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: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Anime/Manga » Saint Seiya » Pour voir ton sourire

Sheikhan
Author of 4 Stories

Rated: K - French - Friendship/General - Kanon - Reviews: 3 - Published: 07-23-07 - Complete - id:3675035

Titre : Pour voir ton sourire.
Auteur : Sheikhan
Disclaimer : Les deux frères sont à Masami Kurumada. Je les lui emprunterais bien, mais bon. La jeune fille est à moi.
Genre : Drame je dirais, si je comprends bien ce à quoi ça correspond xD (Drame hein, pas tragédie !)
Note : Oneshot court et bizarre, j’espère que vous aimerez.


Si un peintre voulait reproduire ce qu’il voyait, il peindrait la mer bleue qui s’étend à l’infini, se mêlant au ciel dénué de nuages. Il représenterait les mouettes qui se mouvent au-dessus du rivage et le sable fin de la plage. Immanquablement, il s’attarderait sur les roches qui bordent l’étendue sableuse, et l’homme qui s’assoit chaque jour face à ce qui a été le cadre de sa vie treize ans durant. Non, il ne pourrait pas oublier l’être aux longs cheveux bleus qui observe inlassablement l’eau aller et venir, du lever au coucher du soleil.

Cela fait déjà trois mois. Trois trop longs mois qu’il est de retour au Sanctuaire. Comme tous les autres, il a été ressuscité par Perséphone. Pourquoi ? Nul ne le sait. Il ne s’en soucie pas. Mais durant tous ces jours, toutes ces semaines, tous ces mois, il est venu là, contemplé cet horizon aujourd’hui désespérément bleu. Jamais la pluie ou la fraicheur ne l’a privé de sa pénitence… ou de son ennui.

Ici, ce n’est pas chez lui. Cela ne l’a jamais été. Pas lorsqu’il s’y entrainait, pas lorsqu’il en est parti, contraint et forcé, pas lorsqu’il y est revenu, par manque d’endroit où aller. Mais il n’est pas pardonné par tous les autres, quoiqu’ils en disent. La distance entre eux le prouve bien. Ou est-ce lui qui la créer ? Il ne sait pas. Ou plus. Toutefois il ne s’y sent pas désiré. Il déprime. Son frère s’en inquiète.

Sourire désabusé.

Son frère… Peut-être est-ce lui cette ombre qui parfois le suit ? Il ne sait plus depuis quand elle est là. Jamais oppressante, presque réconfortante. Elle veille mais jamais ne surveille. Il n’a pas cherché à savoir qui c’est.

Peur de la fuite.

De sa fuite. Elle est là, c’est tout. C’est bien comme ça. Un ange gardien. Son ange gardien. Le premier, et sans doute le dernier. Il ne veut pas le voir partir. Alors il ne se retourne pas. Jamais. Il l’ignore, en apparence, le guette, à l’intérieur.

Il lui arrive de voir sa silhouette sombre se découper du ciel, comme aujourd’hui. Il sourit, se détend. L’Ange est là, il n’est plus seul. Il se lève, s’étire, avance. Il part. L’ombre s’en va aussi, comme toujours. Son sourire reste. Il l’a vue.

Il se remet en marche pour rejoindre sa maisonnée. Sur le chemin, l’homme croise deux femmes chevaliers, sans masque. Athéna a autorisé cela, pour plus de modernité. Moins de machisme aussi. Lui, il s’en moque.

- Tu crois qu’elle acceptera ? demande l’une, assise sur les jambes de l’autre.

- Je ne sais pas. Je pense. J’espère pour toi.

- Oui…

- Tu lui offriras un cadeau de Saint Valentin ?

- Je… ne sais pas quoi lui offrir.

- Alors viens avec moi à Athènes.

- On n’a pas le droit de sortir.

- Ce ne te gêne pas les samedis soirs… fait l’autre, amusée.

- Oui bon… J’arrive.

Les filles s’en vont. L’homme se rend compte qu’il s’est arrêté, caché derrière un arbre. Les habitudes ont la vie dure.

Ne pas se montrer.

Il soupire, rentre chez lui. La nuit passe, l’ombre aussi. Il la sent, elle le frôle. Il ne dort pas, mais n’ouvre pas les yeux. La main de l’Ange passe sur son front, doucement.

Tendresse.

Depuis quand n’en a-t-on pas fait preuve avec lui ? Trop longtemps. C’est agréable ce qu’il ressent. Il sourit. Elle aussi sans doute, puis elle le laisse. Elle lui manque déjà. Il se recroqueville, se met en position fœtale. Il s’endort.

Le lendemain, il le voit, le cadeau de l’Ange. Il sourit, se lève et le prend. Il l’ouvre. C’est un collier : une chaine en argent, un pendentif en forme de dragon. A côté, il voit un mot. Il le déplit, puis le lit. C’est court.

« Pour voir ton sourire. »

Il sourit à nouveau, vraiment. Il est touché. Les quelques rares cadeaux qu’il a reçu pour cette fête n’étaient pas si beaux, sentimentalement. Il est heureux, alors il met le collier. Qui que ce soit l’Ange, il le verra. Et l’homme sourira. Pour lui.

Après, il ne va pas à la plage. Il va en ville. Il cherche du matériel, l’achète quand il le trouve, et revient s’en servir sur le sable fin. La vue est belle, chaleureuse. Parfaite.

Il met des jours, mais y parvient. Ca fait longtemps qu’il n’a pas peint. Les couleurs sur sa toile sont chaudes. Il veut le remercier, son Ange. Alors quand c’est sec, il roule la toile, y glisse une feuille avec juste un mot : « Merci » et la met en évidence sur sa table. Le lendemain, elle n’y est plus. Il ne voit qu’une réponse, un petit dragon de terre cuite. Il sourit, le prend, et l’emmène avec lui, au bord de la mer.

Les jours passent. L’homme et son ange gardien continuent leurs échanges. La maison du chevalier est agrémentée de dizaines de dragons. Le frère de l’homme s’est parfois étonné de cet engouement.

- Mais pourquoi as-tu tant de dragons chez toi ? demande-t-il régulièrement.

- Parce qu’ils sont les cadeaux d’un Ange.

- Ne serais-tu pas amoureux ?

Il affirme toujours que non, il ne l’est pas, mais l’autre ne le croit pas. Cela l’amuse, et il sourit encore. Plus le temps passe, plus sa joie revient. Il suffit de peu. Il suffit que l’Ange soit là.

Pourtant, un jour, il ne sourit pas au bord de l’eau. Il est assit, les bras repliés autour de ses jambes ramenées contre lui, les yeux dans le lointain.

- Elle te manque ?

Une voix douce, indéniablement féminine s’élève à côté de lui. Il lève les yeux, voit une jeune femme. Celle qui avait proposé à son amie d’aller à Athènes, quelques mois plus tôt.

- La mer, elle te manque ? répond-elle à sa question muette.

- Oui.

Sa voix à lui est atone. Ses yeux se promènent sur l’étendue d’eau bleue devant lui.

- Alors viens, fait la fille qui s’est avancée jusqu’à avoir l’eau à mi-cuisse.

Il se lève doucement, avance. Un pas, puis deux et bientôt il saisit la main tendue par la jeune fille.

- Pourquoi ne pars-tu pas ? Prend la mer !

- Athéna…

- Elle t’a sauvé et tu es mort pour elle. Ta dette n’est plus.

Il reste silencieux un moment, puis la questionne.

- Comment… ?

- Comme je sais cela ? Je sais plus de choses que tu le crois.

- Qui… ?

Mais à nouveau, il n’a pas le temps de finir sa phrase. Elle pose un doigt sur ses lèvres, et lui sourit. Cela lui réchauffe le cœur. Elle est tendre.

- Non Kanon. Tu ne le sauras pas. Je suis un ange. Ton Ange, c’est tout.

Il la regarde, étonné, puis elle s’é regagne la plage, l’observe partir. Elle se retourne alors, et voit dans son regard la question qu’il se pose. Pourquoi fait-elle cela ?

- Pour voir ton sourire.

Elle semble heureuse, radieuse même. Ses lèvres se soulèvent à chaque coin avec bienveillance. Il fait alors pareil, curieusement gai, et elle le laisse là en s’en allant. Lui, il sait où aller, maintenant.

FIN


J’admets, tout est bizarre. Le style et l’histoire, mais bon, ce matin à deux heures du mat’, j’avais la scène de la fin dans le tête et envie de l’écrire. Voilà ce que ça donne. Je ne suis pas mécontent, ça ressemble à ce que je voulais faire, mais je sais pas si les sentiments de Kanon ressortent vraiment du texte. Enfin bon… Hésitez pas à me laisser une review :)

J'aimerais si possible que vous répondiez à cette question après votre lecture, j'aurais vraiment besoin de connaître la réponse svp ! Tout au long de l'histoire, vous avez l'impression que Kanon ressent quoi ? N'hésitez pas à détailler le plus possible !

Merci d'avance à ceux qui prendront cette peine :)

PS du 17/06/09 : 608 hits, 2 fav, 3 reviews... C'est ce que je vous fait peur et vous n'osez pas me dire ce que vous en pensez ? XD Je réponds aux commentaires pourtant - et je mords pas (trop fort).



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