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Letenastare
Author of 5 Stories

Rated: T - French - Mystery - Reviews: 3 - Updated: 03-07-07 - Published: 02-08-07 - id:3383397

Bonjour à tous,

Voici ma première "réelle" fic' puisque les seules choses que j'ai posté étaient des poèmes en fait, quoique ce ne soit pas forcément moins facile. J'ai absolument tout inventé, les persos sont les miens, mais disons que je m'inspire du contexte historique et de l'ambiance d'un livre : le journal d'une sorcière de Celia Rees. Voilà pourquoi je classe cette histoire comme fanfiction. Ici, vous n'avez vraiment que l'introduction en quelque sorte, car le "meilleur" reste à venir : c'est uniquement une façon de placer le cadre et de présenter mon héroïne.

Je suis preneuse de toutes les critiques et commentaires constructifs, donc j'attendrai vos avis avec impatience.



LA DESTINEE

La situation est devenue insupportable. Il a fallu réfléchir pour agir rapidement et prendre une décision. J’ai finalement choisi de quitter l’Angleterre. Même chez les nobles, les troubles sont visibles, et on sait que parmi eux, certains ont raison de s’inquiéter. Si l’ancien souverain nous laissait vivre en paix, Cromwell lui en a décidé autrement. Nous sommes traqués à travers tout le pays, arrêtés, et je suis sûre que beaucoup d’innocents meurent à nos côtés sur le bûcher.

Alors il a fallu fuir.

J’ai toujours mené une vie moyenne, mais comme je l’entendais. Certains me trouvaient très aisée, et, s’il est vrai que mon foyer jouissait d’un certain confort, que mes vêtements étaient de bonne qualité, et que je n’avais pas de problème d’argent particulier, j’étais pourtant loin du niveau de vie des nobles et autres aristocrates. Cependant, on pouvait sentir dans mon caractère cette humilité qui évitait de me confondre avec toutes ces hautes personnes méprisantes, et qui me rapprochait de beaucoup. Ou du moins, me valait le respect. Je faisais également preuve d’une discrétion naturelle qui m’était utile pour éviter d’éveiller tout soupçon autour de moi. En réalité, la majeure partie faisait semblant de m’ignorer, jusqu’au jour où l’on avait besoin de moi. Un accord silencieux se nouait alors : je ne révélais rien de ceux qui venaient me voir et feignais de n’avoir eu aucun rapport avec eux, et eux ne me connaissaient pas et ne m’avais jamais approchée. Malgré cette clause « naturelle » qui me protégeait, il semble que j’étais assez reconnue, te que mon nom parvenait toujours aux oreilles de ceux qui en avaient besoin. Mon « savoir », bien que relativement étendu, était solide et sûr, attesté même, par des expériences passées.

Je menais une existence tranquille, rythmée par les devoirs quotidiens (puiser de l’eau en quantité suffisante, ramasser du bois selon les besoins…), les rendez-vous avec ces « anonymes » auxquels je vendais mes « services », et le commerce que j’entretenais, qui me permettait de vivre convenablement. Je suivais simplement le cycle du jour, me levant et me couchant avec le soleil. Ma maison étant située à l’extérieur de la ville, près de la forêt et de la rivière, je mettais un certain temps à rejoindre à pieds ma boutique. L’ouverture ne me prenait que quelques instants. La lumière du matin s’infiltrait par des fenêtres peu larges, tandis que j’installais et disposais fioles et herbes sur les étagères. C’était un petit commerce, loin des grandes bâtisses des médecins, ou des luxueuses boutiques de parfumerie et d’huiles essentielles… Mais je m’occupais soigneusement de mes clients. Je vendais des herbes à qui en désirait, et étant donné le travail requis pour les trouver, les cueillir et en connaître les propriétés, j’étais plutôt bien payée. Aussi, la pièce étriquée qui servait d’arrière boutique me permettait de recevoir les hôtes qui avaient besoin de quelque chose de particulier. Pour la plupart, je les voyais arriver avec un air grave, au mieux, un air gêné, et je comprenais de suite qu’ils voulaient quelque chose de différent. Décoction, « potion », onguent, … et que ce soit pour une vieille mère ou un enfant, ils savaient que je trouvais toujours un remède.

Ma vie était donc calme et plutôt casanière, avec en plus ce côté immuable qui la promettait à demeurer ainsi, même si je me contentais de peu et aimais ce que je faisais. Cependant, avec le changement de régime (régent) les choses ont commencé à changer et le pale « succès » de mon commerce était plus incertain : ma clientèle devint plus éparse, et les comportements se métamorphosèrent. Je voyais bien que les heures de fréquentation n’étaient plus les mêmes et qu’on ne se glissait ici avec des regards inquisiteurs sur la ruelle comme pour s’assurer que personne n’avait remarqué la silhouette qui entrait. Une fois à l’intérieur, on était mal à l’aise, gêné et toujours pressé, si bien qu’on avait parfois des gestes fébriles, sans oublier ses incessants regards inquiets jetés à travers la fenêtre.

Comme j’habitais dans un coin retiré, à l’extérieur de la ville, les rumeurs ne parvenaient pas jusqu’à moi. Toutefois je me doutais qu’il courait dans mon dos des bruits qui pouvaient s’avérer dangereux. Et en effet, les comportements changeants de ma clientèle à mon égard le prouvaient. Si j’avais toujours été solitaire, je m’entendais tout de même bien avec les gens que je rencontrais. Mais dès lors je fus mise à l’écart, voire fuie, et aucun ne voulait être vu en ma compagnie. Se cela me tracassait, ce n’était pas le plus gros de mes soucis. Et peu après, ce furent les premiers pendus sur place publique qui m’alertèrent, et plus le temps passait, plus la situation empirait. On procédait régulièrement à des arrestations, d’ailleurs très souvent sur dénonciations, et tout le monde était conscient que ces gens étaient soumis à la question. Les villageois devenaient suspicieux et chacun, soupçonneux de tous, savait qu’il peut être lui-même suspecté et dénoncé. Etrangement, j’ai été épargnée plus longtemps que les autres, mais j’ai vite senti qu’il me fallait agir rapidement et anticiper la sentence.

Ce qui réagir fut l’acharnement contre cette jeune femme qui, après avoir été torturée et subi des sévices longuement afin de trouver XXXXXXX, avait été menée à la rivière pour une ultime expérience afin de vérifier qu’elle disait bien la vérité (et bien sûr, tout le monde était convaincu qu’elle mentait). Transportée dans une charrette qui d’abord traversa la ville, elle fut donc humiliée : la foule s’était rapidement amassée dans les rues et huait la misérable, lui lançant pierres et insultes, persuadée de sa faute et de sa culpabilité. « Chienne ! », « Fille de Satan ! », « Sorcière ! » Une fois le cortège arrivé près du cours d’eau, on la fit descendre violemment, et on lui lia les mains derrière le dos ainsi que les pieds, avant de lui réexpliquer le verdict (au cas où elle n’aurait pas compris…). De fait, les « sorcières », grâce au pacte qu’elles étaient censées lier avec le Diable, flottaient sur l’eau, et si, liée comme elle était, elle ne coulait pas, tout le monde aurait la preuve de son méfait. Inconscients, ils prirent ses cris et ses supplications pour la peur d’être percée à jour, et ils ne la poussèrent que plus brutalement dans l’eau pour être enfin débarrassés de la tâche. Tous hurlaient de satisfaction et ils mirent un long moment avant de réaliser ce qu’il se passait : la jeune femme coulait. Un grand silence tomba sur l’ensemble des hommes rassemblés, mais personne ne fit le moindre geste, trop tendu, croyant et espérant encore qu’elle allait remonter à la surface. Parmi eux, aucun ne lui vint en aide, et elle se noya ainsi sous leurs yeux. Réalisèrent-ils alors que parmi les hommes qu’ils avaient torturés puis pendus ou brûlés se trouvaient des innocents ? Je ne sais.

J’avais veillé à rester en marge du groupe de peur qu’on ne me repère et m’accuse à mon tour, ainsi que pour pouvoir partir plus vite. Malgré ma position éloignée, j’ai pu croiser le regard de cette jeune femme, et j’ai vu dans ses yeux une grande terreur. Je suis convaincue qu’elle était innocente, et, de peur d’être moi-même remarquée et arrêtée, je n’ai pas bougée. Néanmoins, c’est avec le cœur serré et le souffle court que j’ai assisté à son exécution et ce jour est resté gravé dans ma mémoire. Ecoeurée, je suis rentrée seule, loin de cette masse d’assassins, et j’ai pleuré. C’est à ce moment que j’ai décidé de partir.

Le voyage a été difficile à organiser ; heureusement que d’autres ont agi de même : protestants, sages femmes, herboristes, sont partis sur les routes pour fuir la répression. J’ai d’abord vendu ma boutique, et ce au fils d’une personne haut placée en ville afin de moins attirer l’attention. Avec une partie de l’argent je me suis achetée une large malle ainsi que des sacs plus légers (en prévision de ce qui m’attendais), des vêtements un peu plus résistants, de nouvelles chaussures, et tout ce qui pouvait encore m’être utile sans être trop encombrant. Juste le nécessaire. Ensuite, j’ai fini par céder la maison, non sans regret, et je me suis dirigée vers la côte en calèche.


EDIT : Aïe ! J'avais oublié qu'il manquait une information... donc l'endroit où il y a des XXX sera bientôt modifié. Aussi, j'ai un autre renseignement à vérifier...

Le prochain chapitre est en cours.



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