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Résumé : Harry s’est réveillé après une semaine, épuisé de la terrible bataille qui a vu sa victoire contre Voldemort. Drago, resté à son chevet lui apprend alors que Severus est parti…
C’est avec émotion (vraiment) que je vous livre l’épilogue d’ « HARRY POTTER ET LE MYSTERE DU LANGUE DE PLOMB »… J’espère qu’au fil des mots et des chapitres, j’ai réussi à vous captiver, à vous entraîner dans cette intrigue… Bonne fin de lecture à tous…
HARRY POTTER ET LE MYSTERE DU LANGUE DE PLOMB
CHAPITRE 42 : EPILOGUE
(POV Severus)
Le 4 juillet 2008… Deux ans et demi plus tard.
Le pharaon magique, gazette sorcière du Caire, premier journal d’information égyptien depuis 1456.
« TERRIBLE SCANDALE AU MAGENMAGOT : LUCIUS MALEFOY ACQUITTE !
Un verdict inique et incompréhensible.
Notre correspondant à Londres, S. Essaïda.
Hier, à 19 heures, un véritable scandale a secoué la société londonienne sorcière. Après plusieurs mois d’un procès fleuve, le verdict tant attendu est tombé : Lucius Malefoy, arrêté et incarcéré dans la célèbre forteresse d’Azkaban depuis maintenant plus de deux ans, sous la triple accusation de meurtre, torture et viol, est ressorti, totalement libre du tribunal. Le mangemort présumé a été acquitté, faute de preuves suffisantes d’après les précisions du président du Magenmagot, le premier ministre de la magie, Sieur Scrimgeour. Malgré tout, les soupçons pesant sur Lucius Malefoy sont loin d’être complètement levés et les contestations face à la décision inique prise par l’institution judiciaire anglaise, étaient nombreuses au sortir du tribunal.
Ainsi, la vice-ministre, Hermione Granger-Lupin, s’est clairement opposée au Premier Ministre, elle a démissionné de ses fonctions immédiatement après l’annonce du verdict et a annoncé aussitôt son intention de se présenter contre lui pour les élections qui doivent se tenir à la fin de l’année. Les plus grands politologues et analystes sorciers affirment d’ores et déjà que le poste lui appartiendra sans nul doute, au vu des compétences incontestables de la jeune femme qui a traité des dossiers particulièrement épineux sur les relations du monde sorcier avec les elfes puis les loups-garous mais aussi en raison de son rôle et de son action au côté du survivant, Harry Potter.
Ce ne fut d’ailleurs pas la seule réaction négative à la fin du procès. Drago Malefoy, fils unique de l’accusé, professeur émérite de Potions à Poudlard et adjoint au directeur de l’école de sorcellerie, Remus Lupin, s’est également exprimé devant nos confrères en dénonçant selon ses propres termes : ‘la plus odieuse manipulation politique’. Daniel Diffaclerc, médicomage spécialisé en sortilège de magie noire, récemment promu chef du service des infections pathologiques majeures à Sainte-Mangouste au côté du Professeur Weller, a aussi précisé que les révélations faites par le mangemort au cours des interrogatoires mettaient en cause gravement les plus hautes institutions sorcières et que le premier ministre craignait que ses aveux ne pèsent gravement sur sa réélection à son poste, d’où le retournement de situation.
Le survivant, entouré de ses proches, est paru stoïque et n’a pas souhaité s’exprimer davantage sur le verdict. Le jeune homme avait pourtant témoigné longuement à la barre, narrant avec une précision douloureuse, les circonstances qui l’ont confronté à Lucius Malefoy. Il avait, entre autre, raconté la mort de Maugrey Fol Œil, l’enlèvement et les tortures affligés à l’ancien Maître des Potions de Poudard, Severus Snape et au Langue de Plomb, J. L. Marbovick. Il avait affronté ses propres démons en relatant le viol dont il avait été si cruellement victime, il avait alors ému aux larmes l’assistance… »
Je posai rageusement le journal sur la table devant moi. Je n’arrivais pas à croire ce que je venais de lire, que Lucius Malefoy puisse être libre m’écœurait profondément et me donnait littéralement la nausée, mais ce n’était même pas cela le plus dur. Mon cœur se serrait douloureusement en découvrant la photographie magique prise visiblement devant le tribunal, je passais doucement mes doigts sur son visage, ses yeux verts si intenses. Il avait l’air si lointain, absent de toute cette agitation, j’aurai voulu comme avant le protéger, l’étreindre entre mes bras pour lui faire oublier tout ce qui n’était pas nous, tout ce qui pouvait lui causer de la peine d’une quelconque façon.
Bien sûr si j’étais au Caire, loin de lui, c’était ma seule décision. J’avais choisi de partir lorsqu’ils étaient revenus du ministère. Il était encore inconscient, il avait réussi, il avait vaincu Voldemort et Lucius était hors d’état de nuire désormais, du moins le croyait-on à l’époque, mais pourtant, je ne me sentais pas de l’affronter à son réveil. Tout ce qu’il avait dû subir parce que je n’avais pas su le protéger des attaques et des appels de Voldemort et Lucius, tout ce qu’il avait dû endurer par ma faute, je me sentais terriblement responsable, tellement honteux, je m’en voulais plus que je n’aurais su lui dire et il y avait aussi Drago. Je ne voulais pas être entre eux, un obstacle à son bonheur, perpétuellement, je désirais le laisser libre de toute attache pour qu’il puisse tourner une page définitivement alors je lui avais laissé une lettre à Sainte Mangouste, exactement comme il l’avait fait en partant après la mort du fils Weasley.
Je lui avais demandé dans ses lignes qui m’avaient déchiré, d’être heureux et libre, de continuer à vivre. Je lui avais demandé de ne pas me rechercher, il avait respecté ma volonté et je n’avais revu aucun d’entre eux depuis lors… Deux ans et demi d’absence, à se cacher, à oublier la beauté de celui que je ne pouvais plus tenir contre moi, à simplement tenter de survivre. Je ne regrettais pas pourtant, c’était pour son bien, j’en étais convaincu, mais de voir après tout ce temps, ses yeux bien trop clairs, bien trop purs, cet air profondément lointain alors qu’il était pourtant au milieu de tous ses amis, Daniel, Granger, Drago… Forcément.
Je me levai brusquement de mon fauteuil et me dirigeai vers la fenêtre qui donnait sur une des ruelles animées du Caire. La chaleur était étouffante aujourd’hui. Depuis ce matin, j’avais lu et relu cet article, comme pour me convaincre de sa véracité, depuis ce matin, je ne cessais de voir danser devant moi son visage rieur lorsqu’il plaisantait avec Daniel et Sam chez nous à Beauxbâtons, je voyais son visage apaisé, épuisé après que nous ayons fait l’amour, je voyais son regard perdu et plongé dans ses souvenirs lorsqu’il s’asseyait dans le parc de l’école française et que je le rejoignais après les cours. Pourquoi je ne parvenais pas à oublier ? Malgré toutes ces années, pourquoi fallait qu’il hante encore chaque rêve, chaque souvenir ?
La radio égyptienne crachotait une musique orientale assez envoûtante mais je n’y prêtais plus vraiment attention, je me retournai et arpentai de long en large le salon de mon appartement, cherchant à atténuer mon angoisse. En vain. Comment allait-il ? Comment pouvait-il aller après cette décision ? Et par Merlin, comment je pouvais rester là alors qu’il devait tant souffrir et qu’il avait tant besoin de soutien… Du mien aussi. Enfin peut-être. Et puis, objectivement, rien ne me retenait dans ce lieu, après tout, l’année scolaire était d’ores et déjà terminée. Finalement, je transplanais sans y réfléchir davantage, pourtant, je n’appréciais que très modérément cette sensation d’étirement, de tiraillement, alors que l’on se sent comme happé par un fil imaginaire.
L’instant suivant, je me tenais devant l’entrée du château de Poudlard. Après tout ce temps, rien n’avait changé ; le parc était vide, les derniers élèves devaient déjà avoir repris le train à destination de Londres. Le soleil était haut dans le ciel alors que j’avançai rapidement vers la vaste porte en chêne massif, aux protections magiques impressionnantes. C’était fascinant de retrouver ce lieu comme si j’étais parti seulement hier, les sabliers aux pierres précieuses, vidées pendant la période estivale, les fantômes comme le baron sanglant qui me salua avec diligence, les escaliers farceurs qui choisissaient sans cesse une nouvelle direction. Je connaissais parfaitement chaque recoin de l’école, chaque pierre, chaque statue et je me dirigeai vers les cachots, là où j’avais passé tant d’années et où Drago résidait depuis qu’il avait succédé à Slughorn. Il était visiblement devenu un Maître des Potions apprécié et reconnu, au vu des commentaires que j’avais lu ça et là sur son travail. J’étais sincèrement fier de mon filleul.
Je m’engageai dans les sous-sols, plus froids et sombres, j’atteignis enfin la tapisserie de Salazar qui donnait sur mes anciens appartements de directeur des serpentards. Je frappai deux coups forts contre la porte cachée, attendant que Drago vienne m’ouvrir. Il se passa quelques secondes, guère plus, lorsqu’une voix m’interpella au travers de la porte pour me demander de patienter une seconde, l’instant suivant, un jeune homme aux cheveux clairs se tenait devant moi, il semblait tout autant stupéfait que moi, si ce n’est plus :
« Seamus ?
- Severus… Severus. Oh Merlin ! C’est… Incroyable. Entrez, entrez… »
Je n’avais pas bougé lorsque la voix traînante de mon filleul résonna, il semblait particulièrement irrité :
« Seam, si c’est encore un journaliste, préviens-le charitablement que… »
Le jeune homme me fit un petit sourire complice avant de lui couper la parole :
« Chéri, si j’étais à ta place, je viendrais tout de suite… »
Mon filleul bougonnait, j’entendis ensuite une porte claquée, avant qu’il ne soit à quelques mètres devant moi, au milieu de son salon, Seamus se décala et lorsqu’il me vit, il se figea aussitôt. Il semblait perdu mais après quelques secondes, il souriait et asséna sur un ton faussement blasé :
« Je croyais que tu m’appelais parce que Charlie et sa Barbie décolorée avait finalement choisi de venir ici plutôt que de nous retrouver chez Madame Guipure.
- Mais bien sûr Dray… Entrez Severus, entrez… »
Je m’avançai donc dans la pièce au ton harmonieux et chaleureux. Les deux hommes me dévisageaient, comme s’ils ne croyaient pas encore totalement à ma présence, je m’arrêtais près de la vaste cheminée lorsque Seamus toussota :
« Vous…
- Tu, si cela ne te dérange pas, je préfèrerais que tu me tutoies.
- Euh… Oui, tu… Tu veux boire quelque chose.
- Non, merci, c’est inutile. Vous vous doutez de la raison de ma présence. »
Il y eut un bref moment de silence et Seamus s’approcha encore davantage de Drago avant de reprendre :
« Je vais vous laisser alors… De toute façon, si j’arrive une nouvelle fois en retard pour l’essayage…
- Barbie, va m’étriper en disant que c’est entièrement de ma faute et que je te distrais un peu trop de tes obligations de témoin !
- Tu voudrais arrêter de râler un peu. »
Le jeune homme planta un baiser bref sur les lèvres de Drago qui soufflait d’exaspération, le Maître des Potions de Poudlard reprit tout doucement contre la bouche de l’autre, presque dans un chuchotement :
« Passe mon bonjour à tout le monde et explique à Blaise et Sam que je suis désolé et que je vous rejoindrais plus tard, dès que possible… Ne leur dis rien pour Severus, du moins pas pour l’instant… D’accord ? »
Finnigan hocha la tête avant de se retourner vers moi, des années d’occlumancie me permettaient de ne rien laisser paraître alors que j’avais des milliers de questions en tête. Seamus s’avança ensuite vers moi :
« Je suis ravi de vous… de te revoir. Vraiment et j’espère que tu vas rester un peu parmi nous.
- Je ne sais pas encore en fait, mais merci de me l’avoir dit.
- A bientôt alors… »
Le jeune homme aux cheveux clairs prit une large poignée de cheminette dans sa main et alors qu’il allait s’engager dans l’âtre derrière moi, il fit brusquement demi tour et embrassa une dernière fois Drago, un baiser à la fois empli de tendresse et de passion, puis il s’engouffra dans la cheminée et prononça à voix distincte ‘chemin de traverse’. Il disparut aussitôt dans un nuage verdâtre. Je fixais le point où il se tenait quelques instants auparavant, jusqu’à ce que mon filleul se rappelle à moi :
« Severus, Severus…
- Oui ?
- Merlin, je n’arrive pas à y croire, depuis tout ce temps, j’avais fini par me dire que tu ne reviendrais peut-être plus. Si… Si on s’asseyait… »
Le blond me désigna deux fauteuils où nous nous installâmes aussitôt, j’étais encore plus perdu qu’avant d’arriver ici. Visiblement, les choses avaient beaucoup évolué depuis mon départ.
« Alors ?
- Alors quoi ?
- Voyons, Severus. Pourquoi es-tu là ?
- Les journaux… J’ai… J’ai eu vent de la nouvelle de l’acquittement de ton père ce matin.
- Je m’en doutais un peu, à vrai dire.
- Explique-moi alors !
- Qu’est-ce que je pourrais te dire à ce propos ? Le procès durait depuis des mois, on se doutait tous que quelque chose clochait, mon père avait obtenu beaucoup trop d’informations sur le ministère grâce à Marbovick. Blaise, en tant qu’auror, a assisté à un certain nombre d’interrogatoires mais il a très vite été évincé et mon cher paternel a juste profité de la lâcheté de Scrim pour négocier au mieux sa liberté.
- Je comprends… »
Je n’osai poser la question qui me brûlait littéralement les lèvres et il dut s’en rendre compte car il reprit plus doucement :
« Il va bien, ne t’en fais pas… Bien sûr, il était franchement écœuré des manipulations de Scrim mais il ne regrette pas sa décision comme il me l’a rappelé : il ne voulait pas que je me salisse pour cette pourriture.
- Pourquoi… Non, rien…
- Quelle est ta question ?
- Pourquoi n’est-il pas là ?
- Non, la vraie question que tu brûles de me poser est ‘Pourquoi n’est-il pas avec moi ?’, n’est-ce pas, Severus ? »
Les yeux gris de mon filleul me dévisageaient avec un amusement visible et je grognais plus pour la forme que par réelle conviction, il soupira ostensiblement et s’installa plus confortablement dans son fauteuil :
« Deux ans et demi… Deux ans et demi… Je n’arrive pas à croire que tu sois enfin revenu… Ca fait si longtemps que je ne sais même pas par quoi commencer.
- Pourquoi pas par le début, simplement ?
- Toujours aussi sarcastique, tu n’as pas changé en fin de compte. »
Son sourire se lisait dans ses yeux et il poursuivit naturellement :
« Lorsqu’il s’est réveillé à Sainte mangouste, une semaine après la bataille de Noël au ministère, il était vraiment persuadé que tu étais mort dans la caverne. Je lui ai finalement appris que tu allais bien, que tu t’en étais sorti et je lui ai ensuite annoncé ton départ. Il n’a rien dit, je lui ai remis ta lettre, il n’a pas semblé réagir non plus. Il était totalement résigné, perdu, comme sans repère et puis, il se remettait difficilement du combat, il était épuisé.
- Ca a duré longtemps ?
- Oui, quelques semaines et je ne savais pas trop comment faire, comment l’aider… Alors, j’ai procédé de la seule façon que je connaissais avec lui, je le taquinais, je le cherchais sans cesse, je le faisais rougir par mes remarques sur son joli petit corps et il a fini par céder. Avec le recul, je me dis qu’il a accepté uniquement parce que tu lui avais demandé d’être heureux avec moi dans ta lettre. Enfin, je ne suis pas sûr, bien entendu, il ne me l’a jamais dit aussi clairement… On a été ensemble quelques mois jusqu’en juin. On a probablement été heureux un certain temps mais, il avait toujours cette tristesse au fond des yeux. Je faisais comme si tout allait bien, je feignais de ne pas voir quand il se relevait au milieu de la nuit alors qu’il me croyait profondément endormi. Il se perdait dans ses souvenirs de plus en plus souvent et plus le temps passait, moins je le supportais, alors un soir, je l’ai rejoint. Il était assis, exactement à ta place. Je l’ai serré dans mes bras et je lui ai demandé de partir. On s’est séparé cette nuit là, naturellement, simplement, sans cri, sans heurt, c’était juste une évidence pour lui comme pour moi. Il n’aurait probablement jamais pris l’initiative de lui-même par peur de me blesser sans aucun doute, alors je n’avais pas d’autre choix que de le mettre devant le fait accompli. Je crois que pour la première fois, il était vraiment apaisé et serein. On est resté toute la nuit à parler calmement et je lui ai affirmé que tu reviendrais, qu’il devait être patient et t’attendre. Il a souri, simplement et il m’a dit qu’il le savait déjà. »
Je regardais mon filleul avec attention, réalisant peu à peu tout ce qu’impliquait et il souriait de façon énigmatique :
« Je t’avais pourtant dit à maintes et maintes reprises qu’il avait fait son choix depuis longtemps. Tu ne me croyais pas mais je le savais vraiment…
- Comment ? Tu ne m’as jamais expliqué à l’époque pourquoi tu étais tellement convaincu qu’Harry avait déjà fait son choix ?
- Tu te souviens quand tu avais été cherché Seam à Durmstrang…
- Oui.
- Nul doute… »
Drago s’était interrompu, cherchant ses mots, visiblement gêné.
« Tu... Tu te rappelles qu'il t'avait avoué que nous avions fait l’amour au manoir, la nuit précédant ton retour, n’est-ce pas ?
- Oui.
- Il s’est endormi dans mes bras, il était magnifique, je crois que cela restera un de mes souvenirs les plus intenses, les plus merveilleux. Je voulais… Le protéger, je crois… Après tout ce qui s’était passé ces derniers jours. J’avais resserré mon étreinte doucement autour de lui, mais…
- Quoi ?
- Il a alors doucement murmuré ton prénom dans cette semi-inconscience. C’est là que j’ai su. Tu étais celui qui lui apportait la paix, la sérénité, la protection, le réconfort et… l’amour. Pas moi. Toi. C’est pour cela que je l’ai laissé seul cette nuit-là, je n’avais pas encore le courage d’admettre que je l’avais définitivement perdu, que j’avais profité de sa faiblesse, de lui alors qu’il avait trop bu et qu’il était si mal en point, je lui avais laissé un simple message, un ‘désolé’ griffonné à la va-vite…»
Je n’arrivais pas à répondre, ma gorge étrangement nouée. De toute façon, que pouvais-je dire ? Drago dut s’en rendre compte et conjura deux verres de Whisky-Pur-Feu. J’avalai une grande rasade du liquide qui me réconforta un peu. Le silence perdura encore quelques minutes, il attendait que je sois prêt et je finis par murmurer :
« Et ensuite…
- Ensuite… Tu veux dire, après notre séparation ?
- Oui…
- Il est reparti. Simplement.
- Et… Enfin, Seamus… Comment…
- Oh… »
Les yeux gris souriaient, visiblement heureux et ils pétillaient de malice.
« Encore lui, forcément… Juste après notre séparation. C’était la fin de l’année scolaire, Flitwick voulait laisser son poste de maître des Sortilèges, après tout, il avait bien mérité sa retraite. Harry a alors très habilement influencé notre bien aimé directeur par le biais de sa charmante épouse pour qu’il engage Seamus. Il faut dire que Seam était reparti pour Durmstrang, seulement quelques jours après notre victoire au ministère, avant même le réveil d’Harry et que personne ne l’avait revu depuis. Notre cher beau brun est donc parti le chercher et l’a convaincu de revenir parmi nous. Je ne l’ai su qu’à la rentrée. Seamus était mon nouveau collègue, on s’est beaucoup rapproché, forcément, on s’entendait toujours aussi bien mais je n’étais pas encore prêt à recommencer quelque chose et Harry a en quelque sorte forcé le destin à Noël, il nous avait tous invités : Remus et Hermione, Charlie et Barbie, Blaise, Sam, Seam et moi. Curieuse coïncidence, Seam et moi, on s’est retrouvé à devoir partager une chambre ensemble… Et à la fin des vacances, disons simplement… qu’Harry a apparemment un certain don pour jouer les faiseurs de couple. Seam s’est installé ici dès notre retour, ça fait maintenant un an et demi.
- Tu es heureux ?
- Oui… Tout va bien pour nous.
- Harry ?
- Il travaille, il vient nous voir très souvent, il est toujours à manigancer quelques tours avec Seam et Barbie, il est le parrain attentionné de Rose, la petite princesse du loup-garou et de Madame la future Ministre… et il t’attend toujours. Evidemment. »
Je ne pus retenir un profond soupir, je sentais mon cœur battre si vite, si fort. Deux ans et demi à lutter contre mon envie de le rejoindre, à tenter de l’oublier pour qu’il soit heureux avec mon filleul et lui n’avait fait qu’espérer mon retour. Drago souriait :
« Ce n’était pas toi qui étais entre nous, comme tu le croyais, ce n’était pas toi qui empêchais notre histoire. C’était moi : j’étais son passé et on a tourné la page. Je l’ai réalisé depuis très longtemps, lui aussi, il serait peut-être temps que tu l’admettes également et que tu te pardonnes. »
Je n’étais plus sûr de ma voix et je me contentais d’hocher vaguement la tête en signe d’accord.
« Bien, ce n’est pas que ta présence m’ennuie outre mesure, mais Barbie va vraiment me tuer si je ne rejoins pas Seam pour les essayages. Je pense qu’on peut compter sur toi dans quinze jours pour le mariage de Blaise et Sam, n’est-ce pas ? Il est de toute façon hors de question qu’Harry vienne seul cette fois, je me suis bien fait comprendre, parrain !
- Où est-il ?
- Quelle question, Severus ? Où veux-tu qu’il soit ? Chez vous, bien entendu !
- Tu veux dire… A Beauxbâtons… »
Drago s’était relevé et me tendit le pot de poudre de cheminette avec malice :
« Ta destination est ‘cheminée de Severus et Harry’, il l’a relié à la nôtre au vu du nombre de fois où il vient me pourrir ma paisible existence en complotant avec mon petit-ami ! »
Je me relevai à mon tour, je pris une lourde poignée de la poudre verte avant de serrer dans mes bras mon filleul qui se contenta de murmurer :
« Prend bien soin de lui, il le mérite tellement… »
Je me détachai et m’engouffrai dans l’âtre où se tenait Seamus, il y a encore peu de temps. Après un dernier regard pour l’actuel maître des Potions de Poudlard, je prononçais ma destination. L’espace d’un instant, je vis défiler un grand nombre de cheminées sorcières, puis brusquement je me stabilisais dans mon ancien salon. Rien n’avait changé. Les étagères menaçant de s’écrouler, les fauteuils face à la cheminée et la fenêtre donnant sur le parc de l’école française de sorcellerie. Mon regard s’arrêta sur la table, recouverte d’une montagne de parchemin et de livres en tout genre. Je m’approchai et lus sur une des couvertures : ‘Programme d’étude aux Moldus, Sixième année, Professeur H. J. Potter’. Alors, voici donc à quoi s’occupait le survivant, son travail, il était devenu enseignant dans mon ancienne école. Je ne pus retenir un sourire. Je laissais les manuscrits et continuais ma progression vers la fenêtre et je le vis, il était dans le parc, allongé, les coudes en arrière lui servant d’appui, il regardait visiblement les derniers rayons de soleil alors que la journée touchait à sa fin. Il était magnifique.
Je n’attendis pas davantage, je me dirigeai précipitamment vers la porte et sortis, je n’étais qu’à quelques mètres de lui. Probablement avait-il senti ma présence, ma magie, car il se redressa légèrement, il ne se retourna pas pour autant dans ma direction, il attendait. Je restais une minute, peut-être plus à quelques mètres de lui, à l’observer, ses cheveux tombaient sur sa nuque, suivant la brise légère. Je me décidais finalement et m’agenouillai juste derrière lui. Je passai ma main dans ses cheveux et j’entendis juste un soupir, doux, parfait. Je me penchais lentement et déposai un baiser sur sa nuque, je le sentis s’abandonner contre moi, ma main droite passa doucement autour de sa taille pour l’étreindre un peu plus. Ma bouche glissait inexorablement le long de son cou, remontant vers sa mâchoire. Je posai délicatement ma main gauche sur sa joue pour guider son visage vers le mien, ses paupières étaient closes. Dans une dévotion, un moment inouï où le temps parut comme suspendu, je déposai mes lèvres sur les siennes. Je le redécouvris avec patience. Infiniment et quand à bout de souffle, je me dégageais légèrement, ses lèvres frôlant les miennes, sa respiration se mêlant à la mienne, ses yeux verts si brillants qui ne regardaient que moi, il soupira :
« J’ai failli attendre… »
- Fin -
Et voilà, cette histoire commencée en octobre 2006 s’achève en juillet 2008 :
Il m’a fallu presque deux ans, 42 chapitres, 294 pages, plus de 118 000 mots… (ma plus longue histoire à ce jour)
J’ai respecté ce que je m’étais fixée :
Et oui, que Lucius s’en sorte faisait parti de mon challenge depuis le commencement de cette histoire… Point que vous ignoriez jusqu’alors, sauf ma petite nadwen…
Et oui, dans mon esprit, Drago et Harry devaient se dire au revoir, tourner la page même si leur amour était profond et sincère… parce qu’on finit rarement avec son premier grand amour… parce qu’ils en avaient tous les deux trop souffert… Et ce, même si leur histoire était au cœur de toute ma fiction. Mon choix concernant les deux couples (Drago/Seamus et Severus/Harry) était fait depuis très, très, très longtemps mais je ne pouvais répondre à vos interrogations sans gâcher mon intrigue… Je suis fière d’avoir tenu mon cap… car j’ai vraiment fait l’histoire que je voulais, simplement.
Merci à tous ceux qui m’ont suivi fidèlement, qui m’ont envoyé des messages… J’espère que l’épilogue vous aura surpris et interpellé et bien sûr, merci à ma petite Nadwen qui m’a toujours soutenue, même quand les moments sont plus durs.
J’ai désormais achevé ‘opération : marions le’ et ‘Harry Potter et le mystère du Langue de Plomb’… Je vais reprendre ‘la quête des temps nouveaux’ et ‘Harry Potter et l’enfant maudit’.
Même si vous finissez cette histoire dans quelques mois, vous pouvez toujours me laisser un petit commentaire, cela me fera plaisir… En attendant, bisous à tous, et j’espère à très bientôt pour une autre de mes fics… lilywen…