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L'air refroidissant des derniers jours d'octobre se faisait doucement ressentir sur sa peu peau vêtue pour ce temps de l'année, le faisant ainsi frissonner. L'herbe se froissait sous ses pas. Il avait, depuis peu, quitté la route pour s'engager dans un sentier de terre battue qui avait traversé le boisé menant au bord d'une rivière. Il aimait le bruit de l'eau se brisant sur les quelques pierres dépassant à la surface. Ça l'apaisait. Il venait dans cet endroit quand il en avait besoin, les jours où il se sentait moins serein. Comme aujourd'hui. Sauf que cette fois, il avait sentit le monde s'effondrer sur lui. Comment avait-on pu lui faire ça? Il avançait encore, un pied traînant devant l'autre, en tournant les images de ses pensées. Pourquoi lui avait-on fait subir ça? Il avait retenu ses larmes trop longtemps; maintenant, elles débordaient, ruisselaient sur ses joues rosies par la fraîcheur de la température. Quand il s'est enfuit, il n'a pas pensé prendre sa veste, mais il s'en foutait. Il pensait que rien de pire ne pourrait lui arriver maintenant que ça s'était produit. Un petit rhume ne serait donc pas la fin du monde puisqu'elle était déjà arrivée, cruellement, pour lui arracher celui pour qui il aurait tout donné, même son âme. Il se sentait, il était trahit. Pourquoi? Cette question revenait sans cesse dans sa tête, l'alourdissant à chaque pas, et cela finit par le faire tomber à genou, dans l'herbe qui semblait encore plus froide que l'air ambiant. Il laissa sa tête tomber dans ses mains. Des sanglots saccagèrent sa respiration. D'un coup, il la releva en hurlant, hurlant la douleur et la peine qu'on lui avait affligée. Il n'avait pas mérité ça alors pourquoi? Pourquoi? POURQUOI? Il se replia en petite boule et finit par s'endormir à la belle étoile, un peu contre son gré, alors que les larmes coulaient encore sur ses joues.
Dans son rêve, ou plutôt, son cauchemar, il revoyait toute la scène. Mais la fin fut troublée par quelque chose qui ne convenait pas à la véritable situation. Un voix familière appelait son nom. D'où venait-elle? D'à gauche? Non... À droite? Non plus... D'en avant? D'en arrière? D'en haut? D'en bas?
- Ça va? T'es pas mort quand même? Die!
On le secouait. Il ouvrit les yeux faiblement, il en avait pas la force, pas l'envie, en fait.
- J'aurais bien voulu l'être...
- Quoi ? mais qu'est-ce que tu racontes! Enfin... j'savais que je te retrouverais ici, mais pas dans cet états là! Lève-toi, tu me diras dans la voiture pourquoi t'es partit comme ça hier.
- À quoi bon... ça n'arrangera rien de reparler du passé...
- Justement, si ! Allez viens, dit-il en le tirant par le bras.
La nuit était tombée pendant qu'il dormait. Quelques rares étoiles brillait dans le ciel nocturne ennuagé. La lune elle-même était cachée derrière un gros nuage, ce qui donnait l'impression que la nuit était vraiment noire, presque glacée même. Il se laissa entraîner par l'autre dans la voiture, il n'avait pas envie de résister, ni à lui ni à qui que ce soit d'autre. Il s'installa, sans afficher d'expression sur son visage sur lequel l'herbe sur laquelle il avait dormit avait laisser des traces, à côté de celui qui était venu le chercher.
- Et pis c'est quoi aussi l'idée de partir sans ta veste! gronda-t-il en mettant le contact.
- Toshiya, j'ai pas la tête à ça... dit-il en accotant son front contre la fenêtre du côté passager.
- Bon alors, dans ce cas, j'te ramène chez moi, tu prendras un bon bain chaud, je te prêterai un pyjama et tu passeras la nuit chez moi! Et t'as pas intérêt à fuguer! De toute façon, ça te servirait à rien...
- Hnn... pas plus que de rester chez toi...
- Oh tu vas pas être aussi pessimiste pendant tout le trajet, tout de même?
- J'vois pas l'intérêt d'être optimiste...
- Ben moi, moi je vois pas l'intérêt de tout voir en noir comme tu le fais!
- ...ta gueule Toshiya... Tu sais pas dans quoi je suis en ce moment!
- Non je ne sais pas, puisque tu ne veux pas me le dire!
- ...
- Ben c'est ça! Arrête de causer!
Le bassiste alluma la radio pour combler le vide qui s'était installer dans la voiture depuis la dernière phrase qu'il avait ajouté. Pendant le reste du trajet, les derniers tubes, autant occidentaux qu'orientaux, défilèrent les uns à la suite des autres. Toshiya en chantonna quelques-uns, sans plus. Arrivés chez lui, Die sortit lentement de la voiture, et avança d'un pas lourd derrière son ami. Il soupira, il essayait de se convaincre qu'il n'avait pas envie d'être la, mais une deuxième petite voix dans sa tête lui disait que ça lui ferais sûrement du bien de parler au bassiste.
Il fit comme Toshiya lui avait dit de faire en allant prendre un bain chaud. Il en ressortit toujours avec la mine sombre, mais plus relaxée cette fois. Lorsqu'il ressortit de la salle de bain, en peignoir, il alla s'asseoir à côté du brun qui écoutais la télévision sur le canapé.
- Toshiya...
- Bon ça va maintenant t'es plus fâché?
- Roooh ça va hein!
- Ben quoi! Enfin... tu voulais me dire quoi?
- Laisse tomber! J'vais me coucher! dit-il en se levant brusquement
- Matte, Die! s'écria-t-il en se lançant à sa trousse. Qu'est-ce qui te prends!
- Qu'est-ce qui me prend? QU'EST-CE QUI ME PREND? ET TU ME DEMANDES ÇA À MOI? Premièrement c'est pas ''que'', mais ''qui'' et c'est pas moi, c'est Aoi!
- Hein?
Il ne voulut même pas lui répondre, il s'enferma dans la chambre. Il claqua presque la porte sur le nez de Toshiya. Il avait du culot de lui demander ça!
- Die... euh... Excuse moi... je... je pouvais pas savoir... Non, en fait.. j'ai pas de tact... ouvre-moi... s'il te plaît... j'suis désolé... je voulais pas, j't'assure.
Obstiné, Die n'avait pas l'intention de répondre de si tôt. Mais il se résigna tout de même à, enfin, lui ouvrir la porte; ses lamentations l'autre côté du panneau, en plus des coups qu'il donnait dessus, l'empêchaient de dormir. Cependant il lui jeta son regard le plus noir. Le bassiste, lui, affichait une mine déconfite et désolée. Et cette mine adouci celle du guitariste, qui alla se jeter dans ses bras et le pris au dépourvu. Sans rien ajouter, Toshiya l'emmena vers le lit et l'y fit asseoir à côté de lui. Le roux n'avait su retenir ses larmes plus longtemps. Elles coulèrent sur ses poings refermés sur le t-shirt pâle du premier. Et, malgré ses sanglots, il tenta de s'expliquer au bassiste:
- Je... les... je les ai vu, Toshiya! Ils... ils étaient dans... un coin de... de la cuisine... ( il renifla ) Ils... Ils s'embrassaient... et pis...
- Ben... je dois dire que ça me surprend pas vraiment, tu sais... Aoi est jeune, et pis il... euh... ben il est pas laid hein...
- Je sais mais... il est pas si jeune que ça... et pis... avec ce qu'il m'avait dit... j'aurais cru que... qu'il... que jamais il n'aurait fait... ça!
- Avec qui, au fait?
- ...
- Die?
- ... Shinya...
- QUOI !
- Et pis après... ils... ils se dirigeaient discrètement vers la chambre... à travers les gens... personne n'a remarqué... et pis je suis parti...
- Roh lala... Die, excuse-moi! j'aurais jamais dit ce que j'ai dit si j'avais su, je t'assure!
- Ça va... c'est pas ta faute... j'te l'avais pas dit...
Le bassiste resserra son étreinte autour du corps secoué par les sanglots du guitariste.
- Tu... Tu sais, Die... Je crois que... ça serait bien que vous parliez ensemble, Aoi et toi...
- C'est certain ! Parler c'est ce qui règle tout, hein ! fit le rouge, sarcastique.
- Mais c'est vrai, cette fois ! Et pour toutes les autres aussi ! Tu as besoin de savoir ce qui s'est réellement passé !
- Et qui me dit qu'il voudra bien me dire la vérité ?
- Écoute... Je vais faire mon possible pour t'aider... J'irai voir Shinya... lui dirai que je l'ai vu dans les bras de ton koibito...
- Fait ce que tu veux, mais je doute que tout s'arrange comme ça !
- Ça ne coûte rien d'essayer !
- Justement ! Vas-y !
- Die... arrête de t'en faire... Ça s'arrangera, je te le promets !
- C'est malsain de promettre ce qu'on sait impossible...
- C'est pourquoi je te promet ça, je sais que c'est possible ! Tu ferais mieux de te reposer, maintenant... il reste encore quelques heures à la nuit...
- Toshiya ?
- Quoi ?
- Qu'est-ce que tu faisais là, au beau milieu de la nuit ?
- Die... je t'ai vu partir... Et je savais bien à la tête que t'avais que je te retrouverais là...
- Il ne faisait même pas vraiment noir quand je suis parti...
- J'ai attendu de voir si tu reviendrais par toi-même... voyant au bout de quelques heures que c'était pas le cas, ben je suis partit je t'ai trouvé là-bas...
- Il est quelle heure ?
- Minuit et quelque... presque une heure... Bon, allez ! Je te laisse mon lit, je dormirai sur canapé. Bon reste de nuit !
- ... Merci... toi aussi...
Le brun se leva, regarda son aîné se glisser sous les couvertures et se retourna sans fermer la porte pour aller finir sa nuit sur son sofa.
Le lendemain matin, Toshiya se réveilla avant Die, ce dernier ayant dû s'endormir épuisé par ses larmes. Il lui laissa une note sur le réfrigérateur, sachant qu'un Die au matin c'est aussi affamé qu'un lion qui n'aurais pas mangé depuis une semaine, donc qu'il verrait le mot disant qu'il était partit chez Shinya. Il ne voulait pas le réveiller, même s'il était tout près de midi, parce qu'il ne tenait pas vraiment à se faire assassiner. Donc, il était monté à bord de sa voiture et avait roulé jusqu'à chez le batteur de Dir en grey. Il frappa vigoureusement à la porte, une fois qu'il y fut. Au bout d'un moment, son cadet, les yeux encore pleins de sommeil, vint lui ouvrir.
- Toshiya ? Qu'est-ce que tu fais ici... ? On a même pas de répèt' aujourd'hui...
- Je sais ! Seulement... Il faut que je te parle... Au fait... J'te réveille ?
- Non, non... ça va, j'aurais dû me lever il y a longtemps de toute façon... Entre...
- Passé une grosse nuit ?
- Hum... Je fais du café, t'en veux ?
- Non, merci, ça va ! J'ai dormi, cette nuit, moi !
- ... Qu'est-ce qui te fait dire que c'est pas ce que j'ai fait ?
Le bassiste attendit que le plus jeune soit revenu au salon, sa tasse fumante à la main avant de répondre, prenant une grande inspiration d'abord.
- Ce qui me fait dire ça, c'est que c'est pas ton genre de te lever aussi tard...
- Voyons ! Comme si tu étais avec moi vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! coupa le châtain.
- Et aussi que Die t'as vu hier...
- Ben je sais que Die m'a vu hier ! Il était à la fête lui aussi !
- Oui, je sais, mais lui t'as vu dans les bras d'Aoi !
- N'importe quoi !
- Shin !
- C'est n'importe quoi, j'te dis !
- Une autre façon de dire que ça t'amuse de blesser les gens comme ça, je suppose !
- Franchement, Toshiya tu m'écœures !
- Mais c'est toi qui es écœurant, Shinya ! Tu crois que Die aurait tout inventé ça pour rien, juste parce qu'il s'ennuyait ?
- Va-t'en...
- Pas avant que tu m'aies dit pourquoi t'as fait ça !
- J'ai pas fait ça, comme tu dis !
- Vraiment ?
- ...
- Shin, voyons ! Soit raisonnable !
Le batteur soupira.
- Je sais pas pourquoi j'ai fait ça, d'accord ?
- Non, pas d'accord ! Pourquoi Aoi et pas un autre ?
- ...
- Hein ?
- ... Parce que les autres étaient pas assez bourrés pour me faire des avances ?
- HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN ! Mauvaise réponse !
- Toshiya !
- Oui ? Qu'est-ce qu'il y a ? Mais je t'en prie ! Raconte-moi tout ! fit-il sarcastiquement.
- Je t'ai dit de t'en aller !
- Si ça te fout en rogne comme ça, c'est qu'il y a quelque chose, ne ?
- ... J'ai fait ça parce que j'en avais envie ! Je voulais pas passer ma nuit tout seul et pis c'est sur Aoi que je suis tombé en premier !
- Si seulement ça pouvait être aussi simple...
- Toshiya, bon sang ! Qu'est-ce qui te faut de plus ? J'ai fait ça sur un coup de tête et l'alcool a pas aidé, d'accord ? C'est tout, ça fini là !
- Et...
Toshiya s'interrompit, il avait entendu un bruit.
- Il est encore ici ?
- Euh...
Le bassiste se leva et fit un pas vers la provenance du bruit avant de se faire couper le chemin par Shinya.
- Non, attends !
- Ça fait pas un peu cliché, ton truc ? Tu viens juste de me prouver qu'il est toujours là !
- Oui mais... bon... Ok, j'ai agit sous une pulsion sexuelle typiquement masculine... et probablement que lui aussi... et pis... après on sait ce qu'il va se passer, hein ? Je vais regretter, Aoi aussi... et on va demander pardon à Die... et il lui retombe dans les bras ! C'est aussi simple que ça !
- ...
Toshiya le regarda d'un air sceptique.
- Non ? reprit le batteur.
- Ça reste à voir...
Un léger bruit de pas se fit entendre et la porte de la chambre principale s'ouvrit.
- Shin-chan... qu'est-ce qui... commença la voix d'Aoi qui sortait de la pièce en peignoir plus ou moins bien attaché, se cheveux noirs en bataille.
- Pulsion sexuelle typiquement masculine, ne ! Dites, c'était pas un peu prémédité votre truc ?
- ...
- Euh...
- J'en déduis donc que oui ! C'est pas vraiment... gentil, hein ! Surtout de ta part, Aoi !
- J'ai bien l'impression que tu devrais pas de mêler de ça, Toshiya... fit le guitariste.
- Peut-être, mais mon impression à moi, c'est que ça s'arrangera pas comme il le faut, si je ne m'en mêle pas ! Et comme je doute que vous vouliez répondre à un interro ce matin... ce midi en fait, je vais exaucer le souhait de Shinya et partir d'ici au plus vite ! Sayonara !
Et il quitta l'appartement pour revenir chez le roux, un peu fâcher, il fallait se l'avouer, pour son meilleur ami de qui on s'était royalement joué.
- Te revoilà ? demanda ce dernier alors qu'il mettait les pieds dans le living room.
- Ouais ! Et j'ai des nouvelles pas très fun, je dois dire !
- ... Ah ? À propos de... ? interrogea-t-il, inquiété par l'air du benjamin.
- Oui, à propos de... ! Il se trouve que c'était arrangé, leur truc !
- Voyons ! Toshiya ! Sois pas bête, tu veux ! fit le rouquin, mal assuré.
- Je le voudrais bien ! Tu vois, ça doit pas être la première fois que ça arrive, sauf que cette fois, ils se sont fait prendre la main dans le sac... ou dans le slip !
- Non, mais c'est pas vrai ! s'écria Die, en qui Toshiya avait déclenché une rage noire avec ses dires.
- Je t'avais dit que c'était pas rigolo !
- Ils ont pas vraiment fait ça, hein ?
- ... Je crois que si...
- Ils ont fait ça !
- ... M'ouais...
- Il ont... fait... ça...
- Huhum !
- Alors qu'est-ce qu'il foutait avec moi, l'autre connard !
- Ben ça, j'en ai aucune idée ! Faudra lui demander !
- Ah ça non ! J'veux plus le revoir !
- ... Ça risque de poser un problème...
- Pourquoi ?
- Parce qu'il faut que ça se règle mieux que ça si on veut que le groupe survive. Souviens-toi que Shinya est aussi impliqué là-dedans !
- ... Hnn
- Alors ?
- ... d'accord, mais c'est pas moi qui vais le voir !
Le bassiste soupira, en murmurant un : "C'que tu peux être bébé !" que Die n'entendit apparemment pas.
- Tu veux pas que ça s'arrange, alors ?
- Ça s'arrangera pas comme je le veux, de toute façon...
- Oui, mais je crois qu'il vaut mieux pour vous de ne pas vous quitter en ennemis...
- C'est impossible, ça, tu le sais bien ! Même si je lui crache que je le déteste, tout le monde saura qu'au fond c'est pas le cas, c'est seulement que je lui en veux de me faire ça !
- C'est comme ça dans toutes les relations qui prennent fin, Die... Et crois-moi, vaut drôlement mieux de se quitter amicalement... ou du moins pas trop méchamment...
- Ah bien sûr, parce que c'est pas méchant ce qu'il fait, hein !
- Die ! C'est pas ça que je veux dire !
- Je sais...
- Tu m'exaspères !
- Dans ce cas, tu sais où se trouve la sortie !
- T'es chiant...
- Raison de plus pour sortir !
- Die, sois adulte pour une fois ! s'emporta le plus jeune. Je sais bien que t'as le cœur en miette, que t'es triste, fâché, frustré, déboussolé, défait ou je sais pas quoi encore ! Mais c'est pas la bonne façon de prendre les choses ! Alors tu vas prendre le temps de réfléchir un peu à tout ça au lieu de balancé un tas de connerie à gauche et à droite ! Faut que tu fasses le point ! S'il te disait qu'il t'aimait, mais qu'il allait voir ailleurs, c'est qu'il devait y avoir quelque chose ! Il devait sûrement y avoir des signes ! Essaie d'y penser...
- Mais je vois vraiment pas, Totchi... tout était... parfait... oui, parfait !
- Rien n'est jamais parfait, Die...
Sur ce, exaspéré, le brun tourna les talons pour sortir, mais le guitariste l'interpella.
- Quoi ?
- Attends... part pas tout de suite...
- Pourquoi ?
- Tu voudrais pas rester un peu avec moi ?
- Pourquoi ? fit-il un peu plus sèchement que la première fois.
- ... J'veux pas rester tout seul...
- Si tu crois que j'vais te laissé tomber dans mes bras !
- Non, m...
Trop tard, il était parti. Die pesta un moment contre lui derrière la porte fermée et fini par retourné s'asseoir dans son canapé, l'air boudeur et plein de rage à la fois.
Puis, mettant son orgueil de côté, en se disant, en fin de compte que Toshiya avait raison, il décida d'aller rendre une petite visite surprise à Shinya. Il prit toutefois bien le temps de saisir sa veste et ses clés, puis d'emprunté l'escalier au lieu de l'ascenseur. Il garda la tête baissée tout en ruminant ses sombres pensées et descendant jusqu'à l'entrée, où il eu l'infortune de rentrer dans ce qui, à première vu, lui sembla être un quelconque étranger. Sauf que lorsqu'il leva les yeux, il constata que le visage qu'il vit lui était bien connu.
- Ah, c'est toi... dit-il avec froideur.
- ... Euh... ouais...
- C'est justement toi que j'avais envie de voir !
- Tu... T'as envie de me voir ! Mais Toshiya a dit que...
- Je sais ce que Toshiya a dit ! Et je sais ce que vous lui avez dit aussi. Je sais ce que vous avez fait, Shinya et toi. Je sais que Shin sait que je le sais. Et je sais aussi que tu le sais...
- Oui... Alors pourquoi tu...
- Pourquoi je voulais te voir ?
- Ouais...
- Parce que je voulais... je veux toujours savoir, d'ailleurs, pourquoi. Pourquoi vous avez f... non, pourquoi tu m'as fais ça ?
- Euh... je... bégaya le plus jeune
- Tu m'as fait mal, Aoi... vraiment mal... fit le rouquin, les yeux s'emplissant de larmes.
- Je sais...
- Si tu sais, alors c'était quoi ton but, merde ! s'emporta-t-il
- Premièrement, il faut que tu saches que je savais que ça se finirait mal, cette histoire, je savais qu'un jour tu finirais par l'apprendre... Je savais que c'était mal, ce que je faisais, que c'était dangereux. Je jouais avec le feu... Je savais tout ça, apparemment j'en ai pas tenu compte...
- Pourquoi ! Tu mentais depuis le début, alors ! Je suis si bête que ça ?
- Non, je te mentais pas, Die... J'ai jamais réussi à faire une telle chose, ni avec toi ni avec qui que ce soit d'autre avant... Je t'ai seulement pas dit un ou deux trucs...
- Ça veut dire quoi, tout ça, bordel, enfin !
- Ça veut dire que je t'aime quand même... !
- Quand même ? Et c'est là que je suis censé te retomber dans les bras ? T'as pas vu que la poignée est pas si grosse que ça dans mon dos ?
- Non, c'est pas ca que je voulais que tu comprennes, Die...
- BEN ALORS QUOI !
- Calme-toi... s'il te plaît... écoute... euh... C'est pas ce que tu crois qu'il arrive... parce que tu sais... Shinya... je l'aime pas...
- Ça t'a pas empêché de coucher avec, pourtant !
- Die ! On a pas besoin d'aimer quelqu'un pour coucher avec !
- Pour moi, si !
- Moi, je suis pas comme ça, tu vois...
- J'ai cru remarquer, ne ! Et tu vas me dire qu'avec moi t'as l'amour, la tendresse, la douceur et tout et tout... en plus d'un toit que tu ne paies pratiquement pas, mais ça tu ne le diras pas ouvertement ! Et après tu vas dire qu'avec Shinya, t'as le reste ?
- ...
Aoi avait ouvert la bouche pour ajouter autre chose, mais rien de cohérent n'était sorti, seulement un sanglot.
- Ça va tu peux arrêter les larmes de crocodile, Aoi... !
- Arrête, Die, je suis pas comme ça ! C'est pas vrai ce que t'as dit... c'est pas vrai ! C'est pas comme ça que je vois les choses ! Et c'est à cause de ça que je peux pas garder une relation longtemps... ! Je me déteste Die ! Si tu savais comme je me déteste... mais je suis incapable de me changer... il faut que j'aille voir ailleurs, même si je suis parfaitement heureux avec la personne que j'aime... Je sais pas pourquoi je suis comme ça... je sais pas pourquoi il faut que je fasse souffrir les autres... Mieux aurait valu qu'on ne se rencontre jamais...
- ...
- Si tu veux plus rien savoir de moi, je comprendrais... ça aura pas été la première fois...
- Je suis en train de me demander si je dois te croire, où si tu me joues encore la comédie...
- Tu as raison, j'aurais dû faire acteur au lieu de guitariste...
- Et Shinya le sait tout ça ?
- ... Hai... de... dès la première fois, on a mis les choses au clair... et... on a reparlé avant que je m'en vienne ici... Et on s'est mis d'accord pour qu'on arrête de se voir, lui et moi...
Le plus âgé jeta un regard sceptique à l'autre tout en prenant son téléphone portable dans la poche de son jean. Il composa un numéro qu'Aoi savait être celui du batteur de Dir en grey. Il en vint à se ronger les ongles de nervosité.
- Salut Shinya... !
- Ha... Die, c'est toi...
- Je viens de parler à Aoi...
- Écoute, Die... Sincèrement, je suis désolé, je sais vraiment pas quoi te dire d'autre... !
- C'est vrai ce qu'il m'a raconté ?
- ... Euh... Oui... Oui bien sûr que c'est vrai... Tu ne lui fais donc pas confiance ?
- Franchement, Shinya, après ça, je crois pas, non...
- Je vois... Tu sais malgré ça, tu devrais quand même lui faire confiance... Aoi c'est quelqu'un d'honnête...
- Ouais c'est ça ! Honnête alors qu'il couche avec toi en omettant de me le dire ! C'est ça que tu appelles honnête !
- Il a seulement fait qu’omettre de te le dire, il n'a pas menti sur le sujet, vu que tu ne lui jamais posé la question !
- Franchement Shinya, tu me dégoûtes !
- Hey ! Viens pas me faire croire que toi, ça t'est jamais arrivé de voir une autre personne et de te dire : « Ha, elle est bonne, celle-là ! » ou « Ha, il est bon celui-là ? » ! Viens pas me faire croire ça, Die, parce que je sais que c'est faux... Tout simplement parce que toi aussi t'es un homme et que tous les hommes pensent comme ça ! Ce qui est arrivé entre Aoi et moi, je suis d'accord, n'aurait jamais dû arriver, et ça n'aurait jamais arrivé si la première fois qu'on s'est tombé dessus, on avait été sombre. Néanmoins, c'est la même chose dans notre cas que dans ce que je t'ai expliqué tout à l'heure !
Sans rien dire d'autre, plus en colère contre tout le monde qu'autre chose, Die raccrocha au nez de celui qui avait déjà été son ami. Il se retourna vers Aoi, lui jetant un regard noir.
- Ano...
- Ta gueule Aoi, j'veux plus rien entendre... C'est trop... C'est trop... C'est con ! Voilà tout ! J'vois pas comment on peut expliquer ça autrement ! Merde...
- Demo... Die...
- Rentre chez toi, Aoi...
- Mais chez moi, c'est chez toi, Die !
- Alors loues-toi une chambre !
- Je voulais tellement pas que ça se passe comme ça, Die... geignit le brun.
- Vas-t'en.
L'aîné lui tourna le dos, encore plus énervé que lorsqu'il était descendu, à l'origine pour se rendre chez Shinya, et rentra chez lui, laissant l'autre qui ne savait que dire d'autre pour convaincre Die qu'il était sincère. Une fois de retour dans son appartement, toujours aussi en colère, sinon plus parce que tout ce qu'il voyait lui rappelait son amour perdu. En ayant assez de tout gardez en dedans, il prit une grande inspiration qu'il relâcha en un hurlement de rage et de douleur qu'il soutint jusqu'à ce qu'il n'ait plus d'air dans ses poumons. Voyant rouge, il attrapa la première chose qui lui tomba sous la main, c'est à dire la première tour de leur collections de CDs, et la fit violemment tomber sur le sol avec fracas, puis fit de même avec la deuxième et la troisième avant de se mettre à donner des coups de pieds dans ce qui venait de se retrouver sur le tapis. Une des tours métalliques alla fracasser une des pattes de la table basse du salon, une autre brisa une fenêtre et dut se retrouver sur le trottoir, quelques étages plus bas, alors que la dernière finit sa course dans un mur qu'elle bossa. Les CDs, quant à eux, pour une bonne partie, ce fut la fin de leur vie, pour ce qui est du reste, ils se retrouvèrent éparpillés un peu partout dans la pièce et ses environs. Ensuite, ce fut au tour du téléphone qui se brisa contre un mur, des coussins éventrés du sofa, des feuilles de compositions d'Aoi pour Gazette qui furent déchiquetées puis jetés aux quatre vents, de l'ordinateur qui fut projeté contre son écran qui vola en éclats et de la table déjà brisée du salon qu'il lança tout droit dans la télévision qui, lui aussi, traversa une fenêtre pour aller embrasser le bitume avec une partie de leurs nombreux DVDs. Son regard s'arrêta sur les photos d'eux rangés dans la bibliothèque. Un énorme point sur le cœur, il cassa un à un les verres protecteurs des cadres pour en extirper les photographies qu'il déchira, jusqu'à ce qu'il en soit à la dernière, celle que, jusqu'à maintenant, il avait toujours préférée aux autres. Il la fixa un moment, il savait qu'Aoi l'aimait beaucoup, lui aussi, cette photo d'eux deux. Les larmes lui montèrent aux yeux et coulèrent sur ses joues, il commençait à se calmer, mais il la déchira, elle aussi, comme toutes les autres, sauf qu'au lieu de la lâcher sur le sol jonché de débris, il en posa les morceaux sur la table de la salle à manger. Éclatant en sanglots, il cria encore et ficha son poing dans le mur dans lequel le gypse avait cédé et avait fait un trou d'une assez belle taille. Calmé et plutôt atterré par les événements, il trouva un coin toujours dégagé de tous les dégâts et se laissa tomber assis sur le linoléum de la cuisine, laissant aussi libre court à ses larmes aussi furieuses que lui. Au bout d'un moment, il se releva et enjamba le désastre qu'il avait créé pour se rendre jusqu'à la salle de bain. Il mit le bouchon de la baignoire en place et ouvrit les robinets. Essuyant les quelques gouttes roulant encore sur ses joues, il se dévêtit sans grand enthousiasme, ferma les robinets et se glissa dans l'eau jusqu'à en avoir par-dessus la tête. Il n'avait jamais entendu la porte d'entrée s'ouvrir puis se refermer, un peu avant.
Il n'ajouta rien quand Die se retourna, énervé, pour rentrer chez lui. Ne sachant plus quoi faire, il tourna en rond dans le stationnement pendant un instant, puis se résigna à monter, lui aussi. Mais lorsqu'il arriva sur l'étage, il se rendit vite compte qu'un vacarme épouvantable venait de l'appartement. Il attendit un peu après que le boucan soit passé pour entrer, sans trop de bruit. Il entendit les clapotis de l'eau qui coulait dans la baignoire et vit la porte entrouverte de la salle de bain. Il s'approcha et le vit. Il le vit enlever ses vêtements, fermer les robinets, se glisser dans l'eau, se submerger... Il retint son souffle. L'autre ne remontait pas pour reprendre le sien... Il sortit son portable de sa poche et appela Toshiya, à qui il parla tout bas.
- Toshi... Je crois que tu ferais mieux de te ramener ici... Je crois que Die est en train de faire une connerie...
- Aoi ?
- Fais vite, je t'en prie...
Il raccrocha sans en dire plus, il savait qu'il viendrait.
En effet, fort peu de temps après, le bassiste put constater l'ampleur des dégâts, sans toutefois voir ni Aoi, ni Die.
- Aoi ? Die ?
Il regarda au salon, à la cuisine, dans la chambre et, enfin, dans la salle de bain.
- Kamisama ! Die ! s'écria-t-il en se lançant à sa rescousse.
Il commença par l'asseoir dans la baignoire, lui claquant un peu les joues, sans grands résultats. Il essaya quelques autres choses, mais il finit par lui faire le bouche à bouche en plus d'un massage cardiaque, ce qui le ranima, à son grand soulagement. Le roux toussa, recracha de l'eau et faillit échapper aux mains de Toshiya pour se retrouver une nouvelle fois sous l'eau. Avec autant de mal que de bien, le bassiste le sortit de la baignoire, l'enveloppa dans une grande serviette éponge et le traîna jusqu'à sa chambre où il l'installa, à demi inconscient, dans son lit, au chaud, sous les couvertures.
- Tu m'as fait une de ces peurs, Die ! Aoi a eu raison de m'appeler...
- Aoi... murmura-t-il.
- Oui, Aoi !
- Aoi... t'a appelé...
- Oui, il m'a appelé, je sais pas il était où, mais son intuition a été bonne, cette fois.
- Pourquoi il t'a appelé... Toshiya ?
- Je sais pas, Die... Il m'a appelé en disant qu'il avait peur que tu nais fait une grosse connerie... Je me suis donc amené le plus rapidement que j'ai pu... je suis content de pas être rentré immédiatement chez moi, après être parti d'ici...
- Pourquoi tu m'as sorti de là... ? chouina le roux.
- Et toi, pourquoi t'as fait ça ? Cette situation-là ne vaut pas la peine que tu meurs pour ça !
- ... Ce... C'est vrai...
Un petit sourire se dessina sur ses lèvres.
- Et qu'est-ce qui s'est passé de l'autre côté ?
- Je... J'ai vu Aoi, juste avant... On a... parlé... Je ne le comprends pas Toshiya...
- Et tu veux que je te dise quoi ? Je ne connais pas Aoi plus que ça... Je ne sais pas ses raisons d'avoir agi ainsi, je ne sais pas non plus si, dans ce qu'il t'a dit, il a été honnête ou non, je ne sais même pas ce qu'il t'a dit, d'ailleurs !
- Aide-moi, Toshiya, je t'en prie... !
- Et comment veux-tu que je fasse ça ! L'histoire ne me concerne pas... Je peux te soutenir moralement, mais je ne peux pas faire mieux que ça ! ... Tu devrais te reposer, on a une répétition, demain, et je ne crois pas que Kaoru serait heureux d'apprendre qu'on la manque.
- On ?
- Oui, parce que je reste avec toi, je veux pas que tu fasses d'autres bêtises. Et pis faudra bien ranger tout ça !
- ... T'as pas à faire ça... C'est de ma faute si...
- C'est pas grave, Die.
- Mais tu vas t'emmerder... ! J'ai plus de télé !
- C'est pas grave, Die, j'te dis ! Je vais m'occuper, t'inquiète pas !
Le plus jeune des deux amorça quelques pas vers le salon, mais s'arrêta sur le pas de la porte.
- Tâche d'au moins essayer de dormir...
Et il referma la porte.
Il avait fait du ménage pendant une partie de la soirée avant de finalement s'étendre sur ce qui restait du sofa et de s'y endormir. Ce fut un bruit dans la pièce qui le réveilla. Il ouvrit les yeux et vit Die, à moitié réveillé, qui venait probablement de se cogner sur un objet qu'il ne put identifier en se rendant à la salle de bain. Il en sortit avec le même air bouffi que lorsqu'il y est entré.
- Il est quelle heure ? demanda le brun en s'asseyant.
- Dix heures... fit l'autre entre deux bâillements.
- Dix heures ! Mais la répèt' est pour dans une demie heure ! Grouilles-toi ! Vas t'habiller !
- Ano... Kaoru a appelé tout à l'heure pour...
- Die, j'ai mis ton téléphone à la poubelle, hier, parce que tu l'avais salement amoché...
- Et... Il a appelé sur mon portable...
- Vraiment ? Et qu'est-ce qu'il t'a dit ?
- Que euh... ano...
- Die, arrête ça, Kao n'a pas appelé... !
- Mais j'ai pas envie d'aller là-bas !
Pourquoi, dis-moi ?
Parce que Shinya sera là... !
- Bordel, Die ! T'es plus un gamin ! Sois plus mature ! Oui, peut-être que Shinya a coucher avec ton copain, même qu'ils l'auraient fait plusieurs fois, mais Shinya fait aussi partie de Dir en grey, au même titre que toi ou moi, alors faudra faire avec !
- Bien sûr, toi, tu dis ça parce que ça t'es jamais arrivé...
- Et avec qui Yumi sortait avant que se marier à Kaoru ?
- ...
- Bon, tu vois ! Maintenant, vas t'habiller, vite !
- D'accord, soupira le guitariste, retournant à sa chambre alors que l'autre partait vers la cuisine pour préparer du café instantané qui était déjà prêt lorsque Die revint.
Ils les burent dans le temps de le dire, saisirent leur veste respective et descendirent en deux temps, trois mouvements pour se rendre jusqu'au studio où avait lieu leur répétition. Il était dix heures trente pile lorsqu'ils y mirent les pieds. Cependant, seulement Kaoru et Kyo étaient déjà présents et la présence du blond était justifier par celle de l'autre guitariste qui avait dû passer le prendre, sinon il aurait probablement été le dernier arrivé. D'ailleurs, ça n'était pas vraiment dans les habitudes de Shinya d'arriver en retard.
- Salut, vous deux, fit le leader en les voyant arriver.
- Salut ! répondit seulement le bassiste.
- Hey bah ! Le rouge de guitariste a pas l'air d'être dans son assiette, aujourd'hui ! Une baise de merde la nuit dernière ?
La remarque du chanteur fut accueillie par un regard meurtrier de la part de Die et de l'air qui disait : "T'aurais franchement pas dû dire ça, Kyo !" de Toshiya.
- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ?
- Un truc qui fallait pas, s'empressa de répondre le brun pour empêcher l'autre de lâcher une réplique cinglante.
Ce fut avec les mines intriguées de Kyo et de Kaoru qu'ils allèrent tous préparer leur instrument ou micro en attendant leur batteur. Ils étaient intrigués, mais savaient être raisonnable et n'avaient pas posé davantage de questions.
Ce n'est seulement que quinze minutes plus tard que le cinquième membre de Dir en grey se pointa. En le voyant, Die sentit de nouveau la vague de colère qui l'avait envahi la veille le remplir à nouveau.
- Monsieur a la pêche, il a passé une bonne nuit, visiblement, dit-il avec sarcasme.
- Et toi, ton nounours était pas assez douillet ? Il t'a pas laissé faire ce que tu voulais avec ?
- J'avais dit que la répétition commençait à dix heures trente, Shinya, pas onze heures moins cinq, les interrompit le leader.
- Gomen, Kao, j'ai eu un empêchement de dernière minute...
- Ouais, dans le genre d'un compagnon de douche, rappliqua le roux.
Ma vie personnelle ne te regarde pas le moins du monde, Ando !
Deux paires d'yeux écarquillés par la stupéfaction, ceux de Kaoru et de Kyo, se posèrent sur le batteur, puis sur le guitariste.
- Quand elle met mon petit ami en jeu, oui, ça me concerne !
- Les gars... Vous pouvez pas laissez vos... démêlés amoureux de côté le temps de la répétition, s'il vous plaît ? leur demanda l'autre guitariste.
Sans mot dire et l'air hautain vis-à-vis Die, Shinya s'installa derrière sa batterie.
- Non, mais comment ils en sont venus à se haïr comme ça ? questionna Kyo à voix basse, à Toshiya.
- Je te raconterai ça plus tard...
La répétition commença avec une certaine tension. Ça se faisait sentir surtout chez Die qui ratait plusieurs accords.
- Putain, Die, concentre-toi ! s'exclama Kaoru après deux chansons.
- Il peut pas, son neurone est pas connecté, ce matin.
- Et toi, si t'avais appris à battre ailleurs que dans le beurre, ça irait peut-être mieux !
- Les gars, s'il vous plaît !
- Tu préférerais peut-être que je pratique sur toi ?
- Essaie toujours, Je devrais pas avoir trop mal, tu manques un temps sur deux !
- Les gars !
- Au moins, moi, mon petit ami me trompe pas !
- Pf ! Et avec raison ! T'en a pas ! T'as qu'une liste interminable de conquête sans lendemain ! C'est pathétique !
- Mais ça règle tous les problèmes !
- Viens pas me faire croire que t'es heureux là-dedans !
- Pourquoi pas ?
- Vos gueules, bon sang ! perdit patience Kaoru. Vous réglerez ça plus tard !
Il continuèrent encore un moment, mais ce fut pire qu'avant cet intermède.
- Mais merde ! Vous me faites quoi, là !
- Die est pas capable de se concentrer, le pauvre ! Il a la tête ailleurs, il pense à Aoi et ça le rend jaloux parce qu'il sait que j'ai couché avec son petit copain plus de fois et en en tirant plus de satisfaction que lui-même !
Avant que quelqu'un d'autre n'ait le temps de réagir, Die, fou de rage, se défit de sa guitare qu'il laissa tomber par terre et se jeta sur le châtain, lui donnant un coup de poing droit dans la figure. Toshiya accouru le premier vers eux et sépara le roux du batteur.
- Bordel de merde ! tempêta le leader. Vous vous battez pour un mec volage, c'est totalement absurde ! Ridicule ! Cessez de vous comporter comme des adolescents en plein changement hormonal ! Vous êtes des adultes, à la fin ! Vous êtes même pas capable de séparer votre vie personnelle de votre vie professionnelle et vous en êtes presque à la trentaine ! C'est absolument pathétique, j'vous dit !
Pendant que le plus vieux continuait de râler de son côté, Kyo avait décidé, perplexe, de se retirer du champ de bataille, Toshiya retenait Die de sauter à nouveau à la gorge de Shinya qui essuyait du revers de sa main le sang qui coulait de sa lèvre fendue.
- Calmes-toi, Die ! Ça ne sert à rien de se battre, pas même pour Aoi !
- Lâche-moi, Toshiya ! ne cessait de crier le guitariste qui réussit à se défaire de lui en le poussant par terre.
Il se rua une nouvelle fois sur le cadet et l'affligea de nombreux coups de poings que l'autre lui rendit bien. Et ce jusqu'à ce qu'on les écarte encore et que Kaoru amène Shinya dans une autre salle. Toshiya, resté avec Die, tenta de raisonner ce dernier.
- Arrête, Die ! Arrête ça ! Je sais que tu le déteste parce qu'il a couché avec Aoi, mais Die, ça peut plus continuer comme ça, bon Dieu de merde ! Hais-le si tu veux, mais en dehors des répétitions, j't'en prie ! Il en va de la survie du groupe !
- Je veux plus rien savoir de Dir en grey si lui est toujours là.
- Voyons, Die ! Tu peux pas faire ça !
- Mais je vais le faire ! Trouvez-vous un nouveau guitariste !
Il ne laissa pas la chance au bassiste de répliquer, il quitta le bâtiment en claquant toutes les portes qu'il traversait.
- Ben merde...
- Il est parti où ? interrogea Kyo qui revenait dans la pièce. Et où sont Shin et Kao ?
- Kyo... J'crois qu'on vient de perdre un guitariste...
- Quoi ! Mais c'est pas possible ! Die peut pas être parti comme ça !
- Ano...
- Faut qu'il revienne ! Faut le convaincre ! On a un concert dans quelques jours !
- Faut avertir Kaoru...
- Quoi ! Mais t'es dingue, il va tous nous tuer !
- Kyo... on a pas le choix, de toute façon...
- Je sais, mais il va nous piquer une de ces colères noires ! Si je pouvais pas être là quand ça se produira...
- Écoute... euh... Je vais aller le voir... Mais, en quelque part, au fond... Je comprends la réaction de Die...
- Comment ça ?
- Aoi a eu une aventure avec Shinya, Die a fini par l'apprendre et nous voilà ici...
- Oh...
- Donc, je vais aller parler de tout ça à Kaoru.
Le chanteur acquiesça silencieusement. Le brun quitta la pièce pour aller dans celle d'où provenait maintenant des éclats de voix, ceux du leader qui criait sur Shinya qui lui répondait avec tout autant d'animosité. Il hésita mais frappa tout de même trois coups sur la porte. Il l'ouvrit un peu et passa la tête dans l'embrasure.
- Sumimasen... fit-il.
- Qu'est-ce qu'il y a ? fit sèchement le guitariste à l'adresse de l'arrivant.
- Euh... Il faudrait que je te parle, Kao...
- Parfait ! s'exclama le batteur en bousculant le bassiste en sortant.
- Qu'est-ce qui se passe, encore !
- J'ai bien peur que ça ne t'enchante guère plus que tu ne l'es déjà...
- Arrête de tourner autour du pot, Toshiya ! Qu'est-ce qu'il y a ?
- Die est parti...
- Manquait plus que ça ! Comme si on avait pas raté assez de répétition comme ça !
- Kao... c'est... pire que ça ! Il est parti en disant qu'on devrait se trouver un nouveau guitariste...
- ...
Un court silence s'installa.
- ... Quoi ? ...
- Die a quitté Dir en grey...
- Quoi ! Mais non ! Non, non, non, non ! Il peut pas nous faire ça ! Il peut pas nous faire ça après presque dix ans ! Et on a un concert dans trois jours ! On a pas le temps de se trouver un remplaçant pendant ce temps ! On va devoir annuler ! Ça fera scandale annuler un concert à la dernière minute, comme ça !
- À moins que tu ne le convainques de revenir... Au moins pour le concert...
- Qui c'est qui me dit que ça marchera, hein ?
- Kao... Quand même que ce serait moi ou Kyo qui y allait, ça ferait rien parce que ce sont tes arguments à toi qui ont le plus de poids sur lui... Parce qu'après Shinya, c'est toi qu'il connaît depuis le plus longtemps...
- Merde, mais Toshiya ! On va devenir quoi, nous, sans Die ? Les fans, ils vont dire quoi si on le remplace ? On est pas un des ces groupes indies qui changent tout le temps de line-up ! Nous, ça fait presque dix ans qu'on la même formation !
- Kao, c'est pas à moi qu'il faut que tu les donnes, ces arguments. J't'en prie, vas le voir, raisonne-le...
- Mais je sais même pas tout ce qui s'est passé, comment veux-tu que je lui fasse entendre raison !
- Je pensais que tu tenais plus que ça à Dir en grey... À ton bébé...
- Oui... C'est vrai... T'as raison... Je vais y aller ! fit-il en sortant d'un pas pressé, l'autre brun sur les talons.
Sauf que ce dernier, à la place de se diriger vers l'extérieur, alla vers la salle de répétition, pour récupérer ses affaires. Il ne restait que Kyo lorsqu'il y entra.
- Shinya est parti ? interrogea-t-il, inutilement.
Ouais... il est passé en coup de vent pour récupérer son sac et il est parti sans même dire au revoir. Et pis, il a pas ranger ses baguettes... C'est mauvais signe, tu crois ?
Toshiya haussa les épaules en soupirant.
- Nous reste plus qu'à rentrer, dit-il.
- Kao est parti où ?
- Il va essayer de faire comprendre à Die qu'on a besoin de lui pour le concert... Après... on verra...
- Hum... Tu viens boire un verre ? Je t'invite !
- Si ça peut m'aider à me changer un peu les idées...
Ça lui avait tout pris pour que Die le laisse entrer chez lui, mais il avait tout de même réussi, un peu contre le gré du roux. Celui-ci semblait, d'ailleurs, ne montrer aucun intérêt pour ce que lui disait Kaoru.
- Mais écoute-moi, Die, bordel !
- Mais je t'écoute, Kaoru, c'est vrai ! fit-il, un rien sarcastique.
- Daisuke, écoute... Je sais pas vraiment ce qui s'est passé entre Shinya et toi et je veux même pas savoir ! Tout ce que je veux, c'est qu'on puisse faire notre concert comme si rien n'était... Et que vous repreniez votre querelle qu'après, si vous y tenez tant...
Le plus grand des deux guitaristes soupira bruyamment.
- Tu comprends pas, Kao ! Shinya, je peux plus le sentir !
- Je sais bien ! J'ai remarqué tout à l'heure, mais...
- Y a pas de mais, Kaoru, merde, enfin ! Shinya a couché avec Aoi ! Et pas qu'une seule fois, en plus ! Il y a à peines quelques jours, Aoi me disait qu'il m'aimait, qu'il était bien avec moi ! ... Il m'a même dit qu'il voulait passer le reste de sa vie avec moi, Kao ! Alors pourquoi il est aller voir ce connard ? s'écria-t-il avec une certaine détresse. Pourquoi, Kao ! Je me le demande ! Et surtout pourquoi avec quelqu'un que je croyais être mon ami...
- Die... Aoi est jeune... Peut-être que...
- Putain, mais qu'est-ce que vous avez à tout mettre sur le dos de sa jeunesse, bordel ! l'interrompit le roux. Il est pas si jeune que ça ! Il a vingt-sept ans, quand même !
- Je sais pas, Die... Écoute... Peut-être qu'il aimerait avoir quelqu'un qui a à peu près son âge...
- Kao, j'ai seulement que quatre ans de plus que lui ! C'est pas comme si j'en avais dix !
- ... Je sais, c'était qu'une supposition...
- Et comment ça se fait que Shinya réagisse comme ça ? Hein ! Comme si ça lui importait peu... Comme si c'était une chose comme une autre... ?
Die, connais-tu si mal Shinya que ça ?
Quoi ?
- Tu sais bien qu'un bon nombre de couples ont été détruits parce qu'il s'est, disons, épris d'une des deux personnes... Mais bon, ça durait jamais bien longtemps... l'autre finissait toujours à la rue...
- Je sais, mais pourquoi avoir fait ça à moi et pas à quelqu'un d'autre ? Non, mais, on était amis depuis le lycée, merde !
- Parce que c'est tombé comme ça, Die ! s'énerva le leader. Il avait envie de baiser, il avait bu, il est tombé sur quelqu'un de son goût, en occurrence Aoi, qui avait bu aussi, ils finissent seuls, tous les deux, dans la même pièce et tout le monde sait comment ça se finit ! C'est tout, y a rien de plus à dire ! Sinon qu'il on répété l'expérience et je ne sais pas pourquoi, alors ne me le demande pas !
- ...
Des larmes coulaient doucement sur les joues du plus jeune.
- J'ai reparlé à Aoi... Il m'a dit qu'il regrettait et qu'ils s'étaient entendus, Shinya et lui, pour qu'ils ne se revoient plus... Ou du moins, pas comme ça...
- Veux-tu bien me dire où est le problème, dans ce cas !
- ... Je... ano... Il... Je sais pas ! Je sais pas ! Essaie de comprendre ! Comment tu réagirais, toi, si tu apprenais que Yumi avait couché à répétition avec un vieux pote à toi et qu'après, elle te demande pardon et tout ça ? Comment tu réagirais, hein ?
- Certainement pas comme toi, en tout cas.
- Vraiment ?
- Oui et tu veux savoir pourquoi ? À cause de nos enfants ! À cause de Sora et de Kensoo. Notre situation serait loin d'être la même que la tienne ! Parce que moi, je suis marié et avec des enfants ! Toi, non seulement t'es pas marié, mais t'as encore moins de mômes parce que t'es gay ! Voilà !
- ...
Il y eut un moment de silence avant que Die ne reprenne la parole :
- D'une part, je ne veux plus le revoir parce que je ne sais pas s'il serait honnête, cette fois, je ne saurais pas si je devrais le croire lorsqu'il me dirait qu'il m'aime... Mais d'une autre... Je voudrais tout oublier, recommencer à zéro... Jeter ce froid aux ordures... Faire comme si rien n'était arrivé... Le prendre dans mes bras, l'embrasser le caresser, le...
- Ça va, j'ai pigé !
- Qu'est-ce que je peux faire, Kao ?
- Ça, y a que toi qui peux savoir... Pour l'instant, moi, tout ce que je veux, c'est que tu passes au-dessus de ton différent avec Shin et que tu sois présent au prochain live.
- Hn...
Le roux soupira.
- Hein ? insista le brun.
- ... D'accord... Mais garde en tête que je ne pense pas réellement réintégrer le groupe...
- Tu voudrais perdre pratiquement dix ans de ta vie, un peu plus, même, avec La:Sadie's, comme ça, juste à cause d'une histoire de cœur ?
- Je tiens pas à ce qu'il y ait trop de bordel dans le groupe à cause de nos frictions. Je ne crois pas qu'on puisse vraiment redevenir amis, Shinya et moi.
- Bien... si telle est ta décision. Toutefois, sache que tu seras toujours le bienvenu au sein du groupe... Même si on t'as trouvé un remplaçant... Parce que dans ma tête, on peut pas être Dir en grey sans toi...
- Pourquoi pas faire comme avec Kisaki et garder le même line-up, à un membre près, et changer le nom du groupe ?
- Je sais pas... La:Sadie's n'avait pas dix ans, hein...
- C'est vrai...
- Donc, je peux compter sur toi pour le concert ?
- Oui.
- Merci, Die...
- Je sens que ça sera pénible, comme live...
- Ah ?
- Ce sera mon dernier avec vous, les gars... Dommage qu'on ait pas le temps de refaire les posters et les flyers pour y ajouter un " DIE'S LAST LIVE" dessus...
- En rouge, bien entendu... !
- Hai... répondit-il, un petit sourire triste flottant sur ses lèvres.
Kaoru se leva pour partir avant d'ajouter :
- Doit-on t'attendre aux dernières répétitions... ?
- On se revoit pour le concert...
- D'accord...
Commençant à réaliser que Die allait réellement quitter Dir en grey, son leader le serra dans ses bras.
- Promets-moi de passer nous voir, une fois de temps à autres...
- J'te le promets, Kao. Je te le promets...
Pour la dixième fois, au moins, Kaoru regardait sa montre tout en faisant les cents pas dans la loge. Die n'était toujours pas arrivé et le live allait commencer dans à peine une heure. Il commença à se ronger un ongle, celui de l'annulaire droit.
- Relaxe Kao... Il va venir, s'il te l'a promis, tenta Toshiya, voulant se faire rassurant. Et pis, tu sais bien que l'endroit où se trouve un certain batteur est le dernier endroit en ville où il voudrait être...
- Je sais ! Mais on doit monter sur scène dans moins d'un heure, Toshi !
Kao... ça ne nous prend même plus trente minutes nous préparer avant un concert, contrairement à avant, quand il fallait se maquiller et se coiffer et pis enfiler nos costumes...
Hum...
- Ça t'arrive que ce temps-là te manque, parfois ?
Le guitariste le dévisagea.
- Quoi ! Qu'est-ce que j'ai dit ?
- Tout ce qui me manque de ce temps-là, c'est ma jeunesse, fit-il en y collant une moue.
- Ah bon...
- J'ai passé l'âge de me déguiser, Toshi... C'est bien drôle dans la vingtaine, mais, bon... Non, cette époque ne me manque pas...
- Ah...
- Non, mais tu m'imagines élever mes enfants avec mes cheveux fuchsia !
Toshiya ne fit que hausser les épaules, puis retourna vaquer à ses occupations, c'est-à-dire ses étirements. Die fit son entrée au même moment.
- Ah ! Enfin, te voilà ! se récria Kaoru.
- Toi, n'en rajoute pas ! Je viens tout juste d'arriver, je peux aussi bien repartir, renvoya le roux, la mine sombre.
- Rajouter quelque chose ? Mais enfin ! C'est la première chose que je t'ai dite ! répliqua-t-il.
- Écoute, j'ai pas envie d'en parler ici et surtout pas devant lui ! dit-il sèchement, en pointant Shinya, qui soupira exagérément, du doigt.
- Qu'est-ce qu'il y a encore ! fit ce dernier, feignant l'indignation. Ok, oui ! J'ai couché avec Aoi, c'était formidable, d'ailleurs, mais ça fait un siècle de ça ! Franchement, Die, mon vieux, il serait temps d'en revenir et de passer à autre chose, comme j'ai si bien su le faire !
- Passer à autre chose et passer toutes mes envies sur deux rats de chiens ? Non merci ! Très peu pour moi !
Trois paires d'yeux se disant : "Oh, non ! Il ne s'en est pas réellement pris à ses chiens !" convergèrent vers Die alors que la quatrième devenait meurtrière.
- Je t'interdis de parler de Miyu et de Yuyu comme d'une pute, menaça le frêle batteur.
- Ah... Parce que je pensais qu'elles te servaient comme telles, tes bestioles ! retourna-t-il.
- C'est assez ! s'écria Toshiya avant que Shinya ne sorte une autre réplique à rendre fou de rage n'importe qui. Ça suffit ! J'en ai assez entendu de vos piques ! Je vous jure que si j'en entends une autre comme ça, je défonce tout ton drumset (Il pointa Shinya.) et je coupe toutes les cordes de ta guitare (Il pointa Die.) ! Me suis-je bien fait comprendre ?
Sans dire un mot, le batteur leur tourna le dos de manière hautaine, sous le regard débordant de mépris du guitariste aux cheveux rouges. Deux coups vifs retentirent dans la pièce en provenance de la porte et un des membres du support technique entra, le régisseur de plateau, pour être plus précise.
- Tout le monde sur scène dans 8 minutes, annonça-t-il avant de ressortir aussi expressément qu'il était entré,
- Faut y aller, ordonna le leader.
Un à un, lui d'abord, suivi de son bassiste, son guitariste, son chanteur et son batteur qui fermait la marche, ils sortirent de leur loge, loin d'avoir l'air heureux à l'idée de monter sur scène, contrairement à avant.
Avant le départ de Die pour se rendre au lieu du concert :
On cognait à sa porte. Qui ça pouvait bien être ? Il avait autre chose à faire, lui , comme partir pour aller au dernier concert qu'il allait donner avec le reste de Dir en grey. Il alla ouvrir et tomba sur Aoi qui n'osait pas relever la tête vers lui.
- Qu'est-ce que tu fiches là ?
Un léger tremblement secoua les épaules du cadet : il pleurait.
- Aoi, si t'as rien de plus intelligent à me dire, dégage ! J'ai des trucs plus important et plus intéressants à faire que de te regarder chialer sur le seuil de ma porte !
- Attends, Die ! Ferme pas la porte !
- Alors parle et dépêche-toi, je dois partir !
- En fait... Ça serait important... J'aurais besoin de... de temps pour te parler, Die...
- ... Hum...
- Tu... T'es si pressé que ça ?
- Viens...
- Quoi ?
- On discutera dans la voiture...
- Quoi ? Dans la voiture ? Mais...
- Je suis pressé, Aoi ! Alors tu saisis la chance ou pas ?
- D'accord... d'accord...
- Alors, viens !
L'aîné prit sa veste, glissa ses clefs dans sa poche après avoir refermé la porte derrière lui et l'avoir mise sous verrou. L'autre hésitait à le suivre...
- Alors, tu te bouges ou pas ? questionna presque froidement Die en s'apercevant que l'autre ne bougeait pas.
- ... Ha... Hai !
Et il lui emboîta le pas, sans prononcer une seule autre syllabe jusqu'à ce que le roux lui adresse de nouveau la parole, dans sa voiture.
- Alors, tu voulais me dire quoi, encore ?
- Die, écoute... Je... je sais pas par où commencer...
Le plus vieux démarra la voiture et se mit en route pour la salle de concert.
- Premièrement... je regrette tout, tout ce que j'ai pu faire avec Shinya... Je regrette de m'être laissé faire... Dans ma tête, je lui hurlais : "Non !"... Et que je ne voulais pas... mais ces mots n'ont jamais franchi mes lèvres... Je suis pathétique... !
- En effet ! Pourquoi ne pas le lui avoir dit !
- Je sais pas... Je sais pas, Die... C'est comme si... à son contact ou je ne sais quoi... ma volonté mourait... Je regrette Die... Je voudrais tellement que rien de tout ça ne se soit produit "
Il y eu une courte pose pendant laquelle Aoi essuya ses yeux larmoyants.
- Deuxièmement...
Il baissa la tête un instant, puis se tourna vers celui qui conduisait.
- Die, c'est toi que j'aime et personne d'autre... Shinya... Shinya n'est rien pour mois, absolument rien ! Sinon qu'un... prédateur...
- Depuis quand est-ce que les proies baisent-elles leur prédateur ? fit Die, sardonique.
- Die ! s'écria désespérément Aoi. J'essaie d'être honnête avec toi ! De tout te dire ce qui se passe dans ma tête, dans mon cœur ! J'essaie de te faire comprendre... Mais tu fais ton égoïste ! T'essaies même pas de comprendre ce que, moi, je peux ressentir la dedans !
- Je te rappelle que c'est pas moi qui suis allé voir ailleurs !
- Mais je t'ai déjà dit que je regrettais ! Et je regrette de plus en plus amèrement...
- Et t'aurais dit quoi, toi, si t'avais appris que j'avais couché avec... je sais pas, moi... Reita, par exemple ? Hein ?
- Faudrait qu'il commence par être aux hommes...
- Aoi !
- Je te l'ai dit, Die ! Je voudrais tellement que cette partie de ma vie soit effacée... Et je commence à espérer que mon épisode avec toi le soit aussi... !
Le conducteur freina brusquement au feu rouge. Qu'était-il en train de faire ? Non, non... Il ne fallait pas le prendre en pitié aussi facilement, même si ça lui fendait le cœur de devoir faire ça, surtout après ce que le plus jeune venait de lui avouer.
- ...Oublier ton épisode avec moi... ? répéta-t-il sous forme de question en se mettant à se mordiller la lèvre inférieure.
- Qu'est-ce que ça peut bien te faire ? T'as l'air de te foutre de tout ce que j'ai pu te dire depuis le début et de ce que je ressens, de toute façon... Tu t'en contrefiches que j'aie un cœur ou non, ne ?
- ... Ce que ça peut me faire ? Ça me fait mal ! Voilà ce que ça peut me faire, fit-il, plus doucement. Et non, je ne me fiche pas de ce que tu ressens... Et je sais que tu as un cœur, Aoi... Je crois que j'en ai toujours une partie avec moi...
Le regard du brun s'illumina un peu, puis le feu passa au vert. Die se remis en route.
- C'est juste que j'ai de la difficulté à croire à tous tes remords après ce que tu as fait...
- ...
L'éclat dans les pupilles du plus jeune s'estompa.
- ... Mais... Je t'aime, Die ! Je t'aime de tout mon cœur ! Je t'aime plus que tout ! Je t'aime plus que Roméo a aimé Juliette ! Je t’aime plus que Tristant a aimé Iseult ! Je t'aimerai à jamais, Die... À jamais...
- Aoi... Tu as trahi ma confiance... Comment veux-tu que je te croie encore ?
- Putain, Die ! Qu'est-ce qu'il te faut de plus ! Je pensais pas que t'étais aussi obstiné et sans cœur que ça !
- J'ai plus de cœur parce qu'on me l'a d'abord volé, puis on me la brisé... Brisé en millier de petites pièces... dit-il en se garant dans le stationnement réservé tout près d'où il jouerait pour la dernière fois en compagnie des autres de Dir en grey. On est arrivés.
- Quoi, c'est tout ?
- Qu'y a-t-il d'autre à dire ?
- ... Die...
- Bon, tu vois ?
Il sortit de la voiture aussitôt imité par le cadet.
- Attends ! fit ce dernier en allant lui attraper le poignet.
- Quoi ?
- Ano...
Il s'interrompit, puis encra ses yeux suppliant dans ceux mêlés d'une multitudes d'émotions contradictoires de Die. Sans que celui-ci n'ait le temps de réagir, il alla l'embrasser et voyant qu'il ne le repoussait pas, il glissa sa main jusque dans la sienne et approfondit leur baiser. Il sentit même la main libre du plus âgés d'eux deux se poser sur sa hanche. Mais elle finit par le repousser doucement.
- Non... Faut pas, Aoi... Pas comme ça...
Il ne dit rien de plus et disparut derrière la porte menant au back stage. À l'intérieur, il eut peine à retenir ses larmes. Il s'alluma une cigarette, même s'il savait ce geste interdit à l'intérieur du bâtiment, il devait se calmer un peu avant d'aller retrouver les autres dans la loge. Sa clope consumée, il entrouvrit la porte, jeta son mégot à l'extérieur et partit en direction de leur loge habituelle. Il entra sans frapper.
- Ah ! Enfin, te voilà !
- Toi, n'en rajoute pas ! ...
Ça y était, son dernier concert avec Dir en grey... Le dernier... Pour la dernière fois, il montait sur les planches, pour la dernière fois il saluait les fans qui scandaient le nom du groupe, qui brandissaient des pancartes de toutes les formes, toutes les couleurs, toutes les grandeurs témoignant de leur amour pour chacun des membres de la formation. "Même Shinya, pensa-t-il. Même Shinya, alors qu'il ne le mérite absolument pas.", pour une dernière fois, en leur présence, il prend sa guitare qui reposait sur socle et en passa la ganse par-dessus sa tête, pour la dernière fois, les premières notes de Shokubeni résonnèrent à ses oreilles à la toute fin de G.D.S.. La chanson terminée, Kyo se calma et attendit un moment avant de s'adresser à la foule.
- Hey Tokyo !
Cris assourdissants dans la salle.
- Aujourd'hui est un jours spécial... Aujourd'hui... nous avons une annonce de la première importance à vous faire... Aujourd'hui est un moment... unique dans la vie de Dir en grey... Un moment... grave...
L'interrogation dans la foule pouvait se lire sur chacun des visages.
- Mais avant d'entre dans l'un peu trop sentimental, on enchaîne avec d'autres chansons !
De nouveau, les hurlements hystériques. Plusieurs morceaux tels que -saku-, Clever Sleazoid, Dead Tree, Child Prey et Kodou s'enchaînèrent jusqu'au milieu du concert, environ, où Kyo se remis à parler aux fans.
- Nous voici venus au moment de vérité ! Chers fans... ce soir... Dir en grey va... perdre un de ses membres...
L'indignation dans la masse mouvante, quelques larmes aussi.
- Une trop grande divergence d'opinion s'est immiscée entre deux de nos membres, une si grande divergence que l'un d'eux a juger préférable de quitter le groupe au lieu de le mettre sans dessus dessous. Néanmoins, il nous a gratifié de sa présence ici, ce soir...
- Abrège, Kyo ! Ça devient long ! fit Die, blagueur.
- Faites du bruit pour notre rouge de guitariste, faites du bruit pour Die !
Kyo regretta presque aussitôt d'avoir dit ça. Les cris déchirés, perçant, les sanglots, les hurlements s'élevant contre l'injustice de ce monde fusèrent de toutes parts. Bref, les fans, et pas juste celles de Die, manifestaient leur mécontentement face au départ de celui-ci dans une cacophonie infernale.
- Et si on faisait un retour dans le passé ? proposa Toshiya alors qu'une grande toile blanche descendait sur la scène. Reste pas là, Shinya ! Viens nous rejoindre !
Acquiesçant sans plus, le batteur fit comme demandé. Puis les lumière se tamisèrent sur la scène et un montage vidéo des meilleurs moments de Die qu'on retrouve éparpillés ici et là sur leurs DVDs fut diffusé.
- Alors ? fit Kaoru, lorsque la vidéo prit fin.
- Vous avez tout fait ça pour moi ? fit le roux en essuyant une larmes témoignant d'à quel point il était ému.
- Bien sûr que si, on l'a fait !
- Vous savez, repris Die, ce drinking game, je l'aurais gagné si on m'avait pas fait rire !
- Vraiment ?
- Ben si !
- J'te crois pas !
- Alors ne me crois pas ! Moi, je passe à autre chose ! Toshiya, tu te souviens toutes ces fois où on taquinait Shinya ?
- Bien sûr que si ! répondit-il en dissimulant l'inquiétude qu'avait déclenchés ces propos.
- Et pis le truc des boules de neige... Ça avait trop foiré, notre truc !
- Faut croire que notre Shin-chan n'aime pas les bagarres de boules de neige !
- N'empêche que ce que j'aurais aimé savoir mieux viser, à ce moment-là !
- C'est vrai que tu vises mal, s'en mêla Kyo.
- Et toi, t'es jaloux parce que t'es trop p'tit !
- Même pas rapport !
- Je sais ! Vous savez, après tous les coups qu'on lui a fait, à Shinya, je pense qu'il serait dommage que je parte sans lui en avoir fait un petit dernier !
Sur la scène, quatre regards anxieux et/ou interrogateur se tournèrent vers Die.
- Euh... fit Kyo.
- Ano... ne fit qu'émettre Kaoru.
- Tu trouves pas que t'en as assez fait comme ça ? demanda le batteur, un sourcil levé.
- Voyons, Shin ! Après presque dix ans, jamais je croirai que t'es pas capable d'en prendre une dernière ! dit le plus grand des deux guitaristes, le regard malicieux.
Toshiya remis son micro en place pour s'approcher de Die et lui parler dans que toute la salle entende.
- Qu'est-ce que t'as en arrière de la tête, encore ? lui chuchota-t-il.
- Rien de grave, t'inquiète !
- J'espère bien !
Et il retourna chercher son micro.
- Bon ! Maintenant, reste plus qu'à trouver que faire !
- T'en a trop fait, tu trouves plus d'idées, alors !
- Shinya, Shinya ! Ne me dis pas ça comme ça ! Je sais que tu crains que ta fierté en prenne encore un coup si je raconte en live quelle vie tu mènes avec tes chiens ! Tu devrais les laisser tranquilles, de temps en temps, les pauvres !
Le châtain le fixait avec une telle ardeur que s'ils avaient réellement lancé des couteaux, le guitariste narquois serait déjà découpé en morceaux sanguinolents.
- Et c'est sans parler des voisins qui se sont plains du bruit !
- Ça suffit ! cria Shinya, pire que piqué à vif.
Il jeta son micro au sol et quitta la scène d'un pas furieux. Die eu un petit rire moqueur et les autres restèrent soit interloqués, soit découragés, soit carrément fâchés. Kaoru sortit à son tour pour aller voir où était parti le benjamin, puis Toshiya, qui n'avait pas l'air content du tout, lui non plus, traîna l'autre guitariste par le bras jusqu'en coulisses. Kyo resta donc seule sur la scène pendant un instant à se fondre en excuse auprès du public.
- Pourquoi est-ce que j'étais certain que le concert de ce soir allait mal tourner, hein ? Je savais que j'aurais dû t'empêcher de parler ! Dès le début ! Je savais que vous vous seriez lancé des piques, Shin et toi ! On aurait mieux fait de l'annuler ! On a travaillé d'arrache-pied pendant deux jours entiers, Kyo, Kao et moi pour faire le montage vidéo, maintenant je me rends compte que c'était totalement inutile de faire ça pour toi !
- Mais, je...
- Die ! Y a pas de mais ! Je comprends que tu puisses haïr Shinya, mais de là à faire merder tout un concert avec une putain d'histoire de cul à la con... ! Franchement, Die, tu me déçois énormément, sur ce coup-là ! Je te croyais plus mature que ça !
Pendant ce temps, Kaoru n'avait pas réussi à arracher ne serait-ce qu'on seul mot à Shinya. Celui-ci était même parti. En mettant les pieds au dehors, il ne vit toutefois pas Aoi qui était resté là pour attendre Die.
- Shinya ?
- Qu'est-ce que tu fous là, toi ? demanda-t-il d'un ton menaçant.
- Le concert est terminé ? C'était pas long...
- Non, le concert n'est pas terminé !
- Mais alors qu'est-ce que tu...
- Aoi, le coupa-t-il, ta gueule ! J'aurais jamais dû mettre ce truc dans ton verre pour coucher avec toi, voilà ce qui arrive, si tu te le demandes !
- Ce truc... dans mon verre ? Shinya... Tu...
- Oui, je t'ai drogué ! Et après ? Hein ! À ce que je sache, tu n'en faisais pas tout un plat les matins suivants quand tu te réveillais à côté de moi !
- Tu veux dire que... que si j'ai fait mal à Die et que plus rien n'a de sens et que plus rien ne va... C'est uniquement de ta faute ! ... Tout ce chaos... C'est à cause de toi ! Tout ça c'est toi ! Et que toi ! Je te hais, Shinya ! Je te hais, tu ne sais pas à quel point ! T'as fait foirer le couple le plus solide que j'aie jamais eu !
- Roh ! Ta gueule, à la fin ! Tu me les casses ! dit-il, blasé, en lui tournant le dos pour aller, en quelque sorte, trouver refuge dans sa voiture qui démarra aussitôt qu'il s'y fut engouffré.
Plus brisé que jamais, le guitariste de Gazette se laissa glisser le long du mur de béton de la bâtisse et se retrouva assis à même le sol, les genoux contre la poitrine, pour en pleurer un coup jusqu'à ce que Die se décide enfin à sortir et qu'il se jette dans ses bras, braillant des mots si inintelligibles qu'il dut attendre de s'être calmé avant de répété de façon compréhensible ce qu'il avait dit.
- Die... C'est pire... bien pire... que ce que je pensais ! Die ! J'ai pas couché avec Shinya ! Non ! Parce que c'est lui... ! Lui qui m'a violé ! Die, aide-moi ! ... Aide-moi... J't'en prie... !
- Violé ? Voyons, Aoi ! Qu'est-ce que tu inventes là ! fit-il en le repoussant légèrement.
- Je te jure que c'est vrai ! Die... Il me l'a dit !
- C'est grotesque !
- Il m'a drogué pour ça !
- Cesse tes jérémiades, bon sang ! J'en ai assez de t'entendre te plaindre à cause de ça ! J'en ai assez que t'invente n'importe quoi pour que je revienne à toi... J'en ai marre, Aoi ! J'aimerais bien te croire, mais seulement ça, c'est trop absurde... !
- Alors... murmura-t-il, tu penses vraiment que j'ai inventé tout ça ? ...
- Aoi... Ce... C'est trop... Rocambolesque ! Je sais pas s'il faut te croire ou non ! Parce que... Oui, moi aussi, je t'aime, Aoi... Mais je me sens trahi... et ce sentiment est pire quand il a été causé par la personne qu'on aime et qu'on chérit le plus au monde... Et c'est tellement dur à chasser... à effacer...
- Je veux bien comprendre ça, Die... Mais puisque je t'ai dit que..
- Aoi... le coupa-t-il, arrête... s'il te plaît... Ça ne se peut plus... Il faut que je réfléchisse...
Il s'éloigna un peu, pas plus que ça : Aoi le retenait.
- Aoi... souffla-t-il.
Les doigts du plus jeune glissèrent le long du poignet du roux jusqu'à sa paume, puis au bout de ses doigts et finirent par n'avoir plus aucun contact physique. Die lui tourna le dos et disparut dans son automobile. Le brun, lui, resta sans voix, paralysé près de la porte d'où Shinya, puis Die étaient sortis. Ses larmes redoublèrent, coulèrent sur ses joues sans qu'il puisse les retenir, sans même qu'il ne tente de le faire. Il resta planté là, immobile, pleurant toutes les larmes de son cœur l'amour qu'il savait avoir perdu à jamais, ne remarquant pas que Toshiya se tenait à côté de lui, une clope dans le bec.
- Hého ! La Terre appelle la Lune ! fit le bassiste en passant sa main devant les yeux détrempés du jeune guitariste.
- Il veut pas me croire, Toshiya ! Il s'obstine, il comprend pas, il veut pas ! Pourquoi !
- Allons, allons, dit-il en le serrant dans ses bras pour le réconforter.
- Je l'ai perdu ! Je l'ai perdu parce que je me suis laissé faire !
- Aoi, calmes-toi un peu... Tu veux qu'on aille dans un endroit plus calme pour en parler ?
Il hocha la tête en signe affirmatif.
- T'as ta voiture ?
- Non...
- Viens, monte avec moi, on ira parler de tout ça chez moi, d'accord ?
- D'accord...
- Allons, ça va aller, tout va finir par s'arranger, j'en suis convaincu.
Aoi ne répondit rien, ne se contenta que de suivre le plus grand dans son automobile.
- Qu'est-ce qui s'est passé, pendant le concert ? Pourquoi Shinya est sorti aussi précipitamment ?
- Ano... C'est que... Avant le concert, ils, enfin, Die et Shinya, se lançaient des piques... Et c'est quelque peu irrité qu'ils sont montés sur les planches... Et au milieu du live, quand on a présenté la vidéo rétrospective des bons moments de Die...
- Vidéo rétrospective ? Comment ça ?
- On te l'a pas dit ?
- ... Non...
- ... Die quitte le groupe...
- ... Il... il quitte Dir en grey...
- Ouais...
- Excuse-moi, je t'ai interrompu...
- Donc, je disais qu'une certaine prise de bec avait eu lieu sur scène... Die s'en est ouvertement pris à Shinya... Et il est parti, on a dû annuler le reste du concert...
- ... C'est de ma faute si tout ça est arrivé...
- Shinya t'a parlé en sortant ?
Il fit signe que oui.
- Il t'a dit quoi ?
- ... Il a dit... Il a dit qu'il aurait... qu'il aurait jamais dû mettre ce truc dans mon verre pour... pour coucher avec moi... et... je... Il m'a avoué que... qu'il m'avait drogué... Il avait l'air tellement indifférent face à ça...
- ... C'est de ça que tu parlais tout à l'heure, quand tu disais que Die avait pas voulu te croire ?
- Oui... Tu me crois, toi, hein, Toshiya ? Faudra que j'aille parler à Shinya avant de me prononcer là-dessus...
- D'accord...
Ils étaient arrivés chez le bassiste.
- Tu montes ?
- ... Hai...
Ils ne reprirent la parole que lorsqu'ils furent installés au salon.
- Et Shinya t'a dit autre chose après ?
- ... Non... Pas vraiment...
- Oh... Le pire dans tout ça, c'est que ça ne me surprendrait même pas qu'il l'ait fait... De ton côté... l'as-tu déjà vu faire ?
- Non, mais...
- Mais ?
- C'était souvent lui qui m'apportait mon verre...
- Hum...
- J'aurais tellement voulu lui dire non dès la première fois... Parce que je n'ai pas su trouver la force de me refuser à lui... Et à cause de ça... J'ai fait tellement de mal à Die... Je regrette ça...
- Aoi, si ce que tu dis est vrai, tu n'as rien à te reprocher !
- Au contraire, Toshiya ! Les matins qui suivaient ces nuits-là... Je... enfin... J'en ai jamais fait un cas... comme lorsque tu m'as vu, chez lui...
- Oui, mais ça, on est pas obligé de le préciser à Die.
- Ça veut dire que tu veux bien m'aider ?
- Je vais essayer... Mais pour ça, faudra retourner mettre les choses vraiment au clair avec Shinya.
- D'accord.
Die se senti mal d'abandonner Aoi comme ça, sans plus de formalité, mais il était vrai qu'il avait besoin de recul part rapport à cette situation. Il venait à peine de rentrer chez lui qu'on cognait à sa porte. Il alla ouvrir à Kaoru.
- ... Qu'est-ce que t...
- Tu devrais le savoir, non ? répondit l'aîné avant même que la question ne soit entièrement formulée.
- Kao...
- Laisse-moi donc entrer, j'ai pas l'intention de rester discuter sur le palier.
- Oui... bien sûr...
Il se poussa pour le faire entrer et referma la porte derrière lui.
- Alors tu allais me dire quoi, avant que je ne t'interrompe une seconde fois ?
- Kao... Je fais plus partie du groupe, alors rien ne sert de venir me sermonner à propos de ma connerie de ce soir.
- Justement, je ne viens pas en tant que leader de Dir en grey, mais en tant qu'ami de Daisuke...
- Et qu'est-ce qu'il a à me dire, l'ami de Daisuke ?
- Que ta réaction était carrément celle d'un gosse prépubère, ce soir ! D'accord, tu le déteste, à dire vrai, s'il avait fait avec Yumi ce qu'il a fait avec Aoi, je l'aurais haï aussi, mais jamais j'aurais fait ce que tu as fait, tout à l'heure. Jamais.
- C'est bon, je sais déjà tout ça ! Pas besoin d'en rajouter !
- Qu'est-ce qui t'as pris de faire ça, merde ?
- Kao, je t'ai déjà dit que ça valait pas la peine qu'on en rajoute...
- Moi, je crois que vous devriez vous parler Shin et toi... Il a sûrement une raison d'avoir fait ça.
- Bien sûr que si ! C'est pour son propre plaisir personnel, voyons !
- Allons, donc, Die ! Arrête d'être si infantile ! Ça devient purement ridicule !
Le roux ne répondit pas, il se contenta de soupirer en faisant le plus de bruit possible.
- Bon... Je crois qu'il est inutile de te parler ce soir... Je rentre chez moi ! Au revoir !
- Merci de m'avoir écouté, Toshiya...
- Y a pas de quoi, Aoi.
- Tu sais... demain, j'irai voir Die... Pour lui parler véritablement à cœur ouvert...
- Oui, c'est probablement une bonne chose à faire.
- Je me disais la même chose, tu vois... Mais bon... Je vais te laisser dormir, maintenant, il commence à se faire tard... Bonne nuit !
- Bonne nuit à toi aussi... et bon courage pour demain.
- Merci, baibai !
- Bai.
Le plus jeune partit en se dirigeant vers l'ascenseur lorsque le bassiste, convaincu que ce qu'avait dit Aoi était vrai, refermait la porte de son appartement, pensant à ce qu'il allait dire à Shinya, le lendemain, lorsqu'il irait le voir.
Die avait eu un mal de fou à trouver le sommeil, ce soir-là. Trop de pensés qu'il jugeait incohérentes s'étaient accumulées dans sa tête et avait fait qu'il n'avait pu s'endormir qu'avant l'aube. Toutefois, au matin, à neuf heures trente, il était debout depuis un moment déjà. Il passa la journée à repenser à tout ce que tout le monde lui avait dit, si bien que le soir venu, il décida de sortir pour se changer les idées. Il alla se doucher après quoi il revêtit un jean rien de plus simple et une chemise noire dont il laissa les boutons du haut détachés. Par après, il alla se sécher les cheveux et se les coiffer. Il allait partir quand il entendit trois coups incertains à sa porte. Il ouvrit.
- J'aurais dû me douter que c'était toi, à cette heure...
Aoi eut un léger sourire nerveux.
- Je te dérange ? Tu allais en quelque part ?
- J'allais sortir, en fait...
- Oh...
- Tu sais, je n'ai aucun droit de t'empêcher d'y aller aussi...
- Tu... Tu veux que je vienne ?
- On s'est mal compris, je crois. J'ai dit que j'avais pas le droit de t'interdire de sortir sous prétexte que je ne veux pas te voir...
- Ah...
- Bon, maintenant, si tu veux bien m'excuser, je vais partir.
- Attends !
- Quoi ?
- Y a encore des fringues à moi, ici, hein ?
- Oui...
- Tu permets que j'aille me changer, dans ce cas ?
- ... D'accord... Tes affaires sont là où tu les as laissées...
Il le laissa entrer.
- Te sens pas obligé de m'attendre, Die...
- Bah, si tu sors aussi, ça reviendrait au même d'y aller ensemble... soupira le roux.
Le brun, en allant dans la chambre, vit ce qui avait été récupéré dans les décombres du saccage qu'avait occasionnée la grande colère du roux dans le salon. Il vit aussi les morceaux de leur photo restés sur le coin de la table. Il eut un pincement au cœur, mais retint ses larmes et alla se changer et se donner un coup de peigne pour finalement aller rejoindre Die sur le pas de la porte.
- Il est arrivé quoi à ton sofa ? Et la table basse du salon, elle est où ? Et pis la télé, le téléphone... Il manque des DVDs et des CDs aussi... Et... nos... photos...
- Des cambrioleurs...
- Qui on volés et déchirés de nos photos ?
- ... Ano... Oui, qu'est-ce que tu veux que je te dise ! Les voleurs font n'importe quoi, de nos jours !
- ... Hum...
- Tu viens ?
- ... Hai...
Quelques minutes plus tard, ils étaient assis à une table dans un bar de bonne fréquentation, leur verre en main. Au début, aucun des deux n'osait réellement engager la conversation, mais Die se mit assez rapidement à enchaîner verre sur verre, au contraire d'Aoi, et d'ainsi doucement s'enivrer et de se mettre à parler de tout et de rien, comme si celui en face de lui avait été un quelconque confident : l'alcool délie les langues, c'était bien vrai. À un moment donné, le roux se leva subitement, chancelant, en balbutiant qu'il devait aller au toilette, quoique les termes qu'il avait utilisé était quelque peu différents. Le cadet, voyant bien qu'il était totalement incapable de mettre un pied devant l'autre sans manquer de se retrouver étalé sur le sol, alla l'aider. Mais, rendus à la porte de la salle de bain, le plus grand se dégagea de l'autre.
- Lâche-moi ! J'ai pas besoin de toi pour aller pisser !
- J'en ai vu d'autres, Die ! Et bien franchement, toi, tu tiens même pas debout !
- Pf ! T'en a vu d'autres ! Comme Shinya, par exemple !
- Die, fais pas le bébé...
Il poussa la porte des WC.
- Lâche-moi, je t'ai dit... !
- Je regarderai pas, si c'est ce que tu veux ! Et je ferai que te servir de pilier de soutient !
Die émit un son indescriptible et se laissa guider jusqu'aux urinoirs, puis au lavabo pour qu'il se lave les mains, ou plutôt pour qu'Aoi les lui lave. Celui-ci allait le sortir de la pièce, mais le roux resta planté là.
- Qu'est-ce que tu attends ? Viens ! Je crois qu'on ferait mieux de rentrer...
Le plus vieux l'attira contre lui, posant une main sur une des hanches du brun alors que l'autre remontait le long du bras du second. Il voulu l'embrasser, mais le plus jeune l'en empêcha.
- Die... T'es saoul...
- J'ai envie de toi, Aoi...
- ...
Profitant de la non-raction du benjamin, il put aller l'embrasser sans se faire repousser. Même qu'il en redemanda. Il profita d'un court moment de répit pour reprendre la parole :
- On devrait vraiment rentrer, Die...
- Mais, Aoi... Si, moi, je te veux... c'est maintenant...
- Je sais, dit-il en le regardant dans les yeux, mais tout le monde pourrait nous voir, ici...
- Y a des cabinets...
- Die... On va chez moi, d'accord ? demanda-t-il avant de joindre à nouveau leurs lèvres.
- Ok...
- Alors vient ! s'exclama-t-il avec un sourire tout en l'aidant toujours à marcher sans tomber jusqu'à la voiture.
Voiture de laquelle il lui demanda les clefs pour les conduire chez lui en toute sécurité. Ou du moins en sécurité jusqu'à ce que Die décide qu'il devenait distrayant.
- Die ! gloussa-t-il en chassant de sa cuisse la main qui s'y était aventurée. Patiente encore un peu, on est presque arrivés.
En effet, après quelques retours à l'ordre, ils étaient devant l'édifice où logeait le plus jeunes des deux guitaristes, puis montaient l'escalier puisqu'il n'habitait qu'au deuxième étage. Et à peine avait-il déverrouillé la porte qu'Aoi sentit les bras du guitariste aux cheveux rouges lui encercler la taille et le pousser vers l'intérieur, lui rappelant dans quel état d'ivresse avancé était l'autre. Il fut hésitant un moment : était-ce si mal de profiter de la situation alors qu'il ne se contrôlait plus vraiment ? Au fond, non, parce que ça lui révélait que le guitariste avait toujours des sentiments à son égard, même s'il s'obstinait à les tenir à l'écart. Il le laissa donc faire en se disant que c'était fort probablement une, sinon la dernière fois qu'il pourrait faire l'amour avec lui. Cette pensé l'attrista, mais il tâcha de ne rien faire paraître, de peur d'inquiéter le roux, si jamais son état d'ébriété lui permettait de constater quoi que ce soit. Il passa ses bras autour du cou de l'autre et, sans cesser de l'embrasse, l'attira dans sa chambre.
Le roux s'était endormi presque immédiatement après que leur ébat ait pris fin. Aoi, lui, l'avait regardé sommeiller en pleurant doucement avant de lui aussi s'abandonner aux bras de Morphée. Dommage que Die n'ait pas été sobre, ce moment aurait été tellement plus significatif...
Cette chaleur contre son corps, elle lui était agréablement familière, cette respiration tranquille aussi. Il souleva ses paupières encore lourdes de sommeil et son regard tomba aussitôt sur la bouille endormie d'Aoi tout près de la sienne. Il caressa sa joue du bout des doigts alors qu'un goutte d'eau salée s'aventurait sur la sienne. Comme il détestait l'effet qu'avait l'alcool sur lui ! Doucement, pour ne pas le réveiller, il descendit du lit, ramassa ses vêtements et se rhabilla en silence, sans un regard pour celui qui, en fait, ne faisait que semblant de dormir. Mais ça, il ne le remarqua même pas. Il sortit de la chambre et revint, un moment après, une lettre à la main qu'il posa sur l'oreiller sur lequel il avait dormi. Il jeta un dernier regard triste, un peu amer, à Aoi et s'en alla.
Le brun ouvrit les yeux dès qu'il eu entendu la porte de l'entrée se refermer. Il saisit la lettre que Die avait écrite et la lue, même s'il pensait déjà en connaître le contenu.
Aoi,
Je suis désolé, tu aurais peut-être voulu que je te réveille avant que je parte, mais pour être honnête, je n'en ai pas vu l'utilité. Je regrette ce qui s'est passé hier, je n'aurais pas dû t'inciter à venir aussi. Je savais que je faisais une gaffe en te disant ça... D'accord, ça nous a permis de nous parler, avant que je ne commence à avoir trop bu, mais, franchement, et j'espère ne pas trop t'offusquer en écrivant ça, j'aurais préféré être sobre pour ce qui s'est passé après. Même si je sais que si je l'avais été, rien de tout ça ne serait arrivé. Je me console en me disant que toi, du moins j'ose l'espérer, tu as su que cette occasion ne se présenterait probablement pas et que tu en as profité, même si je n'étais pas entièrement là...
Cependant, malgré tout ça, malgré tout ce que j'ai pu te dire hier et malgré le fait qu'au fond, je t'aime toujours autant, peut-être même plus, je pense qu'il serait préférable qu'on cesse de se fréquenter... Ça me fait mal d'écrire ça, sûrement autant qu'à toi qui le lis, mais je ne sais toujours pas quoi penser de ce que tu m'as dit à propos de Shinya et j'aurais beau y réfléchir pendant cent ans que la situation serait toujours là même. Je sais que je devrais te croire, parce qu'avant ça, tu ne m'avais jamais menti, ne ? Ou, alors, je ne l'ai jamais su... Tu vois, c'est pour ça que depuis que je sais pour Shinya et toi, je doute de tout ce que tu m'as dit depuis qu'on est ensemble. Penses-y et mets-toi à ma place, je sais que tu peux comprendre ça.
Aujourd'hui ou demain, j'irai parler à Shinya, Kaoru m'en a convaincu. Je ne sais pas encore ce que je vais lui dire, mais Kao croit vraiment qu'on devrait s'expliquer... Peut-être que tu devrais faire pareil... Enfin, je dis ça comme ça...
Je vais rentrer chez moi. Si tu crois qu'on a toujours pas fait le tour de la question et qu'il faut encore en parler, tu connais mon numéro et tu sais où j'habite, ne ?
Je voudrais tellement encore avoir confiance...
Die
Le jeune guitariste éclata en sanglots à la toute fin de la lettre. C'était maintenant réellement fini, jamais plus rien ne pourrait être comme avant, jamais plus il ne serait avec Die. En se laissant aller avec Shinya, il avait ruiné la seule relation qui avait pu lui apporter quelque chose de bien2 depuis fort longtemps. Il venait de perde celui qui était, il en était certain, l'amour de sa vie... Tout ça à cause d'une stupide idiotie qui ne se serait jamais produite s'il avait su dire non. Et maintenant il n'avait qu'une envie : celle de s'arracher tous les cheveux de la tête puis de mourir d'avoir été si con.
Mais jugeant le suicide comme immoral et ayant pour l'immoral dorénavant un certain dégoût, il se contenta de se morfondre, en larmes, tout seul dans son lit trop grand, trop vide. Sauf qu'au bout d'un moment, il se décida à faire comme Die et Toshiya lui avait conseillé de faire et d'aller mettre les points sur les "i" auprès de Shinya.
Il s'habilla sans grand soin et partit directement chez le batteur de Dir en grey. Il sonna et attendit qu'on vienne lui ouvrir.
- Ah ! Aoi ! Quelle bonne surprise ! fit-il avec arrogance.
- Il faut qu'on parle, Shinya...
- Ah bon ? Est-ce vraiment nécessaire ?
- Oui...
- Bien... Entre, alors, dit-il avec une moue.
- Shinya, commença le brun lorsqu'ils furent au living, à... à cause de toi... Die et moi... C'est fini... (Il renifla) On est plus ensemble... On le sera plus jamais...
- À cause de moi ? Vraiment ? Y a un peu du tien quand même, je pense !
- Mais tu m'as drogué ! Ça veut dire que... que tu m'as eu sans que je consente réellement ! Tu as abusé de moi !
- Hey ! Du calme, jeune homme ! Y avoir été carrément contre ton gré, tu n'aurais pas pris tout ce temps, les matins qui suivaient ces soirées-là, avant de partir de chez moi ! Et tu te serais senti mal sur le coup, pas après !
- Mais pourquoi moi ! Pourquoi c'est à moi que t'as fait faire ça ! Pourquoi pas à quelqu'un de célibataire ! Tu... tu m'as fait perdre... l'amour de ma vie...
- Pourquoi ? Premièrement, j'avais besoin de faire changement des mes amants habituels et pis je suis tombé sur toi ! Deuxièmement, le première fois que j'ai fait ça, je savais même pas que tu étais avec Daisuke ! Je n'ai donc pas intentionnellement brisé votre couple... Du moins, pas au début ! Et troisièmement... Mais qu'est-ce que tu lui trouves à cet imbécile ! Veux-tu bien me dire !
- Die est pas un imbécile... couina-t-il.
- Alors t'explique ça comment qu'il t'aie laissé tomber pour un truc aussi futile ?
- C'est pas si futile...
- Bien sûr... fit le châtain en balayant l'air de sa main, puis ajouta en se tournant vers lui, sur le sofa : Aoi, la vie est dure, il faudra t'y faire un de ces quatre !
Il avança, à quatre patte, au-dessus de lui. Shinya avait entendu les coups frappés à sa porte, pas Aoi, et il avait entendu la porte s'ouvrir, l'arrivant savait qu'il était là. Et le batteur avait juste eu le temps d'entrevoir Die et d'élaborer une phrase qu'il s'empressa de prononcer avant que le roux ne les aperçoive ainsi et qu'il le voit baisser la tête pour aller embrasser Aoi qui était déjà mal à l'aise sans même savoir que Die était là.
- Sale fils de pute ! Tu vas voir ! cria-t-il en empoignant Shinya par le chandail pour le jeter violemment sur le sol.
Au travers de ses grimaces de douleur, le châtain affichait un sourire méchamment moqueur et satisfait à la fois. Son geste avait eu son effet. Un peu trop même...
L'aîné s'approcha de lui, de pencha, le récolta par le collet et l'adossa sans ménagement au mur le plus près.
- T'es qu'un sale profiteur ! Un putain d'enfant de chienne !
Et le sourire du plus jeune des deux qui persistait, narguait le roux.
- Il me semblait que vous vous étiez mis d'accord pour ne plus vous revoir !
- Mais c'est bel et bien le cas, mon cher Daisuke ! Sauf que ton mignon de petit Aoi en avait pas eu assez de moi ! Il est venu me retrouver !
- C'est pas vrai, ce qu'il dit, Die ! s'écria celui dont on parlait.
- Ta gueule, toi ! C'est pas à toi que je cause ! vociféra Die.
- Il est marrant, celui-là, à toujours être en train de se contredire !
- Non, mais, efface-moi ce sourire avant que je ne l'arrache avec mes ongles !
Fallait s'y attendre, Die ! Tu croyais tout de même pas que tu allais t'en sortir aussi facilement après m'avoir bêtement humilié lors de ton dernier live... que t'as joliment fait foirer, par ailleurs.
Maintenant remplit d'une colère noire, le roux lâcha d'une main le col de Shinya pour aller fouiller dans une des poches de sa veste et d'en sortir un canif qu'il ouvrit et dont il pointa la lame sur la gorge de celui qu'il tenait face à lui. Toute trace de sourire narquois avait disparue.
- Die ! brailla Aoi en se jetant sur lui pour tenter de lui enlever son couteau, mais il fut chassé d'une gifle brutale qui le jeta au sol.
- Dégage ! avait fait le guitariste en s'exécutant.
- D... Die, voyons ! bégaya Shinya. On en est pas rendu là ! Tu ne vas pas réellement te servir de ça, hein ?
- Pourquoi pas ?
- Allons, Daisuke... Nous n'en sommes pas encore là ! La situation n'est pas si grave... Ne l'est-elle pas ?
- Ça c'est ce que tu crois !
D'un vif geste transversal, sans hésitation aucune, il lui trancha la gorge et le lâcha. Il tomba sur le sol avec un drôle de gargouillis, portant ses mains à sa gorge béante pour vainement essayer d'arrêter l'hémorragie. Aoi avait encore crié et pleurait de frayeur, à présent.
- Et toi ! accusa le plus vieux, pointant la lame ensanglantée de son canif vers son ex, alors que l'autre agonisait en gargouillant derrière lui. C'est comme ça que tu veux me convaincre que c'était la vérité, tous ces bobards que tu m'as contés !
- Die, c'était vraiment pas ce que tu crois qu'il se passait ! répondit le brun en se levant.
- Alors quoi !
- C'était Shinya le menteur !
- Et tu venais faire quoi, ici, alors !
- Faire ce que tu m'avais suggéré de faire !
- Je t'avais pas suggéré de l'embrassé !
- Mais je ne voulais pas ! Si tu ne l'avais pas poussé de là, je l'aurais moi-même fait !
- Vraiment ?
- Die... Il valait pas la peine que tu le tues...
- Donc, t'étais pas totalement contre lui !
Le plus jeune soupira.
- Pourquoi tu t'acharnes à pas comprendre ? C'est simple et évident, pourtant !
- Alors, pourquoi autant tourner autour du pot ?
- Die... souffla le benjamin en avançant vers lui, tendant la mains pour lui caresser une joue rougie par la fureur.
Le roux posa une main maculée de sang sur celle d'Aoi qui s'approcha pour l'embrasser. Aussitôt, le bras de la main tachée de l'ex-guitariste de Dir en grey alla faire le tour de la taille du cadet, faisant en sorte que leur baiser s'approfondit. Et les deux qui pleuraient...
Je suis désolé, Aoi... lui chuchota-t-il à l'oreille, avant de l'embrasser en retour.
Sauf que, cette fois-ci... Die profita du moment de distraction d'Aoi pour se servir à nouveau de son couteau. Il le planta dans le ventre du plus petit, juste à côté de son nombril. Le brun se figea, les yeux exorbités.
- Que... qu'est-ce que... tu fais... ?
- Je t'aime, Aoi, fit simplement l'autre en pleurant.
Il alla cueillir une nouvelle fois ses lèvres, étouffant, du coup, le cri que le cadet avait voulu pousser lorsque le second guitariste avait remonté la lame dans son abdomen. Du sang qui avait coulé de la bouche d'Aoi se trouvait maintenant sur et dans celle de Die à cause du baiser qu'ils avaient partagé. Ce dernier se pencha tout en le soutenant et le coucha à même le sol, s'agenouillant à côté de lui. Il le regarda s'éteindre lentement, bavant du sang à gros bouillon. Quand il eu chassé son dernier souffle de ses poumons et que les larmes du plus vieux eurent redoublées, il se pencha pour déposer un baiser sur le front de l'autre, puis repris son canif, le rangea dans sa poche et se leva pour partir sans jeter un regard à la pièce. Il s'essuya la bouche en sortant et rentra chez lui.
On sonnait à sa porte. Il se leva, sans grande conviction et alla répondre. Il ne fit qu'entrebâiller le battant.
- Die, j'ai parlé à Shinya, hier, au téléphone, après qu'Aoi m'aie confié toute la chose, avant-hier...
- Ah, tiens... Bonjour, Toshiya...
- Tu me fais entrer ?
- J'étais occupé...
- Alors je ferai vite ! Je peux entrer ?
- ... Non...
- Non ? Ah... bon d'accord... Tu sais, l'affaire de drogue ? Ano... Tu devrais croire ce qu'Aoi t'as dit...
- ...
- C'est vrai que Shinya a abusé de lui...
- De toute façon... c'est trop tard...
- Quoi ?
- Va t'en, Toshiya...
- Oui, mais...
- Je t'ai dit de t'en aller ! fit-il avec un trémolo dans la voix témoignant l'arrivée imminente de sempiternelles larmes.
Tu es sûr que tu veux pas que je reste ? Parce que t'as pas l'air en forme...
Mais dégage, enfin !
- D'accord, d'accord ! Je m'en vais ! Au revoir et à bientôt ! dit-il en lui tournant le dos.
Puis, il referma la porte et la verrouilla, fondant en larmes en même temps. Non, mais quel con ! Il alla à la salle à manger, où la photo déchirée traînait toujours. Il la reconstitua... Ce visage heureux juste à côté du sien... Il venait de lui arracher sa vie... À cause d'un vulgaire doute... Il alla chercher du ruban à gommer, le posa sur la table, regarda encore la photo en morceaux. Il prit son canif dans sa poche et l'ouvrit, regarda la lame salie de deux sangs différents, et bientôt d'un troisième... Comment faisait-on déjà ? Perpendiculairement ou parallèlement ? On voit toujours parallèlement dans les films, pourtant il lui semblait avoir déjà entendu en quelque part qu'il y avait moins de chance de se rater en y allant perpendiculairement... Il piqua la pointe du couteau à la fin de sa paume et fit glisser la lame le long de son avant-bras. Il se mit immédiatement à saigner en abondance. Il répéta l'opération sur son autre bras. Il regarda, pendant quelques secondes, le liquide carmin qui fuyait ses veines pour s'échapper sur lui, sur le sol, la table, les déchirures de la photo sur lesquelles son regard dévia à nouveau. Le monde autour de lui commençait à valser ; il se tira une chaise et entreprit de recoller tous les morceaux... Recoller les morceaux avant que tout ne s'évapore autour de lui... avant qu'il ne parte le rejoindre... avant que lui aussi ne meure... De tout façon... il l'avait dit plus tôt... à Toshiya... et il avait eu raison... : il était... trop... tard.
Les corps avaient été trouvés le lendemain, tous les trois. C'était Toshiya qui avait prévenu la police. On avait vite déduit qui était le responsable du double meurtre et les policiers furent convaincu de la raison de celui-ci en voyant, à côté du seul cadavre à part des autres, la photo maladroitement recollée et couverte de sang sur laquelle souriaient Die et Aoi... Meurtre passionnel...
OWARI
2 Merci à Noaruje pour la phrase que je lui ai piquée presque telle quelle dans notre brainstorm XD