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Commentaire : à la fin è_é
Épilogue – Let’s Die… Once Again
Dimitri était vraiment satisfait de lui. En fait, il était toujours satisfait de lui mais ce soir là, malgré la pluie battante, il était encore plus satisfait que tous les autres soirs.
Il avait réuni ses nouveaux subalternes et exprimé à la perfection ses intentions futures. Il avait dû accentuer pour certains ses paroles avec un peu plus de plomb mais dans l’ensemble tout s’était bien passé. Il était même tenté de dire que tout se passait mieux qu’à l’époque du puéril Mikhaïl. À se demander comment il avait pu arriver à la tête d’une mafia aussi puissante avec une telle attitude d’enfant gâté et d’efféminé. Mais ce n’était plus un problème depuis deux mois déjà.
Le casino avait brûlé, emportant avec lui ceux qui auraient pu lui nuire. Il s’était retiré pour un temps de Macao, laissant croire à Feilong et Asami qu’ils avaient gagnés mais ce n’était qu’une ruse et il planifiait déjà sa conquête du marché asiatique. Il abattrait d’abord Baishe et tous les cartels chinois qui pouvaient lui causer du tort, puis il s’attaquerait aux yakuzas du Japon affaiblis avec leurs valeurs d’un autre temps. Il se méfiait plus d’Asami qui ne suivait aucune règle contrairement aux autres yakuzas mais il trouverait la faille. Peut-être que commencer par tuer l’avorton le ferait commettre une erreur. Il n’allait pas perdre son temps à l’enlever et le séquestrer, comme les autres. Il n’avait pas le goût et le temps pour ce genre de jeux d’adolescents. Oui, lorsqu’il serait débarrassé de Feilong, la première chose qu’il aurait à faire serait d’envoyer un tueur s’occuper de cet Akihito. Ces homosexuels étaient tous aveuglés et affaiblis par leurs sentiments contre nature.
Dimitri se servit un verre de vodka et alla dans le salon de la villa pour s’asseoir dans un confortable fauteuil. Les lieux avaient appartenu à Mikhaïl. Il devait admettre que c’était meublé avec goût et confortable.
Il commença à boire lorsqu’il remarqua quelque chose de curieux. La baie vitrée était entrouverte et laissait pénétrer la pluie battante qui avait inondé le carrelage à cet endroit. Le mafieux laissa là son verre et se leva tout en se tournant vers les deux gardes du corps qui l’accompagnaient toujours. L’un d’eux alla refermer la porte coulissante tout en ayant courageusement son arme à la main.
« - Fouillez tout pour savoir si quelqu’un est entré, » ordonna Dimitri.
Le second garde du corps décrocha son talkie walkie et commença à transmettre la demande de son chef lorsque des hurlements de terreur et des coups de feu lui répondirent.
Saisi par la surprise, Dimitri et ses deux hommes restèrent tétanisés et seul le vacillement progressif des lampes, tremblantes comme des flammes de bougies sous le vent, les fit réagir. Lorsqu’ils se dirigèrent vers la baie vitrée pour sortir, la villa se retrouva plongée dans une profonde obscurité. Dehors, la pluie de cette nuit sans lune gênait la visibilité.
« - Allons à la chambre de sûreté, » commanda Dimitri.
Les gardes du corps allumèrent chacun une lampe torche et quittèrent le salon en balayant prudemment le couloir obscur. Dimitri était nerveux. C’était sûrement l'œuvre d’un de ses rivaux ou peut-être d’un autre clan mafieux. Mais une fois dans la salle de sûreté entièrement blindée et impossible à ouvrir de l’extérieur, plus personne ne pourrait l’atteindre. De plus, son entrée était cachée dans l’un des murs du bureau et personne hormis lui-même savait comment y entrer.
Arrivés à proximité du bureau, l’un de ses hommes de mains qui fermait la marche surpris un mouvement fugace avec sa lampe torche. Il poussa un cri d’alarme, tira un coup de feu et laissa tomber la lampe torche avec les phalanges de ses doigts qui avaient été sectionnées.
« - Entrez, vite, » ordonna l’autre homme tout en ouvrant la porte du bureau à Dimitri.
Celui-ci ne se fit pas prier mais jeta malgré tout un coup d'œil derrière lui. Il vit l’éclat d’une lame argentée, prise dans le faisceau de l’autre lampe torche, s’abattre sur le gangster blessé et lui sectionner l’artère d’un seul coup précis. La porte se referma sur cette vision. Son autre homme de main bloqua la poignée avec la première chaise qu’il trouva puis se posta à côté, prêt à tirer si le tueur à gage parvenait malgré tout à entrer. Dimitri ne voulait surtout pas le gêner dans ce travail pour lequel il était grassement et même trop payé. Il s’approcha de la bibliothèque du bureau et poussa un renflement dans le mur presque invisible à l'œil nu si on ne savait pas quoi chercher. Le meuble coulissa sur le côté comme sur des rails et révéla la porte d’une chambre forte. Dimitri y entra. La bibliothèque revint à sa place initiale.
Dimitri se pressa de verrouiller derrière lui, puis remarqua seulement que le groupe électrogène de la chambre de sûreté était déjà allumé alors qu’il n’y avait pas encore touché. Il se tourna lentement vers l’unique pièce meublée que composait le bunker. La lumière blafarde ne dissipait pas tous les recoins obscurs des lieux.
Il sortit son pistolet de son holster, caché sous sa veste, et descendit prudemment les quelques marches le séparant de la salle blindée. Personne ne pouvait y être entré avant lui. Personne ! Il était le seul à savoir comment y entrer à ce jour. Il n’y avait aucun plan de la villa où figurait cette pièce. Seul quelqu’un ayant commandé sa construction pouvait connaître cet endroit et c’était absolument impossible.
Mais arrivé en bas des marches, il stoppa parce qu’un mouvement s’opéra depuis l’un des coins plongés dans l’obscurité. Il aurait dû tirer mais il ne le fit pas. Il voulait savoir qui, comment et pourquoi. Il ne le tuerait qu’ensuite.
Le mystérieux intrus sortit de l’ombre, répondant volontiers à la question de « qui » mais accentuant les interrogations quant au « comment » et « pourquoi ».
La main de Dimitri vacilla et le canon de son pistolet se baissa légèrement tandis qu’il écarquillait les yeux de stupeur, stupeur par laquelle l’intrus répliqua par un arrogant sourire.
« - Tu es mort… ! » s’écria Dimitri.
« - Oh, parce que tu crois tout ce que racontent les journalistes, maintenant ? »
La voix insolente de Mikhaïl le poignarda en plein cœur. Tout en étouffant une insulte, Dimitri releva son arme. Mais le revenant, qui n’avait ni pistolet et devait s’appuyer sur une cane pour marcher en raison de son genou qui ne s’était pas encore remis, se contenta de l’observer avec la même insolence qu’avant. Son sourire s’agrandit même.
« - J’ai obtenu des copies des rapports de police et du légiste, » s’étouffa Dimitri. « Tu étais mort. Mort !
« - Peut-être que quelqu’un m’a aidé, » lança Mikhaïl avec impertinence. « Peut-être qu’Asami ne m’a pas laissé mourir comme tu l’as cru et peut-être que nous avons passé un accord dans ton dos. Peut-être qu’il a même usé de son influence pour faire croire à ma mort. Ou peut-être que je suis réellement un fantôme, ce qui expliquerait pourquoi ton ridicule pistolet ne m’effraye pas.
« - Non. Tu n’es certainement pas un fantôme et je vais achever ce que ce Japonais n’a pas su faire. »
Mikhaïl étouffa un ricanement, ce qui énerva et intrigua suffisamment Dimitri pour qu’il n’appuie pas sur la détente.
« - Qu’y a-t-il de drôle ?
« - J’ai promis à Asami de régler ton cas en échange de ma vie.
« - J’imagine bien quel plan stupide tu as imaginé ! Mais il est voué à l’échec.
« - Mais tu n’es pas curieux de savoir pourquoi je ne suis pas armé et m’enferme avec toi dans ce bunker ? » insista Mikhaïl avec un délice enfantin.
« - Parce que tu es idiot. J’ai verrouillé la chambre et personne ne peut y entrer. »
La bouche de Mikhaïl s’ouvrit sur un « O » de surprise feinte, puis il se remit à rire.
« - À l’époque où tu n’étais pas encore un traître, je t’ai montré cette pièce. Mais… »
Mikhaïl marqua une petite pause et fit mine d’essuyer une poussière sur sa veste.
« - Es-tu si naïf pour croire que je t’ai dévoilé tous ses secrets ? »
Il y eut un bruit, comme un raclement, juste derrière Dimitri. Au moment où il s’apprêtait à se retourner pour faire face à ce nouveau danger, il sentit la lame d’un poignard lui transpercer la main. Son pistolet tomba au sol dans un tintement métallique. Il n’eut que le temps d'entrapercevoir la silhouette d’un homme avant qu’une main s’abatte sur ses lèvres et que l’arme blanche se retrouve sous sa gorge.
« - Il existe un moyen de l’ouvrir de l’extérieur, » fanfaronna Mikhaïl.
Le fil de la lame s’enfonça le long de son cou et traça rapidement un profond sillon. Il tenta de crier mais ses cordes vocales avaient été sectionnées. Le sang qui avait giclé de ses artères l’étouffait à présent. Il tomba à genoux, chercha l’air qui lui manquait mais ne trouva qu’une terrible douleur. Le sourire insolent de Mikhaïl fut sa dernière vision avant que tout ne s’obscurcisse.
« - Excellent timing, Iakov. »
Le tueur ne lui adressa qu’un regard à la fois agacé et blasé, avant de laisser tomber le poignard au sol et de remonter les marches.
« - Il avait raison. C’était encore un plan stupide.
« - Il fallait bien que je te donne une bonne raison d’agir avec rapidité et précision.
« - Je n’ai pas besoin d’une bonne raison pour faire ce que j’ai à faire. »
Iakov s’arrêta à mi-hauteur et se tourna pour faire face à Mikhaïl qui avait rejoint le bas de l’escalier. Il ne souriait plus et tendit la main vers son ventre, là où la balle lui avait perforé le foie deux mois plus tôt et qui avait failli le tuer.
« - Cela fait-il encore mal ?
« - Vous auriez pu mourir… » éluda Iakov.
« - As-tu encore mal ? »
Iakov laissa échapper un soupir de lassitude, jeta un regard au corps ensanglanté de Dimitri, reporta son attention sur Mikhaïl qui le fixait avec insistance et tourna les talons tout en haussant les épaules.
« - Plus maintenant. »
Avant qu'on ne me fasse d'éventuels reproches, je n'ai jamais eu l'intention de tuer Mikhaïl et Iakov. Si vous relisez d'ailleurs la scène où Asami est censé les tuer, vous noterez que je ne dis pas explicitement qu'il atteint son but.
Au tout début de Nikui, je voulais réellement tuer Iakov (et seulement lui) mais je pense que ce personnage a encore un potentiel qui n'a pas été utilisé, notamment vis-à-vis de sa relation avec Mikhaïl. Alors, juste au cas où, je veux avoir la possibilité de le ré-employer.
Là, je suppose que vous allez me demander si cela signifie qu'il y aura un quatrième épisode (Shyn me harcèle pour que je le fasse...). Je dirais oui et non. J'ai l'idée pour une ultime histoire mais tout d'abord encore faut-il que je trouve le temps de l'écrire alors que je tente d'achever mes romans pour les éditeurs, ensuite est-ce que vous avez vraiment envie de lire une histoire où les personnages de Viewfinder sont éloignés de l'archétype du manga et qui pourraient finir par la mort de la plupart d'entre eux ? Je crois que si je devais écrire une nouvelle histoire, ce serait une fois que YA aura suffisamment continué le manga pour avoir du neuf à utiliser. Maintenant, si vous êtes vraiment nombreux à avoir envie d'un ultime chapitre suivant la trame que j'ai construite, je l'envisagerai sérieusement mais ce ne sera pas dans un mois, ou deux, ayant ma licence à achever et mon master à préparer.
Si vous avez aimé mes fanfiction durant tout ce temps, je serais ravie de retrouver certains d'entre vous sur mon compte fictionpress. Il y a deux histoires pour le moment : une nouvelle, Mange-moi, bois-moi, qui est à 100% BL, et la version en cours d'un roman de fantasy, Un amour empoisonné (BL présent mais pas seulement). J'utilise le même pseudo, Roshieru.