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Claes
Author of 1 Story

Rated: M - French - General/Romance - Draco M. & Harry P. - Reviews: 458 - Updated: 07-08-09 - Published: 10-03-06 - id:3181930

Note de la traductrice : rien ne m'appartient, ni les personnages - qui appartiennent, bien évidemment, à Madame JK Rolwing - ni l'histoire, qui appartient à Anna Fugazzi, qui m'a très gentiment donné l'autorisation de traduire sa sublime histoire.

Avertissement : Cette fic est un SLASH. Si les relations homosexuelles ne vous plaisent pas, ne lisez pas ce qui suit. Merci.

Rating : M

Statut de la fic originale : Fic terminée : 21 chapitres et un épilogue.

Rythme de publication de la traduction : Aléatoire, malheureusement.

Note de la traductrice : un énorme merci à mes deux bêtas Yepa et Orchideouxx :)

Chapitre 13

28 Novembre

61ème jour, Samedi

Draco s'étira avec fatigue en faisant craquer les os de son dos. Potter et lui étaient à la bibliothèque et avaient déjà passé environ une heure et demi sur les trois heures qu'ils avaient programmées à étudier et réviser ; ils iraient ensuite dîner à Pré-au-Lard. Il commençait à attendre impatiemment ces sorties à Pré-au-Lard. Un peu trop impatiemment d'ailleurs.

Il ne devrait pas en avoir autant envie. Mais il avait besoin de s'éloigner des Serpentard, de la tension et de l'hostilité qui régnaient dans la Maison. S'éloigner aussi des Gryffondor et de leur douceur mièvre et agaçante, mais surtout de la façon dont il le traitait dernièrement. Ces ignorants pensaient lui rendre service en l'incluant dans leur cercle social. Ils avaient pitié de lui pour ce que les Serpentard lui faisaient. Ils l'accueillaient les bras largement ouverts, avec un "Regarde Comme Nous Sommes Nobles" convaincu et un élan nauséeux de "Ne Nous Es-tu Pas Reconnaissant De Devenir Ton Ami Dans Un Moment Où Tu En As Besoin ?"

Cela lui donnait envie de leur lancer un sort d'oubli.

Au moins il n'était plus gêné en présence des Gryffondor qui avaient pris part au cercle de guérison. McGonagall et Snape ne lui avaient posé aucun problème ; des enseignants qui sauvaient la vie d'élèves, cela était presque devenu monnaie courante durant ses années à Poudlard, et il n'avait de toute façon pas besoin de rester avec eux dans son cadre social. Blaise et Pansy lui avaient simplement fait remarqué qu'il aurait toujours une dette envers eux, pas seulement pour avoir participé au sort de guérison mais également pour lui être resté loyal malgré la disgrâce de sa famille vis-à-vis du Seigneur des Ténèbres. Il s'était senti complètement exposé et gêné pendant de longues semaines avec ce fardeau de reconnaissance lorsqu'il était avec Weasley, Granger ou Londubat. Passer du temps avec eux avait été très embarrassant.

Il s'y était finalement habitué, mais les Gryffondor restaient tout de même agaçants. La seule éclaircie dans la Tour de Gryffondor en ce moment était Seamus Finnigan, gêné par la partie "homosexuelle" de leur enchaînement. Il détournait toujours le regard de manière prude quand il voyait Draco et Potter dans le même lit, il était incapable de rester dans la même pièce qu'eux lorsqu'ils se touchaient, et avait même marmonné une fois un "Vous ne pouvez pas faire ça ailleurs ?" quand Potter avait embrassé Draco, ce qui avait incité les autres Gryffondor à plaisanter sans merci sur sa pudeur - ce qui était assez amusant à voir.

Au moins, son homophobie était franche. Stupide directement liée à la culture Moldue, mais franche.

Enfin…pas complètement liée à la culture Moldue. Beaucoup de Serpentard de sang-pur s'étaient montrés disposer à s'abaisser à l'homophobie également si cela pouvait rabaisser Draco et Potter en même temps.

"Malfoy, arrête ça," dit distraitement Potter en posant une main sur la nuque de Draco sans lever les yeux de ses notes d'Arithmancie.

"Arrêter quoi ?"

"De grincer des dents. Calme-toi." Potter commença à masser fermement la jonction de son cou et de son épaule. "Merlin, tu es tendu," murmura-t-il, ne levant toujours pas le regard de ses notes.

Draco inclina un peu plus la tête, surpris de sentir à quel point ce simple massage était agréable, tandis que la main de Potter se déplaçait jusqu'à la base de son cou.

"Qu'est-ce que tu fais ?" demanda-t-il avec curiosité.

"Quoi ?"

"Avec ta main. Ce n'est pas la même sensation que les sorts habituels…" Il s'interrompit, inclinant encore la tête pour laisser plus de champ libre à Potter.

Ce dernier le regarda, amusé, sa main continuant à le masser.

"Ce n'est pas un sort, juste un massage. On ne t'en a jamais fait avant ?"

"Mm, je ne crois pas. Tu es sûr que ce n'est pas de la magie ?" Il ferma les yeux.

"Totalement sûr." Potter réprima un rire.

"Mm, c'est agréable…" Il s'interrompit, savourant le sentiment de satisfaction qu'il ressentait, appréciant que l'on s'occupe de lui. Potter s'approcha de lui pour pouvoir masser l'espace entre ses omoplates avec les deux mains. Il espérait que personne n'était en train de les observer pour ricaner, mais il se dit qu'après tout, ils pouvaient bien ricaner autant qu'ils le voulaient. La sensation était beaucoup trop agréable pour qu'il s'arrête maintenant. Et, qui sait, peut-être qu'une de ces 'sources anonymes' irait trouver la Gazette du Sorcier avec des preuves évidentes que lui et Potter ne se détestaient pas. Il soupira, se servant de ses bras comme oreiller. Il ne consentit à ouvrir les yeux que lorsque Potter donna une dernière pression sur son dos puis s'éclaircit la gorge.

"Hmm ?"

"On sort d'ici," dit Potter.

"Quoi ? Je pensais que tu voulais finir tes révisions de Défense ?"

"Pendant que tu grinces des dents et alors que tu es si tendu que ton cou et ton dos sont aussi durs que de la pierre ? Non merci. On va voler un peu et ensuite on ira de bonne heure à Pré-au-Lard."

"Mais…" L'objection de Draco mourut rapidement sur ses lèvres lorsque Potter rangea de manière déterminée ses livres avant de se lever.

D'accord. Pourquoi pas ? Ils n'avaient pas beaucoup volé dernièrement, à cause de la stupéfiante charge de travail et des désagréments qu'ils avaient eus avec les Serpentard, mais l'après-midi était agréable, ils avaient pratiquement rattrapé tout leur travail, et il avait foutrement bien mérité une pause.

Cela correspondait parfaitement à l'idée qu'il se faisait d'une bonne pause, pensa-t-il lorsqu'ils commencèrent à pourchasser le Vif d'Or quelques minutes plus tard, toute pensée de leurs camarades, de journaux et de révisions de Défense envolée dans le vent. Le sexe aussi était très agréable. Et s'il devait choisir entre les deux, il choisirait bien évidemment le sexe, mais ils ne pouvaient pas le faire tout le temps, et il y avait quelque chose d'extrêmement satisfaisant à jouer au Jeu des Attrapeurs. Surtout quand le Jeu avait tendance à se terminer si bien pour lui.

"Bon sang, comment fais-tu pour continuer à gagner ?" demanda Potter, énervé, après que Draco ait attrapé le Vif d'Or une nouvelle fois. "Tu n'es jamais aussi doué pendant les matchs."

"Lorsqu'on vole tout seul, on n’est pas aussi doué qu’entouré de six fans qui volent à nos côtés," rétorqua-t-il avec un petit sourire en coin.

"Quelles différences ça fait ?"

"Je te suis toujours pendant les matchs," dit Draco. "Je fais toujours attention à l'autre Attrapeur. Alors que toi, c'est toujours toi contre le Vif d'Or ; rien d'autre n'existe. Tu laisses tes équipiers s'occuper de l'autre Attrapeur."

"Mais c'est ce qu'on est censé faire pendant les matchs," dit Potter tandis qu'ils redescendaient.

"Pendant les matchs, peut-être. Pas pendant les Jeux d'Attrapeur."

Potter acquiesça d'un signe de tête, pensif. "Je me demande si tes camarades de Maison continuent à parier sur toi."

Draco haussa les épaules, ne désirant pas y penser.

"Écoute, je suis désolé, ils…"

"Non, ne t'excuse pas encore," dit Draco, énervé, tandis qu'ils atterrissaient à côté de la cabane où l'on rangeait les équipements de Quidditch. "Crois-le ou non, ça n'est d'aucun réconfort."

"Très bien, je ne m'excuserai plus."

"Allez, Potter, allons à Pré-au-Lard," dit-il, rangeant le Vif d'Or et desserrant ses vêtements de Quidditch.

"Harry," dit Potter après un léger silence.

"Quoi ?"

"Ce n'est pas que je veux faciliter quoi que ce soit pour tes parents, mais ils ont raison sur un point. C'est stupide de notre part de continuer à nous appeler par notre nom de famille."

"Je ne t'appellerai pas par ton prénom en public juste pour nous faire de la publicité."

"On n'est pas en public, en ce moment," dit Potter, et Draco détourna les yeux, délaçant ses gants. "Écoute, si tu ne veux pas pour des raisons qui te sont propres…"

"Non, c'est juste que…"

"Alors arrête de t'adresser à moi comme si nous n'étions que de vagues connaissances. Au moins quand on est en privé. Tu peux m'appeler Potty quand tu es avec tes amis, je n'en ai rien à faire."

Draco rit. "D'accord."

"Bon, allons à Pré-au-Lard, comme ça, tu pourras te plaindre du service de mauvaise qualité, de la mauvaise nourriture, et te vanter de combien la nourriture est meilleure au Manoir Malfoy."

Draco rit. "Et après dîner, allons dans notre dortoir," dit-il de manière impulsive.

"Pas à Serpentard ?" s'étonna Potter en enlevant ses protège-tibias. Ils n'avaient pas dormi dans leur dortoir depuis une semaine. "Qu'est-il arrivé au docile héritier Malfoy ?"

"Il est toujours là, mais il en a ras le bol de ses pathétiques petits camarades de Maison et a besoin d'une pause."

"C'est la nuit parfaite pour s'esquiver, en fait ; tes camarades de Maison vont probablement penser qu'on est retournés dans notre dortoir juste après Pré-au-Lard pour baiser comme des lapins."

"Et qui a dit que ce n'est pas ce que nous ferons ?" demanda-t-il, et Potter lui sourit. Draco se pencha vers lui pour l'embrasser. Potter lui répondit avidement, en se rapprochant de Draco. "Mm…" murmura Draco à son oreille, "peut-être qu'on pourrait aller à Pré-au-Lard plus tard…"

"Euh…j'ai faim…" répondit doucement Potter, embrassant le cou de Draco.

"Moi aussi," rit Draco en passant sa main dans le dos de Potter.

"J'ai faim de nourriture," gloussa Potter.

"Allez…on pourrait ensuite aller demander de la nourriture aux elfes de Maison…"

Il pencha la tête en arrière et ferma les yeux de contentement tandis que Potter continuait à l'embrasser. Tous les deux avaient encore chaud suite à leur effort physique, ils sentaient la transpiration et l'odeur des gants en peaux de dragon ; le début de leur excitation était plaisante, tout comme le confort d'être tenu dans les bras de l'autre et de tenir l'autre dans ses bras, leurs doigts s'entortillant dans les cheveux de l'autre…

Un léger toussotement derrière eux le surprit, et Potter leva les yeux à contrecœur - puis se raidit et prit une grande inspiration. Avant que Draco n'ait le temps de se retourner pour faire face à la personne qui les menaçait, il se tendit au son de cette voix si familière.

"J'espère ne pas…interrompre quelque chose."

Draco sentit son estomac se serrer.

"Père." Il prit une profonde inspiration et essaya de rassembler ce qu'il pouvait de son calme, puis s'éloigna légèrement de Potter et se retourna.

"Draco. Mr. Potter," dit poliment Lucius Malfoy. Il y eut un court silence durant lequel Draco essaya de calmer sa respiration et de refouler sa profonde gêne. Il n'y avait absolument aucune raison qu'il se sente gêné. Ce n'était que son père, et Draco n'avait rien fait de mal ; pourquoi ressentait-il cet étrange sentiment de…culpabilité ?

"On m'a dit que je pourrais vous trouvez à la bibliothèque jusqu'en fin de journée. Severus a parlé d'une retenue ? D'un devoir non rendu ?"

"Je…je l'ai fini," répondit rapidement Draco, maudissant le bégaiement de sa voix et le rougissement de ses joues.

"J'espère bien. Il serait malvenu que tu prennes du retard sur ton travail scolaire," déclara Lucius. Il y eut un nouveau silence. "Mr. Potter, j'aimerais parler seul à seul avec mon fils quelques minutes. La Grande Salle est pratiquement vide à cette heure-là ; peut-être pourrions-nous nous asseoir à une table pendant que vous étudierez à une autre table. Il me semble que Madame Pomfresh a déclaré que votre enchaînement pouvait maintenant vous permettre de vous éloigner physiquement durant quelques minutes ?"

Potter regarda Draco, interrogateur, et Draco acquiesça. "Bien sûr," dit-il, et il fit signe à son père de les mener au château. "Erm…quand es-tu arrivé ici ?" lui demanda-t-il alors qu'ils commençaient à marcher.

"Il n'y a pas longtemps. J'espère qu'il n'est pas inopportun que je passe vous voir à l'improviste comme cela ; j'avais des affaires à régler à Pré-au-Lard."

"Non, non, ce n'est pas inopportun," répondit Draco, ayant extrêmement de mal à parler d'une voix décontractée, et détestant l'habilité de son père, comme toujours, à paraître parfaitement à l'aise.

Ils trouvèrent une place près de la cheminée à la table de Serpentard pratiquement vide, et Potter s'installa avec ses livres à la table de Poufsouffle, aussi loin que l'enchaînement le lui permettait. Draco fronça les sourcils lorsque Lucius prit un siège faisant face à la table de Poufsouffle, obligeant Draco à s'asseoir dos à Potter.

Mettre d'emblée Draco mal à l'aise. Fantastique.

"Comment vas-tu, Draco ?" demanda son père après avoir ordonné à un elfe de maison qui passait là de leur apporter à tous les deux un thé.

"Bien, merci, Père," répondit-il poliment. Ils parlèrent durant quelques minutes de choses peu importantes en attendant que leurs thés arrivent. Draco se sentait de plus en plus mal à l'aise.

"J'ai lancé un sort brouillant le son autour de nous, nous pouvons donc parler un peu plus librement," dit enfin Lucius. "J'aurais bien sûr préféré faire ça ailleurs, mais comme le Ministère est encore quelque peu hésitant à me laisser approcher Potter…" Le léger sourire de Lucius montrait combien il trouvait amusant que le Ministère le croit stupide au point de faire du mal à Potter.

"Je suppose que tu as lu les journaux ?" commença-t-il, et Draco acquiesça, se sentant coupable de ne pas l'avoir fait. Il avait voulu, mais…

"N'est-ce pas ?" insista Lucius, et Draco se maudit. Père savait toujours, toujours, quand il mentait. Comment pouvait-il le deviner ?

"Pas…pas tous les jours, Père. Je…j'ai essayé, mais avec les cours…"

"Laisse-moi te faire un résumé, alors," dit Lucius de sa voix d'une condescendance impatiente qui transperçait Draco. "Il y a une grande incertitude quant à qui va ma loyauté. Il y a aussi une grande incertitude quant à où et quand les partisans du Seigneur des Ténèbres frapperont la prochaine fois. Il y a des rumeurs selon lesquelles l'activité des Mangemorts a crû dernièrement ; quelques disparitions, quelques effractions dans les maisons de personnes importantes, le vol de certains objets de Magie Noire."

Draco acquiesça d'un signe de tête. Blaise et Pansy lui en avaient parlé - et il lui avait été extrêmement difficile de se l'entendre dire comme un exclus, et de savoir que demander plus de détails à ses parents serait inutile parce que, selon toute vraisemblance, ils n'en savaient pas plus que lui.

"Je n'ai pas besoin de te dire que les temps sont difficiles." Draco secoua la tête. "Tu étais conscient que certains…plans avaient été mis au point, avant que cette malédiction ne te soit lancée." Draco acquiesça. "On ne t'avait alors pas parlé des détails, pas plus que tu n'as besoin de les savoir maintenant. La seule chose que tu as besoin de savoir est que certains évènements qui auraient dû avoir lieu cet automne ont été retardés, à cause de ton enchaînement, comme un geste de bonne volonté de notre Seigneur envers notre famille. Il n'a cependant pas certifié de les retarder éternellement - et je n'en attendais pas moins de lui - mais il a été assez bon pour nous laisser le temps de nous faire à ton enchaînement avant de mettre en place ce qu'il désire. Je ne peux insister plus sur tout ce qui a été fait pour nous, Draco." Les yeux de Père étaient sérieux. "Je ne peux insister plus également sur combien il m'a été difficile d'obtenir une si grande indulgence du Seigneur des Ténèbres."

Draco déglutit difficilement et acquiesça à nouveau d'un signe de tête.

"Comme tu dois t'en douter, le cercle de guérison a ébranlé notre équilibre plus que précaire parmi les partisans du Seigneur des Ténèbres." Père prit une gorgée de thé. "Je fais tout ce que je peux pour rester en bons termes avec le Seigneur des Ténèbres, à distance. Je ne fais pas partie de ses favoris ; je ne me flatte pas d'être assez important à ses yeux pour échapper à une punition pour ma participation au cercle. Si j'avais été à sa place, j'aurais agis de la même manière."

"Oui, père."

"Nous faisons ce que nous pouvons pour ne pas couper les ponts au cas où il serait possible de revenir du bon côté le moment venu. Mais pour ça, nous devrons revenir avec un gage de notre loyauté qui serait un dédommagement adéquat pour mes actions. Des informations sur l'autre camp, leurs armes, leurs défenses et les moyens possibles pour ouvrir une brèche, l'identité des membres de l'Ordre du Phénix."

Draco acquiesça, s'obligeant à ignorer la faible nausée qui commençait à remuer son estomac. Qu'elle soit due à la distance de Potter, ou à ce que son père venait de dire, n'avait pas d'importance. Il s'obligea à se concentrer sur les mots de Père.

"Et c'est précisément ce que l'autre camp me soupçonne de faire, et la raison - tout à fait justifiée - pour laquelle il se méfie de moi. Je fais, bien évidemment, don aux causes et aux personnes appropriées. Nous sommes pressés de leur montrer que ton enchaînement à leur héros est réussi et très certainement définitif. Nous ferons tout ce que nous pourrons pour obtenir une place puissante dans l'organisation sociale de l'autre camp, que nous soyons capable de revenir auprès du Seigneur des Ténèbres ou non." Il s'interrompit et but une gorgée de thé.

"Nous continuons bien sûr à chercher qui a lancé cette malédiction. Car même après que l'enchaînement s'estompe et que vous soyez capable de vous séparer, tu resteras très vulnérable pendant un long moment si Potter est blessé. Je ne sais pas combien de temps tu auras avant que Potter ne soit blessé - comme je te l'ai dit, les plans étaient prêts pour des évènements censés arriver cette année, maintenant."

"Mais les Aurors essaient de trouver…"

"Les méthodes des Aurors ont certaines limites."

Draco acquiesça. Bien sûr : pas de Légilimancie illégale, pas de tortures suivies par un sortilège d'Oubliettes, rien de contraire à l'éthique. "Avez-vous découvert quelque chose ?"

Lucius hésita. "Non…du moins, pas autant que nous l'espérions. Nous avons pu écarter certains suspects. Nous nous concentrons sur les personnes ayant des relations avec des élèves de Poudlard, principalement mais pas uniquement, dans la maison de Serpentard. Nous n'avons rien trouvé sur tes amis Pansy et Blaise - je m'y attendais, de toute façon, puisqu'ils avaient été interrogés sous Véritasérum la nuit de cercle de guérison. Cependant, mentir sous Véritasérum reste possible, surtout si la personne est sur ses gardes, et nous l'étions tous cette nuit-là. Si nous ne trouvons rien sur personne, j'en viendrais peut-être à te demander de les interroger toi-même. Ils ne seront pas sur leurs gardes avec toi."

Draco tressaillit à cette perspective. Il acquiesça néanmoins docilement.

"Nous prenons également en compte la possibilité que celui qui a lancé le sort puisse appartenir à l'Ordre du Phénix, mécontent du statut de star de Potter. Il espérait peut-être tuer Potter et affaiblir notre camp en même temps."

Draco fronça les sourcils, sceptique. "Ça me semble peu probable."

"En effet. Mais je veux que tu sois sûr que je ne laisse aucune possibilité de côté."

"Merci, Père."

"Est-ce un "merci" sincère, Draco ?" demanda nonchalamment Père, sirotant son thé.

"Je te demande pardon ?"

"Veux-tu toujours que cet enchaînement se termine ?"

L'estomac de Draco se retourna à nouveau. La voix de son père était si calme et si désinvolte, comme s'il parlait des prochaines équipes participant à la Coupe du Monde de Quidditch.

"Bien sûr," répondit-il, essayant de paraître désorienté par la question.

"Tu es sûr ?"

"Pourquoi ne le serais-je pas ?" répondit Draco, retournant la question à son père. Les yeux de ce dernier contenaient une pointe d'approbation à sa réponse évasive, mais reprirent vite une froide désinvolture.

"Tu n'agis certainement pas comme si cette relation était un horrible fardeau pour toi, Draco."

"Nous n'essayons plus de résister à l'enchaînement ; ça ne veut pas dire pour autant que je ne veuille pas m'en débarrasser."

"Vraiment."

"Oui."

"Je me permets de te rappeler que j'ai vu certains de tes souvenirs, Draco," lui rappela froidement Père. Intérieurement, Draco ne sut plus où se mettre.

"Tu as vu que notre relation physique était intense." Il obligea sa voix à rester pragmatique. "Et tu sais très bien que ce n'est dû qu'à l'enchaînement. Il n'y a rien de plus, Père." Il se sentait de plus en plus écoeuré.

Père inclina la tête, lui accordant ceci. "D'un côté, je suis content ; certaines personnes ici vous observent tous les deux, et leurs comptes-rendus sont bons. Vous vous entendez bien, ce qui rend notre position plus crédible, et donc plus probable d'obtenir des informations qui pourraient se révéler utile sur le long terme. J'attends de toi que tu rassembles ce que tu peux également, bien sûr."

"Bien sûr."

"À ce propos, j'ai pris les dispositions pour qu'un journaliste, proche de notre famille, te parle Lundi."

"Je te demande pardon ?"

"La Gazette du Sorcier aimerait t'interviewer."

"Sur…"

"Sur l'enchaînement, Draco," dit impatiemment Lucius. "Sur Potter, et comment tu as réussi à t'entendre avec lui. Tu n'auras pas besoin d'exagérer sur ce dernier fait, et faire comme si tu étais amoureux de lui ; simplement que tu t'es bien adapté à l'enchaînement, que vous avez rencontré quelques problèmes mais que vous avez réussi à les surmonter. Ça devrait suffire. Elle saura très bien ce qu'elle peut et ne peut pas demander et écrire." Il donna à Draco un morceau de parchemin. "Lis ça avant de la rencontrer. Et s'ils veulent prendre des photographies, essaye au moins d'être présentable." Le regard de Père se fixa sur ses cheveux ébouriffés et ses vêtements quelque peu crasseux, humides et froissés à cause de leur Jeu d'Attrapeur. Draco rougit.

"Père, si…si nous faisons croire que cet enchaînement est devenu une relation si sérieuse, de quoi cela aura-t-il l'air si tu retrouves celui qui l'a lancé et que nous annulons l'enchaînement ?"

Son père haussa les épaules, indifférent. "Peu importe ce que deviendra l'enchaînement, je doute que beaucoup de monde s'attende à ce que le fils de dix-sept ans, anciennement hétérosexuel, d'une famille de sang-pur reste avec quelqu'un que lui et sa famille n'ont pas choisi. Les sang-mêlés n'ont aucune importance, même s'il s'agit du grand Harry Potter." Père prit une gorgée de thé. "Et il y a, bien sûr, également ce rapport médical."

"Un rapport médical ?"

"Les…blessures qu'il t'a infligées. Pendant votre période de suspension."

"Quoi ?"

"Draco," murmura Père en voyant plusieurs personnes les regarder. "Pourrais-tu avoir l'obligeance de te souvenir de l'endroit où nous sommes ?"

Draco déglutit, la bouche soudainement sèche. "Père, ce…ce n'était pas…"

"Je suis totalement conscient de ce dont il s'agissait et de ce dont il ne s'agissait pas, Draco. Mais c'est un fait établi qu'à un moment donné l'infirmière de l'école s'est souciée de ta sécurité physique. Le fait que Potter soit quelque peu instable est également établi. Même sans ce rapport médical, des centaines de témoins ont assisté à l'incident dans la Grande Salle. Nous nous servirons bien sûr de ces deux incidents, et de tous ceux qui surgiront, au cas où nous serions capable de faire disparaître l'enchaînement." Il prit une nouvelle gorgée de thé. "Je suis cependant assez curieux de savoir pourquoi tu n'as pas jugé utile de mentionner ça à ta mère ou à moi."

Le regard glacial de son père le fixa tandis qu'il réfléchissait à toute vitesse. Père s'était procuré les rapports médicaux - comment avait-il pu penser ne serait-ce qu'une seconde que Père ne le ferait pas ? Et comment avait-il pu penser à faire ce que Potter lui conseillait : se confier à Pomfresh après l'incident ? De lui faire savoir que la seule raison pour laquelle Potter était devenu 'violent' était parce qu'il l'avait poussé à le faire, parce qu'il en avait eu besoin, parce qu'il était incapable d'accepter ses sentiments grandissants pour Potter et qu'il devait les remplacer par quelque chose de familier et de sûr, comme leur haine de longue date ?

Lucius laissa le silence s'étirer, lui faisant comprendre que, comme d'habitude, il avait le dessus et que Draco ne pourrait jamais rien y faire. Lucius savait comment il se sentait, il avait des espions partout, il pouvait obtenir le rapport médical de Draco, et pouvait foutrement bien faire tout ce qu'il voulait.

"Ça…ça ne me paraissait pas si important que ça," répondit enfin Draco, essayant d'avoir l'air indifférent. Il grimaça intérieurement lorsqu'il se rendit compte de combien il semblait nerveux. Lucius jeta un œil par-dessus son épaule et mit fin au sort qui brouillait le son.

"Mal…euh, Draco ?" appela une voix douce derrière lui. Le soulagement de ses nausées et de ses vertiges lui fit comprendre de qui il s'agissait avant même que Potter ne pose une main sur son épaule. "Je suis désolé…pourriez-vous vous arrêter un petit moment ?"

Draco se retourna, remarquant la peau pâle du visage du Gryffondor. Il posa une main sur celle de Potter.

"Désolé, je retournerai à mes livres dans quelques instants," dit Potter d'une voix terne, "C'est juste que je…"

"Non, ce ne sera pas la peine," interrompit poliment Père. "Je n'aurais pas dû forcer sur votre enchaînement aussi tôt. Nous avions presque fini de toute façon. Draco, y a-t-il autre chose que tu désirais mettre sur le tapis ?"

Autre que mon déjeuner ? Draco supprima promptement cette pensée et prit un visage respectueux. "Non, Père."

"Je vais alors prendre congé. Vous pouvez continuer votre programme de la journée." Lucius se leva.

"Au revoir, Père."

"Au revoir, Draco. N'oublie pas de lire ce que je t'ai donné." Et Lucius partit sans un regard en arrière.

"Très bien, qu'est-ce qu'il s'est passé ?" demanda Potter en s'asseyant, ses couleurs lui revenant.

Draco secoua la tête. "Pas maintenant. Allons nous changer pour Pré-au-Lard."

"Est-ce que ça va ?"

"Oui, bien. Et toi ?"

"Bien."

"Tu n'avais pas besoin de venir me chercher, tu sais. Je ne me sentais pas si mal que ça." Ses yeux se rétrécirent. "Et toi non plus."

"Il n'y avait pas que l'enchaînement qui nous faisait nous sentir mal," dit gravement Potter.

Draco détourna le regard. "Allez, en route pour Pré-au-Lard," dit-il d'une voix vide d'émotion. Ils se levèrent et sortirent de la Grande Salle.

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Note de la traductrice : un énorme merci à toutes les personnes qui ont pris le temps de reviewer le chapitre précédent. J'ai répondu aux quelques dernières reviews reçues, je m'excuse platement pour les autres. Et je m'excuse doublement pour le très gros retard de ce chapitre. Je vais essayer d'être plus régulière, mais je ne promets rien : comme vous avez pu le voir au tout début du chapitre, je ne peux plus me permettre de publier un chapitre par mois, mes études me prennent trop de temps. Donc à partir de maintenant, je posterai les prochains chapitres dès que j'en aurais le temps, en essayant de ne pas vous laisser avec des fins de chapitres frustrantes trop longtemps ^^.

Merci à tous pour votre patience. Et un merci tout particulier à Yepa qui a corrigé ce chapitre seule :)


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