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: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Anime/Manga » Detective Conan/Case Closed » Tout se répète ou une vague impression de déjàvu

magicneo
Author of 6 Stories

Rated: K - French - General/Adventure - Kaito K. - Reviews: 5 - Updated: 01-26-08 - Published: 11-23-06 - id:3257721
Chapitre 1

Les deux hommes se regardaient fixement, souriants, l’air sur d’eux. Ils avaient tous les deux dans les vingt ans. L’un d’eux, vêtu de blanc, semblait toujours se moquer de l’autre ou des remarques que celui-ci lui faisait. Tenant son chapeau rabattu sur son visage, il ne bougeait pas d’un centimètre. Le fort vent qui soufflait à cette altitude ne parvenait ni à le déséquilibrer, ni à altérer son expression. Mais ce qui rendait la scène si étrange, c’était l’autre personnage. Vêtu d’un uniforme de lycéen d’un bleu foncé, il ne semblait pas lui non plus déstabilisé par les conditions atmosphériques. Il faisait peut être huit degrés, et ces deux personnages se tenaient là, semblant attendre que quelque chose se produise, étonnamment semblables et étonnamment différents.

Leur expression était identique. Un regard d’un bleu éclatant, dur comme le plus pur des diamants. Une aisance et un équilibre parfait. Une impression d’attente de chaque côté. Comme si chacun respectait l’autre, par le simple fait qu’il se trouve ici. Une même expression narquoise de chaque côté. Une expression qui disait : « je savais que tu serais là, tu ne m’as pas déçu. » Deux esprits froids et calculateurs.

Leurs habits étaient différents. Un uniforme de lycéen d’un côté. Un costume du plus pur blanc de l’autre. Une cape d’un côté. Rien de l’autre. Une chemise blanche d’un côté. Bleue de l’autre. L’un au bord du toit. L’autre à l’autre extrémité. Une veste bleue d’un coté. Blanche de l’autre.

Et un détective d’un côté, un voleur de l’autre. Le tout, sous l’éclat de la pleine lune, dont les rayons tombaient sur les deux protagonistes.

L’homme vêtu de blanc fit brusquement apparaître une pierre rouge, qu’il leva à la hauteur de son regard, et fit scintiller sous la lune.

« La Larme de sang… Magnifique n’est-ce pas ?

- Magnifique en effet… Et c’est bien pour cela que je compte la ramener à ses légitimes propriétaires.

- Seulement si tu le peux… Détective… »

Shinichi Kudo se réveilla en sursaut. Son esprit méthodique et ordonné chercha immédiatement la cause de ce réveil impromptu et inattendu. Un vacarme assourdissant venait de la rue. Il se leva en se frottant les yeux, ouvrit la fenêtre repoussa les volets, analysa la situation puis protesta :

« Dites donc, Professeur Agasa ! Vous ne pourriez pas faire un peu moins de bruit ?

- Désolé Shinichi ! » répondit un bonhomme avec un léger embonpoint et donc les tempes étaient grisonnantes. « J’ai presque réussi à la mettre au point !

- Vous appelez ça au point ? » fit Shinichi avec un franc éclat de rire. « Vous avez atterri dans mon jardin je vous signale ! »

- Et oui ! » répliqua le savant avec un clin d’œil. « J’ai bien dit « presque ! » Je n’atterris plus dans ton mur désormais ! »

Shinichi éclata alors franchement de rire. Aussi ridicules, farfelues ou chaotiques que soient les inventions du professeur Agasa, il n’en perdait ni son humour ni son optimisme. C’était en partie grâce à cela que Shinichi avait aujourd’hui retrouvé son corps d’origine. Son voisin et ami, aussi étrange soit-il, l’avait toujours soutenu quelles que soient les décisions qu’il avait prises. Et cela s’était révélé payant puisqu’il avait détruit l’organisation.

Il s’habilla rapidement, puis prit ses toasts qui commençaient sérieusement à avoir une couche de grillé supérieure à celle qui restait mangeable. Il étala malgré tout du beurre sur ceux-ci, en souriant, amusé à l’idée de ce que dirait Ran si elle le voyait se nourrir ainsi.

Alors qu’il sortait, il se retrouva face à elle. Il recula, surpris, tandis qu’elle avançait son visage à quelques centimètres du sien. Puis elle fit d’un ton d’une mère qui s’adressait à son bébé :

« Tu pourrais au moins manger proprement ! »

Elle l’attrapa par le bras, le força à reculer, passa devant lui, le mena jusque dans la cuisine (où elle en profita pour s’insurger de la vaisselle non faite dans l’évier et faire promettre à Shinichi de la faire dès le soir même) prit un torchon et lui essuya la figure. Puis elle ressortit en le traînant toujours par le bras. Elle ne le lâcha que pour qu’il ferme son imposante maison. Puis ils partirent ensemble, Ran lui faisant légèrement la morale comme quoi s’il voulait être détective il devait être un peu plus ordonné, ça faisait pas sérieux etc… La réponse de Shinichi fut aussi amusante que cinglante : avec un père comme celui de Ran effectivement elle n’était pas gâtée !

Il ne put continuer : une forte menace de karaté planait au-dessus de lui… Il préféra laisser de côté le père de Ran pour une chose bien plus importante : le quotidien national qui affichait un gros titre alléchant : « L’insaisissable Kid tentera de voler ce soir la fameuse Larme de Sang ! » Il acheta immédiatement le journal.

Le jeune détective franchit le seuil de la classe, jeta le journal sur sa table et s’y installa. Il le déplia et commença à parcourir l’article concernant le Kid. Après l’avoir lu, il plaça sa tête entre ses coudes. Ayant adopté cette position d’intense réflexion, il se mit à réfléchir au moyen d’empêcher le Kid de pénétrer dans le musée et d’accéder à la Larme de Sang. A ce moment un autre lycéen entra dans la pièce et vint voir le détective en pleine réflexion. Quelques secondes plus tard, celui-ci poursuivait l’autre lycéen qui riait comme un beau diable. Ils sortirent, passant devant deux lycéennes, une brune et une blonde qui les regardèrent s’éloigner en silence… avant d’éclater de rire. Elles rentrèrent dans la classe, et celle qui était blonde prit un air triste en voyant le journal.

« Une fois de plus… » murmura-elle.

Son amie la prit par un bras, la regarda, avant de lui dire :

« Tu sais bien que c’est ce qui lui donne une raison de vivre… Les enquêtes…

- Je préfèrerais qu’on soit ensemble, au moins pour une soirée ! » Répliqua la jeune fille d’un air furieux. « Est-ce que j’en demande trop ? Juste… Une fois… de temps en temps… »

Son amie la saisit par les épaules.

« Non, tu n’en demandes pas trop. Mais si tu l’aimes vraiment, tu dois accepter qu’il fasse face à ce genre d’imprévus… Puisque ça le rend heureux… »

L’autre essuya les quelques larmes, qui dans la colère lui étaient venues aux yeux. Lorsqu’elle releva la tête, il n’y en avait plus la moindre trace sur son visage. En revanche, il y avait de la fierté dans ses yeux. Ces yeux, qui quelques heures plus tard…

Shinichi franchit d’un pas ferme la porte en le couloir et la classe. S’asseyant à sa table, il ouvrit son journal et relut l’article. D’après celui-ci, le Kid tenterait à nouveau de s’emparer d’une pierre, la Larme de Sang. Celle-ci, gardée par un collectionneur privé, devait son nom à sa couleur rouge, qui était si forte qu’on aurait dit que du sang se trouvait à l’intérieur. Et elle devait enfin ce nom à sa forme, qui évoquait celle d’une goutte qui coulait. Il avait fallu, disait-on plusieurs années à un artisan pour la fabriquer sur commande. Sa valeur était donc quasi inestimable. Suivait une interview de l’inspecteur Nakamori qui expliquait pour la énième fois qu’il arrêterait le Kid, et un classique résumé des vols du Kid. Shinichi lut, par acquis de conscience la totalité de l’article. Il remarqua cependant un changement dans le résumé des vols du Kid… Celui-ci aurait déjà tenté par le passé, de s’emparer de la pierre… Et aurait échoué, tout autant que la police à la suite d’événements mystérieux. Shinichi fit la grimace. Rien là-dedans ne pouvait l’aider à arrêter le voleur qu’il respectait malgré tout. Il replia le journal et le rangea. Derrière lui Ran demanda :

« Tu vas faire quoi ?

- C’est évident, non ? Je vais aller au musée ! » Fit-il avec un sourire en se retournant vers elle.

Il s’arrêta cependant de sourire en voyant l’air triste qu’arborait maintenant son visage. Il se mordit imperceptiblement la lèvre. Il lui avait sûrement fait de la peine. Mais ils savaient tous les deux qu’il ne pouvait pas se permettre de manquer un affrontement avec le Kid. C’était une nouvelle occasion de l’arrêter. D’un autre côté, il devait bien reconnaître que cela l’embêtait de ne pas être avec Ran ce soir-là. Il s’était promis de passer un maximum de temps avec elle depuis son « retour ». Il l’avait fait, mais pas assez, au goût de l’un comme de l’autre. Il ne pouvait pas abandonner sa passion pour les enquêtes. Pas pour l’instant en tout cas.
Ran, de son côté, se disait que Shinichi exagérait, une fois de plus. Il la laissait encore tomber, derrière, comme il en avait l’habitude. Et elle en avait marre. Mais, elle devait cependant reconnaître que depuis son retour, Shinichi avait changé. Plus humble, parlant moins de Holmes et plus d’autres choses. Elle lui en était reconnaissante. Être avec lui, ce n’était plus subir des interminables « résumés » des livres de Conan Doyle. Alors, elle pouvait bien lui laisser cette entrevue… Comme une récompense… Mais à une condition…

« Fais ce que tu veux… Mais je veux y assister… » Murmura-elle à l’oreille de son ami avant de s’éloigner vers sa place.

Les deux lycéens rentrèrent et s’installèrent sans cesser de rire dans la salle de classe. Puis le détective reprit en rangea son journal. Ce faisant, il aperçut le visage de son amie, et à son expression comprit que quelque chose n’allait pas. Il releva la tête de son sac en demandant :
« Il y a quelque chose qui ne va pas ?

- Mais non idiot ! Tout va bien ! Évidemment ! » dit-elle en appuyant fort sur le dernier mot et en tournant les talons pour sortir à grands pas. Une fois dehors, elle fut saisie par les regrets, les remords et les inquiétudes : elle avait éclaté. Elle n’avait pas su se retenir. Qu’allaient penser son petit-ami, ses professeurs, sa famille ? Mais elle n’eut pas le temps de s’en faire davantage. Le détective était sorti, et se tenait derrière elle. Il demanda :

« C’est à cause de ce soir et du Kid hein ? Tu m’en veux pour ça ? »
Tout d’abord la jeune fille ne voulut pas répondre. Ce ne fut que lorsque son petit-ami l’eut prise sans qu’elle s’en rende compte, dans ses bras qu’elle lâcha tout en pleurant silencieusement un petit « Oui… » hésitant. Le détective recula tout en la tenant par les épaules :

« Je sais que tu n’aimes pas ça… Mais… Je veux l’arrêter. C’est devenu une affaire personnelle depuis le temps... C’est pour cela que je dois être là lorsqu’il apparaît… Par respect pour lui…
- Et me respecter idiot tu y penses ! »

La jeune fille tenta de faire demi-tour mais le détective ne lui en laissa pas l’occasion, lui serrant le bras plus fort.
« Attends… Prends ça… »
Il lui glissa un papier dans la main. Puis il la lâcha et rentra dans la classe avant qu’elle n’ait eu le temps de réagir. La jeune femme se retrouva, comme une idiote au milieu du couloir, un papier dans la main, interloquée.
« Mais… Mais… »

Elle déplia le papier. Il n’y avait pas de véritable phrase. Juste : « Demain soir, 20h, restaurant panoramique, Beika Center Building. » A cette lecture, son cœur se mit à battre. Son visage rosit légèrement. Elle mit quelques secondes à se calmer, puis elle rentra en classe…

Shinichi s’arrêta une seconde devant les portes automatiques du musée. Lorsque celles-ci furent ouvertes, il s’engagea à l’intérieur du musée. Il se dirigea vers l’ascenseur, montra au garde de sécurité le passe que le commissaire Maigret lui avait fait parvenir. Une fois que l’on lui en eu autorisé l’accès, il monta à l’intérieur, appuya sur le bouton indiquant le dernier étage. A l’ouverture des portes, quelques personnes se retournèrent, et le saluèrent. Il y avait là, bien évidemment le commissaire Maigret, l’inspecteur Nakamori qui comme d’habitude était en pleine agitation lorsqu’il y avait une affaire concernant le Kid, et à sa grande surprise, le détective Mouri, qui était si calme, que Shinichi n’en crut pas ses yeux. Ran lui avait dit que son père avait changé, qu’il était devenu plus sérieux, mais il n’en avait rien cru. Il avait même demandé, en dédommagement à Mouri, à ses parents de l’entretenir pour être sur qu’il ne se retrouve pas à la rue. Mais, à voir l’homme qui se trouvait devant lui, il n’y en avait plus la nécessité.

Il salua tout le monde, et faisant mine d’inspecter les fenêtres, il entraîna Mouri et lui demanda comment il allait et comment allaient les affaires. Sa réponse fut la seconde surprise de la soirée : tout allait bien, comme s’il avait pris de la graine de Shinichi. Rassuré, celui-ci demanda alors au commissaire des éclaircissements sur l’affaire.

Si quelqu’un avait prêté une attention particulière au bâtiment du musée de Beika, cette personne aurait pu voir un jeune homme en uniforme s’y glisser. Un jeune homme qui, à l’intérieur aurait grimpé quatre à quatre les escaliers menant au bureau du conservateur. Un bureau déjà bien occupé lorsqu’il y arriva enfin. Il y avait en effet deux inspecteurs dont l’un semblait d’ailleurs particulièrement énervé puisqu’il semblait en être à sa cinquième cigarette… en un quart d’heure. Il préféra donc s’adresser au second inspecteur, qu’il connaissait davantage puisqu’il venait de quitter le lycée, et surtout qui semblait beaucoup plus calme que son collègue. Il apprit ainsi que celui qu’on surnommait le Sorcier devait faire son apparition à minuit. Minuit précises. Il s’informa du service de sécurité prévu. Le jeune inspecteur lui répondit qu’un cordon d’une vingtaine de policiers serait posté autour de la Larme de Sang, trois seraient à l’avant du musée, trois autres à l’arrière, et quatre de chaque côté. Quant au toit, ne pouvant le faire surveiller, il avait décidé d’en faire garder la porte d’accès par un homme.

Le jeune détective fut impressionné par tout cet impressionnant détachement. Plus d’une trentaine d’hommes contre un seul ! Il fallait bien reconnaître que ça tenait la route. Mais en son for intérieur, le jeune détective sentait qu’on ne pourrait attraper le Kid ainsi. Il fallait une surprise. Quelque chose que même le célèbre voleur ne pourrait prévoir. Et il savait parfaitement quel genre de surprise il allait lui faire… Il allait l’attendre. Ce voleur l’intriguait. Qu’est-ce qui pouvait bien le motiver, au point de prévenir la police avant de commettre son méfait ?

Cette question restant sans réponse, le jeune détective se dirigea vers la salle ou se trouvait exposée la Larme de Sang, prêt à arrêter le Kid…

Ou tout du moins à essayer.



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