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Note de l'auteuze et avertissement : Voila la suite de "L'heure du serpent". De la violence, encore et toujours, mais très différente du premier OS. Et puis, ma foi, une petite note d'espoir pour finir... Un peu de douceur dans un monde brutal.
Rating : Hard M, voire MA pour viol, violence et language cru.
Résumé : C'est au tour de Sirius Black de prendre sa revanche. Qui a dit que la douceur ne pouvait pas être une arme meurtrière ?
°0°0°
L’heure du loup
Ça y est ? De retour parmi nous ?
Non, n’essaye pas de bouger, Severus. Tu permets que je t’appelle Severus, n’est-ce pas ? Après tout, c’est notre deuxième rendez-vous. Nous pouvons cesser d’être aussi cérémonieux l'un envers l'autre.
Je te disais donc de ne pas essayer de bouger. Pourquoi ? Mais parce que tu n’y arriverais pas, voyons. Comment avais-tu dit, déjà, il y a six mois ? Ah, oui, ça y est, ça me revient… Une potion de mon crû.
Sauf que dans ton cas, ce n’est pas une potion, mais une injection par intraveineuse. Un truc moldu… Tu sais bien, un truc de sang de bourbe, quoi… Très utile. Ça paralyse tes muscles pendant quelques heures.
Comment ? Tu voudrais parler, peut-être ?
Non, désolé, tu ne peux pas. D’abord, à cause de ce bâillon au fond de ta gorge, et ensuite, rien de ce que tu pourrais me dire ne saurait m’intéresser, Severus. Je crois que tu as tout dit il y a six mois.
Maintenant, c’est à mon tour de parler. Et au tien d’écouter.
Tu m’as dit que mes yeux étaient très expressifs. Je peux te retourner le compliment, tu sais ? Ils sont d’un beau noir velouté, et là, tout ce qu’ils traduisent, c’est la peur et la haine. Il y a un animal traqué au fond de tes yeux, Severus.
Tu es surpris, n’est-ce pas ? Comment puis-je me souvenir de tout, alors que tu m’as lancé un sort d’oubliette ? Mais toi, le grand maître des potions de Poudlard, devrait savoir mieux que quiconque qu’un sort pareil peut être contré. Oh, pas très facilement, je te l’accorde…
Mais avec de la patience, du doigté, de la souffrance, et la bonne potion… on arrive à en annuler les effets !
Je ne te dis pas que ça a été facile, loin de là, tu sais… J’ai hurlé lorsque mes souvenirs sont revenus. J’ai voulu mourir. J’ai vomi, comme tu me l’avais prédit. Je me suis replié sur moi-même. Je ne supportais même plus que les autres me touchent.
Et Rem et Harry qui ne comprenaient rien !
Tu veux savoir ce qui m’a mis la puce à l’oreille, Sev ?
C’est lorsque je me suis réveillé dans mon lit, rue Grimmault. Je présume que tu as du m’y ramener ?
Oh, tu as été vraiment très malin, je dois le reconnaître. C’était parfait. Il y a juste une chose que tu as oubliée : soigner mes blessures. Vingt-quatre heures plus tard, je pissais encore le sang. Et je ne peux pas croire que ce ne soit pas intentionnel de ta part.
Après tout, tu me l’avais dit toi-même : tu voulais me voir détruit, anéanti, brisé et en sang. Tu m’as ôté mes souvenirs, mais tu m’as laissé ceux de ma chair en lambeaux, de mon anus déchiré.
Sincèrement, tu ne te doutais pas que je ferais tout ce qui était en mon pouvoir pour comprendre ce qui m’était arrivé ?
Non, Severus, je te sais beaucoup plus intelligent que ça. Tu voulais que je découvre la vérité. Tu le voulais jusqu’au plus profond de tes tripes.
C’est pour ça que tu ne m’as pas lancé un sort de soin, ou de nettoyage.
J’ai failli devenir dingue, tu sais, quand je me suis vu dans mon miroir. J’ai cru sombrer à essayer de me rappeler les derniers événements. Et puis j’ai compris que je n’arriverai à rien de cette manière. Alors j’en ai parlé à une personne de confiance.
Non, ni Rémus, ni Harry. Ils me sont trop proches.
J’en ai parlé à quelqu’un qui en a beaucoup vu et beaucoup entendu, au cours de sa carrière. Quelqu’un qui sait être discret.
Ce vieux Maugrey Fol Œil.
C’est lui qui m’a indiqué comment faire pour retrouver ma mémoire.
Est-ce un sursaut que tu viens d’avoir ?
Je te comprends. Je n’aimerai pas être à ta place si Maugrey venait à apprendre que c’est toi qui m’as fait ça. Mais rassure-toi. Je ne lui ai rien dit.
C’est entre toi et moi.
Oh, Severus, tu es si brillant ! Et pourtant, tellement stupide !
As-tu oublié, parce que j’ai été envoyé par le choixpeau à Gryffondor, que je suis un Black, qui plus est issu d’une longue lignée de Slytherins ?
Crois-tu avoir la panacée de la compréhension de l’âme humaine et de ses mécanismes ?
Sev, Sev, Sev ! Si tu savais combien tu m’en as révélé sur toi ! Tu sais, j’ai revu notre petite rencontre en long, en large et en travers. Je l’ai déposée dans une pensine, puis je l’ai analysée.
Ou plutôt, devrais-je dire, je t’ai analysé. Décortiqué. Disséqué comme un animal.
J’ai compris que si je voulais te prendre à ton propre piège, le chien devait céder la place au loup. Car après tout, les premiers chiens n’étaient jamais que des loups domestiqués, Severus.
Et en chaque homme, il y a un loup qui sommeille.
Le mien est bien réveillé, maintenant, merci à toi.
Tu m’as dévoilé tellement de choses sur ta personne, mon cher. Un vrai livre ouvert, pour qui savait ou chercher.
Tu m’as parlé de ton manque de reconnaissance, du manque d’amour dont tu as souffert toute ta vie. Tu m’as raconté le mépris de ton père à ton égard. L’indifférence des autres. Tu m’as raconté la souffrance quotidienne que nous t’avons fait vivre, nous, les maraudeurs.
Et cette petite inflexion dans ta voix, lorsque tu as prononcé le prénom de Lily… Imbécile ! N’avais-tu donc rien de mieux à faire que d’éprouver de tendres sentiments pour elle, et du désir pour moi !?
Oui, Sev, tes rêves humides ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd. Pauvre idiot, ne t’est-il pas venu à l’esprit une seule seconde qu’il t’aurait suffi de demander ??? Qu’à cette époque, je te désirais autant que toi tu me désirais !? Que les avanies, les brimades, les plaisanteries stupides n’avaient pour but que de me faire remarquer de toi ?!
Bien que je ne comprenne pas ce que tu aies pu me trouver…
Si tu devais envier quelqu’un, désirer quelqu’un, ne pouvais-tu choisir un meilleur parti que moi, sombre crétin !
Tout ça parce que je suis un Black, que j’appartenais à l’une des plus puissantes et des plus pures familles du monde sorcier ! Crois-tu vraiment que mon enfance a été une partie de plaisir, Sev ?!
Toute ma vie, j’ai souffert de porter ce nom maudit. Et toi, toi, tu m’enviais ! Oui, Sev, moi aussi je sais lire entre les lignes. Et puis ton esprit me le hurlait littéralement. Tu n’as pas le monopole de la légilimentie, tu sais.
Alors, après quelques temps, je me suis calmé. Il est heureux que nous ne nous soyons pas vu pendant trois mois, Sev. Je t’aurais probablement tué, si tel avait été le cas.
Mais j’ai eu le temps de réfléchir, et de me calmer.
A mon tour, je me suis mis à ruminer ma vengeance. J’ai pris mon temps, et j’ai organisé notre petit, quel est le terme que tu avais employé, déjà ? Ah oui, notre petit tête à tête en amoureux.
C’est le terme clef, tu sais, Severus.
Au départ, je voulais te rendre la monnaie de ta pièce. Tu ne sauras jamais combien de fois je me suis masturbé en t’imaginant à ma merci, implorant, suppliant pour que j’aie pitié de toi. Je me suis vu te détruire comme tu m’avais détruit, je t’ai vu piétiné, pissant le sang, des poignées entières de cheveux gras dans mes mains.
Et tu sais quoi ?
J’ai compris que ce n’était absolument pas la manière dont il fallait user pour t’anéantir.
Après tout, tu as survécu à une intronisation version Mangemort, n’est-ce pas ?
Ça me donne une idée du solide fils de pute que tu es !
J’ai longtemps cherché la façon la plus adéquate pour te briser à mon tour.
Et puis un jour, l’illumination ! J’ai su, sans l’ombre d’un doute, ce qu’il fallait que je fasse.
La violence, la cruauté, la torture, tu es passé maître dans cet art. Après tout, comme tu me l’as dit toi-même, tu es un serpent et un ex-serviteur de Voldemort.
Il ne servirait à rien de me venger avec les mêmes armes que toi…
Non, aujourd’hui, je vais te donner la leçon que tu mérites. Je vais me venger, oui, mais en te donnant ce dont tu as toujours rêvé, et qu’en même temps, tu préférerais mourir plutôt que de recevoir…
Je vais t’aimer.
Je vais embrasser chaque parcelle de ton corps, lentement, sensuellement. Je vais t’exciter comme jamais personne ne t’a excité. Et quand je vais te prendre enfin, Severus, ce sera avec tellement de douceur et de tendresse que ça te tuera aussi sûrement qu’un Avada Kedavra.
Non, n’essaye pas de remuer, ni de parler !
La drogue qui se trouve dans ton système ne partira pas avant un long moment.
Tu as peur, Sev ?
Tu as raison. Parce que, crois-moi, il n’est aucunement question d’amour, là-dedans. Il n’est question que de revanche, et de prix du sang.
Tu m’avais bel et bien brisé, Severus. Mais ce que tu n’avais pas compté, c’est que je serais capable de me reconstruire. Tu connais cette citation moldue, n’est-ce pas, Sev ? « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort » ?
Tu aurais bien mieux fait de me tuer, ce jour-là.
Tes yeux, Sev, tes yeux… Si tu pouvais les voir ! Est-ce donc si terrible d’être aimé ? D’être touché autrement qu’avec violence, mépris ou dégoût ?
Apparemment, oui…
Allez, à mon tour de me déshabiller. Je vais prendre une petite douche, et puis je reviens. Je veux être propre pour toi, Sev. Je veux me sentir propre lorsque je te pénétrerai.
Parce que toi, au contraire, tu te sentiras à jamais sale après ce que je vais te faire subir…
Hummm… La douche était délicieuse… tu aurais du venir en prendre une avec moi !
Oh, c’est vrai… tu ne peux pas. Je sais, je sais, je ne devrais pas rire.
Sev… ? Pourquoi as-tu fermé les yeux ? Je ne peux rien lire si tu les gardes fermés.
Sev ? Pourquoi est-ce que je ne sens pas ton torse se soulever ?
Oh, merde, enfoiré !!! Je ne croyais pas qu’il soit possible de s’asphyxier avec son propre bâillon ! Là, il faut que je le retire ! Oh, putain ! Comment as-tu réussi à l’enfoncer aussi profondément dans ta gorge !?
Respire, bon dieu, respire !!!
Merde, merde, merde !!!
Là, c’est ça, c’est bien… Inspire, expire… Tu m’as flanqué une de ses trouilles ! J’ai… Mon dieu, j’ai vraiment cru que je t’avais perdu !!!
Bon sang, que font ces larmes dans mes yeux ???
Ça y est, tu es content, hein, je pleure !!!
Je… Je…
Je ne peux pas…
Je m’en croyais capable. Mais je me leurrais.
Je ne peux pas…
Je ne peux pas te faire souffrir. Pas quand je te vois ainsi, aussi pâle, aussi désarmé.
Je ne suis pas aussi doué que toi pour la vengeance.
Je le voulais, je le voulais vraiment. Mais j’en suis incapable.
Tu as gagné, Severus. Comme toujours.
J’abandonne. Je laisse tomber.
Il est temps de stopper ce cercle vicieux une bonne fois pour toutes.
J’en ai marre de la haine. Marre de la peur et de la colère. Je ne peux pas continuer ainsi plus longtemps. Je suis fatigué, si tu savais… Tellement las.
Je veux juste… un peu de chaleur humaine. La drogue quittera ton organisme dans quelques heures. D’ici là… s’il te plait… laisse-moi juste te serrer dans mes bras.
Plus de haine, plus de querelle, plus de revanche.
Juste un être humain en train d’en enlacer un autre.
C’est si bon… Sais-tu depuis combien de temps je ne me suis pas senti aussi proche de quelqu’un ? Que ce soit physiquement ou mentalement ?
Trop longtemps.
Je ne compte pas les accolades de Remus et de Harry. Je te parle de tenir quelqu’un contre toi, longtemps, jusqu’à ce que vos souffles n’en fassent plus qu’un, d’être réchauffé par cette personne.
Pardonne-moi, je ne peux pas m’empêcher de pleurer. Je suis en train de rendre ta chevelure encore plus grasse qu’elle ne l’est déjà.
Qu’est-ce que j’espérais accomplir, hein ? Je ne le sais même pas moi-même. Tout ce que je sais, c’est que c’est diablement bon d’être collé contre toi.
Et toi, qu’en penses-tu ? Est-ce ta main que je sens dans mes cheveux ?
Severus, comme c’est étrange. Tes traits sont plus sereins. Comme si la drogue, en s’évaporant, faisait aussi disparaître ta haine…
Avons-nous enfin trouvé la paix, toi et moi ?
Dis-moi, est-ce un sourire que je lis sur ton visage ?
Sev… ?
FIN
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Voila, j'espère que cette deuxième partie et cette fin ne vous dérouteront pas trop. Pour moi, il était inconcevable que Sirius se venge avec les mêmes armes que Severus. Et peut-être, tout simplement, qu'après tant de haine et de violence, j'avais envie de finir sur une note un peu plus positive ?