Help
Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search
: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Anime/Manga » Detective Conan/Case Closed » Des jours à problèmes

magicneo
Author of 6 Stories

Rated: K+ - French - General - Conan E. & Kaito K. - Reviews: 2 - Published: 08-26-06 - id:3124471

Des jours à problèmes

Je suis sur que vous avez déjà vécu ça. Ca quoi ? Ces journées qui, dès votre réveil vous paraissent bizarres. L’air y est différent et pourtant le même. Si vous ne voyez pas de quoi je veux parler, repensez à ces matins de rentrée, après les grandes vacances. Vous sentez dans l’air une infime différence et pourtant c’est le même air que la veille, mais pas de doute : les vacances sont bel et bien terminées à ce moment-là.

Enfin bref. Cela pour expliquer que, ce matin-là, Conan sentit arriver les problèmes dès son réveil. Pourtant, c’était une belle journée. Un beau temps, une température idéale. Non, vraiment, il n’y avait aucune raison pour que les problèmes arrivent à voir la journée qui se préparait. Ajoutez à cela que Conan considérait avoir suffisamment de problèmes comme cela. Il ne savait plus depuis combien de temps il était Conan, il fallait qu’il aide Kogoro dans ses enquêtes sans se faire remarquer, et qu’il rassure Ran sur le sort de Shinichi. De plus, il dormait mal. Et enfin, il fallait qu’il invente une excuse pour pouvoir laver les soupçons de Kogoro, qui trouvait étrange que sa famille n’appelle jamais, n’écrive jamais, en clair ne donne jamais de nouvelles. Ce n’était pas le moment d’avoir des problèmes supplémentaires.

Il se leva, rangea son lit, et alla dans la cuisine. Il était en train de manger quand Ran apparut, déjà prête. Elle lui dit, surprise :

“ Tu es encore là toi ? Allez dépêche-toi, finis vite tes céréales et tartines et habille-toi.

Moui ” marmonna Conan encore endormi.

Il termina rapidement son petit-déjeuner, et alla s’habiller. Mais au bout de dix minutes, alors qu’il hésitait entre deux tenues, Ran fit irruption dans sa chambre :

“ Tu n’es pas encore prêt ?

- Ben en fait j’hésite entre…

Je vais t’aider ” fit Ran sans l’écouter.

Elle attrapa l’une des tenues d’une main, traîna Conan au centre de la pièce de l’autre, et commença à le déshabiller en vitesse, avec fermeté et sans gêne. Dès le départ, Conan avait protesté, disant qu’il était assez grand pour s’habiller seul, qu’il n’était plus un bébé, et autres… Ran lui coupa la parole en le menaçant de le priver de dessert le soir même s’il ne se taisait pas. Conan, sachant parfaitement qu’elle en était capable, préféra se taire et se laisser faire : le dessert prévu était une tarte au citron et pas question de la manquer. Malgré tout, il ne put s’empêcher de penser à sa mère, qui aurait sûrement ri si elle avait assisté à la scène, et qui aurait dit à Ran qu’elle ferait une bonne mère. Cette dernière le traîna ensuite jusque dans la salle de bains, attrapa un peigne, et entreprit de coiffer Conan en vitesse ou plutôt de démêler sa tignasse, et d’aplatir ses nombreux épis. Trois minutes plus tard elle tirait un Conan furieux qui lui demandait d’arrêter de lui broyer la main.

Une fois dans la rue, elle commença à lui faire des remarques. Il ne s’était pas réveillé, ils avaient failli être en retard, il aurait inquiété ses copains de l’école, que “ c’était pas bien ”, qu’il ne fallait pas qu’il recommence, etc. Pendant tout ce monologue, Conan pensa à deux choses : s’il avait eu sa taille normale, il aurait dit sa façon de penser à Ran. Quoique… Non. Parce qu’elle ne l’aurait pas traité comme ça. Et il chercha aussi une excuse pour quand elle lui demanderait…

“ Alors ? Pourquoi ne t’es-tu pas réveillé lorsque le réveil a sonné ? ” Lui demanda-elle, l’air sévère, penchée sur lui.

“ Ben euh… C’est-à-dire que… ” fît Conan cherchant à toute vitesse une excuse. Il ne pouvait quand même pas lui révéler que comme elle, il avait regardé le film du soir, avec la toute petite télé de la cuisine. Il aurait sûrement récolté une semaine sans dessert. Que c’était dur d’être un gamin… Et ça ne faisait que commencer…

Comme à son habitude Ran quitta Conan au carrefour central de la ville. A droite pour le lycée, à gauche pour l’école primaire. Et, en arrivant devant celle-ci, Conan trouva, malgré le fait qu’il était enlisé dans la merde jusqu’au cou, une raison de sourire. Pourquoi ? Parce qu’il vit Aï et que cela le réconforta. Car, quand on est dans la merde, la seule chose qui vous réconforte c’est de voir un autre type dans la merde. Au moins vous n’êtes pas seul. Simple. Et cela le faisait sourire.

Aï et lui se dirent un simple “ bonjour ”. Ils n’avaient pas besoin de parler beaucoup, sauf lorsqu’il s’agissait d’énigmes ou des Hommes en noir. Hommes en noir sur lesquels malgré tous ses efforts il n’avait pas de piste. Et, sans Hommes en noir, pas de poison, et pas de poison, pas d’antidote, Aï avait été formelle, même si elle essayait de reconstituer la formule. Ils avancèrent tous deux vers leur classe et retrouvèrent Ayumi Genta et Mitsuiko. La journée commençait.

A la récréation, Ayumi vint voir Conan, l’air gênée. Elle tripotait sa robe dans tous les sens, était toute rouge, marchait tête baissée, à petits pas.

“ Euh Conan ? ” Dit-elle d’une toute petite voix.

Celui-ci ne l’entendit pas tout de suite, occupé à jongler avec son ballon.

“ Conan ? ” Parvint à répéter Ayumi.

“ Oui ? ” Fit celui-ci sans la regarder occupé avec son ballon.

“ En fait, … euh… Et bien… C’est-à-dire que…

- Et bien parle ! ” Fit Conan avec un sourire qui se voulait engageant.

“ Non, rien ” dit-elle avant de s’enfuir en courant.

“ Mais… Mais… Ayumi ! ” Fit Conan interloqué.

“ Qu’est-ce qu’elle a ? ” Se demanda-t-il. “ Elle qui est toujours souriante et rieuse, ben aujourd’hui elle est bizarre… Qu’est-ce qu’elle voulait ? En plus, je suis sur de l’avoir vue pleurer… ”

Quelques minutes plus tard, lorsqu’il rejoignit la classe, il vit Ayumi discuter avec quelques-unes des filles de la classe. Elle souriait et riait comme à son habitude.

“ Elle a du avoir un petit chagrin et elle voulait m’en parler. Mais elle l’a déjà oublié. Tant mieux après tout… ”

Le reste de la journée se passa sans incident notable, si ce n’est que Conan vit Ayumi le regarder à plusieurs reprises les yeux dans le vague en souriant…

Ce soir-là, il préféra rentrer seul pour réfléchir. Car, à supposer qu’Ayumi ai eu un chagrin quelconque, elle ne l’aurait pas regardé comme elle l’avait fait. Ca ne collait pas. Bon. Que pouvait-il lui être arrivé ? Si elle avait eu un problème elle en aurait sûrement parlé. Sur ce point il n’y avait aucun doute. Ayumi n’hésitait jamais à appeler ses amis à l’aide. Ca leur avait joue un sacré tour il y a quelques temps d’ailleurs… Lorsque tous les “ détective boys ” lui compris avaient cru qu’Ayumi s’était fait enlever… Conan sourit à ce souvenir lointain. Mais ça ne l’aidait pas. Bon. Si elle avait hésité à en parler, c’est que c’était délicat pour elle. Qu’est-ce qui pouvait être délicat à dire pour une fillette de sept ans ? Excellente question. On ne se la pose jamais et là, il était obligé de se la poser. Les petits se posaient tellement de questions. Quand ? Comment ? Pourquoi ? Toujours les mêmes questions qui venaient. Mais là, il dut bien admettre qu’il séchait lamentablement. Et l’admettre pour le détective qu’il était, c’était énervant. Il prit alors la résolution d’attendre. Quand on n'a pas suffisamment d‘éléments, c’est tout ce qu’on peut faire. Attendre et voir. Il allait observer Ayumi. Peut-être qu’il n’y avait rien à voir, qu’il se montait la tête pour rien. Mais après tout ce que les “ détective boys ” avaient vécu ensemble, il avait du mal à croire qu’il n’y avait rien. Enfin bref, il verrait bien comment ça évoluerait.

La “ question Ayumi ” étant relativement réglée, il restait celle de Kogoro. Et vu comment il s’était démené pour Ayumi, celle de Kogoro risquait d’être bien plus difficile. Quelle excuse allait-il inventer au sujet de ses parents qui n’existaient pas ? Quelle excuse passerait sans problèmes auprès de Kogoro et de Ran ? Bon pour Kogoro c’était assez simple. Ca l’était beaucoup moins avec Ran.

“ Si seulement Papa était là, il inventerait sûrement quelque chose… ” Soudain il s’arrêta. “ Que je suis bête ! J’ai la solution sous
la main depuis le début ! ” Il prit sa boucle d’oreille qui faisait téléphone et composa un numéro.

“ Papa ? Oui c’est moi. Ca va ? Oui ça va ! Non, je n’appelle pas pour que tu viennes me chercher… Non je n’ai pas renoncé, mais je n’ai pas encore de piste. Non, je ne veux pas d’aide, juste un service…Est-ce que Maman et toi vous pourriez… ”

Pendant quelques minutes Conan expliqua son plan à son père. Celui-ci accepta de le mettre en application dans l’heure qui suivrait. Conan le remercia et raccrocha. Puis il sourit pensant à la tête qu’allait faire Kogoro quelques minutes plus tard…

Lorsqu’il entra à l’agence, il vit Kogoro penché sur une feuille, l’air très concentré.

“ Que se passe-t-il ? ” Demanda-t-il à Ran.

“ Il semble que le Kid ai envoyé un message à la police et que le commissaire Maigret demande de l’aide à Papa. ” Répondit-elle en chuchotant.

“ Et il a déchiffré le message ?

Pas encore mais il y travaille. ”

Kogoro réclama soudain un café à Ran sans quitter la feuille des yeux. Ran le lui apporta quelques minutes plus tard. Kogoro se leva alors en s’étirant et se dégourdit les jambes. Conan en profita pour jeter un coup d’œil sur la feuille sur laquelle était écrit :

“ Lorsque l’homme maudit deviendra loup,
Tel un fantôme j’apparaîtrais sur le coup,
Et sans être touché par la fatalité,
Je m’emparerais de ce qui n’est plus protégé.

Kaito Kid ”

Après avoir recopié le message pour lui sous l’œil amusé de Mouri (qui en profita pour affirmer qu’il suivrait ses traces et deviendrait lui aussi un grand détective), et après lui avoir rendu la feuille, Conan se mit à réfléchir. Ca avait l’air plus simple que les autres fois, mais ça ne voulait pas non plus dire que c’était facile ou évident. Au même moment Kogoro se rassit. Mais à peine l’était-il que le téléphone sonna. Légèrement énervé par le fait qu’il ne comprenait pas le message, Kogoro ordonna à Ran de décrocher et de déclarer l’agence fermée. A 20H, on ne dérange plus les gens. En particulier les gens faignants comme Kogoro. Ran s’exécuta, mais tendit vite le téléphone à son père. Celui-ci prit la communication, énervé. Très énervé.

“ Allô ! ” Hurla-t-il. “ Oui. Lui-même. Quoi ? Qui donc ? Ah il était temps que vous appeliez, je commençais à vous croire irrespon…Quel genre ? Ah je vois. Non il ne cause pas d’ennuis. Quoi le garder ? Mais enfin… Ah oui dans ce cas… Ah vous seriez prêt à… Oui. Combien avez-vous dit ? Et bien cela me gêne un peu mais… Si vous le dîtes. Voulez-vous lui parler ? Oui. Je lui explique et vous le passe.”

Kogoro interrompit la conversation et s’adressa à Conan.

“ Ce sont tes parents. Apparemment, d’après ce que me dit ton père, ils sont bien arrivés en Amérique mais le propriétaire de la maison qu’ils voulaient louer se serait débiné. Du coup, ils cherchent un autre appartement et ne peuvent t’accueillir pour l’instant. Ce qui veut dire que tu restes ici encore un peu. Tiens, je te les passe…”

Conan attrapa le récepteur et se prépara à jouer la comédie. Il fallait avoir l’air d’un gamin. Même si depuis le temps ça lui était devenu plus facile, ça l’énervait. Parce qu’il devait parler comme un gamin alors qu’il avait 17 ans. Parce que, là, en plus, son père était à l’écoute, et Conan savait qu’il ne manquerait jamais de lui rappeler ce coup de fil, citations à l’appui. Et aussi mais surtout parce que de mentir ça lui faisait mal. Très mal. Vis-à vis de Kogoro, mais aussi et surtout de Ran. Parce qu’aucun des deux ne savait quels dangers ils encourraient. Au point que, l’espace d’un instant, Conan se dit qu’il fallait qu’il quitte l’agence. Au moins pour les protéger. Mais seul, et dans son corps d’enfant, il ne faisait pas le poids face aux Hommes en noir. Tous ces sentiments et toutes ces réflexions ne lui entrèrent qu’une seconde dans la tête. Et, juste avant qu’il ne parle une conclusion vint à son esprit : cette vie il en avait marre. Il ne se doutait pas que bien des choses allaient changer… Mais pour l’instant…

“ Allô Papa ? Oui ça va ! Mais monsieur Mouri m’explique qu’on ne pourra pas habiter la maison ? Ca veut dire que j’aurais pas la grande chambre que tu avais promis ? Ah vous en cherchez une autre ? Oui. Je peux parler à Maman ? Elle est occupée ? Tu penseras à lui faire un bisou de ma part ? Oui. Oui je serais sage et j’aiderais Ran et monsieur Mouri. Une surprise ? Allez dis-moi ce que c’est ! Dis-moi ! Bon d’accord… Au revoir Papa ! ”

Puis il se retourna vers Ran et Kogoro.

“ Il m’a dit qu’il me rapporterait une surprise si j’étais sage ! ” Dit-il en prenant un air frustré. En réalité, il avait parlé tout seul au téléphone, son père lui ayant juste dit de ne pas perdre espoir, de ne pas se décourager, mais surtout d’être prudent et de ne pas agir précipitamment.

Kogoro se leva, s’étira à nouveau, prit sa veste et se dirigea vers la porte.

“ Où vas-tu Papa ? ” lui demanda Ran

“ Au musée de Beika. C’est là-bas que l’on a reçu la carte du Kid. On l’a ensuite transmise à la police, et le commissaire Maigret m’a, sous l’insistance du conservateur demandé mon aide.

- On peut venir avec toi ?

- Il n’en est pas question !

- Bon. Comme tu veux. Viens Conan. Je vais préparer le dîner. Papa, quand tu rentreras nous serons couchés. Tu te débrouilleras pour dîner ?

- Quelle petite peste ! ” Pensa Kogoro. Etant incapable de cuisiner seul, il n’avait plus le choix.

“ Allez mettre vos manteaux ” grommela-t-il entre ses dents.

Ran ne put s’empêcher de faire un clin d’œil à Conan tout en prenant ses affaires. Quelques minutes plus tard, tous trois se trouvaient au musée de Beika. Dès leur arrivée, Kogoro salua le commissaire Maigret, et engagea la discussion avec celui-ci, tandis que Conan recherchait toutes les entrées et sorties de la salle et les moyens de surveillance. En effet, depuis que le musée avait été refait suite à un contrôle positif à l’amiante et au plomb, il n’était pas venu. Et toute la disposition avait changée. Donc il reprenait des repères. Mais tout cela ne serait pas très utile s’il ne parvenait pas à déchiffrer le message.

Alors qu’il regardait les caméras, il baissa soudain les yeux. Il pivota sur lui-même. Non. Pas de doute. Il venait de découvrir un angle mort. Angle mort dans lequel se trouvait un tableau. Conan s’en approcha.

Il se trouvait dans un cadre doré, avec des motifs très fins sur celui-ci. Il représentait un homme vêtu de blanc, et un autre en noir. L’homme habillé de blanc semblait sur le point d’accomplir quelque chose car il avait le bras gauche replié, poing fermé à l’exception de l’index et du majeur qui étaient tendus. Quant à l’homme en noir, il avait visiblement mis toute son énergie à l’attaque qu’il portait à son adversaire. Il l’avait touché droit au cœur.

“ Ce tableau t’intrigue ? ” Fit une voix. Conan se retourna. Ran se trouvait derrière lui. “ Attends. ” Continua-t-elle “ Je t’explique. On dit qu’il y a très longtemps deux jeunes garçons s’entraînaient au karaté. Lorsqu’ils furent assez grands, on les sépara pour les envoyer chacun chez un maître. Au cours de leur entraînement chacun reçut la même sinistre prédiction : “ l’ un de vous tuera l’autre ”. Personne n’y croyait, les deux garçons étant les meilleurs amis du monde. Leur entraînement se poursuivit, et un jour l’un des maîtres décida d’essayer de faire de son élève un sage. Pour cela, il y avait une tradition qui veut que l’on enseigne à l’élève une technique capable de tuer instantanément, mais qui possède une faiblesse que l’élève en question doit trouver. Celui-ci s’entraîna et la pratiqua des centaines de fois sans comprendre où se trouvait la faiblesse. Finalement il abandonna.

Un jour, bien des années plus tard, les deux jeunes garçons se revirent. Mais ils avaient changé. Ils se disputèrent violemment. Ils finirent par décider de régler leur différent par un combat. Comme ils étaient devenus très forts, ils décidèrent de se battre en plein désert afin de ne blesser personne. Leur combat commença de nuit. Mais, après des heures de lutte, aucun des deux n’avait pris l’avantage. L’homme représenté en blanc répugnait à utiliser la technique qu’on lui avait apprise contre son ancien ami. Mais finalement épuisé, il n’eut pas le choix. Il se prépara à tuer celui qui avait été son meilleur ami. La légende dit qu’avant de relancer leur combat, il déplora ce qu‘il allait faire car son ami lui était complémentaire. Lui était endurant, l’autre était rapide, lui était grand, l’autre était petit. Mais, comme le combat était engagé, il était hors de question de revenir en arrière. Enfin il utilisa la fameuse technique, mais son adversaire parvint à l’éviter. Tous deux avaient maintenant compris qu’ils étaient à égalité. Ils décidèrent de se lancer l’un contre l’autre afin d’en finir en une seule fois. L’homme habillé de blanc décida de réutiliser sa technique. Mais son ami le frappa en plein cœur avant qu’il eut le temps de l’utiliser. On raconte que c’est ainsi qu’il découvrit, avant de mourir la faiblesse de sa technique.

- C’était quoi la faiblesse ?

Et bien, si tu pratiquais cette technique, tu te mettrais automatiquement de profil et tu t’exposerais à un déséquilibre. De plus, ton cœur n’est plus protégé totalement. Et si on te frappe au cœur au moment où tu vas l’utiliser… Tu meurs. L’avantage était qu’il n’était pas nécessaire d’être très fort pour l’utiliser, appuyer à un point précis du cœur suffisait. ”

Cette histoire fit immédiatement réagir Conan. Il avait compris ! Il venait de comprendre le message du Kid.

“ C’était si simple… Si simple… “ Lorsque l’homme maudit deviendra loup ” fait référence au loup-garou qui se transforme les soirs de pleine lune. Ensuite “ Tel un fantôme j’apparaîtrais sur le coup ” signifie qu’il apparaîtra lorsque l’horloge de Beika sonnera un coup, c’est-à-dire à une heure du matin. Après, le vers “ sans être touché par la fatalité ”. La fatalité est aussi appelée destin et les deux hommes du tableau avaient reçu une prédiction ! Et enfin le dernier vers “ Je m’emparerais de ce qui n’est plus protégé” désigne le cœur de l’homme habillé de blanc qui a baissé sa garde ! Tout désigne ce tableau qui, en plus se trouve dans un angle mort ! Il ne me reste plus qu’a savoir quand est la pleine lune, et par où il arrivera. Bon. Si j’étais lui… Imaginons que j’entre. Je m’empare du tableau. Ensuite, je dois repartir. Je ne repasse certainement pas par la porte. Même en dissimulant le tableau ça serait trop délicat. Trop hasardeux. Si le tableau glissait de sous mon pull par exemple je serais découvert. Il n’y a aucune cachette dans cette salle. Le plus simple alors est de me faire remarquer par les policiers, de jeter une bombe aveuglante et de m’enfuir par la fenêtre qui est ici juste à coté. Et de partir en deltaplane… Non. Trop facilement repérable. Et si je trompais les policiers et laissant le tableau ici, recouvert d’un message. Non. Le cadre à été conçu pour être solidaire du tableau, et on remarquerait l’astuce. Donc il ne reste qu’une option : passer par la fenêtre, et monter sur le toit. Et pendant que tout le monde cherche en bas, je me déguise en policier, redescends le tableau dissimulé dans
l’uniforme ! Simple et efficace ! Mais j’ai bien envie de garder une partie personnelle avec le Kid. ”

Pendant sa réflexion, Conan s’était approché de la fenêtre. Il pouvait voir la ville et ses lumières, le toit du Haïdo Hôtel où il avait rencontré le Kid pour la première fois. Mais brusquement il s’affola. La lune était pleine ! Il regarda sa montre avec fébrilité. Onze heures du soir ! Ce qui voulait dire que dans deux heures, le Kid serait là. Et il n’y avait pas de dispositif policier, rien pour tenter de capturer le Kid ! Il regarda les adultes. Ils n’avaient pas avancé d’un pas. Kogoro s’était lancé dans une théorie débile de plus. Parfait… Conan endormit alors Kogoro en se glissant derrière lui, et rattrapa les bourdes de celui-ci en expliquant presque tout ce qu’il avait découvert, car il voulait affronter le Kid face à face, sur le toit.

En moins de trois minutes, ce fut un beau bazar. L’inspecteur Nakamori arrivé sur les lieux depuis bien longtemps, refusait de coordonner les positions de ses hommes avec celles de l’inspecteur Maigret, et il fallut une bonne demi-heure pour le convaincre que seul une coopération pouvait permettre la capture du Kid. Mais tout finit par rentrer dans l’ordre. Mouri se réveilla. Il était déjà minuit. L’inspecteur et le commissaire, un plan du musée sous les yeux tentaient de déceler une faille dans leur système de sécurité. Après deux vérifications, qui ne laissèrent apparaître aucune faiblesse, Mouri fit soudain une suggestion assez intelligente : il proposa que lui-même et le commissaire Maigret se rendent dans la salle de contrôle pour surveiller les caméras. Ainsi, ils pourraient retrouver le Kid rapidement si les unités le perdaient de vue. Conan ne put s’empêcher d’éprouver pendant une seconde de l’admiration pour Kogoro. Cette idée avait le mérite d’être simple. Et en cas de panne des caméras, on avait réquisitionné deux groupes électrogènes. Et même si le Kid arrivait à mettre hors service ces dispositifs de secours, Mouri et le commissaire pourraient les rejoindre très vite.

Alors que tout semblait aussi prêt qu’on puisse l’imaginer, un hélicoptère apparut et se dirigea tout droit vers le musée. Conan le regarda sans comprendre et le vit passer au-dessus. Il comprit alors qu’il se posait sur le toit, au-dessus du musée. Il y grimpa. Et il vit alors quelque chose qui le surpris totalement : deux personnes sortirent de l’hélicoptère : Heiji et Kazuha ! “ Impossible ! ” Murmura-t-il. “ Ils ne peuvent pas être au courant ! ” Heiji et Kazuha descendirent de l’hélicoptère qui décolla aussitôt et disparut en quelques secondes. Conan salua ses deux amis. Il était content de les voir même si cela l’embêtait que ce soit ce soir. Il aurait aimé un affrontement seul à seul avec le Kid. Mais bon ce n’était pas bien grave…

Ils descendirent du toit, et se retrouvèrent à l’intérieur du musée. Kazuha engagea la conversation avec Ran, et Conan questionna Heiji.

“ Je suis sur que tu n’es pas là par hasard, tu n’arriverais pas à Minuit.

- Evidemment que je ne suis pas là par hasard. Le Kid va venir, et j’ai bien l’intention de l’attraper.

- Moi aussi. Bref, comment as-tu su qu’il viendrait ? Et Kazuha ?

- A cause de toute la publicité que le conservateur a fait. Tu n’as pas vu ? Il y a un énorme rassemblement de fans du Kid devant le musée. Quant à Kazuha, elle a tellement insisté pour m’accompagner que, comme je n’avais pas de temps pour les explications, je l’ai embarquée.

- Et merde ! Les fans ne vont pas nous aider, car si mes déductions sont exactes, il a l’intention de se mêler à la foule.

- Effectivement. Mais bon notre boulot est de l’attraper avant qu’il ne file non ?

- J’espère juste qu’on y arrivera.

- On ne peut qu’attendre maintenant. Et concernant ta “ fameuse affaire » tu as des pistes ?

- Pas la moindre, ça devient désespérant.

- Hé ho ! Ne te laisse pas aller au découragement ! Il faut que tu coinces ces malfrats et que tu retrouves ton corps sinon… !

- Sinon quoi ?

- Je ne pourrais pas me mesurer à toi d’égal à égal. C’est vrai, avec ton corps tu es diminué. Si je te battais je n’en ressentirais aucune fierté.

- “ A vaincre sans péril on triomphe sans gloire ? »

- Exactement. Je veux me mesurer à toi lorsque tu seras en pleine possession de tes moyens. On est rivaux je te le rappelle.

- Oubliez donc votre rivalité ce soir messieurs les détectives. Ce soir, votre adversaire c’est moi. ”

C’était un policier qui venait de parler. Il se pencha vers eux et leur fit un clin d’œil. Surpris par le culot de l’homme, ni Conan ni Heiji ne réagirent. Puis il se dirigea vers le tableau, se planta devant et à la surprise des véritables policiers lança une bombe aveuglante. Quelques secondes plus tard, lorsqu’ils y virent clair, tous constatèrent que le tableau avait bel et bien disparu. Conan cria à Heiji de le suivre vers les escaliers. Tout en montant à toute vitesse sur le toit, Conan raconta à Heiji comment il avait découvert ce que le Kid ferait. Hors d’haleine, ils arrivèrent sur le toit. A leur grande surprise, un homme les y attendait. Un policier. Il était très calme. Ils s’arrêtèrent interloqués. Il les avait attendus. Alors qu’il aurait du se presser pour terminer son plan à bon port, il les avait attendus. L’homme fit un geste et tourna sur lui-même en même temps. Cinq secondes auparavant, n’importe qui aurait dit qu’il y avait un policier sur le toit. Maintenant il y a avait un homme élégamment vêtu, habillé de blanc avec une chemise bleue, une cape flottant au vent. Un monocle sur un œil. Un chapeau haut-de forme sur la tête. Celui que l’on cherchait sans relâche en bas. Celui qui avait prévenu et qui avait, une fois de plus berné la police. Celui que beaucoup pourchassaient sans relâche, pour diverses raisons. Celui qui avait toujours un ton et un sourire plus ou moins narquois. “ Celui que dieu a rejeté, le rejeton des illusions ”. “ Le Magicien du clair de lune ” dont le nom était particulièrement bien choisi ce soir.

Kaito Kid était là.

Heiji et Conan se placèrent face à lui. Ils étaient bien décidés à ce que leur course n’ai pas été inutile. Ils allaient maintenant affronter le Kid. Lui, se réjouissait de l’affrontement. “ Ce n’est pas tous les jours que j’aurais l’occasion de ridiculiser ces deux-là ” songeait-il. “ Bien. ” Se dit-il à nouveau. Il croisa les bras et lança :

“ Bonsoir messieurs.

- Bonsoir cher ami. ” Répliqua Conan. “ Je tiens immédiatement à t’annoncer que bientôt tu ne seras plus “ Kid l’insaisissable ”, mais “ Kid le prisonnier ”.

- Ah bon ? Je crois que tu t’avances un peu Détective. Et je suis désolé de devoir te ridiculiser en présence de ton ami.

- Nous verrons.

- Oui, nous verrons ” fit le Kid avec un sourire.

Il sortit son pistolet à cartes. A ce moment, Conan se félicita d’avoir amené sa ceinture à ballon de football. Il pourrait ainsi désarmer le Kid sans problèmes.

“ Bien messieurs ” fit celui-ci. “ Je suis désolé de devoir vous quitter, mais je suis un peu pressé. J’espère que vous me pardonnerez. ”

Sur ces mots, le kid fit un bond spectaculaire qui lui permit d’atterrir derrière Heiji et Conan. Puis il se retourna, et ayant considéré que Heiji faisait un adversaire plus dangereux que Conan, il se mit à lui tirer dessus, en reculant vers la porte. Mais Conan n’avait pas l’intention de le laisser partir. Il tira dans le ballon qu’il venait de faire apparaître. Celui-ci frappa la main qui tenait le pistolet et revint vers Conan. Ce dernier décida de courir au-devant du ballon afin de le frapper pour assommer le Kid. “ Kudo ! Non ! ” Cria Heiji qui avait compris le danger.

Mais trop tard. Le Kid se dirigeait lui aussi vers le ballon. Mais à la surprise des deux garçons, et particulièrement de Conan, le Kid ne frappa pas le ballon. A la place, il attrapa Conan et le relança comme un objet vers Heiji qui avait reculé au bord du toit sous le feu du Kid. Recevant Conan en plein ventre, Heiji bascula dans le vide entraînant (ou entraîné par comme on voudra) Conan. Heiji remonta instantanément sur le toit d’un bond, mais Conan ne pouvait pas le faire à cause de son corps. Derrière eux, le Kid s’assura qu’Heiji aidait Conan avant de se diriger vers la porte, puis de changer de direction et de courir vers le bord droit du toit où il sauta. Quelques secondes plus tard la porte d’accès au toit s’ouvrit. Un homme apparut et se mit à courir dans leur direction.

“ Kudo ! Accroche-toi bien ! ”

- Aucun problème ! Mais toi ne me lâche pas non plus !

- Essaie de remonter !

- Je n’y arrive pas !

- Fais un effort ! ”

A cet instant, l’homme qui venait d’arriver sur le toit bondit et attrapa la main que Conan tendait désespérément vers le haut.

“ Mon…Monsieur Mouri ! ” S’exclama Heiji.

- Aide-moi à le remonter on parlera ensuite ! ”

Quelques secondes plus tard, Conan était à nouveau sur le toit et remerciait Kogoro chaleureusement ainsi qu’Heiji.

“ Maintenant, je veux des explications.

- J’ai compris que le Kid allait venir sur le toit, et je m’y suis rendu. C’est ce gamin qui m’a suivi…

- Je ne parle pas de ça ” coupa Mouri d’une voix glaciale. “ Tu l’as appelé Kudo tout à l’heure et je veux savoir pourquoi.

- C’était dans l’affolement, je…

- NE TE FICHE PAS DE MOI !" ”

Kogoro s’était levé, et avait attrapé Heiji par le col de sa veste. Lui qui s’était toujours discrètement moqué de Kogoro aussi bien sur ses capacités de détective, que physiques tremblait de peur. Même si Kogoro semblait nul, il venait de découvrir qu’il s’agissait d ‘un homme et pas d’une lavette comme il l’avait cru. Ses yeux lançaient des éclairs. Il murmura à Heiji :

“ Tu veux que je te suspende dans le vide pour vérifier ton hypothèse ? On sera vite fixés.

- Euh… Non.

- Reposez-le par terre et je vous dirais tout ! ” Cria Conan.

“ Très bien. Je t‘écoute. ” Fit Kogoro de nouveau très calme. Heiji lui, préféra quitter le toit et redescendre. Tout ceci ne le concernait pas. Il espérait cependant que Kudo s’en sorte. Ca n’allait pas être facile.

Conan inspira un bon coup et commença son récit.

“ Je suis en réalité Shnichi Kudo.

- Quoi ?

- Oui. Lorsque je suis allé au parc d’attractions “ Tropical Land ”, j’ai vu un homme étrange et je l’ai suivi. Il faisait une transaction louche. J’ai été surpris et des hommes en noir m’ont fait avaler un poison qui m’a fait rétrécir.

- Et tu comptes me faire avaler ça ?

- Le professeur Agasa, mon voisin est au courant. Il vous confirmera ce que vous dis. C’est d’ailleurs sur son idée que je suis venu habiter chez vous. Lorsque je suis arrivé…

- C’était quelques jours avant que Yoko Okino ne vienne me trouver. ”

Pendant un seconde, Conan crut que Kogoro allait replonger dans ses délires sur Yoko, mais non. Rien.

“ J’ai pris votre place en vous endormant grâce à cette montre et en imitant votre voix grâce à ce nœud papillon. ”

Conan fit alors la démonstration de ses gadgets à Kogoro. Il pensait que celui-ci allait lui en vouloir énormément, mais il ne dit rien, se contentant de le regarder froidement. Comme si, brutalement, son visage était devenu de glace, impénétrable et imprévisible. Conan décida de continuer, malgré le fait qu’il commençait à avoir peur de la réaction de Kogoro à la fin de son récit. Il reprit :

“ Je suis donc venu vivre chez vous. Le professeur et moi-même avions pensé qu’en tant que détective vous pourriez avoir des informations sur ces hommes en noir. J’ai décidé de ne pas vous informer afin de vous protéger, vous et Ran. De plus, comme vous n’arriviez pas à résoudre vos enquêtes, j’ai pris le parti de vous aider à votre insu grâce aux gadgets fabriqués par le professeur.

- Et c’est comme cela que l’on m’a surnommé “ Mouri l’endormi ”. Je vois. Donc tu es venu vivre chez moi, tu m’a laissé t’entretenir, en prenant ma place pour résoudre les enquêtes que l’on me confiait.

- Oui ” avoua Conan honteux. “ Vous avez raison. Je suppose que vous m’en voulez et vous avez toutes les raisons du monde de m’en vouloir. Mais je tiens à vous remercier car si vous n’aviez pas été là, je crois que j’aurais sombré dans la folie. De plus, je tiens à m’excuser pour ce que vous avez pu endurer par ma faute comme ce surnom. Ensuite, je dois vous dire que mes parents sont prêts à rembourser tout ce que le fait de vivre chez vous vous aura coûté. Je leur en ai déjà parlé car je craignais que ce jour arrive. Et enfin, je dois vous dire que je partirais dès demain. J’en ai pris la décision, car je vous ai trop mis en danger, vous et Ran ”.

Il y eu quelques secondes de silence, pendant lesquelles Conan se sentit soudain seul. Très seul. Il venait de décider de couper les ponts avec Ran jusqu’à la fin de ses jours. Il n’y avait pas d’autre solution. Si jamais il la revoyait, elle ou Kogoro, il seraient en danger, et il n’en était plus question. Il l’avait décidé après la conversation téléphonique. Restait à trouver un endroit où aller…

Plongé dans ses réflexions, il n’avait pas remarqué que Kogoro le regardait fixement. Il releva la tête. Et lorsque le détective lui parla, il n’en crut pas ses oreilles :

“ Je n’arrive pas tellement à y croire. C’est si incroyable ! Mais je vois bien que tu ne mens pas. Mais il faut que tu saches quelque chose. C’est à moi de te remercier. En effet, si tu n’étais pas intervenu sur toutes les enquêtes, il y a bien longtemps que ma fille m’aurait été enlevée, et que je me serais retrouvé à la rue. Pour tout te dire, j’ai perdu pied lorsque ma femme m’a quittée. Il ne me reste que Ran. Mais passons. Pour faire simple, disons que tu m’a permis de me reprendre en partie en main. Même si je bois encore parfois un peu trop, je ne suis plus saoul en permanence. Et cela parce que tu m’a rendu célèbre. Donc merci.

Ensuite, je dois bien t’avouer qu’avoir été endormi durant les résolutions ne m’amuse pas. Cependant, je ne peux pas t’en vouloir étant donné nos situations respectives. Mais je dois t’avouer que cela me fait mal au cœur d’apprendre que je ne suis qu’un piètre détective.

- C’est faux ! ” Hurla Conan. “ Vous vous êtes parfaitement débrouillé dans quelques-unes des affaires que vous avez reçues, comme par exemple celle qui a impliqué vos amis.

- Mais si tu ne m’avais pas…

- Vous avez parfaitement réussi à comprendre immédiatement qu’il y avait quelque chose qui ne collait pas. Et vous avez su faire abstraction de vos sentiments pour arrêter votre ami. J’aimerais bien être suffisamment fort pour pouvoir faire cela. Enfin, vous êtes fort physiquement, il suffit de vous avoir vu ce soir ou lorsque vous avez fait du judo pour le savoir. Vous n‘avez peut-être pas tout du parfait détective, mais vous en avez les capacités. Vous êtes quelqu’un de bien.

- Si tu le dis… Mais poursuivons. Pour l’argent, je m’arrangerais avec tes parents, mais nous verrons cela plus tard. Enfin pour ta décision de partir je refuse, et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, j’ai encore besoin de toi pour mes enquêtes, même si je dois bien admettre qu’il s’agit d’une raison un peu égoïste.

Deuxièment, que tu nous ai informés ou pas nous étions et sommes encore en danger, qui ne fera que croître si tu disparais. Troisièment, mes contacts dans la police et dans le milieu de la justice, d’ici ou d’ailleurs peuvent t’aider à retrouver ces hommes. Quatrièment, dans ce corps tu ne peux guère te défendre, et je peux pas laisser quelqu’un se faire tuer. Cinquièment, Ran t’apprécie beaucoup. Tu te remplaces toi-même. Et enfin tu n’as nulle part où aller, car s’ils surveillent ta maison tu seras vite repéré. Alors, je te propose quelque chose : tu restes à la maison et nous jouons tous les deux la comédie auprès de Ran et des autres. Tu m’aides (sans m’endormir cette fois) et en échange, je fais jouer mes contacts pour t’aider à retrouver ces hommes. En cas de besoin, je te protégerais. De plus, je ferais mon possible pour être plus sérieux dans mon travail. Cela te convient-il ? ”

Conan n’en revenait pas. Cet homme, qu’il avait maintes fois endormi, qu’il avait maintes fois méprisé lui offrait quelque chose qu’il pensait être devenu inaccessible. De l’aide et sa protection. Incroyable. Impensable. Impossible. Mais il l’avait fait. Il se mettait en danger volontairement pour le protéger. Lui. Shinichi Kudo.

“ Je ne sais comment vous remer…

- Oublie ça. Je te le dois bien. Mais fais-moi plaisir : ne m’endors plus jamais. Et descendons. Les autres doivent s’inquiéter.

- Monsieur Mouri ?

- Oui ?

- Merci. Merci infiniment.

- De rien. ” Fit Kogoro en s’éloignant.

Conan le rattrapa dans l’escalier et ils descendirent ensemble, sans dire un mot. Conan ne souhaitait pas en effet accabler davantage Kogoro en lui parlant de Aï. Mais , puisqu’il était parti dans les confidences… Il se demandait s’il ne devait pas lui en parler tout de suite, ou plutôt attendre le lendemain, afin que Kogoro ai le temps de s’habituer à leur nouvelle situation. Il finit par choisir cette dernière solution, estimant que chacun d’eux deux avaient eu leur part d’émotion. Lui avait failli tomber du haut d’un bulding et y rester, Kogoro avait appris la vérité. Une fois arrivé en bas, au moment de franchir la porte qui donnait sur les escaliers, où les attendait Heiji, Conan se demanda s’il devait parler au détective de l’autre problème qui lui restait à résoudre. Et puis tout d’un coup, il n’y tint plus. Il n’allait pas se traîner un problème supplémentaire, moins il en aurait, mieux il les résoudrait. C’est prouvé : le puzzle qui est le plus facile à résoudre c’est celui qui contient le moins de pièces. Il allait virer une pièce. Et tans pis pour la honte qu’il allait se prendre.

“ Monsieur Mouri ! ” appela-t-il alors que celui-ci allait ouvrir la porte.

“ Oui ? Tu as oublié quelque chose ?

- Non, mais ce matin Ayumi était bizarre, et je n’arrête pas de me demander pourquoi.

- Bizarre ? Comment ça ?

- Lorsqu’elle est venue me parler ce matin elle bégayait, tripotait sa robe dans tous les sens et est finalement partie en pleurant.

- Et alors ? Elle avait un chagrin, c’est tout.

- Mais moins d’une minute plus tard, elle riait avec ses amies dans la classe. Et elle m’a regardé en étant dans la lune.

- Attends… Tu as dit qu’elle te regardait bizarrement ? Mais alors… ”

Il regarda Heiji pendant une seconde et Heiji fît de même. Puis tout d’un coup et simultanément, ils éclatèrent de rire. Ils en avaient du mal à respirer.

“ Je peux savoir ce qu’il y a de drôle ?

- Et bien en fait, je crois que si elle te regardait comme ça, c’est parce que… ” Fît Mouri en continuant à rire.

Ne lui dîtes rien Monsieur Mouri ! C’est plus drôle s’il trouve tout seul ! ” le coupa Heiji qui avait du mal à s’arrêter.

“ Oui tu as raison ! ”

Ils franchirent enfin la porte qui permettait l’accès aux escaliers. Derrière celle-ci, tout le monde les attendait, se doutant de quelque chose. Les policiers partis à la “ poursuite ” du Kid étaient bien évidemment rentrés bredouilles. Et tous semblaient penser que le célèbre détective Mouri avait du découvrir quelque chose de très important pour rester là-haut aussi longtemps.

“ Que s’est-il passé ? ” Demanda l’inspecteur Nakamori.

“ J’ai pensé que le Kid passerait par le toit ” Répondit immédiatement Heiji. “ Je m’y suis donc rendu avec Conan qui me suivait, et j’y ai malheureusement bien trouvé le Kid. Je dis bien malheureusement, car en essayant de l’attraper, j’ai basculé du toit. Je me suis rattrapé à une barrière, et Conan en essayant de m’aider est tombé à son tour.

Pendant ce temps je les ai vus partir grâce à une des caméras. Lorsque je suis arrivé sur le toit, je n’ai vu qu’une main qui menaçait de lâcher la barrière et je les ai aidés à remonter.

- Il vous a fallu tout ce temps ?

- J’ai décidé de remonter Conan en premier, car étant donné son âge, il risquait de lâcher prise. C’est ce qui a nécessité le plus de temps, car il se trouvait en-dessous d’Heiji. Voilà, vous savez tout ” Fît Kogoro.

Pendant le récit des deux hommes, Kazuha était devenue toute blanche. A la fin du récit en question, elle tourna les talons et partit en courant. Tous entendirent des bruits de sanglots sur son passage. Heiji qui s’approchait d’elle partit immédiatement à sa poursuite.

Pendant ce temps, Kogoro et Conan avait rejoint Ran. Par souci de « vérité » sur le gamin qu’il était censé être, Conan fît tout un cinéma à Ran, sur le fait qu’il avait eu peur, que son père était un héros et autres. Et brusquement, ses pieds quittèrent le sol, le visage de Ran, se rapprocha du sien, et il sentit ses lèvres sur sa joue. Il ne put s’empêcher de penser qu’il avait touché le jackpot : Ran venait de le prendre dans ses bras ! Derrière eux, attendri par sa fille Kogoro ne put s’empêcher pendant un instant d’imaginer Shinichi tenir Ran contre lui. Une seconde. Après il pensa que l’alcool lui était monté à la tête. Et voir Conan dans les bras de sa fille l’amusa un peu, et lui donna une idée pour prendre une petite revanche sur les endormissements forcés que Conan lui avait fait subir et ce, par le même moyen : il déclara qu’il fallait rentrer car Conan était un petit garçon qui avait besoin de sommeil et qui aurait du être couché depuis longtemps. Conan lui sourit pour lui signifier sa victoire, mais ne protesta pas. Et ils rentrèrent.

Heiji se maudit pour la septième fois au minimum. Il avait parlé de ce qui s’était passé la-haut sans penser une seconde à Kazuha, à ce qu’elle ressentirait. Il se traita encore une fois de crétin. Et maintenant, il courait dans Tokyo à la recherche de son amie. Et, comme si ça ne suffisait pas, il s’était mis à pleuvoir. De plus, elle avait disparu de son champ de vision. Mais, il fallait qu’il la retrouve. Pour s’excuser. Parce qu’il n’avait pas été fichu de comprendre qu’elle était inquiète pour lui. En fait, il venait juste de le comprendre.

Il tourna dans la première rue à droite. Elle s’était arrêtée. Elle était là. Ruisselante, lui tournant le dos, mais elle était là. Il l’entendait pleurer. Il inspira profondément, et s’approcha.

“ Kazuha… ”

Il ne vit même pas venir la gifle. Mais moins d’une seconde plus tard, il avait très mal à la joue gauche, et il savait qu’elle était plus rouge que l’autre.

“ Espèce de crétin ! » lança-t-elle. “ Tu n’as même pas pensé que je pouvais m’inquiéter ! Tu n’es qu’un rustre sans cœur ! Disparais ! Je ne veux plus jamais te revoir ! ”

Elle le frappa de toutes ses forces. Mais très vite Heiji lui bloqua les bras et la regarda droit dans les yeux. Il avait compris que s’il voulait la ramener avec lui, il lui fallait reconnaître ses torts.

“ Tu as raison. ” Répondit-il. “ Je me suis conduit comme un abruti, et j’en suis désolé. C’est vrai je n’ai absolument pas pensé que tu pouvais t’inquiéter. Je suis désolé je te dis. Excuse-moi.

- Tu ne comprends jamais rien ! Tu es toujours si obnubilé par tes enquêtes que tu ne fais même pas attention à moi !

- Qu’est-ce que je ne comprends pas ? Qu’est ce que je ne vois pas ? ” S’énerva Heiji.

Furieuse à présent, Kazuha tenta de se dégager en se retournant mais Heiji la tenait fermement. Il l’obligea à se tourner vers lui, et la regarda longuement droit dans les yeux.

“ Qu’est-ce que je ne comprends pas ? ” répéta-t-il.

“ Tu es incapable de comprendre les femmes… ” Murmura Kazuha

“ Hein ? Incapable de comprendre les femmes ?

- Et donc de me comprendre… ” Continua-t-elle en recommençant à pleurer doucement.

“ Mais enfin parle ! ” Fit Heiji en la secouant légèrement

“ Très bien. ” Fit-elle en détournant le regard. Elle avait des larmes dans les yeux et sur son visage. Sa voix tremblait.

“ Je… Je… Je… Je t’aime crétin ! ” dit-elle brutalement en se serrant contre Heiji.

Devant cet aveu inattendu, Heiji se sentit soudain si bête, que pendant une seconde, il ne sut quoi faire. Il faillit ouvrir la bouche pour rétorquer une bêtise comme il le faisait souvent d’habitude mais quelque chose lui disait que ce n’était pas l’attitude à adopter. Alors il opta pour un truc qu’il avait vu dans les films qu’il avait été voir avec elle (et accessoirement qu’il avait déclaré naze) : il la serra dans ses bras là, sous la pluie qui ruisselait. Et soudain, comme s’il était ailleurs il s’entendit dire :

“ Moi aussi je t’aime… ”

Lorsqu’il se leva le lendemain, Conan se sentit beaucoup plus léger que d’habitude. Son aveu à Kogoro devait y être pour quelque chose… Il se prépara rapidement, et sans l’aide de Ran. Quand on a moins de soucis on est plus efficace pensa-t-il joyeusement. Mais comme il n’avait pas eu le temps de tout dire à Kogoro sur le building il fallait le faire au plus vite. Il prit donc Kogoro à part discrètement en lui demandant de venir le chercher à l’école pour pouvoir lui parler sans Ran. Kogoro accepta.

Ce n’est qu’en arrivant à l’école qu’il se rappela qu’un dernier souci l’attendait. Une question qu’il n’avait pas réglé : que lui voulait
Ayumi ? Avec tout ses problèmes il avait oublié la “ question Ayumi ”. Qu’est-ce qu’elle lui voulait ? Bon, il allait bien voir aujourd’hui comment elle se comporterait. Si il se passait quelque chose, il ferait tout pour savoir quoi. Si il ne se passait rien, il laissait tomber. Comme cela les choses restaient simples. En plus, la connaissant il s’en faisait pour rien, puisqu’elle aurait certainement oublié. Bref, il n’allait pas se prendre la tête pour un truc aussi bête.

Il croisa ses amis au niveau du carrefour, et rentra avec eux dans la cour de l’école. Rien ne laissait présager quelque chose. Que ce soit Ayumi, Genta, ou Mitsuiko, ils étaient tous souriants. Seul Aï ne souriait pas beaucoup, mais cela n’avait rien d’extraordinaire, puisqu’elle avait toujours assez peu souri. Lors du début des cours, Conan remarqua qu’Ayumi continuait à le regarder, toujours de la même façon, les yeux dans le vague…Dès qu’il le remarqua, Conan décida de lui parler afin de savoir à quoi s’en tenir. Cela faisait deux ou trois jours qu’elle le regardait comme ça, lui et lui seulement. A la récréation, il tenta bien d’aller la voir, mais sitôt sorti, les élèves de sa classe l’en empêchèrent en organisant une partie de foot. Obligé par les autres d’être sur le terrain, il n’eu même pas l’occasion de l’apercevoir. Et à midi, lorsqu’il la vit, il jugea que l’endroit n’était pas très approprié, compte tenu du fait qu’il pouvait y avoir un problème. Décidément, pensa-t-il avec une pointe de découragement, ce n’est pas facile de parler aux filles. Surtout que, dans le cas présent, je ne sais pas de quoi il retourne…

Ce ne fut qu’à la sortie de l’école que Conan put enfin saisir sa chance. Il s’arrangea pour sortir en même temps qu’Ayumi et pour éloigner les autres. Ils marchèrent en retrait des autres vers la sortie. Et, à ce moment Conan décida de l’interroger :

“ Dis Ayumi ?

- Oui Conan ?

- L’autre jour tu voulais me dire quelque chose, mais tu es partie en courant… Tu avais un problème ?

- Mais non ! ” lui répondit-elle simplement en souriant. “ Je n’ai aucun problème, sinon je te le dirais à toi et aux autres.

- Alors dis-moi pourquoi tu t’es enfuie en pleurant.

- Euh, bah euh…

- Tu sais que tu peux tout me dire Ayumi…

“ Mais bon ” pensa-t-il, “ j’aurais préféré dire ça à Ran ”. C’était, pensait-il le genre de phrase qui amenait la confidence, et qui débloquait la situation quand on ne savait pas quoi dire. Et là, justement, il ne savait pas quoi dire… Mais elle reprit la conversation :

“ C’est un secret. Tu ne diras rien à Genta, Mitsuiko, et surtout à Aï ?

- Rien je te le promets.

- Pour de vrai ?

- Pour de vrai. Alors ?

Je t’aime Conan ! ” dit-elle soudain en lui donnant la main.

Conan dut faire une drôle de tête ou changer de couleur car tout d’un coup Ayumi lui demanda :

“ Tu ne te sens pas bien ? Ca ne va pas ? Tu devrais peut-être t’asseoir ?

- Non. » répondit-il. “ Je vais bien. ”

Mais devant cette déclaration surprise il ne savait comment réagir. Au moins, il comprenait pourquoi Kogoro et Heiji avaient ri : ils avaient immédiatement compris, et le côté grotesque de la chose ressortait : lui, Shinichi Kudo, brillant détective lycéen rétréci par un poison, était aimée par une fillette de sept ans. Il y avait vraiment de quoi rire. Sauf qu’il ne savait pas quoi répondre. Il crut, un instant qu’il était sauvé, car pendant qu’ils parlaient, ils étaient sortis de l’école, école devant laquelle se trouvait Kogoro, qui allait sûrement intervenir. Mais lorsqu’il le vit, un coup d’œil lui suffit pour comprendre que celui-ci ne ferait rien pour l’aider : il le regardait, un petit sourire moqueur aux lèvres.

Mais comment allait-il s’en sortir ? Et sans vexer Ayumi ?



Return to Top