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Lia-Vilore
Author of 10 Stories

Rated: M - French - Horror/Adventure - Reviews: 3 - Published: 02-27-07 - id:3415554
Chapitre 3 – Mercurio et les surfers

Santa Monica, 12 novembre 2010 à 19h

Le taxi m’amena à Santa Monica, dans un taudis au-dessus d’un prêteur sur gages. Ce qui restait de ma nuit je le passai en pleurant entre deux pensées.

Auto apitoiement, inquiétude, horreur. Je ne pouvais pas appeler mes parents, ma maman, ni même ma meilleure amie, et pas plus l’édition pour laquelle j’avais auditionné en début de soirée !

En quelques heures mes chances de carrière s’étaient écrasées comme le premier essai de l’aviation !

Au couché du soleil, dans mon taudis aux murs jaunes, aux vitres aux minuscules carreaux opaques, quand je me réveillai je ne pus que tout mettre sur ma nouvelle identité : Lia Vilorë, vampire Toréador.

Et prête à faire chier le Sabbat et la Camarilla (si elle n’avait pas fait une réunion pour décapiter Joshua !) Jusqu’à la nuit des temps !

Ne jamais tuer d’innocents.

Avoir une pensée pour ceux qui se trouvent dans les tirs croisés.

C’était tout ce que je pouvais me promettre.

Il devait y avoir une différence entre moi et les humains sinon je me voyais déjà m’enfermer à double tour dans cette chambre ! Ca ne voulait pas dire être sans cœur et m’isoler de la société humaine (au contraire, il fallait s’y fondre) mais… Ranger ses principes moraux quand il y a ma vie d’un côté, la Mascarade et des dangers pour l’un et l’autre de l’autre.

Ne pas enfreindre la Mascarade et empêcher qu’un bouseux se prenant pour Superman et ayant lu le dernier magazine du Sabbat le fasse. Sinon comme hier soir j’aurai des humains en guise de menaces à éliminer.

Par contre, je ne comprenais pas pourquoi un vampire avait besoin de l’autorisation d’un autre vampire pour en créer un troisième. C’était un non-sens de tuer le créateur et de se plaindre qu’alors le nouveau-né sans Père allait enfreindre la Mascarade ! Ils le cherchent aussi !

Contrôler la population vampirique ? Bah, même pas ! Si le Sire est intelligent il ne créera pas des imbéciles. Et s’ils sont tous idiots ça se saura très vite et tous les vampires leur tomberont dessus.

Eviter la casse inutile, peut-être. Encore que, si le Sire choisit son Infant, autorisation ou pas on en revient au même.

Bande de tyrans ces types de la Camarilla ! Ils croient avoir l’exclusivité de la raison pendant que le Sabbat se croit devoir détenir l’exclusivité de la connerie !

Une fois des lignes de conduite dégagées du fruit chaotique de mes pensées, je pris un bain en essayant de mettre de côté la senteur de moisie de la riquiqui salle de bains à droite du coin cuisine. Puis je trouvai, dans mes valises qu’on m’avait rapportées, un blue-jean propre et un tee-shirt noir. Je passai mes bottes et passai mon long pull en coton noir fétiche avec capuche.

Habillée je remarquai finalement qu’au pied du lit qui se trouvait, à gauche de la porte d’entrée blanche, un bureau en métal avec un ordinateur portable posé dessus. J’allumai la radio du coin cuisine à droite du lit pour me tenir compagnie et tout de suite la voix suave de l’animatrice remplit mes oreilles.

Je me retournai pour m’approcher du bureau, passant devant la grande télé à antennes à ma droite. Je m’assis sur la chaise. A gauche de l’ordinateur, posé en biais sur le côté droit du bureau, il y avait une note jaune et au-dessus un carton d’invitation qui tenait debout sur ses deux côtés. Je soupirai et pris le carton plié. Sur un côté il y avait ‘Vilorë’ écrit en lettres rouges typé manuscrit médiéval. Je le dépliai et lus une invitation à rendre visite à Maximilian Strauss. Régent Tremere. Avec une énigme pour trouver l’endroit où il habitait dans le centre ville. « Soleil noir ? – Marmonnai-je en fronçant les sourcils, tenant le papier à deux mains – qu’est-ce que c’est que ce charabia ? Moi qui suis nulle aux énigmes, le pauvre va m’attendre longtemps ! » Je lâchai un énorme soupir.

J’étais contente de faire semblant de respirer, même si ce petit luxe demandait au Sang, au réveil, de donner un peu de vie aux poumons et au reste du système respiratoire pour qu’ils puissent se gonfler d’air. Ne pas respirer était étrangement naturel… Je me demandai quelques secondes comment on pouvait parler sans respirer. Je suppose que le Sang au réveil gardait les poumons et le système respiratoire en service pour que l’air ne nous manque pas à la formation des mots. Par contre ils ne servent à rien le reste du temps. Soupirer, crier étaient des moyens d’expressions comme d’autres, en fait.

Quelle chose intéressante ! Je suis un macchabée ambulant par sa capacité à parler et donc à toujours user d’oxygène pour cette simple chose !

Wou-hou !

Secouant la tête pleine de ces pensées existentielles sur la condition du vampire, du mort-vivant, je revis à la baisse l’idéalisation du vampire quand mes pensées se tournèrent vers le sexe qui afficha le panneau ‘nécrophilie’.

Troublée, je croisai les jambes et fixai pensivement l’écran noir à affichage vert. Fixant le clignotement du devant un d’entrée de code. ‘Tain cet ordinateur est seulement sous DOS, je désespère.

Je repensai au Sang. Si le Sang pouvait nous permettre de respirer pour parler et qu’en nous réchauffant il nous donnait une bonne mine. Alors oui, là on peut dire que le Sang est la vie, surtout pour nous ! Le panneau ‘nécrophilie’ s’effaça humblement quand le vampire se dit qu’il a, contrairement aux zombis, tout ce qu’il faut pour faire le vivant tant qu’il a du Sang.

Si je peux faire fonctionner mes poumons, est-ce que ça marche avec le cœur aussi ?

Je fis un petit essai puis pris mon pouls. Faible mais là. Seulement ça m’avait demandé un certain effort et drainée un peu. Aussi je décidai que le jeu n’en valait pas la chandelle. Ou seulement pour berner les mortels assez proches de moi pour surprendre l’absence totale de rythme cardiaque.

Bref, avant qu’un humain soit collé à ma poitrine ou qu’un médecin prenne mon pouls…

J’haussai les épaules et revins sur terre pour aller des yeux de l’ordinateur à la note jaunie. Il y était écrit « bienvenu à Santa Monica » par Mercurio mon contact. Il m’informait aussi qu’il y avait trois poches de sang dans le frigo – je me retournai pour voir le frigo tournant le dos au mur gauche du coin cuisine – ainsi que trois cents dollars dans un des tiroirs du bureau. L’ordinateur était à ma disposition sur le réseau de la Fondation LaCroix et le mot de passe était ‘sunset’.

Tiens, qu’est-ce qu’ils ont foutu de mon sac à main avec tout mon fourbi ? Je revins à ma valise sur le lit et la fouillai jusqu’à trouver, avec un gros soulagement, mon sac à main en cuir bleu qui contenait toutes mes affaires. L’essentiel : mon porte-monnaie & portefeuille qui abritait ma carte d’identité, ma carte bancaire, ect, ect. Ah, sauf le passeport, « les salauds ! » Hurlai-je en frappant mes cuisses. Bon, fallait s’y attendre. Je gonflai les joues et soupirai bruyamment en mettant mon portefeuille dans le petit sac en toile pendu à ma ceinture sur ma hanche droite. Rangeant mon sac à main dans la valise que je bouclai.

J’en revins au bureau et ouvris le premier tiroir à ma gauche, trouvant un portefeuille en cuir noir contenant les trois cents dollars. Je le fourrai dans mon petit sac puis en revins à l’ordinateur pour écrire le code. J’accédai à ma boîte mail. Mon regard se fixa sur le nom du Prince. Je me rappelai ce grand blond français tiré à quatre épingles, autoritaire comme un militaire et, fallait le reconnaître, imposant. Je me demandai si c’était sage de songer à filer des pattes du Prince de la ville d’une secte vampirique, voire si c’était réaliste.

Mon esprit observa une minute de silence interdit.

« Je suis dans une merde… » Murmurai-je, la tête dans les mains, coudes sur la table. Je ne remercierai jamais assez Jack pour son enseignement ! J’en allais en avoir besoin !

Je soupirai de désespoir puis lus mes emails. Les deux premiers étaient de Mercurio m’accueillant encore à Santa Monica, puis m’informant que je devais le trouver aux appartements sur Main Street, ça tombe bien, j’y suis. C’était en bas de la rue. Le seul mail intéressant ensuite était un Spam d’un dénommé Filpatrick. Avec son ordinateur de recherches de fugitifs avec leur caution. Ou des maris qui se sont tirés avec la pension.

Intéressant, un chasseur de primes à Santa Monica. Ca pouvait toujours servir j’ai l’impression.

Enfin, je pris mon démonte-pneu et le cachai sous mon pull à ma ceinture sur ma hanche et sortis capuche sur la tête.

Je devais me concentrer sur la mission du Prince LaCroix, satisfaire monsieur jusqu’à ce qu’il me lâche la grappe pour que je puisse filer au Last Round. J’avais l’idée que Jack et monsieur Rodriguez, ne faisant partie ni de l’Ecole de Raison ni de sa rivale, devaient être les plus équilibrés. Et ils me font moins peur que les deux autres !

Je me retrouvai dans le couloir chichement éclairé par une unique lampe de plafond en phase terminale. Ce pauvre couloir avec ses murs à la tapisserie rouge et blanche décollée par endroits. Une plante verte en pot assez grande se trouvait à ma gauche, le parquet sous mes pieds glissait. J’avançai dans le couloir et sur le palier de mon voisin je vis le journal de L.A.

Baissant les yeux dessus, je crevai presque d’envie de jeter un œil dedans. Je regardai d’abord autour de moi puis m’accroupis pour déplier le journal.

En première page, « carnaval sanglant » avec la belle photo noire et blanc d’un homme en jean dont il manquait un énorme bout de thorax, pendu par les mains à un réverbère. « Yiii, » glapis-je avec une certaine envie de vomir. Je tournai la tête à côté de moi et pris une grande respiration. Mon imagination galopante tentait avec talent de me faire gerber sur la photo de ce pauvre homme. Je dus reprendre une autre grande respiration. Mon sadisme s’arrêtant aux frontières de mon imagination, j’insupportai de voir des chairs ouvertes aux quatre vents, putain je vais vomir. Troisième inspiration.

J’ouvris un œil tourné vers la photo puis bifurquai en urgence sur le texte. Mince, c’était à Santa Monica sur la plage, le Piers. « Je crois que ce serait bien pour tout le monde si quelqu’un allait voir, » murmurai-je. J’avais le mot ‘vampire’ écrit en gros, en gras, en italique et souligné dans l’esprit. Sans aucun doute parce que sous le coup de la nouveauté je ramenais tous les trucs hyper dégueulasses sur le dos des vampires.

J’en revins plus froidement à la photo. Si c’était un humain qui avait fait ça il était soit très costaud pour faire monter à la corde un type sur un réverbère soit il était avec des amis. En tout cas le type devait être mort avant de se retrouver suspendu par un mètre au-dessus du sol. Je me demandai ensuite ce qui, nom de Dieu, autre qu’un heu, enfin ce que je pouvais imaginer de ce qu’on peut faire avec sa main, pouvait ouvrir le torse d’un homme comme ça jusqu’à ce qu’on voit ses côtes dépasser !

j’me sens mal. J’me sens d’autant plus mal que je me dis qu’il faudra que j’aille voir de près. Le masochisme va au-delà des frontières de mon imagination, j’en ai bien peur. Je me dis que je pourrais faire un tour chez cet Arthur Filpatrick, peut-être qu’il savait des choses là-dessus.

Je repliai le journal et le reposai sur son palier, traversai le reste du couloir et descendis cet escalier sans rampe je déteste toujours autant les architectes indélicats.

Je rajustai ma capuche sur ma tête et tournai la poignée nacrée de la porte en chêne, ouvrant la porte sur la nuit

En face de moi, un visage moribond et nauséeux même à l’odeur. « Ah ! OO » Soufflai-je, prise par surprise et sautant d’un pas en arrière.

La chose emmitouflée dans ce qui semblait être un lourd amas de vêtements orangés avec une écharpe rouge autour du cou, me parla dans un anglais difficile : « z’auriez pas une p’tite pièce mam’zelle ?

J’ai froid, mais plus jamais de clochard pour me réchauffer, je fouillai dans le minuscule sac en toile. J’en tirai le portefeuille en cuir noir que j’avais trouvé et donnai trois dollars au SDF. Il me remercia et s’éloigna de ma porte.

Je la refermai derrière moi et me retrouvai dans la petite ruelle donnant sur Main Street à ma gauche. J’inspirai profondément l’air nocturne chargé du parfum marin puis marchai dans la ruelle.

Sur la grande rue, je tournai la tête vers une odeur de sang qui venait titiller mes narines, me rappelant que je me pelais de froid. A plusieurs mètres à droite, sous la lumière jaune d’un réverbère, titubait un type en bleu qui finit par se traîner sur les marches d’un bâtiment. La rue était assez vide, les rares passants ne prêtaient pas attention au gars en train de crever sur son perron.

J’hésitai à aller l’aider sachant que la Soif pouvait me faire aggraver son cas mais ma bonne conscience stimulée par l’odeur de sang m’attira vers le bâtiment. Je montai les marches du perron souillé de sang et levai les yeux sur les doubles portes elles aussi salopées d’hémoglobine. Je posai la main sur la poignée de celle de droite et tournai. Ca n’était pas fermé, j’ouvris la porte et entrai.

Un beau couloir de marbre blanc très éclairé par des lampes halogènes au plafond. Mais beau marbre blanc décoré d’un beau filet de sang dans lequel on distinguait des traces de chaussures. Le sang allait jusqu’au fond du couloir, la dernière porte à droite. Je marchai en sentant que malgré la Soif, j’étais toujours calme.

J’ouvris lentement la porte noire sur une grande pièce avec un sol toujours de marbre. Je vis sur le canapé beige un type brun aux cheveux courts bouclés qui pissait le sang à partir de la côte gauche. Il portait un pantalon et une veste bleue sur une chemise ouverte. Ca faisait style gangster, surtout avec les breloques qui pendaient à son cou, la chaîne dorée et les bracelets de même gabarit à ses poignets.

Mais pour le moment, il gémissait comme un mourrant, affolant d’ailleurs qu’avec une telle blessure il soit encore vivant. Mais ça n’était pas un vampire, ni n’était parfaitement humain. A l’odeur de son sang c’était un mélange des deux, space.

Je m’approchai prudemment, à un pas de distance, je me penchai vers lui. « Allô ? Vous êtes Mercurio ? Vous voulez que je vous aide ? Vous perdez beaucoup de sang ! – Dis-je à haute voix, me forçant à parler fort.

Le type gémit comme un damné en ouvrant la bouche puis tourna la tête vers moi, il était mal rasé et avait des yeux bleus rehaussés par de beaux beurres noirs autour – hein, quoi ? Merde, on peut pas souffrir en paix ! Vous êtes la nouvelle envoyée par LaCroix, c’est ça ?

-Heu, ouais, c’est ça – hésitai-je, surprise, comment il peut encore aligner autant de mots ?

-Merde ! Ces bâtards m’ont massacré ! C’est ma côte qui dépasse là ? Merde !! Regardez à ma place si c’est ma côte que je vois, j’peux pas ! » Exigea t-il en gesticulant pour essayer de voir.

Je regardai, c’était une extrémité d’oreiller blanc. Mais comme ce type travaillant pour LaCroix commençait à me sortir par les oreilles aux vues de la superficialité de sa blessure (bah, il saigne presque plus.) Je pris un air horrifié et fis « oh, oui, mon Dieu c’est votre côte !

-Ha, ah, très drôle, je suis en train de perdre mon sang sur ce canapé et vous faites le guignol ! J’ai rien demandé moi ! – Se lamenta t-il avec un regard mauvais.

« Vous n’allez pas si mal si vous vous plaignez, » pensai-je – et si vous me disiez ce que je peux faire pour soulager votre souffrance ? « Je peux vous achever aussi ; »

-De la morphine, trouvez moi de la morphine et je pourrai me refaire une santé en attendant qu’on me donne du Sang !

-Du sang ? – Répétai-je, intriguée.

-Ouais, une fois par moi on me donne du sang de vampire. J’ai la santé, un peu de force, de vitesse et je vis plus longtemps ! Comme vous me voyez là j’ai plus de soixante ans – c’est vrai qu’il en paraissez la moitié moins – vous voyez ?

-Ah, ouais ! Bon ok, je vais vous cherchez de la morphine – après tout, il a pas de bol – et pourquoi vous vous retrouvez dans cet état, au fait ?

Il soupira et toussa, se détendant pour essayer de s’allonger plus confortablement – je devais faire un échange avec une bande de voyous sur la plage… Dégoter de l’Astrolite pour… l’entrepôt du Sabbat, votre mission… C’est d’faire sauter cet entrepôt. Merde ! Si LaCroix apprend que j’ai tout foiré, je suis un homme mort !

J’haussai un sourcil, croisant les bras, franchement il a une purée de déveine ! – Pas de chance ! Qu’est-ce qui s’est passé avec ces types ?

-Ils… Ils m’ont doublé, piqué mon fric et tabassé en me laissant pour mort ! Je me suis traîné jusqu’ici en tenant mes tripes d’un bras ! Vous devez aller là-bas et arranger le coup, moi j’ai tout foiré !

-Alors en passant, si je pouvais – commençai-je en la sentant venir de loin…

-Ouais, si vous pouviez aller les voir, ils ont une cabane sur la plage, récupérer mon fric et leur casser la gueule de ma part ! Ce serait cool, et mon bide ça reste entre vous et moi, ok ? Si vous faites ça j’pourrais vous rendre service !

Cool ! – Pas de problème. Je vais commencer par vous trouver de la morphine.

Il soupira – passez chez le docteur Malcolm, d’après c’que je sais, il y en a toujours qui traîne sur son bureau… » Et il s’endormit.

Je le regardai un moment puis me grattai la tête en regardant la porte. « Trouver de la morphine, j’en ai des super bonnes moi ! Ben j’espère que ce docteur n’est pas là ! »

Merde, tiens.

Je sortis du bâtiment en soupirant. Dehors, sur la rue d’en face à ma gauche : l’hôpital. Je souris légèrement.

Quand j’entendis quelqu’un tousser à ma gauche. Un type en noir, un costume deux pièces vu de dos, était presque adossé au mur. Il tournait la tête régulièrement, comme s’il cherchait quelque chose.

Je reniflai, le sang de Mercurio remplit mes narines. C’est vrai, j’ai froid et j’ai soif. Je m’approchai de lui, tirant un miroir de poche de mon petit sac pour voir que j’avais une très, très mauvaise mine.

Mais on était en publique, je voyais un policier patrouiller dans la rue. Je le contournai donc et l’accostai, pas sûre de ce que je faisais. « Heu, monsieur, vous avez perdu quelque chose ? – demandai-je en le tirant par la manche.

Il se tourna vers moi, surpris, et fit des yeux ronds en reculant le buste. Mince c’est mal barré – heu, qui êtes vous ?

Je lui souris, vraiment je ne voulais pas lui faire peur, ça me ferait mal d’être rejetée parce que j’ai un teint de mort – personne, je pensais que vous aviez perdu quelque chose. Je peux peut-être vous aider ? – répondis-je, aimablement.

Il se détendit visiblement et se tint droit mais tranquille devant moi – et bien j’ai perdu mes clefs de voiture… Et…

-Vos clefs ? – le pauvre… Moi j’ai une idée – c’est par ici que vous les avez perdues.

-Oui, et il fait si sombre que je ne les vois pas ! – Me répondit-il, l’air ennuyé.

Je lui souris pour le rassurer – j’ai une bonne vue, venez, je vais vous aider à les chercher.

Je lui saisis la manchette et évidemment ma peau frôla la sienne, alors quand il me fit des yeux ronds avec un sourire séducteur, je ne compris pas – dans cette ruelle ?

Je jetai un œil vers la ruelle sombre et étroite du bâtiment du prêteur sur gages. Baissai les yeux sur ma main, les relevai sur son visage et tentai d’imiter son sourire suave – oui, cette sombre et étroite petite ruelle… »

C’est pas de ma faute si le double sens fit mouche, vraiment, j’aurais soit parié qu’il fût choqué, soit qu’il ne comprît pas mais pas qu’il sourît un peu plus ! Et puis ça me fit rire. Mince, je drague maintenant ! « Allons-y alors, je vous suis ! » Susurra t-il, bientôt je sentis sa main sur mes fesses.

Le monde est glauque, ce type est un inconnu prêt à jouer en position verticale avec une inconnue dans une ruelle crade ! Je me cambrai légèrement pour échapper à la main sur mon arrière-train réservé au prince charmant (non, mais sans blague, j’ai beau être devenue un vampire, j’ai encore un idéal relationnel et mes fesses sont réservées !)

Je le tractai donc jusqu’à la ruelle, jusqu’au fond de la ruelle. Mais seulement, au fond de ladite ruelle, c’est moi qui me retrouvai collée à la palissade en bois ! Le type pressa sa bouche sur la mienne, trop abasourdie pour la garder fermée, et sa langue fit un état des lieux à l’intérieur.

Va falloir qu’on m’explique comment du jour au lendemain j’arrive à séduire un homme moi ! Va vraiment falloir que j’en apprenne plus sur les vampires Toréador. Si peut-être c’est un pouvoir spécifique ? Ou si les vampires sont divisés en d’autres familles pour le fun ?

Le type devenait vraiment trop entreprenant, mais puisque je l’avais sous la main… J’attendais de prendre la température. Il me souleva par les fesses. Ola, il est très chaud le costume cravate là ! J’en profitai qu’il m’ait fait grimper lui-même pour nouer mes jambes autour de ses hanches. Je l’obligeai ensuite à décoller ses lèvres des miennes en lui saisissant le visage par les joues. Je baissai la tête vers sa gorge, embrassant sa joue gauche le long du trajet, puis plantai mes crocs dans sa gorge.

Je le maintins fermement entre mes jambes le temps de me nourrir. Son sang était sain mais un peu gras, et sa peau n’était pas franchement parfumée. Je fis attention à son rythme cardiaque et le relâchai après quelques secondes à écouter ses gémissements.

Quand je me pendis à son cou en laissant retomber mes jambes il affichait un sourire béat. Je me mis sur la pointe des pieds pour lécher la plaie qui se referma. Puis quand je le contournai mon pied fit tinter quelque chose par terre. Je baissai les yeux pour voir un petit trousseau de clef avec une télécommande pour voiture. Je souris et me baissai pour ramasser les clefs que je glissai dans sa poche. « Ben, t’as de la chance ! » Murmurai-je avant de quitter la ruelle.

Il se mit à pleuvoir des cordes. Je rajustai ma capuche en me battant avec mes cheveux longs pour les garder sous la capuche. Je traversai en trottant pour arriver sur la rue de l’hôpital de Santa Monica.

J’allais passer la double porte sous le portique soutenu par des colonnes quand j’entendis un très, très bruyant : « HEY MA JOLIE ! » Sur le ton quasi hystérique et aigu d’un type insupportable à la voix de crécelle. Juste derrière moi !

Je me retournai en hurlant (ou presque) pour tomber nez à nez avec un homme d’à peu près mon âge, aux courts cheveux châtains, aux yeux jaunes (hiii ?) Au visage rond, encore plus qu’il avait les cheveux courts, aux lèvres fines me servant le sourire le plus niais of the world… Il portait un blue-jean, un tee-shirt blanc et une veste en jean avec un smiley jaune aux dents longues du côté du cœur.

Je le considérai de bas en haut, achevée par son sourire. « Qui tu es ? – Marmonnai-je, j’aime pas trop qu’on m’aborde comme ça.

-Hey ! N’aie pas peur la grande ! Je suis au courant pour tout ! T’es un vampire, pas vrai ! Mince, je l’ai su dès que je t’ai vue ! C’est trop cool ça, mec ! Tu peux me faire confiance ! J’m’appelle Knox ! Knox Harrington ! Et toi, c’est quoi ton – crochet avec les doigts, mon Dieu – nom ?

Putain, mais il a qu’à crier plus fort que je suis un vampire, ce naze ! J’suis pas sûre qu’à l’autre bout de la rue ils l’aient entendu ! – mon petit – crochet avec les doigts – nom c’est : Casstoa !

-Ah ouais ! – Cria t-il, je grimaçai – sans blague ! Ca c’est original !

Oh… Mon… Dieu – écoute, Knox, je suis occupée là, qu’est-ce que tu veux ?

Il fit la bouche en cul de poule et leva les mains. Son ton vira à l’extatique sous colle forte avec un soupçon de menace – oh ! Cool mon pote ! Je sais que t’es un gros méchant vampire mais c’est pas la peine de le prendre sur ce ton, ok ?! Je sais que t’es nouvelle dans cette ville et c’est pas comme ça qu’tu vas gagner des amis ! J’suis venu gentiment t’accueillir moi !

-Ok, ok ! – répondis-je précipitamment en fouettant l’air des mains – excuse moi, Knox ! – Je le hais. Il m’a fait m’excuser en m’agitant le billet de l’exclusion sociale et des emmerdes alors que je ne suis pas désolée – la nuit dernière a été très dure. Tu m’as surprise ! On recommence tout : je m’appelle Aurélia… Vilorë.

Il me regarda de haut en haussant un sourcil d’un air méfiant – ouais… Moi c’est Knox ! – Et hop, il était reparti – ah mince ! T’es le deuxième vampire que je rencontre ! Tu es Toréador, pas vrai ?! Ouais, t’es assez mignonne pour attirer le clan de la beauté ! »

Alors LA ! (O Ô)

0

« Hein ? Le clan de la beauté ? Attends, c’est un gag ? – Arrivai-je à dire au bout d’un moment de court-circuitage général.

Knox se tenait encore les côtes de rire – hey, mon pote ! On t’a rien dit sur les clans des vampires ?!

-Nan, on ne me dit jamais rien à moi ! Arrête de te marrer – grognai-je en le fixant.

-Pas la peine de jouer à ça avec moi, mon pote ! – M’informa t-il, je compris pas, en se redressant – je suis protégé de tes pouvoirs par le sang de mon maître ! – Fit-il fièrement.

-Ton maître ? – Non, je ne tiens pas du tout une conversation sur les vampires avec un type totalement ouf en pleine rue. Les passants semblaient nous contourner.

-Je suis c’qu’on appelle une goule, ouais ! Une fois par mois mon maître me trouve et me donne son sang ! C’est trop cool ! J’ai plus de force, plus de résistance, plus de vitesse !

J’vais le tuer s’il n’arrête pas le chapitre ‘zigoto allumé’ – et qui c’est, ton maître ? – Demandai-je en soupirant.

Il se renfrogna – je peux pas te le dire, mince ! J’en crève d’envie mais j’ai pas le droit !

-Ben dis le, personne le saura – l’incitai-je en souriant d’amusement. Allez crache !

-Ah, nan je suis désolé ! Il saura que je te l’ai dit et j’me ferai engueuler ! – Il frissonna – ben, ravi de t’avoir rencontrée ! A la prochaine !

Et pouf, il me foutu enfin la paix et s’en alla.

Je le suivis des yeux jusqu’à ce qu’il tourne au coin de l’hôpital puis roulai des yeux en soupirant. J’en revins à mon hosto d’ailleurs et passai la porte.

Mais j’enregistrai que Mercurio et Knox étaient des ‘goules’ et des serviteurs de vampires.

J’entrai dans le minuscule hall d’entrée de l’hôpital. Tout blanc de haut en bas et de droite à gauche. A gauche d’ailleurs il y avait un ascenseur avec une porte démontée à laquelle on interdisait l’accès avec les bandes jaunes. En face il y avait le comptoir d’accueil avec une jeune femme blonde à l’air pas aimable, en tenue rose à rayures blanches.

Autour de moi, quatre, cinq personnes. Dont un groupe de jeunes pas franchement engageants.

J’allai parler à la dame de l’accueil, coude sur le comptoir « excusez-moi, mademoiselle je heu – vite ! Une idée ! Je remarquai d’un coup d’œil rapide que sur le planning sur son bureau sous mes yeux se trouvait marqué ‘électricité’ – je viens pour l’électricité de l’immeuble – je mens TT

Elle me regarda d’un air suspicieux – vraiment ? On m’a pas avertie de votre venue – me répliqua t-elle d’un ton nasillard.

Prise de court, j’imitai la v.f de Buffy et Buffy elle-même quand elle mentait. Je clignai des yeux avant d’ouvrir la bouche – c’est Todd ! – Je me détendis – il n’a aucune mémoire ! C’est un stagiaire vous comprenez, c’est toujours la même histoire avec ceux là ! Ils vous appellent de la part du patron mais ils oublient d’appeler les clients ! – Rires et air contrit servi avec un sourire genre ‘pitié croyez moi’.

La bonne femme sourit en coin – ouais, je vois ! Ben vous pouvez y aller. Passez par l’escalier de secours au fond du couloir à droite.

Je lui souris du soulagement de l’employée qui allait pouvoir faire son boulot, sincère en plus – merci ! Le patron va encore passer un savon à Todd ! En espérant qu’on change de stagiaire ! »

Elle rit, je contournai le comptoir par la droite pour suivre le couloir.

A la seconde porte à ma gauche, j’entendis tousser. Et je sentis une forte odeur de sang.

Curieuse, j’ouvris la porte. Une jeune femme aux mi-longs cheveux lisses rouges, à grosses lunettes, en blue-jean et débardeur jaune, était étendue sur une table d’auscultation. Elle avait du sang partout sur elle, à première vue on l’avait soit battue soit c’était un accident de la route.

Elle toussait comme une tuberculeuse quand je m’approchai. Les poumons pouvaient avoir été touchés.

Je me penchai vers elle. Elle semblait jolie et trop jeune pour mourir.

Je repensai à ce que j’avais appris sur les goules. Mercurio pensait guérir ses blessures avec le sang de son maître. Peut-être qu’en donnant un peu du mien à cette fille je pourrais lui éviter de mourir ?

Ca n’était pas dans cet hôpital de gouttière, seule dans une pièce en train de crever, qu’elle allait avoir la vie sauve !

Je m’assis au bord de la table et passai une main sur sa joue. Elle était fiévreuse ! Mince, y’a personne pour s’occuper d’elle dans cet hôpital à la con ?! « Ne t’inquiète pas, je vais te tirer de là, » murmurai-je. Je regardai mon poignet droit remontant ma manche noire jusqu’au coude.

Je dégotai mon outil de crochetage et sortis l’espèce de petit couteau.

Je le fixai. Ca me rappelait les épisodes des ciseaux à ongles. C’était plutôt bénin.

Qui m’avait dit de ne plus faire l’idiote avec un ciseau la première fois ?

Lui. Je crois.

Son image donna un uppercut à mon esprit, je sentis les larmes me monter aux yeux alors qu’une colère sourde montait en moi ! Quelle ironie que celui qui m’avait fait promettre de ne plus faire ça devienne la source de ma motivation pour recommencer quelques années plus tard !

J’ai toujours la cicatrice de la seconde fois. Un minuscule point blanc dans mon bras gauche vers le poignet, au-dessus d’une autre, une estafilade dont j’ai oublié l’origine.

J’appuyai la lame du canif sur ma cicatrice en reniflant. Les yeux rivés sur mon bras. J’appuyai vite et fort.

Ouh, putain ça fait mal ! Je fis ensuite une estafilade, mon sang était épais et noir.

J’approchai mon bras des jolies lèvres pâles de la demoiselle en détresse, me concentrant sur elle. Mon sang noir s’écrasa sur ses lèvres qu’elle lécha automatiquement. Gémissant et entrouvrant légèrement les yeux avant de les refermer. Je laissai mon sang couler et tout de suite elle garda la bouche ouverte. Je pressai ma chair contre sa bouche et immédiatement sa langue la fouilla pour agrandir la plaie et faire couler le sang.

Une piquante douleur comme une brûlure me monta dans le corps. S’accompagnant d’une sensation de plaisir intense. Je fermai les yeux, entrouvrant les lèvres en frissonnant, tandis que la fille tenait fermement mon bras contre sa bouche de ses mains.

La sensation s’estompa, je tirai mon bras vers moi d’un geste brusque, la fille geint et poussa un cri de protestation. Puis elle se rallongea en gémissant comme après un long sommeil et reprenant son souffle.

J’observai ses blessures se refermer à vue d’œil et tirai ma manche sur mon bras après avoir léché la plaie qui guérit. Caressant ensuite les joues et le front de la jeune femme de l’autre main.

Elle soupira d’aise puis se réveilla en papillonnant des yeux. Déglutissant, elle se redressa sur un coude. « Qui… Êtes-vous ? – Souffla t-elle en croassant d’une voix un peu absente – qu’est-ce que… Qu’est-ce que vous m’avez fait ?

-Je suis médecin, je vous ai sauvé la vie – mentis-je à moitié en lui souriant. Ayant rangé rapidement mon outil dans mon sac.

-Médecin ? Vous… Vous n’avez pas l’air… D’un médecin… J’ai un goût étrange dans la bouche, qu’est-ce que vous m’avez fait ?

-C’est l’antibiotique, je vous ai soigné, mademoiselle – insistai-je plus fermement en lissant son front pour l’apaiser – tout ira bien maintenant. Reposez-vous, vous êtes sauve ! »

Elle soupira, hocha la tête et s’assoupit lentement sur le ventre.

Je soupirai à mon tour, légèrement tremblante du choc et c’était passé très près aussi !

Je sortis de la pièce, traversai le reste du couloir et pris à droite. Mais pas pour prendre l’escalier de secours.

Je continuai de longer le mur et tournai à gauche, au fond je vis sur une porte une plaque marquée « ». Je tournai la poignée dorée de la porte.

Fermée.

« Merde ! Merde ! Merde ! » Grommelai-je.

Un œil à gauche… Personne ! Pas de caméras non plus, parfait ! Je m’accroupis, sortis mon jouet et me mis à l’œuvre sans l’aide du Sang pour voir si je pouvais y arriver seule.

Je m’acharnai durant quelques minutes sur cette maudite serrure. L’outil glissait des dents, n’était pas bien placé, je n’arrivais pas à tourner correctement, mon poignet avait du mal. Ma main faisait à côté de ce que mon cerveau voulait ! Jusqu’à prendre une grande inspiration, fermer les yeux, me concentrer sur mes doigts uniquement et y arriver dans un ‘clic’ de victoire avec un peu de patience !

Je tournai la poignée de porte et celle-ci s’ouvrit sans rechigner cette fois. Me relevant je vis sur la table du bureau, avec l’écran d’ordinateur à gauche, des petits flacons blancs.

Je m’approchai après avoir fermé la porte derrière moi, je pris un des flacons et y lut le mot magique ‘morphine’.

Me demandant si le docteur Malcolm se faisait des injections privées ou autre chose, je mis le flacon dans mon sac et m’en fus en saluant la femme de l’accueil au passage.

Je revins chez Mercurio. Il fut très content de sa morphine et m’en remercia. Puis je m’en allai à la chasse au plagiste vendeur d’Astrolite.

J’allai au bout de la rue pour passer par le parking couvert et suivre les panneaux jusqu’à une galerie pavée menant à la plage. Cependant j’entendis des policiers parler de l’autre côté du cadavre du Piers. Devant moi il y avait un grillage en lourde ferraille ouvragée et je ne pouvais que voir des voitures aux gyrophares clignotant. Au loin on voyait l’arche du Piers de Santa Monica, tout clinquant de ses néons sur le panneau. Et la plage. J’écoutai les policiers.

Le cadavre était toujours là, il n’avait pas bougé, ils se demandaient ce qui avait bien pu faire ça car le défunt avait la moitié du thorax ouvert à coup de dents. Ca n’était pas la première victime, il y en avait eu un avant.

Zarb. Vampire ou fou furieux ?

Je délaissai la conversation des policiers et pris les escaliers de la galerie. Une fois des escaliers descendus, je traversai la galerie peu à peu aux pavés couverts de sable fin.

A l’air libre, la plage, une minuscule partie de plage, une cuvette en vérité, de Santa Monica s’ouvrait à moi. A ma gauche, une structure en bois menant au Piers de Santa Monica. A ma droite, un groupe de morts-vivants à l’odeur, au loin, autour d’une radio et un tout petit feu de camp. Ils étaient quatre. Dont l’unique fille qui courait vers moi, je me méfiai et me mis en garde. Une main glissée sur ma hanche, sous mon pull.

La jeune femme était hispanique, elle avait un accent, des cheveux et des yeux noirs. Ses cheveux lisses mi-longs lui tombaient sur les épaules, entourant son visage long. Elle me dit en pointant à droite vers les falaises : « là-haut, montez ces escaliers.

J’écarquillai les yeux. Elle est devin ou de quoi elle parle ? – Heu, merci, » fis-je avant de filer dans la direction indiquée.

Contre les falaises il y avait un escalier en Z tout en ferraille. J’ouvris la grille et grimpai les escaliers.


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