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La jeune femme s’avança silencieusement vers la personne qui travaillait à la table devant elle. Celle-ci avait le dos courbé, et elle était visiblement concentrée sur son travail. L’autre la contempla quelques secondes. Elle était si belle, en particulier à cet instant, tête baissée en pleine couture. On sentait sa concentration et son calme dans toute la pièce, mais si on se concentrait exclusivement sur elle, on pouvait également sentir une excitation toute particulière. Si on l’observait et qu’on écoutait cette excitation était visible également. Non pas par des tremblements, mais par des micros soupirs. Souriant d’un air attendri, l’autre continua son approche, plus silencieuse qu’un chat. Enfin parvenue à la chaise de son amie, elle l’attrapa en vitesse mais avec douceur pour l’embrasser tendrement et à pleine bouche. Celle qui travaillait en profita pendant quelques secondes avant de se retirer, et de sourire à son amie :
« Merci Ran, mais tu devrais garder ça pour cette nuit, avec les garçons. Je suis sure qu’ils seront très gourmands.
- J’espère bien, mais je suis si impatiente ! Je n’ai pas pu m’en empêcher Kazuha, désolée.
- Ne t’excuse pas sourit l’autre c’était très agréable. En revanche aide-moi, j’en ai fini avec celle-ci. Il n’en reste plus qu’une à coudre et on pourra tout mettre en place. Tu as fini de débarrasser l’autre pièce ?
- Oui, on aura largement toute la place qu’on voudra, et on pourra utiliser ce qu’on veut. »
Pour toute réponse Kazuha sourit à son amie en déplaçant le tissu. Elle se remit à coudre. Déçue, Ran tourna les talons, s’apprêta à sortir, quand soudain elle sentit quelque chose de fin accroché à son poignet. Elle se retourna pour découvrir son amie, si sérieuse quelques secondes auparavant en train d’essayer de lui lécher la main. Elle sourit à nouveau, puis se dégagea en riant. Kazuha se releva de sa position basse, se leva et se mit à poursuivre Ran en riant tout autant. Arrivées dans le salon, elles engagèrent une bataille de coussins pendant quelques minutes. Lorsqu’elles s’arrêtèrent après un « combat » bref mais intense, leurs cheveux étaient en bataille, mais elles souriaient de toutes leurs dents. Elles remirent les coussins en place, puis Kazuha rompit le silence d’après-guerre :
« Tout est prêt ?
- Pour la dernière fois répondit Ran avec un sourire, la chambre mise à part, oui. Petits fours, repas, tout est prêt. Il ne manque plus que ce… truc.
- Comment l’a elle appelé déjà ?
- Je ne sais plus.
- Bah aucune importance. Ce qui compte c’est qu’elle les amène comme elle nous l’a promis.
- Je crois qu’on peut lui faire confiance.
- On va préparer la chambre ? » fit Kazuha avec un de ces sourires qui plaisaient tant à Ran.
Elles remontèrent les escaliers en courant presque. Chacune prit plusieurs draps, tous de taille très impressionnante. Elles se dirigèrent vers ce qui serait la chambre commune et commencèrent à faire le lit. Parfaitement le lit. Sur presque toute la surface de la pièce, ne laissant que quelques espaces sur les bords pour permettre d’en rentrer ou d’en sortir. Elles durent s’y reprendre à trois fois pour le premier drap tant elles avaient vu grand. M’enfin comme on disait : « Qui veut la fin veut les moyens ». Il leur fallut encore plus d’une demi-heure pour transporter le reste de la literie qu’elles avaient prévu pour l’occasion. Enfin plus d’une heure après avoir commencé, elles obtirent un lit très confortable et d’une taille très supérieure à tout ce qui existait. Lorsqu’elles eurent vérifié que tout était prêt à ce niveau, elles s’occupèrent de la décoration de la pièce en elle-même. Elles suspendirent de très longs tissus qui tombaient très largement en tas sur le sol et ce presque partout dans la pièce ou plutot sur le lit. Elles tamisèrent les lampes, ajoutèrent un brin de fantaisie à l’ensemble, avant de se déclarer satisfaites, presque trois heures après avoir commencé. A ce moment, Ran ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil par la fenêtre. Le jardin était magnifique. Les arbres étaient tous très beaux et leur position bien choisie. Un léger vent en agitait les feuilles, mais ne faisait que rendre le tout encore plus agréable. Un court d’eau traversait la propriété, surplombé par un pont en bois, certes peu large et court, mais qui ajoutait au charme de l’ensemble. Un banc se trouvait contre le mur de la propriété, à l’ombre et était idéal selon tous les avis pour qui souhaitait lire ou se reposer. Ran observait le jardin depuis la fenêtre du premier étage juste au-dessus de ce banc. Elle éprouva soudain un sentiment immense non pas de joie véritablement, mais de bonheur. Cet endroit si simple la comblait surtout quand on savait qu’elle si trouvait avec l’une de ses meilleures amies et que leurs amis d’enfance allaient les rejoindre. Elle profita encore un instant de la tranquillité de la vue, avant de se retourner vers Kazuha.
« Je crois que c’est parfait » dit-elle.
« Une personne qui rentrerait dans cette chambre refuserait sûrement d’en sortir tout de suite » répliqua celle-ci avec un sourire satisfait.
On ne pouvait mieux dire. Auparavant vide, la pièce offrait maintenant un lit et une décoration exquises, mais elle dégageait une impression de calme, de volupté telle qu’on avait envie de rester des heures entières dans le lit à en découvrir les moindres recoins et secrets. Quiconque entrerait dans cette chambre serait condamné à éprouver du plaisir et ce, pour longtemps. Après un dernier coup d’œil circulaire, Ran ferma la porte.
Les deux jeunes femmes se dirigeaient vers la salle de bains lorsqu’elles entendirent des pas dans l’allée de gravier. Elles sortirent ensemble, devinant que c’était la visite qu’elles attendaient. Pour en être sûre, Ran jeta un coup d’œil à la fenêtre avant de se précipiter dehors. Une petite brunette remontait l’allée rapidement, une petite boîte à la main, un sac sur l’épaule. Elle était vêtue d’un jean, d’un blouson de la même matière, et portait une casquette qui cachait ses grands yeux. Son pas était régulier, large et sur. Elle arriva rapidement au niveau des deux amies qui l’attendaient en souriant. Après les avoir saluées, la fillette leur remit une petite boîte blanche.
« Et ça marche ?
- Très bien, ne t’inquiète pas Ran.
- Tu veux dire que vous l’avez essayé ?
- Le professeur a accepté de se porter volontaire. » fit la jeune fille avec un sourire. Les deux autres se mirent à sourire aussi, puis les trois craquèrent en même temps : trois rires s’élevèrent, joyeux et insouciants, presque moqueurs.
« Et tu l’a laissé… comme ça ? » parvient à demander Kazuha entre deux éclats de rire.
« Non, mais ça aurait été drôle. » répliqua Shiho. Elle s’avança un peu vers Ran, et leva les bras. Celle-ci se pencha immédiatement, laissa la fillette s’accrocher à son cou tout en l’attrapant au niveau des fesses pour la soutenir. Elle se releva, et marcha vers la maison avec Shiho dans les bras, lui demandant si elle souhaitait boire quelque chose.
Quelques minutes plus tard, toutes trois étaient assises à la terrasse du jardin, un verre à la main. Enfin pas exactement, puisque Shiho se trouvait sur les genoux de Ran et… tétait un biberon. En l’observant Ran repensa à tout ce qui était arrivé. Comment Shinichi avait disparu, Conan était apparu, comment il avait disparu lors du retour de Shinichi, et comment il lui avait tout expliqué. Et surtout pourquoi Shiho ne souhaitait pas encore retrouver sa taille adulte et vivre exactement comme une enfant : elle avait le sentiment qu’on lui avait volé sa vie, qu’on ne lui avait jamais « fichu la paix » comme elle disait. En réalité, elle pensait qu’elle avait grandi beaucoup trop vite. Elle reprenait donc sa vie à zéro. Aussi Ran et Kazuha, maintenant parfaitement au courant avaient communément décidé de la traiter comme une enfant puisqu’elle le souhaitait. Et Shiho vivait donc chez le professeur comme une enfant, laissant les deux jeunes filles s’occuper d’elle de temps à autre. Tout en ayant ces pensées, Ran ne put s’empêcher de constater qu’effectivement, Ai allait beaucoup mieux qu’à une époque où elle déprimait profondément. Maintenant, il était beaucoup plus rare que ses yeux expriment une tristesse dont il fallait la sortir. Le sourire devenait beaucoup plus présent. Ran sourit à son tour : dans quelques heures les deux grands détectives, ou plutôt les deux grands dadais comme elle les appelait lorsqu’elle était avec Kazuha seraient ici. Sans savoir pourquoi, mais ils y seraient. Et en attendant elles avaient à faire. Ran se leva au bout de quelques minutes, poussant Shiho hors de ses bras.
« On va dans la salle de bains ? »
Kazuha se leva immédiatement et suivit son amie. Arrivée dans la salle de bains, Kazuha ouvrait l’eau. Les deux jeunes filles se déshabillèrent rapidement et pénétrèrent dans l’immense baignoire à même le sol. Gamine, Kazuha n’hésita qu’une seconde avant de rajouter un bain moussant spécial inventé par le professeur Agasa. Les bulles changeaient aléatoirement de couleur dès qu’on y touchait, et chose plus intéressante, elles étaient incassables et… cubiques : le produit chimique qu’il y avait intégré empêchait celles-ci de reprendre leur forme naturelle : on pouvait ainsi les façonner comme on le souhaitait. Le seul inconvénient de ces bulles était qu’il fallait ensuite asperger la baignoire et soi-même d’un produit légèrement dissolvant afin de les décomposer sinon il était impossible d’avoir une baignoire propre.
Une fois dans l’eau, les filles se prélassèrent pendant un long moment : c’était si agréable de se détendre de cette façon ! Mais après un long moment, Ran se lova dans les bras de Kazuha. Celle-ci passa ses bras sous les seins de Ran et l’attira à elle, profitant de ces instants pour sentir la nuque de son amie. Elle n’eut pas envie de la laisser immédiatement partir : elle commença à la mordiller amoureusement. Ran pencha alors la tête en arrière, laissant ses cheveux aller dans l’eau et plongea son regard dans celui de Kazuha. Cette dernière ne se laissa pas démonter par son doux regard et lui caressa le front et les cheveux d’une main, exactement comme on le fait à un petit enfant. Elle ne s’arrêta que pour commencer à frotter le dos de Ran, le caressant presque. Lorsqu’elle eu fini, elle laissa Ran faire de même.
Puis elle se retourna, fixant Ran dans les yeux un sourire aux lèvres. Celle-ci avança vers elle n’ayant d’yeux que pour le corps de son amie. Elle passa derrière elle, la saisit et lui bloqua les bras. Elle se mit à effectuer une exploration minutieuse du corps chaud qu’elle tenait, ne laissant aucune zone lui échapper. Elle commença par le cou, puis saisit un des seins de son amie commençant à le masser ou plutôt à le pétrir. L’effet fut immédiat : Ran ressentit immédiatement une douce excitation montante, ses tétons commencèrent à se durcir. Très vite cependant, (et bien trop vite aux yeux de son amie) Kazuha arrêta son manège, la sentant au bord d’un plaisir qu’elle se devait de lui conserver jusqu’à l’arrivée des garçons. D’un autre côté, elle aurait aimé continuer pendant des heures, juste pour voir quand Ran allait craquer. Mais elle se contenta de continuer sa douce exploration, arrivant rapidement au bassin et aux parties les plus secrètes de son amie. Même si elle s’était toujours refusée à une exploration en profondeur, elle ne put s’empêcher de laisser glisser sa main, cherchant à atteindre progressivement les jambes de son amie. Une simple caresse arracha un long gémissement à Ran, qui se laissait faire, attendant patiemment que son tour vienne. Kazuha du se mettre à genoux dans la baignoire pour pouvoir lui caresser les jambes. Ran recula progressivement, jusqu’à être hors de portée des mains de Kazuha, au moment au celle-ci se calait la baignoire, profitant à fond de l’eau chaude. Ran fit de même, abusant une dernière fois des bienfaits du bain.
Lorsqu’elles en sortirent, elles se séchèrent avant de se mettre en robe légère. Puis Kazuha maquilla légèrement Ran. Celle-ci fit de même avec Kazuha, mais en profita pour un massage très particulier des pieds, portant l’envie de Kazuha jusqu’à des sommets. Elle prit un malin plaisir à pousser son amie à bout par quelques chatouilles autant dues à ses mains qu’à sa langue. Enfin elle prétexta un rajustement du maquillage pour l’embrasser longuement et langoureusement. En sortant, elles découvrirent un mot sur la table :
« Je vous laisse, je dois rentrer. Merci pour le biberon et amusez-vous bien !
Aï »
Ran sourit en découvrant le petit mot : « Ca pour s’amuser…
- On va s’amuser ! » compléta Kazuha toute aussi souriante que son amie.