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: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Books » Harry Potter » Harry Potter et l'héritier de Dumbledore

nadwen
Author of 5 Stories

Rated: M - French - General/Romance - Harry P. & Severus S. - Reviews: 716 - Updated: 08-29-09 - Published: 09-25-06 - id:3169710

Hello, tout le monde… Euh y a quelqu’un dans la salle… Seul l’écho lui répond.

Hum, hum, je sais cela fait 5 mois que je n’ai pas posté de chapitres à cette histoire mais bon, la vie, le travail parfois ça prend du temps. Je vais essayer à partir d’octobre de réécrire plus régulièrement, du moins comme avant cette année chargée.

Sinon, rappel de l’histoire, nos deux héros (chaton et poussin) pour les intimes se sont séparés amers car Severus a peur (le boulet). Suite à cela, Harry couche de nouveau avec Seamus pour se venger. Dans le dernier chapitre, Severus arrivait dans la chambre d’Harry pour le prévenir d’une attaque de mangemort.

Pour les personnes qui continuent à me suivre, merci du fond de mon cœur. En espérant avoir des messages d’encouragement.

A bientôt (enfin j’espère pour le Harry/Charlie)

Biz. Nadwen

Chapitre 45 : A la recherche du gamin perdu…

J’humais avec délectation le parfum de la potion de goutte de mort-vivant que je concoctais pour Pomona. La préparation de telles potions si délicates et difficiles était probablement la dernière chose qui me permettait encore de me détendre et m’empêchait de foncer tout droit vers les anciens appartements de Minerva pour le rejoindre et pour lui rappeler qu’en aucun cas, il ne devait laisser cet abruti de Finnigan poser les mains sur lui. Je soupirai et pinçai mon nez, crispé. Comment et depuis quand un tel gamin aussi capricieux et aussi épouvantablement gryffondor avait réussi à me transformer en une espèce de Poufsouffle de quatrième année ?

Je tournai une nouvelle fois la cuillère en bois dans le sens des aiguilles d’une montre avant de rajouter trois petites pierres de lune. Je me demandais s’il était encore dans un coin sombre à faire Merlin sait quoi avec l’autre crétin. Probablement. De toute manière, ils avaient de plus en plus de difficulté à cacher leur relation ‘particulière’, même Ron Weasley s’en était rendu compte. Un coup sonore résonna dans mes chers cachots. Qui pouvait bien oser me déranger ? Bien sûr, je n’étais plus aussi effrayant sous mon apparence d’Andrew Prince mais personne, pas même ces chères Lavande Brown et Ginny Weasley, ne s’étaient approchées de ce lieu maudit, marqué à vie par l’infâme Severus Rogue.

« Ouvrez-moi, Professeur Prince, c’est urgent… Très urgent. »

Aussitôt, je laissai tomber ma cuillère de bois dans le chaudron. Ô diable cette foutue préparation, je pourrais toujours la refaire ce soir. M’attendant au pire, j’ouvris la porte avec brusquerie. Il se tenait droit, portant une belle robe de soie, aux armoiries des vert et argent, malheureusement, ses pommettes légèrement rougies et son souffle court montraient son empressement et ses yeux gris-bleus reflétaient une certaine inquiétude. Malefoy avait dû courir jusqu’à mes cachots.

« Que me voulez-vous, M. Malefoy ? »

Mon ton était froid et cinglant. Je ne voulais laisser rien dire de fâcheux, craignant qu’un élève ne puisse nous entendre.

« Je dois vous parler tout de suite, Professeur. »

Je m’effaçais et le laissais entrer. Il avait à peine fait quelque pas dans la pièce que je jetais un sort d’intimité pour que personne ne puisse entendre le moindre mot.

« Qu’a-t-il encore inventé ?

- Vous n’en avez aucune idée ? Auriez-vous oublié quel jour sommes-nous ? »

Je n’eus pas le temps de répondre que déjà, il s’emportait.

« Comme d’habitude, Monsieur le Sauveur du monde n’en a fait qu’à sa tête et en plus il met en danger les autres.

- Qui, les autres ?

- En tout premier lieu, Finnigan. »

Je soupirai, ne cachant pas mon mépris.

« Et en quoi, mettre Finnigan en danger est un problème ?

- Il n’a rien fait de mal à ce qu’il me semble. Ce n’est pas de sa faute si Monsieur le sauveur du monde ne lui a pas tout dit. »

Je manquai m’étouffer, en entendant de telles inepties.

« Monsieur Malefoy, il me semble que vous fréquentez à présent assez les gryffondor pour savoir que ce sont des êtres tout sauf innocents !

- Ce n’est pas le sujet, Professeur Prince. Il me semble vous avoir dit que votre élève, Monsieur Potter était en danger… Il est parti pour Pré-au-Lard !

- Comment ?

- Eh bien, il m’avait parlé d’un rendez-vous avec Finnigan et je suppose qu’il n’a pas voulu annuler.

- Mais, je l’avais prévenu…

- Oui et il a jugé que vous aviez exagéré. Il ne croit pas les mangemorts capables d’attaquer à Pré-au-Lard, pas en pleine journée.

- Merlin tout puissant. Pourquoi je me décarcasse pour ce foutu gamin ?

- Si vous croyez que je connais la réponse. Déjà que je ne sais pas ce que vous pouvez trouver d’intéressant chez ce crétin congénital.

- Je lui ai pourtant dit et répété. Tout me porte à croire que les Mangemorts risquent de l’attaquer très prochainement. Rodolphus veut se venger de l’été dernier et je suis sûr qu’il veut ramener le plus rapidement possible Harry, mort ou vif au Seigneur des Ténèbres. Je l’ai vu conspiré avec Pettigrow, je suis sûr qu’il va agir à la première occasion. Mais Harry n’a rien voulu entendre et se moquait ouvertement de moi. »

Je vis le jeune Malefoy trembler à l’évocation de son oncle. Tous les souvenirs d’humiliation et de mauvais traitements que Rodolphus lui avait infligés l’été dernier, tout ce qu’il essayait d’oublier depuis des mois était remonté à la surface en un instant. Je commençais à bafouiller :

« Drago, je ne…

- Laissez Professeur. Je ne crois pas que cela vous concerne, m’interrompit-il froidement et sans ménagement. »

Je ne préférais pas insister, Drago restait un Malefoy avant tout et sa fierté n’y survivrait pas, si j’insistais. De toute manière, ce n’était pas le moment, nous devions agir et vite.

« Nous devons procéder avec méthode. Il nous faut d’abord de l’aide. Seriez-vous quel autre professeur reste encore dans l’établissement ? »

Je me maudissais. Comment avais-je pu oublier cette sortie pour Pré-au-Lard ? Si je n’avais pas accepté de faire cette potion…

« Non, je ne les ai pas vus partir, avoua Drago, amer. Le binoclard ne m’a même pas prévenu. J’étais tranquillement dans ma chambre et quand je suis sorti, il avait quitté l’appartement comme un voleur, sans me prévenir. Je n’ai même pas entendu la porte claquer. Quand j’ai voulu en avoir le cœur net, je suis parti pour la salle commune des Gryffondors, j’ai croisé Londubat en chemin et c’est lui qui m’a dit qu’il avait vu Harry partir pour Pré-au-Lard en compagnie de Finnigan, de la famille Belette et de miss-je-sais-tout.

- Vous n’auriez pas pu le surveiller !

- Et vous alors ? Vous devriez plutôt m’être redevable de vous prévenir. La dernière fois où vous lui avez parlé en privé, vous lui avez annoncé qu’il ne devait surtout pas quitter les locaux de Poudlard mais après vous ne faites rien d’autre et je vous retrouve en train de faire une potion inutile.

- Je ne pense pas vous devoir d’explication, Monsieur Malefoy. Nous devrions plutôt partir tout de suite pour Pré-au-Lard. Quelqu’un de l’ordre doit être encore, ici ! Il faut qu’on demande de l’aide et vite. MacGonnagal est peut-être dans son bureau. Allons-y ! »

Sans perdre un instant, nous nous étions précipités en direction du bureau de la directrice. Nous avions couru dans les couloirs étroits et sombres, pendant de trop longues minutes et lorsque je donnais le mot de passe, j’étais hors d’haleine. Le bureau était malheureusement vide lorsque j’y pénétrai bruyamment. Je m’apprêtais déjà à quitter les lieux où je n’avais rien à faire quand la voix de Dumbledore résonna avec sa bienveillance coutumière au milieu du silence assourdissant.

« Mon ami, que se passe-t-il ? Vous m’avez l’air perturbé.

- Potter n’a pas écouté mes conseils, comme d’habitude !

- Je comprends bien mais que faites-vous ici ? Je ne crois pas Minerva puisse vous venir en aide dans un cas pareil.

- Cela n’a rien à voir Albus. Je crains une attaque à Pré-au-Lard et j’espérais que Minerva soit ici pour préparer un plan.

- Malheureusement, mon ami, elle fait partie des accompagnateurs, elle me l’a dit.

- Par Merlin ! Je crois que nous allons devoir y aller tous seuls, Drago, en espérant que je me sois trompé.

- Attendez avant de vous précipiter, voulez-vous et expliquez-moi la situation plus clairement.

- J’ai surpris des bribes de conversation et des regards triomphants la dernière fois que je suis allé chez le Seigneur des Ténèbres. Il ne fait aucun doute qu’ils attendent la première occasion pour attaquer Harry Potter or ils ne peuvent rien entreprendre ici, l’armoire à disparaître ayant été désactivée, je ne vois donc qu’une possibilité, une attaque dès sa sortie de Poudlard et une sortie pour Pré-au-Lard me paraît le plus probable, surtout si quelqu’un a le temps de prévenir les mangemorts.

- Que vous fait-il croire ça, mon ami ?

- L’instinct de mangemort, probablement. Répondis-je amer. J’avais demandé à Harry de rester sagement ici, jusqu’à ce que tout soit éclairci mais quand je lui en ai parlé, il s’est braqué. »

Effectivement, la discussion avait été plus que houleuse. Harry avait refusé de me prendre au sérieux, il ne voyait qu’une seule chose, de la jalousie mal placée.

« Il a raison. Ce ne sont que des soupçons sans réel fondement, mon ami. Rien ne prouve que vous ayez raison, inutile de vous inquiéter outre mesure.

- Potter m’a répondu la même chose mais j’ai bien vu Rodolphus, il jubilait, il ne va pas tarder à passer à l’attaque, je connais ses réactions. Je le côtoie depuis plus de vingt ans, par Salazar. Et quelle meilleure occasion qu’une visite à Pré-au-Lard ! Les élèves sont partout et il suffit d’une simple étincelle pour que le feu prenne.

- Je vous crois, mon ami, je vous crois mais avant de vous précipiter, allez voir chez Remus et la jeune Nymphadora. Ils ne sont peut-être pas partis au village et expliquez-leur vos doutes. Leur aide vous sera plus qu’utile.

- Vous avez probablement raison, Albus, on ne sait jamais. »

Je saluai rapidement l’ancien directeur et quittai les lieux, toujours accompagné de Drago. Nous étions à peine dans le couloir que Drago m’interrompit.

« Professeur, pourquoi vous n’avez parlé qu’à Harry de vos doutes ?

- Je pensais pouvoir le raisonner et puis si je peux dire à Albus ou même à vous que Rodolphus s’apprête à attaquer, que puis-je dire aux autres ?

- Vous pensez que le Professeur Lupin va vous croire ?

- Je ne sais pas mais jusqu’à aujourd’hui, il ne s’est jamais montré hostile à mon égard. Et puis seul l’avenir nous le dira.

- Je peux vous demander autre chose. A votre avis, les Mangemorts n’attendent vraiment que la venue de Potter pour attaquer Pré-au-Lard.

- Oui, faire peur à des dizaines d’enfants sans pouvoir ne les intéresse pas plus que ça. Pour l’instant, leur unique proie, c’est Harry. Il leur a échappé trois fois en l’espace de deux mois, lorsque je l’ai amené au manoir Prince, à Godric’s Hollow et enfin au Manoir Malefoy. J’imagine qu’ils ne voudront pas lui laisser une occasion de plus de s’en tirer.

- Mais comment peuvent-ils programmer une attaque contre Potter alors qu’ils ne savent même pas s’il fait partie des élèves inscrits pour cette sortie »

J’avais accéléré le pas, nous courions presque à présent, m’empêchant de réfléchir plus avant à ce que venait de dire Malefoy. Les rares élèves que nous rencontrions nous regardaient avec un mélange de curiosité et de crainte. Je tambourinai sans ménagement contre la porte des appartements de Lupin que j’avais eu l’honneur de visiter à plusieurs reprises. C’était sans doute la première fois, depuis nos années d’études que je souhaitais réellement lui parler.

« Lupin, Lupin ! Répondez à la fin. »

Quelques secondes plus tard, le professeur de défense contre les forces du mal se présenta enfin. Il paraissait passablement fatigué et endormi, il portait toujours ses vieux vêtements fripés.

« Professeur Prince… Drago… »

Un éclair d’interrogation passa dans les yeux du loup-garou.

« Je suis désolé de vous déranger mais c’est très pressé. Il se peut qu’une attaque ne se produise à Pré-au-Lard.

- Co- Comment savez-vous cela ?

- Nous n’avons pas de temps à donner des explications inutiles. Faites-moi confiance et je vous expliquerai tout plus tard, quand le danger sera totalement écarté.

- Je voudrais bien, Andrew mais il me faudrait plus d’explication. »

Mon esprit s’emballait, je devais convaincre Lupin rapidement, sans rien dévoiler de la relation que j’entretenais avec Harry.

« Remus, vous me faites confiance… Je ne peux pas vous en dire trop pour l’instant, cela mettrait en danger, M. Malefoy ici présent. »

Je ne me retournai même pas en direction de Malefoy, il avait passé assez de temps avec Rodolphus Lestrange pour cacher tous ses sentiments, même la surprise.

« Alors, vous me faites confiance ? répétais-je plus fortement, coupant court à la discussion. »

Je vis un éclair de doute passer dans les yeux mordorés mais il s’effaça très rapidement. Lupin finit par acquiescer.

« Je crois, oui.

- Eh bien, alors, dépêchez-vous et venez avec nous. Non mieux, prévenez les autres membres de l’Ordre. Plus nous serons nombreux, plus nous pourrons lutter contre les mangemorts.

- Andrew, pensez-vous vraiment que c’est utile ?

- Remus, s’il vous plaît, nous avons déjà perdu de précieuses minutes à parler. Maintenant, il faut agir car, si ça se trouve, les mangemorts ont déjà attaqué.

- Ne vous inquiétez pas, je vais m’en occuper. Je vous rejoindrai après. »

La jeune sorcière aux cheveux roses vifs s’était approchée de nous sans bruit. Elle avait dû écouter une grande partie de la conversation.

« Il en est hors de question, tu n’iras pas. Si Andrew a raison, c’est beaucoup trop dangereux pour le bébé. »

Lupin avait aussitôt rougi et baissé le son de sa voix lorsqu’il avait prononcé le mot ‘bébé’, ce qui au choix pouvait paraître touchant ou totalement idiot et stupide vu qu’à présent, tous les professeurs et une grande majorité des élèves étaient au courant de la ‘situation’. Furieuse, Tonks répliqua vertement :

« Si vous n’avez pas le temps d’appeler les renforts, je ne crois pas que vous l’ayez plus pour parler de ma grossesse ! Je ne suis pas encore impotente à ce que je sache, je suis seulement enceinte et je reste encore l’une des meilleures aurors, enceinte ou pas enceinte ! »

Elle repartit alors, sans même laisser à Lupin, un droit de réponse. Au regard enflammé qu’il lui lançait, il était évident que le loup-garou désapprouvait le choix de sa compagne. Je me fichais bien de leur querelle d’amoureux, tout ce qui m’importait, c’était d’arriver avant les mangemorts et de mettre Harry à l’abri. Je repris aussitôt :

« Remus, venez. Si nous retrouvons Potter en premier, tout pourrait être évité. »

Je sentais le regard toujours aussi suspicieux de Lupin sur moi, j’avais comme l’impression d’être passé aux rayons X. Je maudissais intérieurement Potter pour me faire subir un tel traitement.

« Il nous faudrait un plan d’attaque, non ? demanda Drago. »

Le blond était essoufflé après les différentes courses qu’il venait de faire. Il tentait tant bien que mal de calmer sa respiration.

« Bien vu, Drago. Rien ne sert de partir tête baissée, confirma Lupin.

- A mon avis, il serait plus judicieux de s’occuper en tout premier de Potter, c’est lui que les mangemorts visent. »

Je fis comme si je ne remarquai pas le regard toujours aussi suspicieux de Lupin qui me jaugeait de haut en bas.

« Je pense qu’il faut aussi prévenir Minerva afin qu’elle fasse évacuer calmement tous les élèves, en direction de Poudlard, le plus rapidement possible.

- Mais, professeur, vous aviez l’air de croire que seul Harry serait visé par les mangemorts.

- Oui, évidemment, mais ces êtres sont trop avides de sang et ils pourraient finir par s’emporter.

- C’est malheureusement plus que probable, conclut Remus. Je pense que le moyen le plus rapide, sans se faire remarquer, c’est de passer par la cabane hurlante, finit le loup-garou après quelques instants de réflexion.

- Quoi ? »

Drago avait légèrement blêmi à l’évocation de la maison hantée de son enfance. Il ignorait visiblement l’utilité de la cabane, refuge pour Remus lors des nuits de pleine lune, le lieu même où j’avais failli mourir des années plus tôt, suite à une blague stupide de cette saleté de clébard.

« Oui, Drago, il y a un vieux passage secret que peu de gens connaissent qui conduit du saule cogneur à la cabane hurlante. Par contre, je ne pense pas que les élèves doivent rentrer par le même chemin.

- Oui, il pourrait encore servir à l’Ordre, dans le futur. Remus, pourriez-vous chercher Minerva ? Drago et moi, nous nous chargerons de retrouver Potter pendant ce temps. »

Lupin ne semblait pas emballé par ce partage des tâches mais il me paraissait juste inconcevable que ce ne soit pas moi qui parte à la recherche du gamin. S’occuper de Potter était uniquement mon affaire !

Nous venions enfin de passer la porte du Château. Le temps était gris et nuageux mais étrangement sec, en ce mois d’octobre. Les feuilles jaunies étaient à présent clairsemées sur la cime des arbres. Remus me dévisageait toujours avec perplexité. Il avait beau répété qu’il me faisait confiance. Un doute subsistait toujours, un peu au fond de lui. Je ne m’en offusquais même pas. Ce n’était pas illogique. J’étais après tout, le seul membre de la famille de la personne qu’il détestait le plus au monde et j’étais venu sans crier gare pour lui annoncer un danger éminent. Nous continuions à avancer dans un silence pesant, qui n’était rompu que par le bruit de nos respirations, j’en regrettais presque de ne pas pouvoir transplaner dans les environs du Château.

« Bon, alors, nous y sommes… »

Nous n’étions plus qu’à quelques mètres de l’arbre grincheux. Je laissais à Lupin le soin de jeter le sort d’immobilité sur le saule cogneur pour ne pas donner au loup-garou encore plus de raisons de douter de moi. Une fois dans le tunnel sombre et sinueux, nous avancions avec précaution, plongés dans nos sombres pensées. Pour ma part, je maudissais Potter. Juste parce que Monsieur refusait de me croire, aveuglé par sa colère et son ressentiment, il mettait les autres en danger. Je me promettais que si les mangemorts ne le faisaient pas prisonnier, je le lui ferais payer… Oh oui, la prochaine fois, il réfléchira plus avant de faire n’importe quoi.

« Andrew, Andrew…

- Hum.

- Tout me paraît calme. »

A peine entrés dans la cabane au sol si poussiéreux et grinçant, Remus Lupin s’était précipité vers la seule fenêtre, il avait passé sa main sur le verre et avait fortement frotté pour enlever une épaisse couche de poussière. Lorsqu’il me regarda, son visage crispé s’était légèrement relâché, tout paraissait calme.

« Je ne vois absolument rien d’alarmant. Les mangemorts n’ont encore rien fait. Nous n’avons qu’à en profiter. J’espère seulement que tout restera en l’état et que vous avez eu tort.

- Moi aussi mais sincèrement, j’en doute. »

Nous sortions discrètement de la cabane, profitant d’un moment où aucun élève ne soit aux alentours. J’avais un mauvais pressentiment, tout était bien trop calme, comme avant une tempête et le regard de Malefoy ne me rassurait guère. Je le voyais, il était tout comme moi, persuadé de l’imminence de l’attaque. Il avait, à ses dépens, lui aussi appris à deviner les réactions des mangemorts et à les devancer.

« Par où allons-nous commencer, Andrew ? »

Devant mon silence gêné, je réalisais avec stupeur que je n’avais aucune idée de l’endroit où ce foutu Gryffondor avait pu passer. Quelque chose au fond de moi se noua.

« A la Tête de Sanglier, peut-être, évoqua Drago les yeux fixés au ciel. Il y allait parfois l’année dernière.

- Je ne crois pas qu’Harry irait dans un tel endroit, répondit Lupin, interloqué.

- Vous savez, Professeur Lupin, ce que l’on dit sur les parents, que ce sont les dernières personnes à voir que leurs enfants ont grandi. »

Je n’aurais jamais cru cela possible mais durant quelques instants, le regard de Lupin qui semblait toujours s’excuser s’était empli de fierté. Par Merlin, Lupin se prenait vraiment pour le père de mon fardeau. Je n’osais imaginer la scène lorsqu’il apprendrait que j’avais touché le gamin. Secouant ma tête devant cette hypothèse franchement effrayante, je me contentai d’acquiescer lorsque Drago reprit avec sarcasme en me fixant :

« Et en plus, ils louent aussi des chambres à l’heure. Pratique, n’est-ce pas ? »

Je fusillais du regard le blond qui ne sembla pas s’en émouvoir outre mesure et qui se contenta d’un haussement d’épaules moqueur.

« La tête de sanglier me semble un bon début pour nos recherches, confirmai-je, contraint. Allons-y. Et vous, Remus, qu’allez-vous faire ? Vous avez une idée de l’endroit où peut être Minerva ?

- Non, pas vraiment, je pense rester avec vous, pour l’instant. »

Je n’osais le lui interdire et acquiescer d’un vague hochement de tête. Plus les minutes s’égrenaient, plus, le danger grandissait et devenait imminent. Nous prenions le petit chemin qui remontait vers le nord, vers le bar crasseux et mal famé. En chemin, nous jetions des regards, un peu partout, s’imaginant déjà voir une tête brune et particulièrement ébouriffée. Nous avions beau interrogé les rares élèves croisés sur la route mais aucun ne savait répondre sur le fait d’avoir vu ou pas Harry Potter. Si par chance, ils l’avaient rencontré, ils ne souvenaient jamais exactement ni le moment, ni le lieu où ils l’avaient vu pour la dernière fois, à croire qu’il était devenu invisible ou qu’ils avaient un peu trop abusé du whisky pur feu. Nous ne dévoilions jamais la possibilité d’une attaque. Lupin se contentait de leur lancer des sorts de confusion, leur adjoignant de retourner instantanément à Poudlard et de faire en sorte que tout autre élève rencontré en fasse de même.

Il y avait au moins deux points positifs : en tout premier, les mangemorts n’avaient pas attaqué et peut-être ne le feraient-ils pas et en second, nous avions entendu de la bouche de plusieurs élèves qui revenaient sans nul doute du bar que ce cher Slughorn était lui aussi de sorti et qu’il traînait chez son vieil ami, Alberforth Dumbledore. Remus pourrait se servir du vieux professeur pour passer l’alerte, tout en restant avec nous à chercher Potter.

Nous franchissions enfin les portes de l’établissement crasseux lorsque des éclairs noirs zébrèrent soudainement le ciel. C’était le signal. Les mangemorts arrivaient en force, il fallait se dépêcher de mettre à l’abri Harry.

Nous ouvrions avec fracas la porte de l’établissement.

« Désolé pour tous les élèves présents, ici, écoutez. Les mangemorts arrivent… »

Des cris de panique résonnèrent aussitôt ainsi que des bruits de pas précipités. Remus jeta un stentor, résolu à calmer l’assemblée.

« Il n’y aucune raison de paniquer, vous ne risquez rien ! »

Remus avait beau tenter de rassurer les élèves, ils ne semblaient pas convaincus pour autant et huaient, ils avaient tous en mémoire le débarquement des mangemorts de juin dernier. Le gouvernement leur avait promis une grande sécurité mais rien n’avait vraiment changé. Du coin de l’œil, j’apercevais Slughorn qui avait probablement trop abusé du whisky pur feu et qui sommeillait gentiment dans un coin du bar, nullement réveillé par les cris et le tumulte. Le vieux tenancier qui avait la même barbe blanche que son frère aîné s’avança alors.

« Est-ce bien vrai ? demanda-t-il incrédule.

- Aucun doute, nous les avons vus, ils se sont projetés magiquement au milieu du village.

- Mais que veulent-ils ? Ils ne sont encore jamais venus ici.

- Nous avons toutes les raisons de penser qu’ils sont là pour Harry Potter.

- Harry Potter ?

- Oui, Alberforth, c’est pour cela qu’il faut agir et vite. Où est Harry ?

- Je ne sais pas.

- Répondez, est-il ici ? Insista Remus. »

Devant Alberforth qui prenait son temps pour répondre, je m’énervais.

« Vieux bouc, nous savons tous, déjà que tu monnayes des chambres à des élèves moyennant un peu d’argent, sommai-je. Nous avons été élèves ici, aussi. Alors pas la peine de faire semblant, OU EST HARRY POTTER ? »

A vrai dire, cette réponse n’était pas tout à fait convenable dans la bouche d’Andrew Prince mais toute cette agitation commençait sérieusement à me peser et je me fichais bien des cachotteries d’Alberforth et des regards toujours plus suspicieux du loup-garou. Qu’ils aillent tous au diable, du moment que mon Potter soit à l’abri. Le vieil homme nous regarda à travers ses lunettes rondes et continua :

« Oui, veuillez m’excuser mais qui me dit que vous n’êtes pas des mangemorts sous polynectar ou tout simplement sous l’emprise d’un Imperium. »

Une lueur de doute passa dans le regard bleu du tenancier. Il sortit alors sa baguette magique avec une rapidité qui me surprit. Je soufflai de rage et de dépit, cela ne me paraissait pas le moment le plus importun pour se battre contre un autre membre actif de l’Ordre. Furieux, je hurlais :

« Levis corpus ! Si tu crois que j’ai le temps de m’occuper d’un autre imbécile, un seul me suffit amplement. Drago, va chercher son cahier des chambres. »

Le blond ne se fit pas répéter l’ordre, deux fois et partit instantanément derrière le comptoir à la recherche du vieux calepin qu’Alberforth utilisait déjà, lorsque j’étais un jeune adolescent. Alors que je maintenais toujours mon emprise sur le vieil homme, je poursuivis :

« Et vous, Remus, occupez-vous des élèves, je crains qu’il ne soit trop tard pour les faire quitter l’établissement. »

J’entendis comme seule réponse un grognement. Remus se mit au milieu de la salle avant d’haranguer les élèves.

« Que tout le monde vienne autour de moi ! »

Je ne prêtai pas attention à ce qu’il dit par la suite, Drago revenait triomphant.

« C’est bon, j’ai trouvé, il est dans la chambre 3.

- Bien. Cette fois, il va peut-être, enfin entendre raison. »

Je montais aussitôt à l’étage, me fichant pas mal du bruit, lorsque le vieux sorcier retomba lourdement, au sol. Je fonçais droit vers la porte de la chambre numéro 3. Je jetai un simple ‘alohomora’ et le verrou céda avec une facilité déconcertante. Je les trouvais allongés, dans le lit, heureusement, pour eux, recouverts d’un drap. Ils venaient de se réveiller et étaient plus que surpris. Cette vision me fit littéralement perdre la tête :

« Par Merlin, Potter, qu’est-ce que tu fiches ici ?

- Tu ne devines pas avec ta grande expérience.

- Et toi, tu ne pouvais pas m’écouter pour une fois, quand je te dis que tu risques ta vie en venant à Pré-au-Lard ! Non, voyons, tu préfères t’envoyer en l’air, ici, comme si toutes les pièces de Poudlard ne te suffisaient pas.

- Tu te trompes, chéri. Répondit Harry qui n’avait apparemment pas apprécié mon entrée fracassante.

- Comment ça je me trompe ?

- Ben, oui, Poussin, je n’ai encore jamais rien fait dans tes appartements, enfin, c’est pas faute d’avoir essayé ! »

J’entendis le gloussement de Drago. Il devait se croire au spectacle. Je le fusillai du regard mais, sous cette apparence, j’avais perdu une partie de mon pouvoir de conviction et il n’en tint absolument pas compte. Il s’assit à côté de ce crétin d’Irlandais.

« Enfin, depuis le temps, j’ai failli attendre, mais c’est sur la bonne voie si Potter l’appelle à nouveau, Poussin.

- Tu veux que dire que c’est lui, ‘l’autre’ ?

- Eh oui, l’Irlandais, mais ne fais pas cette tête. Je sais bien que ça surprend la première fois, mais bon, tu vas devoir faire comme moi et tu vas t’y habituer. Le seul problème, c’est qu’il faut qu’il soit en danger pour réagir.

- En danger ? se demandèrent en même temps Harry et Seamus.

- Vous croyez que nous sommes venus pour vos beaux yeux, rajouta le blond. Pas uniquement, pas uniquement.

- Les mangemorts sont à Pré-au-Lard, ils te recherchent et ne devraient pas tarder.

- Je ne croyais pas que ce serait le cas. Sincèrement, je…

- Pas la peine de continuer, nous aurons le temps d’en reparler plus tard. »

Je fis voler magiquement leurs habits éparpillés ça et là, jusqu’à eux.

« Préparez-vous rapidement. Nous n’avons pas beaucoup de temps. »

Je me retournai et quittai la pièce. Je sentis le regard amusé de Drago derrière mon dos. Toutefois, le blond en fit autant. Il ne leur fallut que quelques minutes pour qu’ils nous rejoignent dans le couloir. Les yeux verts d’Harry me fusillaient. Je l’aurais cru flatté que je vienne le sauver mais apparemment, je n’avais toujours rien compris au fonctionnement du Potter.

« On va rejoindre Lupin, il est resté en bas, avec les élèves qui étaient déjà présents à notre arrivée.

- Quoi ? Tu as mêlé Remus à toute cette histoire !

- Et tu voulais que je fasse comment. Dis-moi, je suis toute ouïe !

- Pfff.

- Très éloquent, Potter mais cela ne m’étonne pas de ta part. Il est plus facile de réfléchir une fois que le mal est fait. La prochaine fois, j’ose espérer que tu me croiras lorsque je te dis que les mangemorts vont attaquer.

- Oui, comme d’habitude, la seule chose qu’il faut faire, c’est fuir, fuir et éviter tout risque de confrontation. Pour ça, tu es très fort. Tu es même le meilleur.

- Evi…

- Bon, maintenant, ça suffit, m’interrompit Malefoy. Vous réglerez vos comptes plus tard. »

Harry se renfrogna et bouda ostensiblement, à croire que cette situation lui plaisait. Saleté de gamin.

Je suis de retour, amour.

- Qu’est-ce que tu fiches, dans ma tête ?

- Rien mais j’ai là une occasion unique. Tu te rends compte que nous n’allons bientôt plus pouvoir cacher notre relation à ce rythme. Seamus est adorable mais c’est surtout quelqu’un qui est presque incapable de garder un secret. Franchement, même si je n’avais pas parlé, il aurait compris. Tu étais vert de jalousie, littéralement.’

« Vous deux, ne recommencez pas, je vous vois.

- Hein ? Qu’est-ce qu’ils font ? S’interrogea le jeune Irlandais.

- Rien de bien important mais c’est assez désagréable pour les personnes extérieures. Je suppose que si tu restes avec eux, assez longtemps tu comprendras. Répondit Drago rassurant. Bon, maintenant, les amoureux, calmez-vous, Remus arrive et à mon avis, il a déjà des soupçons et je ne pense pas que vous voulez qu’il découvre que petit Harry s’est envoyé en l’air avec un professeur. »

Nous étions revenus au rez-de-chaussée et Remus fonçait droit dans notre direction.

« Il faut partir et au plus vite. Harry, ta cape ? »

Au sourire navré d’Harry, je compris qu’il ne fallait pas compter sur cette possibilité.

« Et merde. Alberforth a installé des protections anti-transplanage comme tout commerce et il n’a plus de poudre de cheminette pour éviter que des sorciers puissent partir sans payer.

- Bon et bien, je crois que nous n’avons pas le choix, il va falloir au moins que nous sortions du bar.

- Finnigan, vous restez ici avec Alberforth et les autres élèves, vous attendrez ici, jusqu’à notre retour. Comme nous l’avons dit, ils n’ont qu’une cible : Harry. »

Nous avions décidé de laisser en arrière les autres. Nous avions tous un mauvais pressentiment. Nous imaginions déjà les différents mangemorts pointer leurs baguettes derrière la porte. Nous étions sortis un par un, j’avais ouvert le bal suivi de Remus, de Drago et enfin d’Harry. Heureusement, aucun mangemort ne nous attendait, caché dans un buisson, nous commencions à espérer. Ils avaient peut-être abandonnés l’idée. Toutefois, sans rien pouvoir y faire, une épaisse fumée noire nous entoura, nous ne voyions plus rien. J’entendis Harry tousser à quelques mètres de moi et aussitôt je me précipitai sur lui pour le protéger. L’un des mangemorts présents jeta un stupefix rapide, qui jaillit de la pénombre et me frôla.

« Fumigatus absorptum. Prononçais-je entre deux quintes de toux. »

La fumée était aspirée par ma baguette. Peu à peu, je recouvrais la vision. Je recommençais à percevoir les couleurs. J’entendis alors un rire diabolique que je reconnaissais.

« Toi ici, notre Seigneur va être tellement déçu que tu protèges ce sale gamin.

- Lestrange, cria Harry.

- Eh oui, Potter, c’est bien moi et j’ai une revanche à prendre, il me semble. »

A suivre…


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