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Books » Harry Potter » Jackpot Poker Potter font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Witchia
Fiction Rated: M - French - Romance/Humor - Harry P. & Draco M. - Reviews: 79 - Published: 06-21-07 - Updated: 08-07-07 - id:3608613

Coucou !

Pas trop tôt me direz-vous ? Oui j’avoue… Je vais finir par m’éduquer et respecter mes dates ! Un jour.

J’espère que vous passez tous un bon été. Allez, sortez donc un peu au soleil ! Je vous assure que cela fait du bien de quitter un peu le pc ;)

Bon, j’arrête avec mes conneries, et je tiens à tous vous dire un immensissime MERCIIIIIIIIIIIIII pour toutes vos reviews !! Ca m’a vraiment faite trop plaisir !!

Je voulais aussi préciser que je réponds toujours aux reviews, mais que malheureusement c’est impossible pour les reviews anonymes (d’où le nom anonyme) donc si vous souhaitez une réponse de ma part plus personnelle, laissez votre adresse email. Je ne mords pas, je ne harcèle pas, et en plus celle-ci ne s’affiche plus dans les reviews donc c’est ultra confidentiel.

Cette annonce passée, voici la suite de Jackpot Poker Potter !

Chapitre 3

Sorti de la salle des préfets-en-chef, une valise remplie de 6000 gallions en main, Harry mit sa cape d’invisibilité sur lui et se sentit flotter jusqu’à son dortoir de gryffondor de 7ème année. C’était un de ces moments où rien ne pouvait gâcher votre bonheur. Harry avait réussi. Il avait vidé de leur argent tous ces serpentards, et tout cela par son seul talent. Il avait de quoi être fier de lui.

Dans son état de semi sobriété, Harry sentait bien qu’il y avait quelque chose qui n’avait pas été et qu’il regretterait amèrement à son réveil mais il ne voulait pas y penser maintenant.

C’est dans cet état que Harry retira sa cape devant la grosse dame puis monta les escaliers, toujours valise en main, et se posta devant son lit.

Une main se posa alors sur son épaule.

« Eh ! Ron ! Tu ne dors pas ? Il est plus de trois heures du matin. » Dit Harry, soucieux pour son ami. Celui-ci avait une mine épouvantable.

« Je suis désolé Harry ! Pleura presque le rouquin. Je n’aurais jamais dû te laisser y aller !! Je te rembourserai chaque mornille de perdu, je te le jure !! »

« Chuut ! Moins fort. » Souffla Harry.

Le sauveur lui dit alors qu’il avait gagné la partie. Cela valait vraiment le coup d’œil, vu le visage ahuri de Ron à l’instant, de ne pas être encore couché.

« Merci, je vois que la confiance règne. » Dit Harry en rigolant. « Bon, j’avoue, j’ai vraiment été suicidaire sur ce coup-là mais tu me connais : je ne peux pas m’en empêcher quand je vois une telle injustice ! Et cet argent provient de petits gosses de riches qui n’en ont rien à faire alors s’il te plait ne culpabilise pas et accepte-le. »

Harry avait pris le bras de Ron dans sa main et lui avait parlé dans les yeux, avec franchise. Il espérait vraiment que le rouquin accepterait. Et au bout de quelques minutes d’hésitation, Ron le serra dans ses bras et le remercia :

« Je te le revaudrai Harry. Je sais que je te dois déjà beaucoup mais je te promets que tu peux me demander n’importe quoi et ce jusqu’au restant de mes jours, j’ai une dette envers toi à vie ! »

« Et bien si tu savais ce que j’ai été obligé de faire pour cet argent, en effet, tu serais certain d’avoir une dette à vie, mais au final ce n’était pas si désagréable… » Dit Harry un sourire malicieux aux lèvres.

« Ah oui ? » Répondit le rouquin, très étonné. « Raconte-moi tout ! »

« Pas ce soir. Je tombe de fatigue et demain on commence avec potion, merlin et damnation. Bonne nuit Ron. »

« Bonne nuit. »

ooOoo

Le lendemain matin, Harry eut beaucoup de mal à se réveiller. Ce fut Ron qui fut obligé de le secouer brutalement, après que la claque n’ait pas marché. Fichu lion. Harry resserra sa couverture comme si sa vie en dépendait et baragouina :

« Non… mon rein vaut beaucoup plus que 300 gallions. »

Dean et Seamus vinrent à l’aide de Ron. Harry s’était alors retrouvé à être aspergé d’eau glacé ; il ne se réveilla toujours pas. Puis, ils le firent voler à un mètre au-dessus du lit (celui-ci était toujours accroché à sa couverture comme une moule à un rocher), et comme cela ne marchait toujours pas, ils déplacèrent magiquement le lit puis retirèrent le sort de flottaison sur le pauvre gryffondor !

« Aïe !! Non mais ça ne va pas !! » Cria la malheureuse victime, le nez collé au parquet.

« Bon réveil à toi aussi, la marmotte. A tout à l’heure. » Dirent Dean et Seamus, tout en descendant enfin pour aller manger.

Ron et Harry allèrent se doucher. Il restait encore une bonne heure avant le début des cours mais Ron avait préféré prévoir du temps par sécurité (vous n’imaginez pas ce que cela pouvait être difficile de réveiller une marmotte qui n’avait eu que 4 heures de sommeil).

Après sa douche, Harry se pencha sur la valise remplie des jetons de gallions. C’était joli à voir, tout cet argent. Il prit sa baguette et jeta dessus le même sort que la veille sauf que, cette fois-ci, il avait transformé toutes ces pièces en six plaquettes de mille gallions chacune.

Il se demanda brièvement pourquoi Draco n’avait pas fait cela directement au lieu d’un grand sac de jetons mais il se dit que le serpentard n’y avait pas songé ou bien qu’il trouvait plus impressionnant de les laisser sous cette forme. Après tout, lui-même n’y avait pas pensé sur le coup alors il n’avait pas à critiquer. (nda : la véritable réponse est que l’auteur n’y a pas pensé avant…)

Il mit cinq des plaques dans une enveloppe qu’il scella pour madame Weasley. Seule elle pourrait ouvrir cette lettre. Il mit ensuite la dernière dans sa malle à rangement, au milieu de ses vêtements.

Ron sortit alors de la douche et ils allèrent ensemble à la grande salle prendre un petit-déjeuner bien mérité.

Ce n’est que lorsque Hermione la questionna en détail sur la soirée que Harry se rappela de ce qu’il avait fait la veille…

« Coucou Harry ! Dit la gryffondor dès qu’il fut assis sur le banc. Je suis vraiment très fière de toi. J’essayais d’écouter votre partie depuis ma chambre mais au bout d’un moment je me suis endormie, je suis désolé. Heureusement, une bonne âme a bien voulu me faire un résumé ce matin. C’était passionnant ! »

« Ah… Et qu’est-ce que t’as raconté Malefoy ? » Dit Harry en usant de tout ce qu’il avait appris du bluff pour ne pas paraître trop intéressé par les commentaires de la fouine et surtout pour ne pas montrer sa gêne.

Hermione lui sourit avec compassion et Harry craignit le pire.

« Et bien en fait, Draco n’était pas encore levé quand je suis partie ce matin. C’est Blaise qui m’a raconté. »

Harry fronça les sourcils. Alors comme ça, ils avaient passés toute la nuit ensemble. Le sauveur ne comprenait pas pourquoi cette information l’agaçait. Après tout, ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient de leurs corps, cela ne le regardait pas. Il ne pouvait pourtant pas s’empêcher d’en ressentir du dégoût.

Il jeta un coup d’œil furtif en direction des serpentards, se demandant si cette soirée était leur sujet de conversation. Draco mangeait en silence, avec son air altier habituel. Apparemment le sujet n’était pas encore sur le tapis.

« Mais qu’est-ce que foutait Zabini là-bas ? Demanda Ron surpris. Il est venu chercher la fouine ? »

« Un jour, je t’expliquerai Ron. » Dit Hermione en tapant le dos de son ami d’un faux air compatissant. Harry se força à ne pas exploser de rire. Ron regarda Hermione avec toujours la même surprise sur le visage puis il laissa tomber.

« Je disais donc, reprit Hermione. Blaise m’a dit qu’au début tu étais très frileux, que tu misais très peu et observais le jeu, puis que tu t’es enhardi et que tu as eu une chance inouïe. Apparemment la chance sourit aux audacieux mais je pense, en te connaissant, que tu as dû prendre trop de risques. Mais bon, l’important c’est le résultat, comme on dit. Blaise m’a aussi dit qu’il t’avait trouvé tout à fait supportable ‘pour un gryffondor’. Il a même soufflé plus que dit que tu étais d’une compagnie agréable. Et puis je ne sais pas pourquoi mais il m’a dit qu’il t’avait trouvé très sexy. »

Harry rougit jusqu’à la teinte d’un homard. Sa seule consolation fut de voir que Ron n’était pas mieux.

« Harry, qu’est-ce que tu as dû faire pour cet argent ? » demanda Ron, à présent blanc comme un linge.

« Je t’en prie Ron. Tu me prends pour qui ? J’ai juste posé ma chemise en mise. C’est rien du tout. »

Ron continua à le regarder avec méfiance.

Harry fut très heureux de voir les hiboux arriver à ce moment-là. Il n’avait pas envie de continuer cette discussion. Une chouette lapone vint lui déposer la gazette du sorcier (avec la guerre il avait fini par s’abonner) et il nourrit l’animal puis il en profita pour lui donner son enveloppe à renvoyer aux Weasley.

« Tu te rends compte de la somme que contient cette enveloppe ? » dit Ron.

« Bon, on va en cours ? » Répliqua Harry, mal à l’aise.

Ils se dirigèrent lentement vers les cachots. Harry alla se placer au dernier rang de la salle dans un coin, comme d’habitude pour les cours de potions. Il préférait être le plus éloigné possible de Rogue. Hermione alla pour s’asseoir à coté de lui mais Blaise la bouscula et s’assit à sa place sans la moindre gêne. La préfète se retint de faire un scandale car le maître de potions venait d’arriver et elle prit donc la seule place qu’il restait encore de libre (Ron s’étant mis avec sa petite amie Parvati) : celle habituelle du serpentard c’est-à-dire à coté de Draco, à l’autre extrémité au fond de la salle.

ooOoo

Pour une fois, Draco s’était réveillé avec difficulté. Ce n’était pas dans ses habitudes et cela le contraria. Il prit un long moment pour se doucher et repensa à sa soirée de la veille. Cela avait été parfait jusqu’à ce que Potter le… Il s’était senti électrisé par le contact des lèvres du sauveur sur son cou et cela le gênait.

Oh, il n’avait pas une once de remords pour ce qu’il lui avait demandé, et n’en voulait pas vraiment à Potter pour son geste (avec de l’alcool on pouvait faire et dire des choses parfaitement idiotes, Draco n’en avait que trop conscience). C’est juste qu’il craignait que le balafré ne change de comportement à présent avec lui. Il avait peur qu’il le fuit et que leur guerre en soit changée.

« On verra bien. » Se dit le blond tout haut à son miroir qui lui répondit par un sourire.

Il n’avait pas envie de se prendre la tête de si bon matin.

ooo

Arrivé en potion, Draco fut d’abord étonné de voir Blaise se poser à coté de Harry. Il se rappela alors le gage stupide dont il avait été à l’origine : Blaise devait faire exploser la potion du balafré avant la fin du cours.

Il fut un peu fâché de se voir obligé de se coltiner la miss-je-sais-tout mais pour une fois optimiste il se dit qu’au moins aujourd’hui il n’aurait rien à faire pendant le cours.

Le professeur Rogue fit voleter sa cape puis leur demanda de se mettre à la préparation de la potion grippenmain, un puissant médicament contre la grippe (il y avait une véritable épidémie en cette fin de mois de janvier et Draco soupçonna son directeur de maison de profiter de son statut de professeur pour faire travailler ses élèves à sa place). Les ingrédients et la page dans le livre s’inscrivirent au tableau par magie.

« Draco, tu peux aller chercher les ingrédients s’il te plait. »

« Va le faire toi-même. »

« Je te préviens, je ne compte pas faire la potion toute seule ! » Réprimanda la gryffondor.

Elle lisait dans ses pensées ou quoi ? Il finit par se lever, au moins ne pourrait-elle pas dire qu’il n’avait rien fait. De retour, Draco posa les affaires puis jeta un coup d’œil furtif sur Harry et Blaise. Son ami chuchotait à l’oreille du balafré.

Draco considéra la préparation. Hermione coupait, tranchait, cisaillait en lui lançant des regards noirs. Il prit les racines de hikoi et les coupa lentement, sachant que l’ingrédient ne servirait que plus tard dans la préparation. Quand il eut fini (il ne pouvait plus couper d’avantage), il jeta de nouveau un coup d’œil à l’autre bout de la pièce.

Son œil s’attarda. On pouvait même dire que ses yeux ne quittaient plus les élèves. Il n’en revenait pas : Harry avait sa robe défaite. Grande ouverte, Draco voyait distinctement Blaise passer ses doigts sur la chemise du gryffondor, touchant, caressant, puis retirant le nœud de la cravate. Le sauveur du monde continuait péniblement à mettre les gouttes de sang de doxys dans le chaudron. A ses expressions, Draco n’arrivait pas à l’admettre, il aurait juré que le gryffondor appréciait.

« Mais qu’est-ce qu’ils font ? » Chuchota-t-il, hébété.

Blaise continuait à chuchoter à l’oreille de Harry, et ses mains se baladaient sous la chemise. Et le golden boy se laissait faire, les joues rosies, et la mâchoire crispée.

Mais qu’est-ce qu’il faisait bon sang ?? Il n’avait pas le droit ! Par merlin, mais c’était du grand délire ! En plein cours en plus, mais que faisait Rogue quand on avait besoin de lui ?!

Rogue observait comme une cocotte prête à exploser Neville Longdubat et sa potion. Toute sa concentration y passait.

« Draco, à présent tu vas pouvoir mettre tes racines. » Lui dit Hermione d’un ton sarcastique.

Draco, sans lâcher du regard la main de Blaise descendant de plus en plus bas sur le ventre du sauveur, prit la pincée devant lui et la plongea dans la potion.

C’est alors que l’impossible se produisit : la potion de Draco explosa !

L’eau bourbeuse bouillonnante brûla le serpentard à la joue et celui-ci cria de surprise et de douleur. Son professeur se jeta sur lui et commença à lui donner les premiers sorts de soins quand une nouvelle détonation se fit entendre. Tout le monde se retourna sur la potion de Harry qui avait explosée à son tour.

« POTTER !! »

Le maître le plus détesté de tout Poudlard arrêta de s’occuper de Draco, qui n’était finalement que superficiellement blessé à la joue, pour aller voir les dégâts à l’autre bout de la pièce.

« Très amusant, monsieur Potter. Vous étiez jaloux de ne pas être le centre d’attention alors vous vous êtes dit que vous alliez faire exploser vous aussi votre chaudron. Cela vous vaut vingt points en moins pour gryffondor et deux heures de retenue. »

Le professeur avait vu avec un soulagement caché que les élèves de ce coté n’étaient pas blessés, et il avait aussi remarqué autre chose. Draco vit ce que les autres élèves devant ne pouvaient pas voir : Rogue regardant la tenue du gryffondor puis observant avec méfiance son voisin serpentard pour ensuite revenir sur Harry.

« Monsieur Potter, si vous aviez si chaud que cela vous n’aviez qu’à quitter la salle de classe plutôt que de vous déshabiller de la sorte. »

Plusieurs élèves éclatèrent de rire et Harry rougit devant sa tenue débraillée. Draco s’autorisa un fin sourire.

« Vous avez perdu votre langue, Potter ? »

Le gryffondor ne répondit rien, il se contenta de jeter un regard noir à Blaise qui souriait comme un damné.

« Miss Granger ! Faites-moi des vacances : allez emmener ces deux-là à l’infirmerie. Et vingt points de moins pour gryffondor pour avoir fait exploser votre potion. »

Hermione serra ses poings à en faire blanchir les jointures mais ne répondit rien, ils avaient suffisamment perdu de points comme cela. Harry et Draco la suivirent dans les couloirs.

ooOoo

Draco trouvait le chemin jusqu’à l’infirmerie particulièrement long. Le suivant de près, le balafré et sa sang-de-bourbe ne s’échangeaient pas un mot. Le blond accélérait le mouvement en vain. Mais le plus désagréable était qu’il sentait le regard du brun contre sa nuque.

Le blond prenait sa démarche hautaine habituelle, faisant fi de la douleur le lançant à la joue, mais intérieurement il bouillait d’une colère insupportable. Il avait fait rater sa potion, cela ne lui était pas arrivé depuis sa troisième année ! Et tout cela c’était la faute de Potter ! A-t-on idée de se donner ainsi en spectacle… Les gryffondor sont vraiment des idiots. Draco aurait voulu que le sauveur soit aussi blessé ; il n’en méritait pas moins.

« Ca va, Malefoy ? » Lui demanda une voix masculine.

Draco fit comme s’il n’avait pas entendu la question. Deux secondes plus tard, la voix lui redemanda : « Ca va ? Il y a du sang qui coule de ta joue. »

Draco s’arrêta et toisa Harry de toute sa hauteur. Il pouvait le faire facilement, en effet le brun faisait une tête de moins que lui. Draco se moquait souvent de sa taille, celui-ci dépassait à peine la hauteur de sa sang-de-bourbe.

« Si depuis hier je t’ai donné l’impression rien qu’une seconde que tu pouvais me parler avec cette voix charitable à vomir, c’est que tu as perdu la tête. Le seigneur des ténèbres t’a d’avantage détraqué le cerveau que je ne le pensais, Potter. »

La colère du brun augmentait à chaque mot.

« Je ne te posais la question que par simple compassion, c’est ce que les humains ressentent. Un jour peut-être que tu apprendras ce que c’est. »

« Ta compassion, tu peux te la garder ! Un Malefoy n’a pas besoin d’une putain de compassion ! Un Malefoy n’a besoin de rien, et surtout pas de quelqu’un de ton espèce ! »

« Calmez-vous tous les deux. » Répliqua Hermione d’une voix étrangement ressemblante à celle de Mc Gonagall.

Drago accéléra le pas, toujours furieux ; il entendait derrière lui les deux meilleurs amis en train de discuter. Ils étaient presque arrivés à l’infirmerie quand Harry se moqua de Hermione car elle avait fait exploser la potion et celle-ci réagit vivement en disant qu’il était fou de penser cela et que c’était Draco qui s’était trompé d’ingrédient. Le blond nota qu’elle l’avait appelé par son prénom et il tiqua à ce mot.

« Sérieux ? La fouine a loupé une potion ?! Qu’est-ce qui lui a pris ? »

« Il lui a pris, répondit Draco d’un ton courroucé, qu’il était déconcentré par la vision d’un pari. »

Harry eut la décence de rougir, mais tout de suite après il prit un sourire mauvais qui rappelait étrangement à Draco son propre sourire.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » Demanda le blond sans pouvoir s’en empêcher et regrettant tout de suite sa curiosité.

« Je repensais à ce que Zabini m’a dit. »

« Et qu’est-ce qu’il t’a dit de si captivant ? »

Les yeux émeraude se plongèrent dans les siens : « Il m’a dit que tu avais peur dans le noir. »

Draco s’arrêta net, abasourdi. Puis il éclata d’un rire froid.

« C’est sûrement la chose la plus stupide qu’ait jamais dite ce serpent. Je n’arrive pas à croire que tu ais gobé une ineptie pareille. »

« Si tu le dis. »

A cet instant, la gryffondor frappa à la porte de l’infirmerie. Pomfresh renvoya Hermione en cours et garda les garçons en observation. Elle passa une pommade brûlante sur la joue du blond tout en grondant contre ces fichus potions puis elle les laissa seuls ; en effet Colin Crivey venait d’arriver : il crachait des limaces.

Draco s’allongea sur son lit et regarda le plafond qu’il connaissait trop bien à son goût. Il sentait toujours le regard du sauveur sur lui mais cela ne le dérangeait plus. Il se sentait fatigué, il fallait dire qu’il n’avait pas beaucoup dormi cette nuit, entre le poker et Blaise. D’ailleurs le noir allait lui payer cette phrase ; non mais pour qui il se prenait ? Comment pouvait-il dire une chose pareille à Potter, même pour un pari ?

Draco ferma les yeux et quelques minutes plus tard il fut emporté au pays des rêves.

A son réveil, provoqué par l’infirmière, Harry n’était plus là et il était l’heure de déjeuner. Draco prit son temps pour réajuster ses vêtements et se recoiffer puis il partit de la salle blanche.

ooOoo

« Monsieur Potter, je pense que vous pouvez aller à votre prochain cours. Vous m’avez l’air en parfaite santé. »

Harry quitta des yeux le visage du blond et acquiesça en direction de l’infirmière. Sorti dans les couloirs, marchant vers son double cours de sortilège, le gryffondor laissa errer ses pensées. Il était troublé.

D’abord il y avait eu cette partie de poker, où il avait découvert de nouvelles facettes de la personnalité de Malefoy, des facettes qu’il n’aurait jamais imaginé.

Il avait toujours eu devant lui l’image de Draco Lucius Malefoy, le nez relevé de dédain, l’air supérieur, sans oublier son rire moqueur. Mais là, le serpentard s’était dévoilé posséder aussi certaines qualités et pouvoir avoir d’autres expressions sur son visage que le mépris, même face à lui. Et puis il y avait eu ces mises… cette séduction ? Jamais Harry n’avait pensé que le blond pourrait lui donner ce genre de gages, ni même n’avait pensé à la sexualité de celui-ci.

C’est à peine s’il pensait à sa propre sexualité, avec la guerre il n’avait pas vraiment eu l’occasion de se poser ce genre de question et n’avait jamais vu Draco autrement que comme une créature nuisible. Les questions se bousculaient dans sa tête et les mots et caresses de Blaise Zabini n’étaient pas là pour arranger les choses.

En effet, quelques minutes plus tôt le noir avait décidé qu’il serait plus amusant si l’explosion de la potion venait de Harry lui-même. Il s’était alors fait une mission de le déconcentrer par tous les moyens. Et on pouvait dire qu’il avait de l’imagination !

Il s’était mis à lui raconter la suite de la soirée, lorsque Harry était parti avec les 6000 gallions. Blaise lui avait raconté que Draco n’avait pas voulu que le noir parte. Mais la soirée ne s’était pas passée comme à l’habitude. Draco ne voulait pas être touché, il voulait une ‘présence’. Blaise lui avait révélé que cela arrivait à Draco quand il n’avait pas le moral : il demandait à son ami de dormir avec lui en toute amitié, ne voulant pas rester seul avec lui-même dans le noir. Il en faisait même parfois des crises de claustrophobies.

Harry était choqué, d’abord car il n’aurait jamais imaginé Draco claustrophobe, et plus encore à cause de la facilité avec laquelle son supposé meilleur ami racontait à son supposé pire ennemi ses secrets. Mais Harry tenait bon, il coupait, tranchait, bouillait, à un rythme haletant puisque son voisin n’avait aucune intention de l’aider et que cette potion était vraiment faite à la base pour être préparée à deux.

Puis, Blaise avait continué à lui raconter sous le ton de la confidence, susurrant à son oreille d’une voix mielleuse, la discussion des deux serpentards sur l’oreiller.

Très vite le sujet Potter était venu sur le tapis, et là Blaise lui murmurait que Draco l’avait trouvé bandant, qu’il avait eu envie du gryffondor à la folie.

Blaise lui avait demandé des détails, comment il le prendrait en espérant qu’il se défoulerait sur lui et la technique avait bien marché aux dires du serpentards.

Arrivés à la partie la plus délicate, mettre une goutte de sang de doxys toutes les cinq secondes dans le chaudron, le tout exactement pendant deux minutes, Blaise passait ses mains le long du corps du sauveur tout en lui retransmettant ses paroles.

Harry essayait de restait concentré sur le décompte mais c’était de plus en plus difficile. Blaise lui racontait comment Draco lui aurait embrassé son cou, le long de sa jugulaire, doucement, lentement, descendant le long de sa chemise, et Blaise accompagnait ses paroles des gestes, comment il aurait déboutonné chacun de ses vêtements, avec langueur, se forçant à ne pas trembler sous le coup de l’excitation, la façon dont il aurait parcouru son torse, pour descendre toujours plus bas… le long de son ventre… en bas de son nombril…

Les halètements de Harry, qu’il essayait d’être le moins bruyant possible, lui servait à présent de métronome, et c’est par un vrai miracle qu’il arriva à mettre toutes les gouttes de sang dans le temps imparti. Il venait de souffler de soulagement quand il entendit une explosion, se retournant il vit l’incroyable : la potion des deux meilleurs élèves de potions étalée sur toute la table et sur la joue du blond hurlant plus que de raison.

A ce moment-là, Blaise baissa davantage sa main du ventre découvert du brun, frôlant son érection. Harry sursauta alors et se leva. Il était choqué du geste de son voisin et encore plus de la réaction de son propre corps dont il avait à présent parfaitement conscience.

Blaise lui sourit sadiquement, il prit le reste de la fiole de sang et la laissa tomber dans le chaudron sans que le brun ne fasse le moindre geste contre.

C’était sous tous ces souvenirs que Harry rejoignit son cours de sortilège. Il s’assit à coté de Hermione, à sa gauche se trouvait Ron et Parvati. Son meilleur ami était aussi rouge que ses cheveux et semblait singulièrement énervé.

Une boule grandit dans la gorge du sauveur. Ron avait du le voir se laisser faire par le serpentard. Que pensait-il de lui à présent ? Il devait se dire qu’il était un traître, un monstre.

Ses propres joues s’enflammaient et il hésita à se tourner vers sa meilleure amie. Celle-ci au contraire lui souriait avec une sorte de tendresse. Elle lui pointa le roux et lui chuchota :

« Alors que l’on sortait du cours de Rogue, on a vu Ginny. Elle était mal cachée derrière la statue de Fillius le Fêlé. Ron est devenu fou quand il a vu qu’elle et Colin Crivey s’embrassaient. »

« Hein ? Alors c’est pour cela que Colin est arrivé à l’infirmerie avec un sort de crache-limace ? »

« Et oui. Pauvre Colin. J’ai bien essayé d’arrêter Ron mais tu le connais, quand il est en colère rien ne peut le stopper. » Dit-elle avec un sourire navré.

Harry ne pouvait la contredire. Quoiqu’il en soit, il était assez surpris par la nouvelle. Qui aurait imaginé ce couple ? Enfin, il fallait avouer pour sa défense que Colin était devenu moins insipide et obnubilé par le grand Harry Potter au fil des années. A bien y penser, Harry se rendit compte qu’il ne connaissait rien du jeune blond.

Face à la mine figée du gryffondor, la jeune fille lui demanda si cette relation le dérangeait, ajouant : « C’est vrai que tu es sorti avec Ginny l’année dernière. »

Harry se reprit, se sentant soudain ridicule. De quel droit se mêlait-il des choix de la plus jeune Weasley.

« Non, pas du tout ! Elle sort avec qui elle veut. Je n’ai pas à lui donner mon consentement. En plus tu sais ce n’était pas si sérieux que cela entre Ginny et moi. C’est juste que je ne l’imaginais pas du tout avec Colin. Avec son tempérament de feu, elle doit vraiment l’écraser, tu ne crois pas ? »

« Va savoir. »

Le professeur Flitwick les réprimanda du regard ce qui mit fin à leur discussion. Harry envoya une petite tape dans le dos à Ron et une œillade pour lui faire comprendre qu’il compatissait (ce qui était faux mais c’est à cela que servent les amis).

ooOoo

Le même jour au déjeuner.

Pendant que Draco réfléchissait à sa vengeance contre Blaise, car, comme tout serpentard qui se respecte, il comptait bien appliquer à la lettre l’expression : « La vengeance est un plat qui se mange froid. », le week-end passait, avec sa montagne de devoirs dues aux ASPIC, et d’obligations en charge des préfets-en-chef. A cela s’ajoutaient ses heures d’entraînement en temps que capitaine de l’équipe de quidditch, et une Susan Bones bien trop collante.

Sa maigre consolation était de se dire qu’il n’avait pas en plus de tout cela à s’inquiéter d’un certain mage noir qui n’aurait pas manqué d’ajouter à son planning surchargé quelques heures de tortures sur des sangs impurs.

Son temps libre lui servait généralement à insulter Potter, et à parler des choses les plus insignifiantes possibles avec Blaise et les autres. Et depuis quelques temps, à parler de choses plus intéressantes avec Granger.

Ca lui écorchait les lèvres juste de le penser mais la gryffondor était ‘sympa’. En fait, elle était même carrément passionnante. Oui, c’était bien le mot, c’était une fille passionnée.

Au début, son comportement énervait le serpentard, elle avait cette manie de tout le temps parler et débattre de n’importe quoi, et de toujours vouloir prouver par ‘A + B’ qu’elle avait raison. Mais depuis quelques semaines elle s’était calmée et s’était mise à l’observer. Il s’en était bien aperçu. Hermione Granger ne l’observait pas comme les autres filles le faisaient. Elle ne le regardait pas avec cet air de lécher chaque partie de son corps et de boire chacune de ses paroles en acquiesçant bêtement, croyant ainsi gagner des points dans son estime. Non. Hermione Granger n’était pas amoureuse de lui, il en était absolument certain, et elle ne l’observait pas pour cela. En fait, elle cherchait à connaître ses goûts, ses centres d’intérêt, pour pouvoir en discuter avec lui.

Il en avait eu la certitude un lundi, au début du mois de décembre, où il avait dit à Blaise en cours de potion qu’il avait lu les mémoires de Palgorge sur les vampires, et en avait été passionné. Le soir même, il ne vit aucune trace de la gryffondor dans leurs appartements mais le lendemain elle entama la discussion sur le sujet (s’étant de toute évidence documentée le soir précédent) et ce fut à son grand désarroi une des discussions les plus agréables qu’il eut de sa vie. Et oui, aucune autre personne ne serait partie dans un débat aussi poussé et argumenté, juste pour le plaisir, sur le sujet et pouvoir à présent partager son point de vue était vivifiant.

Il enviait cette énergie des gryffondor, cette faculté à aller toujours au bout de tout.

Lundi, Malefoy se surprit à être déçu que son ami, Gregory, soit remis de son accident de quidditch. Enfin accident, c’était vite dit. Il était prêt à parier que la présence de sa collègue Miss-je-sais-tout prêt des gradins n’avait rien à voir avec une passion soudaine brûlante pour le quidditch. Il s’autorisa à sourire en imaginant la miss-Perfection jeter un sort sur le gras Goyle juste pour que son ami puisse jouer au poker, plus serpentard tu meurs.

Une part de lui-même n’arrivait pas à croire qu’elle ait vraiment pu comploter cela. Sur le coup il s’était dit qu’elle espionnait pour le compte de son équipe et il voulait rester à cette version. Penser autre chose l’aurait fait bien trop apprécier sa collègue.

ooOoo

Enfin jeudi, 16h. Draco était harassé. Il était dans la salle de bain en train de s’observer sous toutes les coutures pour vérifier qu’il était impeccable comme toujours quand une touffe brune mieux coiffée que d’habitude (même s’il restait des progrès à faire) poussa la porte et se posta devant lui, le visage résolu.

Draco se dit qu’elle était vraiment maligne ; en effet, c’était lorsqu’il n’avait pas encore posé tous ses masques de défense, qu’il n’était pas encore parfait à ses yeux, qu’il était le plus vulnérable. Son ego revitaminé, il redevenait un roc.

Mais voilà, c’était trop tard. Il l’écouta cependant, un sourire sarcastique s’insinuant sur ses lèvres alors qu’il se demandait ce qu’elle pouvait bien lui vouloir.

« Malefoy, je te dérange ? »

Il remit une mèche sur ses cheveux exactement à l’identique, pour avoir l’air ennuyé par cette intrusion.

« Je me disais que tu pourrais rajouter des joueurs à ton poker, après tout on peut y jouer jusqu’à 20. Cela augmentera la somme sur la table et donc l’intérêt du jeu. Et puis, par le même temps tu retirerais cette stupide règle qui dit que les filles ne peuvent pas jouer. Le sexisme c’est très démodé. »

« Mais ce n’est que de la galanterie, dis-je aimablement, je ne voudrai pas ruiné une pauvre demoiselle sans défense, et puis, malgré ma réputation, j’aimerai éviter que mes parties de poker tournent à l’orgie. C’est avant tout un jeu d’argent petite fille alors oublie. »

« Laisse-moi une chance de faire mes preuves ! »

« Granger, granger. Ne gaspille pas tes gallions. Je ne pense pas que tu puisses te le permettre. »

« Draco, mes parents sont tous les deux dentistes, et dans le centre londonien. Ma famille a beaucoup plus les moyens que tu ne l’imagines. Laisse jouer Harry et moi, cela ne pourra rendre que la partie plus divertissante. »

Au nom de son pire ennemi, Draco ne put réprimer une certaine envie. Il voulait sa revanche, mais accepter Granger en plus… Non ce n’était pas acceptable.

« Et pourquoi as-tu besoin de cet argent ? Une nouvelle perquisition chez la belette ? Ou alors ils n’ont pas pu payer la facture d’eau ? Tu sais ils peuvent toujours se rouler dans la boue, personne ne verra la différence. »

« Très bien, Draco. Si tu refuses ce n’est pas si grave. »

Le ton de la gryffondor ne lui sied guerre, il lui rappelait étrangement celui de Blaise quand il allait faire un coup bas.

« Dans ce cas, j’irai voir Mc Gonagall. Je me demande s’il y a un point dans le règlement qui interdit les jeux d’argent. Article 35-2, alinéa 20 peut-être… »

« Tu es fourbe. » Répliqua le blond.

« Je ne fais que te retourner tes propres armes. »

« C’était un compliment. »

Finalement c’était peut-être bien elle qui avait fait tomber Gregory… Mine de rien, tout ceci excitait beaucoup le blond, la partie promettait d’être intéressante.

« Tu n’as pas intérêt à pleurer sur tes gallions perdus. »

« Malefoy, tu ne devrais pas avoir de tels préjugés sur les filles. »

Il fronça les sourcils pour toute réponse.

« Qu’est-ce que tu vas porter ? »

Hermione baissa la tête sur ses habits et Draco la considéra comme s’il s’agissait d’un affreux bibelot dans une brocante. Elle avait revêtue un jean moldu et une chemise blanche mal ajustée.

« Tu es ridicule ! Et qu’est-ce que tu portes en dessous ? »

« Hein ? Mais cela ne te regarde pas. » Rougit-elle.

« Sept mecs autour de toi. Qu’est-ce que tu crois qu’ils vont te demander comme gage ? Je n’ai pas envie d’avoir honte pour toi. »

Elle répondit qu’elle portait un ensemble bleu. Il déboutonna son chemisier à une vitesse folle, et l’observa à la manière d’un médecin examinant un malade. De son coté, Hermione n’osait pas réagir puisque le rejeter aurait voulu dire qu’elle aurait été incapable de faire ce gage si elle était tombée dessus.

« Trop gamine. Fais-moi entrer dans ta chambre, qu’on te trouve quelque chose de convenable à porter, et puis il va falloir faire quelque chose de ce que tu appelles tes cheveux. Tu pourrais prendre exemple sur Potter ! J’ai une réputation à tenir, et l’apparence c’est ma spécialité. »

ooOoo

A suivre…

Alors cela vous a plu ? J’ai eu beaucoup beaucoup beaucoup de mal à écrire ce chapitre ! Le suivant est plus clair dans mon esprit alors je vais essayer de ne pas vous faire attendre aussi longtemps.

Alors, à votre avis, Hermione fourbe ? C’est elle qui a fait tomber Gregory Goyle ?

Est-ce que l’histoire entre Ginny et Colin va avancer ? (quoi tout le monde s’en fout ?) Et entre Parvati et Ron ? (Quoi ?? Vous vous en foutez encore plus ??) Et l’histoire entre Harry et Draco ? (eh eh..)

Bon, je tiens à vous rassurer, Hermione ne va pas se transformer en bombe sexuelle.

Au prochain chapitre, on apprendra pourquoi nos deux gryffondors se refont une partie de poker (pour vos beaux yeux ? Les théories sont ouvertes), et bien évidemment on assistera à celle-ci.

Une petite review ?

REVIEW REVIEW REVIEW



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