pas Aioros.
« C'est pour ça qu'un détective minable et membre du gang des vénitiens de surcroit cela fait mauvais genre comme petit ami. »
« Je déteste les fouineurs et tu en es un. »
« Je déteste les flics. Je suis mal tombé, plus flic que toi cela ne se fait pas. »
« Ça ne marchera jamais entre nous. On ne peut pas se faire confiance. »
« Je suis bien d'accord. »
« Alors pourquoi j'ai envie de baisser ton pantalon et de te prendre ici même ? »
« Parce que… » Le cerveau de Kanon n'avait pas immédiatement assimilé les mots de son ex. Il resta bouche ouverte à se demander s'il avait rêvé ou non. « Parce qu'en plus d'être un idiot, tu es un pervers. » Est-ce que c'était une bonne répartie ça ? Aioros l'avait quand même pris au dépourvu là. Mais il ne s'attendait pas à ce que la réponse d'Aioros le déstabilise encore plus.
« Tu le baisses toi-même ? Ou tu seras moins gêné de dire que je t'ai forcé ? »
« Tu ne vas pas faire ça dans la cuisine de tes parents ? »
« Oh mais j'ai fait pire que ça, tu sais. » Aioros ne voulut plus attendre une seconde de plus. Il posa une main sur la tête de Kanon et l'obligea à la poser sur la table. Ses doigts ne s'attardèrent pas vers le haut c'était plus le milieu qui l'intéressait. Sa ceinture fut vite ouverte et son pantalon ne tint pas beaucoup plus longtemps. « T'aime bien que je te force un peu. »
« Oh c'est pas vrai. » Les deux amants sur le point de conclure tournèrent la tête pour se trouver face à face avec le père des trois Grecs. « Mais vous ne pouvez pas faire ça dans votre chambre, nom de dieu ? » L'homme referma la porte. « Y en a marre ! Dans mon bureau, dans la bibliothèque et maintenant dans la cuisine. Vous ne savez plus ce que c'est un lit ou quoi ? »
sSsSsSsSsSsSs
Aphrodite entra dans la grande salle des visites. Certains détenus étaient déjà assis face à une connaissance et discutaient. Il avait été surpris d'être appelé. Il n'avait pas de personnes proches qui feraient l'effort de lui rendre visite. Il n'avait que des subordonnés et la plupart étaient enfermés ici même, dans cette même prison. « Table 4 ! » lui indiqua un des gardiens.
Aphrodite prit donc la direction indiquée. Il s'attendait à peu près à tout en y arrivant. Mais il ne s'attendait vraiment pas à y découvrir un visage totalement inconnu. Un visage mignon, pas facilement oubliable, mais qu'il était sur de n'avoir jamais rencontré. Cet adolescent au visage d'ange avait des cheveux auburn très foncés qui approfondissait la pâleur de sa peau crème.
Aphrodite s'installa face à sa visite. Se demandant quand même s'il n'y avait pas une erreur. « Qui es tu ? »
« Cela n'a pas d'importance, qui je suis. Je viens de la part d'un ami que nous avons en commun. »
« Un ami ? Vraiment ? » L'adolescent rentra sa main dans sa veste pour en sortir une photographie. Le cliché en lui-même n'avait rien d'intéressant. On y voyait le même adolescent qui était face à lui, se faisant serrer dans les bras d'un autre homme plus âgé et plus costaud que lui. Le visage de l'homme avec l'adolescent sur l'image figea immédiatement Aphrodite.
« Il m'a demandé de venir te faire ses excuses. Il n'a pas eu d'autres choix. Il te fera sortir de là dès que ce sera possible. »
« Tu es son intermédiaire ? »
« Je suis ta récompense. Il m'offre à toi pour se faire pardonner. Tu peux faire ce que tu veux de moi. Par contre, à partir de maintenant tu ne devras passer que par moi pour le contacter. »
« Je croyais vraiment qu'il m'avait laissé tomber. »
« Non, mais il a eu pas mal de problèmes à régler avec qui tu sais. »
« Oui ! »
« A partir d'aujourd'hui je viendrais te voir une fois par semaine. N'hésite pas si tu as besoin de quelque chose. »
« Je ne veux qu'une chose sortir d'ici et botter le cul au Gang et au Scorpion. »
« Patience… Patience… »
FIN