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Author of 7 Stories |
Disclaimer : Vu comme ça, mon p'tit Haku, j'le laisse à son propriétaire Kishimoto hein…
Note : Drabble, cinq cents mots. Paske j'aime me compliquer la vie et que parfois je me demande sincèrement pourquoi.
Qu'on lui crève les deux yeux.
Il a les yeux fermés, il le sent bien, son cœur qui bat. Seul rythme dans ses oreilles, seul fil de coton pour le rallier à la réalité. A ce qui pourrait être sa vie. A ce simulacre d'émotion, une sorte de grand vide au milieu de nulle part, un flocon dans une tempête de neige. Tout en silence. Tout en blanc.
Quand il sent ce malaise bizarre qui l'envahit, il sait que sa respiration va se mettre à siffler doucement. Comme un serpent avide de viande et de poison, une stupeur au fond du ventre à se sentir si vulnérable et si puissant à la fois. Ses ancêtres qui remuent là, quelque part dans un coin de sa tête. L'instinct de survie, une puissance démoniaque. Une image. Une silhouette aimée. Ca le forcerait presque à s'enrager pour cette vie qui oscille doucement.
Danger.
Son cœur s'arrête quand le plic ploc du sang qui coule résonne derrière ses paupières. Le rouge s'imprime, se grave dans ses rétines si noires, il a plus besoin de le voir pour l'imaginer. L'écho lui rappelle qu'un homme est en train de mourir, mais il patiente. C'est autre chose qu'il cherche pendant qu'il retient son souffle. Quelque chose qui lui lacère l'intérieur, un peu bestial, trop féroce. Ca fait mal.
D'un seul coup c'est tout un vacarme qui l'assourdit. Le fil de coton a lâché, le monde s'écroule. Ca lui brûle les tympans, ça lui crève les yeux, déchirement des chairs, bris des os, oh cette drôle de jouissance…
Le regard clos il sait quand une tache sombre éclabousse son cosmos blanc. Monochrome, rouge et noir, il voit le bruit des hurlements, douleur, haine, peur. Il entend la résonance du sang qui lui frôle les joues et les mains quand il les plonge dans les corps ennemis. Ca fait du bien au monstre à l'intérieur. Celui qu'il a toujours voulu taire. Celui qui lui a toujours fait peur, qu'on lui a appris à maîtriser. Elle a faim, la chose qui a tué son père.
Tout doucement la clameur s'éloigne. Il voit le blanc qui revient derrière ses paupières, fontaine de lait, presque pur. Comme il aime bien le faire croire. Le silence dans sa tête, son cœur, son souffle, ça y est. Il inspire, sait ce qu'il va trouver. Appréhension. Il ouvre les yeux.
Devant lui c'est qu'un amalgame de corps. Il réprime un haut-le-cœur. Ca lui fait toujours le même effet. Il regarde ses mains, fixement, sans émotion apparente. Il a l'habitude. Ca fait mal quand même.
Il se retourne, regard fuyant, voilé, il est encore ailleurs, un trop-plein d'adrénaline à évacuer. L'ombre qu'il protège s'avance, sourire satisfait, son arme est efficace. A l'entendre ricaner ça le rendrait presque malade tellement ça lui fait mal aux oreilles. Nauséeux, un peu plus. Tant pis.
Zabuza tend la main, la pose sur sa joue. S'approche. Lèche le sang qui le macule. Sans un frisson. A quoi bon ? Il se battra pour lui.
Le monstre a parlé.