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rickiss
Author of 26 Stories

Rated: M - French - Drama/Angst - Harry P. & Draco M. - Reviews: 382 - Updated: 12-21-09 - Published: 11-22-06 - id:3256279

Bonjour à tous,

Voici un nouveau chapitre (déjà ! Yahou, je m’impressionne moi-même, rien ne va plus, des délais de publication presque raisonnables… tss, tss, c’est la fin du monde sorcier).

J’espère de tout cœur qu’il vous plaira : il répond à certaines questions, ouvre d’autres horizons… et si nous approchons toujours de la fin, rien ne semble pourtant encore réglé. Je ne suis pourtant pas une auteur à rebondissements, mais comme quoi, tout peut arriver…

En attendant vos éventuels commentaires, je vous laisse découvrir cette suite.

Disclaimer : la plupart des personnages et lieux appartiennent à J.K. Rowling, le reste est à moi.

Rating : K

Bonne lecture !


Fallen angels

Chapitre 42 : You don’t have to thank us

Même dans l’obscurité, je t’aurais cherché.

Même dans ces ténèbres où je voulais rester enfermé, j’aurais voulu te trouver.

Car aussi grande que soit la part d’ombre qui te ronge de l’intérieur et qui touche ceux que tu approches, tu représenteras toujours une lumière pour moi.

Peut-être pas de celles qui réchauffent le plus, mais... de celles qui éclairent les choses, un peu. Sans doute.

Un soleil froid. Irrésistible et inhospitalier.

Harry marchait d’un pas rapide mais prudent sur le sentier escarpé qui descendait, sinueux, jusqu’au saule cogneur. Devant lui, Ron et Hermione discutaient à voix basse. Du moins, vu le ton qui montait parfois entre eux, on aurait plutôt dit qu’ils se disputaient. Mais le Survivant ne s’en formalisa pas. Il avait l’habitude des échauffourées de ses amis, et il savait que la réconciliation viendrait aussi vite que la querelle était née.

Des bribes lui parvenaient de temps à autre...

« … faire attention… Dumbledore n’est pas idiot ! »

« … conséquences… Ordre du Phénix… »

« … pas longtemps… Aurors… »

… mais il avait bien d’autres préoccupations en tête. Il avait la sensation, depuis qu’ils avaient quitté le château en catimini pour emprunter ce chemin, que son cerveau se divisait en deux : une partie de lui était concentrée sur la route et ses alentours, vigilance presque instinctive née de l’habitude ; et une autre part de son être n’était focalisée que sur ces quelques centimètres de chaleur au creux de sa paume.

La main de Harry, au hasard des aspérités du chemin ou de ses envies propres, glissait du poignet de Draco aux doigts fins de celui-ci. Le brun se montrait tantôt autoritaire, entraînant le blond dans son sillage d’une main de fer, tantôt tendre, réclamant presque avec avidité la chaleur de leurs mains entremêlées…

Harry ne se retournait jamais pour observer les réactions de l’autre –il en aurait été de toute façon incapable, vu que Malefoy était caché sous la cape d’invisibilité ! Il voulait juste profiter de ces quelques instants à deux, qu’ils soient doublement désirés, ou égoïstement volés. Peu lui importait.

Draco Malefoy était à portée de main, et il ne l’aurait lâché pour rien au monde.

Pas déjà.

La voix de Hermione sortit Harry de la douce torpeur dans laquelle il s’enfonçait, annonçant :

« Ca y est. On est arrivés. »

Le Survivant ralentit alors légèrement, permettant à Draco de se retrouver à sa hauteur, et il lui glissa :

« Tu vois le Saule cogneur, là, j’imagine. On va l’immobiliser et une cavité apparaîtra entre ses racines. On se glissera rapidement dedans. On sera en sécurité, là. »

Le blond se contenta de resserrer ses doigts autour de ceux de Harry en assentiment, et emboîta le pas des trois Gryffondors. Ils atteignirent rapidement la Cabane hurlante et s’installèrent dans une des salles abandonnées où Draco put enfin retirer la cape. Ron s’assit près d’une des fenêtres donnant vers Poudlard afin de faire le guet, tout en restant dissimulé derrière les lambeaux d’un rideau jauni. Hermione s’installa sur une caisse renversée, face à Harry et Draco qui avaient pris place sur un vieux sofa dont les ressors pointaient vers le plafond.

« Malefoy » commença la jeune fille sans préambule. « Je ne vais pas te faire un dessin : la situation est extrêmement compliquée. »

Le regard glacial du blond se posa sur elle, et il répliqua dans un petit sourire ironique –ce qui lui redonna, un instant, l’air du Malefoy d’autrefois :

« Oh mais je crois qu’au contraire elle est d’une simplicité déconcertante : je devrais être à Azkaban, et je n’y suis pas. Et là dehors, on me cherche activement pour m’y ramener. »

A ces mots, les poings de Harry se serrèrent et son regard se voila, tandis qu’au contraire les lèvres de Ron s’étiraient en un mince sourire :

« J’aime ta façon de penser. Au moins, tu vas droit au but. »

Alors qu’ils ne s’étaient jamais accordés le moindre signe d’un semblant de cordialité en sept ans, Malefoy et Weasley échangèrent un regard complice dans lequel dansait un sourire.

Hermione observait les uns et les autres, puis décida finalement de reprendre, surtout pour soulager Harry qu’elle sentait vraiment mal en point :

« Et bien, ça serait simple si ça résumait effectivement à ça. Mais tu te doutes bien que vues… les circonstances, il est inenvisageable pour Harry de te laisser partir comme ça. » La brune n’aurait su dire elle-même si ses hésitations avaient pour but de préserver Malefoy ou de protéger Harry.

Le blond tourna la tête vers le Survivant, qui fixait avec force le sol en retenant visiblement ses larmes. Draco ne dit rien, mais posa doucement sa main sur le poing du brun. Geste qui n’échappa pas aux deux autres, malgré sa discrétion. Hermione ne dit mot mais rougit légèrement, ayant l’inconfortable sensation d’assister à un échange intime auquel elle n’était pas conviée ; et Ron tourna la tête vers la fenêtre, les lèvres pincées.

Malgré sa désapprobation manifeste, ce fut pourtant lui qui intervint, venant au secours de son meilleur ami :

« Malefoy, il va falloir que tu prennes une décision. Il ne s’agit malheureusement pas que de toi… » ajouta-t-il en jetant un œil à Harry.

« Pourquoi malheureusement, Weasley ? »

« S’il ne s’agissait que de toi, ce serait plus facile de s’en foutre. »

Le visage du brun s’attrista à ces mots, mais ses traits portaient également la marque d’une certaine résignation.

Après un petit silence, Draco reprit à l’adresse de Ron, avec sincérité :

« Moi, dans l’absolu, je n’ai jamais eu l’intention de me soustraire à la Justice. »

« C’est pour ça que tu n’as pas plaidé l’Imperium ? »

« Ah… je n’y avais jamais pensé, pour tout dire, Weasley. » répondit l’autre en toute franchise.

Ron ouvrit de grands yeux et resta bouche-bée un instant, les bras ballants, avant de réussir à se reprendre :

« Oh oh, Malefoy… Tu insinuerais que j’aurais eu une idée fabuleuse avant toi ? » grinça-t-il dans un sourire mi-figue, mi-raisin.

« Oh ce n’est pas ça… » fit l’autre avec nonchalance, avant de reprendre son sérieux et de déclarer, plantant son regard dans celui, plus hésitant, du meilleur ami du Survivant : « En tuant l’oncle de Harry, j’étais sûr de moi. J’assume ce que j’ai fait… qu’on me comprenne ou non. » Il jeta un petit regard en coin au brun, qui avait cessé de détourner la tête pour l’écouter pleinement, puis il reprit pour Ron avec un petit sourire ironique : « Je suis parfaitement conscient que je n’aurais jamais eu ma place à Gryffondor –et Merlin m’en préserve ! J’ai souvent fui. Mais là, il n’en était pas question. Je savais que j’allais tout perdre, mais je voulais au moins sauver mon honneur. J’ai beau être un meurtrier, je garde mon intégrité. »

Si Ron resta muet face à l’assurance de Malefoy, Hermione se leva et répliqua d’une voix forte, attirant l’attention des trois autres :

« Tu aurais dû plaider l’Imperium. Je ne suis pas favorable au mensonge, évidemment, mais dans cette situation il aurait mieux valu transformer la réalité. Parce qu’aujourd’hui tu as quelque chose de plus important à préserver que ton intégrité : Harry Potter. »

Les sourcils de Draco montèrent d’un cran, alors que les propos de Hermione n’auraient pas dû le surprendre :

« Potter ? »

« Non. Harry. »

Le Survivant lui-même parut étonné de l’intervention de son amie. Hermione Granger, si éprise de justice et de vérité, ne proposait pas moins que d’offrir au Ministère de fausses déclarations ! Même si elle le faisait dans le but de le protéger, lui, il y avait quand même eut meurtre.

Et que lui, Harry Potter, soit définitivement assez fou pour avoir perdu tout sens moral et arrive à oublier l’acte de Malefoy, ne justifiait pas que son amie oublie ses principes pour lui.

« Même si ça me tue de l’admettre, Malefoy, » intervint Ron d’une voix blanche : « je suis d’accord avec elle. On doit aujourd’hui te sauver. Pour Harry. »

Ni que son meilleur ami en fasse autant !

… Sauf s’ils tenaient à lui plus qu’il n’aurait pu l’imaginer.

Les yeux de Harry s’embuèrent, alors qu’il avait réussi à réprimer ses larmes jusque-là. Hermione lui lança un petit sourire encourageant mais ne s’attarda pas à le réconforter. Elle se tourna vers Ron, qui avait recommencé à guetter par la fenêtre, et lui demanda s’il apercevait quelque chose.

Soulevant imperceptiblement un petit coin des rideaux rapiécés, il glissa :

« C’est encore calme, mais ça commence quand même à s’agiter un peu du côté du château. On ferait mieux de descendre. » décida-t-il.

Comme Draco se levait déjà à ces mots, la brune intervint, avec toute l’autorité qu’on lui connaissait :

« Non, toi Malefoy tu restes là. Je pense que toi et Harry avez encore des choses à vous dire. Nous, on va… assurer vos arrières. On viendra vous chercher quand tout sera sûr. »

Ron avait déjà filé par l’escalier, mais Harry se leva dans l’intention de dire un mot à Hermione.

« Je sais, Harry. » le devança-t-elle avec une fermeté qu’adoucissait son sourire bienveillant. « Mais tu n’as pas à nous remercier. C’est normal ce que nous faisons, nous sommes tes amis. » Et sans attendre de réponse, elle disparut elle aussi par la porte.

Après un petit moment, Harry se retourna pour faire face au blond. Celui-ci n’avait pas bougé du canapé, fixant le Survivant, semblant n’attendre qu’un geste de sa part pour s’animer. Rougissant légèrement sous ce regard inquisiteur, Harry finit par demander, un peu gêné :

« Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »

« Et bien, toi je ne sais pas… » répondit le blond en se levant et en s’approchant de son interlocuteur –faisant ainsi reculer Harry d’un pas anxieux. « Mais moi pour ma part j’ai très envie de t’embrasser. » conclut-il dans un sourire taquin tout en tendant la main vers la joue droite du brun.

Ce dernier eut à nouveau un brusque mouvement de recul et rejeta la main pâle, le visage rouge de colère :

« Arrête ! Qu’est-ce que tu fais ? »

Avisant, alors que le brun lui-même n’en semblait pas conscient, une boule d’énergie commencer à se former au creux de la main de Potter, Draco soupira et dit :

« Tu vois, maintenant ça va être ça notre problème : nous allons être pris entre l’envie d’être ensemble et l’envie de nous rejeter. C’est à devenir fou, je te le concède : entre ceux que nous étions avant, ceux que nous avons été pendant ton amnésie, ceux que nous sommes devenus… »

Le regard dur, le Survivant cracha :

« Et moi je crois que c’est justement là où tu te trompes… Que je sache, nous ne souffrons pas de dédoublement de personnalité. Nous avons toujours été nous-mêmes. Pas d’autres, suivants les moments. »

« Attends Harry, je ne te comprends pas, là… C’est toi qui disais que tu n’étais pas toi-même pendant ton amnésie. C’est toi qui me reprochais d’avoir désiré un autre que toi ! »

Le visage du brun perdit de sa colère. Il détourna le regard, mais cessa de chercher à fuir ou à se mettre en position de défense. Il se mordit la lèvre, hésitant, mais avoua néanmoins :

« Je m’étais trompé. J’ai vraiment voulu croire qu’en effet nous n’étions pas nous-mêmes pendant cette période… et en un sens c’était quand même le cas : nous avons assez changé pour vouloir nous rapprocher, nous donner… une autre chance. De nous connaître. » Il serra les poings, oscillant cette fois entre colère et résignation : « Oui j’ai voulu croire que celui qui t’avait fait confiance, qui s’était… donné à toi, ce n’était pas moi. Parce que je ne me reconnaissais pas ; je ne l’admettais pas. Mais… » Cette fois, il releva les yeux vers Draco, qui frissonna légèrement en découvrant l’expression si perdue et désemparée du Survivant quand il ajouta : « Mais à chaque instant mon corps me rappelle à toi. Même si j’essaie de l’ignorer, il ne fait que tendre vers toi… »

La voix de Malefoy fut étonnamment pleine d’amertume quand il répliqua :

« Ce n’est peut-être que du désir, ça ! Ca ne signifie pas que je compte pour toi. »

Piqué à vif, Harry cracha :

« Si c’était le cas, n’importe qui ferait l’affaire. Mais je n’ai envie de personne d’autre que toi ! »

Il avait lâché ces derniers mots sans réfléchir, de façon impulsive, ce qui arracha un sourire au blond. Ce dernier s’avança d’un pas, et ne put s’empêcher d’admirer le courage de Harry qui, bien que rouge et embarrassé, ne bougea pas.

Ne broncha pas quand il lui posa une main sur la joue.

« C’est vrai ça, petit lion ? » souffla-t-il d’un air taquin.

« Tu ne mérites pas que je te le dise… mais, oui. » bougonna Harry, toujours rouge, mais également légèrement amusé.

Il sursauta quand Draco lui caressa la joue, mais se laissa cette fois faire. Les prunelles émeraude fuyaient de nouveau les iris orage, ce qui arracha un nouveau sourire au blond.

« Pourquoi est-ce que je ne mérite pas que tu me le dises ? Ca me fait plaisir. »

Cette fois Harry fixa franchement son vis-à-vis.

« Justement. Je ne suis pas sûr d’aimer te faire plaisir. » déclara-t-il avec sérieux.

Nullement décontenancé, Draco sourit de plus belle, et encadrant le visage de Harry de sa deuxième main, il se pencha pour lui murmurer à l’oreille :

« Mais si, tu aimes ça. Crois-moi. »

Sans doute avait-il envie d’embrasser l’autre, de l’entraîner dans une étreinte où ils auraient perdu ensemble toute notion du temps et de l’espace. Mais…

Mais d’autres mots devaient encore être échangés, d’autres paroles devaient encore venir tisser ce lien ténu entre eux, pour que rien ne se perde.

Pour que rien ne s’oublie, cette fois.

Glissant timidement ses mains entre eux pour attraper du bout des doigts le col de la chemise du blond, Harry nota :

« Je ne t’ai jamais vu autant sourire… »

« C’est peut-être parce que j’ai enfin trouvé ma place. Je crois que je suis là où j’aurais toujours dû être. »

Fronçant les sourcils, le Survivant s’éloigna légèrement :

« Mais comment fais-tu pour être si sûr de toi ? Moi-même je suis encore tellement perdu… »

Le jeune homme haussa les épaules :

« Je te l’ai dit : après avoir tué l’autre, j’étais prêt à tout perdre. C’est paradoxalement le jour où j’ai décidé de renoncer à tout que j’ai enfin été sûr de moi. Alors forcément, » ajouta-t-il, plus léger, les yeux pétillant de nouveau : « pouvoir profiter encore de ces instants avec toi, alors que je ne les attendais plus, ça ne peut que me rendre heureux. »

« Tu sais que ça ne durera peut-être pas… Pour être honnête, je ne sais pas du tout ce qu’ont en tête Ron et Hermione. Je ne sais pas s’ils pourront te sauver. Et moi… » Sa gorge se serra brusquement, les larmes lui montant brutalement aux yeux : « Et moi je ne suis pas sûr de survivre si tu t’éloignes encore… »

Prenant le brun dans ses bras et tentant d’ignorer qu’il s’y tenait avec raideur plutôt qu’avec abandon, Draco lui murmura :

« Chut… Ecoute, nous aurons tout le temps de voir ça. Profitons juste de l’instant présent, sans penser au reste. »

« Je ne sais pas si j’y arriverais… »

« Quand tu étais amnésique, moi je ne savais pas combien de temps ça durerait. » intervint Draco avec colère. « Je pouvais te perdre à tout instant… dès que la mémoire te reviendrait. Mais j’ai profité de chaque instant. » Avisant un regard noir de Harry, il précisa, plus doucement : « Je n’ai pas profité de toi. Mais du temps avec toi. » Soupirant, Draco se passa une main dans les cheveux, et ajouta avec une sincérité rare chez lui : « Notre histoire ne ressemble peut-être à rien, elle est sans doute plus remplie de souffrance que de joie… et je ne peux rien te promettre quant à demain, parce que ça ne dépend pas de moi. » Il eut un sourire triste quand il conclut : « Mais si tout ce bordel te fait encore envie, je suis là. Franchement, ça pourrait me tuer de l’admettre, mais je m’en fous pas mal aujourd’hui : je tiens à toi. »

« Merlin, Malefoy qui devient limite grossier en parlant… c’est la fin du monde sorcier ! » rit Harry, conscient que ce propos hors-sujet lui évitait surtout de se confondre d’embarras et d’avoir à répondre dans l’immédiat aux sentiments de l’autre.

Mais avisant le regard plein d’attente de Malefoy, il finit par dire :

« C’est une proposition qui mérite qu’on y réfléchisse. Une vie qui ne ressemble à rien avec toi, mmh… » Il fit mine de réfléchir, se délectant de l’impatience presque insoutenable qui suintait de son interlocuteur, qui se contrôlait pourtant comme il le pouvait : « Oui, je crois que ça me tente. »

Draco ne répondit rien. Il se contenta d’attirer Harry contre lui et de lui embrasser le front.

Doucement.

Solennellement.

oOoOoOoOoOo

Tu as beaucoup fui dans ta vie.

Tu as beaucoup menti aussi.

Mais ce que tu m’as promis entre les lignes, aujourd’hui, ça vaut de l’or. Et je le sais.

J’espère juste ne pas tout gâcher.

Car si tu es sûr de toi, comme tout homme qui n’a plus rien à perdre ; moi je suis revenu ébranlé de la mort. Et j’ai du mal à me reconstruire.

Mais j’ai au moins envie d’essayer. D’essayer de croire en toi, et de te faire confiance.

J’en ai été capable une fois, après tout…

« Non, Mione, ce n’est pas ce qui était prévu… » souffla Harry en retenant le bras de sa camarade.

« Harry, rien n’était prévu, tu n’en sais rien ! » fit l’autre, exaspérée, tout en se dégageant de la prise de son ami, avant de se pencher pour détacher la main de Harry de celle de Draco. « Et toi, rentre complètement sous la cape d’invisibilité, veux-tu ! » gronda-t-elle à l’adresse du blond.

Ce dernier obtempéra sans mot dire, mais ce ne fut pas le cas du Survivant :

« Non mais tu trouves que c’est une solution, franchement ? Comment je peux le protéger, si… »

« Il peut très bien se protéger tout seul ! » s’emporta la brune en levant les bras au ciel. « Il est assez grand pour ça… »

« Il n’a plus de baguette… » précisa Harry, pensant tenir un argument imparable, que sa sorcière d’amie ne pourrait réfuter.

« Et bien donne-lui la tienne, puisque toi tu t’en passes très bien… » intervint Ron.

Harry fusilla son ami du regard, tout en s’exécutant cependant :

« Tu sais que ça me gonfle quand tu es de mèche avec Hermione… »

« Ouais, ben moi ça me gonfle que tu sois pote avec Malefoy et j’en fais pas toute une citrouille non plus… »

Sous la cape, Draco laissa échapper un petit rire, qui arracha un sourire amusé au rouquin. Interloqué et un peu désappointé, le Survivant précisa, bougon :

« J’suis pas sûr d’apprécier votre complicité à tous les deux, non plus… »

« Bon, assez traîné ! » intervint Hermione. Elle se tourna vers une personne restée dans l’ombre d’un pilier, et chuchota : « C’est bon ? Ca va aller ? »

« Mais oui, ne t’en fais pas ! » répliqua une voix chantante, qui arrivait à rester étonnamment optimiste malgré la tension suscitée par la situation.

« Tu n’étais vraiment pas obligée… » fit Harry en se mêlant à la conversation. « J’ai conscience que nous rendre service te met en porte-à-faux, et… »

« Taratata, Harry ! Arrête. J’ai accepté en connaissance de cause et rien ne me ferait changer d’avis. Tu es mon ami, je t’aide. Point. » répliqua-t-elle avec un joyeux aplomb.

« Tonks, tu es aussi Auror. » gémit-il presque, tout en s’approchant inconsciemment de l’endroit om se trouvait Draco, comme pour le protéger.

« Dès l’instant où je partirai avec Draco, je ne le serai plus. » Contrairement à beaucoup d’autres, Tonks n’avait aucune difficulté à appeler Malefoy par son prénom, voire à déjà le considérer comme un potentiel camarade de route sympathique.

Du bruit se fit entendre vers la porte d’entrée de l’école.

« Allez, on précipite les adieux et on se bouge… » fit Ron en revenant à grands pas vers le petit groupe. Posant une main sur l’épaule de son meilleur ami –geste aussi amical que destiné à le retenir s’il lui prenait l’envie aussi folle que subite de partir avec les deux autres- il glissa à la Métamorphomage : « Tonks, encore merci pour tout. Je te contacte dès que possible. »

« Pas de souci. Il sera en sécurité avec moi… Je prendrai soin de lui. » ajouta-t-elle avec plus de douceur, davantage pour Harry que pour les autres.

Le Survivant hocha faiblement la tête, et tendit la main dans la direction supposée de Draco. Mais il laissa son geste à l’état d’ébauche, et Tonks choisit ce moment pour filer par un des passages secrets de Poudlard, en compagnie d’un des fugitifs les plus recherchés du monde sorcier.

Après un petit silence, Hermione se retourna vers ses amis et dit, tout en désignant de la tête quelques groupes d’élèves qui sortaient des différents couloirs :

« Et maintenant, à nous de nous concocter une excuse valable pour justifier qu’on ait séché la matinée de cours. »


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