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Falyla
Author of 15 Stories

Rated: M - French - Drama - Harry P. & Severus S. - Reviews: 110 - Updated: 09-18-08 - Published: 07-20-07 - id:3669085

Titre : Sunrises

Auteur : Juilatheyounger, lien dans mon profil.

Paring : Slash Harry Potter/Severus Snape

Rating: M

Traductrice : Falyla

Résumé : Harry a 18 ans, il a battu Voldemort et sauvé le monde et maintenant il revient à Poudlard, cette fois en tant qu’assistant au cours de DCFM.

Note de la traductrice : Voilà, c’est la dernière partie disponible pour l’instant, je mettrai la suite après la prochaine sortie du TO.

Bonne lecture.

Etat de la fic : Terminée. Elle sera mise en ligne en 11 ou 12 parties, selon le découpage du TO parce que les chapitres ne sont pas de longueur égale.

Partie 9

Harry tendit la main vers le drap et essuya le sperme qui maculait son estomac et sa poitrine. Snape s’était pratiquement évanoui sur lui. Harry roula sur le côté pour être plus à même de le dévisager. Il eut un petit sourire satisfait. Le visage de Snape était enfoui contre le lit, la bouche légèrement ouverte, les narines dilatées. Sacrément sexy.

Harry était épuisé mais pas prêt à dormir. Il remua et s’étira un peu, tressaillant légèrement lorsque ses muscles se plaignirent amèrement. Harry écarta quelques mèches qui tombaient sur la figure de Snape. Il fit courir ses doigts dans ses propres cheveux et les sentit humides contre son crâne. Le sexe anal faisait bien plus transpirer que tailler des pipes.

Son regard se porta à nouveau vers Snape et il se serra contre lui à titre d’essai. Snape ne bougea pas mais il ne repoussa pas Harry non plus. Il était chaud, Harry était chaud et il voulait seulement se pelotonner contre lui mais il ne le fit pas, cependant. Il avait peur que Snape se réveille et le regarde avec dégoût, comme s’il ne venait juste de faire quelque chose d’intime et… et… Harry était trop épuisé et vidé émotionnellement pour penser. Une part de lui était content que Snape fut endormi parce qu’il n’avait vraiment pas la moindre idée de ce qu’il lui dirait s’il était éveillé. Mais une autre part de lui voulait lui parler, voulait qu’il soit éveillé parce que ce qu’il lui était arrivé était une première pour lui et qu’il avait besoin de parler de ça et il voulait savoir que Snape ne le haïssait pas et… Harry se mordit la lèvre et se dit de ne pas être stupide. Ce n’était que du sexe. Ça avait été… bon, au début, assez affreux, mais après un moment… mon Dieu… Harry aurait voulu que ça ne s’arrête jamais. Sentir Snape contre son dos, entendre ses halètements et ses grognements… Le sexe de Harry se contracta rien qu’à ce souvenir. Oh, et le baiser – cette férocité brûlante qui l’avait tellement excité et désespéré. A la fin, Harry avait presque joui lorsque Snape avait prononcé son nom, en se tendant, en haletant et en se répandant par saccades en lui. Puis Snape avait roulé sur le côté pour se dégager et Harry avait réalisé que c’était fait, que c’était fini. Il avait pensé pendant un instant qu’il allait le laisser comme ça, dur, insatisfait. Harry se rappela la main de Snape sur son membre tendu, qui le masturbait rapidement. C’était la pensée même que Snape était en train de le caresser qui envoya Harry au septième ciel.

Harry se demanda s’il devait rester. Il regarda le visage pâle à côté de lui. Snape était si foutument compliqué. Harry n’avait vraiment pas la moindre idée de ce qu’il pouvait ressentir, mis à part le fait qu’il était fatigué. D’un autre côté, ils avaient couché ensemble maintenant, ce qui avait changé les choses. Peut-être. En mieux, heureusement. Au moins, maintenant, Harry était certain que Snape avait envie de lui. Il faisait chaud dans le lit, à côté de Snape et il devait vraiment boire un peu mais c’était tellement bien d’avoir Snape couché à moitié sur lui. Harry ne bougea pas. Il se colla même plus près de lui et tira le bord du couvre-lit sur lui. Il aurait vraiment dû s’en aller. Vraiment.

Severus se réveilla et trouva Harry encore là, ronflant légèrement et monopolisant une grande partie du lit. Il cligna plusieurs fois de yeux, essayant de forcer son cerveau à se concentrer. Potter était dans son lit. Potter. Dans son…

Oh. Bien sûr.

Le sexe. Il avait couché avec Potter. Severus déglutit difficilement et se renfrogna. Par Merlin, à quoi avait-il pensé ? Il regarda Harry, son pantalon encore sur ses genoux, son corps masculin et musclé à moitié nu. Ah. Evidemment. Voilà à quoi il avait pensé.

Severus inspecta son propre état. Il avait dormi dans ses vêtements, sa robe de sorcier et sa veste étaient déboutonnées et maintenant terriblement froissées, son pantalon était ouvert et son pénis en dépassait. Très digne. Abruti, se dit Severus.

- Potter.

Harry ne bougea pas.

- Potter.

Pour il ne savait quelle raison, Severus ne pouvait se résoudre à élever la voix. Ou à le secouer.

Pendant cinq bonnes minutes, Severus envisagea de rester au lit. Potter était chaud et encore à demi nu et, malgré ses efforts, Severus ne put s’ôter de l’esprit l’image du dos aux muscles lisses et tendus, fléchissant sous lui. Il réprima le besoin de laisser ses doigts errer sur le cou bronzé de Potter et dans ses cheveux ébouriffés. Finalement, il décida de se lever. Il n’était pas certain de la réaction de Potter face aux événements de la veille et il ne pouvait pas vraiment supporter l’agonie de l’attente ici, à ses côtés, uniquement pour voir une expression de révulsion. Il se souvint aussi qu’il avait une classe entière en retenue ce matin-là. Irrité, Severus sortit du lit.

La réalité frappa Severus une fois qu’il fut sous la douche. Il avait bel et bien enculé Harry Potter. Mais, bon sang, qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir lui dire ? Comme si travailler avec Potter n’était pas déjà assez difficile. Maintenant, il devait s’arranger pour ajouter une intimité inappropriée à ce mélange explosif. Sans mentionner les problèmes avec Conventius.

Conventius, maintenant qu’il y pensait, il pouvait vivre avec.

Il avait été au-delà de la fureur lorsque Potter et Conventius étaient entrés par la porte du bureau, presque l’un sur l’autre. Jaloux… Le terme de Potter ricocha dans son esprit et Severus dut l’admettre. Et quand Potter avait laissé entendre qu’il le désirait, les semaines de manque, de besoin et de sentiments rigoureusement niés l’avaient submergé et il y avait répondu, tout simplement. Confusément, il se dit qu’il avait donné à Harry ce qu’il voulait, à savoir, une bonne et vigoureuse partie de baise. Il n’y avait vraiment rien d’autre à prendre en compte.

Severus sortit de la douche et se sécha avec une serviette. Il jeta un regard furieux à son reflet dans le miroir. Mais que diable avait-il donc que Edgar Conventius n’avait pas ? Ça défiait les lois de la logique. Ou alors peut-être que Severus ne représentait qu’un exutoire pour Harry. Que les événements de la veille y soient parvenus ou pas, cela restait à voir.

Le gamin était resté dans son lit. Le fait que Potter lui avait dit la vérité le frappa, Potter avait vraiment envie de lui. Severus agrippa fermement les bords de la vasque en porcelaine.

Du sexe. Vous et moi, pour avoir du sexe.

Potter était un imbécile.

Severus fixa la porte avec inquiétude, redoutant la confrontation avec celui qui était couché de l’autre côté. Ça l’aiderait de savoir ce que Potter voulait, de savoir à quoi il devait se préparer.

Ça l’aiderait de savoir ce que lui voulait.

En toute honnêteté, si Potter voulait continuer tout ça, lui, Severus pouvait-il vraiment se détourner et lui dire qu’il ne voulait pas ? Est-ce que ce serait même possible ? Son sexe remua à l’idée à peine ébauchée de coucher à nouveau avec Harry.

Cette fois, cependant, il ne déconnerait pas comme il l’avait fait. Cette fois, il contiendrait son caractère. Peut-être qu’au moins, Severus pourrait sauver ce qui s’était développé entre Harry et lui lorsqu’il était malade – quoi que ce fût.

 

Harry se réveilla en se sentant plutôt courbatu mais incroyablement content de lui. Snape était parti mais il était toujours dans son lit, alors manifestement, Snape n’avait pas trop réfléchi à propos de ce qui s’était produit la nuit d’avant. Harry sourit largement en se le rappelant. Son érection matinale réclamait son attention. Puis il entendit la douche et réalisa que Snape était encore présent. Harry lutta contre le moment de panique qui le poussait à se rhabiller et filer. La douche s’arrêta et Harry, étendu sur le lit, se demanda s’il devait s’en aller ou rester ou prétendre dormir ou alors commencer à se branler en espérant que Snape se joindrait à lui. Harry grogna, non, il n’avait pas besoin de devenir plus raide qu’il ne l’était déjà, particulièrement si Snape sortait de la salle de bain et… oh, putain… il avait couché avec Snape.

Le professeur Snape.

Le Snape qui avait les cheveux gras et qui haïssait tout le monde.

Il avait couché avec Snape.

Ron allait le tuer.

Harry se rua hors du lit et remonta son jean. Il tressaillit lorsque des muscles qu’il ignorait posséder protestèrent. Il était sur le point de chercher sa chemise lorsque la porte de la salle de bain s’ouvrit. Harry se figea. Il leva les yeux, souhaitant porter ses lunettes. Snape s’était figé également, il se tenait sur le pas de la porte en le dévisageant. Il ne portait qu’un pantalon et une chemise blanche.

- Salut, tenta Harry.

- Bonjour.

- Je vais… quand j’aurai trouvé ma chemise.

Snape hocha la tête puis fit un geste de la main.

- Sur la… heu… le dessus de la commode.

- Oh… Merci.

Snape hocha une nouvelle fois de la tête.

- J’ai une retenue à superviser ce matin.

- Oh, d’accord.

- Oui.

- J’ai… hum… mis ma chemise. Je vais… hum… au revoir.

Harry s’enfuit. Il trouva ses lunettes et sa baguette dans le salon et s’assura d’être en sécurité dans sa propre chambre, la porte bien fermée, avant que Snape ne se hasarde à sortir de la sienne. Harry se doucha et s’habilla. Puis, comme l’heure du petit-déjeuner était passée, il descendit aux cuisines pour réclamer à manger.

Une fois calé, il se promena dans Poudlard pendant un moment, profondément confus. Il envisagea d’aller voir Eddie mais il n’était pas certain de vouloir les conseils de Eddie maintenant. En fait, il n’était pas certain de vouloir parler de ce qu’il avait fait à quiconque. Pas encore.

Pourtant… Pourtant… Snape avait été… L’estomac de Harry se crispa tandis qu’il se rappelait une voix, comme du velours un peu rêche, qui haletait son nom. Puis le confortable souvenir de s’être légèrement réveillé pendant la nuit en réalisant qu’il était dans les bras de quelqu’un pour ensuite se rendormir. Dans son état de sommeil confus, il n’avait enregistré qui était à ses côtés. Maintenant qu’il y repensait, il s’était juste senti… bien.

Et d’un autre côté, Snape avait eu l’air passablement emmerdé quand ils avaient commencé et ce matin, ça avait été… et bien, embarrassant de le cacher.

Harry n’était vraiment pas sûr de ce qu’il voulait. Ça l’aurait aidé de connaître la réaction de Snape, il aurait pu envisager la suite en conséquence. Finalement, il laissa tomber et alla faire un tour en balai.

Le temps qu’il finisse, Harry avait décidé qu’il ne devait pas trop s’inquiéter jusqu’à ce qu’il ait parlé à Snape. Il décida aussi que la pire chose qu’il pouvait faire maintenant était d’éviter le bâtard grincheux alors il retourna dans les donjons et se mit au travail dans leur bureau commun.

Il leva les yeux quand Snape revint enfin dans le bureau, juste avant le repas de midi. A titre d’expérience, il lui adressa un sourire. Snape s’arrêta un instant, hocha légèrement la tête puis s’assit à sa propre table de travail. Snape avait revêtu son habituelle robe de sorcier, boutonnée strictement jusqu’en haut. Harry sentit ses oreilles s’échauffer tandis que le souvenir d’un Snape très déboutonné traversait son esprit. Tout était différent maintenant. C’était très dur de voir une personne de la même façon quand elle avait respiré lourdement dans votre oreille.

Ils travaillèrent un moment en silence jusqu’à ce que Harry se rappelle brusquement quelque chose.

- Qu’est-ce que vous vouliez me dire, hier soir ? demanda-t-il.

Snape leva les yeux et Harry remarqua avec surprise qu’une légère rougeur envahissait ses joues.

- Hier soir… Oh, hum… Murgletop est passé. Il avait de nouveau été harcelé.

Harry regarda Snape avec horreur.

- Pourquoi vous ne me l’avez pas dit ? Il va bien ? Je devrais aller lui parler.

- Asseyez-vous, Potter. J’ai montré au gamin un charme à utiliser pour se rendre moins visible pour ceux qui le tourmentent. Vos conseils malavisés n’aideront pas le gamin – il a reçu une menace de mort après votre dernière rencontre. Je l’ai testée, elle ne signifie rien mais ça reste tout à fait déplacé.

Harry écouta avec stupéfaction tandis que Snape lui résumait ce qu’il avait dit à Edward Murgletop. Il soupçonna soudain que Snape n’était pas entièrement aussi méchant et insensible qu’il voulait bien le montrer. Après un moment, Snape s’arrêta, il dévisagea Harry avec méfiance.

- Quoi ?

Harry sourit largement.

- Rien, c’est juste que je n’aurais jamais cru que vous seriez si gentil, c’est tout.

Snape grogna et retourna à son travail. Harry lui lança furtivement un coup d’œil et se sourit en lui-même. Une vague de chaleur frappa son aine à un autre souvenir de la veille. Harry sentit son visage s’échauffer et il garda les yeux sur son texte. Snape s’éclaircit la gorge.

- Déjeuner. Nous devrions déjeuner.

Harry leva les yeux vers lui avec surprise et vit que Snape semblait souffrir.

- Dans mes appartements, si vous le voulez bien, précisa-t-il.

Harry acquiesça, à moitié content, à moitié mort de trouille.

Harry tira une des chaises dures de la table de Snape tout en essayant de ne pas tressaillir en s’asseyant et il attendit tandis Snape faisait monter leur repas par l’un des elfes de maison. Ils mangèrent en silence pendant un moment. Harry sentit son estomac se nouer d’anticipation. Qu’est-ce que Snape voulait ? S’il planifiait quelque chose, Harry souhaitait juste que ça sorte et qu’il le dise. En fait, il voulait juste que Snape l’embrasse encore une fois. Cela avait semblé aider la nuit d’avant.

- Vous… avez mal, aujourd’hui ? demanda soudainement Snape.

Harry réalisa ce qu’il voulait dire et changea de position, tout en sentant un autre élancement.

- Un peu, mais ça va.

Les lèvres de Snape se pincèrent légèrement et il se leva. Il se dirigea vers la commode et revint avec un petit pot de baume. Il le posa sur la table, près de Harry. Snape ouvrit la bouche pour parler, puis la referma, pour finalement la rouvrir tandis que deux points roses apparaissaient sur ses joues.

- Vous… hum… voilà, fit Snape avec un grognement irrité. Mettez ça sur la partie douloureuse, ça s’utilise également de façon interne.

Ce fut au tour de Harry de rougir.

- Merci, dit-il en glissant le pot dans sa poche.

Snape hocha la tête et se concentra sur son verre d’eau. Il y eut un moment de silence. Harry céda et proposa :

- Si vous voulez, vous pouvez l’appliquer pour moi.

Snape leva les yeux avec sursaut puis le dévisagea lourdement. Il ne semblait pas impressionné.

- Avec mon pénis, je suppose ? Essayez d’être un peu plus subtil, Potter.

Harry grogna et rosit tandis que Snape lui lançait un regard furieux.

- Désolé, s’excusa Harry.

Il souhaita que le sol s’ouvre et l’engloutisse. Ça, c’était une brillante tentative de séduction.

- Ça ne fait rien.

Ils se retrouvèrent plongés dans un silence inconfortable.

- Vous n’avez pas eu de cauchemar, cette nuit, constata Snape.

Harry cligna des yeux. C’était vrai. Il n’avait pas pris de potion de sommeil sans rêve non plus. Il s’était tellement habitué à ne plus avoir de mauvais rêves grâce à la potion de Snape qu’il ne l’avait pas remarqué. Il regarda Snape avec surprise.

- En effet, confirma-t-il. Je me demande pourquoi. Vous pensez que c’est parce que j’en ai pris toutes les autres nuits ?

- La potion n’a aucun effet résiduel, à moins que vous n’en preniez plus que la dose recommandée.

Cette dernière précision fut accompagnée d’un regard noir et accusateur. Harry secoua la tête. Il réalisa qu’il n’en avait pas pris non plus la première nuit qu’il avait passée avec Eddie. Il était aussi un peu bourré. Il décida de ne pas mentionner cette autre occasion à Snape.

- Peut-être que c’est l’alcool.

Snape lui adressa un regard pesant.

- Je vous rappelle que vous étiez singulièrement enivré une nuit, Monsieur Potter, et vous avez eu un cauchemar particulièrement pénible. Avez-vous envisagé que peut-être vous n’étiez tout simplement pas… inquiet en particulier ?

Snape détourna subitement le regard et Harry sentit son visage le brûler et son sexe remuer.

- C’est probablement ça, dit Harry.

Il décida de ne pas se demander pourquoi le fait d’être fermement baisé par Snape avait chassé ses cauchemars. Quoique après ça, Harry se souvint du sentiment de grand réconfort qu’il avait ressenti durant la nuit d’être ainsi enlacé et de ne plus être seul. Peut-être que ses mauvais rêves étaient partis finalement. Harry décida de faire l’impasse sur la potion de sommeil sans rêve une autre nuit encore et voir ce qui allait se passer.

- Vous avez des projets pour la journée ? s’enquit Snape.

Harry fit non de la tête.

- Pas vraiment. Pourquoi ?

- Pas de Quidditch ?

- Non, je n’y ai pas joué depuis des lustres.

Est-ce que Snape essayait de faire la conversation ? Une conversation agréable ? Le problème de Harry avait toujours été d’essayer de ne rien dire à Snape. Pas comme maintenant alors qu’il se cassait la tête à penser à quelque chose d’anodin à dire. Il ne voulait pas entamer un sujet sur le sexe et il ne voulait pas commencer une dispute. Cependant, il n’arrivait à penser à rien d’autre qui n’impliquerait pas l’un ou l’autre de ces deux choses.

- Vous devriez. Vous êtes doué pour ça.

Harry fixa Snape, complètement scotché.

- Merci, s’arrangea-t-il pour répondre.

Snape hocha la tête. Il paraissait très mal à l’aise.

- Je devrais… J’ai du travail à faire.

Harry déglutit, à moitié content d’échapper à cette situation embarrassante, à moitié déçu que rien de plus n’allait se passer. Harry chercha désespérément quelque chose à dire.

- Quel… Quel travail ? Sur quoi vous travaillez ?

Snape le dévisagea avec surprise.

- Une série de potions pour Poppy.

- Je peux vous aider ?

Même Harry parut étonné par ses propres paroles. Mais peut-être que s’il passait un peu de temps avec cet homme, ils pourraient, en quelque sorte, discuter de choses et d’autres sans que ce soit étrange et maladroit. Il comprit qu’en fait, il était heureux que Snape lui parle à nouveau. Snape ouvrit la bouche puis sembla changer d’avis. A la place, il opina du chef.

- Peut-être que vous pourriez.

Une fois que Snape était sur ses potions, il était complètement différent. Détendu et sûr de lui, il sembla tout oublier de Harry sauf pour lui demander de lui passer un ingrédient ou lui ordonner de faire quelque chose. Il se comportait comme il était habituellement, sarcastique et mordant. Ils reprenaient le rôle qu’ils affichaient devant leur classe. Harry aimait mieux ça, c’était plus normal. Le seul trouble était les petits mouvements que Snape faisait, chacun de ses gestes rappelait à Harry une chose qu’il avait faite la veille et il passa toute cette période à moitié excité. C’était plutôt affolant de se tenir si près, tout en écoutant la voix de velours de Snape si proche.

Harry leva les yeux et vit que Snape l’observait. L’expression reflétée dans ses iris envoya un délicieux frisson le long de l’épine dorsale de Harry et son sexe se contracta. Puis Snape détourna rapidement les yeux et Harry se concentra attentivement sur ce qu’il découpait. Il se figea quand la main de Snape effleura la sienne.

- Plus finement… les aiguilles de pin. Coupez-les plus finement.

Harry lui jeta un rapide coup d’œil et vit que Snape semblait ailleurs, sans bouger. Il coupa les aiguilles de pin plus finement, appréciant l’odeur piquante qui s’en dégageait. Les aiguilles de pin étaient étonnamment collantes et elles s’accrochèrent à ses doigts quand il les prit.

- C’est bon ?

Snape le regarda, deux taches roses sur les joues. Le temps sembla suspendu un long moment tandis que Harry le fixait et qu’il lui rendait son regard. Puis Snape baissa les yeux sur les minuscules brindilles de pin.

- Oui, ça ira.

Ses yeux clignotèrent vers le visage de Harry à nouveau. Il déglutit. Harry posa son couteau. Snape leva la main mais la laissa retomber, sa bouche s’ouvrit légèrement comme s’il voulait dire quelque chose mais il ne dit rien. La langue de Harry pointa et il s’humecta inconsciemment les lèvres. Snape avança d’un pas, bougeant derrière lui, sans le toucher, proche. Chacun des nerfs de Harry le picotait en ressentant sa présence. Il sentit les mains de Snape s’élever, effleurer brièvement le haut de ses bras puis retomber à nouveau comme s’il avait changé d’avis. Ils étaient là. Ils ne bougeaient pas. Ils ne parlaient pas. Finalement, les mains de Snape se reposèrent sur ses bras et Harry perçut son souffle dans ses cheveux, contre son oreille. Harry ferma les yeux tandis qu’un frisson de plaisir le traversait. Il inclina légèrement sa tête et il sentit le souffle se déplacer vers son cou. Il y eut un infime frôlement de lèvres. Snape s’avança encore d’un pas et il effleura le dos de Harry.

Le cœur de Harry battait la chamade et son membre tendu pulsa. Il se pressa contre le corps derrière lui, pour sentir son excitation. Il entendit un faible et long gémissement comme un soupir de plaisir et les mains de Snape quittèrent ses bras. La robe de sorcier de Harry fut écartée et il sentit que Snape atteignait la poche de son pantalon, il y glissa la main et en ressortit le pot de baume. Harry respira fortement et il remua contre Snape, d’une telle manière que tous deux finirent par émettre des gémissements de plaisir. Ensuite le pantalon de Harry se retrouva sur ses chevilles et il s’appuya contre le bureau. Le baume était froid et picotait. La caresse des doigts de Snape le firent frémirent.

Et Snape fut à nouveau en lui. Un de ses bras autour de sa taille le maintenait droit et le soutenait, son autre main était sur son sexe. C’était mieux cette fois. Il n’avait presque pas eu mal. Bien sûr, le fait que Snape le caressait en même temps ne faisait pas mal non plus. Il était perdu dans la sensation de Snape en lui, sur sa main posée sur son membre tendu, sur son souffle saccadé à son oreille. Puis se fut fini, Harry haleta tandis que Snape frissonnait contre lui.

Snape se retira et la robe de Harry se remit en place, comme si Snape n’avait jamais été là. Harry remonta son pantalon et ne se retourna pas tout de suite. Il savait que son visage était brûlant et que ses jambes tremblaient. Il remit le couvercle du pot de baume et le glissa dans sa poche. C’était un bon truc, il n’avait vraiment pas très mal maintenant. Finalement, Harry se retourna. Snape était encore en train de réajuster ses vêtements, il mettait un peu trop longtemps pour le faire.

Harry ouvrit la bouche mais il n’avait pas la moindre idée de ce qu’il allait dire.

- J’ai fini les aiguilles de pin, dit-il.

Snape leva les yeux et acquiesça.

- Je… commença Snape en s’éclaircissant la gorge. Je pense que je peux m’en occuper maintenant, Monsieur Potter. Merci de votre aide.

Harry hocha la tête. Sa bouche était sèche. Son cerveau ne fonctionnait pas encore correctement.

- Pas de problème. Faites-moi savoir si vous avez encore besoin de mon aide.

Snape afficha les deux mêmes taches roses sur ses joues d’avant et détourna son regard.

- Oui, très bien, merci, Potter.

Harry pensa que c’était le bon moment pour s’enfuir dans sa chambre.

Finalement, Harry vit Eddie le samedi soir après qu’il eut reçu une note à travers la cheminée qui lui demandait si Snape l’avait tué ou pas. Eddie réagit plutôt positivement devant un Harry embarrassé mais manifestement ravi de déclarer que Snape et lui avaient couché ensemble, deux fois.

Harry était sorti le dimanche avec Eddie à Pré-au-Lard et quand il était revenu, Snape était dans son bureau à travailler à nouveau sur une potion. Harry lui avait demandé s’il pouvait être d’une quelconque assistance et Snape avait eu cette expression de lapin pris dans les phares d’une voiture que Harry commençait à voir assez souvent ces derniers temps, mais il avait brièvement acquiescé. Puis ils avaient une nouvelle fois coucher ensemble sur le bureau de Snape.

Après, ça avait été encore plus maladroit que le samedi, si c’était possible. Et à la fin, ils avaient terminé leur potion en silence.

Harry n’avait vraiment pas la moindre idée de où tout ça allait le mener mais il savait qu’il aimait ça. Il savait qu’il n’était nullement pressé d’y mettre un terme. Il avait juste que la pensée de Snape en lui, de Snape le caressant, lui donnait une douloureuse érection.

Harry essaya de se focaliser sur ce que Snape disait à la classe de 5ème année. C’était très difficile de se concentrer. Il saisit l’opportunité d’observer Snape tandis qu’il discourait, sans crainte qu’il l’observe lui aussi. Harry décida que Snape était gracieux. Il bougeait rapidement, en mouvements compacts, sans geste inutile. Il pivotait sur lui-même, un mince tourbillon de noir, pour écrire au tableau puis se retournait vers un étudiant pour ensuite descendre à grandes enjambées la rangée centrale. Il n’y avait rien de maladroit chez lui… excepté lorsqu’il essayait de défaire le pantalon de Harry d’une seule main et… non, Harry se secoua. Dangereuses pensées. Harry tenta de se concentrer encore une fois mais, maintenant, il pensait aux bureaux et à se pencher contre l’un d’eux, le pantalon descendu aux genoux et à Snape qui le prendrait de façon insensée et…

- …si vous vouliez bien avoir l’amabilité de me prêter attention !

Harry sursauta puis réalisa que ce n’était pas à lui que Snape s’adressait. Il rougit et vit deux étudiants qui lui lançaient un sourire narquois. Il disciplina son expression et afficha de l’intérêt. Ce n’était pas que le cours de Snape n’était pas intéressant, c’était juste que Snape lui-même était plus intéressant. Il n’avait pas encore vu Snape nu. Il l’avait vu déboutonné et il avait senti des bouts de lui mais il n’avait encore pas vu ce que Snape cachait sous sa robe et la curiosité de Harry le rongeait. Harry, d’un autre côté, terminait sans pantalon, ce qui ne lui semblait pas très juste.

Il y avait un certain nombre de choses que Harry devait faire vis-à-vis de Snape. En plus de le voir nu, Harry se disait parfois qu’il devait vraiment découvrir ce que, bon sang, ils étaient en train de faire. Harry n’avait pas encore trouvé le courage de le faire, en partie parce qu’il était tout simplement heureux d’avoir beaucoup de sexe et en partie parce qu’il n’était pas certain de vouloir connaître la réponse. Il n’avait pas non plus trouvé le courage d’aborder le sujet de la potion de sommeil avec Snape. Il n’avait pas pris sa potion de sommeil sans rêve depuis vendredi soir… lorsqu’il avait été distrait et avait oublié. Harry avait rêvé quelques fois depuis, il en avait fait parfois d’intéressants, souvent ils impliquaient le sexe, ou le Maître de Potions, ou les deux mais il ne se réveillait plus en hurlant après avoir passé la nuit à       avancer péniblement entre du sang et des entrailles. Bien que s’il l’eût fait, la consolation était que Snape déboulerait dans sa chambre à coucher en pyjama, et c’était une chose qui n’aurait pas dérangé Harry du tout. Et cette fois, il avait l’excuse d’une recherche scientifique pour ne pas prendre sa potion.

Snape pivota pour retourner à son bureau, discourant sur la méthode correcte pour détecter un charme et regarda droit dans les yeux de Harry. Harry rougit immédiatement et se détourna promptement. La voix Snape vacilla et pendant un instant, il parut perdre le fil de ses pensées. Il se reprit rapidement et s’avança à grands pas vers le devant des élèves et tourna le dos à Harry.

Heureusement, ce fut bientôt l’heure de la partie pratique de la leçon ce qui garda Harry occupé tandis qu’il marchait entre les étudiants, en s’assurant que personne ne faisait rien de permanent sur quelqu’un d’autre pendant qu’ils appliquaient les sortilèges et se les ôtaient mutuellement.

Lucy Smith avait fait un excellent travail en se transformant sinistrement en une McGonagall jeune et sa partenaire était trop occupée à rire pour briser le charme. Souriant largement, Harry jeta un coup d’œil sur sa gauche et vit Snape l’observer, une expression amusée sur le visage. Il rencontra les yeux de Harry, haussa ses sourcils et se détourna. Harry sentit un frisson dans le creux de son estomac et une délicieuse sensation d’anticipation.

Harry attendit que tous les étudiants sortent et que la porte se soit refermée avant de se tourner vers Snape.

- Potter ? s’enquit Snape, son ton calme démenti par les deux taches légèrement rosées sur ses joues cireuses.

- Professeur, répondit Harry en avançant d’un pas vers lui.

Snape déglutit.

- Il y a quelque chose en quoi je peux vous aider ?

Harry sentit une délicieuse piqûre de désir le frapper droit à l’entrejambes. Il avança d’un autre pas.

- Je pense qu’il y a…

La porte s’ouvrit brusquement et instantanément, il y eut un bon mètre entre eux.

- Oh, Severus, viens immédiatement, c’est Sweeney et Shawville.

Snape et Harry suivirent McGonagall dans l’infirmerie où Brian Sweeney et Tristan Shawville affichaient une mine piteuse en se nettoyant mutuellement le pelage.

- Des grands singes, Severus, Murgletop les a transformés en grands singes !

Snape semblait impressionné. Harry devait admettre qu’ils étaient vraiment bien faits.

- Je ne vois où est le problème, Minerva. C’est une amélioration certaine, fit remarquer Snape.

Harry réprima un grognement de rire. Snape haussa les sourcils vers lui puis examina pensivement Sweeney et Shawville, en se tapotant un doigt sur la lèvre.

- En fait, je pense que ce sont des macaques rhésus, pas des grands singes.

- Qu’importe ce qu’ils sont ! Ce ne sont plus des étudiants de 6ème année !

- Où est Murgletop ? demanda Snape.

- Dans mon bureau. Je ne suis pas certaine de savoir exactement quel sortilège il a utilisé, ce n’est pas une simple métamorphose. J’ai besoin de découvrir ce qu’il a fait avant de pouvoir retransformer ces garçons.

- Je vais lui parler.

- Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée. La seule chose que Murgletop a dit était que tu allais le tuer.

- Ce gamin n’est pas aussi bête que je le croyais.

Snape jeta un coup d’œil aux garçons.

- Minerva, je peux te parler.

Il l’attira sur le côté. A l’expression de surprise de McGonagall, Harry devina que Snape lui faisait part des instructions qu’il avait données à Edward.

- Potter ? appela McGonagall. Voulez-vous aller avec Severus, s’il vous plait ? Pour que Edward ait un visage amical près de lui.

Harry rit presque de l’expression offensée de Snape.

Edward Murgletop était assis sur une chaise, dans le bureau de McGonagall et semblait absolument terrifié. Il rampa quasiment sous son siège lorsque Snape entra dans la pièce.

- Je suis désolé, Monsieur, je ne voulais pas faire ça ! s’écria-t-il.

- Ne t’inquiète pas, Edward, tu n’auras aucun ennui, dit Harry en lançant un coup d’œil à Snape. Nous avons juste besoin de savoir comment tu as métamorphosé Sweeney et Shawville.

Snape jeta un regard furieux à Harry puis se tourna vers Edward.

- De quoi vous avais-je averti, Murgletop ? Trois jours et déjà vous prouvez que vous êtes incapable de suivre des instructions basiques.

Edward rosit.

- Je ne voulais pas le faire, Monsieur ! Vraiment ! Je ne sais pas comment je l’ai fait. Je ne voulais pas…

- Peut-être que tu devrais nous raconter ce qui s’est passé, suggéra Harry.

- Je ne sais pas. J’étais en train d’utiliser le charme que le professeur Snape m’avait appris et ils ne savaient pas que j’étais là mais ensuite ils ont commencé à parler de moi et ils étaient en train de rire et de se comporter bêtement et… JE NE SAIS PAS CE QUI S’EST PASSÉ !

Il se rassit sur sa chaise en haletant légèrement.

- Vous n’avez pas utiliser votre baguette ? demanda calmement Snape.

- Non, Monsieur. Ils étaient juste… Je ne sais pas… J’étais assis là à les détester et à espérer qu’ils la ferment et que c’était pire que quand ils savaient que j’étais là et ils étaient en train de sauter partout et j’ai pensé qu’ils ressemblaient à des singes stupides et alors…

Edward cligna des yeux. Harry regarda Snape, il savait assez bien comment c’était de souhaiter quelque chose et que ça arrive. Snape se tourna vers Edward.

- Ils se sont transformés en singes. Très bien, Murgletop. Bon, vous n’avez à vous préoccuper de rien, tous ceux qui sont sous tension provoquent de la magie sans baguette de temps en temps.

Le regard que Harry lança à Snape cette fois fut empreint de surprise.

- Cependant, ceci nous cause des difficultés pour inverser le sortilège puisque nous ne savons pas exactement comment ça s’est produit.

- Je… Je ne sais pas. J’ai simplement pensé qu’ils se comportaient comme des singes et je crois que j’ai pensé : « Fermez–la, singes stupides ! » et ensuite ils se sont métamorphosés.

- Je vois, fit Snape. Très bien, Murgletop. J’espère dans votre intérêt que le professeur MsGonagall pourra inverser le sortilège. En attendant, je suggère que vous envisagiez d’apprendre à compter jusqu’à dix avant de commencer à faire jaillir des explosions de magie sur des victimes qui ne se doutent de rien.

- Oui, Monsieur. Je suis désolé, Monsieur. Vraiment. Le charme que vous m’avez montré fonctionnait à la perfection, ils ne m’avaient rien dit de tout le week-end. Je suis vraiment désolé, Monsieur.

Snape ne parut pas impressionné.

- Si vous le dites. Voyons si ça ne se reproduit pas encore une fois. Attendez là, Murgletop : le professeur McGonagall va venir dès que possible.

Harry suivit Snape tandis qu’ils retournaient à l’infirmerie, laissant Edward attendre Minerva. Il savait exactement ce que ressentait Edward et il avait fait bien pire aux gens qui l’avaient blessé.

- Tout le monde fait de la magie sans baguette parfois ? demanda Harry, se rappelant le commentaire de Snape.

- Normalement, pas au point de métamorphoser ses pairs en singes ou de gonfler sa tante…

Snape lança un regard significatif vers Harry qui rougit légèrement. Est-ce que tout le monde savait pour Tante Marge ? Harry sentit son estomac se tordre un peu. Est-ce que Snape croyait qu’il était toujours cet ado de treize ans qui ne contrôlait pas son tempérament ?

- Mais oui, c’est plutôt naturel pour les personnes qui ont des dispositions magiques de… réagir inconsciemment lorsqu’ils sont stressés. Généralement, les effets sont si légers qu’il ne réalise pas ce qu’ils ont fait. Les performances de magie sans baguette délibérées, d’un autre côté, découlent plutôt d’un réel talent.

- Il n’aura pas d’ennui, hein ? demanda Harry.

Snape lui jeta un rapide coup d’œil.

- Il fera perdre des points à sa maison et on lui demandera certainement de prendre des leçons pour gérer sa colère mais à part ça, non, j’en doute. Nul n’a pas besoin d’être le Garçon-qui-a-survécu pour être excusé de provoquer de la magie sans baguette.

Harry ressentit une bouffée de chaleur et lui lança un regard furieux. Simplement parce que c’était vrai… Son agacement fut quelque peu tempéré cependant, parce que Snape semblait accepter relativement bien le comportement de Edward. Une preuve de plus de son côté pas si cruel de Maître de Potions.

- Très bien, je vais aller déjeuner alors.

Puis il tourna les talons et s’en alla avec autorité, parce qu’il était toujours énervé par le commentaire sur le Garçon-qui-a-survécu. Il se plut à croire que Snape ouvrait la bouche pour le rappeler.

Snape arriva au déjeuner un peu après Harry. Il haussa les sourcils et s’assit à ses côtés. Harry était toujours en colère contre lui et lui jeta un regard hostile. L’expression interrogatrice de Snape se mua en œillade noire. Harry lui rendit la pareille et se tourna pour parler avec Madame Bibine, de l’autre côté.

Après un moment, il oublia qu’il était colère contre Snape, mais le Maître des Potions avait quitté la table.

Snape était dans son bureau quand Harry revint du dîner. Harry lui jeta un coup d’œil et fut sur le point de continuer en direction de sa chambre, parce que Snape, à en juger par l’œillade sinistre qu’il lui lança, n’était pas d’humeur pour de la compagnie, quand il parla :

- Potter, un mot.

Potter, un mot. Ce n’était jamais de bon augure. Harry le dévisagea avec inquiétude. Un mot à propos de quoi ? Il n’allait pas mettre un terme à tout ça maintenant, non ? Ils venaient à peine de commencer.

- Potter… commença Snape en semblant brusquement mal à l’aise.

Il regarda brièvement ailleurs puis se reprit en se redressant.

- Je n’ai pas… Vous m’avez mal compris. Je voulais dire que vous aviez été excusé pour votre magie hors cadre scolaire non pas pour qui vous êtes, pour une fois, mais parce que c’est plutôt une pratique généralisée, termina Snape avec un regard irrité.

Harry cligna des yeux. Snape était en train de s’excuser ? Ou tout comme ? Il le fixa avec surprise.

- D’accord. Très bien.

Snape hocha la tête. Harry regarda autour de lui, hésitant, se demandant s’il devait juste aller dans sa chambre.

- Vous voulez…

Les deux parlèrent en même temps. Harry rougit et s’interrompit.

- Allez-y, dit-il, certain que la question de Snape était un peu plus importante que son « vous voulez le bureau pour vous seul, ce soir ? »

Les joues de Snape rosirent légèrement.

- J’allais vous demander si vous souhaitiez vous joindre à moi pour le dîner.

Harry déglutit.

- D’accord.

- J’ai des essais à corriger, l’avertit Snape. Je vous suggère d’apporter quelque chose à faire.

Harry acquiesça et prit quelques parchemins posés sur son bureau et une plume.

Le feu de Snape flamboyait et un service à thé et des scones beurrés attendaient sur un plateau posé sur une petite table entre deux fauteuils.

- Asseyez-vous, dit Snape et Harry s’exécuta. Du thé ?

Harry acquiesça.

- Deux sucres et du lait, merci, précisa-t-il.

Snape lui tendit une tasse de thé puis s’assit dans l’autre fauteuil. Il prit une pile de papiers et commença à les annoter. Harry prit une gorgée de thé et l’observa un moment avant de décider que tout ça était trop bizarre et il se servit d’un scone. Il reposa sa tasse sur la table basse et commença à écrire une lettre à Remus. Il se demanda ce qu’il devait mentionner à Remus l’endroit où il était en train de composer cette lettre mais il renonça, ça amènerait trop de questions et il n’était pas vraiment encore prêt à y répondre.

Il risqua un coup d’œil vers Snape qui était apparemment profondément accaparé à commenter par de mordantes remarques le travail d’un pauvre étudiant. Ses cheveux sombres lui tombaient sur le visage et le cachait légèrement de Harry. Harry observa ses longs doigts tachés et ses pensées prirent un tour moins studieux. Il se secoua et il retourna à sa lettre.

« … ici, tout va bien »

Devait-il mentionner son coming-out ? Il supposait que Remus devrait le savoir et qu’il l’accepterait probablement, Remus était vraiment bon à ce genre de choses.

« … Au fait, je suis… »

Non. Harry barra ce début de phrase.

« J’ai quelque chose d’important à te dire. »

Quoi, maintenant ? Je suis gay, je suis sorti du placard ?

« Je suis gay. Je l’ai dit à Ron et Hermione. C’est quelque chose que je sais depuis longtemps maintenant mais je n’avais simplement pas eu le luxe d’y penser vraiment. »

Voilà, c’était fait. Il ne demanderait pas à Remus de l’accepter. Il le devait, tout simplement. Il réfléchit à la réaction de Ron et ajouta :

« Non, je n’ai pas de petit ami. »

Puis il lança un rapide coup d’œil à Snape et le traça. Pas que Snape soit son petit ami, pas qu’il sache ce que Snape était vraiment pour lui mais il le barra quand même.

Harry finit sa lettre avec quelques nouvelles de plus puis il s’enquit de sa santé. Ensuite, il la ferma, la scella et la mit dans sa poche. Il regarda Snape qui buvait du thé, n’ayant plus rien à faire. Il eut soudain l’image peu utile de Snape le basculant par-dessus le bras du fauteuil. Il remua sur son siège et s’éclaircit la gorge.

- Professeur ?

Snape leva les yeux d’un air interrogateur.

- Je suppose que je devrais y aller, maintenant ?

L’expression de Snape ne changea pas, il hocha légèrement la tête.

- Bonne nuit.

Harry réprima la pointe de déception qui s’était formé dans le creux de son estomac.

- Très bien. Bonne nuit.

Il se leva en rassemblant ses autres lettres et les mit dans sa poche avec celle de Remus. Où était le problème, de toute façon ? Ce n’était pas comme s’ils s’étaient parlés.

La main de Snape fut sur son épaule avant qu’il n’atteigne la porte. Harry se tourna et se trouva complètement défait par l’expression qu’affichait Snape. Elle était ouverte et passionnée et Harry sentit son souffle se bloquer dans sa gorge. Ils n’avaient plus qu’un seul choix, celui de s’embrasser et Harry se souvint pourquoi il avait fini au lit avec Snape la première fois. Des baisers brûlants, gauches, féroces et désespérés. Il fut poussé contre la porte. Snape l’épingla contre le battant et le pantalon de Harry fut ouvert et descendu de ses hanches. Il gémit dans la bouche de Snape tandis qu’une main chaude se refermait sur son sexe et commençait à le caresser. Il sentit l’érection de Snape se presser contre sa hanche à travers sa robe de sorcier. La bouche de Snape s’éloigna de la sienne pour laisser une traînée brûlante le long de sa mâchoire et de son cou. Harry remua un peu et s’agrippa au grand corps qui le pressait contre le mur, cherchant le plaisir, sentant la pression grandir en lui ; ses testicules se resserrèrent et ses jambes se mirent à trembler.

Harry enregistra dans une sorte de brouillard que Snape le retournait, le pressait contre la porte et murmurait un sortilège de lubrification tandis que sa main continuait à le masturber. Mais cependant, il enregistra de façon certaine le soudain plaisir mêlé de douleur que provoqua un membre tendu glissé en lui. Son grognement fit écho avec un autre, près de son oreille. Snape plongea une fois, deux fois, puis une fois encore. Harry jouit en sentant Snape haleter contre son cou et frissonner en lui.

Ils restèrent là pendant un moment, Harry pressé contre la porte, Snape pressé contre lui. Puis Snape se retira et se détourna. Harry prit une profonde inspiration, presque douloureuse.

- Intense, dit-il, incapable de mettre le mot dans une phrase.

- Oui, répondit Snape, en faisait sursauter Harry qui ne s’attendait pas à une réponse.

Harry redressa ses lunettes, remonta son pantalon et le reboutonna. Il sortit un mouchoir et essuya inefficacement les taches sur la porte. Finalement, il sortit sa baguette en invoquant le seul sortilège de nettoyage qu’il connaissait. Harry espéra que Snape ne remarquerait pas l’absence de peinture.

Il aurait été simple de partir maintenant, de simplement ouvrir la porte et sortir comme il en avait eu l’intention, sans se retourner, sans rien dire d’autre. C’était le plus simple mais Harry ne pouvait pas faire ça. Il ne voulait pas faire ça. Il se retourna.

Snape était toujours là, il l’observait. Sa main serrait la chaise derrière et ses jointures étaient blanches. Harry ne savait pas que dire. Il savait juste que ce que s’était produit avait été intense et il devait y avoir quelque chose de plus.

- Je suis fatigué, dit-il.

- Vous devriez y aller, fit Snape.

- Je ne veux pas dormir seul.

- Alors, restez.

- D’accord.

Snape ouvrit la porte de sa chambre à coucher puis éteignit le feu et la lumière dans le salon. Harry le suivit. Il se déshabilla jusqu’à ses sous-vêtements tandis que Snape allait dans la salle de bain et refermait la porte. Harry examinait le lit quand Snape ressortit en pyjama. Il grimpa dans le lit au côté opposé à Harry et Harry se glissa près de lui.

Snape éteignit la lumière et Harry se repositionna plus près. Un bras s’enroula autour de lui puis, un instant plus tard, le corps revêtu de flanelle de Snape se colla contre lui. Harry sentit un souffle chaud contre son oreille.

- Dormez, Potter, ordonna-t-il, d’une voix bourrue.

- Ok, ‘nuit, répondit Harry, parce que ça avait l’air d’être une merveilleuse idée.

A suivre…

Merci d’avoir lu jusque-là. Vous avez aimé, détesté ? Laissez-moi un petit mot pour me faire part de vos impressions. N’oubliez pas, ceux qui ne possèdent pas de compte FFnet, de mettre votre e-mail si vous voulez une réponse.

Bisous

Falyla


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