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Author of 5 Stories |
Auteur : Ayakai ()
Titre : Dans ma tête un poisson vient de mourir
Genre : comique, angst, yaoi(okay, on ne sent vraiment qu'un tout petit petit peu l'angst, mais je vous jure qu'il y en a plein lorsqu'on gratte la couche d'humour). ATTENTION LEMON (à vos risques et périls, surtout sachant que j'aime pas trop les écrire)
Couples : Die/Toshiya, Toshiya?Shinya, Die/Kyo, Shiki/Kaoru (mais seulement avant, plus maintenant) et...
Spoiler : Là je vais pouvoir enfin écrire une scène qui me fait jubiler depuis le début...
Mot de l'auteur : Moi qui était partie pour taper un chapitre de Terminal5 to Eternity, me voilà au 3° chapitre de la journée sur la même fic. Aaaaah... pauvre de moi, je vais sans doute être obligée d'éteindre mon PC alors que j'aurais même pas encore fini d'écrire tout ce que j'ai en tête. Ça fait longtemps que ça ne m'était pas arrivé, mine de rien ! Etrangement, même si je suis encore loin de la fin, je la vois déjà venir !
(30/06/08 ; 00:47)
Aya, superproductive
Dans ma tête un poisson bleu vient de mourir
Chapitre 8 : Jamais 309, lui répondit l'adulte
Lorsque Kaoru donna son cours le lendemain, ce fut devant toute la classe réunie, et sans un seul cafouillage. On ne pouvait plus voir aucune trace de l'espèce de lavette geignant sur une histoire vieille de six ans qui s'était donnée en spectacle le soir d'avant. Il avait toujours honte, surtout en songeant à Die et Kyo qui venaient d'affronter une épreuve assez terrible. Comment avait-il eu seulement le culot de jouer la victime ?! Il enrageait toujours en rangeant ses affaires à la fin de son cours. L'avant-dernier cours de l'année avec cette classe... ça avait quelque chose d'intensément triste de s'imaginer que bientôt il changerait d'élèves. Il s'était tellement bien habitué à voir ces deux zigotos à foutre le bordel.
Il prenait déjà des habitudes ? A ce rythme là il serait bon pour la retraite dans deux ans ! Il sourit pour lui-même et ferma la porte derrière lui, réalisant que cette année avait été vraiment très riche en événements pour lui.
— Ah con ! J'ai mal partout ! Râla Kyo en s'allongeant dans la pelouse du parc, il m'ont pas raté, ces connards ! En plus tu m'as défoncé le c...
— Si tu continues râler, je te défonce aussi le crâne, lui signala calmement Die, qui tentait vainement de rouler un pétard avec ses doigts bandés.
Lui qui avait solenellement déclaré qu'un vrai fumeur était capable de fumer par tous les temps et dans tous les états, voilà que son hypothèse était contrée par des simples bouts de tissus. Il renonça rapidement et confia la lourde responsabilité du roulage à son ami.
— Qu'est-ce que tu comptes faire, maintenant ? Interrogea-t-il en s'allongeant à son tour, retourner tranquillement chez toi et dire "Bonjour Papa, bonjour maman !" comme s'ils t'avaient jamais surpris à poil sous la douche avec un autre mec ?
— Non, je compte m'installer chez toi !
— Okay, je te conseille de chercher dès maintenant un job , et je te signale que Kao ne sera pas d'accord et que tu vas dormir sur le canapé.
— Pfeuh, que d'obstacles infimes ! Ça ne me pose aucun problème ! Fit fièrement le blond A part ça, tu penses que ça coûte cher, une maison en carton et une couverture chauffante ?
Le rouquin éclata de rire.
— En fait, je pense qu'il n'y aura aucun problème pour que tu viennes t'installer du moment que tu payes ta part. Le bug c'est que Shinya à l'air bien décidé à rester squatter la chambre de Kao.
— ça ne fait que quelques jours qu'on l'a ramené, je te signale.
Il eut un moment de flottement avant que Die ne s'exclame :
— Oh mais c'est que c'est vrai, en plus ! J'avais trop zappé ! J'ai l'impression que ça fait des semaines et des semaines que je sers de peluche à mon coloc' ! Trop bizaaaaaarre !
— Comme quoi ce genre d'habitudes confortables se prennent rapidement, commenta-t-il en lèchant le bord du papier.
— Ouais, heureusement que c'est l'hiver, parce que si ça avait dû arriver en été, je mourrais sans doute de chaud, avec lui sur moi, comme ça.
Rien que de penser au fait qu'ils soient en hiver, ils frissonnèrent de concert. Le roux sentait l'humidité de l'herbe qui s'insinuait entre ses épaules, à travers son manteau. Sa propre bêtise le surpris, il risquait d'attraper la crève... Bon Dieu de merde ! Il venait de penser qu'il allait choper la crève !!
— Kyo, paniqua-t-il, je viens à m'instant de m'inquiéter de choper la crève...
Le plus petit leva un regard surpris et le contempla un moment en silence.
— C'est le signe angoissant que tu commences à grandir, lâcha-t-il doctement, ou alors que ton cerveau est en manque de drogue. Dans les deux cas c'est inquiétant, mon grand couillon.
Sur ces mots, il se mit debout et lui fit signe de se lever aussi.
— Allons vite faire une connerie avant qu'il ne te vienne à l'esprit que faire des conneries, c'est mal !
— ça marche, petit couillon ! Sourit-il en se remettant sur ses pieds.
— Si tu fais encore une seule remarque sur ma taille, c'est pas marcher que tu vas faire, mais courir !
Il était près de huit heure du soir lorsque Die et Kyo entrèrent à grand fracas dans l'appartement, visiblement morts de rire tous les deux. Kaoru leva un regard réprobateur sur eux, mécontent d'être troublé dans sa contemplation de la minuterie de l'autocuiseur.
— C'est bon, tu te sens débile et jeune à nouveau ? S'esclaffa le blond à l'attentention de son ami qui n'arrêtait plus de rire.
Alors qu'il s'apprêtait à répondre, il fut interrompu par son coloc' quelque peu excédé :
— Daisuke, t'es pas sensé bosser, en ce moment ?
— Oh merde ! Jura-t-il avant de courir, sans enlever ses chaussures, jusqu'à sa chambre pour récupérer sa tenue de serveur.
Quelques secondes plus tard, il repassait dans l'autre sens, toujours en courant, et disparaissait en claquant la porte. Le brun poussa un long soupir fatigué et retourna à sa cuisine. Mal à l'aise, Kyo resta debout dans l'entrée à se demander s'il devait le vouvouyer ou le tutoyer, et si le moment était réellement bien choisi pour demander asile pour la nuit. A la vue de la rage que mettait le prof à remuer la viande dans la sauce au curry, il renonça à tout projet de tutoiement et d'hébergement. De toutes façons, il se doutait qu'ils n'allaient pas le laissser à la porte comme un animal errant qu'on refuse de recueillir chez soi.
— Un menu végétarien pour la 7 !
Die jeta un coup d'oeil vers la table en question, espérant vaguement y voir Toshiya. Mais il ne s'agissait que d'un vieil homme rabougri, aussi maigre que les asperges qu'il avait commandé. Le jeune serveur poussa un long soupir, Toshiya ne l'avait pas rappelé. En même temps, ils ne s'étaient rencontré que le week-end dernier, mais il n'avait pas envie que l'histoire s'arrête comme ça. En toute honnêteté il ne savait pas pourquoi. Sûrement parce que le brun était foutu comme un dieu, avait de la tchatch, et... et qu'il devait réellement être accro au cul pour être aussi obsédé que ça par un gars qu'il n'avait vu que deux fois dans sa vie !! Non, en réalité il ne s'étaient réellement vus qu'une fois, il ne pouvait pas compter la rencontre innatendue sur le toit.
— DAI- SU-KE !!
Il sursauta brusquement, surpris par le ton agressif que Kanako venait d'employer à son égard. Il n'irait pas jusqu'à dire qu'en temps normal elle était douce, étant donné qu'lle était même plutôt du genre masculine, bourrue et... bon charmante, il devait l'avouer... D'ailleurs à une époque il avait même envisagé de se la faire, avant de découvrir qu'elle était déjà prise et que de toutes façons elle était lesbienne. Pourquoi fallait-il donc que toutes les filles mignonnes soient lesbiennes ?! Il ne lui restait plus que les poufiasses décolorées aux seins refaits !! En même temps, comme les mecs les plus mignons étaient en général gays, de ce côté-là il était bien fourni. Il se demanda brièvement ce que ça devait être de coucher avec une lesbienne, elle n'avait sûrement pas la même manière de le faire. Sûrement plus de force, elle devait savoir comment prendre quelqu'un et le dominer. Et restait que... qu'il était vraiment en manque, y'avait pas moyen ?! Mais comment était-ce seulement possible qu'il soit en manque alors que... ?
— Ecoute Die, si tu te sens pas bien, tu peux rentrer chez toi, j'en parlerais au patron, soupira la grande serveuse en s'accoudant sur le comptoire.
Le rouquin s'interrompit en pleine tentative de suicide, la tête quasiment encastrée dans le bois du meuble. Il lui aurait sûrement expliqué son trouble si elle n'avait pas été concernée, ce qui était malheureusement le cas.
— Non, je dois rester travailler, j'ai juste un peu de mal dans ma tête, ces derniers-temps, marmonna-t-il, franchement honteux.
— En même temps, c'est pas en te la frappant contre le comptoire que ça va te soigner.
Il y avait du vrai dans ce qu'elle disait, il devait bien le reconnaître. Mais quoiqu'il en soit, il ne pouvait abandonner son poste, il se résolut donc à mettre de l'ordre dans ses pensées. Il aurait toute la nuit pour réfléchir sur son manque d'activité sexuelle -ridicule en considérant qu'il venait de se taper Kyo trois fois de suite... et puis il aurait plus de chance de voir Toshiya en restant ici... tout du moins l'espérait-il.
— ça suffit !! finit-il par râler, faisant sursauter le couple qu'il servait.
Résolut à arrêter de réfléchir, Die mit ses pensées en bandoulière et se remit sérieusement au travail.
Au final, il n'était jamais venu. A quoi s'attendait-il ? A ce qu'il rapplique, le sourire aux lèvres, genre "viens chez moi, on va s'amuser !"... Gros crétin de naïf de lover à deux balles ! Va te pendre avec ta mentalité holliwoodienne pourrie, et fais-toi enculer par une chèvre au passage, ça te dégoûtera de toutes ces idées sordides qui te viennent à l'esprit !
Die soupira tristement, fatigué d'être comme ça. Avisant un banc, il s'y installa, juste le temps de mettre du clair dans ses pensées. Il était vraiment réellement sincèrement fatigué d'être comme ça, toujours à se laisser prendre par ses pensées, ne jamais être satisfait de ce qu'il avait. Tout ça lui donnait envie de pleurer, sans qu'il ne sache réellement pourquoi. Alors qu'il envisageait cette possibilité, un flocon de neige se déposa sur sa joue pour y fondre immédiatement. Qu'il neige, comme ça, début Mars ! Le temps se déréglait vraiment ! Il laissa échapper un petit éclat de rire, levant la tête, la bouche ouverte pour profiter de cet événement exceptionnel.
Kaoru était déjà couché dans le lit de Die, affalé sur la couette, un livre entre les mains, lorsque la porte d'entrée claqua. Il y eut quelques mots échangés à voix étonnement basse entre Kyo et le rouquin, un éclat de rire, et le bruit d'une porte qui se ferme. Quelques secondes plus tard, le bruit de la douche. Le brun essaya de ne pas imaginer l'eau coulant sur son corps, scène bien trop excitante à son goût, et se concentra sur les mésaventures d'un saxophone et d'une clarinette paraplégique. Passionnant comme livre, seulement il avait l'impression d'avoir pris des acides rien qu'en ayant lu le premier chapitre.
Lorsque la porte de la chambre s'ouvrit, Saxophone et Clarinette se faisaient courser par une grosse contrebasse dans un désert uniquement peuplé de rés bémoles. Il leva brièvement les yeux sur la silhouette de son ami, juste le temps de constater qu'il ne portait qu'un T-shirt et un caleçon. Le lit s'enfonça un peu lorsque Die s'allongea à ses côtés et tourna le temps de trouver une position confortable. S'ensuivit un long silence seulement entrecoupé par le bruit des pages qu'on tourne. Jusqu'à ce que...
— Kao ?
— Hum ?
— Pour de vrai, Shiki c'est qui pour toi ?
Et voilà, il se doutait que la curiosité de Die était loin d'être satisfaite et qu'il allait remettre ça sur le tapis à un moment ou à un autre. Il soupira profondément, se demandant par quoi commencer, et surtout ce qu'il allait bien pouvoir dire... Il pris le temps de marquer sa page et de poser son livre au pied du lit avant de répondre. Mettant à profit ces quelques secondes pour se mettre en condition. Ça faisait des années qu'il n'avait pas eu l'occasion d'en parler.
— Shiki était mon... petit copain lorsque j'étais au lycée, avoua-t-il en s'allongeant sur le ventre, les yeux fiés sur le mur en face de lui.
Il sentit son colloc' bouger à côté de lui, son souffle à côté de son oreille.
— Donc en fait tu m'as menti en me disant que tu ne t'intéressait pas aux mecs...
Ah ça... lorsqu'on essaye d'enfouir un passé, il y a des choses qu'on ne peut pas dire. De toutes manières, maintenant qu'ils en étaient à ce point, il n'avait plus grand chose à perdre.
— Ouais, je t'ai menti... Mais quand on s'est rencontré, je venais de divorcer, lui rappela-t-il, je n'avais aucune envie de repenser à tout ça. Je t'ai dit ça pour te faire taire et j'ai jamais eu l'occasion de revenir dessus par la suite.
L'autre hocha la tête. Kaoru lui jeta un regard de biais et lu sur son visage que d'autres questions n'allaient pas tarder à venir. Quelle barbe ! Il enfouit son visage dans l'oreiller en essayant de se convaincre, pour au moins quelques secondes, qu'il était une mite (1) dans un placard, mais il n'avait jamais été très fort en autopersuasion.
— Mais... je veux dire... qu'est-ce qu'il s'est passé réellement ? Continua le sale petit curieux à ses côtés, semblant chercher la formulation la plus blessante possible pour poser sa question, je veux dire... il avait l'air de dire que tu lui en voulait pour quelque chose...
— Si c'est juste pour satisfaire ta curiosité égoïste, sans prendre en compte le fait que je n'ai pas spécialement envie d'en parler, tu peux te mettre ta question là où je pense, répliqua-t-il froidement sans sortir son nez du coussin.
— Excuse-moi de vouloir comprendre ce qui t'as fait réagir comme une jeune fille effarouchée, hier, lui répliqua l'autre sans fléchir, je sui plutôt habitué à te voir tenir le rôle de prof sérieux, froid et insensible plutôt que celui d'un jeune Kaoru ultra-sensible, essayant de noyer son choque dans l'alcool !
— Va te faire foutre !
— Non, toi va te faire foutre ! Explosa Die, on est ami Kao, alors si tu veux pas me raconter ton passé, tu pourrais au moins me dire ce qui te rend comme ça ! J'en ai marre d'avoir l'impression d'être le seul à nous voir de la sorte !
Le lit bougea violemment, et le brun sentit la couette glisser sous lui. Son compagnon devait s'être enroulé dedans, sans doute furieux. Mais c'était LUI qui devrait être furieux ! C'était Die qui venait foutre le bordel dans ses sentiments, c'était à cause de lui si son passé était remué comme de la vase au fond d'une eau stagnante. Il se redressa et lui arracha la couette avec rage, l'envoyant rouler au pied du lit -qui était heureusement posé par terre.
— Alors c'est moi qui suis en tort ?! Je te signale que depuis que tu t'es installé dans ma vie, comme ça, c'est le parfait bordel dans ma tête ! C'est de ta faute si je suis comme ça ! Sale gamin !! Je te signale que toi non plus tu ne me dis pas toujours ce qui va pas ! Tu te contente de sourire et de me raconter ta dernière connerie ! Tu te crois plus honnête que moi, peut-être ?!
— C'est parce que j'ai toujours l'impression que t'en as rien à cirer de ce que je te raconte ! Se défendit le plus jeune en se massant les cervicales, et je te signale que tu m'as fait mal à me faire tomber, comme ça !
— J'en n'ai pas rien à foutre de ce que tu racontes !! s'offusqua-t-il, et puis si t'as envie de faire semblant d'aller bien, je vais pas te casser tes illusions !
— Des illusions ?!
Le rouquin chopa Kaoru au collet de son pyjama, le propulsant presque allongé sur le matelas. Le brun l'avait rarement vu aussi en colère.
— Et peut-être que c'est parce que j'aurais honte qu'on s'apitoie sur moi ! Moi toi, si tu le montres, ça ne peut-être que parce qu'au fond tu veux que je fasse attention à toi ?! T'as envie que je te force à recracher tout ce qui te fais mal, t'as besoin de te plaindre ! Alors vas-y, je t'écoute !! Et s'il faut que je te frappe pour que t'ailles mieux après, j'hésiterais pas !!
Touché ! Le plus âgé sentit son coeur se serrer de honte et de colère. Il saisit Die par le col à son tour, et le souleva jusqu'à ce qu'il ne soit qu'à quelques centimètres de son visage.
— Ah ouais ? Et bien je vais te dire ce qui ne va pas, gamin ! Ce Shiki était le seul vrai ami que j'ai jamais eu lorsque j'étais au lycée, tu captes ça ? Le seul ami que j'avais, que j'aimais comme un fou et qui disait m'aimer de la même manière!! Deux ans ! On est sorti deux putains d'années ensemble, j'ai fait un nombre de sacrifice que tu peux même pas imaginer pour lui ! Je me suis taillé de chez moi, en dernière année, j'ai trouvé un job pour pouvoir venir vivre avec lui, dans cet appart' où t'es à présent !! Et un jour, je suis revenu de cours et l'appart' était vide, il s'était taillé avec toutes ses affaires... lui qui s'était dit très amoureux de moi s'est fait la malle sans même me prévenir ! Je l'ai attendu ! Et il n'est jamais revenu, j'ai jamais su où il était partie, tu captes ? J'étais un mioche de lycéen, plus jeune que toi, et j'étais paumé, seul, avec un appart' deux fois trop cher pour moi que je ne voulais pas quitter au cas où il reviendrait !! Et là, il se repointe six ans après, comme une fleur, et me demande de déjeuner avec lui pour parler des bons moments passés ensemble... T'y crois, toi ?! T'y crois ?!
Il se rendit compte qu'il pleurait, sanglotait comme une âme en peine. Il ne pouvait plus s'arrêter. Six ans d'attente, six ans sans être capable de pleurer un type qu'il avait aimé, un mec en plus, et un connard de surcroît. Il avait vraiment foiré sa vie.
— Putain de merde !! Merde ! Merde ! Merde !!
Il mit un moment à prendre conscience que Die essayait de le consoler, passant doucement sa main dans son dos. Il se cramponna à lui, le serra de toutes ses forces, et chiala sur son épaule en continuant à reccracher des bribes de ce qu'il avait raté dans sa vie, entre deux hoquets et deux sanglots. Tout y passa : sa femme qui s'était crue dans un épisode de Friends et s'était barrée avec une autre nana, les copines qu'il avait eu et qu'il n'avait jamais réussi à aimer, ses colloc' qui étaient quasiment tous passés dans son lit, avaient essayés de s'incruster dans son coeur et s'étaient fait la malle par dépit... Tout... ou presque... Il stoppa brusquement de parler lorsqu'il se rendit compte qu'il était paré à lui faire une confession amoureuse alors que sa raison le lui déconseillait.
Il sentit tout d'un coup que la main de son ami avait quitté son dos pour se nicher dans ses cheveux, lui caressant doucement la tête. Puis se fut comme s'il avait arrêté de penser. Kaoru effleura l'oreille de son compagnon, appuyant sa joue contre la sienne, sans doute à la recherche de réconfort. Sa conscience glissa, leurs deux visages glissèrent l'un contre l'autre, leurs bouches l'une vers l'autre... Ses lèvres avaient le goût qu'il avait imaginé.
Il savait qu'il s'agissait d'une mauvaise idée, mais il en avait marre. Il avait envie de Die, et Die avait visiblement envie de lui. Son cerveau suractif avait foutu en l'air six ans de sa vie, et il ne comptait le laisser continuer. Il desserra les lèvres et l'embrassa à pleine bouche.
Puis il perdit le fil des événements. Incapable de se souvenir qui avait déshabillé qi avant qui, lequel avait touché l'autre avant lequel... Mais il avait pleinement conscience d'avoir la tête de Die au niveau de son entrejambe, chaque microparcelle de son sexe macroressentait chacun des minimouvements de sa maxibouche. Okay, ce n'était pas réellement le moment de faire de l'humour mais ledit moment était trop invraisemblable pour qu'il puisse le prendre au sérieux et... OHMONDIEU !!
— Ah !
Il plaqua une main sur sa bouche pour etouffer ses cris. C'était trop bon, définitivement trop bon ! Il allait, il allait... Il attrapa le roux par le menton et le força à remonter la tête pour l'embrasser. Le pénis de son amant glissa le long de sa jambe alors qu'il s'allongeait plus ou moins sur lui pour s'occuper de la partie supérieur de son corps. Il le saisit à pleine main et commença à le masturber... doucement... de plus en plus vite... Bon, en fait il avait du mal à croire qu'il le faisait vraiment avec lui, mais... Ces putains de mains qui se baladaient sur son corps comme si elles savaient exactement où se nicher pour le faire réagir.
Ils continuèrent à jouer un moment, tous les deux aux limites de la jouissance, profitant chacun, plus ou moins inconsciemment, d'un corps sur lequel ils avaient fantasmé. Puis, la tension devint franchement trop insupportable, la peau trop chaude et trop humide, le coeur trop rapide... il fallait que ça finisse. Die avait déjà enfoncé deux de ses doigts pour le caresser de l'intérieur, il pouvait bien la lui mettre à présent. Pourvu qu'il le fasse bien, qu'il ne le laisse pas sur sa fin... Kaoru se cambra, son sexe toucha celui de Die et il cru que ce simple contact allait le faire jouir.
— Die, haleta-t-il, serrant ses bras autour de son dos, maintenant... en moi...
Le roux réagit immédiatement, comme s'il n'attendait que ça, et lui remonta les cuisses. Le brun ne s'étonna même pas d'être assez souple pour que son corps le supporte, l'autre était déjà sur le point de le pénétrer. Il vibra rien qu'à cette perspective, gémit lorsque "ça" lui effleura l'anus, et commença à fondre quand il entra.
Va et viens... va et viens... va et viens... il perdit totalement le contrôle, commençant à crier, oublieux de la présence de deux autres personnes dans l'appartement. Va et viens... va et... une phrase lue dans un manga une heure auparavant lui traversa l'esprit : "Bliss... absolute bliss..."
Tous les deux en même temps.
Kyo fut réveillé en sursaut par un cri de jouissance. Ça ne pouvait pas être... et merde. S'il ne s'était agit que de Die, il se serait marré de son manque de discrétion et l'aurait sans doute charrié depuis le canapé. Mais le doublage made in Kaoru l'ébranla – qu'est-ce qu'il voulait que ce soit d'autre ? Une séance de masturbation intensive dans la salle de bain. Fallait pas déconner non plus ! Un grand sentiment de frustration et de colère l'envahit. Il mourrait d'envie de crier "connard !" à son ami, mais ça ne se faisait pas. Et ça revenait à admettre qu'il avait craqué pour Kaoru, ce qu'il ne souhaitait pas.
Suffit ! Chacun est libre de s'envoyer en l'air avec qui il veut et Die sera sûrement le dernier à me demander l'autorisation de baiser mon fantasme incarné ! Et puis lui aussi y avait déjà rêvé, même si ce n'atait sûrement pas de la même manière que j'ai pu en rêver.
Sur ce, il déposa ses sentiments d'un côté du canapé et se tourna de l'autre côté.
— J'arrive pas à croire qu'on vient de le faire, finit par lâcher Kaoru, après un long moment de silence qu'ils avaient mis à profit tous les deux pour reprendre leur souffle, essayer d'oublier le corps de l'autre, et surtout se mettre en condition pour que ça ne se reproduise plus.
Pas que ça ait été désagréable. Préliminaires un peu courtes, sans doute, mais tous deux avaient tout fait pour ne pas avoir besoin de penser et être dedans directement. Ppas exactement au sens littéral du terme, mais bon... Il ne pouvait y avoir de long préliminaire dans ce genre de situations. En réalité, la suite avait était tellement intense qu'il ne trouvait rien à lui reprocher. Peut-être qu'il aurait juste aimé que Die l'encule avec plus de force, jusqu'à le rendre invalide et fou de plaisir... Il se reprocha immédiatement ses pensées bien trop obscènes pour ses oreilles mentales. Il aurait dû penser "le pénètre" ou "entre en lui", pas "l'encule", même si la bestialité de l'acte correspondait sûrement mieux au dernier terme...
— Kao, j'ai l'impression d'avoir franchi un tabou, ça craint...
— Pour que toi aussi tu ai cette impression, c'est qu'on a vraiment fait quelque chose de chaud...
— Comment on a pu en arriver là ? Sembla se demander sincèrement le roux.
L'autre se redressa un peu, juste pour s'apercevoir qu'il était toujours nu, et sincèrement perplexe. Il détourna rapidement les yeux.
— Je te répondrai, mais seulement une fois que tu auras caché "ça". Je risque d'avoir envie de recommencer.
Le plus jeune s'excusa vaguement et remonta son drap, juste assez pour masquer son entrejambe et sa jambe gauche. Il avait raison, la jambe droite était carrément moins excitante, pensa ironiquement le plus âgé avec un sourire amer.
— C'est de ma faute, j'aurai dû me douter que je craquerai. Je ne sais pas si tu te rends compte à quel point t'es fuckable, Die.
— Je me permet de te retourner le compliment, répondit l'autre, l'air sincèrement flatté.
— Merci.
— Même si au final celui qui s'est fait fucker, c'était toi...
Ils replongèrent dans un silence contemplatif, semblant commencer à réaliser ce qu'impliquait ce qu'ils venaient de faire. Sûrement rien de bon en prévision. Zavez déjà essayé de dormir avec un partenaire plus que prenable et plus que sexy autour du cou ou dans les bras ? Bref, ils avaient intérêt à virer Shinya au plus vite. Parce que quoiqu'il en soit et quelque soit le plaisir qu'ils en aient retiré, ce n'était pas ce qu'ils attendaient l'un de l'autre. Die n'attendait rien, mais le voyait comme un ami et adulte responsable, et lui voulait tellement plus qu'il souhaitait éviter de se donner des faux espoirs.
— Est-ce que je vais seulement réussir à te regarder en face demain matin, gémit le roux.
— Calme-toi, le réprimanda son aîné, c'est pas comme si tu m'avais forcé ou quoique ce soit. Je me suis juste permis de saisir une perche que tu me tendais sûrement sans le vouloir.
— Ouais, pour te la foutre dans le cul !
Kaoru se sentit obligé de l'étouffer avec son oreiller pour mettre une fin à ces brusques accès de grossiertés qui les prenait depuis le début du chapitre. Puis il se glissa sous le drap trempé de sueur, et tourna le dos à son compagnon, à la recherche du sommeil de l'oubli. Il avait peu de chance de le trouver mais l'espoir l'avait toujours fait vivre. A côté de lui, le roux lui rendit son oreiller de la même manière qu'il l'avait reçu, ébauchant un début de bataille de polochon qu'ils arrêtèrent bien vite. Il était temps de dormir...
Et surtout temps de ne plus penser au corps nu étendu de l'autre côté du lit.
Die eut une vague pensée désolée pour Kyo.
Fin du chapitre 8
Youhou ! C'est chaud et c'est grossier d'un bout à l'autre. Mais j'avais la nette impression, non seulement que je devais arrêter d'éviter tous les lemons prévus sur mon plan d'action, même si encore une fois j'ai fait un pur raccourci, bien que pas mal imagé, mais aussi que ce chapitre nécessitait une écriture plus ou moins vulgaire ! Valà, valà, maintenant je vais aller dormir en essayant de ne pas trop penser à ce que je viens d'écrire (nulle chance que je ne sois excitée par ça, pas d'inquiétude). Si vous voulez me taper sur les doigts, n'hésitez pas, je me sens d'humeur maso XD !
(01/07/08 : 02:24)
Aya, crevée
(1) faut que je signale qu'en premier lieu j'avais marqué "pute dans un placard" sans le vouloir... comme quoi les lapsus !