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Author of 35 Stories |
Du plus loin qu’il se souvienne, Juka et lui ont toujours été amis. Ils ont vécu dans le même quartier jusqu’à ce qu’il parte pour Tokyo, quand il avait seize ans, avec ses parents, ses deux sœurs et son frère. Comme n’importe quel autre enfant de cinq ou six ans, ils jouaient aux mêmes vieux jeux, le policier et le voleur. Même si il a toujours pensé que ce n’était pas vraiment juste parce que c’était toujours Juka qui gagnait ces batailles enfantines, il continuait de jouer avec lui, c’était un jeu tellement génial. Et Juka était son meilleur ami…
I was 5 and he was 6
We rode on horses made of sticks
He wore black and I wore white
He would always win the fight
Il se souviendra toujours de ce jeu... Ils y ont joué presque jusqu’à ce qu’il parte… Assis sur une chaise à côté d’une des rares fenêtre de son appartement aussi grand que sa poche, Kaya se souvenait de ce bon temps. Juka qui courrait derrière lui avec un pistolet en plastic, imitant le bruit des vrais avec sa bouche. Bang, bang ! Feignant d’être touché d’une balle, il tomba sur le sol, sa main droite sur le cœur.
-Quel viseur ! Tu m’as tiré… Je meurs !
-Certainement ! Je suis le meilleur policier de tout Nagoya, m’sieur !
-Oh mon Dieu ! Regarde ce sang ! Je… meurs…
-Je gagne encore ! Et tu perds ! Parce que j’ai gagné !
Comment pourrait-il oublier cela ?
Bang bang
He shot me down
Bang bang
I hit the ground
Bang bang
That awful sound
Bang bang
My baby shot me down
Le temps passa, mais c’était toujours le même jeu. Même quand ils ont réalisé qu’ils n’étaient plus seulement que des amis. Ils avaient quatorze et quinze ans. Encore une fois, Juka l’avait touché mortellement, mais quelque chose était différent. Il ne riait pas.
-Qu’est-ce qui se passe ?
-Quoi ?
-… Ce n’est pas comme les autres fois… Tu ne ries pas…
Toujours étendu sur le sol, Kaya s’assit pour parler à son ami qui fit de même juste à côté de lui.
-Tu as raison… Ce n’est pas comme les autres fois…
-… Pourquoi ? Tu ne vas pas bien ?
-Je ne pourrais être mieux que présentement…
-… Je ne comprends pas ce que tu veux dire, Ju-kun…
-Ne m’aimes-tu pas ?
-Qu-quoi ?
-… Parce que, moi, je t’aime… J’en suis certain, maintenant…
-… Tu… tu m’aimes ?
-Oui… Je t’aime… Mais si tu ne…
-Hey ! N’en dis pas plus !
-Que… ?
-Je ne sais pas si je peux appeler ça de l’amour, mais… Je crois que c’est ça…
L’autre sourit et l’embrassa doucement. Ils étaient jeunes, mais ils ressentait réellement de l’amour l’un pour l’autre et, à leur âges, rien ne saurait être plus innocent que leurs sentiments.
Mais, deux ans de pur bonheur plus tard, Kaya eut à partir de Nagoya, son père ayant eu une promotion à Tokyo et sa famille avait à déménager là-bas. Depuis ce temps, ils ne se sont revus qu’une seule fois, pour une courte journée. Kaya avait dix-neuf ans et Juka en avait vingt. Durant toutes ces années, ils n’avaient pas arrêté de s’aimer aussi intensément qu’au tout début et ça avait réellement blessé le plus jeune d’avoir à laisser son amoureux une fois de plus après cette journée entière de souvenirs.
Seasons came and changed the time
When I grew up I call him mine
He was always laugh and say
Remember when we used to play
Bang bang
I shot you down
Bang bang
You hit the ground
Bang bang
That awful sound
Bang bang
I used to shoot you down
Et le temps passa si rapidement... Les parents de Kaya ne lui donnèrent pas le choix, il devait se marier… Ils n’ont jamais su pour Juka et lui. Ils ne l’accepteraient jamais. Bien sûr, des invitations ont été envoyées à sa famille puisqu’il était connu comme étant son meilleur ami, alors ils sont venus. Le marié n’aurait pu être plus heureux de le revoir une dernière fois avant d’aller épouser celle qui deviendrait sa femme sous peu… Il avait vingt et un ans à ce moment.
Music played and people sang
Just for me the church bells rang
Et immédiatement après la cérémonie, son amour partit, sans lui jeter un dernier regard. Il pense avoir vu une larme sur sa joue. Comme il aurait voulu l’effacer ! Et depuis ce jour, en quatre ans, ils ne se sont plus revus. Et parfois, quand sa femme s’absente, comme aujourd’hui, il s’assoit à côté de cette fenêtre, se remémorant son passé qui lui faisait dorénavant mal, pleurant à cause de ça. Il n’a jamais su pourquoi il est parti comme ça, pourquoi il n’a rien dit, pourquoi il ne l’a même pas regardé… Il n’a jamais su pourquoi… Et ne le saura jamais, non plus…
Il n’a seulement pas pris le temps de dire au revoir parce qu’il n,a pas voulu lui mentir et lui faire mal plus que jamais…
Now he's gone
I don't know why
And 'till this day, sometimes I cry
He didn't even say goodbye
Didn’t take the time to lie
Il entendit la porte de son appartement s’ouvrir puis se fermer juste après. C’était probablement Reiko qui revenait du marché. Quelques pas dans l’entrée. Il ne leva même pas les yeux pour voir qui s’amenait, venait lui parler tout bas, à l’oreille.
-Te souviens-tu lorsque nous jouions à bang, bang ?
Il ne pouvait le croire !
-Juka ! Je n’espérais même plus ce jour !
-Je sais…
-Mais tu as l’air si triste…
-… C’est parce que je le suis…
-Quoi ? Qu’est-il arrivé ?
-La question n’est pas… ce qui est arrivé… mais… Qu’arrivera-t-il ?
-Je ne comprends pas, Ju-kun…
-Ne m’aimes-tu pas, Kaya ?
-… Bien sûr que je t’aime ! Pas toi ?
-Je t’aime aussi…
Juka posa ses yeux sur le plancher.
-… Qu’y a-t-il, alors ?
Pas de réponse, l’autre ne fit que mettre sa main dans l’une des poches de son veston.
-Juka ?
Celui-ci vint l’embrasser… si doucement encore. Kaya pu sentir les larmes de l’autres couler sur ses propres joues.
-Je ne comprends pas…
-J’ai un contrat, Kaya… Je suis tellement désolé !
-Un contrat ? Mais…
Il ne finira jamais sa phrase… Il ne parlera plus jamais, il ne lui demandera jamais pourquoi… Il ne saura jamais la réponse… Et quand elle reviendra, Reiko saura qu’elle devra, à l’avenir, parler d’elle comme d’une veuve.
Bang bang
He shot me down
Bang bang
I hit the ground
Bang bang
That awful sound
Bang bang
My baby shot me down
OWARI