Help
Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search
: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Misc » Misc. Plays/Musicals » Devine qui vient ce soir

Devilou
Author of 9 Stories

Rated: M - French - Humor/Romance - Reviews: 5 - Published: 12-11-06 - Complete - id:3284068

Auteur : Devilou-chan, l’AUteuse : Dir en Grey
Disclaimer : Ils seront à moi un jour….Je les aurai….
Pairing : Kao x Kyo
Genre : Yaoi, suite à Un océan dans une bouteille
Déclaration de l’auteur : Je me suis levée un matin avec cette idée en tête. Pourquoi ? Très simple. Vous vous souvenez que dans Un océan dans une bouteille j’avais osé fiancer Kaoru à une certaine Keiko. Encore un pur délire de ma part, pas forcément marrant, même pas vraiment normalement (je dis bien normalement), mais c’est quelque chose à laquelle on ne peut couper quand on est une auteuse folle XD (surtout que je suis dans ma grande période one-shot, me demandez pas pourquoi --).
Enjoy minna !! XD
Dédicace spéciale à ma Ys-sama qui a été la première à connaître mon plan d’action machiavélique et débil. Kisu ma sempai !! x

Devine qui vient ce soir…

- Gambatte les gars ! Vous appelez si jamais y’en a un à l’hôpital hein ?

Kyo se retourna rapidement vers Kaoru, ayant légèrement pâli à la remarque de leur bassiste encore occupé à ranger sa basse dans son étui, et rencontra l’air anxieux et contrarié de son amant, ses yeux lançant une multitude de malédictions muettes et mortelles. Les deux autres membres étaient morts de rire, Die s’étouffant à moitié avec le beignet qu’il était en tain d’avaler et Shinya, faisant preuve d’un peu plus de tact, se penchant sur le côté pour feindre de vérifier que son canidé adoré soit encore dans son petit panier aux draps motif vichy roulés en boule pour qu’il soit confortablement installé.

Le leader s’avança alors vers Toshiya et s’arrêta pile quand le brun releva la tête pour profiter qu’elle soit à la bonne hauteur et lui assener un coup. Le brun geignit de douleur en l’insultant de manière si fleurie que même le chanteur en resta admiratif et Kaoru se détourna dignement, empoignant le bras de son petit ami pour le remorquer vers la sortie sous le fou rire du second guitariste qui recrachait maintenant son beignet.

Une fois dans le couloir, Kaoru le relâcha et marcha devant à grandes enjambées, au point que Kyo dû courir derrière lui pour le rattraper et l’arrêta en trébuchant assez pour saisir le dos de sa veste. Le leader réussit par miracle à ne pas le suivre sur le sol.

Lorsqu’il se retourna et lui tendit la main, il vit son compagnon, qui arborait maintenant une splendide chevelure de corbeau, passer une main nerveuse dedans en l’observant un moment avant de se relever tout seul. Kaoru ne comprit pas pourquoi il l’avait ignoré et passa ses bras autour de lui quand il fut totalement redressé.

- Kyo qu’est-ce qu’il y a ?
-…Rien, lâche moi s’il te plaît…
- Kyo…

Le petit brun s’extirpa de ses bras, agacé et plongea sa main dans sa poche pour y prendre les clés de sa voiture et partir sans un mot, même s’il sentait le poids dans son estomac augmenter à mesure qu’il s’éloigner du guitariste. Mais comment espérait-il qu’il reste calme aussi. Et puis lui annoncer ça comme ça, sans gants, sans tact, rien. Juste la simple évidence.

De son côté Kaoru regardait le chanteur s’éloigner de quelques pas en triturant nerveusement ses clés. Il savait qu’il aurait dut lui en parler avant, être honnête et ne rien lui cacher. Mais dans ce genre de situation il était vraiment très lâche. Mais qui ne l’aurait pas été ! C’était surtout de sa faute tout ça. Jamais il n’aurait du la quitter comme ça. Il aurait mieux fait de prendre des précautions ce soir-là, et résultat…une des nouvelles les plus angoissantes qu’il aurait pu imaginer.

- Kyo attend moi !!

Le brun ne répondit rien et avança plus vite, serrant les poings spasmodiquement dans l’espoir de calmer les battements furieux de son cœur. Vraiment, Kaoru avait fait une belle boulette. Et ça le bloquait, dans tous les sens et toutes situations. Il ne pouvait même plus supporter de le sentir contre lui tellement il avait peur de ce qui allait arriver. Peur qu’il le laisse et reparte avec son ancienne fiancée. Peur tout simplement de le perdre après quatre merveilleux mois passés dans ses bras.

Il s’arrêta sans pour autant lui refaire face et frissonna en sentant ses bras s’entourer autour de sa taille fine. Des lèvres chaudes vinrent se poser dans son cou délicatement, comme craignant un rejet de sa part, puis caressèrent doucement la peau fine derrière son oreille, le sortant de sa transe.

- Kao non…
- Kyo dit moi ce qui na va pas. Si c’est pour cette histoire stupide…
- Stupide ?! Kaoru est-ce que tu te rends compte de ce que ça implique ?! Pour toi, pour moi ! Pour notre couple !! Pourquoi tu ne me l’a pas dis ?!
- Parce que Keiko et moi nous n’avions pas de raison de…
- Tu aurais put m’en parler avant et tu le sais très bien !! Et maintenant que je suis devant le fait accompli, après quatre mois, tu espérais que je réagisse comment ?! En te lançant des fleurs dessus ?!
- Ca ne sert à rien de t’énerver sur moi ! Ok j’ai fait une bourde ce soir-là !! Mais c’est pas non plus un drame ! De toute façon fallait bien que ça arrive un jour et on le savait tous les deux quand on s’est mis ensemble !! Maintenant si tu veux fais la gueule et moi j’irai au rendez-vous tout seul !

Il avait crié la dernière phrase plus fort que les autres et un silence pesant s’installa peu après. Kyo le regardait, complètement interdit, et finit par baisser la tête et enfouir son visage dans ses mains en inspirant fortement. Kaoru craignit un instant de le voir pleurer et allait s’excuser quand le petit brun rejeta ses mèches noires hors de ses yeux en soufflant bruyamment.

- C’est bon Kao on arrête là. On va pas continuer comme ça, sinon je sens qu’on va se dire des choses horribles…Et je suis déjà assez angoissé comme ça sans qu’il faille encore en rajouter…
-….Y’a pas de quoi être angoissé tu sais ?
- Pff bien sûr…Parce que toi tu ne crains pas ce qui va se passer ce soir ?

Kaoru sourit un peu en haussant ses épaules et le reprit dans ses bras sans attendre, déposant un léger baiser sur ses lèvres. Oh que si, il était mort de peur, complètement terrifié même, mais il devait être fort pour eux deux, Kyo avait déjà beaucoup d’appréhensions, pas la peine de leur laisser le champ libre.

- Kyo je t’aime. Ce qui doit se passer ce soir je m’en fiche…Tu veux pas me faire un petit sourire pour faire semblant d’avoir confiance en moi ?
-…..Non….

Un sourire espiègle fleurit néanmoins sur ses lèvres et il enserra le cou de son amant de ses bras, les collant l’un à l’autre, en quête d’un réconfort qu’il savait éphémère mais qui aurait au moins le mérite de calmer ses nerfs jusqu’au soir.

Ils restèrent comme ça un moment, laissant le silence reprendre ses droits avant de le briser de nouveau quand Kaoru rit. Kyo se redressa et le jugea d’un œil critique.

- Ca te fait rire que je sois complètement pétrifié ?
- Ahahaaaa non….pfff…non c’est que je….j’imaginais la tête de…Huhum…C’est rien. Bon c’est pas tout mais si on veut être à l’heure vaut mieux partir maintenant ne ?
-…Kao…
- Oui ?
-…J’ai vraiment peur….je….je veux pas te perdre tu comprends ?

Kaoru ne répondit rien mais resserra un peu plus son étreinte autour du chanteur qui enfouit son visage dans son cou.

- Tu ne peux pas me perdre à cause de ça Kyo…
- Qu’est-ce que tu en sais ?
- Parce que si c’était le cas, le simple fait que ma mère m’ait appelé pour me le rappeler m’aurait éloigné de toi…
- Il a quand même fallut que ta mère t’appelles…
- Oui je suis très tête en l’air quelques fois !
- Mouais…Dis moi…Tu crois que tes parents vont réagir comment ce soir ? Après tout…je ne suis pas certain qu’ils vont apprécier que tu ramènes un mec chez eux à la place de ta fiancée…

Kaoru fit une grimace contrite et le relâcha pour le tirer jusque dehors, direction la voiture du chanteur pour rentrer se rendre présentables. Ils entrèrent dans l’habitacle du véhicule et Kyo ne put s’empêcher de rire un peu avant de l’embrasser sur la joue.

-…Tu avais vraiment oublié de leur dire que tu n’étais plus avec Elle ?

oOo

Donc…Reprenons !….La cuisine c’était réglé, la maison…rangée….même impeccable…La vaisselle ? A oui lavée, astiquée, presque réduite et parfaitement propre, pas un microbe ! La table…Tout était dessus donc problème réglé…L’étage ?...Draps changés, chambres aérées et parfumées, salle de bains fournie à craquer…

- Kamisama le dîner !!!!

Elle se jeta sur le réfrigérateur et scruta attentivement le contenu, détaillant la moindre parcelle de nourriture et cherchant la moindre faille dans sa présentation ou sa préparation. Elle souffla de soulagement et referma la porte en plastique blanc pour saisir immédiatement un chiffon propre à côté et le passer scrupuleusement sur la poignée. Parfait, pas une trace de doigt !

- Mais qu’est-ce que tu fais encore ?
- Je fais les vérifications de dernière minute ! Il faut absolument que tout soit parfait ! C’est sa première fiancée officielle après tout !
- Mouais…J’espère que ce n’est pas une mijaurée tout de même…Dans le milieu qu’il côtoie il aurait très bien…
- Mais non ! C’est de notre fils que nous parlons ! Jamais il ne s’aviserait de nous ramener une fille comme ça à la maison voyons…
- Ca ne serait pas comme s’il ne nous avait jamais caché des choses ou emprunté une voie qui n’était pas la sienne.
-…Vas-tu donc lui reprocher toute ta vie de ne pas avoir voulu devenir un économiste Hiroshi ?

L’homme finit d’ajuster sa cravate d’un geste sec et adressa à sa femme un regard aussi chaleureux que les glaciers. Il se détourna en tirant sur sa chemise, un peu tendue à cause de son embonpoint, et sortit de la cuisine reluisante pour se diriger vers son bureau.

Sa femme le regarda partir et sa bonne humeur s’étiola quelque peu.

-…Je sens que ça va être une longue soirée…

Elle consulta sa montre et réfléchit un instant en voyant son reflet dans le carrelage au dessus du lavabo pour ensuite filer dans sa chambre et se changer. Mieux valait être un minimum décontractée pour palier à l’apparence de son mari. Les blocages sont si fréquents dans ce genre de situations…Il aurait été malvenu de mettre mal à l’aise la fiancée de son fils unique…

oOo

- Kyo tu es prêt ?
-…Anoo…tu peux venir s’il te plaît… ?

Kaoru fronça un peu les sourcils, intrigués que son compagnon si anxieux ne soit pas encore prêt malgré son stress, et se débarrassa sommairement de ses chaussures avant d’entendre un grand bruit dans la chambre du chanteur et d’y courir.

- Kyo !! Kyo ça va ??!!

Quand il passa la porte, il faillit glisser sur un roller qui traînait au sol et rétablit de justesse son équilibre. Il releva les yeux et sa bouche s’ouvrit en grand devant le désordre monstre qui régnait dans la pièce. La grande armoire dans un coin était complètement ouverte, tous les tiroirs eux aussi béants, des vêtements multiples jonchaient le sol au point que seules quelques parcelles de moquette étaient visibles. Même le paravent beige aux dessins de cerisiers peints à la main était assailli par divers pantalons et chemises. Un vrai désastre.

Il chercha un moment son amant dans tout ce fouillis pour le repérer derrière le lit occupé à juger sévèrement deux chemises qu’il aimait beaucoup pour ensuite les balancer sur le lit et s’y laisser tomber lourdement.

Le guitariste s’approcha prudemment et dégagea un bout de matelas des habits qui le jonchaient. C’était à se demander comment Kyo qui avait horreur de faire les boutiques soi-disant avait presque plus de fringues de leur accro de bassiste.

- Kyo tu n’es pas prêt…

Cette simple constatation fit relever le visage du chanteur, le désespoir inscrit nettement sur ses traits, et il finit par se redresser complètement, ignorant le regard soudainement très intéressé de son amant qui dévorait mentalement ses mamelons bruns, découverts, tout comme le reste de son corps excepté le caleçon qui protégeait la vertu du chanteur.

- Kaoru je sais pas quoi mettre !! C’est horrible j’ai un océan de fringues en tout genre dans mon armoire et je suis même pas capable de trouver de quoi être présentable !!
- Kyo…Ne panique pas…C’est…pas si grave…- Pas grave ?! Je te rappelle que se soir on annonce à tes parents que tu as quitté ta fiancée pour ton meilleur ami !

-…Kaoru tu vas bien… ?

Le guitariste était plongé dans ses pensés, trop occupé à se demander quelle partie de son chanteur était la plus délicieuse, quand une main passa devant ses yeux, tout près. Il la saisit au vol et tira dessus pour faire basculer l’autre occupant du lit sur celui-ci et le surplomber.

Kyo se débattit un peu, prétextant qu’ils n’avaient pas le temps de jouer, mais Kaoru le retint fermement. Depuis près d’un mois maintenant, ils n’avaient plus fait l’amour. La simple pensée d’être présenté à ses parents avait bloqué Kyo et chaque entreprise tentée finissait immanquablement par un arrêt immédiat des activités et un séjour dans la salle de bain pour Kaoru. Et maintenant qu’il était là…il n’avait vraiment pas envie de le laisser partir…

Il étouffa les protestations de son amant d’un long baiser langoureux qui débuta par une rébellion du chanteur, mais celui-ci finit par se laisser aller et enfouit ses mains dans les cheveux de son amant. Ils se redécouvraient lentement, amoureusement, faisant disparaître pour cet instant la tension qui les submergeait.

Bien vite, le baiser prit une tournure plus passionnée, chacun perdu dans son monde de désir où il rejoignait toujours l’autre, et les mains du guitariste quittèrent les hanches du chanteur où elles étaient restaient sagement posées jusque là pour aller s’insinuer en dessous du caleçon et l’abaisser lentement le long des jambes fuselées de Kyo. La texture soyeuse des cuisses fit monter d’un cran le feu qui animait ses reins et il ondula doucement contre le bassin sous lui, passant tantôt dans un frôlement tantôt en appuyant délibérément et avec force son érection montante contre celle du petit brun.

Un gémissement rampa hors de la gorge de celui-ci et Kaoru quitta son corps pour défaire son jean noir et le baisser au niveau de ses genoux. Il replongea alors sur Kyo qui sursauta au contact de leurs deux sexes nus l’un contre l’autre avant de tenter une nouvelle fois de le repousser, même si la volonté n’était plus vraiment là. Ils n’avaient pas le temps mais un mois c’était tellement long…

- Kao…aaahh…Kao non…non arrête ! On a …pas le t-temps… !
-…M’en fiche…j’en ai tellement…arrgh…oh Kyo j’ai envie de toi maintenant !

Il se plaqua contre le torse de Kyo et reprit possession de ses lèvres brûlantes et gonflées dans un baiser sauvage, partant ensuite dans son cou pour cajoler son oreille tandis qu’il écartait ses cuisses de ses mains et les relevait contre ses flancs. Son membre palpitait furieusement contre son chanteur, arrachant des gémissements de désir à celui-ci quand il le sentit le guitariste prêt à le prendre une nouvelle fois, à lui montrer à quel point il l’aimait…

- Kyo…Kyo s’il te plaît…
-..Aaah…Kaoru…Je…t’en prie….

Trop heureux de pouvoir continuer ce qu’il rêvait de faire depuis trop longtemps à son goût, Kaoru pressa un peu plus son sexe contre son amant et finit par le pénétrer doucement, le laissant s’habituer à la douleur avant de pousser plus loin, intoxiquer par son odeur partout autour de lui, par ses mains qui griffaient son dos pour mieux l’apaiser de ses mains fraîches malgré tout l’étendue de son désir à cet instant.

Un râle rauque leur échappa en même temps quand Kaoru fut entièrement en Kyo et il se redressa un peu pour pouvoir commencer à bouger plus confortablement, savourant l’expression de pure extase mêlée à la douleur sur le visage de son précieux amant, l’excitant encore plus.

Ses mouvements jusqu’alors lents et tendres se muèrent en véritables assauts comme il fondit sur le chanteur et effectua des va et viens si puissants qu’ils s’étaient déplacés sur le lit, pantelants et gémissant à tout rompre, Kyo arc-bouté en arrière et les jambes complètement écartées par les mains puissantes de Kaoru qui le pilonnait sans répits, plongeant en lui pour mieux les propulser tous les deux dans les abysses d’un merveilleux moment ou plus rien ne leur était égal.

Les mains du chanteur passèrent d’un coup de ses épaules à sa poitrine et il tortura deux boutons de chair rosés et complètement dressés tandis qu’il criait presque de plaisir sous les poussées de Kaoru.

Celui-ci, sentant ses mains l’exciter, ne put tenir plus longtemps et se déversa dans un cri presque douloureux en lui, continuant d’arpenter son corps furieusement pendant que Kyo se déversait à son tour, un plaisir trop grand montant en lui pour qu’il puisse laisser échapper un son de sa bouche entrouverte sur sa respiration saccadée.

Essoufflé, Kaoru se rallongea sur lui et entreprit d’embrasser son amant dans le cou pour le faire redescendre lentement de son nuage. Une main revint se planter dans ses cheveux et la voix hachée de Kyo lui parvint doucement.

-…Je crois que tu devrais appeler tes parents pour leur dire qu’on sera en retard…
-…Non…On a encore le temps…
- Il faut qu’on aille se doucher Kaoru, et séparément, sinon on sera encore plus en retard…
- Arrête de t’en faire pour ça…D’ailleurs, tu ne peux pas aller à la douche sans savoir ce que tu vas mettre ensuite hum ?

Il se redressa sur un coude et observa quelques instants son petit ami, encore alangui sous lui et à la limite du sommeil, ce qui le poussa à lui donner une petite tape sur les fesses.

- Hey !
- Aller faut se préparer, sinon on va vraiment être à la bourre !

oOo

- T’es sûr que ça va comme ça ?
- Mais oui, tu es superbe. Je me retiens de te sauter dessus depuis tout à l’heure.
- Kaoru je ne plaisante pas ! Tu ne crois pas que ça va faire un peu trop décontracté ? Ou alors ça peut même faire trop sérieux et ils se douteront de quelque chose tout de suite…

Le guitariste soupira tut en gardant un œil sur la route, maudissant intérieurement la propension de Kyo à dramatiser. Il était sublime comme ça, et puis de toute façon si jamais ça ne se passait pas bien ils pourraient toujours rentrer…

-…Kaoru ? Ca ne va pas ?
-…Je…Kyo, je ne peux pas te promettre éternellement que ça se passera bien…J’ai certainement aussi peur que toi.
- Voila qui me rassure…
- Autant être honnête. Je n’ai plus de très bons rapports avec mon père ces temps-ci donc…

Un moment se passa en silence, et Kaoru allait le briser en passant à un sujet neutre quand une main chaude se posa sur la sienne, la caressant doucement. Il tourna brièvement la tête vers son chanteur qui lui adressa un petit sourire visiblement forcé.

- De toute façon, si ça ne se passe pas bien on peut toujours rentrer…Et puis, ce qui c’est passé après nous l’avons choisi tous les deux, on peu bien affronter ça ensemble, tu ne crois pas ?

Kaoru eut un petit sourire en coin quelques secondes avant de retrouver sa concentration et de prendre la sortie pour entrer dans le lotissement où vivaient ses parents. Il ne vit donc pas le visage de Kyo se teinter d’inquiétude et de doutes devant son silence.

Le petit brun refit face à la route en serrant ses mains sur son estomac pour tenter de contrôler la boule qui y était et qui lui transmit une horrible douleur comme ils s’arrêtaient devant une belle petite maison au jardin scrupuleusement entretenu.

-…Ok…C’est l’heure de monter sur scène Kyo-chan…

Kaoru se tourna vers Kyo et prit son visage entre ses mains en le voyant livide. Le chanteur appréhendait visiblement plus que lui cette rencontre…

- Kyo-chan ça va aller, je suis avec toi.
- J’ai une frousse incroyable.
- Tu veux qu’on rentre ?
-…Oui…

Le guitariste se dépêcha de remettre le contact quand une main saisit la clé et la tourna pour le couper.

- Je veux rentrer, mais je ne peux pas. Il va bien falloir leur dire un jour non ? Autant le faire le plus tôt possible…

oOo

- Kaoru !!! Mon chéri tu ne peux pas savoir comme je suis heureuse de te voir !!!
- M-Moi aussi Maman… !

La mère de Kaoru avait dû les guetter à la fenêtre car elle avait ouvert la porte avant même qu’il ait eu le temps de sonner et l’avait étreint d’office dans un semblant de combat entre ours. Il commençait d’ailleurs à virer au violet quand le rire de son amant, qui bien que discret, sortit sa mère de sa frénésie de maman-poule et la fit l’observer un moment, confuse de se retrouver face à un homme plutôt qu’à une jeune femme.

Kyo s’en aperçut et fut tout de suite pris de malaise tandis qu’il se demandait si la soirée n’allait pas s’écourter sur le palier avant même d’avoir commencé. Kaoru ouvrit la bouche mais sa mère ne lui laissa pas le temps d’en placer une qu’elle serrait Kyo dans ses bras à l’en étouffer.

- Mais qu’il est mignonnnnnnnnnnnnnnn !! Rah Kaoru tu aurais dû nous avertir qu’un ami à toi t’accompagnerait se soir !! J’aurais rajouté un couvert !! Oh mais il est trop mignon on dirait un enfant trop chou je ne peux pas m’empêcher de le serrer il est trop chou !!!!!

Kyo était raide comme un bâton et cette fois ce fut à Kaoru de rire devant la crise de gagatisation de sa chère mère. Elle n’avait pas changé, toujours aussi aimable et folle de tout ce qui était mignon, une vraie collégienne. Ses longs cheveux noirs ne comportaient pas le moindre cheveu blanc malgré ses quarante-huit ans et ses longues journées d’épuisement à astiquer tout ce qui avait ne serait-ce qu’une micropoussière. Elle portait un chemiser rose pâle en satin qu’il savait qu’elle ne sortait que dans les grandes occasions et une jupe bien coupée et cintrée qui sculptait à la perfection sa taille de guêpe et ses jambes plus que superbes.

- Je peux savoir ce que tous ces cris signifient ?

La voix avait claqué comme un coup de fouet en haut des escaliers et tous se tournèrent vers Niikura Hiroshi, le maître des lieux, qui descendait en arborant une expression neutre à la limite du mépris. Son épouse lâcha immédiatement le petit brun qui vacilla un peu en arrière et s’inclina respectueusement devant le père de son amant en murmurant un faible ‘Bonsoir’. Il lança alors un regard en coin à Kaoru qui s’était statufié et semblait chercher ses mots.

- On ne dit plus bonsoir à son père Kaoru ? Tu en as oublié ton éducation jusque là ? Et qui est ton…ami ?

Kyo vit le poing de Kaoru se contracter un peu avant de se relâcher, et autorisa un peu d’air à pénétrer de nouveau dans ses poumons.

-…Bonsoir Papa. Je vous présente Kyo, c’est mon chanteur.
- Ravie de faire votre connaissance Kyo. Je suis Takumi, la mère de Kaoru, excusez-moi pour tout à l’heure mais je suis un peu…Hum passons ! Hiroshi voudrais-tu passer à la cuisine chercher une bouteille d’alcool, tu sais que je n’y connais rien.

Elle était rayonnante de gaieté et son mari la regarda un moment avant de partir dans la cuisine en grommelant. Son air réjouit disparut aussitôt et elle adressa un petit sourire contrit aux deux jeunes hommes en face d’elle.

- Désolé mon chéri, mais tu connais ton père…
- C’est rien. Kyo passe moi ton manteau je vais le ranger.

Kyo se laissa dévêtir sans un mot et suivit la maîtresse de maison jusqu’à la table merveilleusement décorée où elle s’apprêtait à rajouter un couvert quand Kaoru lui fit non de la tête avant de tirer une chaise en faisant signe à Kyo de s’asseoir à côté de lui.

- Mais mon chéri si ton ami veut manger avec nous il lui faudra bien des couverts.
- Ce n’est pas la peine d’en rajouter, nous ne serons que quatre se soir.
- Jouer dans un groupe ne t’aurais pas fait oublier comment compter correctement ?

Hiroshi entra dans la pièce et posa bruyamment une vasque blanche en porcelaine devant son verre.

- Hiroshi ! Le saké ne va pas du tout avec ce que j’avais préparé !
- Je suis encore chez moi Takumi, et si je veux du saké je bois du saké.

La mère de Kaoru reste interdite devant un tel ton avant de secouer la tête nerveusement et de s’asseoir aux côtés de son époux, qui étrangement n’avait pas pris la place d’honneur, comme il était de coutume.

- Si demain tu es malade ne viens pas te plaindre….Mais revenons à notre sujet principal. Nous serons cinq ce soir Kaoru, pas quatre…

Les deux amants se regardèrent nerveusement et Kyo saisit le verre d’eau devant lui, en avalant une gorgée tandis que Kaoru posait ses mains sur la table.

-…Maman, il faut que je vous dise quelque chose…A propos de…de Keiko et moi…
- Pas la peine Kaoru je suis déjà arrivée ! Mais merci d’avoir voulu m’excuser auprès de tes parents.

Le guitariste leva des yeux effarés vers la jeune femme vêtue d’une longue robe violette qui entra à son tour dans la pièce. Il resta immobile quand elle s’approcha, trop étonné pour réagir quand elle déposa un léger baiser sur ses lèvres avant de prendre place à côté de Kaoru, à la place qu’aurait normalement dû occuper Hiroshi.

Kyo lui avait fait des efforts inimaginables pour ne pas se jeter sur elle et l’égorger avec une baguette. Il vit son amant se tourner vers lui, perdu, et se contenta de rabaisser son verre et le poser calmement sur la table.

- Bonsoir Kyo. Ca fait…quatre mois qu’on ne s’est pas vu il me semble… ?
-…Bonsoir. Quatre mois et deux semaines demain.
- Quelle mémoire…Comment se fait-il que tu t’en souviennes avec autant de précision ?

Son ton mielleux était aussi acide que l’intérieur d’un estomac et elle l’observait, un petit sourire amusé aux lèvres pendant qu’elle battait des cils vers Kaoru, qui agrippait son pantalon jusqu’à risquer de le déchirer.

- Et toi qu’est-ce que tu fais là ?
-….Mais je te signale que je suis invitée moi aussi…Mon amour…

Kyo avait tiqué à l’appellation et lui jeta son regard le plus noir, heureusement raté par les parents en face de lui qui était trop occupés à suivre la joute entre Kaoru et sa ‘fiancée’ d’un air intrigué.

- Kaoru, mon chéri…Pourquoi lui poser une telle question… ? C’est aussi pour ta fiancée que nous avons préparé ce dîner.
- Et je vous en remercie Niikura-san. Je suis sûre que ce sera absolument délicieux ! D’ailleurs je meurs déjà de faim !
- Oh excusez-moi Keiko, je vous néglige, mais quelle femme suis-je donc ?!

Elle s’empressa de partir dans la cuisine chercher les plats prêts à être servis et Kaoru se leva à son tour l’aider. Kyo le regarda partir en brûlant de colère et d’angoisse d’être laissé seul avec son père et son ex.

oOo

- Maman qu’est-ce qui se passe ?! Depuis quand elle est là ?!
- Mais Kaoru… ! Elle est là depuis une bonne heure déjà ! Elle a dit que c’est toi qui l’avais poussé à venir la première pour calmer ton jeune ami avant de venir à ton tour…

Kaoru saisit la première chose qui lui passa sous la main, soit un couteau, et le planta dans la planche à découper en bois qui trônait sur le plan de travail.

-…Kaoru qu’est-ce qu’il se passe ici ?

Son fils détourna les yeux et s’avança vers elle, la prenant dans ses bras et manquant de lui faire renverser ses plats.

-…Je t’expliquerai ça après…
- C’est si grave ?
-…

Il se retourna, prit deux plats et les apporta dans la salle à manger, laissant sa mère regagner un minimum de contenance face à ce qu’elle pressentait être une catastrophe et se dirigea à son tour dans la pièce.

oOo

Les seules personnes qui parlèrent volontiers furent Keiko et Takumi, parlant de la robe de marié, des invitations, de tout et de rien, tandis que les trois hommes restaient silencieux come des tombes, Hiroshi grognant quand on lui demandait son avis et Kaoru et Kyo mangeant silencieusement et avec application.

Le guitariste finit par laisser tomber sa serviette et en profita pour déposer un léger baiser sur la main de Kyo qui était posée sur sa cuisse lorsqu’il eut fini son assiette. Le chanteur frissonna un peu sous la caresse, extrêmement réconfortante malgré le fait qu’il sache parfaitement que le plus dur restait à venir.

Et il ne mit pas longtemps.

- Alors Kaoru à quand la date fatidique ?

Le leader se figea, ses yeux encore sur Kyo passant sur sa mère, troublé. Il blanchit à vue d’œil et tourna la tête vers Keiko qui rie bêtement en prenant la main de Takumi dans la sienne.

- Ah ne lui posez pas cette question il serait capable de vous dire jamais ! Vous connaissez les hommes…
-….Justement….

La jeune femme posa son regard confus sur lui avant d’arborer un air purement méprisant en fixant Kyo, menaçant indirectement Kaoru.

- Tu disais mon amour ? Je n’ai pas bien entendu…
- Je disais qu’il n’y aurait pas de mariage. Alors arrête avec ton air mielleux et tes manières maintenant.

Ses parents avaient levé la tête vers lui et leurs visages concentrés cherchaient apparemment une explication à toute cette scène.

- Kaoru je peux savoir de quel droit tu te permets de parler comme ça à ta fiancée ?
- Je me le permets, Papa, parce que je suis un adulte et qu’accessoirement ce n’est plus ma fiancée. J’ai rompu avec elle il y a quatre mois environ.
-….Et on peut savoir en quel honneur et surtout pourquoi tu ne nous a rien dit ?

Son visage s’était contracté en une expression purement furieuse et Takumi s’était redressée dans l’espoir de courir plus vite que vers son fils pour le protéger si besoin était. Elle fut surprise de voir ladite ex-fiancée arborer toujours un grand sourire dans la direction de son fils et fronça les sourcils. Ca ne lui disait vraiment rien de bon.

- Oui Kaoru. Dis donc à ton père pourquoi tu as rompu…A moins que tu veuilles que je le fasse moi-même ? On peut oublier le passé tu sais ? Je suis prête à te pardonner ce que tu as fais et on pourra se remettre ensemble…
- Aurais-tu déshonoré ta fiancée Kaoru ?!

Son père s’était avancé de la table, ses mains croisés dans la parfaite imitation d’un grand PDG qui souhaiterait balancer un collaborateur par la fenêtre, et fixait maintenant son fils sans aucune pitié.

Kaoru prit une grande inspiration et lança un regard à Kyo avant de prendre discrètement sa main dans la sienne et de relever la tête. Il prit bien soin de ne pas osciller sous le regard menaçant de son père.

- Je sais que ce que je vais dire ne va pas vous plaire alors s’il vous plaît laissez moi au moins finir de dire ce que j’ai à dire…J’ai rompu avec elle pour la simple raison que je ne l’aimais plus, ou plutôt que j’aimais quelqu’un d’autre…
- Merveilleux ! Absolument merveilleux ! Tu vois Takumi ! Je te l’avais dit ! Ce gosse n’est même pas capable de rester constant même après s’être engagé !! Et on peut savoir qui c’est cette personne si chère à ton cœur pour que tu abandonnes sans remord ta fiancée ?!
-…C’est…
-…C’est moi….

Tous restèrent ébahis devant cette réponse soufflée entre les cris et qui restaura le silence autour de la table. Keiko semblait être aux anges, Takumi était mortifiée et son mari…complètement abasourdi. Il continuait de fixer Kyo, la bouche grande ouverte et les yeux qui sortaient presque de leurs orbites, et plus pâle que la nappe.

D’un coup sa bouche se referma dans un ‘glop’ sonore et il se leva, pointant Kyo du doigt tandis que son teint prenait une intéressante couleur violacée.

- Tu veux dire que c’est toi qui t’es mis entre eux ??!!! Mais de quoi tu as bien pu te mêler sale petit…. !!!!
- Hiroshi je t’en prie calme toi !!!
- Que je me calme ?!! QUE JE ME CALME ??!!! Ton fils se permet de me ramener un homme à la maison, un homme sans avenir qui plus est, et toi tu me dis de me calmer ??!!!!
- Ca suffit !!! Je t’interdis de parler de lui comme ça !!!
- Kaoru !!!!

Takumi aussi s’était levée et faisait de son possible pour faire rasseoir son mari qui continuait à déblatérer ses insultes envers Kyo pendant que Kaoru se levait lui aussi et contrait son père à coup de paroles blessantes.

De son côté, le chanteur commençait à avoir du mal à respirer, et les cris autour de lui avaient développés une migraine atroce. Sa vue se brouillait un peu et seule Takumi s’aperçut de son teint livide.

- Kyo tout va bien ?!
- Kyo !!

Kaoru avait immédiatement détourné son attention sur Kyo et l’observait, inquiet. Il s’empressa de saisir le verre d’eau que lui tendait sa mère et le lui donna. Kyo ingurgita difficilement et son compagnon défit deux boutons à sa chemise dans l’espoir de calmer ses tremblements quasi-convulsifs.

- Et regarde-moi ça !! Même pas capable d’affronter l’adversité comme un homme !!! T’as vraiment bien choisi ton copain Kaoru !!

Le guitariste reposa son regard farouche sur son père et allait hurler qu’ils partaient quand Kyo se dégagea de ses bras en murmurant faiblement qu’il avait besoin de prendre un peu l’air et sortit rapidement de la pièce.

Takumi le regarda faire, extrêmement inquiète quand à son état de santé, puis se planta face à Keiko et darda sur elle son regard le plus frigorifique.

- Mademoiselle, je vais vous demander de sortir de ma maison. Vous n’y avez visiblement plus votre place.
- Oh que si elle y a sa place !! Elle est sa fiancée et que Kaoru le veuille ou non il respectera sa parole !!!

Sa femme sembla rougir de colère mais au lieu de commencer une dispute à n’en plus finir, elle saisit le pichet d’eau sur la table et le versa entièrement sur la jeune femme qui hurla sous l’effet du froid et de la surprise, et Takumi sortit de la pièce rapidement, ne prêtant plus aucune attention à ses occupants.

Elle sortit vivement part la porte d’entrée et contourna la maison pour ne pas être vue d’un éventuel voisin. C’est là quelle le vit, adossé au mur, une cigarette se consumant toute seule à la main et le visage doté de l’expression de celui qui va tout perdre sans savoir pourquoi.

-….Kyo… ?

Le chanteur sursauta un peu et faisait mine d’écraser sa cigarette quand elle s’avança et la lui prit des mains pour en tirer une bouffée. Le petit brun la regarda faire avec surprise mais finit par sourire quand elle la lui rendit, tirant dessus pour ensuite l’éteindre.

-…Kyo je vous demande pardon.
- De quoi ?
- Du comportement de mon mari. Il est tellement conservateur…C’est à se demander comment j’ai pu l’épouser celui-là ! Vous vous rendez compte qu’à cause de lui cette cigarette était la première que je touchais depuis près de trente ans ?-…C’est pas une si mauvaise chose…
- Non c’est vrai…

Elle s’adossa elle aussi au mur et leva les yeux vers le ciel.

- La pire chose, c’est lui…Il a tellement changé depuis cette époque…Moi la rebelle du lycée, je me demande parfois pourquoi j’ai accepté le jour où il m’a demandé de l’épouser…
-…Parce que vous l’aimiez… ?

Takumi lui adressa son plus beau sourire, le même que Kaoru remarqua-t-il avec une once d’amusement et un pincement au cœur.

- Oh oui je l’aimais…Comme une folle, comme on peut aimer à cet âge-là…envers et contre tout ce qu’on me disait…Un peu comme mon fils et vous non ? Entre nous Kyo, je suis triste de ne pas avoir de petits enfants pour l’instant…Mais je suis tellement heureuse pour mon fils et pour vous que ça ne me fait pas grand-chose de savoir que vous ensemble. Je vous aime bien…Et puis vous êtes vraiment très mignon !

Kyo sourit à son tour, réconforté par ces paroles sincères, et se pencha un peu vers elle pour l’embrasser sur la joue.

-…Merci…
- Mais ce fut un plaisir ! Bon ! Si nous rentrions ? Il commence à faire froid et je dois vérifier que les deux hommes de ma vie ne se sont pas entretués avec ma vaisselle…

Le chanteur la suivit lentement vers la porte et fit de son mieux pour lui sourire une nouvelle fois quand ils entrèrent de nouveau dans la maison. Les cris de Kaoru et de son père ne s’étaient pas taris et quand ils arrivèrent à l’entrée du salon ce fut pour entendre celui-ci l’injurier encore une fois.

- Un chanteur ?!!! Tu perds déjà ton temps à faire tout ce bruit que tu oses nommer musique !!! Alors ne vient pas me dire que cette petite….tapette !! Est un vrai chanteur parce que je refuse ça !! Tu m’entends Kaoru ??!! Il est hors de question que tu nous déshonores ta mère et moi plus que tu ne l’as déjà fait en nous ramenant CA à la maison !!!

- Hiroshi !!!

Takumi était maintenant furieuse et ce fut par pur réflexe qu’elle se retourna vers le chanteur pour voir l’impact des mots de son mari sur lui. Il n’était plus livide mais les joues rouges, certainement de colère, et les larmes aux yeux en voyant Keiko pendue au bras de Kaoru et celui-ci les yeux baissés au sol en laissant son père hurler sa ‘honte’.

Il n’eut d’ailleurs pas le temps d’en crier plus que le chanteur furibond s’avançait vers son petit ami et son ex pour attraper celle-ci par les cheveux et la tirer loin de lui tandis qu’elle hurlait, agrippant deux pans de sa tignasse pour l’accrocher au dossier d’une des chaises en y faisant un beau nœud marin et en les ébouriffant.

- Oh ça va ferme un peu ta gueule tu nous saoules !! C’est quoi ton problème grognasse ?!! Si Kao est venu avec moi c’est que t’avais rien pour le satisfaire pauvre fille !!!! Au moins moi j’suis un bon coup !!!!
- Ne te permet pas de parler comme ça toi !!! C’est chez moi ici !!!!
- Vous aussi vous avez un problème ??!!! HEIN ??!! Quoi ?! J’ai blessé votre fierté en sortant avec votre fils ?! Et alors ?! Qu’est-ce que ça peut faire ?!! C’est vous qui venez dans mon lit ?!! C’est vous qui venez me faire hurler de plaisir ??!! Non !!! Alors mêlez-vous de ce qui vous regarde !! On est venu vous mettre au courant, pas chercher votre bénédiction !! Alors si ça vous va pas, aller vous faire voir !!

Le père de Kaoru resta comme deux ronds flans devant un tel discours hurlé sur lui, dans sa propre maison, devant sa femme morte de rire et son fils aussi ébahi que lui. Kaoru se jeta d’ailleurs sur le chanteur et l’embrassa sur les lèvres avant de se faire rejeter sans remords.

- Et toi tu ne me touches plus !! C’est comme ça que tu me défends ?! En regardant le sol avec l’autre…POUFIASSE accroché au bras !! Hein ?!
- Mais mon ange c’est pas ce….
- Tu te tais où tu finis comme elle !!

Kaoru n’osa pas rajouter un mot de peur de voir la menace mise à exécution et ses épaules s’affaissèrent quand il le vit sortir en emmenant sa mère par le bras.

- On va fumer ! Le premier qui vient nous les briser je les lui coupe !!!

Le guitariste, abasourdi devant un tel dynamisme et une aussi grande autorité, se traîna sur une chaise adjacente à celle de son ex et attrapa souplement la bouteille de saké posée non loin pour en prendre une gorgée. Il avait du mal à s’en remettre.

Une main vint soudain agripper la bouteille et Hiroshi la vida d’un trait, oublieux de l’air cette fois blasé de son fils. Il tira une chaise vers lui et s’affala dessus en soupirant, se penchant vers Kaoru.

-…Kaoru…
- Moui… ?
-….Il a du répondant ton copain…J’aime ça….
- Et moi donc…Et encore, tu l’a pas encore vu quand on lui dit qu’il est mignon…Heureusement qu’il appréhendait ce dîner sinon tu aurais été veuf.
-…Bah…Ta mère était pareille à son âge…Un vraie furie, pas moyen de la calmer à moins de devoir racheter tout le mobilier….Bon sang mais qui fait tout ce boucan ?!

Ils se tournèrent vers Keiko, toujours accrochée à la chaise par les cheveux et qui partait dans les aigus en hurlant qu’on l’aide.

- Oh la ferme !!! Vous avez déjà causé assez de problème comme ça vous !!

Puis il reposa son regard vers son fils et lui fit signe de se rapprocher avant de chuchoter en la surveillant, veillant à ce qu’elle ne l’entende pas.

-…Dis…C’est vrai qu’elle est nulle au lit ?

Owari


Return to Top