| B s . A A A | full 3/4 1/2 | E E | Light Dark |
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Coucou, c'est la période de la rentrée, et donc nouveau chapitre d'Harry et l'héritier (oui, un an et franchement, je n'ai pas l'intention d'arrêter cette histoire et vraisemblablement, le rythme de publication ne peut que se raccourcir). Bref, la dernière fois, après l'attaque des Mangemorts à Pré-au-Lard, l'heure de la vérité a sonné et ainsi Poussin et Chaton ont dû tout avouer à Remus et en même temps, ils en ont profité pour se réconcilier et voici la suite.
Bonne lecture. Et à bientôt.
Chapitre 48 : En route !
Le gamin était allongé sur le ventre, nu, de l'autre côté du lit. Je pourrais croire que même en dormant, il faisait tout pour me contrarier. Ses jambes fuselées s'étaient emmêlées dans le drap en soie noire qui recouvrait malencontreusement ses fesses. Malgré sa respiration légèrement sifflante, il semblait totalement perdu dans ses rêves et j'étais persuadé que si je le retournais pour observer son visage, je n'y verrai qu'un immense sourire et son air de gamin malicieux, bêtement heureux.
Je me redressai sur mon oreiller après l'avoir légèrement regonflé magiquement, le sommeil m'ayant définitivement fui. Pourtant, j'aurais bien voulu dormir un peu plus, surtout après la nuit que nous venions de passer, Harry et moi. Le gosse s'était montré tout particulièrement énergique et inventif, voulant sans doute rattraper ces dernières semaines.
Je soufflai profondément. Mon esprit était totalement réveillé et commençait à aller sur de noirs chemins. Les derniers événements ne cessaient de défiler devant mes yeux et je n'arrivais pas à m'enlever de la tête que l'espion avait forcément fait une erreur, laissait une quelconque trace, à un moment. Il ne pouvait pas être à ce point méticuleux et parfait. J'avais eu beau espionner sans relâche, les autres membres de l'Ordre durant les derniers mois, je n'avais pourtant, à l'heure actuelle, encore absolument idée de son identité. Mon seul progrès était d'avoir éliminé le loup-garou de la liste. Jolie performance que je n'aurais sans doute jamais réalisée sans l'aide précieuse du gosse qui m'avait dénoncé et failli me faire tuer une bonne demi-douzaine de fois ces quinze dernières heures !
Je grinçai des dents devant cette lamentable constatation de mon échec et murmurai « Imbécile ! ». Comme, dans un mauvais film moldu où les coïncidences ne se produisent jamais par hasard, c'était le moment précis où le gamin choisit de se réveiller :
« Bonjour à toi aussi, Poussin !
- Bonjour, grommelai-je.
- Déjà, de mauvaise humeur ? Que t'arrive-t-il encore ? Tu me paraissais parfaitement heureux, il y a peu. »
Pour renforcer ces paroles, le garçon roula sur le dos et vint se coller contre moi. Il finit avec un petit mouvement de bassin contre ma hanche plus que suggestif.
« Potter, soupirai-je.
- Oui, un problème ? demanda-t-il un sourire malicieux, vissé aux lèvres et un regard de chaton abandonné, des plus misérables et désirables.
- Tu n'en as pas eu encore assez, cette nuit.
- JA – MAIS. Surtout après l'abstinence que TU m'as imposée, Poussin.
- Abstinence ? »
Je levai un sourcil surpris à ce terme.
« Je pense que ton 'ami' Finnigan serait ravi de l'apprendre.
- Mais, ne t'inquiète pas, je le lui ai déjà dit un bon nombre de fois.
- Pardon, mais j'ai une certaine expérience dans ce domaine et hier, lorsque je vous ai trouvé tous les deux, aux Trois Sangliers, je n'appellerai pas ça un exemple d'abstinence.
- Tss, tss. C'était de l'abstinence sentimentale… Tout n'était que pure mécanique sexuelle. »
Si une photographie magique avait été prise en cet instant fatidique, mon expression aurait été un mélange douteux entre l'exaspération et la stupéfaction.
« Potter, c'est sans doute la pire des excuses qu'on ne m'ait jamais donné et pourtant, je suis Professeur depuis plus de quinze ans et je suis devenu un expert en terme d'excuses minables. 'Monsieur, ce matin, est mort mon hibou, ma grand-tante Lucie ou Oncle Henri en fonction de l'inspiration du moment.' Mais, alors ça, l'abstinence sentimentale pour justifier ta relation avec ce crétin d'Irlandais, j'aurai tout entendu.
- Ce n'est pas une excuse minable et je n'essaie même pas de me justifier. Je n'en ai pas besoin de toute façon, comme tu es l'UNIQUE responsable de la situation. »
Ses yeux verts me fixaient et me défiaient de poursuivre. Tandis que ma bouche s'ouvrait légèrement pour lancer une de mes fameuses répliques, je restai à la place juste coi, un poisson tombé à terre, hors de son bocal. Je ne voulais surtout pas lui laisser la joie de gagner une dispute sur moi mais force était de constater qu'il avait indéniablement marqué un point. J'avais provoqué toute cette situation et je ne devais pas m'aventurer sur ce sujet plus que délicat, si je voulais finir cette journée en un seul morceau toujours fonctionnel.
« Que se passe-t-il, amour ? Serait-ce possible que tu reconnaisses enfin tes torts ?
- Je ne reconnais rien du tout.
- Le contraire eut été étonnant, venant de ta part. Mais, enfin, vu ton absence de répartie tout à l'heure, je prends quand même ça pour un aveu. Tu connais peut-être cette expression moldue 'Qui ne dit mot consent' »
Je grommelai avec réticence, refusant d'accepter ma défaite quand Harry reprit :
« De toute manière, je me fiche totalement de tout ça. La seule chose en cette seconde qui m'importe véritablement, c'est que tu sois à mes côtés, nu, dans ce lit. »
Il fit glisser son index le long de mon torse bien trop pâle à mon goût, avec une expression de pure lubricité peinte sur son visage.
« Crois-tu qu'un jour tu en auras assez ?
- De toi… Hmm… »
Il faisait mine de réfléchir au problème avec sérieux, ses yeux levés vers le ciel et son index tapoté sa bouche légèrement boudeuse, avant de bouger énergiquement la tête de droite à gauche et de lâcher un 'non' catégorique, empêchant toute contestation possible.
« Tu es impossible, vraiment impossible, Potter.
- Peut-être, bien mais c'est ce qui fait mon charme et qui fait que tu m'aimes à la folie. »
Voulant couper court à cet instant Poufsoufflesque, je poussai le gamin sur le dos et calai mon corps contre le sien. Je fis comme si je n'entendis pas le rire cristallin contre mon oreille, ni les quelques paroles moqueuses, susurrées et je l'embrassai avec empressement et force, ma langue pillant sans remords sa bouche. Je pris ses mains dans les miennes et les remontais au-dessus de sa tête. Harry se laissa faire et ainsi de ma seule main gauche, j'emprisonnais les siennes, laissant ma main droite naviguer sur son corps jeune et parfait. Je me décalai sur le côté et commençai à caresser son sexe qui était bien réveillé. Il poussait de légers gémissements sensuels, qui aiguisaient encore plus mon envie et mon appétit. Il voulait augmenter le contact et je le voyais se tortiller et bouger son bassin un peu plus vite. C'était difficile mais je me raisonnai et me refusai à accéder à sa demande muette d'accélérer le mouvement, je voulais profiter du moment présent d'un Potter entièrement soumis à ma volonté. Il tourna la tête dans ma direction, ses yeux verts plongeaient dans les miens et brillaient d'un violent désir.
« Tu veux que je te supplie, en plus, grogna-t-il, la mâchoire serrée.
- Pourquoi pas ? J'adore tout particulièrement te voir me supplier, comme la nuit dernière. Tu te rappelles… »
Je laissai ma question en suspens, ce qui me valut un autre grognement de la part du gamin.
« Je ne suis pas encore sénile, je n'ai pas encore ton âge… Aouh !
- Pardon, tu disais chaton. Je n'ai pas compris.
- C'est normal, à ton ââââ... »
La fin de sa phrase mourut dans un borborygme incompréhensible tandis que ma main allait et venait de plus en plus vite et serrait plus fortement son sexe. Je sentais que ses mains prisonnières commençaient à s'impatienter et à frémir sous mes doigts.
« Tss, tss, tss, fis-je d'une voix mielleuse. Je ne te libérerai pas. »
Son regard émeraude me foudroya, avant qu'il n'ouvre sa jolie bouche pour me jeter une bordée d'injures à la face.
« Ne t'inquiète pas, je vais bien m'occuper de toi. C'est dans mon intérêt le plus strict. Tu passes un bon moment, JE passe un bon moment.
- Tu es si pragmatique, réussit-il à répondre entre deux halètements.
- Serpentard, soufflai-je contre ses fines lèvres, juste avant de l'embrasser. »
Ma main commença à glisser vers d'autres territoires, Harry se décida à m'aider et souleva son bassin dans un mouvement sensuel et des plus stimulants pour un être aussi faible que je l'étais face à lui. Mon index caressa l'entrée de son intimité et il frémit d'impatience. Je lançai un sort de lubrification et mes doigts furent instantanément recouverts d'une substance translucide. Je ne perdis pas un instant de plus et deux de mes doigts le pénétrèrent, lui faisant pousser un petit cri des plus désirables et sensuels. Tandis que mes doigts allaient et venaient en lui et le préparaient, je le vis se mordre ses lèvres délicates lorsque je frôlai sa prostate. Ne résistant pas à cet appel à la luxure, je décidai de me consacrer à sa bouche durant les secondes suivantes et l'embrassai à nouveau. Le baiser toujours autant empreint de passion était brutal, féroce et nous laissa tous les deux pantois et essoufflés. J'avais mordu ses lèvres tentatrices, sans m'en être rendu compte et je le vis passer sa langue pour apaiser les marques de morsure ensanglantées.
Il rit avec force et une joie non dissimulée :
« Tu deviens violent, je vais mettre ça sur le compte du manque, se moqua-t-il gentiment de moi. »
Je me contentai d'un grognement sonore qui le fit davantage rire :
« Voyons, Poussin, tu ne vas pas prendre la mouche.
- Ne m'appelle pas ainsi.
- Ah, bon ? Tu n'aimes plus ça, Poussin ?
- Pas quand je suis sur le point de te baiser. »
Je pris alors, sans lui laisser le temps de répondre, ni même de réfléchir ses jambes entre mes mains et les poser sur mes épaules. Ainsi, je m'enfonçai en lui, d'un mouvement sec, sans plus de cérémonie. Sur le coup de l'émotion, il ouvrit grand les yeux et un son assez peu mélodieux, un mélange de stupeur et d'excitation, sortit de sa bouche.
« Aaaah !
- Et tu n'as encore rien vu, rajoutai-je, tout contre son oreille. Tu n'es pas prêt de l'oublier, je vais y veiller, tout particulièrement.
- Pro… Aaah !
- Non, ce n'est pas une simple promesse en l'air, Potter. Tu ne vas pas pouvoir quitter aujourd'hui cette pièce sur tes deux jambes. »
Je repris alors mon mouvement de va-et-vient, martyrisant au passage sa prostate et le faisant hurler de plus en plus fort. Sous le coup du plaisir, il avait à moitié fermé les yeux et relevait son menton mal rasé. Ses doigts crispés agrippaient les draps comme ultime rempart, pour ne pas se libérer de suite entre nous deux. Des gouttes de sueur s'écoulaient de mon front pâle sur mon visage avant de finir leur course sur son corps parfait et de se mêler à sa propre transpiration. Les secondes s'écoulaient mais je ne ralentissais pas le rythme. Je le sentais de plus en plus éperdu, au bord de la rupture. Il n'était plus que halètements, ses jambes pourtant bien accrochées derrière mon cou tremblaient sous les sensations. Je m'enfonçai un peu plus en lui et l'embrassai une ultime fois avant qu'il ne se répande entre nous, dans un hurlement. Je fis un ultime aller-retour dans ce corps serré et chaud et à mon tour, je me libérai dans un orgasme d'une rare force. Je m'écroulai sur lui, au bord de l'évanouissement. Je ne saurais dire comment mais je réussis à trouver la force de jeter un informulé pour nous nettoyer. Nous sommes restés ainsi, mon sexe toujours à l'intérieur de lui, pendant quelques instants supplémentaires. Je ne m'ôtai totalement que lorsque je sentis sa langue me lécher des gouttes de sueur qui s'écoulaient le long de mon épaule droite.
« Waouh ! Fantastique ! Incroyable ! » furent les premiers mots que prononça mon fardeau. Je le dévisageai et levai un sourcil sarcastique.
« Tu arrives sincèrement à être encore surpris… »
Cette réplique me valut un coup de coude dans les côtes et un vrai éclat de rire.
« Crétin, va…
- M. Potter, un peu de respect, vous vous adressez à votre professeur.
- Tu arrives sincèrement à croire que je suis encore ton élève. »
Il m'avait imité à la perfection jusqu'au lever sarcastique des sourcils mais je me refusai de rentrer dans son petit jeu et rester imperturbable et comme si de rien n'était, je déposai un léger baiser sur sa cicatrice légèrement moite puis je commençai à me relever du lit.
« Tu plaisantes, tu ne vas pas déjà te lever.
- Non, JE ne vais pas déjà me lever mais NOUS allons quitter ce lit et même cette chambre dès à présent.
- Mais, je croyais que nous ferions encore un autre round. Tu m'as dit i peine cinq minutes que je ne pourrais pas quitter cette chambre de la journée sur mes deux pieds.
- De un, c'était il y a près d'un quart d'heure et de deux, lève-toi d'abord pour vérifier que tu puisses te mettre sans souci, sur tes deux jambes.
- Tu plaisantes, j'espère, ce n'est pas avec ça que tu vas me satisfaire ! s'écria le brun outré. »
A sa vue, je ne pus retenir un sourire ironique de naître sur mes lèvres.
« Potter, certes ton côté insatiable peut être des plus intéressants à explorer comme la nuit dernière mais je ne crains que ce ne soit pas notre priorité actuellement.
- Tu es vraiment sûr ? »
Je me tenais debout, près du grand lit et il me regardait de ses grands yeux verts, suppliants mais je ne cédai pas et ne retournai pas me coucher. Je préférai à la place me diriger vers la grande armoire en ébène pour choisir ma robe noire de la journée.
« Ne rêve pas, Potter. Après les événements de la veille, je suis même surpris qu'aucun autre membre de l'Ordre n'ait encore frappé à la porte du cachot pour nous lever manu-militari et vu le choc qu'a subi Remus hier, je suis sûr que quiconque nous surprendrait dans cette chambre passerait de vie à trépas, avant même d'avoir pu dire 'Severus, comment as-tu pu faire ça ?'
- Chéri, tu te trompes, ils ne mourraient pas en premier. D'abord, ils te jetteraient un Avada, puis après, peut-être que oui, ils auraient une crise cardiaque. »
Lorsque je me retournai, Harry était allongé sur le ventre, sa tête reposant sur ses poings, ses jambes battant l'air, le drap recouvrait juste une partie de ses fesses. Il me souriait avec son petit air d'enfant gâté. Je levai les yeux au ciel devant l'air hilare de ce petit imbécile qui se croyait incroyablement spirituel.
« Tu trouves ça drôle ?
- Euh… attends que je réfléchisse… Oui, plutôt.
- Imbécile. Imagine si je meurs, tu vas perdre le meilleur coup de ta vie et tu devras te contenter de ta main gauche pour le reste de ta vie. Cette perspective te charme-t-elle toujours autant ?
- Pff, pourquoi faut-il que tu sois toujours aussi rabat-joie ?, bouda-t-il ostensiblement.
- Lève-toi, tes gamineries ont assez duré comme ça. Nous avons pas mal de choses à régler avant leur arrivée et cette journée risque d'être décisive… »
Le garçon avait finalement obéi beaucoup plus vite que ce que j'escomptais en réalité. Je levai mes sourcils, un rictus au coin des lèvres, lorsque je me rendis compte que sa démarche n'était pas aussi aisée qu'ordinaire. Il vint se poster à mes côtés, comme s'il n'avait rien remarqué et que tout allait pour le mieux et dans un geste de réconfort ou de demande d'aide, je ne savais trop, il posa son visage contre mon épaule et m'enlaça la taille. Il me sourit faiblement :
« Tout ira mieux, à présent. Tu, non, nous n'aurons plus besoin de nous cacher.
- Potter, je… »
Il savait, même sans le lien ou sans que j'ai besoin d'aller plus loin, que j'allais le contredire et briser ses douces illusions et il ne me laissa pas faire, il désigna au hasard de son index l'une de mes robes de sorcier noires et me dit, sourire aux lèvres « celle-ci sera parfaite, tu n'as qu'à la mettre. »
Harry s'assit sur le lit en tailleur, pour m'admirer lorsque je reboutonnai ma tenue, avec soin. Je pouvais l'observer grâce au petit miroir accroché au mur et il n'y avait aucun doute possible que le spectacle lui plaisait grandement.
« Potter, ce n'est pas l'heure de rêvasser, ne t'ai-je pas déjà dit que tu devais te lever ?
- Oui, oui, mais admets que cela ne te déplaît pas que je n'ai d'yeux que pour toi, à tel point que j'en oublie de m'habiller…
- Potter, j'espère que tu as compris depuis le temps que je n'admettrai jamais une telle chose, dussé-j'en mourir. »
Je le toisai de mon air le plus froid, enfin du moins je l'espérai car lui, au contraire, me souriait comme s'il était un jeune moldu ayant vu le Père Noël.
« Potter, je t'attends dans cinq minutes, dans le salon. Fais en sorte d'être prêt.
- Sinon, quoi ? J'aurai une réprimande ?
- Une heure de retenue… »
Sourire du gamin.
« Avec Rusard ! »
Grimace du gamin.
« Poussin, tu n'es qu'un sale rabat-joie ! »
Et, dans un geste des plus puérils, il me tira sa langue et retroussa son joli petit nez.
« Quatre minutes ! »
J'étais à présent, entièrement vêtu et c'était à mon tour de le regarder se préparer. Alors qu'il était absorbé par son sacerdoce quotidien, soit remettre de l'ordre dans sa chevelure noire, perpétuellement ébouriffée, je fis venir à moi, le plus discrètement possible, une fiole de la potion d'apparence qui était posée sur l'étagère réservée à cet effet. A mon grand regret, mon geste, aussi rapide fut-il, n'échappa pas à Potter, à croire qu'il gardait toujours un œil sur moi.
« Déjà ? fut son unique réaction. »
Il avait la mine attristée et tapait du pied contre la moquette.
« Potter, tu sais bien que je n'ai vraiment pas le choix. N'importe qui, un élève par exemple, pourrait frapper à la porte et demandait à entrer, il faudrait bien que je sois déjà transformé en Andrew Prince, non ?
- Un élève ? Tu fais entrer des élèves ici ? Et quel élève d'abord ? Certainement pas Seamus… Ni Drago, d'ailleurs. Je suis sûr que c'est l'un de tes foutus Serpentards de septième année… J'ai trouvé, c'est Zabini, c'est bien ça ? Parce que tu le trouves mignon, hein ? »
Son visage était passé par une multitude d'expressions différentes, en l'espace de quelques secondes. Il avait plissé les yeux et passait sa main dans ses cheveux perpétuellement emmêlés avant de lever un doigt accusateur, sûr du cheminement de sa réflexion que j'avais vainement tenté de suivre.
« J'aime ça, quand ton esprit tordu retient les informations les plus importantes. C'était un exemple, Potter, un putain d'exemple.
- Peut-être, mais tu aurais quand même pu prendre un autre exemple, marmonna le garçon boudeur et visiblement contrarié de n'avoir pas trouvé la bonne solution.
- Chaton, tu ne crois pas que tu exagères un peu, là ?
- Non, pas du tout, me répondit-il avec une mauvaise foi évidente.
- Tu sais, Harry. Il est encore tôt et pourtant, tu me fatigues déjà, répliquai-je plus amusé que ce que j'aurais dû.
- Sev, ce n'est pas drôle !
- Effectivement, ta petite crise de jalousie est grave, très grave et doit être prise avec le plus grand sérieux, encore plus que le fait de mener une guerre sans merci contre le Seigneur des Ténèbres qui risque de coûter la vie à nos proches. »
Le tee-shirt qu'il n'avait pas eu encore le temps d'enfiler paya chèrement ma petite pique, il fut instantanément tordu entre les mains crispées d'Harry qui me fusillait de son regard émeraude et perçant. Après l'avoir vu ainsi contrarié pour un motif aussi futile, je ne me contentai pas d'un simple sourire mais un véritable éclat de rire incontrôlable, sorti de ma gorge. Il se rapprocha alors, de moi, au ralenti, comme dans un film moldu. Mais plus, il s'avançait et plus son air revêche et en colère avait disparu, laissant étrangement la place à un sourire malicieux. Il était à présent, si proche que je pouvais sentir le souffle chaud de sa respiration tout contre mon visage et il semblait franchement amusé par la situation, ce qui au contraire, ne me rassurait guère.
« Vous savez ce que vous venez de faire, M. le Professeur de Potions, mieux connu sous le surnom de 'Terreur des cachots', ayant traumatisé des générations d'étudiants. Vous venez de rire réellement et sans aucun doute possible. Certes, tout ceci à mes dépens, mais dans ces lieux, je crois que c'est une toute première à bien souligner, Poussin. »
Alors qu'il était toujours torse nu, vêtu d'un simple jean qu'il n'avait même pas encore pris la peine de reboutonner correctement, c'était à son tour, d'éclater de rire et de me mettre au défi de le contredire. Je me contentai d'hausser les épaules, comme si tout ceci n'avait aucune importance. Ses yeux brillaient d'une lueur toute particulière, il était franchement amusé par son petit tour. Je compris alors qu'il me fixait avec ses grands yeux verts et son sourire éclatant que quoi que je dise ou quoi que je fasse aujourd'hui contre lui, rien ne pourrait ternir sa bonne humeur. Il était tout simplement heureux d'avoir passé la nuit avec moi et je le maudissais d'être aussi foutrement Gryffondor. Je le vis passer sa langue humide sur ses lèvres légèrement asséchées. Il se mit ensuite sur la pointe des pieds et déposa doucement ses lèvres sur les miennes. Il passa finalement ses bras fins autour de mon cou et tenté, je le soulevai et intensifiai le baiser. Ses jambes entourèrent ma taille et je me dirigeai vers le lit. Je devinais qu'il était tout particulièrement fier d'avoir gagné ainsi, par une victoire écrasante et totale. Je le déposais sur le lit et m'installais au-dessus de son corps si désirable, son regard pétillait de mille feux et son corps allongé et alangui me promettait mille et une merveilles. Alors que j'étais déjà prêt à jeter un sort pour faire disparaître le peu de vêtement qu'il portait, j'entendis un coup, quelqu'un venait de frapper à la porte. Nous avions juste relevé la tête en direction de la porte de la chambre mais lorsqu'un second coup résonna, plus aucun doute n'était permis, notre prochain round devait être reporté à plus tard, à un moment plus propice. Je commençai déjà à me lever et à remettre de l'ordre, il grinça entre les dents :
« Fais chier !
- Potter, langage.
- Ben, quoi ? Merde, à la fin, juste, au moment où j'avais réussi à te convaincre de remettre le couvert. »
Devant le langage peu châtié du gosse, j'haussai un sourcil sceptique et préférai quitter la pièce. Lorsque je refermai la porte de la chambre, je l'entendais toujours maugréer et maudire ce fils de Voldemort pour nous interrompre de la sorte. J'avais emporté avec moi la petite fiole dont le contenu ne demandait qu'à être bu. Une fois, dans le salon, j'attendis encore que la personne derrière la porte ne se manifeste à nouveau. Même si je ne l'admettrais pas devant le gamin, j'aurais voulu prolonger notre petit tête-à-tête et une partie de moi n'arrivait pas à y renoncer mais, à mon grand malheur, la voix ou plutôt le grognement que le loup-garou émit au-delà de la porte me persuada plutôt de lever les protections et de le laisser entrer au plus vite.
« Enfin ! » fut les premiers mots qui sortirent de sa bouche lorsque le professeur de défense contre les forces du Mal eut franchi le pas de la porte.
« Bonjour, à toi aussi, Remus, répliquai-je avec dédain.
- Oui, c'est vrai, bonjour, Severus.
- Tiens, tu m'appelles par mon prénom, aujourd'hui ?
- Tu peux garder tes réflexions, grinça Remus. Je fais des efforts, me semble-t-il. Mais je ne suis pas seul à devoir en faire, c'est valable aussi pour toi. Alors, à toi de jouer, fais en sorte que je ne le regrette pas. »
Je jetais à nouveau les sorts de protection sur la porte, comme si je n'avais rien entendu. Je n'avais aucune intention de changer mes habitudes, sous prétexte que j'entretenais une relation avec Potter. Que pouvait bien espérer le loup-garou ? Devant mon manque de réaction, Lupin regarda tout autour de lui et poursuivit.
« Harry n'est pas là ? Je pensais bien le trouver avec toi. Qu'as-tu fait encore ? »
Le loup-garou me fixait avec une expression mauvaise et je me demandais bien ce qu'il pouvait bien croire. Avant que je ne puisse répondre quoi que ce soit, Harry sortit de la chambre. Débraillé, il n'avait toujours pas remis son tee-shirt alors qu'il aurait eu largement le temps de mettre de l'ordre dans sa tenue.
« Bonjour, Rem', je suis bien là et tout va pour le mieux. »
Le foutu gamin souriait de toutes ses dents et Lupin me dévisageait avec un air encore plus hargneux, peint sur son visage. Foutu gamin ! J'allais finir par croire qu'il cherchait vraiment à me faire tuer. D'un informulé, je le rhabillai magiquement et en réaction, il éclata de rire :
« Tu sais, Poussin, avec ou sans tee-shirt, Rem' a bien vu que je sortais de la chambre, n'est-ce pas, Remus ? »
Le loup-garou, totalement pris au dépourvu par cette stupide question, se contenta d'un hochement de tête, sans doute peu sûr du son qui serait sorti de sa bouche.
Moi, par contre, je ne me privai pas de dire ce que je pensais :
« Espèce de sombre crétin ! Tu as déjà oublié qu'il est déjà au courant ! Quel était donc le but de cette sortie aussi stupide qu'inutile.
- Pfff, si on ne peut plus rigoler. Excuse-moi, Remus, je ne le ferai plus ! Promis… Enfin, je ne parle pas de ne plus coucher avec Sev mais de ne plus faire de blagues idiotes !
- Par Salazar, Potter, tais-toi. »
Devant mon impuissance à faire taire ce Gryffondor capricieux, je frottai mon front. Il vint se placer, à mes côtés, plein de sollicitude ou de remords, et posa sa main sur mon bras gauche.
« J'arrête, juré… »
Il se tourna alors vers le dernier Maraudeur et lui demanda :
« Pourquoi cette venue de si bonne heure ?
- Hum, j'ai eu la visite de certains membres hier, dans mes appartements et il me semble que vous leur devez bien des explications, enfin un minimum.
- Qui ? demandai-je, curieux. »
Après tout, cela pourrait me donner des pistes pour savoir qui était le traître.
« En tout premier lieu, Tonks qui était avec moi, dois-je te le rappeler lors de ta grande entrée et ne me dis pas que tu la suspectes ! »
Devant mon manque évident de réaction, les yeux mordorés se plissèrent et Harry me donna un léger coup de coude dans les côtes. Je me raclai la gorge avant de m'engager sur un terrain que je savais particulièrement glissant.
« Je ne veux pas rentrer dans ce débat qui risque de s'avérer stérile et inutile.
- Comment ça ?
- Même si tu m'as affirmé le contraire hier, je ne suis pas sûr que ton esprit soit encore totalement converti à mon idée.
- Comme d'habitude, tu sais ce que je pense. As-tu toi aussi le don de double vue ?
- Oui, je sais même qui a dû te rendre une petite visite hier au soir, répondis-je froidement.
- Tiens donc, s'étonna le loup-garou.
- Parfaitement, je sais déjà que Fol-Œil, Minerva et enfin Arthur Weasley sont venus te voir et que rien ne pourra me faire changer d'avis ?
- Je te demanderai des explications, Severus.
- Tiens donc, tu ne nies pas…
- Sev, CA SUFFIT, me coupa le gamin dans mon élan. Alors, arrêtons tout de suite, tu as croisé qui d'autre depuis hier, Rem' ? Après tout, Sev a raison, cela pourrait nous donner une piste pour commencer. »
Lupin semblait toujours aussi sceptique mais il ne pouvait refuser de parler à son cher Harry, celui qu'il considérait comme un fils.
« Fol-Œil, Minerva et Arthur… Tu avais tout bon dans tes stupides pronostics de tout à l'heure, à croire que tu es doué d'un sixième sens, particulièrement performant ou que tu as mis des pièges pour m'espionner.
- Non, je n'ai pas besoin de ça, c'était une simple question de logique : Fol-Œil se présente comme le premier membre de l'Ordre qui doit prêcher la bonne parole, il se devait de connaître les moindres détails de l'attaque et pour Minerva, tu remplaces le premier membre de l'Ordre par le premier membre du corps professoral et voilà…
- Tu suspectes Arthur Weasley, demanda éberlué Lupin.
- Pourquoi pas ? Ce n'est qu'un simple membre du Ministère de la Magie, il n'a aucune perspective de promotion et va très certainement finir sa triste carrière dans un bureau sans fenêtre et sans un sou vaillant. Imaginez tout ce que le Seigneur des Ténèbres pourrait lui faire miroiter et lui promettre. Est-ce que ce choix paraît toujours aussi stupide ?
- Jamais, Arthur ne ferait une chose pareille, répondit le professeur aux défenses contre les forces du mal.
- Pourquoi ?
- En près de vingt ans, tu crois qu'aucun Mangemort ne lui a pas déjà fait ce type de proposition. Il n'a jamais cédé avant et il n'y avait aucune raison que cela change d'après ce que l'on sait.
- Fallait-il vraiment une raison ?
- Certaines personnes ont des principes, tu sais, Severus et ne cèdent pas à la tentation pour un peu de pouvoir et de gloire. »
Je le foudroyai du regard mais préférai ne pas relever l'insulte mal déguisée.
« Pour ton information, Severus, Arthur m'a dit que c'était Molly qui voulait savoir ce qui s'était passé. Elle fait donc automatiquement partie de la liste des suspects, je suppose.
- Je t'ai déjà dit que je n'excluais personne même si au regard de mon expérience auprès du Seigneur des Ténèbres…
- Chose dont je ne me vanterai pas trop si j'étais toi.
- Remus, intervint le gamin, en ma faveur. Continue, Sev.
- Molly Weasley ne représente pas forcément la meilleure cible.
- Pourquoi, M. Je-comprends-tout-mieux-que-tout-le-monde ?, commençait le loup-garou à s'énerver.
- Arthur Weasley pourrait être guidé par l'argent et l'envie de pouvoir mais, pour Molly Weasley, j'en doute fortement. Une seule chose est capable de la bouger le fait de sauver l'une de ses nombreuses progénitures, mais à ma connaissance personne n'a disparu. Même si quelqu'un prenait du polynectar et se faisait passer pour l'un de ses enfants, il n'aurait aucun intérêt à le dire à Molly Weasley, ils auraient déjà ce qu'ils souhaitent : un espion. »
A la fin de ma petite démonstration, je me tournai vers le gosse qui me regardait avec une pointe de fierté.
« Tu sais, chaton, je ne suis pas encore totalement stupide, je peux avoir un semblant de raisonnement sensé.
- Eh ! Je n'ai pas le droit d'être fier de mon homme quand il prouve encore, une fois, qu'il est vraiment brillantissime.
- Potter, soufflai-je, las.
- Poussin, je prends ta défense, tu sais, tu devrais plutôt me remercier que me regarder avec cet air blasé. »
Harry s'était approché de la petite table en bois et jouait avec un petit bibelot qui prenait la poussière dessus. Remus tapait légèrement du pied et un mal de tête commençait à m'enserrer et je ne craignais que cela n'empire jusqu'à ce que je me couche ce soir. Pour ma santé mentale, il fallait que j'en finisse le plus rapidement possible.
« Bon, ça suffit, reprenons, Remus. Tu m'as dit en arrivant que je devais des explications aux autres membres de l'ordre mais comment veux-tu t'y prendre ?
- J'ai pris la liberté d'envoyer des hiboux à tout le monde, on a rendez-vous dans un quart d'heure.
- Où ? Enfin, si tu m'autorises à te le demander, vu que tu as tout décidé seul.
- La salle sur demande me paraissait être un choix judicieux : un lieu neutre qui peut s'adapter en fonction des besoins. Tu ne me contrediras pas, Severus ? »
Je fixai l'autre professeur, surpris par une telle initiative mais mon visage resta de marbre, contrairement au gamin qui s'enthousiasma instantanément.
« Super idée, Rem ! Après tout, si on a pu organiser les réunions de l'armée de Dumbledore là-bas, c'est sûr que c'est le meilleur endroit.
- Bien, repris-je, voulant calmer la joie d'Harry. Nous devons peaufiner notre histoire, il me semble que nous avons un avantage sur l'espion et nous nous devons d'en profiter.
- Effectivement, répondit d'un ton sentencieux Lupin. »
Un silence lourd s'abattit sur la pièce. Pour la première fois, depuis des semaines, des mois même, nous étions en bien meilleure position. Je ne jouais plus à l'agent double ou triple, j'allais devenir pour la première fois, un simple Membre de l'ordre, à une condition que les autres m'acceptent en tant que Severus Rogue. Alors que nous établissions notre plan afin que tout se passe au mieux, chacun apportant à tour de rôle sa pierre à l'édifice, je me surpris à me dire que contrairement à ce que j'avais toujours cru, j'étais capable de travailler avec Remus Lupin, même sous mon apparence de Severus Rogue. Je ne cessai d'observer Harry du coin de l'œil, je le voyais réfléchir, une odieuse petite ride lui barrait son front déjà marqué par cette cicatrice, symbole de tous ses malheurs.
« Bon, je crois que nous sommes parés. A nous de jouer et de faire en sorte de découvrir des indices sur l'identité du traître.
- Vous pensez qu'ils vont nous croire ? finit par demander Harry visiblement inquiet. Remus, tu as vu l'attaque de Rodolphus, tu as entendu cette pourriture menacer et insulter Sev. Tu ne pouvais pas douter mais les autres nous ont juste vus fuir, rien de plus.
- Je ne m'attends pas à ce que tout le monde nous croit ou même à une explosion de joie à mon encontre mais globalement, je pense qu'on arrivera à convaincre la plupart mais avant de les affronter, il reste encore une chose à faire. »
Je fis alors tourner la petite fiole contenant la potion interdite, devant les deux autres. Harry aussitôt ouvrit sa bouche mutine, probablement pour s'y opposer mais je l'intimai au silence d'un regard noir. Je le sentais toujours aussi contrarié mais je me refusai à entrer une nouvelle fois dans cette petite guéguerre stérile. Je ne prêtai pas plus attention au regard impatient de Lupin. Le loup-garou avait visiblement hâte d'assister à la transformation. Cet ancien Maraudeur, membre incontesté de l'ordre du Phoenix était intrigué au plus haut point. Comme tout bon professeur qu'il était, il voulait comprendre et voir de lui-même. Il prit toutefois le soin de me demander si je préférai m'asseoir sur l'un des fauteuils avant d'avaler la mixture. Je refusai poliment et tandis que je portai la fiole à ma bouche, le garçon se rapprocha de moi et serra mon bras gauche.
« Si tu n'es pas capable de faire attention à toi, en prenant place sur ton fauteuil et bien, je vais être en charge de cette mission, fit-il d'un ton décidé. »
Je levai simplement les yeux mais je refusai de me laisser attendrir au point d'esquisser un léger sourire. La potion coulait dans ma gorge et plus les jours avancés et plus je trouvais le goût insupportable. Je devais faire une drôle de tête car je sentais la pression autour de mon bras gauche s'accentuer.
Après avoir avalé la dernière goutte du liquide, j'enlevai sa main fortement cramponnée.
« Tu vois bien que tout se passe bien, Potter. Donc pas d'inquié… »
Alors que mon corps se prenait la forme de celui d'Andrew Prince, je sentis une vive douleur dans la poitrine, mon visage se crispa et au lieu de finir mes quelques paroles de réconfort, je terminai ma phrase par un cri aigu, presqu'un hurlement. Je commençai à chanceler sur mes jambes cotonneuses et deux bras m'enserrèrent pratiquement instantanément pour me traîner jusqu'au fauteuil. Je dus perdre mes esprits quelques instants car lorsque j'ouvris les yeux, le gamin était accroupi, à mes côtés. Son regard vert, brillant me transperçait. Il était visiblement marqué.
« Sev, Sev, ça va ? me demanda-t-il lorsque j'eus repris totalement connaissance.
- Je vais bien, Potter.
- Que s'est-il passé au juste ?
- Je ne sais pas, j'ai ressenti une vive douleur au niveau de la poitrine, d'un coup.
- Tu vois, j'avais raison, tu ne dois plus prendre de cette maudite potion.
- Potter, soufflai-je doucement, je vais bien.
- Visiblement pas. Regarde-toi donc. Je m'inquiète juste pour toi, grommela-t-il, boudeur. »
Je levai les yeux face à cet idiot. Il était censé être un foutu Gryffondor courageux et sans peur et pas un Poufsouffle dénué de tout bon sens. Je m'apprêtais à me moquer de lui mais l'éclair d'inquiétude m'en dissuada lamentablement. Je me contentai d'ébouriffer ses cheveux qui n'avaient nullement besoin de cela et de souffler.
« Potter, il n'y a pas de problème. Tout va bien se passer.
- Pfff. Tu plaisantes. Tu dis toujours ça et regarde-toi. Tu as le souffle court, tu es fatigué et on ne sait pas ce qui va se passer à ta prochaine transformation. Et dire que je parle de celui qui est censé être à mes côtés, lors du combat final. A ce rythme-là, je risque de me retrouver aux bras de Malefoy senior le jour qui décidera de l'avenir du monde magique. Espèce d'idiot ! »
Ses derniers mots qui se voulaient ironiques me paraissaient surtout empreints d'une réelle inquiétude et jamais encore auparavant, avec cet air abattu, il ne m'avait paru aussi bien porté son stupide surnom de 'chaton'.
« Potter, repris-je, à nouveau, je vais bien et dans quelques mois, tout sera derrière nous. »
Et pour bien lui faire comprendre que je pensais ce que je disais, je me penchais vers lui et l'embrassai doucement et même si je devinais l'air embarrassé et stupéfait du loup-garou, je n'en avais que faire, à vrai dire. J'approfondis légèrement le baiser et je sentis le corps d'Harry progressivement se détendre et se libérer de tout son stress. Je n'arrêtai que lorsque j'entendis le grognement de Lupin qui trouvait apparemment ses effusions trop longues. A la fin de ce baiser, plein d'une douceur qui ne nous était pas coutumière, je passai ma main dans ses cheveux avant de me relever plus décidé que jamais. Je me sentais encore groggy mais je marchais droit vers la porte d'entrée.
« En route, nous avons l'Ordre à convaincre ! »
A suivre…