Help
Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search
: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Misc » Misc. Plays/Musicals » Dear Diary

Trucydae
Author of 35 Stories

Rated: K+ - French - Drama - Reviews: 2 - Published: 06-09-07 - Complete - id:3583771

Dear diary

Il est tout juste trois heures. Le matin. Nous avons fait l'amour, ça doit faire deux heures maintenant... C'était bien, comme d'habitude, Juka sait comment s'y prendre ! Il s'est endormi peu de temps après ça. Et moi, je suis toujours éveillé, je suis incapable de trouver le sommeil, comme d'habitude aussi. Non pas que je sois tourmenté, non... Je suis seulement incapable de trouver le sommeil, alors je me retrouve à écrire ici, dans mon journal, et je soupire.

Tout à l'heure, une fois que Juka s'eut endormi, je suis allé à la salle de bain et, en sortant, je me suis arrêté devant le miroir. J'ai fixé mon reflet pendant un moment et je me suis demandé pourquoi ? Pourquoi quoi ? Pourquoi plein de chose, pourquoi trop de chose... Pourquoi cette coupe de cheveux ? Pourquoi ces résidus de maquillage ? J'ai essuyé du revers de ma main ce qu'il me restait de rouge à lèvre. Pourquoi cette nuisette ? Pourquoi ces cernes sous mes yeux ? J'ai fait une moue à mon image inversée. Pourquoi n'ai-je pas de seins ? Pourquoi ne suis-je pas une femme ? Et pourquoi toutes ces questions ? Après tout, si j'étais une femme, je n'aurais pas Juka... Alors pourquoi est-ce que je me plaind ? Je n'ai pas besoin d'être une femme, au final ! Je n'ai rien à leur envier, je suis certain que ma garde-robe fait l'envie de plusieurs d'entre elles ! Même chose à propos de mon petit ami ! En fait, c'est tout comme si j'en étais une... Et pourtant...

J'ai froncé les sourcils et je suis retourné dans notre chambre. Je me suis étendu dans notre lit, à côté de lui qui dormait si paisiblement. Et je l'ai trouvé beau, j'ai souris... Puis, j'ai détourné mon regard de lui pour le poser sur le plafond. Ma tête étais si pleine de n'importe quoi que ça a créé comme un vide, je ne saurais comment résumer ça, comment mettre ça en mot... Ça m'a... mis un peu... comme... mal ? J'imagine que c'est le mot... Et pendant un instant, j'ai eu envie de recommencer un truc que je faisais, étant adolescent... Je me suis assis sur le bord du lit en y repensant. C'est à cette époque... Époque... En fait, ça fait pas si longtemps... Je devais avoir quinze ans... Bon... Ça fait quand même presque dix ans ! Alors, je disais que c'était à cette époque que j'ai compris qui je suis et que j'ai commencé à me comprendre, à me construire. Je commençais à peine à assumer ce que j'étais qu'on me réprimandait pour être ce que je voulais être, pour faire ce que je voulais faire. Je faisais comme si ça ne m'atteignait pas, mais c'était faut. Ce qui faisait que je pouvais aussi facilement passer par dessus, c'est ça. Je changeais le mal de place. Je faisais passer mon mal-être en douleur physique, je m'auto-mutilais. C'était peut-être pas la meilleure des choses à faire, j'en suis conscient, pourtant, ça a été efficace. Grâce à ça, bon, j'ai peut-être massacré mes poignets, mais, au mois, je m'en suis sorti. De cette manière, j'empêchais les choses de trop occuper mes pensés. Tous ces rires lorsque j'arrivais à l'école avec l'uniforme de ma soeur sur le dos, toutes ces messes basses, tous les coups qu'on a pu me faire, je faisais évacuer tout ça en me faisant saigner. Ça peut paraître contradictoire, mais ça m'a empêcher d'en finir pour de bon. Parce que... Il ne faut pas confondre "auto-mutilation" avec "tentative de suicide" ! Ce n'est tellement pas la même chose, même si ça peut parraître semblable, voire identique.

Je suis allé à la cuisine et j'ai ouvert le tiroir contenant les couverts. Je dois être resté figé là, la main sur la poignée, pendant au moins dix minutes à regarder les couteaux, à plus ou moins me demander lequel je devrais prendre. J'ai posé ma main sur l'un d'eux, je l'ai pris. Je l'ai sorti du tiroir et j'en ai regardé la lame, y voyant mon reflet, quelque peu difforme. Était-ce une bonne idée ? Juka s'en serait sûrement rendu compte... Pourtant je sentais que ça me ferait du bien... Je me suis mordu la lèvre inférieure, j'ai senti mon coeur se serrer. Si j'aurais fait ça, il aurait fallu que je le cache à Juka. Et ça aurait été difficile, il connaît la moindre parcelle de mon corps... Et lorsqu'il l'aurait découvert, il n'aurait pas compris, malgré toutes les explications que je lui aurais donnés... Il n'aurait pas compris, il aurait tout de suite pensé à une tentative de suicide... Il n'aurait pas compris parce qu'il n'a jamais fait ça, il n'a jamais eu à faire ça. J'ai reposé mes yeux sur le couteau et revoyant mon image qu'il me renvoyait, j'ai remarqué que je m'étais mis à pleurer. J'ai essuyé mes larmes et j'ai rangé silencieusement le couteau dans le tiroir.

Je suis resté un moment dans la cuisine, la tête baissée, à pleurer sans un son, me mordant la lèvre inférieure si fort que j'étais persuadé qu'elle allait se mettre à saigner. J'ai fini par traverser à la cuisine et me planter devant la fenêtre pour regarder d'un oeil brouillé la nuit étoilée. J'avais toujours l'idée d'une coupure qui me trottait dans la tête, elle est toujours là, d'ailleurs, mais je tentais du mieux que je le pouvais de l'ignorer. Peut-être n'était-ce pas la bonne chose à faire ?

Je crois que je n'en saurai jamais rien.

Je suis retourné me coucher, je pense que je l'ai réveillé... Je n'ai pas été assez discret. Mais, il n'a rien dit... Étant toujours totalement incapable de fermer l'oeil, j'ai pris mon journal et voilà que j'écris dedans, avec l'impression que c'est totalement futile, totalement inutile... J'entends les draps se froisser à côté de moi, je sens sa main sur mon bras. "T'écris quoi ?" C'est ce qu'il me demande d'une voix un peu ensommeillée. "Je... j'écris dans mon journal..." que je répond. Il doit se douter que tout n'est pas si simple. "Je t'ai entendu te lever, tout à l'heure" me dit-il. "Je... ano... j'arrivais pas à dormir..." réponds-je. "Je sais, c'est toujours comme ça... Tu fais de l'insomnie, kokoro no" qu'il fait, doucement. Il vient s'asseoire près de moi, passe son bras autour de mes épaules. Et je me remets à pleurer, malgré tout l'effort que je faisais pour retenir mes larmes. "Tu pleures ?" s'inquiète-t-il, c'est légitime. "Oh... c'est pas grave..." Ma réponse n'a pas l'air de le satisfaire. "Kaya... Allons, j'ai bien vu que ce n'était pas que ça. Pourquoi tu pleures ?" Il ne sait que trop bien quel ton emprunter pour me faire parler, pourtant, je sens que même si la réponse que je vais donner n'est que pûre vérité, il croira que ce n'est pas tout ça... Je pose ma tête sur son épaule. "Je... je sais pas..." Je reniffle et il carresse mon bras, lentement, de haut en bas, de bas en haut... "Tu travailles peut-être trop..." Travailler trop ? Je relève la tête et le dévisage. "C'est vrai, tu es toujours soit au studio, soit ici en train d'écrire tes chansons, soit en train de répondre à des lettres de fans... Et j'en passe..." Ah ? "Je peux pas laisser tomber mes fans comme ça, Juka !" Voyons, je le connais mieux que ça ! Pourquoi est-ce qu'il me dit ça ? "C'est pas ce que j'ai dit, non plus !" Il me sourit. "Ce que je voulais dire, c'est que tu n'as peut-être pas besoin de travailler autant... Tes fans t'aiment, ils peuvent attendre un peu pour une nouvelle sortie ! T'arrêtes pas depuis un an !" Oh... "Peut-être que t'as raison..." Je ferme les yeux et repose ma tête sur son épaule en passant mes bras autour de sa taille. "Kaya... Je sens que c'est pas tout..." Je me mords la lèvre inférieure à nouveau. "Eto... Non, c'est pas tout... Mais... j'ai... j'ai aucune idée de ce qu'est le reste, Juka ! Je sais pas ! J'ai le coeur tout serrer et je sais même pas c'est à cause de quoi !" Je me mets à pleurer franchement. "Juka, j'ai failli recommencer à... à me scarifier, tout à l'heure ! Je sais pas pourquoi je me sens comme ça ! J'aime pas ça !" Ah zut... Il s'inquiète, maintenant ! Je n'aurais pas dû lui dire ça ! "Recommencer à te scarifier ? Tu as déjà fait ça !" Je ne réponds pas, je ne fais que pleurer sur son épaule en resserant mon étreinte. "Tu l'as pas fait au moins ?" Je secoue faiblement la tête en signe de négation. "Non..." Ma réponse n'est qu'un murmure. "Faut pas te faire mal, comme ça..." Il me carresse les cheveux, y pose un baiser. "Je sais." dis-je d'une voix étranglée par mes larmes. Mes paupières semblent vouloirent tomber, tout d'un coup. "... Peut-être que tu as besoin de repos, tout simplement. C'est peut-être ça qui te fait craquer... Allons, ne pleure plus, je t'en prie... ! Ça me donne aussi envie de pleurer..." Il essuie mes larmes. Je ne veux pas le voir ou l'entendre pleurer. Je ferme étroitement mes yeux en prenant de grandes inspirations. J'ai peine à les rouvrir. Je le regarde, il me sourit et se penche vers moi, il m'embrasse doucement, m'incitant à m'allonger contre lui. Je pose ma tête sur sa poitrine et écoute son coeur battre. Il passe sa main dans mes cheveux. Je suis bien comme ça. Je ferme les yeux en disant: "J'ai besoin de toi, Juka...". Il m'embrasse le front et répond. "Et je suis là. Je serai là tant que tu auras besoin de moi. Je serai là tant que tu voudras de moi. Je serai là tant que tu m'aimeras. Je serai là par ce que je t'aime". Je souris malgré le sommeil qui me gagne lentement. "Merci..." murmure-je. Je l'aime aussi, mais je n'ai pas le temps de le lui dire, je m'endors avec le son des battements de son coeur comme comptine.

OWARI


Note : Ceci est basé sur des faits réels, à vous d'interpréter ça comme bon vous semble. Sachez seulement que ces faits ne sont pas applicable à Kaya, mais plutôt... À moi... Et pour celles qui suivent aussi mon blog, l'explication de l'auto-mutilation de Kaya ici... c'est la même que la mienne...

Maintenant, je devrais aller me coucher, moi aussi, parce que c'est vrai que le manque de sommeil peut rendre un peu dépressif (genre (il est 4h30, là XD et l'heure qu'il dit au début, c'est l'heure qu'il était quand j'ai écrit ce passage xD), j'aurais pas écrit ça when I'm feeling high and satisfied ...) M'enfin... c'aurait pu être une partie de mon propre journal intime, si j'en avais tenu un xx... Arf et pis je suis désolée de vous faire lire ça OO... Enfin, bon... bonne nuit, bonne journée, bon après-midi, bonne fin de journée ou bonne fin de soirée, tout dépendamment du fuseaux horaire dans lequel vous vous trouvez.



Return to Top