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Author of 10 Stories |
Le p'tit mot d'Owlie (créatrice de la communauté):
Dieux du Stade, plus qu'un calendrier, c'est maintenant une LJ-communauté! Entièrement consacrée au Quidditch et à ses joueurs présents et passés, ses défis et ses thèmes satisferont les plus mordus d'entre vous! Amoureux du plus Noble des Sports, n'hésitez pas à nous rejoindre!
D'Olivier Dubois à Molly Weasley, de Dumbledore à Gordric Gryffondor, de Cho Chang aux Jumeaux Weasley, ils ont tous vécus des moments forts de leurs vies sur la pelouse du stade, dans les tribunes ou sur un balai. Diversité assurée!
Le p'tit mot d'Owlie (auteur à ses heures perdues):
Il y a peu, la communauté Dieux du Stade organisait un "jeu de l'oie". Le principe était très simple, chaque participant choisissait un pion (un personnage), lançait le dé et devait écrire un texte sur ce personnage et le thème découvert dans la case. Une histoire devait naître et se filait au fil des cases. Ce n'est pas réellement ce que j'ai fait, vous le découvrirez.
Et j'ai choisi Roger. Pour m'amuser et m'entraîner pour une future fanfiction.
J'ai décidé de ne pas poster tous les textes écrits pour rallier la case ultime, la 63, puisque certains étaient vraiment mauvais. Donc voici des morceaux choisis.
J'en profite pour remercier tous les lecteurs qui prennent le temps de me lire et plus encore ceux qui prennent le temps d'écrire un petit commentaire. Je suis impardonnable pour le retard de mes réponses et de mes réactions mais je vous assure qu'elles arriveront un jour et que vos petits mots me vont droit au coeur (et me donnent un petit coup de pied au derrière aussi, je ne dois pas le nier). Donc merci. Et à très bientôt, promis!
Disclaimer:
JKR possède ce sport magnifique qu'est le Quidditch et ce personnage mal dégrossi qu'est Roger Davies, un garçon qui gagne à être connu... Malgré son penchant pour les toilettes des filles.
DES JOURS ET DAVIES
oOoOoOo
Avril 1993 : La pire équipe de tous les temps
(thème: la pire xxx de tous les temps)
— C'est foutu.
La porte à peine fermée, Roger n'avait pu s'empêcher d'exprimer le fond de sa pensée.
— Fais leur confiance, soupira Cédric Diggory en se laissant glisser contre un mur un peu plus loin.
Ignorant le ricanement à peine perceptible des deux gargouilles gardant le bureau du directeur et laissant échapper un soupir, Davies se hissa sur le rebord d'une des fenêtres, tournant le dos à la vue et au parc.
— Pitié Cédric ! marmonna-t-il. En admettant que personne ne meurt à cause de... ce truc d'ici là, ils... soyons honnêtes, ils n'accepteront jamais !
— C'était pourtant ton idée, signala le Poufsouffle un sourcil haussé.
— Oui mais... L'idée est bonne. Par contre, la mise en pratique est totalement foireuse !
La mauvaise foi de Roger arracha un sourire amusé à son confrère attrapeur.
— Tu trouveras peut-être ça bête mais je crois que ça a une chance de marcher, avoua Cédric confiant.
Il s'efforça alors d'ignorer le regard consterné que le Serdaigle lui adressait.
— Tu es à Poufsouffle, rappela Davies. Tu es gentil mais pas stupide Cédric, je te le rappelle.
Loin de mal le prendre, cela sembla plutôt l'amuser.
— Qu'est-ce qu'on a à perdre de toute façon ?
— Hum... fit Roger feignant de prendre le temps de la réflexion. Notre saison de Quidditch, pour commencer. Ensuite il y a...
— Je crois qu'ils ont une chance, le coupa Diggory en se relevant. Petite mais elle est là. Et tu ne ferais pas mieux, ajouta-t-il mettant le doigt sur ce qui au fond dérangeait Roger. Honnêtement , je ne vois pas qui d'autre qu'eux peut le faire, qui d'autre à plus envie qu'eux que ça arrive.
Roger en était conscient mais comme souvent, il n'en était pas convaincu pour autant. Lui, sa cervelle, Diggory et son air de ne pas y toucher aurait aussi très bien pu convaincre Dumbledore et compagnie.
— Ils savent que c'est important, reprit Cédric le sentant plus que sceptique. Capital, limite vital, si tu veux mon avis. Et pour ne rien gâcher, ils vont répéter ce que tu leur as dit. Mot pour mot. J'en suis persuadé. Il faut juste... leur faire confiance. C'est dur, je sais.
A cet instant, Roger comprit qu'il était absolument inutile de continuer à discuter.
Leurs espoirs reposaient sur Flint et Dubois désormais.
La pire équipe de tous les temps.
Flint et Dubois qui avaient même réussi à s'engueuler juste avant d'entrer. Et simplement pour savoir qui entrerait le premier. Alors parler d'une même voix ?
Certains Poufsouffles pouvaient être gentils et stupides. C'était du moins le cas pour Diggory. Davies le savait désormais.
oOoOoOo
21 Juillet 2002 : Et ça, c'est quoi ?
(thème: excès de poids)
Quitte à choisir, après deux longues semaines passées loin de Wigtown et du club, Ferris et Puck n’auraient pas été le comité d’accueil que Roger aurait pu désirer. Dans l’absolu, il aurait bien aimé que cela se fasse en grande pompe (présidente, entraîneur, coéquipiers, personnels de Wigtown, ovation, bouquets de fleurs et pétales de rose lancées). Une entrée plus discrète (salué par le concierge et les quelques employés passant) ne l’aurait pas non plus dérangé. Dans les faits, il s’était même préparé à ce que Livingstone soit là pour le faire pointer ou qu’Inigo, son coach bien-aimé, le guette pour s’assurer qu’il soit de retour et entier.
Alors quand Roger apparut dans la zone d’arrivée prévue pour les personnes transplanant et qu’il aperçut les deux hommes, il ne sut qu’en penser. D’humeur charmante, il ne se laissa pas pour autant impressionner.
Après son repos bien mérité, durement négocié (dire qu’il avait dû menacer de faire appel à son syndicat pour qu’on le laisse partir où il le désirait) et passé au soleil (sa peau légèrement tannée le prouvait), il était presque heureux de rentrer. Le beau temps était de la partie aujourd’hui dans les Lowlands, le décrassage prévu ne pourrait que mieux se dérouler.
Franchissant le seuil et traversant le hall du centre d’entraînement, Roger se dirigea vers les deux hommes qui l’attendaient. Ferris et Puck, une combinaison plus qu’étrange qui prit soudainement sens quand Roger découvrit le journal qu’ils tenaient tous deux à la main.
Sans réellement savoir ce qui lui était reproché (bien sûr, il en avait une vague idée), Davies ne put s’empêcher de soupirer. Evidemment, quoi qu’il ait fait, cela avait fini par se savoir, même en Ecosse. Finalement, il pouvait s’estimer heureux que la grande famille de Wigtown ne soit pas là pour l’accueillir au grand complet. Livingstone et l’entraîneur ne l’auraient pas loupé.
D’un autre côté, si Puck, l’avocat, était présent, cela ne pouvait être que mauvais. Pas certain de ce qu’on avait à lui reprocher, Roger décida de la jouer décontracté.
— Merci pour l’accueil, les gars, fit-il faussement ému, feignant d’écraser une larme. Vous aussi, vous m’avez manqué.
Les deux hommes ne réagirent pas. S’il n’avait pas droit aux salutations d’usage, c’est qu’il devait s’agir de quelque chose de plus grave que Roger ne l’imaginait.
— Ok ! avoua Davies, préférant prendre les devants. Mais je tiens à dire qu’elle était divorcée.
— Quoi ? s’étonna Ferris, l’assistant de la présidente. Mais de quoi est-ce que tu parles, Roger ?
— Cela dépend… De quoi est-ce que vous voulez parler ? répondit-il d’une voix traînante.
Surpris, les membres de son petit comité d’accueil échangèrent un regard. Puck se mit alors à secouer la tête et Davies surprit Ferris en train de réprimer un sourire. En guise de réponse, ils se contentèrent de lui mettre sous les yeux l’un des articles du magazine qu’ils tenaient où sur deux pages s’étalaient des clichés volés de lui et de la femme qu’il avait rencontrée durant ses vacances. Il fut vite rassuré de constater que les photos étaient plutôt chastes et qu’il n’y avait rien dans les lois de son pays qui interdisait aux jeunes hommes en vacances et en maillot de bain de s’asseoir au bord d’une piscine pour voler un baiser à une jeune femme consentante et qui le désirait.
— Je jure que je ne savais pas qui c'était, soupira-t-il en jetant un regard aux légendes de clichés. J'ai déjà eu des soucis de ce côté là et je pensais sincèrement que personne ne me prendrait de photos et...
A court d’arguments (et de toute façon, il ne voyait pas ce qui lui était reproché), il se laissa aller à rappeler une évidence.
— Je suis un homme, vous comprenez.
A nouveau, ses interlocuteurs échangèrent un regard de connivence. Visiblement, ce n’était pas cela qui les embêtaient.
— Nous le savons, Roger, le rassura Ferris amusé. Mais c’est de ça dont nous voulons discuter.
Du doigt, il pointa l’un des clichés et constatant que Davies ne voyait toujours pas (après l’avoir pourtant bien observé), il gonfla ses joues et fit mine, en plaçant les mains au niveau de son abdomen, d’attraper une bouée.
— Excuse-moi ? s’écria Roger (qui, cette fois, avait parfaitement compris) vexé.
— Roger, fit Puck avec la voix apaisante de l’homme de loi, ton contrat stipule que tu dois rester à ton poids et ta forme optimum. Tu ne dois pas prendre de poids. Même pendant tes vacances. Tu as signé pour ça.
— Mais je n'ai pas pris de poids ! s’énerva Davies. C'est juste que je suis assis sur cette photo et quand on se penche, n’importe qui aura le ventre qui… Je n'ai pas pris de poids !
Devant leurs airs dubitatifs, Roger sut ce qu’il avait à faire.
— Pitié, Roger, soupira l’avocat voyant que le joueur commençait à se déshabiller, ça ne sert à rien de…
Torse nu, Davies contracta et fit saillir fièrement chaque muscle de son corps. C’était un affront qu’il ne pouvait tolérer. Lui qui ne s’était accordé que peu d’écart au régime infâme qu’ils devaient tous suivre tout au long de l’année, comment pouvaient-ils oser ?
— Et ça, c’est quoi ? s’écria Davies en donnant une tape virile sur son abdomen musclé.
Ferris ouvrit la bouche pour répliquer mais une voix à l’accent ibérique fortement prononcé le prit de vitesse.
— C’est une tradition dans ce club de revenir des vacances presque nu ?
Davies ignora le sarcasme (chose qu’Inigo avait appris à maîtriser dans la langue de Shakespeare avant même de savoir correctement parler anglais) et se tourna vers son entraîneur qui les rejoignait. Lui comprendrait.
— C'est quoi ça ? demanda-t-il plein d’espoir en pointant son ventre du doigt.
L’ancien joueur international l’observa avant de jeter un coup d’œil au magazine que Puck lui tendait.
— De la graisse, finit-il par déclarer.
— Quoi ? Enfin Coach ! Je n’ai pas…
— Dix tours de terrain, Davies, le coupa l’entraîneur d’un ton sans appel en montrant du doigt la direction du stade. Tout de suite. Et à pieds.
— Mais je viens à peine de…
Devant le regard que lui lança Inigo, Roger fut obligé d’obtempérer. Et dut laisser au sol la chemise dont il s’était quelques secondes auparavant débarrassée. Il laissa là son sac et prit le chemin du stade en traînant les pieds.
Mais fut malgré tout rassuré en voyant que trois autres de ses coéquipières et coéquipiers étaient déjà en train de transpirer, parfois sans le haut ou le bas. Juste pour éliminer.
oOoOoOo
Mars 2005 : A rebours
(thème: "La rage de vaincre" et "Guerre Pychologique)
Rage
— Je vais les exterminer, ces espèces d’enfoirés ! JE VAIS LES TUER !
Le hurlement de Roger résonna sur les murs du petit vestiaire. Les joueurs et les membres du staff ayant fait le déplacement se tournèrent vers lui. A bout de souffle, Davies déglutit avec difficulté et serra poings et mâchoires. La rage le faisait trembler.
— C’est totalement criminel de jouer comme ça ! reprit-il d’une voix rauque. C’est… un assassinat !
Les deux soigneurs du club s’affairaient auprès de Booker, son coéquipier poursuiveur fraîchement titularisé. Le visage tuméfié, la lèvre fendue et la pommette éclatée, le pauvre Barney peinait à garder les yeux ouverts. Son épaule était déboîtée, sa cheville droite avait gonflée et prit une teinte violacée. Du sang coulait sur ses mains. Le simple inventaire des blessures du jeune garçon donna à Roger envie d’exploser.
Cela faisait six heures qu’ils jouaient, six heures que les joueurs de Boras s’acharnaient sur ce pauvre Barney. La pause réglementaire les avait finalement délivrés. Le coach Montoya avait fait ce qu’il avait pu, invoquant tous les prétextes pour obtenir les temps morts réglementaires. Ils n’en avaient plus désormais.
Barney avait donc saigné sans que rien ne puisse être fait une heure entière.
Sentant la tension de son coéquipier, Booker tenta de le rassurer.
— Ça va, murmura-t-il doucement. Je vais bien.
Il poussa un léger cri quand la tête de son humérus retrouva son emplacement initial. Roger était écœuré. Lui n’était pas un sanguin. Ulcéré, il se sentait pourtant sur le point de craquer. Cherchant à retrouver son calme, il ignora et tourna le dos aux personnes présentes dans le vestiaire et fixa son regard sur le fond de son casier.
— Ne cherche pas à le venger, fit Inigo, son entraîneur. Nous allons gagner, c’est tout ce qu’il nous reste désormais.
Avec lenteur, Roger pivota vers son entraîneur et soutint un instant le regard qu’il lui lançait, avant de prendre son balai et quitter le vestiaire.
Booker serait donc sacrifié.
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Vaincre
Un des avantages que trouvait Roger à jouer à l’étranger était que, ne comprenant ni la langue, ni les chants, il restait assez insensible à l’hostilité du public qu’il rencontrait.
Ceci dit, il comprenait assez bien les dessins, songea-t-il en entrant sur le terrain et en découvrant les banderoles, pour le moins éloquentes, que les supporters des Berserkers avaient accrochées aux gradins du stade.
Difficile de croire, à voir la véhémence et l’animosité avec laquelle les Wanderers étaient pris à parti et apostrophés, qu’à l’instar des stades des pays nordiques, celui de Boras soit considéré comme l’un des plus « propres ».
De bonne foi, Davies voulait bien croire que ce public là soit ordonné et sache se contrôler. Mais vu la manière dont les Berserkers jouaient, il n’était pas non plus étonné que la situation ne commence à dégénérer.
Des rires et des hourras fendirent l’air du stade quand un Poursuiveur adverse le percuta. Le souffle coupé, légèrement sonné, Roger se dégagea d’un coup de pied. Le Souaffle était perdu mais son adversaire n’avait pas semblé s’en préoccuper. Davies ne s’accorda pas le temps d’y penser. Booker s’était saisi du Souaffle mais l’avait aussitôt lâché. Son épaule craqua sinistrement lorsque le Cognard la percuta. A dix mètres, Roger jura avoir entendu les os se briser.
Lorsqu’il marqua, Davies ressentit un étrange mélange de haine et de joie. Levant le poing, il prit le temps de délibérément provoquer le public et les joueurs qu’il affrontait, avant de rejoindre ses coéquipiers au centre du terrain.
Gagner, vaincre, ils y parviendraient, Roger le savait.
Mais le prix à payer serait élevé.
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Guerre
Les Berserkers de Boras ne s’étaient pas toujours appelé ainsi. Leur nom avait changé lorsque cette « façon de faire » avait été instituée, lorsque durant la guerre, la Suède avait choisi la neutralité. Eux avaient décidé de se battre et gagner le respect.
A chaque match, une proie était désignée. Qu’ils perdent ou gagnent, le joueur adverse était sacrifié. Les Berserkers connaissaient parfaitement les règles, il était rare qu’ils se fassent sévèrement sanctionner. Quelle que soit la sentence, elle en valait la peine.
La victime n’était jamais la même. Ainsi, au fil des rencontres, des championnats, coupes et transferts, ils s’assuraient que dans chaque équipe rencontrée, quelqu’un ait entendu parler de leur manière de jouer.
La guerre commençait bien avait le coup de sifflet.
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Psychologie
— Je refuse de jouer.
Tous se tournèrent vers Halfpenny. Le menton haut, la joueuse ne cilla pas.
— Cela tombe bien, marmonna Roger à ses côtés, tu n’étais pas sur la feuille de match.
Montoya avait fait le choix audacieux de laisser sa chance à Booker. En quart de finale de la Coupe d’Europe, pour le match aller à l’extérieur, c’était un pari plus que risqué. Vu l’enjeu, Roger ne comprit pas qu’Halfpenny puisse refuser de jouer.
— Ce sont des tueurs, expliqua-t-elle pour se justifier.
— Pitié, ricana Nixon, l’un des deux batteurs.
— J’ai joué à Göteborg durant une année, dit-elle avec lenteur. Je les ai affrontés. J’ai vu ce qu’ils ont fait.
Le silence se fit dans le vestiaire.
— Ils ont détruit l’une de mes coéquipières.
Les joueurs échangèrent un regard avant de se remettre à discuter.
— T’inquiète, ma belle, fit Roger en passant un bras sur les épaules de sa coéquipière. Je me défendrai !
Agacée, elle repoussa violement Roger. Celui-ci laissa échapper un sourire amusé. Halfpenny aimait bien dramatiser.
— Tu ne comprends pas, grogna-t-elle alors que Montoya avait commencé à expliquer comment l’entraînement se déroulerait. C’est une tradition chez eux. L’un de vous y passera.
Davies renonça à tenter de la dérider. A leur niveau de jeu, chaque club faisait son possible pour prendre l’avantage psychologique sur ses adversaires des jours avant que le match ne soit joué.
Mieux valait ne pas s’en soucier.
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Des jours et Davies
(thème : Aujourd'hui, ma carrière se termine)
Roger avait toujours su quand sa carrière se terminerait. Ce jour arriverait lorsqu’il perdrait la seule véritable raison qui l’avait poussé un jour à fendre les airs sur un balai.
Les filles.
Evidemment.
Elles furent là à chaque instant, pour chaque jour important.
oOo
Le jour où Edna Davies décida qu’il était temps pour son petit Roger, âgé de trois ans à peine, de découvrir que « maman » n’était pas son vrai métier et que travailler dans la plus fameuse maison d’édition du monde sorcier n’était pas la carrière à laquelle elle s’était prédestinée. Ancienne gloire du Quidditch à Serpentard, Edna autorisa son petit dernier à entrer dans son bureau, qu’elle avait rebaptisée « chambre des trophées », dans le but de l’instruire sur les règles et l’esprit de ce noble sport.
Le jour où Roger monta pour la première fois sur un balai, après avoir durement négocié avec sa cousine Mavis. Expérience traumatisante. Roger n’imaginait pas qu’il aurait à regretter durant des années que son premier vol se soit fait sur un Baby Comète rose, au bois verni, agrémenté de fanfreluches et d’une plaque métallique où était gravé un lumineux « Polly ».
Ce jour de décembre 1985 (le 12, anniversaire de son père, il s’en souvenait) où il décida de ne plus subir le harcèlement moral auquel sa voisine le soumettait en l’appelant constamment Polly et en mettant à jour ses lacunes en Quidditch. Une honte quand on savait qui était sa mère (et pour cette raison, Roger s’était bien gardé d’aller chouiner).
C’est alors que Roger avait eu une idée. La petite Imogen était plutôt jolie. Pour se venger, il se permit donc de lui voler un baiser. Son tout premier.
L’été 1989 marqua un véritable tournant. En visite dans la famille, son cousin Denis, âgé de 16 ans, revint de son année passée à Poudlard totalement transformé. Le Quidditch, fanfaronna-t-il devant le clan Davies au grand complet, exhibant fièrement la nouvelle musculature qu’il avait acquis. L’équipe de sa maison l’avait enfin accepté.
Les filles, avait-il expliqué à Roger sur le ton de la confidence une fois les oreilles chastes de leurs parents respectifs éloignées. Roger n’imaginait pas que ce secret transformerait sa petite vie : les filles aimaient le Quidditch et elles aimaient plus encore les garçons qui y jouaient.
Le premier septembre de la même année, Roger quitta le doux foyer parental pour son nouveau terrain de chasse, Poudlard. Les filles de Serdaigle étaient réputées pour être cérébrales mais Roger ne doutait pas qu’il parviendrait malgré tout à s’y amuser. Le fait que le Quidditch ne semble pas y être roi était bien la seule chose à le déranger.
Le premier match opposant Serdaigle à Gryffondor fut une véritable révélation. Le 5 novembre, jour de Guy Fawke, le jeune garçon assista à la cuisante défaite de sa maison. Et il comprit alors que son cousin était bien loin de la vérité. Le Quidditch rendait les gens fous. Alors les filles… Roger sut alors qu’il devrait jouer. Pas pour faire plaisir à sa mère, pas pour être populaire (quoi que…) mais parce que c’était son destin d’être adulé. Pour cela, il aurait avant tout à s’entraîner. Polly était bien loin désormais.
A la rentrée de 1990, il postula au poste de Poursuiveur. Il aurait préféré tenter sa chance en tant qu’Attrapeur (estimé plus cool selon lui et ses amis) mais la place au sein de l’équipe était prise et tellement bien gardée (Patricia Huff était une déesse volante). Le Capitaine fit le choix de faire confiance à Roger qui tenta tant bien que mal de cacher sa déception quand il s’aperçut qu’il n’y avait aucune pamoison à l’horizon. Aussi bien chez les fans que ses coéquipières.
Février 1991, Roger découvrit les premiers effets de la puberté. Condamné à la misère amoureuse pour une raison qu’il ne pouvait expliquer, il se rendit rapidement compte que même sans fille, le Quidditch était un sport sympa. Il réalisa également que Flint et Dubois, que les filles de l’école semblaient plus ou moins aduler, étaient certainement les plus grands malades mentaux qu’il connaissait. Lui qui était sain d’esprit, son charme ne devait pas tarder à opérer.
Le 10 mai 1991, Lavonne Gaines devint sa petite amie officielle, d’une année plus jeune (plus facile à attraper). Roger eut droit à son deuxième baiser. Ensuite, il arrêta de compter.
Le 29 juin 1991, Lavonne la traîtresse le quittait. Attirée par les joueurs de Quidditch, celle-ci succomba au charme de l’autre idiot, celui qui deviendrait son plus grand rival question fille. Forcément un Attrapeur. Ce foutu Diggory.
La joie de sa mère fut incommensurable quand, le 14 août de la même année, Roger reçut du professeur Flitwick la lettre faisant officiellement de lui le Capitaine de son équipe. Un des plus jeunes capitaines que Poudlard ait compté. Pour sûr, les filles allaient succomber.
Le jour de la rentrée, à peine sa valise posée, son insigne de capitaine épinglé sur sa poitrine, Roger sut, Roger vit que les choses allaient très vite changer.
La vie d’homme de Roger atteint son apogée un soir de décembre 1994, même rétrospectivement, il en convenait.
Fleur Delacour.
Rien à ajouter.
Enfin si, Fleur Delacour l'avait choisi. Lui. La succube française l'avait séduit et entraîné dans les bosquets. A défaut d'avoir un jour gagné la Coupe, Roger savait que ce haut fait d'armes resterait dans les anales de Poudlard. Il aurait été élevé au rang de dieu vivant si la française avait voulu plus que ses baisers.
Bizarrement, sa mère refusa d'entendre parler d'un transfert de scolarité.
Cho Chang, sa jolie petite Attrapeuse, ne tarda pas à ramener Roger le tombeur sur terre, dès février 1996. Non contente de l’avoir repoussé, elle avait décidé de s’afficher en compagnie de Potter. Davies fit défiler les filles pour se consoler. Que Chang préfère feu-Diggory, il pouvait encore comprendre. Mais ce gringalet Potter... Cela devait être un mélange de l'effet Quidditch et de l'effet Survivant. Peut-être aussi un certain fétichisme de la part de Chang (lui faire part de sa réflexion était une très mauvaise idée, Roger reçut ainsi la première baffe d'une fille avec laquelle il n'était pas sorti. Même sa mère ne l'avait jamais frappé).
Le 3 juillet 1996, refusant de suivre les pas de ses parents, différant tout du moins une carrière au Ministère, il signa avec l'équipe de réserve des Falmouth Falcons. Gisele Rastrick y officiait en équipe première en tant que Batteuse. Jamais Roger n'avait vu plus sexy à ce poste. Hélas, le 6 du même mois, lorsque Roger prit ses quartiers en Cornouailles, Gisele la belle mit fin à son contrat avec les Falcons pour suivre son homme, un sombre idiot, au Venezuela.
Le 15 septembre 2000, désormais en équipe première, Roger eut une aventure avec la fille du président de Falmouth. Il céda en fait à ses assauts incessants (comme quoi, cette loi du Quidditch et des filles étaient plus qu'avérée). Ce jour là, il renonça également à faire carrière dans ce club.
A temps de crise, mesure de crise, Roger signa le 2 juillet 2001 avec le club des Wigtown Wanderers. Et fit alors la connaissance de Libby Livingstone, la première femme à lui faire comprendre qu’il n’était ni indispensable, ni vraiment désiré. Professionnellement parlant, évidemment.
Le 5 novembre 2003, las des passades avec les fans (il était interdit de s'approcher de ses coéquipières), Davies rencontra Inger, un top danois, dans une soirée de charité et se dit qu'il était peut-être temps d'essayer les choses sur la durée. Il ignorait alors les drames qu’elle provoquerait.
En octobre 2004, il apprit qu'il ne participerait pas à la Coupe du Monde. Son avenir en équipe nationale était compromis tant qu’Alvaro resterait sélectionneur. Tout ça parce qu'il connaissait bibliquement une des filles de l’équipe (le monde du Quidditch est assez petit) qui ne lui avait jamais pardonné… à vrai dire, Roger ignorait tout de ce qui lui était reproché. Alvaro lui préféra donc Ginny Weasley (avec qui il n'avait jamais couché... et qui était en couple avec Potter. Encore lui. CQFD)
Le 26 juin 2006, après cinq années de bons et loyaux services, Roger Davies quitta les Wanderers, dans la nuit et en courant, choisissant de s'expatrier, persuadé que la France n'attendrait que lui. Du moins une de ses habitantes.
Le 10 août 2007, désormais âgé de 28 ans, il entra dans le club des Kenmare Kestrels pour se fixer. Son épouse (il fallait bien que cela arrive) refusait de déménager désormais.
L'année suivante, le 16 avril 2009, il rata la finale de la Coupe d’Europe que son équipe disputait. Parce que sa fille venait de naître. Un beau bébé. Polly.
Au cours de l’été 2013, ayant récemment fêté ses trente quatre balais, Roger retourna frapper à la porte des Wanderers. La colère de Livingstone n'était pas entièrement retombée (avec ce qu’il avait osé faire, il comprenait) mais elle fit l’effort d’accepter de l’écouter. Comme une faveur qu’elle lui accordait, elle accepta qu’il revienne en écosse finir sa carrière.
Roger ne jouait plus tous les matchs depuis des années. Il s'y était résigné et savait que ce n’était pas une offre qu’il était en mesure de négocier.
oOo
— Comment va ta fille?
Convoqué dans le bureau de la présidente, pressentant qu’une mauvaise nouvelle ne saurait tarder, Roger prit le temps de convenablement s’installer.
— Elle va bien... Sa magie commence à se manifester.
— Oh, dans ce cas, elle ne tardera pas à voler. Pour imiter son père.
— Elle le fera uniquement si elle en a envie, soupira Davies.
Livingstone esquissa un sourire poli, ne chercha pas plus à creuser pour en venir au sujet qui finalement l’intéressait.
— Roger, il y a une chose dont nous devons discuter.
— Oui, j’ai lu les rumeurs dans la presse, marmonna Davies, faussement enjoué. Il est si bon que ça ?
Seulement à moitié surprise qu’il le sache déjà, Libby considéra un instant l’homme qui lui faisait face. Du temps avait passé depuis le premier jour où elle l’avait rencontré. Ce n’était pas de gaité de cœur qu’elle le faisait.
— Il est jeune, avoua-t-elle, mais pas mauvais. L’an prochain, tous essaieront de se l’arracher. Mais il a signé ici pour cinq longues années.
Roger ne put retenir un sourire. Les années passant, Livingstone ne changerait jamais.
— Si ça ne tenait qu’à moi, reprit-elle lentement, on te garderait. Tu le sais, je t’aime bien, Roger. Mais…
— Je coûte de l’argent alors que je passe peu de temps à jouer, je sais.
— Tu as fait le tour de la question, avec une jolie carrière et finalement seulement quelques opportunités manquées.
Le joueur acquiesça, conscient qu’elle disait la vérité.
— Cela va me manquer, finit-il par murmurer.
— On peut t’offrir un poste au club, tu sais. Pas entraîneur, ajouta la présidente précipitamment. Il ne faut pas non plus rêver. Mais si c’est ce que tu souhaites, ça finira par arriver.
Davies resta un instant songeur. Durant toute sa carrière, il avait pensé s’arrêter au sommet de sa gloire, au moment où tout lui souriait. Il pensait finalement connaître un peu plus de succès. Durant un bref instant, il se surprit à songer et à regretter au moment où tout avait commencé, où l’avenir était devant lui et où il n’était lié par aucun serment de fidélité.
— Cela va vraiment me manquer.
Livingstone le dévisagea un instant, intéressée.
— C’est justement pour ça que je t’ai apporté ça, expliqua-t-elle en lui tendant un parchemin. La ligue me l’a fait parvenir hier. C’est évidemment secret. Mais je pense que ça pourra t’intéresser.
Intrigué, Roger décacheta la missive et la parcourut des yeux rapidement.
Un petit rire lui échappa. Effectivement, Livingstone ne s’était pas trompé. Il était temps pour lui d’arrêter.
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— Aujourd’hui, ma carrière se termine.
Amusée par le ton solennel de son époux, Mrs Roger Davies jeta un coup d’œil à son mari, affalé sur son fauteuil préféré.
— Chéri, rappela-t-elle d’une voix douce. Ton jubilé a lieu dans six mois, tu as encore le temps d’ici là.
Un cri l’empêcha de continuer. Leur fille Polly venait de traverser le salon à vive allure, perchée sur son balai. Posant le journal qu’il était en train d’éplucher, Roger jeta un regard autour de lui. Trente-cinq ans, marié, père, il s’était finalement rangé. L’espace d’un instant, il se demanda ce que Fleur Delacour faisait.
Il interrompit rapidement ses pensées pour tendre le journal à son épouse qui s’était rapprochée, détournant son regard des lettres capitales de la une de la Gazette du Sorcier.
QUIDDITCH : LA FIN DE LA MIXITE ?
Sans les filles, quel était l’intérêt de jouer ?