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Le requiem de Matt
Bon. Voilà, je suis mort.
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Quelque part, je m’y attendais certainement. Le type de vie que je menais à tes côtés pouvait difficilement me mener ailleurs qu’à ma perte, et pourtant, je te l’assure, je ne regrette pas la moindre seconde du temps que je t’ai consacré.
Fouler le même sol que toi, respirer le même air, et te prêter mes forces pour accomplir les mêmes actions, ça a été pour moi le plus grand des bonheurs. Je n’en ai jamais exigé davantage ; mon seul regret, désormais, est de n’avoir à aucun moment trouvé le courage de te le dire ; et je suppose que dorénavant tu ne le sauras jamais…
Ce n’est pas grave.
C’était mieux de cette façon.
T’avoir aimé à sens unique, ce fut toute ma vie et ma vie fut cent fois, mille fois plus riche d’émotions que si ma route n’avait jamais croisé la tienne. Les yeux plaqués sur l’écran de mes jeux vidéo, je restais pourtant en permanence réceptif à ta présence, les nerfs tendus vers toi, attentif à chacun de tes gestes et à chacune de tes paroles. J’assouvissais ma soif de toi à travers les mots que tu prononçais, les murmurant ou les criant, et à ta trace que je suivais sans jamais la perdre. Je m'enchaînais à cette passion pour dissimuler la véritable, pour m'empêcher de courir vers toi et te serrer dans mes bras… tu ne l’aurais pas accepté.
Je te connais par cœur, peut-être mieux que tu ne te connais toi-même, ou en tout cas que tu ne veux bien l’admettre. Tu es un être de feu, un éternel insatisfait, et comme tu ne peux pourtant te détourner de tes buts, il faut toujours que tu empruntes la route la plus difficile…
Je t’ai suivi sans mot dire parce que je savais qu’il me serait impossible de te dompter. Tu n’appartiens pas à la race de ceux qui s’apprivoisent ; tu es un fauve fier et libre, sauvage et sans loi ; tu n’acceptes aucun ami mais seulement des subordonnés, des êtres qui te servent avec admiration tandis que tu règnes du haut d’un trône de terreur, parfois excessif mais doué d’une force indéniable, d’un charisme inébranlable. Et je faisais partie du champ de ceux que tu hypnotisais, je me savais perdu dans la foule mais parce que je connaissais ton entêtement, je n’ai jamais tenté de m’approprier une place qui ne me revenait pas.
Car ton cœur, tu l’avais déjà donné, même à cette époque-là, la première fois que j’ai posé les yeux sur toi. Nous étions petits alors, nous ne comprenions pas très bien le fonctionnement de nos sentiments et ignorions comment ils évolueraient, mais moi, à ce moment-là, j’avais déjà compris.
Tu es quelqu’un de sublime. Ni le volcan, ni la tornade, ni le tsunami ne détiennent ta force. Tu possèdes ton propre système solaire, tu le sais et tu en tires une intense satisfaction ; mais seule pouvait réellement attirer ton attention une personne capable de te surpasser…
Cette personne ne pouvait être moi. Par le passé, je m’étais distingué par ma ruse mais à la Whammy House, j’étais tellement loin derrière vous que le fait de succéder à L me paraissait une illusion lointaine. L’héritier de L ne pouvait être que toi… ou lui. Toujours vous vous battiez pour la première place, toujours il était devant toi. La seule frustration de ton existence, c’est celle de n’être jamais parvenu à le vaincre ; cette frustration a grandi, elle s’est changée en colère, en haine, puis en une terrible obsession. Tes pensées se tournaient toujours vers lui, le nain aux cheveux cendrés, l’autiste qui ne sortait ni ne parlait et pourtant prenait sur tous une confortable avance. Moi non plus, je n’ai jamais aimé son air détaché, cette façon qu’il avait de nous dominer sans le moindre effort, sans esquisser le plus petit sourire ni détourner son attention de ses puzzles. À croire que rien ne l’intéressait, et qu’il se fichait de notre présence. Il ne nous traitait même pas comme des sujets.
Et toi, tu ne pouvais supporter la défaite. Il te fallait être le meilleur, à n’importe quel prix. Voilà pourquoi c’est lui, finalement, qui s’est arrogé le monopole de tes pensées, lui, et non moi… Peu importe le sentiment qui était le tien à l’origine, et quel est le nom qu’on lui attribue au final. La vérité c’est que tu lui as donné ta vie comme je t’ai offert la mienne, lui consacrant chacun de tes actes. Pas une seule fois tu n’as agis d’une manière qui ne le concernât de près ou de loin… Pas une seule fois.
Aujourd’hui, je pars avec un peu d’avance mais je ne t’attendrai pas. Parce que même si tu me rejoins, c’est vers lui que tu retourneras et cela, je n’y peux rien. Probablement n’as-tu jamais remarqué l’ampleur de mon attachement pour toi, peut-être parce qu’il t’était habituel d’être idolâtré, c’était ton but après tout. Et lui, a-t-il compris, pour toi ?... Ce n’est pas impossible, il est si intelligent, mais déchiffrer son expression de statue relève de l’impossible.
Je te souhaite bonne chance… Même si tu suis ma route, je suis sûr qu’une fois de plus, tu refuseras de te soumettre à la fatalité. (1)
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Sayonara, Mello…
Ceux qui se demandent pourquoi c’est pas un MelloMatt, c’est parce que dans la même fic j’ai fait un MelloNear alors faut bien rester cohérent… Même si faire du yaoi dans tous les coins c’est déjà pas très cohérent en soi, sans parler du fait que j’écris pas dans l’ordre chronologique XD
(1) Fait référence au chapitre 2 de ma fic « Séparés » lol