Help
Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search
: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Misc » Misc. Books » La destinée

Letenastare
Author of 5 Stories

Rated: T - French - Mystery - Reviews: 3 - Updated: 03-07-07 - Published: 02-08-07 - id:3383397

Voici la suit... que j'aurais voulu faire plus longue, mais j'ai manqué de temps. Je me suis déjà mise à écrire ce qui suit encore :)
Donc ça viendra ; et je ferais de mon mieux pour le délai.

J'espère que ça vous plaira


Le seul point positif du voyage était qu'il nous avait permis de tisser des liens entre nous, malgré le fait que nous ne nous connaissions pas du tout, les horizons variés, au-delà de la différence. Certains avaient ainsi réussi à constituerdes clans solidaires, et ceux qui étaient seuls pouvaient se trouver une place en leur sein en cherchant à s'impliquer dans la vie communautaire. Ceux qui désiraient être libres avaient eux aussi la possibilité d'obtenir protection en échange de , je passerai sur les détails de la traversée, dont je n'ai pas vraiment envie de me souvenir. Tout ce que je peux pas dire est que le voyage en bateau avait été plus que désagréable, et parfois terrifiant, sans parler du temps incalculablepassé en mer. Dans ces conditions déplorables, excepté les quelques courageux qui s'occupaient des autres, malades ou personnes âgées, chacun préférait s'isoler pour réfléchir. Mais se retrouver cloîtré dans un endroitsi étroit et être seul face à ses peurs pendant si longtemps est une épreuve très difficile à supporter. Un silence pesant régnait, uniquement troublé par le bruit de l'océan déchaîné, les marins qui s'agitaient, ou les gémissements des malades. Tout ceci explique pourquoi nous étions tous si pressés de quitter cette étendue infinie, et pourquoi nous fûmes hautement soulagés de poser enfin le pied sur la terre ferme à nouveau, ce Nouveau Monde qui nous était promis.

L'ambiance qui se dégageait de cette terre nouvelle était très étrange, différente. Nous arrivâmes par le port de Salem, et la vue sur ce qu'on pourrait appeler la "capitale" était austère, loin de ressembler à celle des cités et des bourgades d'Angleterre. Je ne sais pas à quoi nous nous étions attendu - nous étions seulement attendus à quelque chose ? - mais il semblait que nous étions surpris. Car bien entendu, personne n'accourut vers le portpour nous accueillir, et sans un mot, nous nous dirigeâmes vers les premières structures avoisinantes. Nous allions devoir nous faire à cet endroit, même s'il était loin d'être chaleureux au premier abord.

On dut traîner tous les bagages hors du navire, et je remarquais que certains avaient été très prévoyants : à côté des conventionnels valises et coffres avançaient quelques chevaux, boeufs, chèvres et autres animaux domestiques. Toute cette troupe formaitune marche silencieuse qui se rapprochait petit à petit d'une large bâtisse. Je réalisais alors que nous allions nous retrouver complètement livrés à nous même, et que nous aurions besoin de rester soudés, malgré mes désirs de liberté. Aussi, sans vraiment savoir pourquoi, je ne pouvais m'empêcher d'être mal à l'aise et de me tenir sur mes gardes.

La foule s'immobilisa et quelques uns furent envoyés en avant à la rencontre des individus qui se dirigeaient vers nous. Face à face, ils parlèrent un long moment et quand les nôtres revinrent à nos côtés, tout s'enchaîna rapidement. Les animaux furent menés dans une étable à l'arrière du bâtiment tandis que les hommes, eux, étaient conduits à l'intérieur. On nous expliqua que cette imposante demeureavait été construite pour recevoir les nouveaux arrivants alors que la majorité des hommes qui s'étaient installés ici partaient. C'est donc pour cette raison que la ville semblait abandonnée : elle l'était. Les rares personnes qui y étaient attachées avaient donc décidé de rester, et elles s'occupaient maintenant de maintenir en état les structures mises en place afin de pouvoir accueillir décemment les nouveaux pèlerins.

Dans ce lieuétranger, la chaleur humaine était donc rare et précieuse, et elle fut ainsi plus recherchéeque le confort pour cette première nuit. Ainsi, exténués, nous décidâmes de rester dormir ensemble ici, dans la grande salle, malgré la possibilité qui nous était offerte de nous rendre dans les solides maisons désertées par les anciens colons. Les groupes furent assez rapidement formés, et chacun d'entre eux choisit un coin particulier de la salle, voire quelques chambres à l'étage, en fonction de leur nombre. Comme des bêtes apeurées, nous nous serrions les uns contre les autres, à la recherchede ce contact chaud et rassurant.

Je me rappelle que j'étais très troublée et inquiète ce soir là, si bien que, assaillie par le doute, je ne dormis que très peu. Je mettais à l'épreuve le sens de notre démarche, de notre fuite. Etait-ce la seule solution ? la meilleure ? A bord du navire aussi bien qu'arrivée au port, quand je nous regardais, je ne voyais que des visages hagards, des hommes affaiblis. Qui savait ce que nous allions affronter ? Même ceux d'entre nous qui possédaient la plus grande volonté étaient maintenant cois, et leurs yeux trahissaient leurs incertitudeset leur appréhension. Malgré notre nombre important nous étions seuls ; et tous, quelque part, terrifiés. J'étais également très inquiète, peu rassurée sur notre sort, sur ce qui nous attendait. Je n'aimais pas me retrouver noyée dans cette masse, surtout que j'avais toujours été solitaire. Plus je tentais de me projeter dans l'avenir et plus je m'apercevais que ma liberté serait longue à recouvrir. Pourtant, en y réfléchissant, je me rendais bien compte que cette situation n'était pas prête de changer. Sur ces terres inconnues, j'aurais besoin de la compagnie des hommes pendant un long moment si je voulais survivre. Cependant le sommeil finit par me rattraper au matin, venant interrompre mes réflexions.

Tout le monde avait eu une nuit agitée et le réveil du lendemain fut difficile. Nous nous éveillâmes comme d'un mauvais rêve, un peu surpris, béats, et il nous fallut un moment avant d'émerger de cette apathie et surtout, d'être en état de faire face à ce jour nouveau.



Return to Top