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Pluie d'etoiles
Author of 5 Stories

Rated: M - French - Romance/Humor - Draco M. & Harry P. - Reviews: 417 - Updated: 08-08-07 - Published: 06-01-07 - Complete - id:3568601

Voilà ma nouvelle fic (qui date de quelques mois déjà, mais encore fallait-il que je trouve le courage et le temps de la taper puis de la mettre en ligne !). Le rating M sera justifié plus tard au cours de l'histoire.
Je préfère préciser qu'il s'agit d'une relation entre deux hommes, ceux que cela rebute peuvent faire demi tour !
Merci de me donner votre avis si vous le souhaitez, je n'étais pas très à l'aise au début avec ce couple. Enjoy !

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Harry était épuisé.
Entre les nombreuses heures de cours, la perspective des aspics et son entrainement particulier, il avait la sensation de vivre dans un monde cotonneux oscillant entre l'épuisement total et l'acharnement sadique.
Il en venait parfois à regretter son retour à Poudlard : la recherche des Horcruxes, les hordes de mangemorts et même la destruction de Voldemort lui semblaient être de vulgaires promenades de santé à côté de ce que lui faisaient subir ses professeurs.

Depuis son retour au château en septembre, Mc Gonagall et ses cruels sbires se relayaient inlassablement pour le préparer au combat, à l'affrontement vers lequel sa vie, son destin et l'ensemble de la communauté sorcière le poussaient inexorablement. Dans la joie et la bonne humeur. Quelle merveilleuse vie.
Seule la directrice avait parfois la gentillesse de lui faire entendre qu'elle agissait ainsi pour lui donner toutes ses chances.
Harry comprenait mais ne parvenait pas à s'y faire.
Une partie de lui trouvait simplement aberrant que des adultes raisonnablement intelligents puissent tabler sur la victoire d'un adolescent de dix sept ans, petit et maigrelet, face à un mage noir si puissant qu'il aurait pu en faire sangloter d'angoisse le grand Merlin.
S'il avait pu parier, il n'aurait pas risqué la moindre mornille sur le phénomène Harry Potter.
Il se sentait parfois l'âme d'un cancrelat.

Ce soir là, le jeune prodige était allongé sur son lit, en proie à un tel excès de fatigue qu'il ne parvenait pas à s'endormir. Auprès de lui, ses camarades ronflaient doucement et béatement dans l'obscurité de la pièce.
Se retournant pour la trente quatrième fois de la soirée sous les couvertures, Harry morigéna une fois de plus la farceuse fée qui s'était visiblement emmêlé les pinceaux et la baguette en se penchant sur son berceau. Ce n'était pas possible, elle avait dû fumer quelque chose de pas net, être contrariée ce jour là ou avoir envoyé une jeune stagiaire qui se serait noyée dans les obscurs protocoles du Merveilleux !
A côté de son existence, la vie d'Oliver Twist semblait une route de velours bordée de maisons en pains d'épice et de personnages bons et adorables.
Seulement voilà, il était Harry Potter.
Son nom rimait avec Malheur, Horreur et Terreur, et dans tous les sens des termes. D'ailleurs, même son matelas s'y mettait : il sentait un traître de ressort lui broyer la hanche droite avec entrain.

Harry Potter. La poisse s'était décidément réincarnée.

Il marchait donc dans les couloirs sombres, blotti sous sa précieuse cape qui devenait trop courte pour lui. Les personnages endormis des tableaux semblaient l'accompagner silencieusement au fil de ses déambulations, comme une haie d'honneur insolite.
Harry avait remarqué depuis longtemps les effets de la fatigue physique sur son mental. Il ne parvenait à s'endormir et passer une nuit tranquille qu'après les entraînements intensifs de Quidditch, la tête farcie de stratégies d'attaques et les muscles martyrisés.
Toutefois, il sentait bien que les rares personnes ne le prenant pas encore pour un fou dérangé verraient leurs certitudes s'effondrer s'il lui prenait la fantaisie de virevolter de nuit sur son balai.
Alors le courageux - et très fatigué - jeune homme se contentait d'arpenter le château au petit bonheur.
Certaines personnes se seraient volontiers ruées sur ce comportement peu banal et auraient sans doute qualifié le survivant d'excentrique pour ses réfractaires et de romantique pour ses fans.

A l'heure actuelle, Le Harry Potter se sentait assez stupide, pathétique et surtout particulièrement et fatalement malchanceux.
Et pour cause : au croisement des ailes ouest et sud, il venait de manquer de percuter la directrice de Poudlard en personne : Minerva Mc Gonagall.
Et bien qu'elle fasse moins peur en chemise de nuit qu'avec ses chapeaux fantasmagoriques aux plumes acérées, elle demeurait parfaitement capable de condamner un élève à passer ses soirées en tête à tête avec le sol des cachots et une brosse de crin.
Essayant de pas regarder le vêtement flasque et antique que certains osent appeler « chemise de nuit », Harry fit un bond en arrière, se prit les pieds dans ses lacets et manqua de se vautrer par terre.

Heureusement pour lui, Minerva Mc Gonagall était bien trop occupée et perturbée pour prendre garde au bruit de la chute.
Lancée à un pas qui aurait fait pâlir d'envie tous les militaires de Grande Bretagne, elle remorquait les professeurs Flitwick et Chourave. Inutile de préciser qu'ils avaient, l'un comme l'autre les plus grandes difficultés à se maintenir au niveau de la directrice. En conséquent, cette dernière parlait - vociférait même - à travers le couloir.

- Mais… haletait Pomona Chourave. Comment… ouf… vous êtes sûre de… enfin sûre qu'il s'agit bien de lui ?

- Absolument, rétorqua Minerva d'une voix décidée mais perturbée. Il est venu s'échouer aux Trois Balais il y a quelques heures à peine. Je vous laisse imaginer la surprise de Rosmerta… et sa terreur aussi. N'oubliez pas que même faible et mourant, il est recherché par le Ministère.
Le professeur Flitwick renifla.

- C'est à ce point là ? C'est pour cela qu'il a été conduit à l'infirmerie ?

- Absolument. J'ai de la peine pour lui, ajouta la directrice au bout d'un moment. Songez un peu que depuis… depuis les événements de juin, reprit-elle en maîtrisant sa voix, il est considéré comme un hors la loi.

- Tout de même, revenir à Poudlard… murmura Chourave. A quoi pouvait-il donc bien s'attendre ?

Le trio professoral tourna l'angle d'un couloir et le reste de leurs paroles s'amenuisa au rythme de leurs pas.
Harry, soudainement réveillé plus sûrement que par un douche froide passa automatiquement en mode Harry-le-Survivant-qui-se-mêle-de-ce-qui-ne-le-regarde-pas. Son cerveau lui envoyait une cascade de mots et de pensées qui suivaient la cadence frénétique de son rythme cardiaque.
Rogue ! Severus Rogue était revenu, il était là, à quelques centaines de mètres à peine de lui !
Et le jeune homme sentit une bouffée de haine pure remonter de son estomac jusqu'à ses lèvres.
Comment cet assassin avait-il osé revenir au château ?! Il était blessé ? Tant mieux ! Qu'il y reste !
Dans son euphorie malsaine, Harry aurait sanctifié l'assaillant de son ex-professeur.
Sans réfléchir, il se précipita vers l'infirmerie, suivant discrètement la directrice et ses comparses.
Lorsqu'ils parvinrent enfin devant les lourdes portes de chêne annonçant l'infirmerie, Harry avait eu le temps de dépecer mentalement son ancien professeur de potions, de le rouer de coups et de le faire écarteler vif par des hippogriffes.
C'était puéril certes, mais cela faisait du bien, d'autant plus qu'il savait pertinemment que Minerva Mc Gonagall ne le laisserait jamais massacrer quelqu'un en pleine infirmerie. Tout foutait le camp.

Harry se faufila dans la grande pièce éclairée seulement par quelques bougies. Les grandes fenêtres n'offraient que des trous noirs béants sur l'extérieur. Un feu crépitait doucement dans la cheminée du fond de la pièce.
Rien n'aurait pu le préparer suffisamment à ce qui l'attendait dans un des lits de la rangée de gauche.

Le murmure des professeurs semblait compatissant… et inquiet. A côté d'eux, l'infirmière avait l'air affairé, malgré son évidente fatigue.

Il était clair que tous avaient été dérangés dans leur sommeil pour une raison très grave. Harry jeta à peine un coup d’œil au chariot roulant couvert de fioles et de bandages immaculés et s’avança rapidement et silencieusement vers le lit.
Ce fut là qu’il éprouva consécutivement deux chocs. Le premier fut la vision de ce lit blanc presque vide et de la petite forme gémissante et sanglante qui y geignait doucement. L’autre, beaucoup plus concret au lieu quelques secondes plus tard lors de son brutal télescopage avec Rosmerta dont il n’avait pas remarqué la présence.

Le résultat des courses aurait pu soulever l’enthousiasme délirant d’un hippodrome : Harry rentra dans Rosmerta, laquelle poussa un cri digne d’une chouette effraie. Le jeune gryffondor se recula, se prit le chariot placé là exprès pour prendre les Survivants en traître cependant que Minerva se précipitait et arrachait la cape des épaules du jeune homme.
Harry s’effondra lamentablement par terre, accompagné d’un joli bruit de verre brisé.
Il avait les lunettes sur le bout du nez, les cheveux en pétard et une de ses baskets avait subitement décidé de jouer les chaussures de l’air.
Il avait l’air d’un équidé ayant magistralement raté une ou deux haies. Sur l’hippodrome sus nommé, on n’aurait sans doute pas hésité à l’abattre.
En s’imaginant finir dans la devanture d’une boucherie-chevaline, Harry ne put s’empêcher de ricaner stupidement.
« Aujourd’hui, promotion sur le Survivant !.. Survivant de qualité supérieure, trois livres le kilo !.. »
Il ne resterait plus aux dirigeants du Ministère qu’à prier pour que Voldemort vienne faire son marché et succombe à une intoxication alimentaire après un bon steak de Survivant aux olives. Hin hin hin.

Soudain, Harry prit conscience qu’il se trouvait par terre, dans l’infirmerie, passablement débraillé et sur le coup de deux heures du matin. Et que Mc Gonagall était à deux doigts de la crise de nerfs et à un cheveu de l’ulcère.
Face aux adultes qui le regardaient d’un air suspicieux, il tenta d’entamer un semblant de communication orale.

- Euh…

Cela n’allait sans doute pas leur suffire. La figure de MC Gonagall était en train de virer du bleu apoplectique au rouge colérique telle une grosse ampoule de guirlande électrique. Harry décida de remédier intelligemment à la situation.
- Je… euh… vous…
Il préféra fermer la bouche, puisque ses capacités d’élocutions semblaient avoir volé en éclats avec les flacons de médicaments.
Soudain, une faible plainte à peine audible s’éleva derrière eux et Pomfresh se pencha fébrilement sur le lit. Harry se releva, ses doutes se trouvant confirmés par ce qu’il venait de découvrir :

- Ce…ce n’est pas le… Rogue ?

- En effet, Monsieur Potter, répliqua Mc Gonagall, l’air las.

- Mais… fit Harry en écarquillant les yeux. Mais… qu’est ce que ça signifie ?

Dans le lit aux draps blanc et à la lourde couverture de laine se trouvait, posé sur l’oreiller, un jeune animal, de la taille d’une loutre environ. Son pelage, que l’on devinait pâle était boueux et sanguinolent, sale et tâché. La petite bête était affreusement amochée, et Harry eut un pincement au cœur et un début de nausée en notant les plaies béantes qui laissaient échapper le sang, bien que Pomfresh fasse l’impossible pour arrêter l’hémorragie. Puis il réalisa l’incongruité de la situation. Que faisait cet animal dans l’infirmerie, et pourquoi lui prodiguait-on des soins avec autant d’anxiété ?
Apparemment, Minerva Mc Gonagall était elle aussi avide de savoir.

- Racontez-nous Rosmerta… et quant à vous monsieur Potter, fit-elle d’un air sévère en se tournant vers le gryffondor honteux, j’espère qu’à défaut de respecter les règlements de cette école vous comprendrez ce que les mots « au secret » signifient !! Puisque vous en avez déjà trop vu, il me parait difficile de vous renvoyer dans votre dortoir, mais rien de ce que vous entendrez dans cette pièce ne devra en sortir, et avant que vous n’y pensiez, vos amis Ron et Hermione devront également être tenus à l’écart de tout ça !

- Mais…

- Pas de « mais » !! Asséna la directrice avant d’encourager d’un geste la propriétaire des Trois Balais.
Rosmerta jeta un coup d’œil à l’animal dont le sang tâchait le drap en de sombres auréoles.
- Je… je venais de fermer l’auberge, expliqua-t-elle alors. Mon serveur et moi recouvrions les tables et… et il est entré en titubant, comme un homme ivre… et puis il s’est effondré devant la cheminée. Il… il était tellement… oh, c’était affreux Minerva, fit la femme en se tordant les mains. On s’était acharné sur lui, il saignait de partout, et son visage Merlin…

Mon serveur m’a aidée à la transporter jusqu’ici, nous ne savions pas quoi faire, vous comprenez ? Il a reprit connaissance juste avant d’arriver au château, il a parlé de sa fuite, et d’un danger, de quelqu’un qu’il devait prévenir et là, là…

Rosmerta passa les mains dans ses cheveux et tenta de maîtriser les tremblements de sa voix.

- Nous avons vraiment cru… que c’était fini. Il était affaissé dans nos bras, il ne bougeait plus… il était tout simplement en train de mourir, Minerva ! C’est alors que… que c’est arrivé.

- Quoi ? Demanda Harry étourdiment.

- Il… il s’est changé en… en cet animal, expliqua Rosmerta. En quelques secondes, je l’avais dans les bras et j’ai couru…

L’infirmière se retourna vers le petit groupe.

- Ca arrive parfois… quand un sorcier n’a pas le choix, il se réfugie sous sa forme d’animagus pour se sauver. Il… il a dû sentir qu’il n’aurait pas la force de résister en tant qu’humain.

Minerva hocha la tête et soupira en se massant les tempes.

- Et bien, quelle nuit… et surtout, quel retour à Poudlard, mon cher… faites nous plaisir, ne mourrez pas, je pense que nous avons beaucoup à faire ensemble, Monsieur Malefoy.

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