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Devilou
Author of 9 Stories

Rated: K - French - Humor/Parody - Reviews: 5 - Published: 12-11-06 - Complete - id:3284073

Auteur : Devilou-chan, l’AUteuse : Dir en Grey (Vous vous rappelez que c’est moi ne ? --), et quelques autres pris au hasard.
Disclaimer : Persooooooooonne, ne les remplaceraaaaaaaaaaaa…Ni ne les aura si ils n’y mettent pas un peu du leur .
Pairing: Mmm…Je sais même pas si y’en aura un…
Genre: AU, perfect santa par ma foi :p
Déclaration de l’auteur : Ze suis de retour pour me venger ! o . En parlant avec Matou, une idée viscieuse m’est venue. Ajoutez à cela le désir d’Annick d’un Kyo en mode warumono-masta et vous aurez plus ou moins cette idiotie vv. Voici donc une version toute particulière de ce qu’il se passe en réalité au pôle nord, durant la période de Noel. Enjoy minna !! XD
Dédicace : A Matou, qui m’a inspiré cette horreur en me faisant lire une de ses fics, que je recommande à tout le monde même si le pairing n’est pas celui que vous voulez. Tout cela dès qu’elle sera finie, bien sûr…

Tu l’veux mon sucre d’orge

Parfait. Tout était absolument parfait. Un joyeux spectacle de couleurs et de formes qui dansaient autour d’eux dans la joie et la bonne humeur. Il se tourna en entendant un bruit de chute et lança un regard plein de réprimande aux deux elfes maladroits qui étaient tombés du traîneau. D’ailleurs il ne voulait absolument pas savoir ce qu’ils y faisaient aux vues de leurs bonnets à pompons à moitié sur leurs têtes et de leurs courts vêtements en pagaille.

Il les observa décamper sans demander leur reste et reporta son regard sur la grande horloge. Elle indiquait 15h50 heure planétaire. Il sourit de satisfaction avant de s’asseoir sur une caisse de bonbons qui traînait par là. Tout était vraiment parfaitement bien organisé. Son sourire s’enorgueillit un peu quand la pensée lui vint que tout cela lu était dû. Il ne fallait surtout pas compter sur le ‘patron’ pour prendre tout ça en main…

Il jeta un rapide coup d’œil à l’horloge et grimaça en la voyant afficher 15h55. Le Père Noël aurait déjà dû être là ! Il partait dans quatre minutes et cette andouille n’avait toujours pas pointé le bout de son nez ! C’était une catastrophe !! C’était comme un sucre d’orge sans bandes rouges ! Un nounours sans ruban ! Une mèche de cheveux qui rebique même après y avoir mis une tonne de gel pour effacer toutes traces des galipettes derrière les gros cubes numérotés avec la petite lutine aguicheuse qui s’occupait d’emballer les bonbons….

Il rougit légèrement, puis furieusement en avisant le clin d’œil prometteur de la dite lutine qui passait par là et lui tripota le bas de la tunique sans faire exprès, tout en se dirigeant à grandes enjambées vers les quartiers de son adorable patron. Des bruits de courses et des petits cris résonnaient dans le vaste couloir et il se hâta, redoutant ce qu’il savait se passer.

Il hésita une fois arrivé devant la grande porte dorée aux extrémités en sucre d’orge, mais son devoir d’Elfe régisseur en chef se rappela à lui et il tourna la grosse poignée en sucre candy, les sourcils froncés.

Il inspira un grand coup en fermant les yeux quand son intuition première se justifia. Il porta nerveusement une main à son visage en se répétant que oui, c’était le Père Noël et que non il ne devait pas l’achever là, maintenant, tout de suite, parce que des millions de petits enfants attendaient leurs cadeaux et que sans facteur ça serait le bordel dans l’usine.

Il releva la tête et s’avança avec toute la dignité possible vers son patron, saisissant un immense sucre d’orge et le lui passant autour du cou de manière à l’empêcher de se jeter sur l’elfe Shinya, toutes mains devant et bavant comme un chien enragé.

- Mais lâche-moi Kaoru !! J’en peux pluuuuuuuuuuusssss !!! Il me faut du sexe !! Il me faut un elfeeeeee !!
- Die ça suffit il est bientôt l’heure de partir !
- Rien qu’un !! Promis et après je viens !!

Die tentait par tous les moyens d’atteindre le malheureux Shinya qui se trouvait coincé dans un coin de l’immense chambre, tapant sur les mains de Die avec une louche tout en faisant son possible pour couvrir ses jambes de sa fine et surtout très courte jupe rouge à fourrure blanche.

Kaoru tira en arrière en criant des ‘Coucher sale bête !!’ et, au bout d’un moment qui lui parût interminable, il se reçut un Die encore tout émoustillé en pleine poire. Ledit Die se releva à une vitesse fulgurante mais émit une sorte de ‘squouick’ en se retrouvant tracté par un Kaoru furieux le long du couloir.

- Maieuh ! Kao t’es méchant !! Laisse-moi en avoir un ! Rien qu’un je te promets que ça sera pas long !!

Kaoru ne prêta pas attention à ses gémissements de bête abattue ni à ses yeux de cocker abandonné sur une route de campagne un jour de pluie, et continua de le remorquer devant tous les elfes présents dans le hall d’embarquement. Die se débattait comme un beau diable en essayant d’attraper les jupes de n’importe quel elfe passant par là et finit par saisir un pilier et s’y accrocher en beuglant qu’il voulait son elfe maintenant ou sinon il partirait pas.

- Die on a pas le temps de jouer tu es déjà en retard !!
- Mais je veux un elfe !!!
- Tu en auras un en rentrant, promis, mais s’ilteplaîtpourtouslespetitsn’enfantsquiviventsurTerrearrêteetmontedanscefoututraîneau !!!

Die se retourna et son inattention profita à Kaoru, qui le propulsa au sol, sacrifiant son noble postérieur pour l’avenir des cadeaux, l’entraînant avec lui du même coup. Il se redressa rapidement et décocha une gifle magistrale au grand Père Noël avant que celui-ci n’en fasse de même.

- Kaoru… ?

Kaoru regarda l’horloge et commença à paniquer. 16h01. Ils avaient une minute entière de retard !! Il se retourna vers Die, qui lui commençait à reluquer un mignon petit elfe aux longues jambes et aux cheveux bleus conduisant une charrette pleine de cubes, et posa ses mains sur ses épaules. Il plongea son regard grave dans celui de son supérieur et soupira en laissant un moment de silence dramatique emplir l’air qui les entourait.

- Die, les enfants ont besoin de toi. Les cadeaux doivent être livrés en temps et en heure. Telle est la mission…du Père Noël.

Tous les elfes présents ôtèrent leurs bonnets à pompons gracieusement et fermèrent les yeux en les posant sur leurs cœurs. Une lumière blanche envahit la pièce et Die se tourna vers le traîneau. Il avança dignement, suscitant l’admiration de nombreux lutins qui le regardaient avec de grands yeux pleins de dévotion et brillants de petites étoiles, le port altier, l’air déterminé.

Il grimpa sur la passerelle d’embarquement et caressa la surface lisse du traîneau du bout des doigts. Le chant d’un chœur s’éleva lentement et il y prit place, son sérieux digne d’un soldat partant combattre l’ennemi arrachant quelques larmes à la majorité des lutins présents. Il enclencha le bouton ‘on’ sur le tableau de bord de son tout nouveau traîneau, le Rudolf 2005 XS 580 -avec gentes en alliage chromé argentées s’il vous plaît- et fit rapidement la check list des divers instruments électroniques.

Kaoru, les larmes aux yeux lui aussi – ce n’est qu’un elfe après tout- inspira difficilement. Il adorait le voir aussi sérieux, et il sourit en le voyant se tourner vers lui, aussi professionnel, aussi…

- Mais j’aurais quand même mon elfe avant de partir, na !
- Va faire ton p de job grosse feignaaaaaaaaaaaaaasse !!!!!!

Ceci dit, il se précipita sur un grand levier étiqueté ‘Ne toucher qu’en cas d’extrême urgence’ et le baissa, propulsant le traîneau à une vitesse supersonique dans le tunnel de lancement avec un rire qualifiable de démentiel. Ils entendirent tous un grand ‘Youpiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii’ extatique de Die, avant de tous se regarder et de soupirer de désespoir. Mais qui leur avait mis un patron pareil ?

Un elfe blond rebondit soudain dans les marches du grand escalier menant à la surface et glissa sur les fesses jusqu’à Kaoru, son bonnet respectueusement plaqué contre son torse. Il leva les yeux vers lui et Kaoru fronça les sourcils devant son air inquiet.

- Un problème Kohta ?
- …Ano…Oui votre Altitude, j’ai…Hum. Le Père Noël…
- Allons bon qu’est ce que ce satyre à bonnet a encore fait ?
- Il a raté la borne d’ouverture de cinq centimètres à peine mais il faudrait quand même veiller à prendre des pièces de rechanges parce qu’il n’a par contre pas raté les rochers d’à côté.

Kaoru leva les yeux au ciel et mastiqua silencieusement son bonnet violet en maudissant l’espèce de sale pervers infantile et lubrique qui lui tenait lieu de Big Boss. Il rabaissa son regard sur Kohta et frémit en le regardant sortir un petit appareil noir dont l’ampoule rouge clignotait de manière alarmante, tout comme le nom qui s’inscrivait dessus, pour le lui tendre timidement et partir reprendre son poste.

Kaoru regarda un instant le téléphone portable et inspira, essayant de garder son calme sous les bruits de chutes répétées de Kohta dans l’escalier. Il porta le cellulaire à son oreille en appuyant sur la touche notée ‘Z’ –comme zen- et parla.

- …Allô ?- bruit de friture
- Allooo ?!
- rebruit de friture
- Alloooooooo !!!!!
- A L’HUIIIIIIIIILLEEEEEE !!

Kaoru hurla en éloignant l’appareil démoniaque qui venait de lui crier dans l’oreille. Il reprit son souffle en se répétant qu’on l’avait affligé du pire métier du monde depuis que ce bip de bip de Die était Père Noël. Foutu Kozi de les avoir planté à deux jours du réveillon…

- …Die…Tu sais que tu as failli bousiller ton traîneau en sortant ?!
- Aaaaaaaahhh ! C’était ça ce bruit…Il me semblait bien que le voyant rouge qui clignote depuis tout à l’heure voulait dire quelque chose…

Kaoru se retint in extremis de reprendre son festin –soit rebouffer son bonnet sans omettre le pompon- et tenta à grand peine de reconstituer son sens du professionnalisme chevronné. Non, il ne devait pas mettre en marche le système d’autodestruction du traîneau. Les cadeaux y étaient encore.

- Autre chose d’anormal ? A part toi…
- …Nan, ça devrait aller…Ah si !
- Quoi ?
- Quand je rentrerai, je passerai un savon au lutin qui a fabriqué cet engin ! Y’a même pas de cookies là-dedans !

Kaoru raccrocha en appuyant sur le bouton annoté ‘D’ – pour délivrance- et en tapant des pieds. Un elfe aux cheveux roses et à la tenue jaune s’approcha même de lui pour lui demander s’il se sentait bien parce qu’il avait le visage aussi violet que les restes de son bonnet. Il le chassa à coups de baguettes magiques en plastiques made in China sur la tête et partit vers ses appartements en vociférant des menaces de mort à l’encontre de tout bonnet rouge à l’esprit tordu qui existerait en ce monde (NdA : me regardez pas à moi…enlève son bonnet de lutin rouge).

Il entra dans son antre sacré aux murs tapissés de petites araignées roses et ouvrit son énorme armoire. Il laissa ses yeux parcourir les dizaines de costumes aux différentes teintes dérivées du violet sagement rangés sur leurs cintres pour s’arrêter sur l’étagère où reposaient autant de bonnets assortis.

Il en prit un et le posa majestueusement sur sa tête après avoir jeter l’ancien dans une corbeille non loin de là. Il s’examina quelques instants dans le grand miroir et une petite vibration le parcourut. Il s’efforça d’y résister mais la tentation fut la plus forte et il se jeta sur son armoire pour en ouvrir un tiroir et sortir une longue cape violette. Kaoru la posa sur ses épaules et tourbillonna joyeusement. Trop de stress accumulé…

Un faible ‘toc toc’ se fit entendre et il se pétrifia. Il rangea la cape à une vitesse supersonique et ramassa tout aussi vite les divers sous-vêtements et accessoires que jalouserait Die avant d’aller ouvrir la porte, le visage fermé. Un jeune homme aux cheveux noirs se tenait devant lui, affalé stoïquement contre un mur. Il s’approcha de Kaoru, lui prit une main et y posa un petit cellulaire avant de partir rapidement en murmurant un faible ‘Je te plains’. Kaoru le porta à son oreille et soupira.

- Oui Die…
- Ah t’avais deviné ?! Dis t’oublies pas mon elfe ne ?!
- …Non…C’est tout ? Oui ? Maintenant AU BOULOT !!!
- Mais Kao je…

Trop tard. Kaoru sourit fièrement d’avoir raccroché au nez du Père Noël et verrouilla sa porte avant de se diriger vers la salle de contrôle pour surveiller tout ce petit monde.

oOo

La porte en métal s’ouvrit automatiquement après qu’il eut été identifié par son empreinte génétique au moyen d’un léchouillage de sucre d’orge. La pièce sombre était uniquement éclairée par un spot lumineux dans le style années disco, et les lutins assis devant leurs écrans en forme de cadeaux posèrent immédiatement leurs tasses pour se mettre au garde à vous.

- Repos, lutins-soldats. Des problèmes à signaler Sergent Candy ?
- Euh…Et bien euh…Non… ?
- Comment ça nan ?! Même pas un chewing gum collé dans le bonnet d’un camarade ?!
- Bah…Nan…Tous les lutins sont occupés à préparer le retour de Santa-Boss et…Ah ! Si. Le lutin mécanicien de 1° classe en charge du développement du système électronique du traîneau souhaite vous parler…

Kaoru pâlit instantanément. Non. Pas lui, pas le mécano…Il était carbonisé…

- …Vous voulez dire qu’il est au courant des bavures de Die… ?
- Anoooo….Etant donné son ton plutôt…Comment tu décrirais son ton Flocon ?
- …A faire une décoloration sans coiffeur ?
- Oui voilà, pas content quoi…Donc pour répondre à votre question…Oui il sait.

Le petit lutin Flocon, tout mignon dans son costume tout blanc et bleu, s’empressa de faire glisser une chaise sous Kaoru d’un coup de pied avant que leur patron ne tombe au sol. Vraiment tous compatissaient. Personne dans l’usine n’osait jamais approcher le lutin mécano de 1° classe quand il était dans un bon jour, alors quand il été…contrarié…

- Aller, patron…Vous laissez pas aller…Il vous mangera pas…

Tous les lutins de la pièce se regardèrent du coin de l’œil en retenant un soupir et acquiescèrent, prenant bien soin de ne pas montrer leurs doigts croisés derrière leurs dos. L’un d’entre eux s’approcha de Kaoru et lui tendit un mouchoir.

- Et puis c’est pas de votre faute…Vous ne pouviez pas savoir que Die conduisait comme un alcoolique…
- Oui mais j’aurai dû m’en douter quand les ingénieurs de la salle d’embarquement m’ont dit ‘Die au volant, mort au tournant’ lors de sa nomination…Rah je vais le tuer ! Nan, d’abord je le torture et après je le tue !! Et ensuite ça sera à Kozi de souffrir !!!

Les lutins-soldats déglutirent bruyamment dans un bel ensemble en voyant Kaoru saisir son bonnet et le tordre dans tous les sens, les yeux grands ouverts et brillants comme ceux d’un psychopathe qui aurait trouvé comment disséquer les bras et les jambes de sa victime en même temps et avec un cure-dent.

Ils purent enfin respirer en le voyant se précipiter dehors dans un rire sadique et se promirent de ne pas quitter leur salle de contrôle seuls et avant le premier janvier.

Un bip alarmant résonna dans toute la salle et ils se jetèrent sur les écrans de la salle d’embarquement. Un grand ‘Oulalala….’ échappa de chaque bouche et tous se regardèrent avec appréhension.

oOo

Kaoru s’arrêta au milieu du couloir pour respirer le plus calmement possible, et se faisant remarqua un détail étrange. Personne ne parcourait ce passage pourtant si fréquenté d’ordinaire. Et maintenant qu’il regardait de plus près, il avait l’impression que les murs tremblaient. Une sorte de secousse suivie d’un bruit sourd le fit frissonner et il courut le long du couloir, direction la salle de fabrication des jouets électroniques.

Les vibrations des murs étaient de plus en plus puissantes et son teint d’habitude joliment pâle vira au rouge passion en entendant une musique horripilante et des voix s’élever à mesure de sa progression.

Bon d’accord, il était aussi rouge parce que le couloir était long, qu’il courait, et que fumer c’était pas bon pour la santé, mais qui s’en souciait…?

Il atteignit enfin les grandes portes en forme de puces électroniques et se retrouva propulser à deux mètres sous le ‘bong’ d’une enceinte placée devant l’entrée. Il se releva, notant non sans déception que personne ne venait voir pourquoi il y avait un courant d’air, et avança dans la salle immense et éclairée de multiples spots aux couleurs vives.

Il leva les yeux vers l’estrade où il faisait l’appel tous les jours, et passa une main devant ses yeux. Non c’est pas possible, Die ne peut pas se reproduire c’est pas possible, c’est un mauvais rêve et tu vas te réveiller dans pas longtemps, trop de stress…

Debout sur l’estrade, trois andouilles se trémoussaient sur un rythme techno-midinette, d’énormes micros roses et violets tamponnés au sigle Star Bakadémie –dernière folie des jeunes filles décérébrées- en faisant des clins d’œil aux jolies bouilles qui leur passaient devant, le tout sur une chorégraphie des plus hilarante.

Nous c nouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuus

Vous c vous et vous c

Si tu lèves les mains au cieeeeeel

Pense à caresser les

Elles te donneront leurs

Là-haut dans le bleu pasteeeeeeel

Fait gaffe de pas percuter un gratte-cieeeeeeeeeeeeeeeeeeeellll !!!! 1

A ce moment là, un lutin vêtu d’un ensemble vert caca d’oie avança sur le devant de la scène et frima en susurrant de sa voix grave.

- Bonjour les filles…Je m’appelle Gackt, je suis…cccccélibataire caresse du téton droit et cris dans l’audience J’aime beaucoup Paris, et surtout…humm caresse du téton gauche surtout la place de Liconcombre…

Kaoru sentit les larmes de désespoir total commencer à remplir ses yeux à la vue d’un tel spectacle. Il ne survivrait pas à ce Noël. Il allait rejoindre les 104.235 x 10² générations d’Elfes régisseurs en chef qui l’avaient précédé, et se demanda rapidement si ce nombre assez conséquent signifiait que les autres aussi avaient dû gérer ce genre d’asile psychiatrique quand l’elfe du milieu s’avança en imitant un canard, craquant en même temps les coutures sous les bras avant de lever le micro à ses lèvres.

- Nous on vous aime mais si tu veux nous aider, range ta haine achète tous nos cd ! pointe du doigt un coin de la salle convertit en étal de cd sous les ‘Toshiiiiiiiiiiiiiiiiii’ hystériques des lutines en chaleur Vraiment sans gêne on envahit les soirées ! Ca c’est un tube oui c’est vrai !!

Le refrain retentit encore une fois avec la ferveur du public qui pogotait et Kaoru entreprit de se jeter sur la foule pour slammer et atteindre la scène le plus vite possible. Il criait au silence mais personne n’y fit attention quand le troisième elfe chanteur en mode casserole avança à son tour et entama un petit déhanché.

- Je m’appelle Miyavi !! Je suis pas célibataire pleurs de quelques lutines J’ai cinq amants ! lutines qui se pâment Et un cocker !! ouafouaf complice de la salle

Nous c nouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuus

Toi c toi et nous c

Si tu lèves les mains au

Pense à les

Ils te donneront leurs

Le grand bleu tu sais c’est bôôôôôôôôôôô

Fais gaffe de pas percuter un gratte-

Nous c nous et toi c toooooaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

Si tu plonges les pieds dans l’eeaaaaaaaaaauuuuuuuuuuuuuu

Pense à caresser les

Tu vogueras sur les flooooooooooooooooooooooooots

Là-haut dans le bleu

Fais gaffe de pas percuter un cargooooooooooo

La chanson s’acheva sur un ‘pooooooooooomp’ marin sonore et une pose grenouille de chaque chanteur, sous une avalanche de cris et d’applaudissements. Toutefois l’ambiance sembla se glacer quelque peu quand Kaoru, un joli bleu sur sa pommette droite et les vêtements en lambeaux, monta sur l’estrade.

La salle se retrouva soudainement vide, laissant un petit courant d’air faire voleter des morceaux de papier cadeau.

- Alors comme ça…on s’amuse à faire des karaokés…- Mais Kao tu sais bien que…
- Silence Miya !! Maintenant écoutez moi bien tous les trois. Si jamais cette salle n’est pas de nouveau opérationnelle pour le retour de cet incapable de Die, JE VOUS PENDS TOUS LES TROIS AU DESSUS D’UNE HORDE DE LUTINES HYSTERIQUES PAR LES BURNES !!!!! C’EST CLAIR ???!!!
- Oui Chef !!!

Les trois se saisirent immédiatement de balais, pelles, pioches et autres accessoires nécessaires en cas d’échec de leur part, et s’activèrent au travers de la salle sous le regard sadique de Kaoru.

Voyant les efforts des trois ratés de la chanson elfique, il se détourna d’eux pour repartir vers sa chambre, sa tenue n’étant plus vraiment adéquate à imposer le respect.

Sur le chemin, il sifflota un peu et assomma un elfe qui passait par là et avait osé chanter ‘Nous c nouuuus’ en face de lui.

oOo

Kaoru sortait de sa chambre quand le petit Kohta vint le tirer jusqu’à l’autre bout du complex, complètement mortifié. Le pauvre régisseur se demandait maintenant ce qui pouvait bien se passer et en venait à espérer être foudroyé. Mais il n’eut pas cette chance.

Arrivé dans la salle d’embarquement, il s’effondra au sol en pleurant et maudissant toutes les puissances existantes de lui avoir mis un tel idiot sur les bras.

Die avait dû appuyer sur le bouton réservé aux S.O.S. qui envoyait un signal audio dans toute l’usine. Et tout le monde, oui tout elfe dans le complex pouvait l’entendre chanter à tue-tête.

C’est coooooomme un tremblement de teeeeeeeeeeeeeeeerreee

Un typhon sur la meeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeer

Un grand coup de

Qui viens te bouleverserrrrr !!! 2

Il hurla qu’on lui apporte un téléphone portable au plus vite et un elfe sur le balcon au-dessus lâcha le sien, mais ayant mal visé, le lui envoya sur le crâne. Ce fut donc avec la migraine que Kaoru composa le numéro maudit et attendit, attendit, attendit, et d’un coup….

/…Vous êtes bien sur la messagerie de Diiiiiiiiiiiiiiiie-kuuuuuuuuuuuuun. Laissez votre demande et votre numéro de téléphone et je me chargerai de vous combler, le tout bien sûr après mon bip sonore ! Il était un petit navireuh, il était un petit navireuuuk !! Bip !!…/

Oui coooooooooomme un tremblement de teeeeeeeeeeeeeeeeeeerrre

Un ciel rempli d’é

La fin d’un univeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeers

Qui vient nous emporteeeeeeeeeeeeeeeeerrr

Un elfe rendu fou par tout se tapage sauta du haut du balcon dans une charrette de poupées passant heureusement par là, et d’autres se mirent à courir dans tous les sens, se prenant en pleine face les murs, colonnes, et autres elfes paniqués.

L’alarme fut donnée et tous les elfes se précipitèrent dans les bunkers insonorisés avec des casques à fourrures utilisés par les lutins jaunes lors du lancement du traîneau.

Au bout d’un long moment, le chant de la mort cessa et le téléphone que Kaoru avait encore en main sonna dans un joli ‘Tout va très bien, madameuh la marquiseuuuhhh’.

- soupir Allo ?
- Kao ? Salut ma poule ça va ? Dis c’est toi qui m’a appelé là ?
- …Die…
- Vi ?
- Tu fais exprès d’être bête ou c’est juste une forme de bizutage sur Elfe régisseur en chef ?
- Ahaaa ! Tu veux jouer aux devinettes ? Excuse mais moi j’ai du boulot là…
- Laisse tomber. Y’a un bouton vert avec un micro qui clignote sur ton tableau de bord. Appuis dessus et n’y touche plus, par pitié…
- Bah comment tu le sais ?! T’es devin ??

Kaoru raccrocha en soupirant sous le ‘Pauvre, pauvre Kaoru’ général qui retentit dans tout le complex.

oOo

Les elfes s’affairaient à ranger l’immense merd…désordre qui avait pris possession des locaux suite à la candidature de Die à Star Bakadémie –du moins c’était la rumeur- et Kaoru regardait tout ce petit monde les larmes aux yeux. Il fallait absolument que tout ça arrive maintenant, après sept ans d’un travail irréprochable. Il se sentait maudit d’un coup…

Quelques lutins lui tapotaient amicalement les épaules pour le réconforter, mais ça n’arrivait plus à le faire sourire. Bientôt Die allait rentrer au bercail, en combien de morceaux personne ne le savait, mais tous espéraient que se soit assez pour l’empêcher de reprendre du service l’année suivante.

Un coup d’œil à l’horloge planétaire lui appris que le moment de la vengeance approchait à grand pas. Pourquoi vengeance ? Avez-vous lu ce qu’il y avait plus haut ?! Die lui avait pourri son Noël et en prime, horreur de toutes les catastrophes, supplice suprême, il allait devoir affronter le mécanicien en charge du traîneau. Il aurait dû écouter sa mère et se faire elfe des bois, mais nan, lui voulait faire comme papa…

Revenons donc à la vengeance. Parce que oui, il allait se venger. De la manière la plus cruelle qui soit. Il allait lui faire affronter Master of Monster, le mécanicien de 1° classe qui avait passé toute l’année à mettre au point, tester, frapper, assembler et fignoler le traîneau de la nouvelle génération.

Kaoru se frotta les mains d’un air machiavélique et reporta son regard sur l’horloge. Déjà les lutins jaunes saisissaient leurs sucres d’orge signalisés et s’entassaient dans le monte charge pour atteindre la piste d’atterrissage à l’extérieur. Il tourna la tête et vit une horde de petits lutins rouges munis d’extincteurs se précipiter aux côtés des lutins jaunes.

Une sirène d’alarme retentit alors dans toute la salle et le monte charge entama une montée fulgurante tandis que tous les elfes allaient se cacher aussi loin que possible.

Tous ? Non. Un groupe d’irréductibles bakas résista à l’envie de partir et affronta dignement les regards surpris, emplis de pitié ou franchement amusés des fuyards, remettant gracieusement en place leurs petits pagnes en bananes et bracelets en feuilles de bananier.

- …Je peux savoir ce que vous faîtes là dans cette tenue… ?
- Rien de particulier Kaoru-san…Die a exigé un comité d’accueil à son arrivée…pleurs
- Dans cette tenue ?
- On doit chanter…

Kaoru inspira profondément et aller leur dire de repartir quand un énorme ‘BOOOOUUUUMM’ les fit se jeter au sol. Ils levèrent ensuite les yeux au plafond et la plate-forme d’arrimage commença à descendre lentement.

Les lutins-bananes se levèrent rapidement et saisirent chacun les deux flasques de rhum pur sucre qui étaient coincés dans la ceinture de leurs pagnes avant d’entamer des déhanchements hawaïens en chantant. Un autre groupe avança alors dans la salle et accompagna leur chant avec des percussions tandis que d’autres faisaient du vent aux danseurs/chanteurs avec des feuilles de palmier.

Daaaaaaaaay-o, Daaaaaaaay-o

Daylight come and we want go hoooome

Day, is a day, is a day, is a day, is a day, is a day-oooo

Daylight come, and we want gooooooooo…3

Un bout de carrosserie tomba au sol dans un ‘cling’ disgracieux, suivit d’un autre, et Kaoru put voir un échantillon des dégâts du traîneau. Il était tout cabossé, la peinture rayée sur les portières et le pare-brise en miette dont on se demandait même comment il avait fait pour rester en un seul morceau. A côté de cette condamnation à mort, se tenait Die, tout sourire et apparemment très satisfait de sa petite escapade.

Come Mister Tally Man, tally me banana

(Daylight come and we want go home)

Come Mister Tally Man, tally me banana

(Daylight come and we want go home)

Les lutins-bananes continuaient leurs ondulations dignement, buvant une gorgée de rhum entre chaque phrase, ce qui causa de petits problèmes d’équilibre et les fit tous tomber un par un comme des figues mûres.

Die les dévisagea lentement en arborant un air sérieux et Kaoru allait le lui faire remarquer quand, ô pas de bol, Die ouvrit la bouche.

- Bah qu’est ce qu’ils ont ?

Le tout puissant –et surtout désespéré- elfe régisseur en chef lutta de toutes ses forces pour ne pas faire rouler ses yeux dans leurs orbites et laissa un petit sourire apparaître sur son visage. L’heure de la vengeance était enfin arrivée…

- Diiieee-chaaaann…charmants petits battements de cils et chant des pitits zoizos
- Voui ?
- Y’a quelqu’un qui veut absolument te voir…On doit se dépêcher ou il ne va pas être content.
- C’est mon elfe ?! Hein ?! Hein ?! C’est cool t’es trop fort Kao !!!
- Je sais…

Un rictus diabolique fleurit sur les lèvres de Kaoru et Die recula inconsciemment d’un pas en déglutissant bruyamment.

- Et…qu-qui c’est… ?
- Voyons…Si je te dis « Mort assurée quand il verra l’état du traîneau » ça te fait penser à quoi ?

Die pâlit et tenta vraiment de s’enfuir cette fois. Mais c’était sans compter sur les lutins-bananes encore au sol qui attrapèrent ses jambes quand il leur passa à côté, le faisant trébucher. Il eut à peine le temps de se reprendre et se retourner qu’il hurla.

Le groupe de percussions s’était changé en groupe de country et le regardaient aussi machiavéliquement que Kaoru, qui s’amusait à faire tourner une corde nouée dans les airs au-dessus de sa tête.

If it hadn't been for Cotton-Eye Joe
I'ld been married long time ago
Where did you come from where did you go
Where did you come from Cotton-Eye Joe 4

- !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Kaoru se jeta sur Die en lui lançant la corde dessus et le Père Noël eut bien du mal à ne pas se retrouver pris au piège. Il sauta par-dessus deux lutins-bananes, se reprit en salto arrière avec triple pirouette de la lune et roulade avant en sortie pour se retrouver devant une des voiturettes utilisées pour le transport des caisses de bonbons déguisée en vachette aux cornes roses.

Il poussa un grand cri en voyant la vachoiturette foncer sur lui et le rabattre sur Kaoru. Il courut donc de long en large de la salle d’embarquement sous les huées et les applaudissements des lutins qui, chapeau de cowboy sur la tête, battaient la mesure du pied et des mains.

L’un d’entre eux lui lança même un fer à cheval mais Die glissa dessus et s’étala de tout son long, ratant ainsi la corde de Kaoru. La vachoiturette était toujours après lui et Kaoru en profita pour sortir un banjo d’on ne savait où et entamer un solo en tapant du pied.

Voyant enfin que Die pouvait souffrir encore plus, il expulsa de la vachoiturette le lutin qui la conduisait et prit sa place, riant aux éclats pendant que Die, qui avait apparemment oublié d’avoir peur, jouait à son tour du banjo en chantant.

If it hadn't been for Cotton-Eye Joe
I'ld been married long time ago
Where did you come from where did you go
Where did you come from Cotton-Eye Joe

-voix enthousiaste de Germaine, la concierge à l’affreuse obsession des rapports 5/ L’Elfe régisseur en chef est demandé d’urgence au sous-sol n°16…Je répète…L’Elfe régisseur en chef est demandé…/-

Tous les lutins présents s’exclamèrent dans un grand soupir qui ressemblait fort à un « oooohhhh nannnnnn », et tous ôtèrent leurs déguisements et reprirent leur travail de classement, rangement et numérisation des cadeaux, ainsi que la préparation de la liste de cadeaux à échanger (et oui, y’en a toujours un qui n’est pas content).

Kaoru descendit à regret de la vachoiturette cabossée et approcha de Die, qui ne semblait même plus se souvenir de ce qui l’avait fait courir étant donné qu’il draguait outrageusement un grand elfe aux longues jambes et aux cheveux bleus qu’il identifia comme Toshiya, un des designers du traîneau mort. Ils semblaient bien occupés et il se retint d’accourir pour en coller une à son patron en le voyant soulever Toshiya et le banc sur lequel il était assis d’un bras, sous les ‘ Ah qu’il est fort ! Ah qu’il est beau, mon ami le Die du Kao !’6 de quelques lutines rouges écrevisses non loin de là.

- O Die, phénoménal cyclone dévastateur, grouille toi un peu feignasse et ramène tes fesses par ici qu’on y aille. J’ai d’autres trolls…euh, lutins…à fouetter…
- Mais Kao-chan…
- Au pied j’ai dit !!!!

Die ne se le fit pas dire deux fois et lança un dernier sourire contrit à Toshiya avant de suivre son tyrannique Elfe régisseur en chef, tout penaud d’avoir dû laissé une si belle occasion de ramener Toshiya dans sa chambre et lui montrer tous ses muscles, et plus si affinités.

Kaoru avança donc vers l’ascenseur, un petit air satisfait imprimé sur le visage devant les regards ébahis des lutins qu’ils croisaient. Il fallait dire que c’était la première fois que Die suivait aussi calmement les ordres de leur régisseur et un respect sans nom était né dans leurs petits cœurs de lutins sensibles et innocents…Enfin presque, mais passons.

Le Père Noël et l’Elfe régisseur en chef montèrent donc dans la cage dorée ornée de sucre d’orge (à croire que l’architecte avait une faim de loup dès que ça concernait les sucreries) et Kaoru appuya sur le bouton ‘fermeture’. Les portes se fermèrent instantanément et une voix, entre le beuglement et le gémissement (certainement la voix de Germaine), retentit dans la cabine.

/…Veuillez annoncer votre étaaaaage…Allons pressoooonnns…/
- Niveau -16 s’il vous plaît.…
- …Euh…niveau -16 ?…Niveau -16 !! Germaine !!

/…Veuillez annoncer votre étaaaaage…Allons pressoooonnns…/

Die pouffa de rire mais repris vite contenance devant le regard assassin de Kaoru, vous savez celui qui vous fait instantanément regretter d’avoir une bouche parce qu’il aurait très envie de vous la coudre avec un bout de bois pourri et du fil barbelé.

Donc il se la ferma et regarda Kaoru s’efforcer de faire marcher l’engin diabolique qui continuait à déblatérer ses « …Veuillez annoncer votre étaaaaage…Allons pressoooonnns… » jusqu’à ce qu’il ne se retrouve saisit à la gorge et traîné sur toute la salle d’embarquement derrière un Kaoru un tantinet contrarié qui marchait à grand pas vers deux portes battantes, empruntant celle sur laquelle « Niveaux inférieurs à -10 » était tagué gracieusement suivi d’une tête de mort très peu sympathique.

Il ne fut relâché que quelques 234 marches d’escalier en colimaçon plus tard, une forêt de cactus ayant miraculeusement poussé dans sa chevelure. Kaoru lui fit face et lui signala de garder le silence en posant un doigt sur sa bouche, son autre main occupée à ouvrir une petite porte d’1m68 de haut. Kaoru se baissa ensuite et franchit la porte. Il tirait toujours Die derrière lui, qui soit dit en passant se mangea royalement le mur vu qu’il ne s’était pas baissé aussi vite que Kaoru avançait, et ils descendirent dans le plus grand silence une vingtaine de marches quand Kaoru bondit pratiquement hors de sa jolie petite tunique violette parfaitement bien coupée quand Die se mit à beugler derrière lui à un volume jugé dangereux pour les fondations de l’usine.

- Elle descennnnnnnnnd de la montagneuh à !!!!
- Die !!
- Elle descennnnnnnnnd de la montagneuh à !!!!
- Die arrête !!!

Kaoru sortit un gigantesque bâillon de sa poche et se jeta sur le Père Noël, prenant un soin tout particulier à ne lui laisser aucune chance d’émettre le moindre son. Ceci fait, il reprit son chemin, un peu plus lentement toutefois, jusqu’à ce que…

- Humpff humffff hum humpffaafeuhfafefaaaaa….
- Die…
- Humhumhumpfff.

Levant les yeux au ciel, Kaoru allait lui faire la morale pour la énième fois quand un bruit de marteau sur du métal les fit sursauter, suivi d’un rire hystérique et de voix fantomatiques de plus en plus fortes.

Kaoru détacha le bâillon de Die, en lui promettant une mort lente et extrêmement douloureuse si ne serait-ce qu’un couinement sortait de sa bouche, et inspira profondément tout en emmenant le cas désespéré plus bas, là où une lumière rougeâtre illuminait les murs effrités et reflétait des ombres mouvantes et effrayantes.

Les bruits de marteau continuèrent jusqu’à ce qu’ils atteignent enfin la dernière marche, puis un bruit de disque rayé crissa et le son d’une batterie résonna dans la salle par intermittence régulière.

Kaoru et Die avancèrent discrètement vers la porte ouverte au moment où la lumière se mettait à changer rapidement, passant par toutes les couleurs de l’arc en ciel pour s’arrêter sur un blanc dérangeant, donnant un air de laboratoire à la vaste pièce, et qu’un bruit d’ampli allumé à vide se faisait entendre…à moins que ça ne soit celui d’un néon grésillant...

Tout d’un coup, les bruits de multiples verres brisés au sol leur emplirent brutalement les oreilles et un cri se répercuta dans la salle.

Nos deux ‘petits’ intrus bondirent assez haut pour s’accrocher aux toiles d’araignée en métal répandues un peu partout au plafond.

Leur vue ainsi plongeante et élargie, ils purent voir le bordel monstrueux qui semblait régner en maître dans ces lieux ainsi qu’un écran géant où un homme (enfin ça ressemblait à un homme) et une charmante demoiselle aux cheveux rebelles dansaient en un parfait duo.

- Hey Kao ! C’est Michael Jackson ça nan ?!
- Ta bouche andouille ! On va se faire entendre !
- Oups…gomen…
-…ouais c’est ça…Mince il est là ! Ô Sainte Cunégonde, mère de tous les Elfes régisseurs en chef, fait qu’il ne voit que le taré à côté…

Devant eux s’avançait une fine silhouette noire aux cheveux dorés et Kaoru tourna la tête en avisant un filet d’eau descendre du plafond, qu’il interpréta d’abord comme une fuite de la plomberie avant de se rendre compte que ce n’était que Die qui bavait comme un chien enragé, le regard complètement focalisé sur l’elfe en dessous, et sa prise sur les chaînes diminuant dangereusement.

Un instant. Die qui bavait comme un chien devant…

- Die ! Reprend-toi nom d’une coccinelle en sucre !
- Agaaah gaaah gaaaaahh…elfe…un…elfe….agaaaaahhh…

Kaoru reposa son regard sur le petit lutin en noir et soupira. Il portait un gros casque en métal sur les oreilles et ne pouvait donc pas les entendre. Merci, Sainte Cunégonde…

Son cœur rata un battement quand il le vit commencer à bouger doucement, puis avec plus d’entrain, et enfin, en accord parfait avec la musique et les deux danseurs de l’écran, il se mit à exécuter une chorégraphie des plus complexes et physiques, dévoilant de temps en temps une parcelle de peau laiteuse quand il tirait sur son t-shirt moulant et apparemment pailleté, le tout en chantant à tue-tête.

Stop pressurin’ meee
Just stop pressurin’ meee
Stop pressurin’ meee
Make me waaanna screammm
Stop pressurin’ meee
Just stop pressurin’ me
Stop pressurin’ me
Make you just waaanna screammm
7

De son côté, Kaoru tentait par tous les moyens de retenir un Die en mode taureau libidineux qui s’emmêlait dans les chaînes qui suspendaient sa chute en essayant de suivre les déhanchements et les mouvements du lutin inconnu mais sacrément bien foutu.

Kaoru étant lui-même bien empêtré dans les nombreuses chaînes se retrouva coincé et dans l’impossibilité d’éviter la chute inévitable de Die quand le roux se pencha un peu trop, histoire de voir d’un peu plus près par pure déformation professionnelle.

Tout ça pour dire que le roux se mangea littéralement par terre, un miracle qu’aucune de ses dents héritées de son grand-père Caulgaite ne se soient brisées sous l’impact, et qu’il se retrouva, comme par hasard, affalé au sol et dos au lutin qui continuait de danser et ne l’avait (heureusement pour lui) pas entendu.

Ce fut aussi cela qui causa le plus gros saignement de nez que Kaoru ait eu la chance de voir, le petit lutin blond ignorant complètement que deux intrus s’étaient glissés dans son antre avait continué de se trémousser dans son pantalon en cuir, les fesses bien en face de Die, pour qui le choc fut trop grand quand il le vit arracher son pantalon pour dévoiler ainsi ses jambes fines et laiteuses rehaussées de chaussures à plate-forme et de petites chaussettes à dentelle blanche, sans parler du tout petit short en cuir vraisemblablement cousu sur lui.

Le choc terrassa donc Die qui se vida presque de son sang, les yeux toujours fixés sur…le dos du blond dirons-nous.

Kaoru, redoutant tout de même de devoir laver lui-même tout ce bazar, descendit précautionneusement de son perchoir pour avancer à pas de loup vers le Père Noël à demi conscient, qui semblait par ailleurs vouloir faire du camping vu qu’il avait déjà planté le piquet. Il avança donc doucement, ombre parmi les ombres malgré sa tunique violette, et allait atteindre sa cible quand il marcha sur un bout de métal particulièrement bruyant, s’arrêtant immédiatement et faisant la statue.

Mais le petit blond n’ayant apparemment rien remarqué, il continua sa progression et se pencha vers Die pour saisir sa manche et le tirer.

Quand il se redressa un peu, il se retrouva face à l’énorme canon du lance-roquettes que le lutin danseur pointait directement sur sa tête, la petite lunette de visée bien relevée devant ses yeux maintenant masqués d’une paire de lunettes noires. Il pencha la tête sur le côté et attendit.

-…Maîîîîîîître Kyo…Quel plaisir de te revoir en si excellente santé…Oh mais quelle belle arme que voila !
- …Tu. Es. En. Retard.
- Je sais ô grand warumono, mais j’ai eu quelques petits problèmes avec le grand patron et…

Un petit ‘glouik’ échappa à la gorge traîtresse de Kaoru quand il déglutit péniblement en se retrouvant avec le canon du lance-roquettes sur le front, et il jeta un rapide coup d’œil à Die qui continuait à se déshydrater joyeusement, les yeux cette fois fixés sur le nombril apparaissant un peu en dessous du t-shirt pailleté.

- Mais il n’y a vraiment pas de quoi s’énerver tu sais ! Un petit coup de peinture par-ci par-là, un peu de colle extra forte et on en parle plus !...N’est ce pas… ?

Le blondinet haussa un sourcil finement dessiné et abaissa son arme tout en enlevant ses lunettes de son autre main. Il adressa un regard polaire aux deux intrus avant de se détourner et rejoindre un panneau de contrôle assez impressionnant encombré de papiers de bonbons et de cannettes de jus d’orange.

Il balaya calmement quelques détritus de la main et appuya sur un gros bouton rouge de la taille de sa main. Un morceau du panneau de contrôle se décala et une paire de grosses lunettes de soudeur avec des pics apparut. Le blondinet les mit sous les yeux remplis à raz bord d’appréhensions en tout genre de Kaoru. Ils étaient morts. Kyo avait décidé de les découper en rondelles et de les transformer en zombis assoiffés d’huile de moteur et mangeurs de boulons qui feraient les chiens de garde du sous sol numéro 16.

Il entendit d’ailleurs un chien haleter non loin et observa avec désespération totale un Die rétabli de son anémie passagère précédente et qui semblait maintenant en pleine imitation d’un chien attiré par une femelle en chaleur, langue pendouillante et rivières de bave comprises.

Un soupir lui échappa et un grand ‘BOOM’ le ramena à l’ordre. Kyo était devant eux et les observait encore en silence, sa tenue légère échangée contre une salopette deux fois trop grande et déchirée à des endroits stratégiques, tel que le haut des cuisses, un peu plus bas au niveau du genoux…et juste sous les fesses, au plus grand désespoir de Kaoru qui dû retenir au collet un Die excité au possible qui tentait de se ruer sur le malheureux elfe mécanicien tandis qu’il se dirigeait vers une épave en roulant, très légèrement, des hanches…

A côté de lui, Die devenait en plus en plus incontrôlable et de réguliers et puissants hurlements dignement inspirés des loups-garous, suivis de sifflements à rendre une cocotte minute admirative, sortaient de sa gueule béante et bavante à souhait.

- …Couché la bête.

Sur ce simple ordre du blond, Die se coucha sur le ventre et se mit à rouler et se frotter contre le sol, sous l’air de totale médusation et d’un peu d’admiration de Kaoru.

- Kaoru. Ramène le chien par ici. Je ne veux pas qu’il en rate une miette…

Un ‘gloups’ sonore retentit dans la salle et le tout puissant Elfe régisseur en chef avança en tremblant du blondinet en salopette, traînant derrière lui un Père Noël gagatisé qui refusait de lâcher du regard Kyo comme s’il était un nonos à momoelle à son lutinou…

Ledit Kyo leur désigna l’épave à côté de lui et Kaoru ne put même pas déglutir la grosse boulette de peur qui bloquait sa respiration en avisant le nom écrit sur une des portière.

-…Kyo…Je peux tout t’expliquer…
- Je l’espère pour vous ! Je me suis épuisé avec cet engin toute l’année alors tu peux bien te douter que je ne sois pas vraiment heureux de le retrouver dans cet état !
- C’est de sa faute !! Moi j’y suis pour rien !!
- Je. M’en. Fous !
-…Ne vous disputez pas pour ça voyons !

Kaoru lança un regard effaré à Die, qui semblait en avoir assez de faire figure de toutou mais qui en revanche était impatient de jouer au dandy aux vues du bras qu’il passa autour des épaules de Kyo et du sourire made in Mauvais dragueur qu’il arborait.

Le cerveau rationnel de Kaoru soupesa alors les faits passés et présents, les analysa, détermina un éventail de possibilités à venir et fit donc le choix le plus censé devant le résumé obtenu. Reculer. Doucement. Tout doucement. S’éloigner, voila comme ça c’était parfait…Et ensuite de plus en plus vite en repérant les issues de secours.

Die, lui, continuait à déblatérer toutes sortes de choses, notamment au sujet d’un distributeur de cookies manquant sur la carcasse métallique du traîneau, en serrant un Kyo aux yeux brûlants de fureur retenue, le visage soigneusement neutre. Jusqu’à ce que…

- Tu sais mon grand, tu devrais sortir plus souvent de ce laboratoire ! Une si jolie et mignonne petite chose comme toi ça…

Cette fois Kaoru mis en place la technique de retrait stratégique passager et indispensable, appelé aussi méthode ‘Courage ! Fuyons !’, et détala comme un lapin en direction de la sortie sans s’attarder à savoir ce que le cerveau néandertalien du Père Noël avait décidé de faire. Il tenait à sa peau quand même…

- !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Il s’arrêta quand même en voyant ledit néandertalien le dépasser en rejetant un nuage de poussière sur son passage et se tourna, comme un abruti me direz-vous, vers l’endroit d’origine de la comète Die, qui s’avéra être un blondinet furibond armé d’une tronçonneuse laser et qui la brandissait en courant après le roux.

En lui passant à côté, Kyo ne se soucia pas de la trajectoire de sa tronçonneuse laser qui alla malencontreusement sectionner quelques chaînes assez lourdes et qui allèrent s’écraser joyeusement sur un Elfe régisseur en chef certainement complètement maudit.

oOo

Die ne prit même pas la peine de pousser les portes battantes du hall d’embarquement bondé. Non. Il préféra ne pas céder de terrain au psychopathe derrière lui qui poussait des hurlements à la limite de l’ours enragé réveillé en pleine hibernation par un chasseur armé d’un tambour à clochettes qui imitent le bruit d’un klaxon strident et qui en plus aurait oublié malencontreusement d’enlever ses porte-jarretelles et ses bas en latex rose à pois vert (très en vogue cette année).

Il traversa donc les portes en les emportant avec lui et piétina sans le moindre remord, regard, pensée, ou plutôt sans les voir, les nains qui traînaient joyeusement dans le hall. Il finit tout de même par se rétamer la tête la première en trébuchant sur un nain à qui il allait écraser les valseuses et qui en voulant les protéger avait replié les genoux.

En relevant les yeux il croisa le regard méchant de la tronçonneuse laser décorée en requin des dents de la mer -quoiqu’il ressemblait comme deux goutte d’eau à Bruce, l’animateur des requins anonymes…8- et se furent bientôt deux prunelles rouges et dilatées à l’extrême juste derrière la lame qui le firent reculer en sautant (atterrissant au passage sur un pauvre elfe sexy et aux longues jambes….à oui, Toshiya !...qui tentait comme chaque lutins un tant soit peu intelligent de s’enfuir le plus loin possible).

Il vit Kyo le crucifier du regard mais sans pourtant passer outre a ligne blanche tracée au sol, juste à l’endroit des portes battantes réduites en puzzle par les bons soin de la tronçonneuse nouvelle génération –la Exkaal y Bur de la marque Camelote- et la furie blonde aux yeux amoureux du meurtre, du sang et des Père Noël en tranche.

Et puis…Arriva ce qui devait arriver de la part de Die…

- !!!!

…Il éclata de rire. Un rire sonore et moqueur, le doigt pointé sur Kyo, plié en deux et pleurant comme cette bonne à rien de Alice qui avait complètement zappé son régime et se retrouvait transformée en schtroumpf à cause de sa gourmandise sans avoir pensé (idiote comme elle était !) à refaire son stock d’actimel et s’était faite harcelée par Gackt pendant une bonne semaine. 9

Mais passons.

Il pleurait en s’étouffant de rire donc, mais même son état catastrophique ne l’empêchait pas de sortir bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises…

- AAAAAAaahhahahahaa !!! J’ai gaaaaagnééééééééééé !! Je suis le mééééééyeuuuuuuurrr !!! Et toi t’as perduuuuuu joli cul !!! Ahahaaaa !!!

….Sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises…

- !!! I am ZE beeeeeeeeest !! J’ai eu le fameux wwarumonoooooo !!!! Ahahahhaaaa !!!!

….Sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises sur bêtises…

…Jusqu’à ce que le gentil et surtout lassé et rancunier elfe Shinya ne s’approche du vieil appareil et n’enlève le disque rayé. A cet instant, Die ne rit plus du tout du tout…

Surtout quand il vit le petit sourire sadique de Kyo quand le blondinet leva lentement une jambe et posa le pied de l’autre côté de la ligne, puis l’autre, et se tint droit devant lui avec sa si sympathique tronçonneuse à laser et sa jumelle Claque et d’Equerre.

Toshiya passa derrière avec une serpillière qu’il manipula avec une agilité hors du commun pour effacer la ligne en tortillant outrageusement des fesses tout en faisant des clins d’œil à un Shinya aussi rouge que sa jupe.

Le petit elfe Miyavi, lui aussi rancunier et attiré par la chair fraîche de ses futurs amants n°6 et 7, sortit un mouchoir blanc de sa poche et le laissa tomber au sol. Un Kaoru quelque peu assommé apparut derrière Kyo. Le bout de tissu devint d’abord rouge, puis orange….puis………………vert !!!!!

Un coup de sifflet retentit et Kyo fonça sans tarder sur un Die beuglant à qui voulait l’entendre qu’il n’aimait pas ça du tout (en bien moins poli cela va de soi).

Il traversa le hall en laissant derrière lui deux traînées enflammées (nous parlons bien sûr ici de traces avec des flammèches et non de prostitution) et un petit lutin adorablement mignon pas du tout exigent pour Noël et au regard chaleureux qui ne demandait qu’à saucissonner son patron proprement avec même l’intention de nettoyer les éclaboussures courant derrière.

oOo

Le Père Noël se retrouva rapidement à courir le long des vastes couloirs de l’usine et finit par atterrir au niveau des entrepôts. Il passa la première porte qu’il trouva en profitant d’avoir semé un petit peu Kyo avec ses grandes jambes et se jeta rapidement dans une cuve de déguisements de fleurs.

Il entendit des petits pas légers s’approcher lentement après que la porte eut claqué et retint son souffle en se camouflant dans une tenue de tournesol tout à fait moulante. Ce faisant, il tapa du pied contre la paroi et se figea. Les pas s’arrêtèrent et le silence revint dans la pièce, uniquement troublé par le vrombissement de tondeuse à gazon des tronçonneuses qui le pourchassaient en tirant leur pauvre propriétaire…

La porte claqua de nouveau et Die souffla en se redressant, sortant maladroitement de la cuve dans ses collants vert émeraude avec le haut assorti et le chapeau en forme de fleur. Mais derrière lui une ombre apparut sans qu’il n’y prenne garde…s’élevant doucement dans les airs…un objet pointu dans chaque main…une ombre…jaune ?!!

- !!!!

Die hurla en courant vers la sortie, ne s’attardant pas à reluquer un Kyo entièrement vêtu en abeille avec deux groooooooooooooooooooooosses aiguilles dans chaque main et qui profitait de reprendre de temps en temps du terrain pour lui piquer les fesses avec.

A un moment Die se retourna en entendant un juron diabolique derrière lui et un bruit de papier froissé. Il faillit éclater de rire mais préféra de loin ne pas s’attarder dans les environs d’un Kyo coincé dans un énorme rouleau de papier tue-mouche déroulé là pour une raison X ou Y. Il s’engagea donc dans une autre pièce sans toutefois pouvoir s’empêcher de reluquer un peu le corps frétillant qui se débattait dans sa tenue vraisemblablement peinte pour être aussi moulante.

Mais le petit Kyo n’était pas aveugle et s’était là son moindre défaut. Il bondit dans un accès de colère et se jeta sur la porte pour l’arracher de ses gonds. Die sursauta et repartit en courant (il se fait les mollets…), et en criant mais était-il nécessaire de le préciser et lui faire comprendre que ça l’essoufflait encore plus…

Kyo reprenait du terrain et Die entendit un petit ‘bipbip bipbip’. Il regarda la montre incorporée au costume et appuya sur le gros bouton rouge sous le cadran en avisant le panneau qui le pointait et dont les mots « Appuie Andouille !! » clignotaient joyeusement.

Il se sentit rebondir et se retrouva maintenant vêtu d’un autre déguisement vert, à boursouflures…

- UNE CHENILLE ????!!!!!! NAAAAAAAOOOOOOOONNNNNNNNNNN !!!!!!!
- J’ !!!!!

Il se tourna vers Kyo qui était maintenant vêtu d’un déguisement de papillon et Die déchira l’extrémité de son costume pour continuer à courir sous les encouragements des lutins qu’ils croisaient dans leur partie de trape-trape et qui applaudissaient les deux principaux intéressés et un Kaoru avec une bosse monstrueuse sur la tête, les yeux en spirale et langue pendouillante - un air de lobotomisé quoi- qui tentait d’attraper Kyo avec un filet à papillon et lui courait donc après, un bout de papier tue-mouche accroché à sa tenue violette délabrée.

La tension montait, les paris n’arrêtaient plus et l’argent circulait de mano a mano, les elfes de toute l’usine ne voulant plus que savoir qui gagnerait enfin à ce jeu si passionnant jusqu’à ce que…

- PAPILLOOOOOOOOOOONNNNNNN !!!!!!

…Kaoru attrape enfin Kyo dans son gigantesque filet à papillon et ne l’envoie s’écraser au sol dans un fracas incommensurable. Un serre-tête avec des antennes roula au sol jusqu’aux pieds d’un Die surpris et à bout de souffle.

Il ramassa l’objet et s’approcha craintivement de la petite silhouette assommée qui gisait dans le hangar des jeux d’amour et des cœurs en tout genre et affreusement roses. Il enleva prudemment le filet pendant que des lutinfirmiers ramassaient le pauvre Kaoru et le larguaient sans élégance sur un brancard dans un bruit de sirène qu’ils émettaient à coup de ‘PIIIMMPOMMMMM’.

Le Père Noël n’y fit toutefois pas bien attention, trop occupé à prendre le petit corps du mécanicien de 1° classe chargé du traîneau et son perfectionnement dans ses bras. Il ôta quelques mèches dorées des paupières closes juste au moment où celles-ci s’ouvrirent lentement sur deux orbes chocolatés.

-…Die… ?

Le grand Papa Noël ainsi nommé sourit (éblouissant quelques lutines qui se pâmèrent sous les ‘Chuuuut’ mécontents des lutins qui suivaient la scène) et prit une de ses mains dans les siennes, une lumière douce envahissant la pièce et des flocons (lancés par des volontaires qui n’ont pas été pris au casting de Morning Musume) tombèrent gracieusement autour d’eux.

- …Je suis là, mon n’amour…Ne me quitte !!!!

Die se pencha sur Kyo en pleurant et les lutins accro à ce genre de scènes romantico-glace-à-l’eau fondirent aussi en larmes tout en gardant des yeux aussi ouverts que possibles, attendant avec angoisse la réponse du blondinet affalé contre la poitrine de leur patron.

- Je te promets que Marilyn ne représentait rien pour moi ! Que mes moments d’égarements avec Monika, Jessica, Stanislas, Valérie et Sandy n’étaient rien en comparaison du contact de ta peau sur la mienne…Qu’est-ce que je te n’.

musique de fond

Love meeeeeeeeeeee, please loooooveeeeeee meeeeeeeeeeeeeeeeeee

Je suis

De 10

retour aux personnages statiques et qui commencent à avoir des crampes, surtout pour Toshiya qui porte les pancartes avec les textes

- OOOOOOO lumière de ma viiiiiiiieeeee !!! Reste avec moaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa….Pitié… ?éè sort de sa poche une alliance avec une tête de mort soigneusement sculpté dans l’argent
- O mon , oui pour toujouuuuuuuuuuuuuuuurs !!!

Un cri de joie parcourut le complexe industriel du 25 avenue du Glaçon, Pôle Nord, 002512, Oneselesgèles cedex à la vue du langoureux baiser que s’échangèrent les désormais fiancés pendant que Die glissait l’alliance autour du doigt de Kyo, son autre main cachée des caméras allant doucement dans le mini-short de l’habit de papillon quand…..Kyo se redressa et l’empoigna par le col de la chemise avant de le traîner jusqu’à ses appartements. Ca pèse sur n’importe qui le célibat…

oOo

364 jours plus tard…

Les petits lutins s’afféraient dans le grand complexe de jouets. On était presque à l’aube du 25 Décembre et le grand patron, maintenant expérimenté et tenu en laisse par son mari et leur tyrannique Elfe régisseur en chef, ne tarderait plus à rentrer de sa tournée annuelle. Aucun incident n’avait été déploré cette année (l’année précédente avait renfloué les poches des lutins-psy) et tout s’annonçait parfait quand tout à coup….

dans l’infirmerie du complexe de nos adorables lutins…

-
- Kyo calme toi voyons !! Crier ne le fera pas sortir plus vite…..
- Toi ferme la Kaoru !! C’est pas toi qui a Carlos qui te sort d’entre les cuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii- !!!!!!

Les vitres des armoires à pharmacie se brisèrent sous le cri de douleur et sur ce arriva un médecin à la compétence douteuse….11

- Bon’our messieurs !! Poussez bébé dans les maaaaaaiiiinnnsss !!
- Toi Gaaaaaaackt barreuh toaaaaaaaaaaaaaaaa !!! Aïeuuuuuuuuuuhhhhh !!
- Mais je voulais simplement t’aider moi !
- BARRE-TOI !!! Kao !! Kao je veux Die ! Je le veux maintenant !! J’ai besoin de lui !!
- Il ne va plus tarder ne t’inquiètes pas. Tu pourras lui faire plein de mamours et….
- NAAAAANNN !!!

Le blondinet à moitié caché derrière son ventre rond comme un ballon se redressa autant qu’il le put et agrippa Kaoru par le col de la tunique pour le mettre assez près afin que leurs nez s’effleurent.

- Je veux pas le mamourer pauvre ramolli du spaghetti !! Je vais le TUEEEEEEEEERRR !! Comment il a put me faire ça à moi ?! Comment il a put me faire tout ça c’est de sa !!!!
- Kyo mais calme toi tu viens de l’envoyer traverser le mur !
- Je m’en fous Kirito je vais les tuer tous les deux !!!!! Aaaaaaahhhhh !!! Mais il sort avec son traîneau ou quoi ?!!!
- J’ai raté quelque chose ?!
- NAN TU ARRIVES AU POILLLLL !!!!!

Die se retrouva soumis à la même scène que Kaoru plus tôt à la différence qu’au lieu de le balancer à travers le mur, il dévora sa bouche dans un baiser affamé.

Puis une nouvelle contraction arriva et Kyo poussa autant qu’il put en jurant que son mari ne le toucherait plus jamais ou deviendrait une fille. Un cri perçant retentit alors dans la salle et Die s’effondra au sol dans l’ignorance totale, son jeune blondinet d’époux étant trop occupé à papouiller la petite chose toute mignonne et toute rose dans ses bras sous les regards attendris des lutinfirmiers qui versèrent une larme.

Quand il émergea enfin, il prit les deux hommes de sa vie dans ses bras, son mari et son fils pour celles qui espèreraient encore un threesome, et soupira de bonheur. C’était tellement…cool comme cadeau !

- On va l’appeler comment ?
- Yuki !
- Mais n’amour je voulais que ça soit Légo moi…
- C’est MOI qui ait souffert j’te SIGNALE !!! Alors tu te soumets et tu te tais !!! Maintenant va tricoter un bonnet au bébé. Et que ça saute !!
-….Oui…maîîîîîîîîîîîîître…..

Owari !!

1 "Nous c nous" par La bande du carré blanc

2 "Tremblement de terre" par Dorothée

3 "Day-o" par Harry Belafonte

4 "Cotton Eye Joe"

5 Germaine, mon héroïne de Monstre Cie

6 Grande influence du Donjon de Naheulbeuk dans ma vie de débileuse :p

7 "Scream" par Michael Jackson et Janet Jackson.

8 Le merveilleux monde de Nemooooooooooooooo powaaaaaaaaaaaaaaaa XD

9 Hommage à Cha-sama à qui je fais un gros poutou pour avoir bien voulu me laisser utiliser ça.

10 « Love me, please love me » de Michel Polnareff (enfin je crois que c’est ça le titre de la chanson….)

11 Je crois que toutes celles qui connaissent Anthony Kavanagh verront bien comment est cette scène XD

Notons que j’ai commencé cette fic le 26 Décembre 2004 et que je l’ai fini le…19 Mars 2005…Honte à moi je sais çç

Devilou-chan v



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