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Trucydae
Author of 35 Stories

Rated: M - French - General/Drama - Reviews: 27 - Updated: 05-12-08 - Published: 03-10-07 - id:3434374

Et si… ?

Chapitre 1

Il avait l’habitude, une fois son dîné terminé, d’aller s’enfermer dans sa chambre. Ce soir n’allait pas faire exception aux autres et encore personne ne s’en plaindrait, surtout pas sa mère qui semblait, encore une fois, fort impatiente de regagner ses quartier, comme si elle y avait fait attendre quelqu’un d’important. Son père, lui, après son verre habituel de son digestif favori, irait dans son bureau pour y fumer un cigare. Et sa sœur dans tout ça ? Elle n’était tout simplement pas rentrée depuis plusieurs jours, chose qu’elle faisait régulièrement, d’ailleurs. Une fois que tout le monde aurait quitté la table, deux servantes s’occuperaient de la défaire et de laver la vaisselle avant de la ranger.

Tatsuhi avançait dans l’interminable corridor du manoir familial, passant tout droit la porte des appartements de sa mère, y entendant des bruits suspicieux. Il savait qu’elle avait eu divers amants, mais celui qu’elle entretenait depuis quelques temps, contrairement aux autres, il l’avait souvent vu. C’était un jeune homme châtain, visiblement plus grand et plus âgé que lui, à l’air un peu arrogant, presque hautain, parfois, lorsqu’il passait près de lui. Le jeune brun s’était même déjà surpris à penser qu’un homme aussi beau que lui ayant une telle personnalité n’était qu’un pur gâchis, mais lorsque ça lui arrivait, il se rappelait à l’ordre en se souvenant que ce même individu couchait avec sa mère. Il passa donc son chemin et se rendit à sa chambre. Le congé des fêtes venait tout juste de débuter, mais il se dit qu’il pourrait bien s’avancer un peu dans ses travaux pour en être débarrassé pour le reste des vacances. Après environ une heure de devoirs, il alla, comme il le faisait souvent, à la cuisine pour se préparer une thé. Ceci fait, il retourna à sa chambre sans trop regarder où il allait, ni tenir vraiment compte de l’autre qui sortait de celle de sa mère et qui ne regardait pas non plus où il mettait les pieds, trop occupé à pianoter un message texte sur son portable. La collision fut inévitable, le téléphone comme la tasse, donc le thé aussi, et les deux jeunes hommes se retrouvèrent sur le sol, presque ébouillantés par le liquide brûlant s'étant renversé sur eux, qui retrouvaient étendu l'un sur l'autre, Tatsuhi coincé en dessous de l'autre dont il ignorait toujours le nom. Il semblait que le temps s'était figé alors qu'ils se regardaient dans les yeux, oubliant de parler pour se fondre en excuses et de se relever. Lentement, très lentement cet inconnu qu'il avait vu tant de fois dans ce couloir approcha son visage du sien et vint délicatement effleurer ses lèvres des siennes. À peine furent-elles entrées en contact qu'elle furent séparées, mais celles du châtain remontèrent vers l'oreille du plus jeune et il lui murmura deux petits mots.

-Gomen nasai...

Il se releva et, vu que le jeune brun ne réagissait guère, souriant, il lui tendit une main que Tatsuhi saisit pour se remettre sur pied, lui aussi, incapable de détourner son regard des yeux de celui dont il n'avait toujours pas la moindre idée du prénom.

-Tu ferais mieux d'aller te changer avant que quelqu'un ne te voit comme ça.

-...

-Ne t'inquiète pas pour la moquette, les bonnes sont là pour ça, non ?

-... Hai... répondit de façon presque inaudible le plus petit.

-Je dois partir, il serait fâcheux qu'on me voit ici, avec toi...

Il amorça son départ, mais le benjamin reprit la parole.

-Mais vous êtes tout trempé...

-Oh... C'est pas grave, tu sais...

-Vous allez attraper froid, à l'extérieur... Venez, je vais vous prêter des vêtements !

-Je doute que nous fassions la même taille, Tatsuhi...

-... Vous connaissez mon nom ?

-... Écoute, je suis vraiment désolé pour ce qui vient de se passer, mais il faut vraiment que je parte... fit-il, mal à l'aise en faisant quelques pas vers le hall d'entrée, tournant le dos à Tatsuhi.

-... Pourquoi vous m'avez embrassé ?

Le châtain se figea au milieu du couloir et tourna la tête pour n'apercevoir le brun que de coin de l'œil.

-Oublie ça, il ne s'est rien passé...

Et il partit sans que le cadet n'ait eu le temps d'ajouter quoi que ce soit d'autre. Celui-ci resta un moment cloué là, sans comprendre ce qui venait d'arriver, jusqu'à ce que sa sœur daigner enfin revenir de son escapade.

-Qu'est-ce que tu fous planté là, l'frangin ? T'as l'air bête, t'sais ! dit-elle, l'air moqueur.

-Pas plus que toi avec ta jupe qui aurait bien pu te servir de ceinture ! lui renvoya-t-il avant de retourner dans sa chambre pour se changer.

Et en ce faisant, il pensa à quelque chose : l'autre avait-il repris son téléphone portable avant de partir ? Il finit d'enfiler son chandail propre, sortit la tête par l'entrebâillement de la porte et scruta le plancher pour finalement l'apercevoir sous le petit meuble soutenant une plante verte de l'autre côté du couloir qu'il traversa rapidement pour aller ramasser le petit appareil, puis revenir à sa chambre sans qu'on l'ait vu.

Une fois de retour dans la pièce, il s'adossa à la porte et regarda l'objet qu'il tenait entre ses mains. Reviendrait-il le chercher ? S'était-il seulement rendu compte qu'il l'avait oublié ? Ou peut-être avait-il fait exprès de le laisser là ?

Il sursauta en l'entendant sonner. Rien de bien original comme sonnerie, probablement qu'il ne l'avait même pas changée quand il l'avait acheté. Il regarda le nom sur l'afficheur : Boss Matsuura. Sans trop réfléchir, Tatsuhi répondit à la troisième sonnerie.

-Mo...

-Mais qu'est-ce que tu fous encore, Jui, enfin ! Ça doit bien faire quinze minutes que tu devrais être ici ! Je commence à en avoir sérieusement marre de tes retards ! Tu as un horaire à respecter ! Faudrait peut-être que t'apprennes à être ponctuel ! Sinon tu sais que je pourrais fort bien te mettre à la porte ! l'interrompit la voix à l'autre bout de la ligne.

-Jui ? T'es là ? ... C'est pas Jui, c'est ça ?

Affolé, le brun raccrocha et éteignit le portable. Il le posa sur sa commode et alla s'asseoir à son bureau de travail. Au moins, maintenant, il savait comment il s'appelait...

oOoOoOo

Il venait de terminer la rédaction de son rapport de lecture pour son cours de littérature et écoutait tranquillement la télévision en finissant son thé. Le dîner de ce soir n'avait pas été tant différent de celui de la veille, la seule différence étant que sa sœur y était présente. Il allait sortir pour aller porter sa tasse à la cuisine, mais, en ouvrant la, porte, se cogna à quelqu'un qui le força à rentrer dans la pièce et referma le panneau derrière lui.

-C'est toi qui as mon portable !

-Euh... je... je l'ai pris avant que... que quelqu'un d'autre ne le prenne...

-À cause de toi, fit-il en avançant d'un pas menaçant et l'empoignant par le collet, j'ai failli perdre mon job !

-... Ano... Je...euh... Désolé... ne réussit-il qu'à dire, terrorisé.

-T'as parlé à Matsuura, hein ? Qu'est-ce que tu lui as dit ?

-... Je, je... je lui ai rien dit, je vous le jure ! répondit-il au bord des larmes.

-Tu le jures ?

-Hai ! Je le jure, je le jure ! J'ai rien dit !

Le visage du châtain s'adoucit et il le lâcha. Tatsuhi tomba sur le sol, mais se releva aussitôt en regardant l'autre d'un air terrifié.

-Où est-il ?

-L-là... sur la commode...

Sans répondre, le plus grand se dirigea vers celle-ci et prit son portable pour le fourrer dans sa poche. Il allait pour sortir, mais s'arrêta quand sa main toucha la poignée.

-Tout d'abord, excuse-moi de t'avoir fait si peur.

-Non... ça va... c'est rien...

-Je pense pas que c'est le cas, Tatsuhi, dit-il en se retournant, tu m'as l'air effrayé et je sais que c'est de ma faute... Je suis sincèrement désolé.

-...

-Ensuite, eh bien... Je voudrais te remercier d'avoir gardé mon téléphone... J'ose pas m'imaginer si c'était une bonne qui serait tombée dessus... Et je voudrais te remercier de n'avoir rien dit à Matsuura quand il a appelé...

-... C'est si grave que ça ?

L'aîné baissa la tête et lui tourna le dos pour s'en aller sans rien ajouter.

-Jui... l'interpella le brun.

-Écoute, Tatsu-Chan, on parlera un jour, je te le promets, mais pas maintenant, d'accord ?

-... D'accord...

Il retourna vers le plus jeune, alla lui voler un baiser et partit en ne lui laissant qu'un sourire.

Resté interloqué au centre de la pièce, Tatsuhi finit par s'asseoir sur son lit. Sa sœur apparut dans l'encadrement de la porte au même moment.

-Me dis pas que tu te tapes aussi cette pute que notre chère mère se paie !

-Quoi !

-Joue pas les innocents ! Derrière ces petits airs offusqués, je sais qu'il se cache qu'un sale p'tit pervers homosexuel !

-C'est même pas vrai ! Sors de ma chambre et retourne te poudrer le nez, Tsukiyo !

Levant les yeux au ciel, elle disparut aussi vite qu'elle était apparue. Lui, il se leva, alla fermer la porte en vitesse et retourna s'asseoir, pensif, sur son lit.

Avec le physique qu'il avait, il pouvait avoir qui il voulait, alors pourquoi est-ce que l'amant de sa mère s'attardait-il sur un avorton tel que lui ? Ou du moins semblait-il le faire... Il jeta un coup d'œil à son cadran (vingt heures trente) et soupira. Pourquoi n'était-il pas fichu d'être un garçon normal dans une famille normale, qui allait dans une école normale avec les autres gens normaux ? Il retourna à son téléviseur qui était resté allumé pendant tout ce temps. Il fit rapidement le tour des canaux, mais tous diffusaient des programmes qu'il jugeait stupide de Noël. Il éteignit le poste et jeta un regard circulaire à la pièce avant de ne le poser sur sa guitare basse posée, comme abandonnée dans un coin. Ça faisait un moment qu'il n'y avait plus touché, depuis que son groupe s'était dissout, l'été précédent, en fait. Il se leva, marcha vers elle, caressa ses quatre cordes du bout des doigts et soupira, un nœud dans la gorge. Comme sont groupe lui manquait ! Comme Ryuuji, Yuuya et Yumehito lui manquaient ! Yumehito... Lui qui n'avait pas tardé à refaire surface, l'espace d'un court instant, pour être oublié presque aussitôt par tout le monde... Tout le monde... Sauf lui, Tatsuhi, qui commençait à penser qu'il était bien bête de penser à lui seulement que maintenant. Il saisit sa basse par le manche et alla se rasseoir sur son matelas pour commencer à jouer un air qu'il avait, déjà, si souvent joué auparavant. Cependant, il s'était attendu à ce qu'il rate quelques accords, mais, apparemment, la basse, c'était comme le vélo, ça ne se perd jamais vraiment. Il continuait de jouer en se remémorant les bons comme les moins bons moments passés avec son ancien groupe et quelques larmes s'étaient risquées à glisser de ses paupières. Il s'arrêta de jouer après un moment, comme devenu incapable de continuer ou même de bouger à cause de l'émotion.

Tatsuhi sursauta lorsqu'il entendit qu'on l'applaudissait tout près de lui. Il releva vivement la tête et vit Jui. Il était tellement concentré sur ce qu'il jouait et perdu dans ses pensées à la fois qu'il n'avait pas remarqué sa présence. Et d'ailleurs que faisait-il encore là ?

-J'ai été voir ta mère, comme il est convenu que je fasse depuis quelques temps et en sortant de sa chambre, j'ai entendu de la musique venant de la tienne. J'ai pas pu m'empêcher d'entrer pour écouter... C'était très joli, mais pas vraiment triste, donc... je me demande pourquoi ça te fais pleurer comme ça...

-Oh... commença-t-il en reniflant puis s'essuyant les yeux, c'est rien, c'est pas grave...

-Voyons, Tatsuhi, fit le châtain en allant s'asseoir près de lui, ça ne doit pas être si peu important si ça te fait pleurer !

-J'vous assure... C'est pas grave... C'est seulement... que je me rappelais des moments passés avec mon groupe... mon ancien groupe... Et pis... voilà...

-Et tu ne fais plus partie de ce groupe ?

-... Il est séparé...

-Oh.. Tu avais l'air d'y tenir à ce groupe...

-Oui... Mais...

-Mais ?

-... Mais... non rien... C'est rien...

-Vraiment ?

-Vraiment...

-Allons, Tatsuhi ! Tu ne penses tout de même pas que j'irais tout balancer à ta mère ? Parce que, entre nous, une femme de son âge qui croit qu'elle peut toujours vivre l'amour impossible avec un jeune homme comme moi... C'est un peu sot, non ? Surtout à une époque comme la nôtre !

-... Oui...

-Alors laisse-moi te dire, Tatsuhi, que tu peux tout me dire, à moi. Tu peux avoir confiance, jamais personne ne le saura. D'ailleurs, je vais faire en sorte que jamais personne ne sache que nous nous... voyons.

-... Pourquoi avoir hésité au dernier mot ?

-Tu n'en sais rien ?

-...N... non.

-Même pas un petit doute ?

-Non... répondit-il en haussant les épaules.

-Alors tu comprendras plus tard !

-Mais...

-T'as pas donné de suite à ton "mais" de tout à l'heure ! l'interrompit le plus grand

-Et vous ne m'avez toujours pas dit d'où vous savez mon nom !

-Je fréquente la femme qui te sert accessoirement de mère, souviens-toi ! Alors, ce "mais" ?

Le brun se leva et alla ranger sa guitare basse. Restant dos à Jui, il lui répondit :

-C'est sans importance...

Un silence plana quelques secondes, puis Tatsuhi voulu à nouveau faire face au plus vieux, mais il ne s'attendait pas à le trouver si près de lui.

-Ah bon... Tant pis ! Je crois que...

Il se mit à le regarder intensément et tout droit dans les yeux.

-... Je vais partir, alors.

-Attends ! Non ! Reste !

Le châtain resta immobile, toujours à le fixer.

-Quoi ?

-... Ano...

Il baissa la tête pour cacher ses joues qui commençaient à rosir. Toutefois, il la releva, peu après, les yeux brillants et se hissa sur la pointe des pieds pour aller chercher, à son tour, les lèvres de Jui. Et ce dernier répondit sans hésitation à ce doux baiser de la part de jeune bassiste. Baiser qui sembla se terminer des siècles plus tard.

-En fait, j'espérais que tu me demandes de rester...

Tatsuhi détourna une nouvelle fois son regard vers la moquette, étant un peu plus honteux, cette fois.

-Voyons, Tatsu-chan... Il n'y a pas de honte à y avoir là, dit-il en glissant son doigt sous le menton du plus jeune pour lui faire relever le visage vers le sien pour qu'il l'embrasse à nouveau, mais plus brièvement, quand même.

-Je sais... C'est juste que... J'ai pas envie qu'il se passe la même chose qu'avec Yumehito...

-Yumehito ?

-Il était le guitariste de mon groupe...

-Ah ! C'était donc ça, ce "mais" ! T'inquiète pas, quoi qu'ait pu te faire ce Yumehito, ça n'arrivera pas avec moi, je te le promets !

Le brun lui fit un sourire, un peu triste, mais débordant d'espoir.

-J'ai ma soirée de libre, tu veux qu'on sorte ?

-Qu'on... sorte ?

-Oui !

-Mais... on ne se connais que depuis... deux jours... Je sais pas si...

-Ça ne fait peut-être que deux jours, mais, visiblement, on ne se déteste pas, ne ?

-... Oui...

-On est pas obligé d'aller dans un bar ou une boîte, tu sais... On peut n'aller prendre qu'un café... Et si t'as pas envie de venir, c'est pas grave ! T'as qu'à me le dire !

-D'accord, on y va !

Le châtain sourit, l'embrassa furtivement et l'entraîna à l'extérieur.

-Attends, Jui ! Et nos vestes ?

-Ah oui... La mienne est restée dans ta chambre.

-Dépêches-toi ! Je t'attends dans le hall !

Jui repartit en vitesse d'où ils arrivaient alors que Tatsuhi alla à la penderie du hall pour y prendre un manteau.

-Où vas-tu à cette heure, Tatsu-Chan ? fit la voix de sa mère derrière lui.

-Euh... Je vais... ano... des amis m'ont invité à sortir.

-Ah bon... Et tu comptes revenir vers quelle heure ?

Au même moment, le châtain allait tourner le coin pour rejoindre l'autre mais en entendant la voix de sa cliente, ils s'arrêta.

-Euh... je sais pas... pas très tard...

-Bien... Bonne soirée, dans ce cas.

-Merci.

Et elle disparut au salon et Jui se pointa le bout du nez en marchant à pas feutrés pour aller rejoindre le brun. Ils sortirent dans le plus grand des silences pour ne pas éveiller les soupçons.

-Jui ? interrogea le plus petit lorsqu'il furent sur le trottoir.

-Hum ?

-Ano... À cette heure... Les cafés sont tous fermés...

-... Ah !... C'est vrai... répondit-il un peu embarrassé.

-Mais, vous savez, ça me dérange pas d'aller dans une boîte ou un bar... C'est juste que... Je vais avoir de la difficulté à passer le portier...

-Oh... pour ça, c'est pas grâce, je connais un place où tu vas pouvoir entrer sans problèmes... À condition que...

-Que ?

-Ano... faudrait que tu te comporte comme un de ces filles toujours scotchée à un mec... Mais si tu veux pas, c'est pas grave, y a un McDo ouvert 24h pas très loin d'ici...

-Je sais, mais... Je veux bien essayer de passer pour... votre nana !

-... Sauf que ça ferait plus crédible si...

-Maquillage ?

-... Hai... ?

-Pas de problème ! Mais j'en ai pas avec moi...

-Moi si !

Sa main disparut dans l'une des poches de sa veste et en sortit un petit étui où il se mit à fouiller, un sourire aux lèvres, pour trouver une ombre à paupières noire, un eye liner de la même couleur ainsi qu'un gloss rosé. Il donna le nécessaire à maquillage à Tatsuhi et remit l'étui dans sa poche pour, ensuite, tirer le cadet sous un lampadaire et s'emparer, tout d'abord, de l'ombre à paupière. Il se mit donc à la tâche alors que le brun se laissait docilement faire. Jui se recula pour voir si son travail était symétrique. Satisfait, il referma le boîtier contenant la poudre compacte et le rangea à son emplacement d'origine avant de prendre le crayon traceur des mains du jeune bassiste et de terminer le maquillage de ses yeux. Le crayon toujours dans la main, le châtain s'em para du tube de gloss qu'il ouvrit puis appliqua sur les fines lèvres du plus petit. Une fois ceci terminé, il rangea ses affaires et sourit.

-Dommage... J'ai pas de miroir, tu pourras pas voir combien tu es joli...

Tatsuhi eut un sourire un peu gêné, mais saisit tout de même le bras que lui présentait Jui sans hésitation, quoiqu'il s'accrochait à lui comme si sa vie en dépendait.

-Relaxe un peu, Tatsu-Chan, fit le plus grand avec un sourire confiant. T'es avec moi, tu m'as rien à craindre !

Le jeune brun acquiesça silencieusement à ce que venait de dire l'autre et essaya de se détendre en respirant plus profondément.

-Allons... dit doucement Jui en se libérant de l'emprise du cadet pour mieux passer son bras autour de ses épaules. Tu es certain que tu préfères pas aller dans un McDo à la place ?

-Non... Je veux aller dans cette boîte... !

-... D'accord... Mais si, en réalité, tu ne voulais pas y aller, tu me l'aurais dit, hein ?

-Bien sûr que je vous l'aurais dit ! Et pis je veux aller là-bas ! ... Il... commença-t-il, d'abord feignant d'être piqué, puis en adoucissant le ton : "Il faut ne première fois à tout..."

-Une première fois ? T'es jamais sorti en boîte avant ça, alors ?

-Non...

-C'est bien, quand même... De nos jours, certains gamins de douze ou treize ans sont déjà sortis dans des clubs...

-Je sais...

-T'inquiètes pas ! Je suis avec toi, tout ira bien, je te le promets ! Sinon, je te jure que je ne viendrai plus t'embêter...

-Mais vous ne m'embêtez pas, Jui !

Tout en continuant de marcher, ce dernier tourna la tête vers le cadet et lui sourit doucement. Il était ravi d'entendre ces mots venant de lui. Toutefois, ce sourire s'évanouit aussitôt qu'il se souvint de qui il était, de quel job il exerçait et de quels vices il avait.

-Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que j'ai dit ?

-Rien, Tatsu-Chan... C'est pas ta faute à toi, t'inquiète pas... Seulement je sais plus si c'était une bonne idée de t'inviter à sortir...

-Pourquoi ?

-Eto...

Il ne trouvait plus les mots pour achever sa phrase, il la laissa en suspend.

-Jui... Et si, moi, j'avais envie de sortir avec v... Toi ?

-C'est vrai !

-Ano... Oui... !

-Et tu dis oui parce que tu...

-Jui, si j'ai envie de sortir avec toi, c'est d'abord pour te connaître mieux, tu vois ?

-Oh euh... Oui ! Oui ! Bien sûr !

Bien entendu, ce qu'avait dit Tatsuhi était vrai, sauf qu'il avait omis de parler de l'attirance, qui commençait à se clarifier, qu'il avait à son égard. Et Jui semblait un peu troublé par les paroles qu'avait prononcé le plus jeune, il tenta toutefois de le dissimuler en prenant son air confiant.

-Nous y sommes ! C'est juste de l'autre côté de la rue, fit le châtain après encore un court moment de marche. Tu es prêt ? Ou devrais-je plutôt dire... Tu es prête ?

-Hai !

-Laisse-moi parler à l'entrée, d'accord ?

-D'accord !

-Tu devrais te contenter de sourire et d'être jolie... et de faire les beaux yeux au bouncer...

-D'accord !

-On y va ?

-On y va !

Prenant tous deux un air décontracté, ils traversèrent sur l'autre trottoir, marchèrent encore quelques pas avant d'arriver a la hauteur du portier.

-Bonsoir, Jui-san ! Venu prendre du bon temps avec une nouvelle conquête ?

-Dans le mile, Émile ! Et crois-moi, cette fois, ça va durer !

-Mais euh... Elle a l'air jeune, un peu, non ?

-Ken, je sors pas avec des mineurs, je tiens pas à m'attirer encore plus d'ennuis avec ça...

-Dans ce cas, je vous souhaite une bonne soirée, fit le doorman avec un clin d'œil se voulant complice en les laissant entrer.

-Je t'avais dit qu'on passerait facilement ! dit le plus âgé après que leurs vestes aient été déposées au vestiaire.

-Mais c'est probablement parce que tu connais le staff, ne ?

-Oui, c'est vrai... mais ça vaut la peine !

-Oui... !

Le châtain sourit et alla rapidement lui voler un baiser en glissant son bras autour de sa taille et le serrer contre lui pour ensuite s'avancer dans la vaste salle, quoique maintenant infestée de gens de tout sorte, où la musique, quelque bruyante soit-elle, semblait fuser de toute part. Les murs étaient bordés de banquettes et de tables, presque toutes pleines. Ils marchèrent difficilement parmi la masse mouvante et finirent par trouver une table vide où ils s'installèrent. Tatsuhi jeta un regard circulaire à ce qui l'entourait : tout avait l'air si riche... Jui avait vraiment les moyens de leur payer cette sortie ? D'ailleurs, celui-ci arrêta une serveuse pour se commander à boire, puis lui jeta un regard interrogateur.

-Ano...

-Tu veux que je te commande la même chose que moi ?

-... Ouais... Pourquoi pas !

-Tu vas voir, c'est un délice !

Le plus jeune sourit et le châtain laissa la serveuse repartir. Il se retourna vers l'autre et lui retourna son sourire.

-N'aies pas l'air si coincé ! Détends-toi ! Le pire qu'il peut arriver, c'est qu'ils te sortent et si ça arrive, je te laisserai pas tout seul dehors, t'inquiète !

-Je... Je sais, mais...

-Shhh ! La serveuse reviens vers nous !

Le plus grand glissa son bras autour de la taille du brun et l'embrassa rapidement.

-Mademoiselle, monsieur, vos consommation, s'immisça ladite serveuse.

-Merci, Miko-Chan ! répondit Jui alors qu'elle posait les deux verres sur la table et qu'elle repartait derrière le comptoir.

Ensemble, ils prirent leur verre et en burent une première gorgée. Tatsuhi eut une petite grimace et frissonna.

-T'aime pas ? demanda l'aîné.

-... C'est pas ça... C'est que... c'est fort...

-Ah... euh... oui... fit-il en se grattant l'arrière de la tête. J'imagine que j'ai dû m'habituer aussi... Je peux commander autre chose si tu trouves ça trop fort...

-Non... Ça va, sourit-il, j'vais m'habituer, à force d'en boire.

-D'accord...

Ils continuèrent à parler de tout et de rien, une fois leur boisson terminée, Jui arrêta la serveuse une nouvelle fois.

-J'en reprendrais un autre, s'il te plaît.

-Moi aussi ! ajouta le plus jeune.

Elle acquiesça et s'en alla; Jui regarda Tatsuhi, les yeux interrogateurs.

-Toi aussi ? questionna-t-il, amusé.

-Ben si ! T'avais raison, c'est super bon !

-Eh bien... J'avais l'impression que tu t'habituerais pas aussi vite...

-Tu sais, c'est peut-être la première fois que je sors en boîte, mais c'est quand même pas la première fois que je bois !

Le châtain eut un sourire, mais ne dit rien.

-Je suis pas aussi jeune que tu le crois ! Et de toute façon, on commence à boire de plus en plus jeune, de nos jours !

-C'est vrai, tu as raison.

-Voilà pour vous, mademoiselle, monsieur...

-Merci, Miko-Chan !

Elle acquiesça et retourna derrière le bar.

-Dis, Jui, on va danser ?

-... Oui, pourquoi pas !

-Yatta !

Ne tenant plus en place, Tatsuhi entraîna le châtain sur la piste de danse, son verre à la main. Ils dansèrent jusqu'à ce que le plus jeune ait fini sa consommation. Il retourna à la table, y posa son verre et en commanda un autre.

-Hey... lui souffla Jui.

-Quoi ? ricana le plus petit.

-Fais attention... C'est quand même fort en alcool, ces trucs-là...

Le cadet riait encore quand Miko lui apporta son troisième verre.

-Je vais te ramener chez toi, après ce verre-là...

-Quoi ? (Il prit une gorgée.) Si tôt ?

-Oui, sit tôt. Je tiens pas à ce que tu te rendes malade... C'est désagréable !

-Mais je veux rester avec toi, moi ! Si tu me ramènes, tu vas partir après !

-Je resterai jusqu'à ce que tu t'endormes, alors...

-Mais je veux pas partir d'ici ! On s'amuse bien, non ?

-Toute bonne chose a une fin. Et je ne veux pas qu'on rentre trop tard pour ne pas alerter les autres dans la maison. En plus, tu as dit à ta mère que tu rentrerais pas trop tard...

-Mais...

Le châtain le fit taire de son doigt sur ses lèvres.

-Shh... Fini ton verre... fit-il doucement avant d'aller l'embrasser.

Le brun redevint sérieux pendant un instant, acquiesça et se remit le nez dans son verre. Quand il l'eut terminé, il laissa tomber sa tête sur l'épaule de Jui.

-Tu viens ? dit celui-ci.

Tatsuhi s'accrocha à son bras et fit signe que oui de la tête. L'aîné l'aida à se lever et à sortir de l'établissement. en sortant, le plus jeune s'accrocha à la chemise de l'autre, mais quelques pas plus tard, il s'arrêta net.

-Quoi ? interrogea le plus vieux.

L'autre se remit à ricaner, la tête baissée.

-Jui... Embrasse-moi ! lança-t-il.

-Non...

-... Quoi ?

-Non... Je ferai pas ça...

Tatsuhi ne s'était pas attendu à cette réponse.

-Pourquoi ?

-Parce que t'es saoul, Tatsu-Chan... Je tiens pas à profiter de toi...

-Mais si je te le demande... !

-Viens, on va rentrer, maintenant.

-Mais...

-Non, Tatsu-Chan...

-Mais, Jui... fit-il avec la moue qui allait avec.

-Viens, on rentre, dit-il doucement en passant un bras autour de la fine taille du brun.

Il le soutint ainsi durant les quelques minutes que durèrent leur marche jusqu'à la maison du moins âgé. Le châtain allait le laisser sur le perron et retourner on ne savait où, mais Tatsuhi l'interpella.

-Jui, attends, gémit-il, au bord des larmes.

-... Quoi... ?

-Tu avais dit que tu resterais jusqu'à ce que je m'endorme...

-... Oui... je sais, mais...

-Entre avec moi, s'il te plaît !

Jui sembla hésiter un moment, mais revint auprès de l'autre qui se jeta dans ses bras comme s'il était subitement devenu insécure.

-Allons, allons... Je suis là.

Le plus petit ouvrit alors la porte tout en restant collé à l'autre. Ils entrèrent sans trop de bruit et le plus grand les dirigea vers la chambre voulue. En y mettant les pieds, Tatsuhi alla s'asseoir sur son lit, en enlevant sa veste, où Jui vint le rejoindre après avoir fermé la porte. Il y eut un silence qui ne se rompit que lorsque le jeune bassiste se tourna vers l'autre avec un petit sourire.

-Tu veux peut-être pas m'embrasser, mais si c'est moi qui le fait...

Il laissa sa phrase en suspend et alla rapidement lui voler un baiser. Mais lorsqu'il se sépara de lui, il ne s'éloigna qu'à peine, il pouvait sentir le souffle chaud de Jui sur ses lèvres tremblotantes. Il l'embrassa de nouveau, toujours sans que le plus vieux ne l'en empêche (alcool et circonstance n'aidant pas), mais plus longuement et plus profondément, cette fois. Et il voulu aller plus loin en glissant une main délicate sous la mince chemise du châtain.

-Tatsuhi... soupira-t-il en tentant mollement de retenir l'autre.

-Quoi... ? souffla l'autre avant de l'embrasser à nouveau.

-... Tu... je... ano... non... non, rien...

Et il le laissa complètement faire, qui plus est, il fit de même et pis que le premier en lui enlevant son T-shirt et l'envoyant valdinguer sur le plancher. Il continua en l'étendant sur son lit, sous lui, plaquant une fois de plus ses lèvres cotre les siennes. Il fit deux pierres d'un coup en enlevant sa chemise et sa veste, suivant l'ordre silencieux que lui intimait les caresses que Tatsuhi lui prodiguait. Et sa main, suivant les découpe du corps mince du plus jeune, se dirigea vers le fermoir de son pantalon qu'ils défit lentement tout en continuant de s'occuper de ses lèvres, un peu plus haut. Et bientôt, ce pantalon, presque aussitôt suivit d'un second, se retrouva en compagnie de ses comparse T-shirt et chemise, aussi imité par chaussettes et caleçons. Toutefois, avant de jeter son jean, Jui y prit dans une de ses poches un des quelques préservatifs qu'il gardait toujours sur lui en cas de besoin. Il l'enfila en vitesse pour revenir à Tatsuhi en le pénétrant doucement, tout doucement, pour ne pas le brusquer. Mais voyant la petite grimace de douleur que le plus jeune tentait de dissimuler, il arrêta son geste pour aller l'embrasser langoureusement, pour aussi faire en sorte qu'il s'accommode à sa présence en lui. Toujours de façon aussi douce, il commença ce mouvement qu'il, avec le temps et les divers clients, avait pris l'habitude de faire. S'apercevant que le cadet commençait à y prendre plaisir, il se mit, peu à peu, à se mouvoir plus vite, le sentant se trémousser contre lui. La températeur montait assez vite dans la chambre, tout comme les notes des soupires des plaisirs que poussaient nos deux protagonistes. Par habitude, Jui se retenait bien de crier trop fort, mais remarqua assez rapidement que l'autre avait quelques difficultés de ce côté. Il l'aida d'abord en colla sa bouche à la sienne, puis la lui fit ouvrir en passant sa langue sur les lèvres du plus jeune et ensuite aller jouer avec la sienne. Ce fut d'ailleurs efficace, ou, en tout cas, assez pour couvrir son cri d'extase, à la fin de l'acte. La peau suintante, le châtain se dégagea pour s'étendre à côté du plus petit, dans son étroit lit simple et enlever le préservatif utilisé. Cependant, il se mordit la lèvre, commençant à se sentir un peu mal à l'aise.

-Tatsu-Chan... ? demanda-t-il à la petite boule pelotonnée contre lui.

-Quoi ? répondit-il d'une vois signifiant qu'il était sur le point de s'endormir.

-Tu... ano... C'est bête, mais... T'as quel âge ?

-Dix-neuf ans...

-Ok... soupira-t-il, soulagé.

-Tu croyais que j'avais quel âge ?

-Je sais pas... J'avais juste peur que tu sois plus jeune... Je me serais senti mal d'avoir... couché avec un mineur...

-... Hum...

Il eut vite fait de constater que le cadet était plus disposé à dormir qu'à discuter et se laissa, lui aussi, tomber dans les bras de Morphée.

Au réveil, le matin suivant, Tatsuhi sursauta en sentant un corps contre le sien. Mais lorsqu'il ouvrit les yeux et vit que c'était Jui, il se souvint de ce qu'ils avaient fait la veille et rougit. Il rougit, mais en même temps, il était content que l'alcool l'ait poussé à aller plus loin, sinon Dieu seul sait quand est-ce qu'un moment comme celui-ci se serait produit, peut-être même qu'il n'aurait pas revu le châtain de sitôt.

Il profita des dernières minutes de sommeil de l'autre pour savourer encore un peu le contact de leur peau. Était-il en train de réellement tomber amoureux une seconde fois ? Ses pensées furent entrecoupées par les paupières de Jui qui commençaient à papillonner.

-Ohayoo gozaimasu ! fit ce dernier en souriant.

-Ohayoo... ! murmura-t-il en réponse.

Et ça le frappa soudainement, il se souvint que Jui était prostitué.

-Je... je te dois combien ? demanda-t-il, honteux.

-Qu'est-ce que tu me dois ?

-Ano... tu... tu sais pour... hier...

-Mais qu'est-ce que tu racontes ? sourit-il. Tu ne me dois rien du tout ! Hier... c'est le vrai moi que tu as eu...

-Mais... je crais que ce ne soit pas habitude à prendre...

-Je comprends... je... je veux pas que tu te ruines à cause de moi...

Le plus vieux sourit à nouveau.

-Voyons, Tatsuhi ! Je ne parlais pas d'argent ! Je parlais de nous deux ensemble...

-Oh...

Un vague nuage de tristesse assombri le regard de Jui.

-Parce que tu sais... moi... je ne suis qu'une pute, hein... Et toi, t'es encore tout jeune... Je veux pas te pourrir la vie...

-Dis pas ça, Jui...

-Quand même que je le dirait pas, je doute que tes parents approuvent notre relation... Déjà que je dois me cacher quand je vais... voir ta mère...

-Mais on va continuer de se voir, ne ?

-... Je peux rien promettre.

Sans attendre la réponse de Tatsuhi, il se dégagea des couvertures et ramassa ses vêtements pour se rhabiller. L'autre fit de même. Ce fait, ils restèrent un moment plantés là, sans rien dire, chacun plus mal à l'aise que l'autre.

-C'était peut-être pas une bonne idée que je te fasse sortir hier... finit par dire Jui en se dirigeant vers la porte.

-Non, au contraire ! Je me suis super amusé, hier !

-C'était pas plus moral pour autant... Je suis désolé...

-Non... !

Mais l'aîné s'en tin pas compte et sortit sans ajouter un mot. Tatsuhi, resté dans sa chambre, sentit son cœur se serrer. Il se tourna vers la fenêtre pour le voir sortir, faire quelques pas, puis lever les yeux vers lui. Le brun se mordit la lèvre inférieure de ne voir que si peu d'expression sur son visage avant qu'il ne reparte.

Mais ce que le cadet ne vit pas, c'est la larme qui roula sur la joue de Jui lorsque celui-ci se retourna pour partir.

Il se détourna de la fenêtre et alla s'asseoir sur son lit, le visage insondable. Il soupira bruyamment et s'étendit, le cœur de plus en plus gros. Sentiment qu'il trouva d'ailleurs étrange et qui le porta à réfléchir. Il avait assez souvent vu Jui se promener dans les couloir de leur maison, depuis quelques moi, depuis qu'il entretenait sa mère, en fait. Toutefois, ça ne faisait pas trois jours qu'il le connaissait vraiment qu'il semblait déjà beaucoup l'aimer et même qu'ils avaient déjà couchés ensemble, l'alcool ayant beaucoup aidé. et Jui avait refusé qu'il ne le paie... Il avait cependant demandé qu'ils cessent de se voir... Tatsuhi allait se faire un devoir de lui faire comprendre que peu lui importait qu'il ne soit qu'un prostitué de luxe ou un respectable salaryman, parce que... oui, il pouvait le dire, il l'aimait.


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