|
Author of 35 Stories |
J'espère pour vous, chers lecteurs, que vous vous souvenez des 10 premiers chapitres parce que sinon, XD; ça sera long pour vous de tout relire... Je suis désolée pour le délais, ces temps-ci, je travaille beaucoup plus sur New Vogue Children et je ne me sentais pas inspirée pour la suite d'Et si... ? Ne vous attendez pas à ce que je me remette à poster aussi souvent qu'avant, mais je vous promets que cette fic aura une fin. Ça risque juste d'être un peu long... Ça fait déjà un an que je travaille sur cette fic et j'ai encore presque autant de chapitres de prévus... Donc faites le calcul n.n;;
Chapitre 11
Immédiatement après l'appel de Ryuuji, Tatsuhi avait appeler Taizo pour confirmer l'heure du rendez-vous. Et après ladite rencontre, un groupe risquait plus que fort bien se former. De plus, ils étaient tous d'accord pour prendre Yuya en tant que batteur, sauf le chanteur, qui n'en était toujours pas revenu. Ce n'était qu'une question de temps, avait fini par dire le bassiste au guitariste quand le dernier eut le dos tourné.
Leur réunion s'était plutôt bien déroulée. En effet, Ryuuji était arrivé avec une idée de concepte et ça avait plu aux deux autres. Mais toujours était-il qu'il refusait catégoriquement que l'ancien batteur de Soroban intégre le nouveau groupe. Toutefois, ils étaient par après tous retournés chez eux pour aller composer en paix. La semaine d'après, une nouvelle rencontre fut organisée chez lui par Tatsuhi, histoire de mettre en commun ce qu'ils avaient créé jusqu'à présent. Taizo avait dû partir en court de soirée, laissant donc les deux autres seuls, créant cependant un blanc dans leur discussion. Le plus jeune, rendu mal à l'aise par ce silence, le brisa.
-Tu voulais dire quoi par "lire entre les lignes", l'autre jour ?
L'autre soupira.
-Rien, c'était pas important...
-Pourtant, j'ai l'impression que ça te tracasse...
-Probablement autant que toi avec ton histoire avec Jui...
-Raconte, alors ! Tu sais tout ce qu'il y a à savoir sur... Jui et moi...
-... Non... ça se raconte pas...
-Ben alors écris-le ?
-Tatsuhi... T'es tellement innocent...(1)
-Ryuujiiii ! C'est pas d--
Sa phrase fut coupée ; Ryuuji venait de doucement poser ses lèvres sur celles du cadet.
-...
-Tu comprends, maintenant ?
-... Tu m'aimes ?
Le plus vieux détourna le regard.
-Je sais, c'est con, parce que je sais bien que t'aime encore l'autre... J'suis désolé... J'aurais pas dû faire ça...
Il se leva, faisant mine de partir.
-Mais attends ! T'en vas pas comme ça !
-Il commence à se faire tard...
-Ryuuji... Je veux pas que ça change quoi que ce soit à notre amitié, c'est d'accord ? demanda-t-il, l'air inquiet, prenant sa main dans la sienne.
-D'accord...
-Et je veux pas que tu t'en ailles parce que tu penses que c'est stupide, ce que tu viens de faire. Parce que ça l'est pas, tu sais...
Celui aux piercings baissa le regard sur ses pieds.
-Je vais y réfléchir, ok ? J'ai besoin de me remettre les idées en place... Je sais pas si ça vaut vraiment la peine de m'en faire pour ce qui est de Jui... Je... Je voudrais juste régler ça avant de penser à ce que je pense de ça.
Il acquiesça en triturant ses piercings de l'intérieur pour s'empêcher de lamentablement se mettre à pleurer. Tatsuhi se leva à son tour pour aller lui faire un câlin, il sentait qu'il en avait de besoin. Puis, l'autre le repoussa gentiement et lui dit au revoir. Il resta debout au milieu de sa chambre à repenser à tous les derniers évenements qui s'étaient produits. Rien de mieux pour se mélanger encore plus qu'on ne l'était à la base !
Le téléphone se mis à sonner, il répondit méchaniquement, sans regarder le numéro sur l'afficheur.
-Moshi, moshi ?
-... Tatsuhi ? demanda une voix à peine audible qu'il eut peine à reconnaître.
-Qu... Qu'est-ce que tu veux... ?
-Tatsuhi... J'sais pas quoi te dire... Je m'en veux tellement...
-Je m'y attendais un peu, à celle-là...
-Excuse-moi...
-Hum... Tu sais quoi ?
-Q-quoi ?
-Ryuuji m'a dit qu'il m'aimait...
-... Putain... ! Mais... Je... Non ! J'regrette... Je veux retourner dans le passé et t'empêcher de partir ! J'veux pas que nous deux ça se finisse... pas comme ça... ! Excuse-moi, Tatsuhi... J't'en prie...
-...
-J'ai compris que je tenais à toi plus qu'à tout autre chose... J'ai compris que c'était ridicule d'essayer de t'éloigner de moi alors que je t'aime autant... J'veux pas que le baiser que je t'ai donné quand on s'est foncés dedans ait été vain ! Je veux prendre soin de toi, te chérire jusqu'à ma mort, passer ma vie avec toi... Mes rêves, c'est avec toi que je veux les réaliser... Tatsu-chan...
Il sentit les larmes lui monter aux yeux, il ne savait plus quoi dire.
-Tatsuhi... ?
-Je... je suis désolé, Jui... Mais il faut que je réfléchisse... Il... il s'est passé trop de chose dernièrement, je... J'sais plus quoi penser, comment je dois me sentir... Et les conseils qu'on me donne... J'en sais rien... Me rappelle plus, d'accord ?
-Mais...
-C'est moi qui te rappellerai...
-... D'accord...
-Je sais que tu voudrais que je revienne tout de suite, mais essaie de mettre tes sentiments de côté et imagine comment je me sens, moi, alors que je sais que tu m'aimes mais que tu sais pas trop ce que tu veux et que mon meilleur ami est amoureux de moi... Essaie de comprendre que je n'suis pas qu'un objet avec lequel on peut faire ce qu'on veut... Je suis pas une poupée, j'ai des sentiments aussi et en ce moment... ça me rend confus... En même temps, j'ai l'impression que tu m'as pris pour acquis et que peu importe tes sautes d'humeur, tu crois que j'reviendrai toujours vers toi...
-... Je suis désolé...
-Je sais... Laisse-moi tranquille pour un moment, maintenant, tu veux ?
-Honnêtement, je voudrais juste pouvoir te tenir dans mes bras, encore une fois... Mais... Je... je comprends... Je te rappellerai plus...
-Merci... Bye...
-Tatsuhi... ?
-Hum...
-Laisse-moi au moins te dire que je t'aime...
Le plus jeune soupira et raccrocha. Jui pouvait être d'un de ces pathétismes, quand il s'y mettait...
oOoOo
La tonnalité signifiant que le cadet avait raccroché se fit entendre. Il garda le récepteur contre son oreille pendant un moment, pleurant en silence.
-Je t'aime... finit-il par dire dans le vide.
Pourquoi n'avait-il pas réagi lorsqu'il lui avait demandé de prouver son amour ? Pourquoi est-ce que, maintenant, peu importait ce qu'il dirait ou ferait, plus rien ne serait comme avant ? De toute façon, pourquoi chercher à ce que ce soit comme avant si tout avait été cahoteux, jusque là ? Tout ça, c'était à cause de son travail... Rien n'aurait été si compliqué s'il n'avait pas été prostitué. Tout aurait été tellement différent si Kisaki ne l'avait pas pris sous son aile lorsqu'il avait quinze ans... Mais, maintenant qu'il y repensait, ça n'aurait probablement pas été pour le mieux.
oOoOo
Aujourd'hui était son anniversaire, mais tout ce qu'il avait reçu n'était qu'une paire de gifle pour avoir souhaité que le début de sa quinzième année soit un tant soit peu différente des précédentes. En entendant parler de gâteau, sa mère saoule l'avait jeté dehors, dans le froid (2) pour qu'il rapporte de l'argent au lieu de perdre son temps à rêvasser. Sentant le vent s'infiltrer dans l'ourlet de son pantalon trop court, il referma les pans de sa simple veste et se mit à marcher, emplissant ses souliers usées de neige à chaque pas qu'il faisait. Rapporter de l'argent... Pour lui, ce que ça signifiait, c'était de voler une robe dans quelque boutique que ce soit et de faire le trottoir en remerciant quelconque dieu de lui avoir donné un visage androgyne ; ça lui facilitait la tâche.
Il prit la direction du métro ; souvent, il y trouvait tout ce dont il avait besoin pour gagner son pain et il n'avait pas à trouver une boutique encore ouverte ou seulement à la porte trop vieille pour être verrouillée comme due pour y emprunter des vêtements féminins. Aussitôt abrité du vent dans les sous-terrains de la ville, son regard commença à effleurer les gens, à la recherche d'un pan de robe dépassant d'une valise mal fermée. Ne voyant rien d'assez satisfaisant, il alla vers les toilettes des femmes. Il n'y avait rien, mais comme il allait pour ressortir, une adolescente entra. Il fit mine de se recoiffer un peu devant le miroir. Elle posa son sac de toile sur le comptoir et alla s'enfermer dans un des cabinets. Le plus silencieusement qu'il le pouvait, il ouvrit le sac et en sonda le contenu. Il repéra rapidement une jupe et s'empressa de l'y retirer et de refermer la fermeture éclaire avant de lui aussi s'enfermer dans une cabinet pour se changer. Il attendit un moment après que la fille soit partie avant de sortir à son tour d'une démarche plus féminine, ayant fait exprès pour que la jupe dévoile la perfection de ses jambes.
Peu de temps lui fallu pour que déjà un homme à l'allure à peine plus respectable que le sien l'aborde. Seulement que quelques mots quant à son tarif furent échangés avant qu'il ne le traîne tel une vulgaire poupée de chiffon jusqu'aux toilettes, celles des hommes, cette fois. Sans aucune retenue ni gène, l'inconnu lui arracha presque sa culotte et le retourna face au mur en relevant sa jupe nouvellement acquise. Mais ça s'arrêta là, ormis du fait que l'adolescent sentait sa poigne se resserer sur son bras. Il essaya de tourner la tête pour voir ce qui se passait, mais ne put voir grand chose, sauf peut-être la colère qui semblait rougir le visage de l'homme.
-Qu'est-ce que t'as à t'foutre une putain d'jupe si t'es pas une saloperie de meuf ? ! s'écria-t-il en le retournant un nouvelle fois pour l'adosser violement au mur.
-Euh... j-je... commença-t-il en sentant sa lèvre inférieure se mettre à trembler. N-Normalement... les gens en f-fond p-pas tout un cas...
-Pas tout un cas ? s'énerva-t-il de plus belle en rapprochant son visage du sien. Tu m'prends pour un débile ? !
Il le rejeta sur le mur et chercha quelque chose dans la poche intérieure de sa veste.
-Tu restes là et tu bouges pas ! lui ordonna-t-il en pointant un doigt sur lui.
Jui se contenta que de ne seulement hocher affirmativement la tête. Il sentait que mieux vallait pour lui qu'il ne parle plus jusqu'à ce qu'on lui offre à nouveau le droit de parole.
Il ne fit donc que l'observer sortir un étui de sa veste, l'ouvrir, y prendre une seringue et tout le nécesaire pour préparer ce qu'il savait être un fix. Lorsque son client eut terminé, il rangea le tout sans même nettoyer la seringue, laissa l'étui sur le comptoir et revint vers lui.
-T'attends pas à c'que j'te paie autant que c'qu'on avait dit !
-Mais c'était déjà presque rien !
-C'est tout c'que tu vaux !
-Vas te faire foutre ! lui renvoya-t-il en voulant passer à côté de lui pour sortir, mais il l'attrappa par les cheveux ; il laissa échapper un cri aigu.
-C'est toi qui vas s'faire foutre, ouais ! fit l'autre en l'envoyant valser une fois de plus contre le mur.
-Mais arrête ! J'veux plus, merde !
-C'tait à toi d'y penser deux fois avant d't'attriquer comme tu l'es ! cracha-t-il en commençant à déboucler sa ceinture.
Il tenta une nouvelle fois de s'échapper, mais l'homme, par il ne savait quel moyen, avait réussi à coincer ses deux poignets dans l'une de ses mains alors que l'autre s'affairait maintenant à déboutonner son pantalon.
-Laisse-moi partir !
-Pas tout d'suis, j'ai pas encore eu mon dû !
-Mais t'as encore rien payé, connard !
À ces mots, le dominant lui cracha à la figure. Le dominé, lui, tentait du mieux qu'il le pouvait de se débattre pour se défaire de la poigne de fer qui le retenait. Puis, il se sentit poussé contre le mur, poussé jusqu'à ce qu'il en soit écrasé entre la céramique et lui, sa main libre remontant sur sa cuisse, sa fesse, retroussant à nouveau la jupe pour se faciliter le passage. Il allait pour le pénétrer, mais le cadet s'était mis à se tortiller pour se dégager de lui, aussi l'énervait-il d'autant plus en agissant ainsi. Il lui envoya une claque derrière la tête, son front heurta durement le dallage en avant de lui. Le jeune prostitué s'était alors mis à pleurer.
-Laisse-moi m'en aller... s'il te plaît... J'raconterai rien à personne...
-La salope, elle croit m'avoir avec des larmes !
Et il le pénétra sans même l'avoir préparé, lâchant, en même temps, un grognement satifait. Jui, quant à lui, avait crié de douleur et ses larmes avait redoublées. Et ce fut ainsi jusqu'à ce que l'autre finisse avec un râle rauque. Il le lâcha et s'éloigna vers les lavabos en refermant son pantalon. Le cadet, qui était tombé sur le sol, commença à se traîner vers la sortir, toujours en larmes, essayant avec tant de bien que de mal de se mettre sur pied. Sauf que son client l'attrappa par le col de sa veste.
-Où tu vas, comme ça ?
Le seul son qui pu émettre à ce moment-là ne fut qu'un couïnement, mélange de ses sanglots et d'un cri de surprise.
-J't'ai pas encore payé !
-J'veux pas d'ton argent sale !
-C'que tu peux être ingrat ! s'écria-t-il en le lâchant par terre et lui décrochant un coup de pied dans les côtes qui lui coupa le souffle. J'aurai pas tout fait ça pour rien !
Il lui arracha sa veste. Cherchant son souffle, Jui réussit à se glisser dans un des cabinets et à fermer la porte avant que son assaillant ne le rattrappe. Cependant, celui-ci s'était mis à frapper la porte avec tant de force qu'elle finit par lui céder, ce qui fit crier d'effroie l'adolescent. Mais au même moment, la porte de la salle de bain s'ouvrit sur un tiers homme qui avait dû être alerté par le bruit. Bientôt, les deux hommes se mirent à se crier dessus et la diversion permi à Jui de s'en aller en courrant. Sauf qu'il savait que son client était à ses trousses, l'autre n'avait pas pu le retenir. Il courrait le plus rapidement qu'il le pouvait, il courru jusqu'à l'extérieur, dans la neige, même si ses poumons commençait à lui brûler. Il sentit une main aggriper le col de sa chemise, ce qui l'affola, il fit donc tout pour s'en débarasser et continuer sa course jusqu'à ce qu'il tombe d'épuisement dans la neige, ses larmes gelant sur ses joues. Il tenta de se relever, mais ça ne résultat qu'en visage s'écrasant dans la poudrerie. Il se retourna sur le dos pour pouvoir mieux respirer, mais le froid faisait sa poitrine se contracter, ce qui lui donnait plus de difficultés encore à reprendre son souffle. Il essaya de se réchauffer en frictionnant ses bras, mais il avait peine à les bouger. Il ferma les yeux. Et il entendait la neige crisser sous des pas qui se rapprochait de lui.
-V-va t-t'en... L-laisse-m-moi t-tranqu-quille...
-Si je te laissais tranquille, mon pauvre, tu mourrais de froid.
Ce n'était pas la voix de l'autre... Il aurait voulu soulever ses paupières pour voir de qui il s'agissait, mais en fut incapable. Il se sentait tellement faible.
-Je te veux aucun mal. Je veux t'aider, en fait. Je vais t'emmener chez moi, d'accord ?
-D'a-d'ac-cord...
Il se sentit soulevé de terre et serré contre un corps chaud, on avait tiré un pan de manteau sur lui. Il s'endormit au rythme des pas de son sauveur.
Lorsqu'il ouvrit les yeux, ce fut sur un plafond blanc. Il vit une silhouette sortir en vitesse de la chambre. Ça semblait porter une jupe bouffante, comme celles des poupées que sa mère gardait jalousement. Il entendit une voix nasillarde parler de l'autre côté de la porte entrouverte.
-Il est réveillé, Kisaki !
-Merci, Rame, tu peux rentrer chez toi.
Des pas qui s'éloignaient de la chambre, d'autres qui s'en approchait. Il vit une ombre dans l'ouverture grandissante, ombre qui se transforma en silhouette, puis en homme.
-Bonjour ! fit-il joyeusement.
-Bonjour... répondit faiblement l'allité
-Tu vas bien ?
-Je... Je crois, oui...
-Tu dois te compter chanceux que je sois passé par là, hier soir, sinon tu ne serais malheureusement plus de ce monde, en ce moment-même...
-Merci...
-Et t'inquiète pas pour l'autre qui te courrait après... Il ne reviendra plus t'embêter, mes hommes de mains se sont chargés de lui. D'ailleurs je n'autoriserai plus personne à te traiter de la sorte. Ou du moins, sans ton conscentement, cela va de soi !
-Est-ce que vous l'avez...
-Tué ? Non. Disons qu'ils l'ont seulement laissé hors d'état de nuire à quiconque autre qu'à lui-même. Quoi qu'à cette heure-ci, je doute qu'on puisse encore lui sauver la vie... De toute façon, il a eu ce qu'il méritait, tu crois pas ?
-Je... peut-être...
-Enfin quoi, ça ne se fait pas de traiter un enfant de la sorte !
-Je suis plus un enfant... !
-Peu importe.
-Hum... Monsieur...
-Appelle-moi Tadashi.
-Tadashi... Il faudrait que je rentre chez moi... fit-il en essayant maladroitement de se redresser sur ses coudes pour s'asseoir dans le lit.
-Tutu ! Tu n'iras nulle part aujourd'hui ! Il faut que tu te reposes !
-Mais ma mère...
-Oui ?
-Elle... m'attends...
-Oui, j'imagine... Tu veux que je l'appelle ?
-Oh... on n'a... pas le téléphone...
-Ah ! Alors j'irai de reconduire chez toi quand tu iras mieux et je lui expliquerai tout.
-Non !
-Voyons ! Elle sera soulagée d'apprendre qu'on a pris soins de toi !
-Elle va être fâchée... dit-il avec une regard inquiet.
-Hum... Fâchée dans le sens de celui où il y a des coups qui viennent avec ?
Il baissa le regard.
-Je vois. Peut-être qu'il vaudrait mieux que tu ne retournes pas chez toi, dans ce cas...
-Mais elle a besoin de mon argent !
-Excuse-moi, mais tu n'avais rien sur toi, quand je t'ai trouvé, encore moins de l'argent.
-Elle a besoin de moi !
-N'est-elle pas capable elle-même de se trouver de l'argent ?
-Euh...
-Me dis pas non, par pitié ! s'exclama-t-il avec une expression désolée au visage.
-Ben... Elle... je sais pas... Avant, c'était mon père qui ramenait l'argent à la maison... Mais... Il est mort l'an dernier...
-Depuis, c'est toi qui doit ramener l'argent, je présume... Et elle fait rien ?
-... Elle boit...
-Tu veux vraiment retourner là-bas ? !
-... Non, répondit l'adolescent après un moment de réflexion.
-Bon ! Alors je crois que tu peux te présenter, maintenant !
-Oui, euh... je m'appelle Jui...
-Enchanté, Jui ! Je peux t'assurer qu'ici, comparé à ce que j'imagine que tu as vécu, ça sera le paradis !
-Vous voulez me garder ici ? !
-Disons seulement qu'à partir de maintenant, je serai ton nouveau tuteur, si tu le veux bien.
-Oh...
-Je veillerai sur toi jusqu'à ce que tu sois majeur et après, tu feras ce que tu veux. Que ce soit travailler pour moi ou aller à l'université ou encore t'enfuire en Mongolie, tu choisiras ce que tu voudras.
-C'est vrai ? !
-Mais bien sûr, si je te le dis !
Il resta bouche bée ; jamais sa mère ne lui aurait donné ce choix.
oOoOo
Il fut sorti de son passé par le téléphone qui sonnait. Ça devait être Kisaki puisqu'il n'y avait que lui qui connaissait son numéro, à l'appartement. Enfin... Ça aurait pu être Tatsuhi aussi, sauf qu'il en doutait, après la conversation qu'ils venaient d'avoir. Il alla répondre.
-Moshi, moshi...
-Enfin ! J'croyais que tu répondrais jamais ! fit en effet la voix de son boss à l'autre bout de la ligne.
-Désolé...
-Bon, alors tu te souviens de Kaya ?
-Hum, oui...
-Il vient d'appeler pour t'avoir.
-... On pourrait pas lui envoyer quelqu'un d'autre... ?
-Non. Premièrement, parce que maintenant, tes blessures sont pas mal guéries, deuxièmement, tu peux donc reprendre du service, troisièmement, tu sais parfaitement bien que ta relation avec Tatsuhi ne dois pas entraver ton rendement et quatrièmement, parce qu'il était en larmes et qu'il a dit avoir vraiment besoin de toi parce que tu connais l'histoire.
-Oh...
-Prépare-toi, j'envoie Jun te chercher sur le champ.
-D'accord, bye...
-Bye.
Il raccrocha et alla prendre une douche rapide. Il était en train de se sécher les cheveux quand son chauffeur arriva. Jui le dévisagea un instant après avoir éteind le séchoir.
-Quoi ?
-T'as teint tes cheveux en rose ! (3)
-Hum oui... Kisaki aime pas trop ça, en fait... Il dit que c'est trop voyant, répondit-il en passant une main dans sa chevelure.
-Ça, pour être voyant, ça l'est ! Ça te va bien, par contre.
-Merci. Mais dépêche-toi, ton client doit déjà t'attendre...
-Ouais...
Il retourna à sa chambre, s'habilla, se coiffa, traça une fine ligne de noir autour de ses yeux et revint à Jun. Ils partirent donc sans un mot de plus, parlant à peine, comme à leur habitude, dans la voiture, durant le trajet jusqu'à chez Kaya et, quand il descendit, le chauffeur lui spécifia qu'il devait appeler leur boss quand il aurait fini. Jui acquiesça et monta chez le travesti.
Celui-ci répondit après l'avoir fait attendre un peu ; il avait visiblement essayé d'effacer toutes traces de larmes, mais ses yeux étaient toujours rougis et humides. Le prostitué mit, d'ailleurs, une ou deux secondes à réaliser que le jeune homme avec la chemise blanche ouverte sur un pendentif Vivienne Westwood et les cheveux blonds et courts devant lui était bel et bien Kaya. Il remarqua aussi une grande marque rouge sur sa joue droite.
-Merci d'être venu, dit-il avec des trémolos mal refoulés dans la voix. Et il rajouta, avec un certain embarra : Excuse-moi de t'avoir appelé pour... pour ça...
-Oh ! Mais c'est rien, voyons... répondit-il en entrant, l'autre refermant la porte derrière lui.
Il s'adossa au panneau ; ne sachant trop que faire, Jui ne fit qu'attendre que l'autre fasse quelque chose. Il ne savait pas s'il voulait seulement que parler ou s'il voulait autre chose aussi et ne voulait pas avoir l'air déplacé. Toutefois, il ne s'attendait pas à la réaction que l'effeminé eut. Celui-ci venait de se jeter dans ses bras pour éclater en sanglots.
-J'aurais tellement dû faire comme tu m'avais dit de faire ! geingnit-il en agrippant la chemise du châtain.
-Euh... qu'est-ce que je t'avais dit de faire, au juste... ?
-C'est la dernière fois que t'es venu... T'avais laissé un mot et tu m'avais demandé de me débarrasser de ce mot, à la fin, pour que Juka ne tombe pas dessus...
-Ah oui, c'est vrai... Hum... Donc j'image que tu l'as pas jeté et qu'il est tombé dessus et que c'est pour ça que tu m'as appelé...
Le plus petit s'éloigna un peu, la tête basse, répondant affirmativement d'un signe de celle-ci.
-Viens, dit le prostitué en lui prenant la main, on va aller au salon.
L'autre se laissa guider dans son propre appartement en essayant plus ou moins bien de sécher ses pleurs.
-Y a une chose que je me demande...
Le blond leva son regard humide vers lui.
-Pourquoi tu l'as pas jeté ?
-Je sais pas... J'suis trop stupide, je pensais pas qu'il le trouverait... Je...
Il se mit à se mordiller la lèvre inférieure pour s'empêcher le fondre à nouveau en larmes.
-Sauf que... Je revenais de chez Hora – j'étais allé chez lui parce qu'il voulait me faire entendre une musique qu'il avait composée pour moi – et il m'attendait ici avec ton message dans sa main... Il m'a demandéce qui s'était passé avec toi... Et je... je lui ai tout raconté...
-Donc, vous aviez recommencé à vous voir ?
-Oui... mais maintenant, tout ça, c'est fichu en l'air parce que j'suis trop bête !
-Dis pas ça...
-Mais c'est quand même vrai !
-Tu as pensé à lui dire que ça s'était passé alors que vous n'étiez plus ensemble ?
-Ben si ! ... Mais le seul effet que ç'a eut, c'est ça... fit-il en pointant la trace rouge qu'il avait sur la joue.
Jui soupira.
-Il est pas un peu trop jaloux et entêté, ton Juka ?
-... Peut-être...
-En même temps, si lui t'aimais autant que tu dis l'aimer... Enfin... Il serait censé bien te connaître et savoir que t'as besoin d'avoir une vie sexuelle épanouie, et ce, que t'aies un copain ou non...
-... D'où tu tiens ça ?
-Tu crois que j'suis devenu prostitué parce j'avais pas les moyens de me payer l'université pour faire autre chose de ma vie ?
-... Oh... Mais je veux pas devenir prostitué ! ... Sans vouloir t'offencer...
-Non, je dis pas que c'est ce que tu devrais faire aussi ! Seulement, avoir ce genre de comportement, c'est pas toujours évident quand on veut s'en tenir à un seul partenaire. Surtout si on a été habitué, dans le passé, d'en avoir régulièrement des différents...
-Je sais, mais...
-Tu lui as déjà expliqué que tu était comme ça ?
-Putain ! Non ! Il aurait jamais compris !
-T'es peut-être pas avec la bonne personne, alors...
-Mais je l'aime !
-Dans ce cas... Tu devrais être capable de le lui prouver... dit-il d'un ton descendant, regardant ailleurs à son tour. S-si tu l'aimes... Tu le laisseras pas partir comme ça...
-... Qu'est-ce qui se passe, Jui ? T'as des problèmes aussi ? Avec Tatsuhi...
Le châtain tourna les yeux vers l'autre, s'empêchant de laisser échapper une plainte en pinçant les lèvres.
-Oh... fit le blond.
-Notre sitation, à toi et à moi, est différente, mais en même temps si pareille... Moi... J'ai seulement été incapable de lui prouver qu'on pouvait être ensemble et être heureux... Je comprends qu'il veuille pas revenir... je sais tellement pas ce que je veux... En fait, non... Je sais ce que je veux, sauf que... je suis incapable de m'enlever de l'esprit qu'il est impossible qu'on soit bien ensemble à cause de mon job et maintenant que je l'ai perdu, peut-être pour de bon... Je sais plus quoi faire pour le ravoir... Et je reste bêtement là à rien faire et à l'espérer... C'est con... Fais pas comme moi...
-Oh, Jui... s'exclama-t-il avec attendrissement en le prenant à son tour dans ses bras. On est tellement pathétiques, tous les deux...
Il enfouit son visage dans le cou du plus grand pour y, lui aussi, pleurer doucement. Au bout d'un moment, il se mit à embrasser sa jugulaire puis à remonter pour suivre la ligne de sa machoire. Mais Jui l'empêcha d'aller plus loin en posant ses doigts sur les lèvres de l'autre.
-J't'en prie... Teste pas ma volonté, je pourrai pas dire non, cette fois...
-Moi non plus... souffla-t-il en lui rendant sa main pour aller l'embrasser sur les lèvres, cette fois.
Et, bien entendu, il ne le repoussa pas, mais passa plutôt ses bras autour de sa taille, ses paumes allant trouver comme d'elles-mêmes la peau satinée de son dos sous sa chemise. Chemise que le blond commença à détacher sans pour autant lâcher les lèvres de l'autre et quand le boutonnage de celle-ci fut entièrement défait, il s'attaqua à celui de l'autre.
Un râclement de gorge derrière eux les fit sursauter puis se séparer. Kaya laissa échapper un petit cri de stupeur en voyant de qui il s'agissait.
-C-c-c'est pas ce que tu crois, Juka !
-Qu'est-ce que ça pourrait être d'autre que toi en plein préliminaires avec un autre mec, dis-moi ? demanda-t-il froidement. Tu veux que j'te fasse confiance, mais tu vas présenter ton cul à qui veut bien te le prendre !
-C'est pas vrai... couina-t-il
-Bien sûr que si, c'est vrai ! Et si ça se trouve, tu dois être infecté de n'importe quoi !
-Ah ! Ça non ! J'suis clean ! Je me protège toujours ou presque et je vais chez le médecin régulièrement !
-Rien n'empêche que les soirs où tu te fais pas sauter dans un moins se compte sur les doigts d'une main !
Le plus petit détourna la tête, ses joues se teintant de rose.
-Le pire c'est que j'ai raison, en plus !
-Pourquoi tu fais tout un plat d'une simple histoire de baises ? s'adressa le châtain au plus grand des deux blonds.
-Tu t'mêles pas d'ça, tu veux !
-Si ça te frustre autant, c'est qu'en quelque part, tu dois l'aimer aussi... Mais, en même temps, tu devrais le connaître ! Il fait pas ça pour t'être infidèle ! C'est possible d'avoir envie de baiser avec la terre entière et de pourtant de ressentir de l'amour que pour une seule personne dans le tas.
-Et qu'est-ce qui explique tu sois plus récurent que d'autres ?
-J'suis rien qu'un putain de prostitué ! T'as rien à m'envier ! Il me paie pour avoir l'amour que tu lui donnes pas !
Piqué, Juka l'attrapa par le col ouvert de sa chemise et le mit sur pied. Il semblait chercher une pique à lui retourner, mais il ne dit rien.
-J'en ai tellement rien à cirer de lui ! Tout ce que je fais, en venant ici, c'est mon job ! Il m'importe aussi peu que tous mes autres clients ! Et si ça peut te rassurer, moi aussi, j'ai un copain !
Le blond plissa les yeux puis les tourna vers l'effeminé qui avait remonté ses genoux sous son menton et qui se balançait d'avant en arrière en pleurant en silence. Il lâcha Jui avec violence ; il faillit tomber.
-Mais c'est quoi cette saloperie de toujours avoir envie d'avoir une bite dans l'cul, hein ? Est-ce que c'est parce que j'te satisfais pas ?!
-Non, c'est pas ça ! Tu comprends rien !
Le plus jeune se leva et alla vers sa chambre, l'autre le suivit et le prostitué resta seul au salon à écouter ce qui se passait.
-Mais tu m'expliques rien, non plus !
-Parce que je sais pas comment te le faire comprendre ! J'ai besoin de variété et j'ai besoin de me sentir désiré, c'est tout !
-Donc tu me dis que j'te désire pas assez... !
-Non ! C'est pas la même chose, avec toi...
Ils revinrent au salon, Kaya avait son porte-feuille en main. En silence, il tendit quelque billet à Jui, lui signifiant qu'il pouvait s'en aller. Ce qu'il fit en tentant de ne pas prêter attention à la dispute qui avait lieu dans l'appartement. Une fois rendu sur le palier, il sortit son portable et appela Kisaki tout en marchant vers l'ascensseur. Il répondit presque immédiatement. L'usuel échange quant au client eut lieu, mais son patron avait à lui parler à propos d'autre chose.
-Oui, en fait, c'est seulement que j'ai pas eu le temps de t'en parler avant ton client. Mais bon... Comme je t'ai dit tout à l'heure, t'es maintenant prêt à reprendre du service à temps plein. Les ventes ont légèrement baissées, durant ton congé...
-Hum...
-Donc tu reprendrais tes clients habituels : XxX-san, ASAGI et Hazuki en plus de quelques clients épars ici et là.
-Hazuki il a un contrat, hein... ?
-Bien entendu. S'il ne le respecte pas, il aura à faire à certaines connaissances à moi...
-Ok...
-J'envoie Jun te chercher tout de suite.
-Ok, merci...
-Et oh...
-Oui ?
-J'ai ta coke, aussi.
-Ok !
Une dizaine de minutes plus tard, son chauffeur passait le prendre et il plongea dans un nouveau mutisme. Il espérait que Kaya l'appelerait dès ce soir pour lui demander des explications quant à ce qu'il avait pu dire pour faire retomber Juka dans ses bras, il sentait un certain besoin de se justifier. Et même s'il savait qu'il avait tout fait pour que ça ne paraisse pas, il avait bien vu que ça l'avait blessé.
Plusieurs jours passèrent, il avait repris à peu près le même train-train quotidien qu'il avait avant de connaître Tatsuhi. Par ailleurs, celui-là, il ne le voyait plus, quand il allait chez sa mère. Il devait sortir avec des amis ou rester enfermé dans sa chambre. Il ne voulait pas qu'il ne l'appelle, il ne devait pas vouloir le voir non plus. De toute façon, ne lui avait-il pas dit qu'ils se reparleraient lors du barbecue de sa mère ? Il le laissait donc faire et malgré l'envie qu'il avait d'aller cogner à sa porte, il respectait son choix et s'en abstenait. Toutefois, il ne pouvait s'empêcher d'aller écouter de temps à autres ce qui se passait derrière le panneau. Sauf que cette fois semblait être beaucoup moins calme que les autres fois d'avant. Il semblait y avoir une engueulade dans la chambre du cadet. Il tendit un peu l'oreille et cru reconnaître la seconde voix.
-Non... Die... souffla-t-il.
Il écouta encore quelques secondes pour s'assurer que c'était bien lui et entra avec fracas dans la chambre.
-Non mais qu'est-ce que tu fous ici, putain d'merde ! s'écria-t-il à l'intention du grand roux en allant l'écarter du plus jeune qui le surpris un instant par ses cheveux fraîchement décolorés (4) et qui semblait sur le point de fondre en larmes.
-Et toi, t'as pas une cliente de qui tu dois t'occupé ? renvoya le plus grand.
-J'suis déjà passé la voir ! T'as rien à faire ici, tu vas laisser Tatsuhi tranquille tout d'suite !
-Pas avant de l'avoir convaincu que...
-Tu vas le laisser tranquille, Die, j'te dis ! Ça sert à rien que tu le menaces, de toute façon, parce que je suis même plus avec lui !
Le petit blond leva des yeux de chiots battus sur Jui.
-C'est pas ce qu'il semble croire !
-C'est pourtant lui qui m'a laissé ! Allez viens, on a ni l'un ni l'autre une raison valable d'être là, dit-il en lui attrappant le poignet pour le traîner à l'extérieur où il le gifla. Non mais t'es mal ?! T'attends quoi de lui ?! Il est encore qu'un gamin !
-T'as donc rien à faire avec lui, si c'est qu'un gamin...
-T'as pas plus à faire avec moi, je te ferai remarquer !
-Bien au contraire...
-Remets pas l'histoire de l'héro sur la table ! Je veux plus toucher à ça ! Et cette fois, c'est vrai ! Et si ça suffit pas, je demanderai à Matsuura de me trouver un centre de désintox' ! Je veux plus jamais avoir à faire avec toi ! Jamais ! Que ce soit en tant que petit ami, en tant que fuck-friend, pour du drug dealing ou en tant que prostitué, je veux plus entendre parler de toi avant qu'on ne m'annonce ta mort, tu m'entends ! Je veux que tu sortes de ma vie jusqu'à ce que tu aies pris concience de ce que t'as fait et que tu demandes sincèrement pardon ! Et une dernière chose ! Nous deux c'est FI-NI ! Fini ça fait déjà longtemps ! Il serait peut-être temps que tu le comprennes ! Et si j'apprends que tu t'en es à nouveau pris à Tatsuhi ou à un de ses proches, tu peux être sûr que tu va te retrouver avec les yakuzas sur le dos et j'suis pas certain que tu t'en sortes vivant, tu piges ?
Le roux resta bouche bée pendant un moment, puis recula d'un pas, puis deux. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais se ravisa (5). Il lui tourna le dos et partit. Jui attendit qu'il soit hors de son champs de vision avant d'amorcer son retour à l'intérieur, mais au même moment, Tatsuhi sortit et se jeta dans ses bras en versant un flot incontrolable de larmes.
-Shhh... Ça ira... Il ne reviendra pas... Je... J'ai réussi à lui faire comprendre, je crois...
Le benjamin ne répondit pas, il en était incapable à cause ses sanglots. Le plus grand se mit alors à lui caresser doucement les cheveux, le dos.
-Tu ferais mieux de rentrer avant qu'on te voit avec moi...
-Reste avec moi, Jui... S'il te plaît...
-... C'est peut-être pas une bonne idée... Tu avais raison, il faut qu'on réfléchisse... et je crois que ce qui vient de se passer peu avoir affecté ce que tu penses et c'est pas nécessairement une bonne chose... Tu ferais mieux de te changer les idées, pour ce soir... Demain aussi, peut-être... Appelle Ryuuji, fait quelque chose avec lui, hein ?
-Jui...
-Je t'ai respecté jusque là, Tatsuhi, maintenant c'est à ton tour de me respecter... C'est moi qui ai besoin de réfléchir, en ce moment et pis... J'ai d'autres clients, ce soir...
-Reviens après ?
-Non, Tatsuhi... Je...
-Mais j'ai peur !
-C'est pour ça que je t'ai dit d'appeler Ryuuji... Je pense qu'il peut prendre mieux soin de toi que moi, en ce moment...
-Mais il ne connait pas toute l'histoire...
-Tu peux lui raconter, comme ça tu pourras être certain qu'on veillera sur toi ce soir. Et je suis persuadé qu'il sera ravi de se ramener chez toi ce soir...
Le blond laissa échapper un soupir plaintif.
-Je sais que tu voudrais plus que tout que je reste, mais il faut vraiment que j'y aille... J'ai un job et j'en ai besoin pour garder l'appartement que je garde toujours... Tu sais où c'est, si jamais tu viens qu'à plus pouvoir attendre du tout...
-Oui...
-Je dois y aller, mon chauffeur m'attends depuis trop longtemps, je vais être en retard à mon prochain rendez-vous...
-... Je t'aime...
-Je sais...
Il se pencha pour l'embrasser doucement et alla rejoindre Jun dans la voiture, sans se retourner pour ne pas risquer d'avoir envie de revenir auprès de Tatsuhi.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? J'ai vu Daisuke passer et...
-Ça te regarde pas, Jun.
-D'accord... Mais qu'est-ce qu'il faisait ici ?
-Le con, voilà ce qu'il faisait ici.
Encore une fois, le reste du trajet se fit sans un mot de plus et quand il fut rentré chez lui, Jui alla directement dans sa chambre prendre une dose de cocaïne avant d'aller s'asseoire devant la télévision.
(1) XDDD Le pire là dedans, c'est que ça peut crissement être pris dans les deux sens du terme XD;;
(2) Ouais, je sais, Jui est né en juin, mais pour les besoins de la cause, il est né en... disons janvier, dans cette fic-là... Disons aussi que les hivers du Kansai sont aussi rigoureux que ceux du Québec x);;;
(3) Pink power 8DD J'espère juste que dans les autres chapitres où on voit Jun, j'lui ai pas foutu les cheveux roses parce que bon... Quoi que... au début de la fic, j'distinguais pas encore Jun d'Iori XD; donc bon... (oui, je sais, Rikette, shame on me XD)
(4) Ce chapitre-ci est le chapitre du "je-change-de-couleur/coupe-parce-que-l'auteure-a-décidé-qu'il-était-temps-de-mettre-les-cheveux-des-persos-à-jour-sauf-ceux-de-Jui-parce-que-Jui-en-blond-elle-aime-pas-ça-et-idem-pour-Die" 8D
(5) Wow, Jui ! Tu vas en avoir cassé, des gens, dans ce chapitre ! 8D