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Sunday Vanille
Author of 8 Stories

Rated: K - French - Romance/Humor - Sirius B. & OC - Reviews: 41 - Updated: 02-04-07 - Published: 12-28-06 - Complete - id:3312856

Auteur: Mimi

Disclaimer: Snif... Sirius est malheureusement à JKR (et un tout petit peu à Leanor mais chuuut) et Lily également. Je précise aussi que James & Remus sont aussi à elle, même si je ne fais que les citer... Sait-on jamais ! Par contre, Leanor est en partie ma propriété, cette brave petite chieuse tout comme Taïna, maman et papa Richards et Chris. Merci à Sam de m'avoir autorisé à faire joujou avec dans un autre cadre que notre histoire !

Note de mwaaah : Mwahahaaaaaa ! xDDD Vu l'heure tardive qu'il est, je ne suis aucunement responsable de ce que je dis dans cette note. Voici donc venu le fameux miroir (Mon beau miroir ! xD) qui se trouve être une suite également, et une fin par la même occasion. D'une pierre, trois coups , chouette ! Je ne suis aucunement responsable des stupidités débitées par la Richards là dedans... Je vous assure, c'est pas moi ! Elle a fait ça toute seule... Evidemment, je l'ai aidé, mais juste pour taper ! Donc bref, bref... Je ne sais absolument pas quoi penser de ce miroir-suite-fin parce que bon... Pas de passage en bêta (pardonnez donc les erreurs qui s'y sont glissés !) ni même d'avis préalable... Et comme on m'a demandé des bizous, j'en ai fais ! influençable la petite !

EDIT: Suite à un bêta, j'ai modifié une des scènes entre Sirius et Leanor, pour la rendre plus cohérente, plus dans l'esprit du Two Shot précédent. Merci beaucoup à Ezilda ! (Et ne changes pas de pseudo, hein xD)

Donc, cette partie est pour Ezilda, Lizoune, Rajhna et Mélanie ! C'est elles qui ont insistés beaucoup pour la suite... Mais elle est aussi pour les autres gentils lecteurs et gentilles lectrices, évidemment !

Je remercie tout particulièrement Lilli-Puce, millou95, Ezilda, Éva, Lizoune, tchingtchong, Drudrue, Lolaluna et Melanie pour les reviewwws qui m'ont fait trèèèèèèès plaisir !

Bon, Mimi va la fermer et laisser place à l'histoire. Bonne lecture !


L’étrange Noël de M. Black

Part III

En descendant l’escalier pour rejoindre le rez-de-chaussée, une seule pensée me taraude l’esprit, au point que j’en rate la dernière marche. Pour ne pas m’étaler sur le sol et passer Noël à l’hôpital, je me rattrape à la rampe de ma main encore moite.

Coucher avec Remus…

Non, mais coucher avec Remus !

Si la situation n’avait pas été celle qu’elle est actuellement, j’aurais sans doute ri à gorge déployée. Comme à chaque fois que l’on croit qu’entre Rem’ et moi, il y a plus encore qu’une simple amitié.

Mais aujourd’hui, le monde ne tourne pas rond.

J’ai d’abord rencontré Black dans un centre commercial moldu alors que chacun sait que tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à un endroit non magique est inconnu pour tout Black qui se respecte. Certes, il ne doit pas être un Black très respecté aujourd’hui mais tout de même…

Pire encore que d’avoir rencontré ce crétin là-bas - j’avais pourtant demandé à Papa d’aller autre part ! - j’ai eu pitié de lui.

Non… Plus encore.

J’ai eu de la peine pour lui.

Pour Sirius Black !

Pour sa joue ensanglantée.

Pour son air désespéré caché sous ses traits hautains.

Pour sa tenue inadaptée au vent qui soufflait à l’extérieur.

Pour Sirius Black en somme !

A tel point que je suis allée jusqu’à l’accueillir chez moi… Chez moi ! Dans mon salon, devant ma télé, devant mon sapin, dans la cabine de douche de ma salle de bains, sur le lit de ma chambre… Chez moi !

Qu’est-ce qu’il m’a pris, hein ?

Si seulement j’avais évité son regard d’où s’échappait une tristesse mal dissimulée, ma journée aurait été parfaite.

Absolument parfaite !

J’aurais écris à Remus pour lui souhaiter de bonnes fêtes.

Au lieu d’écrire à James pour lui expliquer la situation.

J’aurais emballé mes cadeaux de Noël en visionnant un stupide film guimauve à souhait, à la télé.

Au lieu de me diriger vers la cuisine pour éviter d’avoir Sirius sur mon chemin.

J’aurais été raconté à Lily des tas de potins stupides et sans nul doute complètement faux.

Au lieu de dire à Black que j’avais couché avec un de ses meilleurs amis. Et accessoirement mon meilleur ami.

Ce que je peux être idiote, idiote, idiote !

Ce n’est pas tant l’idée d’avoir couché avec Remus qui me gène - ce ne doit pas être si terrible que ça… - mais plutôt le fait qu’il s’agit d’un beau, d’un gros, d’un énorme mensonge !

« Lea. »

Je pourrais dire à Remus que…

« Lea ! »

… que je n’ai jamais débité une telle stupidité…

« Lea ! »

… ou que je n’ai dis ça que pour qu’il cesse de m’énerver. Ce qui est en soi une belle vérité.

« Hé ho ! »

Mais je doute que cette explication lui suffise. Après tout, je viens de foutre en l’air sa réputation de St-Remus-il-ne-se-passe-rien-avec-la-seule-fille-que-j’approche. Et je l’ai fais passer pour un…

« Leaaaa ! »

… un homme, oui c’est ça. Dans le fond, c’est-ce qu’il est… peut-être qu’en lui expliquant la situation de ce point de vue, plutôt original je l’accorde, il sera plus prompt à me pardonner mon acte…

« - LEAAAA !

- Quoi ?! » je réplique, agacée, en m’arrêtant devant une Taïna qui me semble énervée.

J’entre dans la cuisine, sans attendre une quelconque réponse de sa part. Je ne pense pas être en mesure d’entendre ma sœur me demander ce que je sais qu’elle va me demander.

« Il est où, Sirius ? »

Je lâche un soupir clairement exaspéré et continue de marcher pour aller m’asseoir sur une chaise. Peu importe de savoir où Sirius peut bien se trouver à l’heure qu’il est… Ma principale préoccupation est d’ailleurs d’éviter tout contact quelque qu’il soit avec lui.

Et Taï ne semble pas vouloir me faciliter la tâche.

« Je ne sais pas, peut-être encore dans ma chambre. »

Les mots sont à peine prononcés qu’elle amorce un mouvement vers la sortie de la pièce.

« … en train de s’habiller. »

Ma petite sœur s’arrête sur le pas de la porte et se retourne vers moi, en grimaçant. Elle me toise d’un regard perçant et me demande :

« Tu ne l’as pas viré, au moins ? »

Je secoue la tête, incrédule. Ma sœur serait-elle en train d’insinuer que je suis assez insensible pour jeter à la rue ce pauvre Black ?

Pauvre Black, j’ai dis ?

« T’as qu’à aller vérifier ! » je réplique avec irritation, en saisissant un parchemin dans la pile que j’ai emporté avec moi. « Si ça peut t’amuser. »

Je fais une pause et ajoute avec un sourire en coin :

« Si tu le trouves à poil, tu ne pourras absolument pas rejeter la faute sur ma petite personne, on est d’accord là-dessus ? »

Le visage de ma sœur se crispe en une grimace encore plus accentuée que la précédente. Elle semble vraiment écœurée… Comme je la comprends !

« D’accord, » finit-elle par soupirer en s’apprêtant à sortir. « Je vais l’attendre dans le salon, ou devant ta chambre. »

J’hoche la tête, un sourire sur les lèvres.

Taïna m’écoutera toujours, dans le fond.

En attendant qu’elle me ramène Black jusqu’ici, j’aurais peut-être le temps de débuter ne serait-ce que le début de ce qui semble s’annoncer comme une longue lettre pour James.

Voir sa mine se décomposer lorsque je lui ai assené ma très puérile, mais néanmoins très vraie, phrase me fait encore sourire à l’heure qu’il est.

Dix bonnes minutes après, en somme.

Mais je me devais de lui révéler ce que tout le monde pense dans le fond : Sirius Black est un homme beaucoup trop prévisible.

Sa vie se résume à deux choses : ses amis et les filles.

Lorsqu’il n’est pas avec James, Peter et Remus à envisager de faire une nouvelle blague, matière dans laquelle il est incontestablement un bon élément, il passe le temps dans les bras d’une midinette qui se pâme d’amour à ses pieds.

Trop prévisible, autrement dit.

Le lui dire a été une indéniable source de bonne humeur à mes yeux.

Et savoir que j’ai réussi à échapper à son courroux parce que Maman venait de débarquer me fait encore davantage plaisir.

La lettre est partie, avec dedans tout ce que James se devait de savoir sur la situation de son meilleur ami. Je me suis donc acquittée de cette tâche.

Les problèmes familiaux et existentiels de Black ne me concernent donc absolument plus, maintenant.

Je peux, par conséquent, observé avec bonheur Plume - l’originalité dans les noms n’a jamais été le point fort de ma mère -, notre hibou, s’éloigner pour ne devenir rapidement qu’un petit point blanc dans la pénombre qui commence à s’abattre au dehors. Accoudé à la fenêtre pendant quelques minutes, j’entends comme un bruit de pas dans mon dos.

J’étais certaine qu’il me trouverait. Mais sans doute pas aussi vite.

Taïna doit être une guide formidable…

« Tu arrives beaucoup trop tard, elle est partie la lettre, » je lance, alors que mon camarade semble continuer sa marche silencieuse dans ma direction.

Je me retourne vers lui, un sourire amusé sur les lèvres, et voit avec délectation une grimace de colère déformer ses traits. Alors qu’il se dirige vers moi à grands pas furieux, je m’accoude de nouveau à la fenêtre, sans me départir de mon sourire.

« Dis-moi que tu m’avais dis de ne pas l’envoyer et je me marre. »

Sans même regarder dans sa direction, j’imagine parfaitement l’expression sur son visage. Mon sourire s’agrandit encore davantage.

« Fais pas cette tête, » je chantonne d’une voix joyeuse.

Un grognement me parvient et je ne peux m’empêcher d’en rajouter.

« Tu vas bientôt revoir ton meilleur ami, pouvoir lui expliquer ce qui t’es arrivé, lui dire tout le mal que tu penses de moi, lui expliquer que j’ai été la pire hôtesse que tu n’as jamais vu et peut-être même lui révéler que j’ai peut-être couché avec Remus… »

L’ironie et la bonne humeur dont je fais usage ne semble absolument pas lui plaire.

« Et qu’il faut évidemment que vous lui parliez… Le pauvre, se taper sa meilleure amie… Quelle idée. »

L’idée que je viens, une fois de plus, de sous entendre qu’il s’est passé quelque chose entre Remus et moi me traverse vaguement l’esprit mais le souvenir de sa réaction dans la salle de bains est plus fort encore.

Rien que pour revoir la tête qu’il a tiré tout à l’heure, prononcer de telles bêtises en vaut la peine.

« - Sachant que tu n’as pas rien fait de tel avec Remus, je ne m’inquiète pas…

- Oh ? je réponds sans pouvoir m‘empêcher de retourner vers lui. Remus n’est pas un saint, vois-tu. Il serait capable de sauter sa meilleure amie malgré toute l’immoralité que cette situation implique. »

Black me toise d’un regard inexpressif.

« Ce n’est certes pas un saint mais… il est assez moral pour ne pas… comment tu dis déjà ? Sauter sa meilleure amie. »

J’arque un sourcil moqueur, un sourire étirant mes lèvres.

« Sirius Black, le tombeur de ses dames, serait-il choqué par mes paroles ? »

Je secoue la tête, sans me départir de mon immense sourire.

Me moquer de lui est inévitablement une source de bonne humeur pour ma petite personne. C’est sans doute le seul avantage d’être tombé sur lui, ce matin.

« - Mais c’est vrai, je te l’accorde…, je fais avec un petit haussement d’épaules. Remus ne saute pas les filles. D’autres mots lui conviendraient mieux. Ce n’est pas son genre. Il fait dans la douceur, lui. Contrairement à toi.

- Qui te dit que je ne suis pas doux au lit ? »

La mauvaise humeur qui transparaît dans sa voix me fait éclater de rire.

Ce n’est pas croyable qu’un homme soit aussi sûr de ses capacités sexuelles !

« L’idée en elle-même est absurde, tu vois, » raillé-je en tapotant de ma main libre sur le rebord de la fenêtre.

Il se contente de m’observer l’espace d’une seconde, les yeux noirs de colère.

« Si tu veux… » commence-t-il d’une voix calme.

La première pensée qui me traverse l’esprit en entendant le début de sa phrase suffit à m’écoeurer, à tel point que je ne peux que l’interrompre d’une voix outrée :

« Ne me proposes pas d’essayer ! » le stoppé-je en grimaçant.

Son regard glacial me rappelle qu’il s’agit de Sirius Black. Il ne peut pas décemment me proposer une telle chose en considérant qu’on ne se supporte pas réellement bien en temps normal.

« Ce n’était pas mon intention, » réplique-t-il froidement en serrant un de ses poings contre sa cuisse.

Le voir s’énerver me fait sourire, et je ne résiste pas, une nouvelle fois, à l’envie de le mettre sur les nerfs, comme il l’a fait lui-même, quelques heures plus tôt.

« C’est vrai… » me moqué-je malicieusement en me fendant de mon sourire habituel. « Tu es beaucoup trop prévisible. »

Je ne peux retenir un léger ricanement en me retournant de nouveau vers la fenêtre pour observer l’extérieur. Un petit tour d’horizon à travers le noir de la nuit qui commence à tomber me permet de distinguer les lumières qui illuminent tout le quartier. Si Noël a toujours été pour moi une source inébranlable de joie, le mieux est sans aucun doute d’observer mes voisins s’amusaient depuis cette fenêtre.

Chez les Rodway, comme chaque année, je vois à travers leur fenêtre les enfants tournoyer autour du sapin, sans relâche, imaginant parfaitement leurs mines impatientes lorsqu’ils essayent sans doute de deviner quel cadeau est pour qui.

Juste en face, toujours assis sur une chaise au milieu de son jardin, un gros manteau sur ses épaules, le vieux Werther lit son journal. Comme d’habitude.

Alors que mon regard glisse vers la gauche, assez vite pour avoir le temps d’entrapercevoir M. Atkinson, je sens deux mains se poser sur ma taille et se faufiler un chemin jusqu’à mon ventre, me faisant sursauter.

Mon cœur manque un battement, alors que je saisis qu’il s’agit de Black.

Qu’il est beaucoup trop proche de moi pour qu’aucune arrière pensée ne lui soit venu.

Qu’il a ses mains sur mon ventre.

Et que plus les secondes passent, plus il resserre son étreinte.

Cette pensée me fait l’effet d’un électrochoc, et je tente avec difficulté de me retourner dans ses bras qui m’encerclent toujours, m’empêchant de bouger le moindre muscle sans encore me rapprocher de lui. Mon œillade meurtrière ne semble avoir aucun effet sur lui, si j’en crois l’air mutin qui ne le quitte pas.

« - Qu’est-ce que tu fous Black ? Lâche-moi ! je m’insurge d’une voix pleine d’une colère.

- Je suis trop prévisible donc tu te doutes que je ne te lâcherais pas, » me répond-t-il avec une lenteur agaçante.

Son ton doucereux me met hors de moi. Et ses mains qui se faufilent toujours un chemin sur mon corps plus encore. Puisque me contorsionner ne semble absolument pas efficace, je lui envoie un coup de menton dans le torse, décidée à ce qu’il lâche son emprise sur moi.

Retenant une plainte de douleur, alors que lui n’a même pas semblé sentir ce que je viens de lui infliger, je me débat encore.

« - Lâche-moi, Sirius, merde !

- Tu m’appelles Sirius maintenant ? On avance… En fait, ça ne m’étonne pas. Toute fille normalement constitué réagit à un geste de ma part. »

Quel crétin !

Sans me laisser le temps de protester, je le vois se pencher vers moi. Ses lèvres se rapprochent toujours plus mais je ne peux pas bouger. Parce qu’il me tient si fermement que je suis dans l’incapacité de faire le moindre geste pour me soutirer à sa poigne. J’essaye tant bien que mal d’ignorer les battements de mon cœur, qui n’arrange en rien la situation.

Avec horreur, je sens ses lèvres se poser sur le coin de ma bouche, délicatement.

A quoi joue-t-il, cet idiot ?!

« - Tu vois, je peux être doux quand je veux…

- Black, lâche-moi maintenant, ça suffit ! Ce n’est absolument pas drôle ! »

Son regard me fait frissonner légèrement mais je n’ai pas le temps de m’étonner de cette réaction que ses mains se sont déjà éloignés de moi.

« Tu me trouves toujours aussi prévisible, alors ? » me demande-t-il, vraisemblablement sérieux.

Je sens ma gorge se serrer, sous l’effet de la colère qui s’empare de moi.

Prévisible ? Je lui en foutrais moi, des prévisibles !

Il ne semble même pas comprendre les raisons de ma colère et de mon regard meurtrier. Sans lui répondre, je m’éloigne à pas furieux, souhaitant mettre le plus de distance possible entre ce crétin et moi.

Prévisible !

Non mais je rêve !

Alors que je m’apprête à passer la porte, il me rattrape par le poignet pour m’arrêter.

« Répond-moi, Richards. »

Le ton calme dont il use pour me parler, comme s’il ne s’était absolument rien passé, comme si ce genre de comportement était le lot quotidien de notre relation, me met hors de moi. Furieuse, je lui fais face, prête à déverser le flot de paroles et de pensées qui se bousculent dans mon esprit.

« Ta tentative est vaine, idiot ! Tu ne peux pas me toucher, me frôler et espérer une réaction quelconque de ma part Black, et rien ne pourra me faire changer d’avis. »

Essayant de calmer ma colère, je m’arrête une seconde pour respirer, avant de reprendre immédiatement :

« Et tu vois, ce que tu viens de tenter ne fait que me renforcer l’idée selon laquelle tu es beaucoup trop prévisible… Tu penses réellement qu’en te permettant de me toucher, tu obtiendras ce que tu voudras de moi ? Et bien, non… Il en faut beaucoup plus pour me faire changer d’avis à ton propos. Beaucoup plus. »

Voyant qu’il ne semble pas prêt à me répondre comme il se doit, je m’apprête de nouveau à passer la porte, espérant récupérer ne serait-ce qu’un peu d’air frais et échapper à cette pièce beaucoup trop étouffante dans l’instant. Mais avant même que je me rende compte de ce qu’il fait, il me retourne vers lui et s’empare de mes lèvres, presque sauvagement.

Le peu d’air dont j’avais justement besoin semble m’être refusé, et encore davantage lorsque je sens ses deux mains m’encercler pour me serrer de nouveau tout contre lui. Dans ma poitrine, mon cœur est en proie à des battements si désordonnés que j’ai la vague sensation qu’il cherche à en sortir. Mais je le remarque à peine, sentant la langue de Sirius jouer avec mes lèvres pour tenter de m’embrasser à pleine bouche.

Je suis paralysée. Incapable de reculer, alors que ses lèvres continuent de chatouiller les miennes.

Pire encore.

Je finis par céder, sans savoir réellement ce qu’il me prend. L’idée qu’il s’agit de Sirius Black, du meilleur ami de mon meilleur ami, du garçon qui m’a toujours mis sur les nerfs, ne me traverse pas l’esprit.

Sa langue joue avec la mienne avant d’entamer un véritable baiser. Et mon cœur ne cesse de battre douloureusement contre mes côtes.

Ce n’est que lorsqu’il se détache de moi, à bout de souffle, que je réalise ce qu’il s’est passé.

Je viens d’embrasser Black.

Je secoue la tête légèrement, les yeux fermés.

Rectification : Sirius Black vient de poser ses lèvres sur les miennes. Et je l’ai laissé faire. Ce qui revient fondamentalement au même.

Pire encore que de l’avoir laisser se servir de moi de cette façon…

J’ai apprécié.

Cette dernière pensée réussit à me sortir de ma léthargie. Je me dégage brusquement de ses bras pour m’éloigner.

Troublée, l’idée de le réprimander ne me traverse même pas l’esprit. Ma seule envie est de m’éloigner de ce crétin. Tout de suite et maintenant.

Je tourne la poignée de la porte pour sortir.

« Ne t’avises pas d’aller t’en vanter à quelqu'un, surtout. Tu sais aussi bien que moi qu’il ne s’agissait que d’une de tes stupides idées… »

Il ne me répond pas tout de suite, si bien que je fais un pas dans l’escalier pour entamer ma descente.

« C’est plutôt à toi de ne pas t’en vanter. »

Le ton moqueur qu’il emploie me fait me retourner aussi vite que s’il m’avait insulté. Je lui lance mon regard le plus froid, pensant furieusement à lui faire avaler son sourire stupide.

Mais étrangement, je ne peux pas m’empêcher de me sentir rassurer de retrouver notre bonne vieille relation conflictuelle.

« T’es vraiment un crétin… Ni plus ni moins. »

Il semble penser la même chose que moi, puisqu’un sourire qui ne ressemble absolument pas à celui dont il use habituellement avec moi, se dessine sur son visage. Sans pouvoir m’en empêcher, je le lui renvoie.

Après quelques secondes sans bouger, je dévale l’escalier, en passant une main tremblante dans une mèche de cheveux qui me tombe dans les yeux.

Je viens d’embrasser Black !

Le monde ne tourne décidément pas rond aujourd’hui. Alors que je me dirige vers ma chambre, pour y chercher refuge et trouver une quelconque chose à faire et cesser de penser à ce qu’il vient de se passer, Taïna déboule sur mon chemin et me bloque le passage.

Il ne manquait plus qu’elle !

« C’est bon, vous avez fini ? » couine-t-elle de sa voix de petite fille.

Pour la énième fois en ce début de soirée, mon cœur manque stupidement un battement face à cette insinuation implicite. Je ne peux m’empêcher de paniquer à l’idée que ma petite sœur nous ait entendu… ou pire encore, qu’elle nous ait vu.

« T’as pas été trop méchante avec lui, j’espère ? » me demande-t-elle en fronçant ses sourcils bruns, les yeux brillants d’une lueur inquisitrice.

Je retiens avec peine un soupir soulagé et me fend d’un sourire éclatant en concluant qu’elle n’a absolument rien vu… rien entendu.

« A toi de voir, il est là-haut. »

Elle me lance un regard soupçonneux mais je ne peux m’empêcher d’être rassurer, à tel point que j’en oublie de m’offusquer face à son comportement surprotecteur envers Sirius.

« Qu’est-ce qui t’es arrivé ? » s’enquiert-elle alors que je commence à m’éloigner vers ma chambre.

Je tourne la tête vers elle, adoptant ce que je crois être une expression impassible.

Pourquoi ma sœur est-elle si curieuse ?

« Il ne m’arrive rien du tout, » je réponds en arquant un sourcil faussement étonné. « Pourquoi tu me demandes ça ? »

Taïna esquisse un sourire en coin, en me toisant d’un regard moqueur.

« Tu m’as dis une fois, » commence-t-elle en se penchant vers l’avant pour que je l’entende mieux. « … que quand Maman avait les cheveux décoiffés, les yeux brillants comme des ampoules, et une expression bizarre sur le visage, il lui arrivait forcément quelque chose. »

Mon sourcil s’arque encore davantage.

Pourquoi est-ce que je lui ai dis une telle connerie, par Merlin ?!

« Là, t’as les cheveux décoiffés… » constate-t-elle avec un sourire éclatant.

Je passe une main dans ma tignasse, me demandant à quel moment Black y a déposé la sienne sans même que je ne m’en rende compte.

« Tu as les yeux comme des ampoules… » continue-t-elle, l’air amusé.

Je cligne des paupières, cherchant une réponse plausible.

« Tu fais une tête toute bizarre, en plus ! »

Je ne sais même pas quoi lui répondre.

Je me surprends à penser que ma soeurette est plus intelligente qu’elle n’y parait au premier abord.

Elle ne peut pas avoir compris !

« Et puis, si tu veux tout savoir, » ajoute-t-elle en se relevant sur la pointe des pieds pour approcher son visage du mien. « Tes lèvres sont toutes gonflées, et elles brillent bizarrement, comme tes yeux. »

Inévitablement, mes joues prennent une légère couleur rosée. Je déteste savoir qu’elle a raison !

A mon avis, elle n’y comprend pas grand-chose mais tout de même…

« Comme dans le film qu’on a regardé l’autre jour ! Tu sais, avec la fille et le garçon qui étaient amoureux… »

Je secoue la tête, incrédule.

« La fille, elle avait la même tête que toi ! Mais avec des cheveux un peu rouges, comme Lily. »

Je ferme les yeux en tentant de ne pas paraître intéresser par ce qu’elle me dit.

Dans ces moments-là, je n’ai qu’une envie : être fille unique !

« Dis, Lea… Ça veut dire que tu es amoureuse, toi aussi ? »

J’ouvre les yeux, sans pouvoir m’en empêcher, en cherchant la plaisanterie cachée derrière ses propos. Mais Taï continue de me fixer, en se balançant d’un pied sur l’autre, le plus sérieusement du monde.

« - Tu regardes trop la télé, ma petite.

- Même pas vrai ! Et toi, d’abord, t’es pareil que moi ! En plus, c’est toi qui m’a dit tout ça, hein. »

Son ton offusqué m’aurait sans doute amusé un autre jour mais aujourd’hui, ce n’est absolument pas le cas.

« Je ne t’ai jamais dis que les gens qui avaient les cheveux mal coiffés, les joues rouges, les yeux dans le vague, les lèvres gonflées et brillantes, et une drôle d’expression sur le visage étaient tous amoureux ! »

Elle me tapote sur la jambe, avec un grand sourire stupide.

Et dire que nos parents prétendent que notre sourire est le même…

« Mais toi, si, tu es amoureuse ! » s’entête-t-elle avec conviction. « Ça se voit, je te dis. »

Je lui adresse un regard désapprobateur, prête à tourner les talons.

« Franchement, Taï, tu comprends rien parfois ! Embrasser quelqu’un ne signifie pas être amoureuse. »

Alors que j’amorce un mouvement de la tête, je capte son haussement de sourcils.

« J’ai dis amoureuse, d’abord ! Pas embrasser… »

Mon estomac se tord douloureusement quand je me rends compte de la stupidité que je viens de débiter.

Espérons que l’excès de télévision ne lui permette pas de faire le lien entre tous ces mots…

« Ça veut dire que tu as embrassé quelqu’un ? » m’interroge-t-elle finalement, les yeux pétillants de malice, en me tapant sur la jambe.

Je ne peux m’empêcher de me mordre la lèvre, en détournant la tête.

« Waouh ! » s’exclame-t-elle d’une voix surexcitée. « Tu as embrassé… Tu as embrassé Sirius ? »

Je lève les yeux au ciel, espérant que si je ne réponds rien, elle s’en ira. Mais mon silence semble lui confirmer ce qu’elle pense.

Je ne me fais toujours pas à l’idée que cette gamine puisse comprendre ne serait-ce que la moitié de ce qu’elle vient de me dire…

Dorénavant, je me débrouillerais pour lui interdire toutes stupidités amoureuses à la télé.

Et pour éviter de lui raconter le genre de stupidités que moi-même je lui impose par moment.

« Ça devait être sacrément bien, comme quand Papa fait plein de bisous à Maman ! »

Elle fait une pause, me regarde un instant, tout sourire.

Ma sœur devient presque effrayante, à l’instant.

« Oui, parce que maman, elle a un peu la même tête que toi maintenant, quand papa lui fait des bisous. » m’explique-t-elle en chuchotant, sur le ton de la confidence. « Je l’ai vu une fois… Il t’a aussi fait des bisous dans le cou, Sirius ? »

Mon cœur cogne inévitablement dans ma poitrine.

Encore heureux que non !

« En tous cas, quand j’ai vu Papa et Maman, j’ai trouvé ça DEGOUTANT ! » ajoute-t-elle avec une grimace. « Si Josh me fait quelque chose comme ça, je lui donne un coup, là où tu m’as dis de le faire, une fois… »

Un sourire m’échappe.

C’est fou tous les bons conseils que j’ai pu donner à ma sœur depuis sa naissance, sans même m’en souvenir.

« Mais peut-être que toi, tu as trouvé ça très bien ! »

Exaspérante, cette gamine.

Je me rends compte qu’elle ne m’a pas laissé en placer une depuis le début de notre conversation.

Est-ce que je suis vraiment comme ça, moi aussi ?

« Parce que Sirius, il est quand même très beau, tu trouves pas ? »

Elle se gratte la tête d’un air pensif.

« Quand on est beau, on fait des super bisous, alors ! En plus, Sirius, il est encore mieux que Josh, tu sais… Alors, dis… Il est bien, ou pas ? »

La conversation me semble surréaliste… J’ai comme la sensation de parler avec une Lily, qui aurait pris les traits de ma petite sœur.

Et comme avec Lily, je ne peux pas m’empêcher d’hocher la tête, face à son regard inquisiteur, lui arrachant un sourire éclatant.

Ma faiblesse a pris des proportions considérables, aujourd’hui, semble-t-il.

Je n’arrive pas à croire que Maman puisse encore aujourd’hui continuer à inviter tant de gens pour les fêtes, et penser sincèrement que tout se passera comme prévu.

Alors que je me faufile entre les invités qui viennent de débarquer fraîchement dans notre Hall, je vois un petit garçon, qui doit être là depuis 10 minutes maximum, s’amuser avec ce qui ressemble étrangement à la lampe favorite de Maman. Avant qu’il ne l’ait réduit à néant, je la lui prend des mains, lui adresse un sourire et me dirige vers la cuisine sans lui laisser le temps de réagir, espérant intérieurement ne pas avoir à lui arracher autre chose des mains dès que je reviendrais.

Je dépose la lampe sur le plan de travail, entre deux assiettes de victuailles que ma mère a passé l’après-midi entière à préparer - et que les invités vont mettre une petite dizaine de minutes à engloutir - en lâchant un soupir las.

Simplement quinze minutes que la salle de séjour se remplit peu à peu et je ne sais déjà plus où donner de la tête.

J’attrape un petit four dans le plat et repart à l’assaut de la foule, résistant à mon envie de passer un coup de fil à Lily pour qu’elle se dépêche de venir me tenir compagnie dans la fosse aux lions.

« Leanor ! »

Je viens à peine de passer la porte lorsque j’entends quelqu’un brailler mon prénom. En essayant d’adopter mon sourire le plus sincèrement heureux - à vrai dire, je n’ai pas réellement reconnu la voix de la personne, alors j’anticipe -, je me retourne en tournoyant sur moi-même.

« Chris, » je murmure pour moi-même en apercevant la tête du jeune homme dépasser des personnes entassées à l’entrée.

Je fends la foule, adoptant un sourire beaucoup plus détendu, et me lève sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur sa joue mal rasé, alors qu’il se bat avec son manteau pour le retirer convenablement. Étirant la main, je lui retire le bonnet qui surmonte son crâne, éparpillant par la même occasion des fins flocons de neige sur mes propres vêtements.

Il me regarde une seconde et finit par me serrer dans ses bras, souriant.

« Comment va ma jolie Leanor en cette joyeuse soirée ? » me demande-t-il en se retenant apparemment de me décoiffer d’un geste de la main.

Je souris, en jetant un coup d’œil faussement épuisé en direction des invités, qui se dirigent vers le salon.

« Comme tu le vois, Maman n’a pas failli à sa réputation… » je réponds en esquissant un sourire. « Toujours plus de monde qu’il n’en faut. »

Chris ricane légèrement et dépose un léger baiser sur mon front.

Si il y a bien quelque chose qui me plait dans les fêtes que ma mère s’entête à organiser chaque année, c’est de revoir ma famille. Et en particulier Chris.

Il a beau avoir plus de 6 ans de plus que moi, il a toujours fait partie de mes cousins préférés. Sans doute même est-il mon préféré.

Je crois que c’est simplement son calme, qui est aux antipodes des caractères explosifs que les membres de ma famille, qui me plait. Il ressemble un peu à Papa aussi… donc.

« Tu joues toujours aussi bien à la fillette blasée, en tous cas, » me fait-il remarquer en m’entraînant avec lui vers la salle de séjour, lançant des signes de tête et des sourires à tout va. « Ça ne m’étonne pas de toi. »

Je lui frappe gentiment les épaules. Ses yeux se tournent vers moi, suivi rapidement par le reste de son corps pour me faire face. Il me scrute quelques secondes, m’attrape par la main et me fait tourner sur moi-même, un grand sourire éclairant son visage.

« Mais tu n’es plus une petite fille, à ce que je vois ! » soupire-t-il d’une voix faussement admirative. « Cette robe te va comme un gant. »

Inévitablement, mes joues se teintent de rouge, et je jette un coup d’œil rapide à ma tenue.

Ayant hésité longuement entre mon autre robe rouge, et celle-ci, noire, tombant juste au dessus de mes genoux, et fendu jusqu’à la mi-cuisse, je ne peux m’empêcher d’être flattée.

« Merci, » je fais avec un sourire en coin. « Tout le mérite revient à Lily, en fait. C’est elle qui me l’a trouvé dans le magasin… »

Les yeux de Chris s’illuminent. Je lui souris moqueusement mais il ne s’en offusque pas.

« Lily, tu dis ? » s’enquiert-il avec un sourire éclatant, en scrutant de ses deux yeux noirs les invités assis un peu partout dans notre salle de séjour. « Où est-ce qu’elle est ? »

Je lui adresse un clin d’œil complice, en réajustant la bretelle de ma robe.

« Pas encore là, inutile de chercher… » je réplique d’une voix railleuse. « De toute façon, elle est beaucoup trop jeune pour toi, ma copine ! »

Chris se renfrogne, visiblement vexé par mon sous entendu.

« - Je t’ai déjà dis que je n’avais aucun sentiment pour Lily ! s’insurge-t-il en se rengorgeant.

- Ce n’est pas ce que me disent tes petits yeux perçants…

- J’ai déjà une copine, Lea, je te l’ai dis ! » m’explique-t-il avec une moue renfrognée qui m’amuse tout particulièrement.

Je me penche vers lui et murmure à son oreille, moqueuse :

« - Tant que je ne l’aurais pas vu, elle n’existera pas à mes yeux. Si tu l’avais ramené aujourd’hui, peut-être bien que…

- Elle a une famille, elle aussi ! claque-t-il d’une voix irritée. Si je devais la traîner ici, sans l’avoir préparer… »

C’est à mon tour de me vexer.

« Autant dire tout de suite que nous sommes tous mentalement instables ! »

Il éclate de rire et joue avec une mèche de mes cheveux, qui s’échappe de ma coiffure.

« - Tout le monde le sait, ça, sauf elle…

- Elle a même pas de prénom, cette fille ! Je suis sûre qu’elle n’existe pas. »

Il tire sur ma mèche, en fronçant les sourcils.

« Tu peux aller demander à mon père, » me propose-t-il en m’entraînant rapidement vers son paternel. « Ma mère lui en a tellement parlé, depuis qu’ils l’ont rencontré, qu’il sera en mesure de te le confirmer ! »

Je m’arrête, souriante.

« C’est bon, c’est bon, pas la peine. Je veux bien te croire ! »

Pendant la minute qui suit, un silence s’installe entre nous, brisé par quelques personnes qui nous salue en passant près de nous.

« Où est Taïna ? » me demande-t-il finalement, en scrutant la foule d’un regard rapide. « Elle se fait toujours rapidement remarquer, d’habitude. »

Je jette à mon tour un coup d’œil aux alentours, pourtant persuadé de savoir où elle est.

« A l’étage, sûrement, » je réponds en haussant les épaules. « Je vais la chercher. »

Il hoche la tête, m’indique d’un signe de la main qu’il va saluer ma mère qui discute joyeusement plus loin et je finis par traîner les pieds vers l’escalier, exaspérée.

Je n’ose même pas croire que Taï ne soit pas venu saluer sa famille pour tenir compagnie à Sirius, qui refuse, je suppose, de descendre.

Avec une patience que je ne me connais pas, j’entre dans chacune des pièces qui sont à ma portée, espérant enfin tomber sur eux. Arrivé devant ma chambre, je tente tout de même un coup d’œil à l’intérieur, priant pour que Taïna n’ait pas été assez stupide pour l’y faire entrer.

« Ma mère dit toujours pleins de bêtises, c’est vrai ! » j’entends Taïna dire alors que je pousse la porte.

La première vision dans la chambre qui m’ait offerte est celle d’un Sirius affalé sur mon lit, au milieu des robes que j’ai laissé traîné en descendant.

Étrangement, j’hésite entre sourire et crier.

Crier parce qu’il est allongé sur MON lit, sans avoir même pris la peine de déplacer MES robes.

Sourire parce que je me surprends à le trouver mignon, les bras repliés sous la tête, les yeux brillants de malice.

« Un peu comme ta sœur, en fait… » répond-t-il à la gamine sans remarquer ma présence.

Ma sœur éclate de rire, moment que je trouve propice pour signaler ma présence par un raclement de gorge indiscret. Taïna sursaute et saute en bas de mon lit, comme électrocutée. Sirius relève simplement la tête une seconde, avant de la laisser retomber sur le lit, sans doute parce que mon raclement de gorge lui est familier.

« Taï, » je fais en tentant de l’ignorer superbement. « On a des invités, tu te souviens ? »

Ma petite sœur se mord la lèvre, défroisse d’un geste de la main la jupe plissée que ma mère lui a choisi pour l’occasion, jette un coup d’œil à Sirius, qui lui sourit, et finit par s’approcher de moi.

« - Je vais descendre maintenant…

- Il vaudrait mieux. »

Elle se tord les mains.

« Chris t’attend en bas depuis qu’il est arrivé. » indiqué-je avec un mi-sourire.

Taïna sourit de toutes ses dents, adresse un dernier signe à Sirius, et se dirige rapidement vers la porte pour sortir.

J’ai toujours étonné de voir comme elle pouvait apprécier Chris, sachant qu’elle adore notre cousine Meg… Une vraie enquiquineuse.

Lorsque je suis sûre qu’elle a disparu dans l’escalier, je fais un pas dans ma chambre, lorgnant sur un Black dont les yeux sont fermés, toujours allongé sur mon lit.

« Black, bouge de là et descends avec moi. »

Je me plante face au lit, au moment où il ouvre les yeux, péniblement me semble-t-il. Lorsque je saisis son regard qui me scrute de la tête aux pieds, mon cœur s’affole une fois de plus dans ma poitrine, et je me retiens de me balancer d’un pied sur l’autre, mal à l’aise. Il finit par lever les yeux vers mon visage, un sourire stupide sur les lèvres.

« Charmante, la petite Richards. » commente-t-il de son habituelle voix de dragueur.

Je lui adresse un regard noir, en tapant de ma main droite sur le lit.

« Allez Black, je dois redescendre, » je fais d’une voix lasse. « Et tu viens avec moi, tu ne vas pas rester ici toute la soirée. »

Soupirant, je me dirige vers la fenêtre pour l’ouvrir, lorsque je vois une lettre déposée sur mon bureau, visiblement de la main de James. Un coup d’œil à la cage de Plume m’indique qu’il y somnole paisiblement.

J’ai beau lui avoir appris à venir directement m’apporter mes lettres, il ne semble pas avoir compris.

« Aucune envie d’y aller, » me répond Sirius d’une voix traînante. « Je n’ai envie de gêner personne, moi. »

Je tourne un œil vers lui, en décachetant l’enveloppe d’un geste de la main.

« La seule personne que tu pourrais gêner, en toute honnêteté, c’est moi. Alors si je te demande de descendre, fais le… »

Il se lève du lit, défroisse son pantalon et traîne des pieds dans ma direction, en observant la lettre qui est dans ma main.

« C’est justement toi que je n’ai pas envie de voir, » m’explique-t-il avec un calme qui ne lui ressemble pas.

Il s’arrête juste derrière moi mais je ne me retourne pas.

La mauvaise impression qu’il retente de me déstabiliser, après le coup de tout à l’heure, me prend à l’estomac, qui se tord douloureusement.

Depuis quand Black me fait-il cet effet-là ?

« Surtout après… »

Brusquement, je me retourne, et pose mon doigt sur sa bouche pour le faire taire.

« Pas envie d’en parler, c’est clair ? »

Il recule, les sourcils froncés, et me toise d’un regard perçant.

« Écoute, Richards… »

Je secoue la tête, les yeux fermés.

« On oublie, Black ! » je claque d’une voix un peu trop sèche. « On oublie, tu comprends ? »

C’est à son tour de secouer la tête, la mine dépitée.

« Ok, » finit-il par soupirer d’une voix contrite.

J’hoche la tête inutilement, en signe d’affirmation et me détourne à nouveau de lui. Le claironnement de la sonnette d’entrée, au rez-de-chaussée, se fait de nouveau entendre mais je n’y fais pas attention, trop occupée à retirer la lettre de son enveloppe.

Trop occupée à ignorer le souffle de Sirius sur la peau nue de mon dos, alors qu’il cherche à lire la lettre en même temps que moi.

« C’est de James, » je dis pour combler le silence pesant qui me fait tourner la tête.

Black ne répond rien, attendant sans doute de pouvoir la lire. Je la déplie donc, fermant les yeux quelques secondes. Sirius se penche encore davantage vers l’avant, si bien que son menton touche le bout de mon épaule.

Un frisson me parcoure l’échine, alors qu’il s’éloigne un peu, en soupirant silencieusement.

Quelle légèreté dans l’atmosphère !

Je parcoure la lettre en diagonale, saisissant quelques mots au passage, pour en soutirer l’essentiel.

James viendra chercher son meilleur pote dans la soirée, dès qu’il aura réussi à s’échapper de son dîner de famille.

Merlin. Je dois être maudite.

« Il se sentait vraiment obligé d’ajouter ça ? » interroge Black d’une voix irritée en me tirant la lettre des mains, pour en lire le contenu, m’arrachant par la même occasion à mes pensées.

Je me retourne, prête à lui demander ce qui le gêne dans ce morceau de papier, mais il me répond avant que je n’en ai eu le temps :

« En tous cas, c’est super gentil de ta part d’avoir eu pitié de lui, alors que chacun s’accorde à dire que vous êtes comme un chien et chat. T’es génial ! »

Il fait une pause puis reprend, levant les yeux au ciel :

« Débrouille toi pour que Lily soit là quand j’arrive, je compte sur toi. En attendant, évitez de vous entretuer ! »

J’arque un sourcil, en me retournant complètement vers lui pour lui faire face.

« Je ne comprend pas ce qui te gêne dans cette lettre, » je lui signale avec un haussement de sourcils suggestif. « Le fait qu’il parle de Lily ? »

Il secoue la tête en signe de dénégation, adoptant un air blasé.

« - Je m’y fais à ça, j’ai pas spécialement le choix.

- Alors quoi ? Que c’est super gentil de ma part d’avoir eu pitié de toi ? Je trouve que ça va au-delà de la gentillesse, dans mon cas. »

Il me lance un regard sceptique.

« - Il y a meilleur hôte que toi, si tu veux savoir.

- J’en doute…

- Pourtant, n’importe quelle fille m’aurait mieux accueillie, » croit-il bon de faire remarquer.

Je m’éloigne de lui, sentant le sous entendu plus qu’évident derrière sa phrase.

Le carillon de la porte en bas retentit de nouveau. Je prie intérieurement pour qu’il s’agisse de Lily.

« - Je ne suis pas n’importe quelle fille, Black. Tu devrais le savoir. »

- Justement, je le sais. »

Je me stoppe devant la porte et jette un coup d’œil dans mon dos en fronçant les sourcils, croisant l’espace d’une seconde ses yeux gris.

« Tant mieux, alors. »

Ma voix est légèrement plus rauque que d’habitude, sans doute parce qu’il est une fois de plus beaucoup trop proche de moi. J’ai la sensation que si je bouge ne serait-ce qu’un petit doigt, il n’hésitera pas, encore une fois, à faire quelque chose qu’il ne devrait pas faire.

Mais étonnamment, je me surprends à vouloir bouger.

Simplement pour le tester.

« On va devoir descendre, ou c’est Taïna qui va remonter… »

Il m’adresse un sourire éclatant.

« - Elle n’a qu’à monter, alors.

- Je n’ai pas spécialement envie qu’elle se pose des questions sur ce qu’on a pu faire durant tout ce temps en haut. »

Son sourire s’agrandit, prenant un air mystérieux. Ma gorge se serre à m’étouffer.

Ce genre de sourire chez Black ne me dit rien qui vaille.

« - Elle ne se posera aucune question, tu sais, me fait-il d’un air nonchalant.

- Pourtant, tout à l’heure, elle s’en est posée… »

Il secoue la tête de gauche à droite pour démentir mon idée.

« Non, non,» réplique-t-il en passant une main dans ses cheveux. « C’est bien à cause de toi qu’elle s’en est posée. »

Je le regarde sans comprendre.

Quelques dizaines de secondes s’écoulent avant qu’il ne daigne répondre à mon interrogation muette.

« Alors, c’est vrai, ça, que j’embrasse bien ? » me demande-t-il avec un sourire en coin.

J’ouvre des yeux ronds comme des billes, faisant agrandir son sourire.

La traîtresse !

Cette gamine, qui prétend être ma sœur, est allé jusqu’à lui dire que…

Je vais la tuer !

« - Alors… ?

- Euh… » je bafouille en piquant un far.

Il y a une première fois à tout, je suppose : je n’ai jamais bafouiller devant lui, autant que je sache.

J’inspire profondément pour me reprendre.

« - Je ne me souviens pas avoir dis quelque chose dans ce goût-là, ne serait-ce qu’une fois dans ma vie, je réplique à voix basse, feignant l’agacement.

- Ah oui ? »

Un sourire vainqueur illumine son visage.

« Tu as sans doute dis alors, que j’embrasse divinement bien… »

J’ouvre pour répliquer vertement mais il pose un doigt sur ma bouche, sans se départir de son sourire.

« Tututu, ma petite ! On ne ment pas à un Black. » m‘interrompt-il en secouant la tête. « Ta petite sœur n’irait pas jusqu’à me mentir, non ? »

J’hausse les sourcils, adoptant un air dubitatif.

Taïna est née menteuse, tout le monde sait ça.

Même si en l’occurrence, aujourd’hui, elle a dit vrai. Je devrais sans doute lui apprendre à se taire quand il le faut.

« Allez, Richards, ça ne va pas t’arracher la langue de l’avouer… »

Il passe sa langue sur sa lèvre supérieure et se rapproche de moi.

« Rien qu’un petit oui… Un tout petit… »

Je mords ma lèvre inférieure pour me calmer.

Pourquoi est-ce que je suis allé jusqu’à dire à cette gamine que Black embrassait bien ?

Sans doute n’a-t-il pas été assez idiot pour lui donner son avis, lui !

Je vais la tuer !

« En toute sincérité, j’ai connu mieux… » je finis par soupirer, en tentant de retrouver mon assurance.

Avec délectation, je vois une lueur de scepticisme danser dans ses yeux.

« Ah ? » fait-il en arquant un sourcil soupçonneux.

C’est à mon tour de sourire, en collant mon pied contre la porte.

« - Oui… Il y a eu Andrew… Rodcheld… Marc… Et puis Malory, aussi.

- C’est simplement parce que tu as été plus…

- Non, je n’ai pas été plus loin que le baiser avec chacun d’eux, » je m’offusque en lui assénant un coup sur l’épaule.

Il sourit de toutes ses dents.

« - Mais bien sûr ! réplique-t-il avec une agaçante ironie.

- Dis tout de suite que je ne suis qu’une petite…, je m’insurge, les dents serrés.

- Tout de suite les grands mots avec toi, Richards ! » m’arrête-t-il en levant une main devant mon visage.

Je plisse les yeux sans savoir quoi lui répondre.

Me faire passer Noël avec ce crétin devrait faire l’objet d’une rémunération, franchement !

« Même Remus embrasse mieux que toi, » je lui fais finalement remarquer en clignant des paupières, l’air faussement blasé.

Il fronce les sourcils, de sorte qu’il ne forme plus qu’une seule et unique ligne au dessus de ses yeux.

« Mais bien sûr ! » me réplique-t-il avec ironie. « Lunard, meilleur que moi dans ce genre de discipline ? »

Il secoue la tête.

« En Potions, peut-être. En Sortilèges passe encore… Mais, si tu veux mon avis, il ne peut pas me surpasser dans ce domaine. A côté de moi, il fait sans aucun doute pâle figure. »

Je me fend d’un sourire éclatant, les yeux brillants.

Un beau crétin !

« Tu n’as qu’à essayer, dans ce cas. Je t’assure que c’est immanquable ! »

Il fait non de la tête en haussant les épaules.

« Lunard n’est pas mon genre, malheureusement pour lui. »

- Tu ne peux pas savoir avant d’essayer, » raillé-je, souriante.

Il cligne des paupières à plusieurs reprises.

Un petit silence s’installe entre nous, et au moment où je me tourne pour ouvrir la porte et, enfin, sortir de cette pièce, il reprend la parole.

Encore.

« Je suis sûr qu’un second essai entre nous te ferait changer d’avis. » m’assure-t-il.

Ignorant son air sérieux, ma première réaction est d'éclater de rire.

Je ne sais pas ce qui est arrivé à Black mais son cerveau a dû être touché dans le choc.

Ce n'est que lorsque ses lèvres se posent effectivement sur mes lèvres que mon envie de rire meure dans ma gorge, me lance stupéfaite l'espace d'une seconde.

Une seconde seulement, le temps pour lui de les effleurer délicatement.

Je ne peux pas laisser Black m’embrasser deux fois dans la même journée, sans réagir !

Sans quoi, je ne suis plus une Richards. Et encore moins Leanor.

Je m’apprête à reculer au moment même où la porte de la chambre vient heurter mon dos, signe que quelqu’un vient de pousser la porte pour entrer.

Mon cœur s’affole dans ma poitrine, alors que Sirius recule de plusieurs pas pour s’éloigner de moi, les lèvres un peu trop brillantes à mon goût.

Lorsque j’entend la voix de Lily, ma gorge se serre à tel point que j’ai la sensation d’agoniser :

« Lea ? T’es là ? »

Sans attendre une quelconque réponse, la tête de Lily se faufile par l’entrebâillement de la porte. Accolé à celle-ci, elle est dans l’incapacité de me voir.

Malheureusement, son champ de vision doit être étendu à d’autres horizons de ma pièce personnelle, puisqu’elle demande, d’une voix étonnée :

« Sirius ? C’est toi ? »

Je ferme les yeux un instant, assez rapidement pour ne pas voir Sirius hocher la tête. Au moment où je les rouvre, il est debout et se dirige vers Lily, qui à mon grand dam, se décide enfin à rentrer.

Aussitôt, ses yeux se posent sur moi, et je ne peux m’empêcher de rougir, comme prise en faute. Ses yeux perçants me scrutent assez longtemps pour que je me sente encore plus mal à l’aise qu’au début.

C’est Sirius qui brise le silence pesant qui s’est installé.

« Hum… » fait-il en se raclant la gorge pour se donner contenance. « Je vais descendre voir Taïna. Je te charge de…euh… lui expliquer tout, Richards. »

La lâcheté dans son état le plus pur…

Je n’ai pas le temps de répliquer qu’il a déjà déguerpi sans demander son reste.

A peine la porte s’est-elle fermée que Lily me demande ce qui semble la démanger depuis qu’elle a aperçu Black :

« Qu’est-ce que Sirius faisait dans ta chambre ? »

Je roule des yeux, en tentant vainement de ne laisser transparaître aucun sentiment.

Je ne peux pas croire que ce crétin ait pu me laisser me débrouiller toute seule avec elle !

« Mmm.. » je fais en adoptant un sourire forcé et crispé. « Une longue histoire… Je te raconterais en bas, ok ? »

Elle arque un sourcil.

« Et tu m’expliqueras peut-être aussi pourquoi tu es dans cet état, hein ? »

Je roule des yeux et sort dans le couloir, Lily à ma suite.

« - Dans quel état ? je lui demande en toute innocence.

- Les yeux dans le vague, l’expression perdue… »

Je me mord la lèvre.

Lily est pire encore que Taïna !

« Et les lèvres qui brillent un petit peu trop… »

Le sous entendu est clair comme de l’eau de roche.

Rester calme. Ce doit être la solution.

Je me racle la gorge, sans rien répondre.

« Chris veut te voir, » je lui dis finalement pour détourner la conversation, lorsque nous arrivons dans la salle de séjour. « CHRIS ! »

Mon cousin a l’amabilité de tourner la tête dans la seconde qui suit. Comme de nombreuses autres personnes au même moment.

Mais son grand sourire éclatant me signifie clairement qu’il ne va pas tarder à nous rejoindre, m’offrant ainsi une chance de m’échapper.

« Lea, tu m’échapperas pas comme ça, tu le sais. Un jour ou l’autre, donc très bientôt, tu seras dans l’obligation de me raconter comment tu en es arrivé à échanger plus que de simples et habituelles insultes avec Sirius…»

Je grimace et me détourne d’elle pour échapper à son regard.

Et c’est celui de Sirius que je croise, à l’autre bout de la pièce.

La seule envie qui me saisit à ce moment est de l’étrangler.

Parce que lui n’aura jamais à expliquer à James ce qui s’est passé.

Alors que je me vois dans l’obligation d’affronter prochainement une Lily avide de potins croustillants sur le pourquoi du comment, et un Remus furax parce que j’aurais mis sa réputation en lambeaux.

Je dois être maudite, vraiment.

FIN


Dites moiiiii que ça vous va comme fin ! C'est une fin ouverte, mais qui en dit assez sur la suite de leur relation, non ? Je suis dans l'incapacité de pondre une suite à ça, vraiment. Alors j'espère que ça vous va xDDDD

Si pourtant, vous voulez continuer à suivre éventuellement Leanor (et par la même occasion Sirius !), je ne peux que vous renvoyez à On n'est pas sérieux quand on a 17 ans ! que j'écris avec ma soeur Sam ! Rien ne dit qu'il y aura dedans un Sirius/Leanor mais rien ne vous empêche d'aller voir pour vérifier xDDD Ca me ferait très plaisir (et à Sam aussi !) que vous vous intéressiez à l'autre histoire parce que Leanor vous aurait plu ici... Enfin bref ! xD

Si vous avez envie de Sirius/OC, vous pouvez aussi aller lire Ce que j'aime chez toi, une fic que je viens de commencer. Ce n'est pas vraiment pareil mais bon :))

Et puis sinon, il se peut que je réécrive sur ces deux-là, un de ces jours !

Bon, j'espère que vous avez aimé la non-sagesse des deux petits... Si c'est le cas, et même si ça ne l'est pas, une petite review ferait mon bonheur, assurément XDDD



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