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: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Books » Harry Potter » Le Rituel

Sheikhan
Author of 4 Stories

Rated: T - French - General - OC - Reviews: 7 - Published: 06-13-07 - Complete - id:3591272

Titre : Le Rituel
Genre : Général. Franchement je sais pas du tout comment classer cet OS...
Disclaimer : L'univers de Harry Potter appartient à Mrs J.K. Rowling. Aurora, son rituel et son frère sont à moi. Je ne me fais pas d'argent dessus évidemment. Un grand merci à Titi et ma mère pour les idées de raisons de vivre d'Aurora, j'avais eu du mal à les trouver lorsque j'ai écrit cette fiction.
NB : Fic réécrite dans la nuit du 3 au 4 mars 2009.


Vingt-trois heures. L'heure d'y aller. La jeune fille repoussa ses couvertures et écarta son rideau sans bruit. Le rituel pouvait commencer.

Elle posa un pied au sol puis, moins de deux secondes plus tard, le deuxième. De sa main droite, elle chercha sa baguette enfouie sous son oreiller et métamorphosa ses vêtements. Elle se leva, fit quelques pas et se retourna. Ses camarades de chambre dormaient. Parfait. Qu'elles soient réveillées aurait gâché sa soirée.

Elle fit demi-tour et franchit la porte pour gagner la salle commune. Deux élèves y discutaient à voix basse. C'était toujours les mêmes. Elle les salua d'un signe de tête qu'ils lui rendirent avant de se replonger dans leur conversation. L'adolescente les quitta pour sortir dans le couloir. Elle fit quelques pas et bifurqua, empruntant le chemin qui la menait à un petit escalier bien caché. Rusard ne connaissait pas le passage couvert par une grande tapisserie, elle gagnait un peu de temps.

Elle grimpa les marches deux à deux, ses longs cheveux auburn battant la cadence sur ses reins. Elle arriva vite au rez-de-chaussée. La jeune fille se pressa quelque peu pour rejoindre les escaliers magiques. C'était toujours risqué, mais elle ne pouvait pas faire autrement. Bientôt, le concierge passerait par ici. Elle adressa une prière à Merlin pour ne pas se faire prendre et courut en montant. Elle se baissa d'un coup.

Le vieux concierge qui patrouillait venait d'arriver, deux étages en-dessous. Bien cachée derrière les rambardes, elle l'observait. Il n'avait aucune de grâce. Elle en aurait presque détourné le regard si veiller à ce qu'il ne modifie pas son parcours l'intéressait autant, mais il continua sa route comme prévu. Elle sortit un morceau de bois de sa robe sorcière, sa baguette. 30 centimètres, bois de rose, un crin de licorne à l'intérieur. Elle en était très fière.

« Tempus. »

Sa voix s'éleva dans le silence, à peine plus forte qu'un murmure. Quelques étincelles jaillirent du bout de sa baguette et des chiffres en filaments dorés apparurent dans l'air. Elle secoua la longue tige pour les faire disparaître. 23h15. Elle reprit son chemin vers la tour d'astronomie. Arrivée au cinquième étage, elle se jeta un sort de désillusion. Miss Teigne était dans les parages, elle en avait parfaitement conscience. Contrairement à ce que les élèves semblaient penser, la chatte avait un parcours fixe, à l'instar de son maître. Il suffisait de le retenir pour s'en sortir.

La demoiselle ôta le sort un peu plus tard, après que l'animal soit passé. Elle sortit de sa cachette et recommença à marcher, pressant un peu le pas pour respecter son horaire. Un léger sourire apparut sur son visage trop pâle, rendant leur éclat à deux pupilles d'un bleu profond. Draco ne devait plus être très loin.

Trois semaines auparavant, il avait eu vent de son rituel. Au lieu de la punir, il l'avait laissé faire. Il avait tout de même failli la faire arriver en retard, mais elle lui avait pardonné en voyant qu'il ne la sanctionnait pas. Depuis, il se contentait de finir son tour ici, pour être bien sûr qu'elle ne tarderait pas trop à partir. Mais il n'y avait aucun risque. Elle n'aurait jamais une seconde de retard. Même malade, elle respectait scrupuleusement les trajets et le temps qu'elle devait leur accorder.

Et effectivement, quelques mètres plus loin, elle croisa le blond adossé à un mur. Il lui adressa un demi-sourire, sans pour autant décocher un mot. Elle-même lui fit un signe de tête et étira les lèvres, découvrant ainsi une rangée de dents blanches presque parfaitement alignées. Puis elle relança le sort pour obtenir l'heure. Quelques minutes de libre restaient encore avant qu'elle n'ait à entrer dans la salle. Elle s'assit donc sur la dernière marche, les yeux rivés sur le bas des escaliers, oreilles aux aguets. On entendait au loin les hululements des hiboux et quelques bruissements provenant de la forêt interdite. Elle aurait aimé s'y rendre juste une fois, mais ce n'était évidemment pas possible.

Les minutes s'égrenèrent. Elle se releva tel un automate lorsque l'heure arriva. Les habitudes prises faisaient qu'il ne lui était pas difficile de savoir quand il était 23h30. Sans plus un regard pour le préfet, la jeune fille poussa la porte de la salle qui l'accueillait tous les soirs et la referma doucement derrière elle. Elle s'appuya ensuite sur la battant et observa tout autour d'elle.

La pièce était moyennement grande, sombre et poussiéreuse. Quelques tables - restes de ce qui fut une salle de classe un jour – se trouvaient de-ci, de-là. On ne devinait plus les rangées. Un vieux fauteuil trônait aussi dans un coin, ainsi que des bancs de bois. Le plus impressionnant était certainement les toiles d'araignées en grand nombre et les traces de pas dans la poussière. Une sorte de chemin rendu plus sombre grâce à l'absence de particules grises laissait deviner l'itinéraire que la verte et argent empruntait de façon quotidienne. Elle fit alors quelques pas, jusqu'à rejoindre une chaise bancale sur laquelle elle s'assit, face à une fenêtre.

« Aujourd'hui comme chaque jour, Aurora se demande quel est le but de sa vie. »

Elle se tut un court instant, positionnant ses mains sur ses genoux. Le dos bien droit, la tête parfaitement dans l'axe du reste de son corps, la jeune fille venait d'opter pour la première position de son rite.

« Christopher doit être puni, mais elle se demande si la vengeance est sa raison de continuer. »

L'air indifférent, elle récitait un discours déjà bien rôdé.

« Son frère ne mérite pas la chance que le Seigneur des Ténèbres lui accorde, mais comment peut-elle l'atteindre ? Aurora n'est qu'élève. Une élève seule qui ne sait pas faire grand chose. Elle sait pourtant que sa famille doit être vengée. Oui, Christopher doit mourir, mais avant, il doit comme elle perdre ce qu'il aime. Ceux qu'il aime. »

Elle serra les poings sur ses cuisses, sans pour autant que l'expression de son visage n'en souffre. Il gardait sa neutralité coutumière.

« Hier... Hier, Aurora a réfléchit. Aurora a une idée. »

Sa voix se fit murmure. Elle se pencha très légèrement, comme pour glisser ses secrets à l'oreille de quelqu'un.

« Aurora sait dorénavant comment venger sa famille, mais elle a peur. Christopher est un bon fidèle. Le Seigneur des Ténèbres n'appréciera peut-être pas qu'elle le tue. Peut-être... Peut-être Le rejoindra-t-elle, en remplacement. Non... Non, elle ne le tuera pas finalement. »

Un sourire inquiétant apparut sur ses lèvres alors qu'une lueur mauvaise s'allumait au fond de ses yeux bleu cobalt.

« Comme Aurora, il n'aura plus de toit accueillant. Plus de câlins en rentrant. Il n'aura plus personne. Oh non ! Plus personne. Beth... Beth et Petit Neveu. Ils ne seront plus là. Son frère ne sourira plus. Son frère comprendra. Il comprendra pourquoi elle lui en veut ! Père et Mère ne devait pas mourir. Non, pas mourir... »

Elle se leva brusquement, mais retint la chaise qui basculait d'un geste précis. Elle la reposa doucement contre le sol et alla s'appuyer sur le rebord de la fenêtre. A ses pieds, un mince chemin dénué de poussière était visible.

« Mr Snape a dit que la potion était mortelle. Il a dit quand le Gryffondor a raté son chaudron que n'importe qui ingurgitant ça mourrait en souffrant horriblement. Aurora a essayé sur un rat. Ça marche. Ça marche vraiment. Harrold et Beth rejoindront Père et Mère bientôt. Demain. Demain... Dans une jolie fiole. Un cadeau. Un cadeau de Christopher ! »

Elle se retourna vers l'intérieur de la salle et retourna s'asseoir.

« Aurora a jeté des sorts du livre de potions. Le poison n'aura pas de goût. Le poison n'aura pas d'odeur. Mais ce sera douloureux, très douloureux. Très long. Et son frère verra. Son frère ne pourra rien faire ! Oh oui, son frère souffrira. Même s'ils n'étaient pas de bons fidèles de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcé-le-nom, Père et Mère ne devaient pas mourir ! »

Elle se souvenait. Elle se souvenait qu'ils n'avaient finalement pas grand chose contre les Sang de Bourbe. Son frère avait vu Père avec une née moldue. Il la protégeait. Il la cachait alors que le Seigneur des Ténèbres lui avait demandé de la tuer. La cinquième année inspira profondément.

« Après ça... Après ça, Aurora ne sait pas. Elle continuera ses études bien sûr. Bien sûr. Elle l'a promis. Elle a dit à ses parents qu'elle finirait par devenir aussi bonne en potions que Mr Snape. Oh comme ils seront fiers d'elle, là-haut ! Et le professeur aussi sera fier, même si elle le dépassera ! Elle inventera des potions très puissantes. Des potions contre toutes sortes de maladies ! »

Elle ferma les yeux, un sourire béat aux lèvres.

« Et elle fera avec ses élèves comme Père faisait avec elle. Elle leur apprendra à mélanger les ingrédients, à suivre des recettes précises. Elle leur apprendra à couper en fine lamelle, à veiller sur les liquides, à admirer les couleurs et comprendre pourquoi ce sont elles et non d'autres qui apparaissent. Elle leur apprendra ! Et ils l'aimeront. Les élèves aimeront Aurora ! Ils seront plus gentils que ses camarades de classe. Ils viendront la voir. Ils lui feront des cadeaux en remerciements de ce qu'elle leur apprend. »

La jeune fille se mit à rêver quelques instants. Elle se voyait entrer dans le cachot des cours de potions. Elle serait grande, jolie, admirée. Le silence se ferait et les lèves sortiraient leurs affaires. Elle dirait quelques mots, ils l'écouteraient avec avidité, buvant ses paroles comme d'autres avalaient de la Bièraubeurre. Elle agiterait alors sa baguette et sur la tableau noir s'inscriraient ses instructions que les adolescents suivraient sans se plaindre, en faisant attention.

« Et puis un jour, quand Aurora voudra faire autre chose, elle choisira un remplaçant et elle parcourra le monde. Elle ira dans les réserves de dragons et fera comme le Survivant. Elle fera la course avec l'une des créatures sur son balai et elle récupèrera un œuf. Mais elle le lui rendra, parce qu'Aurora aime les dragons. Elle sait qu'il ne faut pas voler les œufs, sinon ils ne peuvent pas naître. »

A nouveau, elle se tut. Ses yeux dérivèrent vers l'extérieur. Elle observa la lune. Elle était ronde, lumineuse et si belle. Comme ce jour-là. Comme quand elle était rentrée et qu'elle avait vu son frère seul, avec Père et Mère couchés à ses pieds. La Serpentarde sentit ses yeux s'humidifier. Elle renifla et reprit d'une voix mal assurée.

« Mais d'abord... D'abord Aurora doit venger sa famille. Demain. Oui, demain... »

Elle se leva enfin et épousseta ses vêtements. Sa main alla chercher sa baguette. Elle murmura le sort pour connaître l'heure. Un quart d'heure s'était écoulé depuis qu'elle était entrée. Il était temps de sortir maintenant. Ses pieds commencèrent à avancer, empruntant à nouveau le tracé trop net sur le parquet, mais ils se butèrent contre un obstacle imprévu. De surprise, la jeune fille en lâcha sa baguette magique. Ses grands yeux s'ouvrirent un peu plus sous l'étonnement alors qu'après, elle murmurait avec affolement :

« Non ! Non ! Trewlawney l'a dit. Mauvais présage. Mauvais présage. L'imprévu bouleversera les plans d'Aurora. Non. Aurora ne veut pas. Baguette ! Baguette, viens là ! »

Elle se laissa tomber à genoux et se mit à quatre pattes pour récupérer la tige de bois qui avait glissée sous une armoire. Une fois l'objet en main, elle la serra contre son corps, se balançant doucement pour calmer les battements de son cœur. Un instant plus tard, elle revérifiait l'heure. Il était encore temps, elle se dépêcha de sortir et se retrouva nez à nez avec le préfet. Le blond l'inspecta un moment, plissant le nez lorsqu'il aperçut la poussière grisâtre accrochée à sa robe. Finalement, il s'en alla sans un mot. Il le savait, elle rentrerait toute seule. Et, effectivement, elle emprunta le même chemin qu'à l'aller, mais en se pressant. Quand elle s'endormit, le visage détendu comme tous les autres soirs, il était minuit pile.


Ce "truc" m'ait venu la nuit du dimanche 10 juin au lundi 11 juin. La perspective du bac a vraiment de drôles d'effets sur mes neurones... Quoiqu'il en soit, j'espère que ça vous a plu. Je pense qu'on retrouvera Aurora comme personnage de fond dans certains de mes fics HP. Elle m'amuse avec toutes ses bizarreries.

Enfin bref, j'aimerais bien avoir votre avis, positif ou négatif. Je ne le demande pas pour vous embêter, mais parce que c'est plus facile de s'améliorer en sachant ce qui plaît ou non. ;-) Et si certaines tournures de phrase ou certains passages vous paraissent obscurs, signalez-le moi. Il n'y a pas eu de béta pour la réécriture...

Bonne journée/nuit !



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