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Author of 10 Stories |
Je suis une grande rancunière depuis toujours. C’est en partie ce qui m’a permis de survivre pendant l’année passée à servir LaCroix. Cette rancune je l’ai retirée aux chaînes de l’humanité pour armer ma volonté en une phrase « lui/elle va me le payer ! » Elle me rend aussi impitoyable et obstinée qu’un Brujah.
Christoff Romuald m’a permis de me venger de Judas par la loi du Talion. Lui aussi allait être enchaîné à son tour à une personne dont l’amour est hypocrite.
Je n’en avais plus rien à faire de l’un comme de l’autre.
Le reste de cette soirée… Nous, les Toréador sommes de grands mesquins. Comme je sais que je suis puérile je n’échappe pas à la règle, mais ma mesquinerie je la réserve pour la vengeance.
Cette réunion Toréador qui était un concours de coqs de basse-cour sous le masque d’une réception ‘diplomatique’ entre Anarch et Camarilla, elle-même sous le masque huppé d’une soirée ‘spéciale rock and mode’ me fatigua très vite. Je n’aime pas les miens quand ils font les lycéennes.
Mais je découvrais que mon inimité à ce carnaval n’était pas due à mon manque de confiance : je me pavanais tout autant pour ne pas me faire éjecter du cercle d’Isaac et de Michaëla et je réussis à balancer ‘out’ les quelques crétins et quelques crétines nouveaux-nés ou anciens qui avaient essayé de me discréditer. Ma réputation m’est utile pour : faire peur d’abord, frapper ensuite et parler après. Cependant elle est lourde d’implications sociales au sein de mon Sang. Si un Toréador n’est pas sûr de lui et ne joue pas le jeu des podiums on ne le prend plus au sérieux. Ce jeu m’irritait parce qu’il me semblait une perte de temps.
Ca montrait encore que bien que Toréador, j’avais été élevée par les Brujah. Je préfère l’action, en faisant une pièce de théâtre. Je faisais de l'acte un art. C’était précisément pour ces mots dissimulés qu’Isaac, en bon producteur hollywoodien, m’appréciait. C’était pour ça aussi que je pus confirmer à demi mots que les Toréador de Los Angeles avaient besoin de moi dans n’importe quelle tenue.
Michaëla avait eu la présence d’esprit d’inviter Gareth MacPherson et de le garder à son bras, panthère et panthère, ainsi lorsqu’on les croisa plusieurs fois dans la soirée, moi et Nines, loup et louve, on put aussi mettre un point au clair. Michaëla et moi n’allions pas changer de bras mais MacPherson comprenait qu’il était encerclé par le trio qui menait la danse de sa politique. Nines et lui se jetaient des regards noirs, un loup et une panthère mâle qui tournaient autour pour moi.
Ca ne l’empêcha jamais de continuer à me faire des avances les soirs où il me croisait.
Ca n’empêcha pas Nines de lui briser le nez tous ces soirs là en privé.
Mais ça empêcha formellement MacPherson de faire plus que le boulot pour lequel Michaëla l’avait aidé à se faire élire maire : peu à peu les restes de pouvoir du Sabbat au niveau politique furent inexorablement rongés par un acide corrosif nommé Gareth-Michaëla.
A la fin du mois et après plusieurs rendez-vous, enquêtes et discussions, je donnai le premier sang à ma nouvelle goule. Le chien était assez pour ma protection. Mais le talent de Blake me fit développer le penchant Toréador à le mettre sous ma garde pour observer l’évolution de son don musical, garder sa beauté intacte et avoir une source de sang régulière.
Pour en revenir à cette soirée, il me fallut pas mal de temps avant de parvenir à asseoir ma position dans mon clan durant ce ‘défilé de mode’ tout en me nourrissant des hôtes du Bétail. Puis dès que ce fut fait, Nines et moi partîmes au plus vite en raccompagnant les Camarillistes à l’aéroport.
Comme le cuicui L.A+San Francisco = love était émoussé, Isaac ne vint pas avec nous.
Après une poignée de main d’égal à égal mais pas copain entre Luna (satisfait d’avoir muselé Fiori et calmé Langtry pour des motifs qui devaient être personnels) et Nines (bien content qu’Isaac se soit rappelé que la Camarilla était merdique) ils repartirent.
Il était quatre heures du matin quand Nines me déposa chez moi.
En fait il entra aussi.
La suite me fit comprendre qu’il était au moins aussi jaloux et possessif que moi : un peu macho à mon plus grand bonheur. Même si je pense qu’une autre raison s’ajoutait à ça : peur et joie de me retrouver, sans que je comprenne pourquoi, toutefois ça n’avait rien à voir avec la rivalité.
La robe LaCroix, bien que très jolie, finit très mal la nuit. Le mexicanos avait encore moins que moi apprécié la plaisanterie même si elle lui avait bien servi.
Ma vie sexuelle avec un Ancillae Brujah Anarch ne regardant personne, je ne raconterai rien.
Juste que le parquet du hall était très confortable.
Bonus – Quand vint l’explication du tombé de chemise…Lia somnolait tranquillement sur son épaule, sur le lit, dans la chambre déménagée.
Le Brujah, la tête tournée et baissée pour pouvoir l’observer somnoler, espérait sincèrement qu’elle ne remarquât rien, voire qu’elle songeât plutôt à ce qu’il venait de se passer dans le hall.
Malheureusement c’est bien connu, jamais rien ne se passe comme on le voudrait et Lia se redressa soudainement sur le coude en fronçant les sourcils d’un air perplexe.
Nines réfléchit à toute vitesse, toutefois ce fut avec franchise que se déroula ce drôle de minuscule dialogue. Car alors que la Toréador le regardait fixement avec le visage de celle qui se pose une question si gênante qu’elle préfère la poser tacitement… Le leader Brujah finit par dire avec assez de fermeté, mais un peu tendu quand même, (mais pas où vous pensez, du moins pas encore) : « on l’a déjà fait. »
Lia fit des yeux ronds, Nines dissimula son appréhension derrière un sourire léger : « sur ce lit mais dans l’autre chambre » ajouta t-il en songeant « j’espère que les automatismes sont là pour ça aussi… »
La Toréador fronça un sourcil en haussant l’autre d’un air de réflexion en levant ses yeux céladon au plafond. Le Brujah se crispa un peu plus puis se redressa à son tour pour s’asseoir et détourner son attention en glissant un baiser sur sa gorge mesure désespérée.
Mais ça serait quand même triste ET bizarre si la Française ne se souvenait pas de sa première fois avec son idole, non ?
C’est à ce baiser dans le cou, sulfureux, que de troublants (héhé) souvenirs de ce moment là passèrent devant les yeux fermés de la Toréador au passage des lèvres de son amant. Elle soupira, se détendit (et lui aussi du même coup) avec un sourire légèrement goguenard et ce fut reparti pour un second tour qui ne sera pas le dernier –ah ah–.
Que voulez-vous comme explication ? A part qu’à l’instar du Baiser, c’est bien le seul moment où rien n’a d’emprise ou d’importance sinon les sensations. En fait Lia se souvenait très, très bien de ce moment là qui était inutile de situer quelque part dans le temps. Il avait juste fallu que la question fût ‘posée’.
Lulainn en bonne marraine et digne chaperonne avait été fourbe dans sa formule rituelle…