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Anime/Manga » Saint Seiya » Space Dementia
Alake
Author of 7 Stories
Rated: M - French - Romance/Angst - Kanon & Saga - Reviews: 173 - Updated: 04-14-10 - Published: 12-02-06 - id:3270175
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Fiqueuse : Alake

Titre : Space Dementia

Chapitre : Vingt-septième : Choix

Base : Saint Seiya... eh oui, encore XD

Disclaimer : Les bishos que vous voyez se ballader partout en petite tenue (OUSSA ? OUSSA ?) sont à Kuru, qui aurait une attaque s'il apprenait ce que nous autres yaoistes leur faisons faire... muaha. Les vilaines bestioles pas belles sont à Wizards of the Coast. Vasu et sa magie appartiennent à Margaret Weis et Tracy Hickman. Kyrien, Rena, Sujan et tous les autres personnages que vous n'avez jamais rencontrés ailleurs (ou presque), sont à moi.

Genre : Bastooooooon... angst et guimauve à tire-larigot, nawak, romance...

Rating : NC-17

Avertissement : Bla, bla, bla... vous connaissez la chanson.

Spoiler : On s'approche du combat final... et puis y'a des révélations. Du refaisage d'armures d'Or. Et la fameuse converse entre Saga et Shaka aussi.

Nottounette préliminaire : Je conseille vivement de relire le chapitre 26 avant de commencer celui-là, au moins en diagonale pour se remettre dans le bain, vu que je reprends mes trois scènes en suspens à l'endroit exact où je les avais laissées (à peu de choses près). Et pardon pour la longueur de l'attente TT


CHAPITRE 27

CHOIX

Une fois que l'écho de la porte se fut estompé, un lourd silence retomba dans la prison d'Abri, sise au cœur du Labyrinthe.

Les deux hommes se faisaient face, leurs regards fixés l'un sur l'autre. Celui de Saga exprimait la lassitude, ainsi qu'un certain agacement. Celui de Shaka... était un maelström bleu ciel où se bousculaient soulagement, incertitude, crainte, désir de convaincre, de sauver. Sauver ses pairs en leur ramenant un combattant émérite, mais surtout sauver l'homme qu'il aimait.

Saga jeta un coup d'œil en direction de l'arme qui avait volé dans un coin, évaluant ses chances de la récupérer. Sa position assise, alors que le Chevalier de la Vierge était debout devant lui, alerte et prêt à réagir au moindre geste de sa part, ne jouait pas en sa faveur. Soupirant, il croisa les bras sur sa poitrine et demanda d'un ton désintéressé :

– Qu'est-ce que tu fais ici ?

Il se maudit aussitôt. Vasu n'avait donné qu'un quart d'heure à l'Hindou pour faire ce qu'il avait à faire ; le plus intelligent aurait été de l'ignorer durant ce laps de temps, puis de reprendre là où il en était avant que cet empêcheur de résoudre ses problèmes en rond ne fasse son apparition.

Mais la curiosité du Gémeaux était piquée. Il avait envie de savoir, de connaître les raisons de cette interruption. Même si c'était sans doute tendre le bâton pour se faire battre...

Shaka posa une genou à terre, face à lui. Il ne voulait pas rester debout alors que le Grec n'avait manifestement pas envie de se lever. Il ne voulait pas lui donner l'impression de le regarder de haut, de le juger. Il voulait discuter avec lui d'égal à égal. Il voulait... oh dieux.

Comment le convaincre ?

– Je suis venu... t'empêcher de commettre une erreur.

Mauvais choix. Le Chevalier de la Vierge vit le regard azuréen se durcir plus encore qu'il ne l'était déjà.

– Pourquoi ? siffla Saga. Qu'est-ce qui te permet de dire que c'est une erreur ? Qu'est-ce que tu connais de la situation ?

Son compagnon se mordilla la lèvre.

– Je sais que ton Autre toi est revenu, et que tu ne le supportes plus. Mais je sais aussi que nous avons besoin de toi. Le Sanctuaire est attaqué, Saga.

– Tu veux donc que je vous sauve en ramenant le loup dans la bergerie ? Quelle brillante idée ! ironisa le Gémeaux.

– Kanon est lui aussi en danger, répliqua Shaka, changeant d'angle d'attaque. Une divinité du chaos a pris possession du corps de votre élève et il l'affronte, seul, en ce moment même.

Un petit rire acide secoua l'ancien Grand Pope.

– Oh, tout s'explique. Ce n'est donc pas moi que tu veux sauver, mais mon précieux jumeau. Quoi de plus normal après tout...

– Non ! protesta vivement l'Hindou. Comment peux-tu...

Il s'interrompit brusquement. Par tous les dieux, Saga croyait toujours que Kanon et lui étaient ensemble ! Évidemment...

– Ce n'est pas... ce que tu crois, finit-il piteusement, détournant le regard.

– Je ne crois que ce que je vois, fut la réponse sèche du Gémeaux, se remémorant les mains jointes, les regards, tous ces petits détails qui lui avaient déchiré le cœur à de trop nombreuses reprises.

– Tu ne devrais pas, répondit Shaka à mi-voix. Les choses sont parfois plus compliquées qu'il n'y paraît.

– Quoi, rétorqua le Grec, franchement agressif pour le coup. Tu veux me faire avaler qu'il n'y a rien entre vous ?

Le regard sincère du blond lui apporta la réponse avant même que les mots ne franchissent ses lèvres.

– Il n'y a entre Kanon et moi rien de plus qu'une profonde amitié.

Bondissant sur ses pieds, Saga explosa.

Tu te fous de moi ? Alors pourquoi ? Pourquoi m'avoir fait croire ça ?

– C'était la seule solution ! se défendit Shaka en se dressant à son tour. Kanon était à bout, désespéré. Il venait d'essayer de te tuer !

– TU AURAIS DÛ LE LAISSER FAIRE ! rugit le Gémeaux, saisissant à pleines mains la tunique de l'Hindou pour le secouer avec force.

C'était la meilleure solution, définitivement. Cela aurait évité toute cette pagaille, et tellement de souffrance, pour tellement de gens...

– NON ! s'écria le Chevalier de la Vierge en plaquant rudement le Grec contre le mur, l'empoignant à son tour. Je ne laisserai personne faire ça, jamais ! Je t'ai déjà perdu deux fois, Saga, deux fois, bon sang ! Je ne veux plus jamais vivre ça !

Ses mains tremblantes étaient accrochées aux épaules du gardien de la troisième Maison avec la force du désespoir. Saga lâcha sa tunique et laissa ses bras retomber le long de son corps. Son regard sondait les prunelles claires de son vis-à-vis, à la recherche de... il ne savait trop quoi. Une raison de le repousser. Un signe que Shaka mentait, qu'il ne voulait le sauver que pour se servir de lui, qu'il se riait de sa souffrance... il ne trouva rien de tout cela. A la place, il y avait une immense compassion, la douleur d'avoir été à l'origine d'une partie de la sienne... la peur de ne pas arriver à le convaincre, de le voir mourir à nouveau, sous ses yeux... et aussi...

– Tu sais pourtant que c'est la seule chose à faire, murmura le Gémeaux d'une voix rauque en détournant les yeux, se sentant finalement incapable de soutenir l'intensité de ce regard céleste.

– Je ne veux pas envisager ça, fit le Chevalier de la Vierge, secouant la tête avec énergie, ses mains toujours crispées sur les larges épaules de son vis-à-vis. Nous trouverons autre chose. Nous nous y mettrons tous, Dokho, Shion, Mu et les autres, nous retournerons les archives feuille après feuille si nécessaire... nous demanderons à Athéna...

Le Grec doutait honnêtement que la jeune fille sache quoi que ce soit de plus qu'eux sur le sujet. Sinon, pourquoi l'aurait-elle laissé souffrir, au lieu de le libérer ? (1) Il garda cependant cette réflexion pour lui, et demanda à la place :

– Et s'il n'y a pas d'autre moyen ?

Shaka laissa tomber sa tête en avant et appuya son front contre l'épaule de l'autre Chevalier, se rapprochant de lui du même coup.

– Ne dis pas ça... je t'en prie. Il y a forcément une autre solution.

– Crois-tu que je ne l'aie pas cherchée ? Durant treize ans... dès que l'Autre me laissait un instant de répit...

Ce n'était pas tout à fait vrai. Il avait partagé ses rares moments de lucidité entre ses recherches pour se débarrasser de son fardeau et ses efforts pour arranger... ce qui pouvait l'être. Mais à présent, il n'avait plus envie de lutter. Il lui restait à peine suffisamment d'énergie, de motivation, pour en finir. Et l'Hindou était en train de saper même cela.

Le Chevalier de la Vierge tourna légèrement la tête, permettant à son compagnon de sentir son visage à présent à moitié enfoui dans son cou, son souffle rapide contre sa gorge. Saga avait une conscience aiguë des doigts crispés sur ses épaules, du rythme effréné auquel battait le cœur de Shaka, tout contre le sien.

Non ! Ce n'était pas le moment de flancher ! Et pourtant la chaleur de l'Hindou se propageait dans son propre corps, jusqu'aux tréfonds de son âme où elle ralluma une minuscule flammèche d'espoir. Serrant les dents, il repoussa son compagnon et s'écarta du mur, en colère à la fois contre le Chevalier de la Vierge et contre lui-même. Pourquoi, alors qu'il s'était décidé à en finir une bonne fois pour toutes, le blond était-il venu jusqu'ici, avec ses espérances, ses demandes et ses grands yeux si bleus, si pleins de confiance malgré la crainte qui les assombrissait ? Et pourquoi lui se laissait-il... Non, bon sang, non. Il ne voulait pas espérer. Il ne voulait plus être déçu. Il en avait assez...

– Et si malgré tout cela, ça ne marche quand même pas ? Que feras-tu si l'Autre reprend le contrôle de mon corps ? S'il se remet à répandre le mal et la désolation autour de lui ? Je ne veux pas que ça arrive, Shaka. Plus jamais, tu comprends ?

Il tournait le dos à son interlocuteur, aussi ne vit-il pas l'air douloureux qui se peignit sur son visage. Il attendit un temps qui lui parut s'étirer à l'infini – quelques secondes à peine en réalité – avant que ne s'élève une voix ferme où se décelait tout de même une légère fêlure.

– Si c'est le cas, si malgré tout les choses tournent mal... alors je te tuerai, Saga. Je ne te laisserai pas souffrir inutilement, je te le promets. Je te tuerai de mes mains.

A la fin de la phrase, la fêlure s'était transformée en un gouffre insondable qui semblait vouloir avaler chaque mot. Saga se tourna à nouveau vers lui, surpris par son offre. Se rapprochant, il saisit le menton du Chevalier de la Vierge et le releva pour croiser son regard tourmenté.

– Alors cela revient au même, Shaka. A ceci près que tu auras mon sang sur les mains. Pourquoi refuses-tu de me laisser en terminer maintenant, si tu te dis prêt à le faire toi-même ?

– Je ne te laisserai pas te sacrifier sans avoir tout tenté auparavant, répondit l'Hindou avec une volonté farouche.

– Pourquoi ? insista Saga.

Il ne saisissait pas les raisons qui poussaient Shaka à s'acharner autant. Pourquoi voulait-il le sauver à toute force, alors que le Gémeaux lui-même avait renoncé à espérer ?

Le regard du Chevalier de la Vierge s'adoucit, il secoua légèrement la tête avec un petit soupir. Franchissant le dernier pas qui les séparait encore, il plaça ses mains de part et d'autre du visage de son compagnon et murmura :

– Oh Saga, tu n'as pas encore compris ?

Il posa alors ses lèvres sur celles du Grec en un baiser doux et hésitant, mais qui véhiculait toute la force de ce qu'il ressentait. Il y mit fin au bout de quelques secondes, et appuya son front contre celui de Saga – qui s'était figé de stupeur – avant de souffler :

– Je t'aime... voilà pourquoi.

Ces quelques mots eurent le don de faire sortir le Gémeaux de son hébétude. De leur volonté propre, ses bras se refermèrent autour de la taille de l'Hindou et son visage s'enfouit dans les longues mèches dorées. Il inspira à pleins poumons le parfum de santal et d'encens caractéristique du blond, savoura la proximité de son corps. Les battements de son cœur étaient moins rapides que précédemment, mais il semblait au gardien du troisième Temple que leur puissance s'était accrue – ou était-ce à cause de son propre cœur qui tambourinait dans sa poitrine à la même exacte cadence ? Une partie de son esprit n'osait accepter cette déclaration, craignait encore la trahison et la souffrance, mais le reste désirait désespérément faire confiance. Croire. C'était pourtant tellement improbable... Shaka était intelligent, il n'aurait jamais tenté de lui faire gober une énormité pareille si ce n'avait pas été la stricte vérité. Et si c'était vrai, alors...

Le blond avait lui aussi refermé son étreinte autour de ses épaules et ils restèrent ainsi un long moment, immobiles. Le Chevalier de la Vierge était partagé entre un soulagement infini et un brin d'inquiétude. Avait-il réellement réussi ? Convaincu le Grec de renoncer à son projet suicidaire, de se battre à nouveau ? Il était tellement plongé dans ses propres interrogations et dans le bonheur de le serrer contre lui qu'il faillit rater le murmure ténu qui quitta les lèvres de Saga.

– Promets-moi que tu le feras. Jure-moi que si je... que si jamais l'Autre fait le moindre mal à Kanon... à toi... à n'importe qui... tu n'hésiteras pas. Tu me tueras.

– Je te le jure, Saga. Sur ce que j'ai de plus cher, sur mon âme, sur Athéna si tu veux. Je l'empêcherai de nuire. Je... (Sa voix dérailla un instant, mais il se reprit et termina fermement : ) Je te tuerai. C'est promis.

Le Gémeaux releva la tête, paupières closes, et un long soupir souleva sa poitrine. Lorsqu'il rouvrit les yeux, son regard azur était clair et résolu.

– Dans ce cas... je crois que je n'ai plus aucune raison de refuser.

L'air de joie pure qui éclaira le visage de l'Hindou à cet instant le toucha en plein cœur, achevant de le convaincre. Cela valait peut-être le coup de se battre encore un peu, finalement.

Ils étaient en train de se préparer à se séparer, profitant quelques secondes encore de cette intimité inusitée, lorsque l'éclairage runique changea, annonçant l'ouverture de la porte.

La silhouette rondelette de Vasu se découpa dans l'embrasure. Son regard vif saisit la situation en un éclair, mais il demanda tout de même, pour la forme :

– Alors ?

Saga jeta un dernier regard à la lame patryn, abandonnée dans son coin, puis reporta ses prunelles azur sur son ami. Un petit sourire désolé se dessina sur ses lèvres, pâle reflet de celui qui s'affichait sur le visage du magicien.

– Pardon de t'avoir dérangé, mon ami. Il semblerait que je n'aie finalement pas besoin de cette salle pour l'instant.

Vasu chassa ces paroles d'un geste.

– Ce n'est rien. Je suis content de t'avoir été utile...

Le Gémeaux hocha la tête, conscient du double sens de ces paroles. Le Patryn avait peut-être été plus avisé en laissant Shaka le rejoindre, qu'en lui fournissant un endroit où abriter ses derniers instants... ou peut-être pas. Seul l'avenir le leur dirait.

Décidé à obtenir cette réponse par lui-même, et confiant en la promesse du Chevalier de la Vierge, le Grec prit une grande inspiration, puis il enflamma son cosmos et ouvrit un nœud dimensionnel en direction du Sanctuaire. Et sur un dernier hochement de tête à l'adresse de Vasu, les deux Chevaliers d'Or s'y engouffrèrent.


Bien dissimulé au fond de la conscience du Gémeaux, Loki souriait de toutes ses dents – ou du moins, il l'aurait fait s'il avait eu un corps physique. Il avait bien fait de ne pas intervenir durant la discussion entre son hôte et Shaka. Il avait décidé de faire confiance au blond, et cela avait été extrêmement payant : personne n'aurait pu être aussi efficace pour le convaincre de renoncer à ses projets, jouant à la fois sur la raison, sur la confiance, sur la corde sensible...

Bref, il n'avait plus qu'à se laisser ramener tranquillement au Domaine Sacré, attendre que Saga rejoigne son frère sur Star Hill – quel imbécile celui-là, affronter Sujan à lui tout seul, on n'avait pas idée –, reprendre le contrôle du corps du Chevalier à ce moment-là, et le tour était joué.

Ah, qu'il aimait quand tout se déroulait finalement selon ses plans...


Au Sanctuaire, Rena avait bien vite compris qu'elle ne faisait pas le poids face aux slaads blancs. Même les bestioles funestes étaient au-dessus de son niveau en combat singulier. Elle se contentait donc de donner un coup de pouce ici et là, créant des opportunités en employant au mieux ses capacités d'entrave temporelle. Cependant si cette technique fonctionnait bien sur les créatures de niveaux bas et moyen, elle était sans grand effet sur les plus puissantes. Rena restait pourtant, tentant de ne pas gêner les Chevaliers d'Or et conscience que son aide, si minime soit-elle, était la bienvenue. Et comme chacun des combattants, son regard revenait périodiquement se poser sur Shion et Mu, car elle aussi avait compris que du succès de leur entreprise dépendait leurs vies à tous.

Dokho atterrit soudain à ses côtés, le souffle court.

– Rena, place une barrière autour d'eux, s'il te plait.

Sans attendre sa réponse, il repartit au combat, rejoignant Camus et Milo qui affrontaient un des nouveaux arrivants. La femme-Chevalier se replia aux côtés des deux Béliers et invoqua à nouveau son cosmos, murmurant entre ses dents :

Time Snare.

Elle laissa son énergie s'écouler le long des fils de la Toile alentour, empêchant leur fluctuation naturelle ; quiconque pénétrait dans la zone ainsi baignée par son aura se trouvait par conséquent pris dans une nasse temporelle quasi-inextricable, qu'elle contrôlait à sa guise. Ceci effectué, elle eut alors le temps d'observer, sans se départir de sa concentration, l'incroyable spectacle des armures sacrées en train de renaître.

Le magma d'Or en fusion grandissait de plus en plus, nourri par la force des deux Atlantes. Il bouillonnait, se tordait et se déformait, comme un être vivant luttant pour s'extirper de sa matrice natale. De plus en plus gourmand en énergie, celle-ci ne lui suffirait bientôt plus. Les armures en formation réclamaient à présent du sang, à grands cris métalliques qui résonnaient dans les esprits et les corps du Maître et de son élève.

Mu tourna son regard violet vers le Grand Pope, attendant son signal pour s'ouvrir les veines, la main déjà levée au-dessus de son poignet. Il sentait la puissante attraction émanant de la masse dorée s'accroître de seconde en seconde, soulevant ses cheveux vers l'avant. Pas de doute qu'une bonne partie de son fluide vital allait y passer, si ce n'était la totalité. Mais il était prêt. A ses yeux d'Atlante et de gardien du Premier Temple, les armures étaient ce qu'il y avait de plus important après Athéna.

Aussi fut-il surpris de se sentir brusquement poussé en arrière, hors de la zone dangereuse, par la main de son mentor.

– Maître ?

Les pieds solidement ancrés au sol pour résister à l'attraction des armures, Shion lui adressa un petit sourire d'excuse par-dessus son épaule.

– Désolé, mon petit, mais tu ne peux m'accompagner plus loin. Il est inutile que nous nous sacrifiions tous les deux, n'est-ce pas ?

– Mais...

Le jeune homme ne comprenait pas. Si le Grand Pope considérait son propre sacrifice comme suffisant pour faire renaître les protections sacrées, pourquoi refusait-il son aide ? Cela pourrait lui sauver la vie...

– De plus, continua Shion, ton sang ne sera pas aussi efficace que le mien.

– Comment ça ? fit le Bélier, maintenant à grande peine un contrôle ténu sur sa propre voix.

Il se sentait à la fois perdu, paniqué et rejeté. Et pourtant, les prunelles roses de son Maître n'étaient ni dures, ni méprisantes. Non, elles étaient tristes, infiniment tristes. Déterminées, aussi.

– Malgré les apparences, tu n'es qu'à moitié Atlante, Mu. (Son regard s'adoucit encore, comme s'il se remémorait un souvenir lointain et agréable.) Ta mère était une femme de valeur, forte et pleine de bonté, mais elle était humaine.

Le cœur du jeune homme se mit à battre à toute allure. D'aussi loin qu'il se rappelait, il avait toujours été avec Shion. Il n'avait aucun souvenir de sa mère, ni d'un quelconque autre membre de sa famille d'ailleurs.

– Vous... avez connu ma mère ?

– Pas seulement connue. Je l'ai aimée, et elle m'a donné un enfant. (Le Grand Pope marqua une pause et baissa les paupières un instant, rassemblant forces et courage, puis rouvrit les yeux et eut un sourire poignant de tendresse.) Toi, mon fils.

Mu manqua un battement de cœur. Voire plusieurs, il n'était pas en état de s'en rendre compte. Son calme et son esprit d'analyse habituels s'étaient envolés, balayés par le double coup de massue émotionnel qu'il venait de recevoir. De par le fait que l'homme qu'il considérait comme une figure paternelle depuis toujours, était réellement son père, d'abord ; ensuite, parce qu'il n'aurait pas le temps de profiter de ce savoir avant d'en porter le deuil.

Car une fois son secret révélé, Shion s'était à nouveau tourné vers le globe de métal affamé et avait fait tomber la dernière barrière de cosmos qui le protégeait encore, prononçant :

Divine Spark of Gold.

Il se laissa alors attirer à l'intérieur du maelström d'énergie tournoyante qui environnait les armures en formation. Sa chevelure malmenée fouettait son corps et les vents violents le forçaient à étrécir les yeux, manquant de le coucher au sol à chaque bourrasque. Cependant il se tenait droit et fier, prêt à affronter son destin. La masse de cosmos entourant le magma doré s'abattit sur lui, lui arrachant un cri de douleur lorsque sa peau se rompit en de nombreux endroits pour laisser échapper des filets de sang de plus en plus épais, goulûment absorbés par l'Or en fusion. Les dents serrées, le Grand Pope endurait la douleur sans plus proférer le moindre son, bandant ses muscles pour résister à l'attraction, ses pieds s'enfonçant dans le sol sablonneux de l'arène.

Mu voyait son Maître – son père – se faire dévorer à petit feu, et cela lui fut insupportable. Un cri de refus aux lèvres, il prit son élan dans l'intention de faire... quelque chose. Il ne savait pas encore quoi, mais dans tous les cas, il refusait de laisser cet homme qu'il respectait plus que quiconque, se sacrifier seul pour les sauver tous.

Cependant il n'avait pas fait trois pas qu'il se trouva incapable d'avancer davantage, comme retenu par une barrière invisible – comme si Shion avait dressé un Crystal Wall pour l'empêcher de le rejoindre. Pourtant, celui-ci n'avait visiblement plus la force d'accomplir un tel acte ; il peinait même à rester debout, à présent, n'y parvenant que par un intense effort de volonté.

Non, c'était comme si la Toile elle-même refusait de le laisser passer, et lorsque le Bélier eut trouvé la source de cette résistance, il tourna vers elle son regard désespéré, hagard.

– Pourquoi ? fit-il d'une voix rauque.

Les larmes aux yeux, Rena secoua la tête. C'était la volonté du Grand Pope que son fils vive, il l'avait lui-même repoussé pour le sauvegarder. Elle ne pouvait laisser le jeune Atlante ignorer cette chance qui lui était offerte ; quitte à, pour une fois, passer outre les règles du Sanctuaire. Elle savait toutefois que s'il tentait de passer malgré tout, ses pouvoirs de Chevalier d'Argent ne feraient pas le poids face aux siens. Elle chercha un peu d'aide du côté de Dokho, mais celui-ci était en plein affrontement. Comme averti par son intuition, il se tourna néanmoins vers eux, et ses prunelles émeraude se fixèrent un instant sur le Bélier, en un bref échange durant lequel ils partagèrent en silence toute la souffrance qu'ils ressentaient l'un et l'autre. Puis Mu baissa la tête, accablé, alors que le Chinois se concentrait à nouveau sur son combat, dans l'espoir d'y atténuer le désespoir et la frustration nés du sacrifice de son amant.

– Laisse-moi sortir d'ici, Rena.

La femme-Chevalier sursauta presque en entendant la voix redevenue calme et mesurée de l'Atlante. Plus que cela, elle était... éteinte. Comme si toute couleur l'avait désertée.

– Mais... vous n'avez presque plus de cosmos, protesta-t-elle, même si elle doutait que cet argument l'atteigne.

– Je ne peux pas rester inactif alors que mes compagnons se battent, répliqua-t-il. De plus... je ne sers plus à rien ici.

Il aurait fallu être sourd pour manquer l'amertume qui alourdissait son ton. Rena s'apprêtait à répondre encore, lorsqu'il la cloua sur place de son regard améthyste. Il ne faisait que rarement preuve d'autorité, mais lorsqu'il s'y résolvait... toute discussion était inutile. Hochant la tête, elle créa une brèche dans sa barrière pour lui livrer passage.


– Voyez-vous ça...

Au sommet du Mont Étoilé, Sujan semblait suivre tous ces développements inattendus avec un intérêt passionné.

Saucissonné dans un filet de chaos qui lui rongeait la chair au moindre mouvement, Kanon n'avait guère le loisir de regarder par lui-même, aussi le dieu avait-il aimablement pris sur lui de lui raconter tout ce qu'il voyait.

– L'esprit de sacrifice de tes comparses est tout bonnement incroyable. Stupide, inutile, mais tout de même incroyable... Tu imagines, ils sont en train d'essayer de recréer les armures d'Or qu'ils ont eux même perdues ! (Il eut un ricanement méprisant.) Comme si ça pouvait les sauver...

– Tu ne vas pas les en empêcher ? articula avec difficultés l'ex-Dragon des Mers.

– Peuh ! Il faudrait d'abord qu'ils y arrivent, et ça m'a tout l'air compromis... Le plus vieux vient de repousser le jeune, on dirait qu'il veut le protéger... Tsss...

Des dieux moins arrogants que ça s'étaient mordus les doigts d'avoir sous-estimé les humains, mais le Gémeaux n'allait certainement pas le lui révéler. Plus Sujan se croirait invincible, et plus dure serait sa chute...

En admettant qu'il y en ait une. Ce qui, mine de rien, n'était pas si évident que cela, étant donné la situation inextricable dans laquelle ils semblaient tous se trouver. Mais il ne perdait pas espoir : les miracles existaient, il en avait la preuve tous les jours.

Enfin bon, pas vraiment tous les jours, mais bon, euh... toutes les semaines ? Mois ? Rhaaa, trouve un moyen de sortir de là au lieu de penser des stupidités !

C'était plus facile à dire qu'à faire. Entravé comme il l'était, le plus petit mouvement était douloureux, et par ailleurs la pierre qui constituait le plateau rocheux situé en haut de Star Hill était tout sauf confortable. Sans compter les restes de son Écaille de Marina qui lui entraient inconfortablement dans les chairs.

En même temps, je ne suis pas là pour faire la sieste. Allez, une idée, vite...

Où était donc passé son brillant esprit de machination ? Il avait désespérément besoin de trouver un stratagème, quoi que ce soit...

Les paroles de Sujan lui revinrent soudain à l'esprit. Ne lui avait-il pas proposé de rejoindre son harem ? Il pouvait toujours tenter d'en tirer parti...

Oui... séduire le dieu, l'inciter à le libérer, à baisser sa garde... le charme naturel du Gémeaux était largement suffisant pour y parvenir, et ensuite...

Seulement, cette tactique lui posait plusieurs problèmes. Premièrement, la divinité se trouvait actuellement dans le corps de Kyrien, et il avait beau le tourner dans tous les sens, Kanon ne pouvait sérieusement envisager d'étreindre ce corps-là. Et il ne voulait même pas songer à l'éventualité que Sujan reprenne l'apparence de Loki comme il l'avait déjà fait. D'autre part, donner de sa personne pour obtenir quoi que ce soit était définitivement une très mauvaise idée. Il n'y avait qu'à voir où cela l'avait conduit avec l'Autre...

Le désastre le plus total.

Groumf. Bon, idée suivante...

Il était plongé si profondément dans ses pensées qu'il ne remarqua pas que le dieu avait fini par se désintéresser du spectacle en contrebas pour se rapprocher de lui. Il ne s'en rendit compte que lorsque l'ombre mince de son élève lui cacha l'aveuglant soleil de la mi-journée. La panique le saisit un instant quand il vit une main gracile s'avancer vers son visage ; il dut combattre le réflexe de baisser les paupières pour protéger ses yeux, sachant que ç'aurait été suicidaire à la fois de montrer sa peur et de se priver d'un de ses sens dans cette situation. Mais il ne pouvait se débarrasser de l'impression d'être un cerf pris dans le faisceau des phares d'un trente-trois tonnes. Il resta donc immobile alors que les doigts délicats écartaient quelques mèches turquoise de son front avant de s'égarer sur sa joue, qu'ils égratignèrent légèrement. Il frémit, plus de surprise qu'à cause de la douleur insignifiante. De toute manière, il ne pouvait pas bouger, ni se défendre, ni frapper en retour ; il ne pouvait que regarder Sujan recueillir avec application les quelques gouttes de liquide carmin qui perlaient de sa blessure.

Il se demanda vaguement pourquoi la divinité chaotique ne s'était pas servi du sang qui coulait déjà des autres blessures sur son corps – ce n'était pas ce qui manquait, se battre contre un être aussi puissant avait une fâcheuse tendance à provoquer ce genre de désagrément – puis se dit que ça devait faire partie de la panoplie du parfait petit sadique. Ou qu'il avait besoin de sang provenant de cet endroit en particulier, qui sait.

Reprends-toi, cerveau, c'est pas le moment de me lâcher.

Toujours était-il que le dieu, après s'être relevé, avait enflammé son cosmos, totalement ignorant des réflexions bizarres qui traversaient l'esprit de son adversaire. Il paraissait très concentré et, n'eût été son regard inhumain, Kanon aurait pu croire assister à l'entraînement de Kyrien.

A part que Kyrien est loin d'avoir une puissance aussi écrasante, pensa-t-il en tentant de bouger pour, d'une, soulager ses muscles ankylosés, et de deux, voir ce que Sujan pouvait bien fabriquer avec son sang.

... un corps humain, voilà ce qui était en train de prendre forme entre les mains de la divinité. Un corps qui ressemblait d'ailleurs trait pour trait à celui de l'ex-Marina, mise à part la chevelure, d'un noir de jais aux reflets anthracite.

– Quoi, fit son ennemi en remarquant enfin sa curiosité fascinée, tu croyais que j'allais utiliser mon propre sang pour façonner le corps de Loki ? Je sais bien que c'est mon fils spirituel, mais il ne faut quand même pas pousser...

En entendant ces paroles, l'ex-Dragon des Mers comprit soudain les raisons qui avaient poussé l'Autre à agir pendant tout ce temps. Bien entendu, libérer son créateur faisait certainement partie de ses objectifs, mais le connaissant comme il le connaissait, il aurait été surpris que le démon n'ait pas un intérêt personnel dans l'affaire. Son propre corps... alors c'était cela que Loki voulait.

En un sens, c'était concevable. Enfermé depuis toujours dans un corps qui n'était pas le sien, incapable de faire ses propres choix... Si ce que l'Autre lui avait confié était véridique, Kanon comprenait parfaitement son besoin de liberté. Ce qui n'excusait en aucun cas ses actes, mais...

Zut, voilà que je me mets à le prendre en pitié, maintenant.

Ce n'était pas tout à fait vrai : sa pitié s'était depuis longtemps muée en compassion. Lui aussi savait, à moins grande échelle certes, ce que c'était que de ne rien pouvoir face au destin, de désirer la liberté sans l'obtenir... Il avait passé de longues années avec ce sentiment.

Revenant au présent, il marmonna :

– Alors pourquoi ne te fabriques-tu pas un corps, au lieu de voler celui des autres ?

Un rire cristallin lui répondit.

– Patience, mon tout beau. Que crois-tu que je suis en train de faire ? Pourquoi penses-tu que j'aie pris la peine de monter jusqu'ici ?

– J'en sais rien... pour admirer le panorama ?

– Stupide créature, siffla le dieu. N'as-tu pas conscience du fantastique carrefour d'énergies cosmiques qui se trouve en ce lieu ? Non, évidemment. Un pathétique humain tel que toi ne saurait en apprécier la valeur... ton cerveau étriqué et ton corps plus faible encore ne possèdent pas assez de sens pour l'appréhender.

L'ex-Marina ravala un grognement indigné. On ne passait pas la moitié de sa vie au Sanctuaire sans apprendre un certain nombre de choses, surtout en tant qu'élève d'un Chevalier d'Or, et la fonction de Star Hill en faisait partie. Mais jouer l'imbécile était un excellent moyen d'obtenir des informations ; à plus forte raison quand la personne qui les donnait considérait qu'on ne pourrait jamais s'en servir contre elle. Ce qui était définitivement le cas de cet arrogant de Sujan, qui continuait d'ailleurs son monologue :

– Mon corps parfait de dieu n'est pas aussi simple à recréer que celui d'un banal humain... Mais le moment viendra, ne t'inquiète pas, où tu pourras m'admirer dans toute ma splendeur.

– Je ne comprends toujours pas pourquoi tu as fabriqué ce corps-là, alors, fit le Gémeaux, cherchant à le faire parler encore.

Après tout, tant que la divinité discourait, elle ne lui tapait pas dessus, et Kanon pouvait récupérer un peu de forces en attendant les renforts. En espérant que Shaka réussisse à ramener son frère, qu'il soit arrivé à temps pour le sauver...

– Ça t'intrigue, n'est-ce pas ? répondit le dieu en passant une main fine dans la chevelure sombre de Kyrien. Disons que c'est une récompense... si Loki parvient à me rejoindre, il l'aura. Et s'il se fait tuer en chemin... je pourrai toujours y mettre une âme quelconque et le prendre dans mon harem. Ce serait dommage de gâcher pareille œuvre d'art, ne penses-tu pas ?

– Je croyais que c'était moi, que tu voulais dans ton harem ? marmonna l'ex-Marina, plus par principe qu'autre chose.

Loin de lui l'idée de vouloir intégrer un truc pareil, vraiment.

– Mais tu vas mourir, mon tout beau, répliqua Sujan d'une voix suave. Ton corps va être détruit dans d'atroces souffrances pour avoir osé me tenir tête, alors comment pourrais-tu me servir à quoi que ce soit ?

Le Chevalier fut dispensé de réponse par l'apparition de deux nouveaux cosmos dans l'arène d'entraînement. Cosmos qui lui procurèrent un sentiment de profond soulagement : Shaka était de retour et, avec lui, Saga.


A la sortie du vortex dimensionnel qui les avait ramenés dans l'arène où se déroulait le combat contre les slaads, il ne fallut à Saga que quelques secondes pour prendre la mesure de ce qu'il avait manqué. Lors de sa fuite, il avait volontairement assourdi son cosmos pour ne pas être distrait par les appels de ses pairs et rendre plus difficile toute tentative de poursuite. Mais à présent, il avait pleinement conscience de la situation dans laquelle chacun se trouvait – spécialement son frère, seul en compagnie d'un être dont il ignorait l'identité, mais dont l'aura malfaisante indiquait avec certitude qu'il n'était pas là simplement pour parler chiffons. Il échangea un regard avec Shaka, qui lui désigna Star Hill d'un mouvement de tête.

– Vas-y. Je vais aider ici.

Le Gémeaux acquiesça et s'en fut attaquer l'ascension du Mont Étoilé, tandis que l'Hindou se tournait vers le champ de bataille.

Le Chevalier de la Vierge vit ses pairs aux prises avec les slaads, mais ce qui attira son attention était la créature qui venait d'émerger du portail dimensionnel qu'avait ouvert Sujan avant de s'éclipser.

Nul ne pouvait savoir à quoi ressemblait exactement le slaad noir car il était entouré d'une chape d'obscurité profonde, comme si sa simple présence annulait la lumière alentour. Mais lorsqu'il posa pied à terre et déploya sa gigantesque carcasse, le sol trembla sous l'impact.

Refusant de se laisser impressionner, Shaka s'avança vers lui d'un pas décidé en invoquant son cosmos. Il remarqua du coin de l'œil que Mu et Shura, après avoir achevé leur opposant commun, étaient en train de le rejoindre. Le Bélier avait les traits tirés et l'air épuisé, mais ses prunelles violettes brillaient d'une détermination farouche. Quant à l'Espagnol, il était fidèle à lui-même, prêt à faire tomber les foudres d'Excalibur sur leurs ennemis. Le regard du blond se posa furtivement sur Shion, dont il sentait l'énergie faiblir à mesure que ce « quelque chose » devant lui prenait forme. L'Atlante avait-il pris le risque de recréer, tout seul, les armures d'Or perdues lors de la guerre sainte contre Hadès ? C'était suicidaire... mais connaissant son Pope, l'Hindou était persuadé que celui-ci n'avait pas trouvé de meilleure solution.

Il reporta son regard sur le slaad qui s'était tourné vers eux – pas qu'il puisse voir quoi que ce soit de sa posture, mais l'aura meurtrière qui le frappa était une indication suffisante de l'attention dont il était l'objet, sans compter les deux lueurs jumelles qui dardaient leurs rayons malfaisants depuis le cœur des ténèbres – les yeux de la créature, sans doute, fixés sur le trio de Chevaliers d'Or.

– Je crois qu'on ne sera pas de trop de trois pour en venir à bout, de celui-là, murmura Shura à ses côtés, tout en invoquant son pouvoir. Excalibur !

La lame de lumière fila vers la bête ; celle-ci la balaya d'un revers de sa main gigantesque, puis tendit le doigt vers le Capricorne. Celui-ci se plia en deux, les yeux exorbités sous la douleur qui lui vrillait les entrailles. Voyant cela, Shaka lança sa propre vague d'énergie, ce qui provoqua un éclat de rire crissant chez son opposant mais eut le mérite de le détourner de l'Espagnol.

Est-ce là tout ce dont vous êtes capables, misérables créatures ? fit une voix tonitruante et rocailleuse dans l'esprit des trois Chevaliers.

– Ne sous-estime pas les Chevaliers d'Athéna, répondit Mu d'une voix calme.

Son cosmos flamboyait, dessinant la silhouette d'un grand bélier doré derrière lui. Shura, qui se remettait encore du Doigt de Mort du slaad noir, se demanda d'où il tirait une telle vigueur. Les armures avaient pris à l'Atlante la plus grande partie de sa cosmo-énergie, cependant il ne semblait pas en être affecté hors les cernes violacés qui formaient avec ses prunelles un ton sur ton maladif. Peut-être avait-il l'espoir fou de terminer le combat avant que Shion ne consume le peu de vie qu'il lui restait, de prouver que les Chevaliers d'Athéna pouvaient être victorieux sans sacrifier l'un des leurs... Regardant autour de lui, le Capricorne eut la confirmation que sans armures, ce serait impossible. Chacun de ses pairs était blessé en plusieurs endroits, il ressentait les vacillements de leurs auras, quelques sursauts d'énergie ici et là, de plus en plus rares. L'épuisement se faisait insidieusement sentir, émoussant les réflexes, allégeant les coups. Presque tous les slaads étaient tombés ; ne restaient que quelques blancs et le noir, les plus redoutables. Ceux-ci parvenaient en effet à tenir la dragée haute aux Chevaliers d'Or, qui les affrontaient pourtant à deux ou trois...

Shura fut tiré de ses réflexions par une modification de la luminosité ambiante. La chape de ténèbres qui entourait la créature était en train de s'étendre rapidement, plongeant l'arène toute entière dans une obscurité malsaine. Même leurs auras, qui pourtant perçaient la nuit avec facilité, n'étaient plus visibles ; c'était comme si tous les combattants de l'arène avaient subitement perdu la vue.

Shaka se permit un petit sourire amusé en sentant ses autres sens s'aiguiser automatiquement. Il avait passé tellement d'années à vivre les yeux clos qu'il ne ressentait pas le moindre inconfort face à cette cécité soudaine. Sans le savoir, le slaad noir l'avait placé sur un terrain qu'il maîtrisait parfaitement.

Et il allait lui en cuire... ou du moins il l'espérait.

Il espérait également que le changement n'allait pas trop perturber ses compagnons, mais il ne s'inquiétait guère : les Chevaliers d'Or étaient entraînés à faire face à n'importe quelle situation. De plus, la vue était un sens trompeur, source d'illusions et d'erreurs de jugement ; se baser sur la perception des auras et l'intuition était autrement plus fiable, même si ce n'était pas naturel. (2)

Il n'eut pas le temps d'y réfléchir plus longtemps : la créature venait de passer à l'attaque. Elle aussi semblait parfaitement à l'aise dans le noir ; sa rapidité et la puissance de ses coups dépassaient l'entendement. Ses griffes et ses crocs déchiraient sans peine les chairs sans protection de ses trois adversaires, et le chaos qui suintait de ces armes naturelles rongeait les plaies sans merci. Sa peau écailleuse semblait insensible aux coups, et après un bon moment passé à tenter de le toucher au corps-à-corps, le trio de Chevaliers dut se rendre à l'évidence : ils allaient devoir élaborer une stratégie commune.

Mu entendit le sable crisser légèrement sous les pieds de Shura lorsque celui-ci atterrit souplement à sa droite, tandis que Shaka se positionnait à sa gauche.

– Il semble posséder une sorte d'aura protectrice, murmura le Capricorne. Il faut trouver le moyen de l'annuler si nous voulons le toucher.

– Oui, mais comment ? répondit l'Atlante.

– Je peux peut-être l'en dépouiller avec mon Divine Smite, intervint le Chevalier de la Vierge.

– Ils ne fonctionnent pas comme nous, protesta l'Espagnol, dubitatif. Tu crois que ça marchera ?

Un instant de réflexion silencieuse s'étira, tandis que tous trois calculaient leurs chances de réussite. Puis Mu trancha :

– De toute manière, c'est notre seule chance de victoire. Shura et moi allons détourner son attention ; toi, Shaka, tu lanceras ton attaque à la première ouverture.

Les deux autres Chevaliers partagèrent leur surprise par cosmos interposé. Il était rare que le Bélier dévoile son inclinaison à foncer tête baissée dans la mêlée – il était d'ordinaire beaucoup plus réfléchi que cela. Interceptant leur communication, celui-ci se contenta de hausser les épaules et enflamma son aura avant de se lancer à l'assaut du monstre d'obscurité. Chaque seconde comptait ; chaque seconde voyait son père verser un peu plus de son sang, perdre un peu plus de sa vie au profit des armures.

Mais il ne voulait pas penser à cela. Se battre, vite et bien, choisir la stratégie la plus efficace, vaincre sans perdre de temps. Et rester en vie, tant qu'à faire. Un but précis, concret et immédiat, voilà ce qu'il lui fallait.

Rassemblant ses forces, il lança un Starlight Extinction sur le slaad, le forçant à reculer vers Shura qui l'attendait avec sa lame. Ils ne désiraient plus le toucher à tout prix : ils se contentaient de harceler la bête prise en tenailles entre eux deux, la détournant de l'Hindou. Mais la créature n'était pas stupide ; tout en parant avec facilité chacune de leurs attaques, elle conservait son attention fixée sur le blond, se doutant qu'il préparait quelque chose. Voyant que leur stratagème s'enlisait, Shaka se mit à se déplacer également, dissimulant son aura derrière celle de ses compagnons qui virevoltaient autour de leur ennemi, vifs et imprévisibles malgré l'épuisement de plus en plus écrasant. Cependant l'ouverture tant attendue ne venait pas.

Hors d'haleine, l'Espagnol se recula un instant pour chasser d'un revers de main la sueur qui lui coulait dans les yeux. Il sentit le Chevalier de la Vierge se poser derrière lui, frémissant de tout son pouvoir contenu, alors qu'en face d'eux Mu semblait pris d'une frénésie désespérée, usant tout à la fois de son corps et de ses pouvoirs télékinésiques pour déstabiliser l'adversaire. Il semblait inépuisable, et seules les légères variations dans l'intensité de son cosmos trahissaient son niveau de fatigue réel. Shura sentit son cœur se gonfler de fierté, mais ce n'était pas le moment d'admirer son amant à l'œuvre ; aussi se lança-t-il à nouveau dans la mêlée avec un grognement sourd face aux protestations véhémentes de son corps meurtri. Shaka le suivit comme son ombre, guettant encore et toujours l'occasion de débarrasser le slaad de son irritant bouclier de chaos.

Il leur manquait si peu, si peu. S'il pouvaient avoir un coup de pouce, aussi minuscule soit-il... mais personne ne pouvait leur prêter main-forte. Leurs compagnons se trouvaient tous dans la même situation qu'eux ; Shion était occupé avec les armures, Saga à rejoindre son frère et Sujan, et le reste de la Chevalerie ne ferait certainement pas le poids face aux créatures chaotiques.

Non, ils étaient seuls face aux ténèbres incarnées.


Ignorant la situation critique de ses alter ego aux prises avec les slaads en contrebas, Saga usait de toute sa concentration pour atteindre le plus rapidement possible le point culminant du Sanctuaire. Il sentait le cosmos de son frère s'amenuiser de minute en minute, et c'était un coup de fouet supplémentaire pour lui faire accélérer un pas déjà soutenu.

Il parvint enfin au plateau rocheux occupé par la divinité et découvrit Kyrien, seule en compagnie de Kanon. Il n'avait pas assisté à l'arrivée de Sujan, néanmoins ce que lui avait dit Shaka ainsi que l'énergie oppressante et multicolore qui baignait le corps de son élève lui ôtèrent rapidement le moindre doute.

Il eut un pincement au cœur. Tout comme lui, la fillette était infectée, souillée par un monstre qui se dissimulait dans son corps, l'utilisait au gré de sa fantaisie. Cela alimenta la rage qu'il éprouvait déjà en voyant son jumeau à terre, et son cosmos flamba de plus belle.

Sans plus attendre, il se jeta à l'assaut du dieu. Mais celui-ci ne prit même pas la peine de tourner la tête dans sa direction : son aura se chargea de repousser l'impudent qui osait le défier alors qu'il était en pleine concentration. Saga rebondit sur la roche dure et atterrit non loin de son frère.

– Hé, je croyais que c'était moi, la tête brulée de la famille ? fit l'ex-Dragon des Mers, la voix un brin ironique, mais le regard exprimant toute la joie qu'il ressentait à revoir son jumeau.

Il tenta de se rapprocher, mais cessa bien vite : les liens de chaos toujours enroulés autour de son corps lui interdisaient tout mouvement. Son aîné se releva sans répondre, le regard fixé sur Sujan. Jamais on ne l'avait ignoré de la sorte, c'en était presque vexant. Mais cela lui permit de rejoindre Kanon, et il tendit la main pour essayer de le libérer de ses entraves. Celui-ci secoua la tête et l'avertit :

– Ne les touche pas, ça te brûlerait les mains. C'est comme de l'acide.

Le Gémeaux eut une grimace de compassion, mais cela ne l'empêcha pas de concentrer son cosmos autour de ses doigts pour les protéger avant d'empoigner les cordes lumineuses, cherchant à les briser, les dissoudre, quoi que ce soit. Il siffla sous la douleur qui se répandait dans ses bras à partir des points de contact, et se demanda comment son frère parvenait à supporter ça. Dents serrées, celui-ci restait silencieux, alors que les liens lui entraient dans les chairs à chaque secousse imprimée par son aîné.

– Qu'est-ce qu'il fait ? s'enquit Saga à mi-voix, dans l'espoir que faire parler l'ex-Marina détournerait ses pensées de la douleur.

– Il est... en train de se fabriquer... un nouveau corps, haleta Kanon, le souffle court, le visage déformé par la souffrance. Ow ! Ne tire pas dans ce sens-là !

– Désolé, marmonna le Chevalier d'une voix distraite, tout en continuant.

Il lui semblait qu'en les baignant de sa propre cosmo-énergie, les cordes de chaos s'affaiblissaient légèrement... le contact en était plus douloureux, comme intensifié, mais paradoxalement moins dangereux. S'il pouvait seulement...

– Essaie d'enflammer ton cosmos, Kanon.

– Grmf, fut la seule réponse qu'il obtint, cependant l'aura dorée de l'ex-Dragon des Mers s'activa et s'ajouta à la sienne.

Son corps s'arqua sous la douleur, mais il tint bon, encouragé par les murmures de son jumeau. Ils étaient presque parvenus à le libérer quand la voix de Sujan s'éleva, moqueuse :

– Kanon, voyons ! Il suffit que je te lâche des yeux quelques secondes et tu essaies de t'échapper ? Tu manques sérieusement de bonnes manières, mon petit. (Son regard inhumain se posa sur Saga, et il étrécit les yeux en souriant cruellement.) Oh. Je n'avais pas vu que nous avions un invité... Parfait, parfait. Ça tombe bien, je commençais à m'ennuyer...

Les liens de Kanon se resserrèrent brusquement, lui arrachant un râle de souffrance, Dans le même temps, le dieu tendit la main et un rayon d'énergie frappa l'autre Gémeaux, le faisant reculer de quelques mètres. Le rocher s'effrita sous ses pieds, quelques pierres tombèrent dans le vide : il était tout au bord de la falaise. Un pas de plus et c'était la chute. Le sourire de la divinité s'élargit et il émit du bout des doigts une rafale de boules multicolores, forçant le Chevalier à plonger à terre pour les éviter, l'éloignant de son frère. Il se tourna alors vers l'ex-Marina et lui envoya la même attaque. Celui-ci, empêtré dans son filet de chaos, ne pouvait les éviter. Il se raidit dans l'attente de l'impact – qui ne vint pas. Rapide comme l'éclair, Saga s'était placé sur leur trajectoire et enflamma son cosmos en grondant :

Another Dimension !

Les sphères meurtrières disparurent dans le vortex béant, qui s'évapora. Sujan se renfrogna et soupira avec impatience.

– Oh, vous n'êtes pas drôles, tous les deux. Loki ! Qu'est-ce que tu attends pour te montrer, imbécile ?

L'aîné des jumeaux se figea en sentant son autre Lui se manifester au fond de sa conscience.

Non, oh non. Ce n'était pas le moment. Pas alors qu'il devait protéger son frère et sauver Kyrien. Son regard se porta instinctivement vers l'arène au loin, où il sentait le reste des Chevaliers d'Or se battre âprement. Shaka n'était pas là, il ne pourrait pas tenir sa promesse... se rendrait-il au moins compte quand l'Autre prendrait le contrôle ? se demanda le Gémeaux avec amertume.

Serrant les dents, il fit de son mieux pour empêcher Loki de faire surface, mais au fond de lui, il le savait : il aurait mieux fait de rester dans la prison d'Abri et d'en terminer quand il en avait eu l'occasion. Il avait été stupide d'y renoncer ; à présent, non seulement lui, mais son frère et tous leurs compagnons allaient en payer le prix.

C'est bien, Saga. Doute, hésite. C'est ton incertitude qui me donne ma force, ta souffrance qui fait mon plaisir. Continue, vas-y...

La ferme, toi.

Il n'avait pas besoin que l'Autre vienne mettre son grain de sel, et encore moins d'entendre son rire acide le ronger de l'intérieur, déstabilisant un peu plus encore son équilibre mental. Tentant de retrouver l'état d'esprit qui lui avait permis d'enfermer sa deuxième personnalité durant son passage dans le Labyrinthe, il se rendit compte qu'il n'y parvenait plus. Trop de choses étaient en jeu, trop de responsabilités pesaient sur ses épaules : la simple détermination lui était à présent inaccessible.

Non. Non !

Et alors que le dieu continuait d'attaquer sans merci et qu'il résistait tant bien que mal aux assauts venant à la fois de l'extérieur et de l'intérieur, il se sentit glisser, lentement mais sûrement, vers l'obscurité.


Shion, mon ami, que fais-tu ?

Englouti par le tourbillon d'énergie des armures, le Grand Pope sentait sa conscience s'évaporer doucement, en même temps que son sang et ce qui lui restait de cosmos quittaient son corps. Il mit quelques secondes à reconnaître la voix de sa déesse, et un peu plus longtemps encore à rassembler assez de force pour lui répondre :

Mon devoir, Majesté. Ce qui doit être fait.

Ne t'ai-je pas dit que je ne voulais plus qu'aucun de mes Chevaliers ne meure ?

Ils mourront tous... si je ne termine pas ce que j'ai entamé.

Il eut soudain l'impression de l'avoir en face de lui et de la voir secouer la tête avec tristesse.

Mon cher Shion... je t'en ai déjà demandé beaucoup... beaucoup trop, j'en ai conscience. Je ne t'en demanderai pas plus.

Le regard trouble de l'Atlante se porta sur les armures. Elles seraient bientôt prêtes à renaître sous la forme qu'il leur avait toujours connue.

Je continuerai à les protéger à travers elles. Mon fils... Dokho... et tous les autres.

Non, mon ami. Tu les protègeras, mais pas ainsi.

Il se sentit soudain enveloppé du doux et chaud pouvoir de sa déesse ; devant ses yeux se matérialisèrent quelques gouttes écarlates, qui jetèrent un éclat doré avant d'aller se mêler au magma d'Or en fusion.

L'instant d'après, il y eut un flash aveuglant qui repoussa le Grand Pope de quelques mètres en arrière, et dissipa d'un coup les ténèbres profondes qu'avait répandues le slaad noir. Lorsque la lumière s'estompa, elle dévoila les douze protections sacrées qui étincelaient de tous leurs feux, flottant au-dessus du sol. Elles résonnaient doucement de l'énergie résiduelle qui les habitait encore.

Les jambes de Shion cédèrent sous lui et il tomba à genoux, à la fois épuisé et envahi par le soulagement. Il avait commis l'erreur de croire qu'il était seul, que personne ne pouvait leur prêter main-forte dans leur combat contre Sujan et ses sbires. C'était sans compter la bienveillance d'une des divinités les plus puissantes de cette dimension, celle qui depuis des temps immémoriaux protégeait la Terre des attaques de ses congénères. Malgré l'éloignement, elle ne les avait pas abandonnés.

Rena le rejoignit, son regard empli de révérence allant et venant entre les armures et lui.

– Majesté...

Il secoua la tête, répondant à sa question muette alors qu'elle l'aidait à se redresser.

– Un généreux coup de pouce de notre déesse.

Il engloba les protections d'un geste fatigué et les envoya rejoindre leurs propriétaires respectifs. Puis il se laissa retomber au sol, le souffle court, vidé de ses dernières forces. Mais il était satisfait : il avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour s'assurer de l'issue positive du combat. Il pouvait se reposer, à présent... fermant lentement les yeux, il se laissa happer par l'inconscience avec un petit sourire aux lèvres, sous la garde vigilante de Rena de l'Horloge.


NOTES DE L'AUTEUSE :

(1) : Mmh... pure cruauté ? XD Nan sérieusement, rappelez-vous dans Hadès... (je vous ferai grâce de mes théories foireuses sur la cruauté-stupidité-chaispascquec'est de Saori vis-à-vis de Saga à ce moment-là... qui ne sont peut-être pas si foireuses que ça, en fait :P)

(2) : Oui c'est sûr que dit comme ça c'est pas logique... mais rappelez-vous que l'intuition est communément appelée « sixième sens ». Et que ces zozos-là ont l'habitude de jongler avec plus de sens que le commun des mortels...

Alors tout d'abord, un graaaaaaaand merci et plein de poutouilles à ma Muce Tiya pour la bêta de ce chapitre. Je n'étais vraiment pas sûre de moi sur ce coup, et elle m'a été d'une aide précieuse. (d'ailleurs si vous avez l'occasion, allez jeter un œil à sa fic PossessionS, une histoire de paris et de démons à la sauce Saint Seiya, ça vaut le coup)

La jeune demoiselle dont parle Shion s'appelle Gienah et j'ai cette petite histoire toute prête dans un coin de ma tête. J'en ferai peut-être une annexe un de ces jours... si j'en ai le courage. Et le temps.

Allez ! C'est pas tout ça, mais j'ai le chapitre 28 qui m'attend, moi. Au menu : de la baston (oui, encore, mais normalement ça sera le dernier), des surprises diverses et variées, et du tatanage en bonne et due forme. Rien de bien nouveau, me direz-vous ? Huhuhu...

Bientôt fini ? Non, pas tout à fait... je prévois au minimum 30 chapitres au total. Voire plus. En fait j'en sais trop rien, mais c'est pas tout à fait terminé, quoi. Et si j'arrive à trouver un fil conducteur parmi la ribambelle d'idées que j'ai pour un Space Dementia 2 le Retour de la Belle-Mère, je me lancerai peut-être dedans, qui sait...

En tous cas, merci de votre patience et de vos encouragements, ils me font toujours chaud au cœur.

Alake.

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