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Auteur : OK. Au lieu de faire un épilogue sur Luna Mula pourquoi ne pas faire une séquelle tout simplement ? Après tout, je n'ai pas vraiment "fini" entre ses deux tourtereaux( et pas fini de les torturer, bouahahhahaah tousse). Et comme le "thème de la fic" Luna Mula était terminée, la fic devait se terminer par la même occasion. Pour ceux qui debarqueraient je vous conseille de filer sur Luna Mula et de revenir après ici sinon vous risquerez de pas comprendre XD" Enfin bon faites comme bon vous semblera.
Donc me revoila donc avec une nouvelle fic. Enfin nouvelle, plutot une suite de la fic Hermione x Rogue.
Pour ceux qui ne savent pas : spécieux (donc le masculin de spécieuse) veut dire : se dit de ce qui n'a qu'une apparence de
vérité, mais est susceptible de tromper.
Chronologiquement parlant, elle a lieu deux mois après. Comme toujours bonne lecture même si dans ce chapitre on est pas encore trop immergés dans l'action.
Hermione Granger traînait une grosse valise depuis le dortoir des filles. Une écharpe rouge et or autour du cou, des moufles pendant à ses manches, une veste bien chaude et des bottes hautes, elle arpentait les couloirs de l'école jusqu'à la Grande salle. Elle y trouva Ron et Ginny entrain de prendre leur petit-déjeuner. Il n'y avait pas grand monde. La majorité des élèves étaient déjà sur le quai de la gare pour retourner à Londres. Peu d’élèves étaient restés cette année-là à l'école pour les vacances de Noël. Seuls les Weasleys dont les parents étaient partis voir leur fils Charlie en Roumanie et quelques élèves de premières années étaient restés chez les Gryffondors. Et peut-être Harry Potter aussi. Hermione salua ses amis d'une voix essoufflée :
« Salut Ron ! Salut Ginny ! »
Les deux rouquins levèrent les yeux de leurs assiettes pour saluer à leur tour Hermione. Ginny afficha un sourire malicieux :
« Tu ne restes pas pour les vacances ? S'enquit elle tandis que Ron se versait du jus de citrouille.
- Mes parents et moi allons skier en France pendant les vacances, répondit la jeune gryffondor. J'en profiterai pour réviser pour mes BUSES.
- On aurait parié que tu resterais pour... commença Ron d'une voix mal assurée.
- ...pour tu-sais-qui, finit Ginny dans un souffle, le sourire aux lèvres. »
Hermione rougit jusqu'aux oreilles. Elle aurait dû s'en douter. Cela faisait deux mois maintenant qu'elle et le professeur Rogue avaient une relation. Bien que la plupart des élèves n'y prêtassent plus attention – il fallait dire que personne se doutait qu'ils étaient de nouveau ensemble – ce n'était pas le cas du groupe fermé autour de Hermione. Cette dernière avait voulu les mettre au courant en cas de souci. Ron avait fait une mine de dégoût au début, mais avait fini– sous le regard tueur de sa petite soeur– par déclarer que si Hermione était heureuse alors pourquoi pas... mais qu'il ne savait pas s'il viendra au mariage ou pas. Ginny– qui après avoir rétorqué que le mariage n'était pas du tout prévu et que ce serait sans doute dans une dizaine d'année– avait simplement souhaité bon courage à Hermione et qu'elle était là pour des conseils. Hermione quant à elle se préoccupait plus de Harry que des autres, elle devait bien l'avouer. Elle avait eu du mal à le trouver ce jour-là, assis sous un arbre dans le parc. Il avait les genoux relevés sur sa poitrine et il fixait un point loin devant lui. Hermione s'était assise à côté de lui et avait essayé de lui parler. Elle se souvenait de la scène comme si c'était hier ainsi que la tension qui en avait résulté :
« Harry, il faut qu'on parle, avait, elle dit d'un ton qui se voulait doux. »
Le Gryffondor n'avait pas répondu. Il n'avait pas semblé l'avoir remarqué. Sans perdre courage et patience, Hermione avait continué :
« Je sais..tu dois m'en vouloir de t'avoir caché ça, n'est ce pas ? Mais que voulais-tu que j'y fasse ? Je savais que tu allais mal le prendre et je ne savais pas comment te le dire !...et cette scène dans la bibliothèque... je veux dire... je veux qu'on oublie tout, ok ? »
Elle avait attendu une réponse. Dix minutes étaient passées quand le survivant avait enfin pris la parole, d'une voix cassée :
« Je ne veux pas oublier. Elle fait partie de mes cauchemars maintenant. Cela me change un peu de Voldemort qui me court après. »
Hermione n'avait pas su si elle aurait du rire ou pleurer de la réponse de son ami. Quoi qu’elle eût dû lui dire à ce moment-là, elle n'avait rien répondu et s'était contentée de regarder au loin avec lui pendant quelques instants. Le silence entre les deux n'avait été coupé qu'une fois que le jeune homme s'était éclairci la voix :
« Je..je ne t'en veux pas, tu sais. C'est à lui que j'en veux.
- Mais enfin pourquoi ?
- Il... je ne peux pas m'y faire. Il ne peut pas être aussi épris que toi que je..que tu es de lui. Tu comprends ?
- Est ce vraiment important ? Les sentiments ne se comparent pas. On aime ou l’on n'aime pas.
- Je..je veux juste ton bonheur, Hermione. Et ce n'est pas avec un mangemort que...que..
- Harry ! S'exclama Hermione, le visage blême. Il est de notre côté et Dumbledore lui fait confiance. Et je lui fais confiance. Je ne te demande pas de l'apprécier, Harry. Tu peux le haïr autant que tu le souhaites. Je ne veux pas... je ne veux pas à choisir entre lui et toi, tu comprends ? »
Le garçon n'avait rien répliqué à cela. Il s'était contenté de sourire avant de tendre les bras pour inviter Hermione dans une étreinte. Étreinte qu'elle avait acceptée. Pelotonnée contre lui, elle avait ajouté :
« Si je me trompe sur toutes les lignes avec lui, je... je ne sais pas si... enfin... C'est déjà assez difficile comme cela.
- Ça va te manquer les cours avec lui ? Avait demandé Harry sur le ton de la conversation. »
Hermione avait haussé les épaules :
« Pas vraiment. C'est un excellent professeur, je dois bien le reconnaître mais l'entendre toujours crier contre toi pour un oui ou pour un non m'exaspérait. Surtout avec le pauvre Neville. Et je n'aime pas trop mon nouveau professeur de potions. »
Le nouveau professeur de Hermione – un professeur particulier en fait – n'était nul autre que le Professeur Slughorn, l'ancien directeur de Serpentard et professeur des potions de Poudlard. Il avait accepté ce poste avec joie en visualisant les résultats qu'avait obtenus Hermione dans ce cours. Quand celle ci réussissait une potion, il s'extasiait sur la perfection qu'elle affichait. Ce qui était diamétralement opposé à ce que faisait le Professeur Rogue vis à vis d'Hermione. Au début, elle était flattée et rougissait mais maintenant, elle trouvait cela rébarbatif. De plus, pendant qu'elle se concentrait sur ses potions et devoirs, il baragouinait toujours quelque chose à propos des sorciers célèbres qu'il avait eu comme élève. Hermione acquiesçait par politesse mais n'en était pas moins ennuyée. Elle avait cours des potions en même temps que les autres élèves de son année mais dans un autre cachot : plus étroits et moins éclairé – si cela était possible. Le premier jour de ses cours particuliers, Hermione avait du préparé un élixir d'intelligence. Une potion horriblement difficile à préparer pour une élève de cinquième année mais fidèle à sa réputation, la jeune fille avait réussi parfaitement. Le professeur Slughorn avait admiré la potion d'un blanc nacré en félicitant une dizaine de fois la jeune fille non sans oublier d'ajouter que le Professeur Rogue avait fait du bon travail avec elle et qu'il espérait - bien que Slughorn fut le professeur des Potions de Rogue dans le temps – égaler son ancien élève avec Hermione. Cette dernière avait soupiré et espéré que le cours se termine très vite. Le premier lundi de cours de Potions, Hermione était sorti du cachot de Slughorn pour aller retrouver le Professeur Rogue dans son bureau après ses cours. Elle était passée devant son ancienne classe et avait jeté un coup d'oeil dans le dit cachot. La classe de cinquième année n'était pas encore sortie. Neville avait visiblement fait explosé son chaudron, répandant un liquide couleur orange très pétillant d'une consistance tout proche de la peinture dans toute la classe. Certains élèves étaient tachetés de la tête au pied. Le professeur Rogue quant à lui était d'un noir parfait. Hermione avait du réprimer un fou rire en voyant la tête de Malefoy couvert d'orange luisant. Il y avait des choses qui ne changeraient pas. Quand Ron fut sorti du cachot, elle l'avait attrapé pour lui demander des explications. Ron avait soupiré que Neville avait encore raté sa potion et qu'il avait paniqué. Comme Hermione n'était plus là pour l'aider, il était complètement perdu. Harry quant à lui n'avait fait aucun commentaire. Quelques élèves de Serpentard étaient sortis du cachot tachetés de la tête au pied, laissant derrière eux des traces orangées. La jeune fille s'était battue à corps et à cri contre le fou rire qui grandissait en elle. Quand le Professeur Rogue fut sorti enfin du cachot, il lui avait lancé un regard noir :
« Et cela vous amuse, Miss Granger ? Avait il dit d'une voix douce. »
Hermione avait laissé s'échapper des gloussements. Son professeur quant à lui s'était contenté de lever les yeux au ciel.
« Pauvre Neville, avait elle murmuré en voyant le maître des potions refermer son cachot.
- « Pauvre Neville » oui, « Pauvre Professeur Rogue » non, avait il maugréé redoublant le fou rire de la jeune fille. Heureusement, la potion se volatilisera d'elle-même. On ne peut pas la laver avec un « récurvite ». Je ne sais pas comment il s'y est pris... »
Tout en se dirigeant vers le bureau du Serpentard, ils avaient continué à discuter. Hermione avait parlé du professeur des potions qu'elle avait maintenant. Il était évident qu'elle ne l'aimait pas même s'il la flattait la plupart du temps. Le professeur Rogue n'avait fait aucun commentaire.
La gryffondor prit place à côté de Ginny, calant sa valise contre le banc :
« Vous pouvez dire au revoir à Harry de ma part ? Je ne l'ai pas trouvé.
- Il est sans doute au terrain de Quidditch, fit Ginny en haussant les épaules. Ou bien à la bibliothèque non ?
- Non, j'ai été là-bas et sur le terrain aussi. Bon, je vais être en retard, murmura Hermione en se relevant. Joyeux Noël ! »
Les deux rouquins souhaitèrent de bonnes vacances à Hermione tandis qu'elle s'éloignait de la grande salle. Elle laissa sa valise dans le hall d'entré et prit la direction des cachots. Elle consulta sa montre : il lui restait un bon quart d'heure. Elle n'allait tout de même pas partir sans lui avoir dit au revoir ? Elle aurait préféré rester à l'école pour passer du temps avec lui. Mais elle avait déjà prévu de partir avec ses parents depuis le début de l'année. Ce n'était pas si grave. L'année prochaine peut-être ? Elle descendit les escaliers menant au cachot d'un pas plutôt enjoué. Il faisait horriblement froid dans cette partie du château à cause de l'hiver. Il n'y avait pas de décoration de Noël comparé aux autres couloirs. Tout était aussi froid et sans vie que les précédents mois. Elle bifurqua à un croisement et continua sa route en triturant son écharpe aux couleurs de Gryffondor. Arrivée devant la porte du bureau si familier, elle frappa par trois fois. Elle regarda autour d'elle en attendant une réponse. Elle compta les dalles devant elle et quand elle arriva au chiffre cinq, elle entendit un « entrez » monocorde. Elle ouvrit doucement la porte et la referma derrière elle. La pièce était faiblement éclairée et avait ses habituels bocaux et potions posés ci et là sur des étagères. Le professeur Rogue était penché sur son bureau, - ou plutôt - sur une pile de devoirs. Il leva les yeux vers elle, le visage impassible :
« Tu ne devais pas prendre le Poudlard Express ? Demanda-t-il d'une voix douce.
- Si mais..il me reste du temps avant d'aller à la gare de Pré-au-lard. ... onc heu...je suis venue te souhaiter de bonnes vacances, murmura-t-elle en se rapprochant du bureau. »
Il cligna des yeux et replongea dans la correction des devoirs. Hermione scruta les alentours du bureau sans vraiment regarder, les jambes plaquées contre le coté du bureau. Elle tapota du bout des doigts sur celui-ci avant de se retourner vers le professeur de potions, impassible et concentré sur les parchemins. Hermione tourna légèrement la tête vers la gauche pour lire le nom et l'intitulé du devoir. À sa grande surprise c'était les devoirs de défense contre les forces du mal. Le professeur Lupin était encore trop faible de la pleine lune de la veille pour corriger sans doute. Le professeur Rogue en était aux quatrièmes années et – vu ses traits rouges sur la plupart des réponses - se demandait comment une bande de cornichons pareils était arrivé en quatrième année. Mêmes pour Hermione, les réponses données étaient mauvaises sur toutes les lignes. Une « manticor » par exemple n'était pas une mante religieuse d'Afrique du nord. Ou un « serpencendre » n' était pas du tout un serpent fait de cendre. La jeune fille passa ses minuscules bras autour du cou du professeur, posant sa tête sur son épaule droite. Le sorcier grommela quelque chose et continua ses corrections. Hermione pouvait sentir l'odeur rassurante du serpentard ainsi que les muscles de son bras droit bouger au rythme des ratures et changement de parchemin. La Gryffondor sentit quelque chose lui effleurer le nez et elle sursauta légèrement : une plume ?
« Tu vas manquer ton train, murmura le serpentard en rabaissant la plume sur le parchemin devant lui.
- Moui, fit Hermione en s’étirant. »
Elle lui sourit avant de déposer un rapide baiser sur sa joue et de se diriger vers la porte. Le professeur la suivit du regard :
« Passe de bonnes vacances, souhaita-t-il. »
Elle posa la main sur la poignée de la porte et se retourna, souriante :
« Passe de bonnes vacances, répéta-t-elle. »
Hermione entassa sa valise dans un compartiment du Poudlard Express. Elle prit place sur la banquette dans l'autre sens du train, sortit son livre sur les runes et se mit à lire. Deux autres élèves de Serdaigles de deuxième années prirent place en face d'elle sans la déranger. Dehors, le brouillard matinal semblait persister. Un long manteau blanc avait enveloppé Poudlard et ses alentours. Un Noël blanc. Les parents d'Hermione devaient l'attendre à la gare de Londres. Après cela ils iront prendre l'avion pour la station de ski en France. Dieu comment Hermione était impatiente. Elle détestait le ski. Elle n'acheta rien à la dame aux bonbons du train et continua sa lecture. Elle se demandait tandis que les runes lui semblaient de plus en plus compliquées à mesure que son attention baissait ce que faisait son professeur de potions. Non pas Slughorn mais le Professeur Rogue. Tout ces devoirs à corriger...Elle regrettait presque d'avoir allongé son devoir pour le cours de Lupin. Elle se demandait d'ailleurs comment les élèves de quatrième année avaient pu donner des réponses aussi stupides. Elle était persuadée que c'était des élèves de Poufsouffle – maison réputée pour ses cancres mais les élèves y étaient gentils et appréciables - et qu'ils n'avaient pas ouvert un seul livre. En repensant au directeur de Serpentard, elle ne put s'empêcher d'avoir un poids sur le coeur. Elle aurait pu rester à poudlard et passer une partie de ses vacances avec lui au lieu de faire la pitre sur de la neige en montagne. Mais elle n'avait pas vraiment pensé à cette possibilité le jour où elle avait noté son nom sur la liste des élèves qui ne restaient pas pour Noël. Une pensée lui vint aussi à l'esprit : devait elle envoyer un cadeau de Noël au professeur Rogue ? Est ce que lui le ferait ? Et que devait elle envoyer exactement ? Un livre ? Quel livre n'avait-il pas lu ? Que lisait-il exactement à part des livres sur les plantes, potions et autres créatures magiques ? La jeune fille referma son livre sur ses genoux, mit son coude sur la fenêtre, y posa la tête et se mit à réfléchir. Les deux autres élèves de Serdaigles s'étaient endormis sur la banquette en face d'elle. Un cadeau...Une potion ? Non, ce serait idiot. Un parfum ? Non, il sentait assez bon comme cela. Un livre? Mais un livre sur quoi ? Les potions ? Les monstres ? L'histoire de la magie? Elle se rendit compte qu'elle ne le connaissait pas assez pour déterminer ses goûts. Après tout, elle l'avait toujours vu avant de le connaître plus intimement comme une personne aimant les potions et la magie noire. Elle se souvint alors de la caresse de la plume sur son nez. Une plume neuve ? Non, celle qu'il utilisait semblait en bon état. Elle savait déjà les cadeaux pour ses autres amis. Pour Ginny par exemple, elle avait acheté durant le dernier week-end au pré au lard une boite de maquillage très discret. Pour Ron, elle lui avait acheté une boite de force et attrapes de chez Zonko. Pour Harry, elle aurait réussi à dénicher une réplique miniature de l'Eclaire de Feu. Elle avait même fait un cadeau pour le Professeur Dumbledore – pour le remercier de son aide durant les deux derniers mois – une boite de chaussettes aux couleurs de Poudlard. On offrait toujours des livres au directeur et cela l'ennuyait. Elle eut une idée. Si le Professeur Rogue recevait la même chose : livres, plumes ou autre. Elle pouvait trouver quelque chose de bien originale. Avait-Il un hibou? Un chat ? Un crapaud ? Ou peut-être une nouvelle cape noire ? Quand ses parents la prendront sur le quai de la gare, elle ne disposera qu'une heure et demi pour boucler ses achats de noël. Une heure et demie pour trouver le cadeau idéal. Elle ouvrit de nouveau son livre comme si la réponse à sa question s'y trouvait quelque part. Elle ne devait peut-être pas lui faire de cadeau. Le Lui fera-t-il ? Elle soupira une seconde fois et replongea son attention sur le chapitre quinze de son livre des runes. Elle trouvera bien quelque chose en se promenant au chemin de traverse. Une nouvelle baguette ?...Non, c'était la baguette qui choisissait le sorcier et pas l'inverse. C'était si compliqué...
Le poudlard express arriva en gare en crachant des tonnes de fumées. Hermione Granger mit pierre à terre en tirant sa grosse valise derrière elle. Les parents des élèves de Poudlard attendaient leur progénitures un peu partout. Ils portaient pour la plupart des grandes capes de fourrures ou des manteaux d'hivers Moldus. Tirant sa valise avec ses deux mains, elle scruta les environs a la recherche de ses parents. Elle fit deux fois le tour du quai avant de passer la barrière magique au cas où ses parents seraient du coté Moldu. Elle déposa sa valise contre un banc et arpenta les quais de nouveau. Elle consulta sa montre tout en empruntant un escalier pour se retrouver sur un autre quai. Elle était légèrement en retard donc ils devaient être là quelque part. Elle rejoignit sa valise et s'assit sur le banc qui se trouvait près de la barrière magique. Si ses parents passaient la barrière, elle les verrait forcément. Il faisait glacial et de la buée sortait de ses narines et de sa bouche quand elle expirait. Elle enfourcha ses moufles, se frottant les mains pour les réchauffer. Après quelques minutes, elle les enfouit entre ses jambes. Elle se mit à observer les voyageurs qui allaient et venaient sur le quai de la gare. Ses parents ne semblaient pas être de la partie. Elle consulta de nouveau sa montre avant d'enfouir de nouveau sa main entre ses cuisses. Ils étaient en retard de deux heures maintenant. Encore une demi-heure et ils rateraient leur avion. Hermione remarqua une cabine téléphonique plus loin. Elle se leva, jeta un oeil derrière elle : un agent de sécurité arpentait le quai. Si quelqu'un essayait de lui voler sa valise, il le verrait certainement. Elle marcha rapidement vers la cabine téléphonique, prit le combiné entre ses doigts gelés et composa le numéro du cabinet médical de ses parents. Après une quinzaine de sonneries, elle en conclut qu'ils n'étaient pas au travail. Elle composa un autre numéro, chez elle cette fois ci. Vingt sonnerie dans le vide et elle raccrocha. Bon sang, où étaient ils ? La jeune fille commençait à s'inquiéter. Peut-être étaient-ils partis sans elle pour le ski? Peut-être qu'ils s'étaient dit qu'elle préférait rester réviser à Poudlard pour ses BUSE? Non, elle avait bien précisé au début de l'année qu'elle partirait avec eux. Alors que faisaient-ils ? Etait il possible qu'ils eussent un accident de voiture en plein Londres ? Après tout il avait neigé et cela devait être une vraie patinoire dehors.
Hermione décida que le soir venu, elle irait à pied jusqu’à chez elle. Ils ne pouvaient pas l’avoir oubliée ! Quand le soleil se coucha à l’horizon pour baigner le ciel de ses rayons orangés, la jeune Gryffondor se releva du banc toute grelottante et se mit en route non sans avoir réessayé d’appeler ses parents par deux fois sans obtenir le moindre résultat. Elle habitait à une heure de la gare. Super. Elle maudit le fait qu’elle ne pouvait pas utiliser de magie pour alléger sa valise ou même transplaner jusqu’à chez elle. Elle se promit de passer le permis dès qu’elle le pouvait. Elle n’aimait pas trop les rues de Londres le soir. Comme toute grande ville, il y avait des gens malsains et pas fréquentables. Se souvenant des grandes voiries à prendre, la jeune fille marcha d’un pas rapide vers les rues qui menaient jusqu’à chez elle. Elle changea plusieurs fois de main. Sa valise devenait de plus en plus lourde et le temps ne se réchauffait pas. La jeune fille s’arrêta près d’un café qui proposait des crêpes et des gaufres chaudes à emporter. Elle sauta sur l’occasion et en acheta quatre de chaque. Elle mangea une crêpe chocolatée tout en bifurquant sur une des dernières rues qui menaient jusqu’à chez elle. Quand elle eut englouti sa dernière gaufre, elle tourna sur la dernière rue. Celle-ci était lugubre et silencieuse. Il n’y avait pas de circulation et le brouillard se levait. On ne voyait plus à deux mètres et les lampadaires de la rue ne daignaient pas s’allumer. La jeune fille soupira et se convainquit qu’elle n’était pas très loin de chez elle. Elle changea une dernière fois de main en secouant celle engourdie quand elle arriva devant une petite maison pittoresque aux murs nacrés. Les stores étaient baissés et aucune voiture n’attendait devant le garage. La jeune fille gravit les marches qui la séparaient de la porte d’entrée et sonna. Pas de réponse. Elle frappa cette fois ci. Toujours aucun bruit. Elle consulta sa montre : vingt-deux heures. C’était impossible. Où étaient ils ? Elle s’assit sur les marches, se pliant légèrement pour enfouir ses mains entre ses cuisses pour les réchauffer. Évidemment elle ne possédait aucun double de clef sur elle et les voisins ne pouvaient rien y faire non plus. Tout ce qu’elle devait faire c’était attendre. Ils finiront bien par revenir à un moment ou un autre. La jeune fille fut prise de panique : et s’ils étaient déjà partis en vacances en pensant que leur fille unique avait préféré rester à Poudlard ? Hermione ne pouvait pas retourner à l’école avant une semaine au moins et elle ne connaissait personne dans la rue qui pouvait l’accueillir un moment. Que devait-elle faire ? Prévenir la police moldu qu’elle ne savait pas où aller car ses parents étaient introuvables ?
Elle éternua et entendit par la même occasion un hululement près d’elle. Elle leva la tête et perchée sur un lampadaire devant elle une chouette lapone l’observait. La jeune fille cligna des yeux avant d’éternuer de nouveau. Il manquait plus que ça. Elle devait avoir attrapé froid. La chouette se posa près de la jeune fille et lui tendit gracieusement une de ses pattes. La gryffondor plissa les yeux en découvrant une lettre attachée. Elle la déroula doucement avant que la chouette n’alla se poser de nouveau sur le lampadaire attendant sans doute une réponse avant de repartir. La jeune fille examina la lettre. Elle était jaunâtre et ressemblait à celle de Poudlard. Elle la retourna pour lire le destinataire : « Hermione Granger, assise sur le perron de sa demeure ». La jeune fille éclata presque de rire en se demandant comment l’encre magique avait deviné où elle se trouvait mais quatre année– et bientôt cinq – lui avaient appris que la magie étonnait toujours. Elle souffla sur ses mains emmitouflées dans les gants pour les réchauffer quelque peu. Elle regrettait ses fidèles flammes bleues enfermées dans un bocal. Un petit feu de camp portable cela était très utile surtout dans la neige, le froid et le vent.
« Heureusement, pensa-t-elle en ouvrant délicatement l’enveloppe. Il n’y a pas de tempête de neige. »
Elle reconnut tout de suite l’écriture étroite mais nette du Professeur Rogue. Une vague de chaleur l’imprégna et ce fut bien plus efficace qu’une ridicule flamme bleue transportable.
« Hermione,
Je suis désolé de t’avoir laissé partir sans te ‘souhaiter de bonnes vacances de noël’. La pile de devoirs non corrigée de Lupin était aussi impressionnante qu’exaspérante. »
C’était vrai que la jeune fille avait imaginé qu’il…se montrerait plus affectueux avec elle avant qu’elle ne parte deux semaines. Elle continua sa lecture sans prêter attention à la chouette qui se lavait les plumes d’un geste las.
« …Et j’aurais fini plutôt si quelqu’un ne s’était pas entêté pour rédiger quatre mètres vingt de parchemins sur les dragons et la propriété de leurs écailles alors que le Professeur Lupin n’en avait demandé qu’un mètre trente.
Je ne vise personne. »
La gryffondor gloussa. De la culpabilité passagère lui titilla le cœur, mais elle n’y prêta aucune attention.
« Je partirai de Poudlard demain à l’aube. Je ne reste pas à l’école cette année-ci. Si tu n’es pas encore partie pour je ne sais quel horizon, pourquoi ne pas venir prendre un thé chez moi au chaud ? »
Hermione ne savait pas si c’était le dernier mot qui psychologiquement l’avait rendu aussi rouge qu’une pivoine et une chaleur agréable se rependait maintenant rapidement dans tout son corps.
« J’espère que tu es bien arrivée chez toi et que cette idiote de chouette t’a trouvé.
»
Le sentiment de panique et d’abandon qu’avait ressenti la jeune fille durant un long moment seule dans cette rue s’étaient dissipés comme par enchantement. Elle se sentait planer. Elle ouvrit d’un geste maladroit sa valise et en dénicha une longue plume, un livre, un parchemin et un encrier. Elle cala le livre sur ses genoux pour faire un appui. Elle y déposa le parchemin qu’elle déroula doucement. Elle mit entre ses dents la plume et ouvrit d’une main tremblante le pot d’encre. Elle trempa délicatement la plume dans l’encre noire et se mit à écrire.
Ecrire quoi ?
Elle releva la tête du parchemin. Par quoi devait-elle commencer. Elle ne lui avait jamais écrit jusque là. Elle prit une longue inspiration et se mit à griffonner des phrases par-ci par-là. Après tout, elle pouvait tout aussi bien faire un brouillon avant.
« Je serai ravie de prendre le thé avec toi. »
Elle ne s’y habituera jamais à le tutoyer. C’était quelque chose de très étrange. Évidemment en classe ou en couloir, elle ne le tutoyait pas du tout. C’était comme une marque entre eux. Quelque chose de profondément intime, on pouvait le dire.
« Ta chouette m’a trouvée sur le perron de la maison. Mes parents ne sont pas encore rentrés. »
Elle s’arrêta un instant sur la dernière phrase. Devait elle lui dire qu’elle attendait dans le froid ? Pourquoi lui cacherait elle ? Parce qu’elle ne voulait pas l’inquiéter ? De toute manière ses parents allaient bientôt arrivés. Normalement.
« Elle n’a pas l’air ravi de se trouver dans le froid et la neige. Normalement je devais partir cet après-midi pour la France mais visiblement notre voyage sera retardé de plusieurs jours. Nous pourrons en profiter pour nous voir à ce moment-là. »
Que devait elle ajouter à la fin ? Amoureusement,Hermione ? Sincèrement,Hermione ? « Avec mes salutations distinguées », Hermione ? La chouette hulula d’impatience :
« Oh tais toi, toi ! lança Hermione sur un air de reproche. »
Elle gratta un rapide « Hermione » en bas de page et regarda le dessus du parchemin. Elle se rendit compte avec horreur qu’elle ne connaissait pas – ou ne s’en rappelait pas du tout – le prénom du Professeur Rogue. Elle se souvenait que cela avait une consistance comme le prénom du parrain de Harry. Elle jeta un œil à la signature en bas du parchemin. « ». Cela commençait avec un S comme pour Sirius. Elle ne l’avait jamais appelé par son prénom jusqu'à maintenant. Comment avait elle réussi ce miracle ? C’était impossible. Elle devait le savoir. C’était quelque part dans sa mémoire entre deux livres qu’elle avait lu sans doute. Elle porta ses poings sur les tempes :
« Réfléchis ! réfléchis ! répéta-t-elle pour elle-même. Sirius... Sirthus ? Non… Ser… Serbus ! ... NON… Ser... Sartius… Sarius…Senius…Silitus…mais qu’est ce que je raconte moi…Sirmus..sirvus.. »
Elle eut la conviction que si son professeur avait été là devant elle, soit il aurait éclaté de rire en voyant la mine paniquée de la jeune fille à ne plus dénicher une information soit il se serait simplement vexé. La jeune fille soupira, se tapant du bout des doigts son front comme pour faire sortir l’information de sa tête ou simplement mélanger ses neurones. Comment vouliez-vous qu’elle réfléchisse dans le froid le plus prenant ? Rougissante plus que jamais, la jeune fille griffonna deux mots au-dessus de son texte et roula son parchemin. La chouette lapone claqua du bec et se posa près d’Hermione et lui tendit sa patte. La Gryffondor enroula le parchemin entour du membre de l’animal en tremblant tellement que la chouette hulula de protestation. L’animal s’en vola en laissant une Hermione aussi rouge qu’une pivoine. Elle se recroquevilla,cachant une partie de son visage dans son écharpe. Ses parents n’allaient pas tarder à revenir. Elle en était certaine. Alors pourquoi paniquait-elle autant ? Ce n’était pas dans les habitudes de ses parents de ne pas être ponctuel et peut-être que le mauvais temps avait eu raison de leur vieille voiture et qu’ils attendaient du secours, eux aussi dans le froid ? Par Merlin, c’était dans ces cas pareils qu’elle regrettait que ses géniteurs n’eussent pas la dernière technologie avec eux. À savoir un « téléphone portable ». Comme cela qu’ils fussent en voiture ou chez eux, elle aurait pu les joindre facilement. La jeune fille se promit de leur en faire part une fois qu’ils seraient rentrés. Elle éternua de nouveau. Si elle survivait à la pneumonie qui lui tendait les bras.
Elle éternua une troisième voix s’éleva près d’elle dans un souffle :
« À tes souhaits. »
Elle sursauta et réprima un petit cri. Adossé contre la rampe du perron, le Professeur Rogue la jaugeait, un sourire crispé sur les lèvres. L’écharpe aux couleurs de Serpentard était enroulée par deux fois autour de son cou.
«Je ne voulais pas te faire peur, avoua-t-il en s’asseyant à sa droite. J’ai transplané après avoir eu ta lettre.
- On ne peut pas transplaner dans l’enceinte de Poudlard, non ? Murmura Hermione d’une voix incertaine, le visage à demi caché dans son écharpe.
- Non, je me suis assez éloigné pour, expliqua le maître des potions en lui passant un bras autour de ses épaules. »
Hermione se sentit à nouveau rougir et se pelotonna conter le serpentard. Elle cala sa tête sur son épaule et sous son menton tandis que ses jambes se plièrent en dessous des siennes. Ils restèrent un long moment comme cela sans bouger, sans parler. Le silence fut brisé qu’au moment où Hermione éternua derechef.
« Je crois que j’ai chopé mon compte…chuchota-t-elle. »
Le directeur des Serpentard lui massa l’épaule avant de souffler d’une voix doucereuse :
« Je ne crois pas que tes parents reviendront pour le moment. Ils n’étaient pas censés aller quelque part avant de venir te chercher à la gare ? »
La jeune fille réfléchit, le visage contre le torse du sorcier. Elle ne se souvenait pas d’une quelconque visite chez un membre de leur famille et même si ç avait été le cas, ils l’auraient prévenue du possible retard. Cela ne leur ressemblait pas du tout.
« Non, répondit doucement Hermione. Ils sont très rarement en retard. – Elle éternua une nouvelle fois - je vais finir par…
- Attraper une pneumonie oui. Il vaut mieux ne pas rester ici. »
Il se leva et lui tendit la main– qu’elle accepta – pour l’aider à se relever à son tour. La jeune fille tremblait de froid ou peut-être de.. ? Elle se demandait si la chaleur qu’elle ressentait était due à la proximité avec son professeur ou bien à la fièvre qui la guettait. Elle avait l’impression que ses pieds étaient devenus des glaçons tandis que son cou et son visage un véritable volcan. Si elle s’écoutait, elle enlèverait son gros manteau d’Hiver sur le champ. Elle n’arrivait plus à respirer par le nez ; et les bouffées d’air chaud qu’elle rejetait se matérialisaient devant son visage en une buée indistincte. Il manquait plus que cela…qu’elle tombât malade le premier jour de vacances. Comme s’il avait lu dans ses pensées, le professeur Rogue mit la paume de sa main sur le front de la jeune fille. Cette dernière frissonna à son contact. Il déplaça la main sur sa joue gauche, plissant les yeux. Au bout d’un moment, alors qu’Hermione sentait sa peau bouillir sous la paume de son Professeur :
« Tu as de la fièvre, dit-il simplement. »
Elle ne fit aucun commentaire. Elle avait de plus en plus de mal à rester sur ses jambes ou rester tout simplement éveillée. Elle frissonnait des pieds à la tête. Il la prit délicatement contre lui, calant le visage de la jeune fille sur son épaule. Elle respirait toujours par la bouche, n’ayant qu’une seule envie : dormir. Quelques heures passées dans le froid et Hermione Granger était fiévreuse. Elle sentit que son professeur cherchait quelque chose dans une des poches de sa robe. Après quelques secondes, il exprima un air frustré :
« Évidemment je n’ai rien sur moi contre la fièvre. »
Ils ne pouvaient pas rester là à attendre les parents d’Hermione qui ne semblaient pas vouloir venir. Les heures passaient très vite et ce froid hivernal risquait d’aggraver l’état de la Gryffondor. Cette dernière commençait à avoir l’estomac retourné. La nausée, super. Elle sentit une main lui caresser les cheveux et un bras lui élancer la taille. Elle éternua une nouvelle fois avant de se dégager doucement de l’étreinte.
« Je dois rester ici au cas où ils…rentreraient, murmura-t-elle, la voix prise.
- Avec de la fièvre, par ce froid et le temps qui risque de se dégrader en blizzard ? fit Rogue en haussant un sourcil, sceptique.
- Je me sens très bien, affirma Hermione plus que pour elle-même que pour convaincre son Professeur. Je…j’ai juste un peu chaud c’est tout. »
Il la considéra un moment, un sourire crispé aux lèvres :
« Un peu chaud ? Vous êtes brûlante, Miss Granger, dit il d’un ton sec. »
Il avait repris son ton professoral. La jeune fille sut à cet instant qu’elle n’avait pas d’autre choix que de quitter le perron de la maison de ses parents. Mais pour aller où exactement ? Elle ne connaissait personne dans la rue qui pouvait l’héberger un moment pour attendre l’arrivée de ses géniteurs.
« Et je ne tiens pas à vous laisser ici dans le froid, ajouta-t-il sur le même ton.
- D’accord ! d’accord ! fit Hermione de mauvaise humeur.
- Ou vous préférez vous transformer en glaçon ?
- J’ai dit : d’accord, répéta la jeune fille. Mais où voulez-vous que j’aille ? Personne de ma famille n’habite dans les environs et vous savez pertinemment bien que je suis d’ascendance moldus. »
Ils avaient recommencé à se vouvoyer….Pour le moment en tout cas. À chaque fois que ce phénomène apparaissait entre eux en intimité, la jeune fille avait remarqué qu’ils finissaient par se disputer. C’était comme si le « Vous » était un signal d’alarme de tensions entre les deux tourtereaux. Cela leur permettait de peser leur mot pour ne pas dire des choses blessantes ou qu’ils regretteraient le lendemain
Se cacher derrière une politesse hypocrite pour éviter de faire mal à l’être aimé.
« Est-ce la fièvre qui vous empêche de réfléchir, Miss Granger ? demanda-t-il d’un ton acariâtre.
- Peut-être, répliqua-t-elle sur le même ton. Vous m’avez toujours pas dit pourquoi vous êtes venu jusqu’ici.
- Je n’allais pas vous laisser là en sachant que vous risquez d’attraper froid.
- Et bien vous voyez, malgré votre présence : j’ai attrapé froid. »
Le Professeur des potions leva les yeux au ciel en inspirant profondément. Il sembla prier le ciel de lui donner la patience nécessaire pour supporter la jeune fille. Cette dernière éternua pour la dixième fois de la soirée au moins.
« Hermione, soyez raisonnable, souffla-t-il plus doucement. Vous êtes souffrante et je ne peux vous laisser dans ce froid à attendre vos parents.
- Si je pars, ils vont se demander pourquoi je ne suis pas là, marmonna la jeune fille en frissonnant.
- Excusez- moi, jeune fille, mais ceux qui doivent se demander qui n’est pas là ou non, c’est plutôt nous. Vos parents devaient venir vous récupérer à la gare, chose qu’ils n’ont pas faite. Donc, cela vous laisse le choix de partir d’ici ou de rester à faire le pied de grue quitte à choper une pneumonie carabinée. Maintenant cessez de faire votre entêtée. »
La Gryffondor acquiesça doucement en prenant soin de ne pas croiser son regard. Elle avait juste peur que ses parents s’inquiètent de son absence. Et où ira t elle ?
Une pensée lui traversa l’esprit.
Non, quand même pas ?
Elle leva timidement le visage vers son Professeur. Ce dernier rompit la distance entre eux. La jeune fille sursauta et se contracta légèrement. Elle retint son souffle tandis que le sorcier lui caressa délicatement la langue avec la sienne. La jeune fille lui élança le cou, répondant à sa caresse. Elle réprima un gémissement quand elle n’eut plus de souffle. Elle se détacha de lui, haletante et rougissante. Il déposa un baiser chaste sur le front de la jeune fille avant de la serrer contre lui. Elle tremblait légèrement. Sa fièvre persistait.
« …Où dois je aller maintenant ? demanda timidement la jeune fille.
- Chez moi, répondit le sorcier dans un souffle. »
Hermione écarquilla les yeux, sentant le sang afflué à ses joues, la rendant encore plus rouge qu’elle ne l’était si cela était tout de même possible.
« Chez…chez…bredouilla-t-elle. Je..enfin…c’est…
- Oui ? s’impatienta-t-il.
- Ce n’est…
- Je ne cache ni monstre ni poison chez moi.
- Je sais mais…
- Si tu préfères rester ici à attendre dans le froid tes parents, libre à toi.
- Non enfin…c’est gentil. »
Elle lui sourit timidement avant d’éternuer. Le sorcier soupira :
« Je te donnerai un remède efficace une fois là-bas. Accroche-toi à moi. »
Elle leva les yeux vers les siens, incertaine. S’accrocher mais pourquoi ?
« Je vais nous faire transplaner jusqu’à chez moi. C’est le meilleur moyen. Je n’habite pas tout près de chez toi, dit il en répondant à la question silencieuse de la jeune fille.
- Transplaner ? répéta-t-elle. Mais…je n’ai pas le permis.
- Il ne faut pas avoir de permis pour s’accrocher à quelqu’un qui transplane. Il suffit que tu ne me lâches pas le bras. »
La jeune fille acquiesça, l’air anxieux. Elle n’avait encore jamais transplané de sa vie. Et, selon ce qu’elle avait pu lire dans les livres sur le phénomène, cela pouvait paraître très désagréable. Et si elle se retrouvait désarticulée ? Une jambe par ci une jambe par là ?...Non, il savait ce qu’il faisait sinon il ne l’aurait pas proposé même si la maison se trouvait à l’autre bout de l’Angleterre. Du moins, elle le croyait fermement.
Elle agrippa délicatement le bras gauche de son professeur tandis que le bras droit de celui-ci s’accrochait à la malle de la demoiselle.
« Ferme les yeux et ne lâche pas mon bras… »
La jeune fille s’exécuta. Cela n’allait pas durer longtemps. Quelques secondes peut-être. Elle sentit une sensation nauséeuse l’envahir. Elle se força à ne pas lâcher prise et quand ses pieds touchèrent enfin le sol, elle leva timidement un œil. Elle se détacha de son professeur pour scruter les alentours.
Ils se trouvaient dans une rue mal éclairée par des lampadaires sals ou hors service. Chaque maison semblait être mangé par les ténèbres et même cette lumière pâle que reflétait la pleine lune en ce temps hivernal ne pouvait les éclairer.
« Désolé, je n’ai jamais réussi à bien pratiquer le transplanage d’escorte, murmura une voix derrière elle. Il nous faut encore descendre la rue et on y sera. »
La jeune fille hocha doucement la tête avant de commencer à marcher dans la rue étroite. Elle se retint de jeter un œil a chaque recoin de la rue. Tout était si sinistre. Sans y prêter attention, elle n’avait pas lâcher le bras de son professeur.
Quelques minutes avaient passés quand ils arrivèrent enfin devant la petite maison retranchée du maître des potions. Sous l’épaisse obscurité de la nuit, la jeune fille n’arrivait pas à bien la distinguer. Elle reconnut quelques formes proches de celle de ses parents. Sur le perron, le serpentard lâcha la valise de la jeune fille avant d’utiliser sa baguette magique pour un « Lumos ». Il fouilla une de ses poches et en sortit une petite clef. Hermione, intriguée, se demanda pourquoi il ne fermait pas la porte avec un sortilège.
« Il y a beaucoup de Moldus dans ma rue, expliqua-t-il en enfonçant la clef dans la serrure. Même s’il m’arrive d’utiliser la magie chez moi, je ne tiens pas à l’exposer devant les habitants de cette impasse.
- Tu connais certaines choses sur les moldus ? s’enquit Hermione, fascinée. »
Elle avait toujours cru qu’il venait d’une noble famille de sorciers comme les Black ou les Weasleys.
« Mon père était moldu, répondit doucement le professeur Rogue en ouvrant la porte. Rentre. »
La jeune fille s’exécuta. Elle pénétra dans un hall d’entrer plutôt quelconque dont le parquet grinçait sous ses pas. Il y avait un escalier sur sa droite et une table contre le mur en face avec un téléphone moldu. Au fond, elle pouvait distinguer un semblant de salon. Il régnait dans la maison une odeur de renfermée ce qui semblait normale vu que le professeur n’avait pas beaucoup l’occasion de revenir chez lui durant l’année scolaire. Malgré sa fièvre, la jeune fille remarquait qu’il faisait très froid dans la maison. Elle se frottait machinalement le bras droit pour se réchauffer. Le professeur de Poudlard referma la porte derrière lui et alluma quelques lumières d’un coup de baguette. La jeune fille fut quelque peu éblouie par la clarté si soudaine. La faible lumière, qui se projetait ci et là dans la pièce, n’embellissait pas les lieux. Elle semblait les adoucir, les rendant moins sinistre. La gryffondor essayait de se convaincre qu’a la lumière du jour, la maison devait être très…charmante.
Le serpentard dépassa la jeune fille pour se rendre dans la pièce voisine, faisant voleter sa cape noire derrière lui. Hermione continuait à se frotter le bras droit tout en suivant le plafond du regard. Rien d‘extraordinaire. Il était blanc et parsemé de fissures diverses. Le papier peint était verdâtre et ancien. Le plancher était gondolé par endroits et avait besoin d’un coup de vernis. Elle resta quelques instants dans le hall avant de marcher timidement vers le salon. Elle fut surprise d’observer une multitude de bibliothèque placés contre les murs du fond. Entre deux grandes armoires se trouvait un petit espace pour un feu ouvert. Sans doute pour le cas où la poudre de cheminette était requise. Hermione baissa les yeux sur le sol. Tout comme le hall, il n’était fait que de plancher légèrement gondolé. Sur le coté a droite de la pièce une porte en bois menant sans doute à la cuisine. Au centre de la pièce, deux fauteuils autour d’une table basse en bois. L’éclairage de la pièce était maintenu par des bougies placées ci et là sur les armoires et une vieille lampe au plafond qui frémissait dangereusement. A sa grande surprise, la jeune fille remarqua qu’il n’y avait aucune fenêtre.
Elle resta quelques instants au centre de la pièce, observant les alentours avec politesse. Le professeur Rogue sortit enfin de la cuisine avec un verre en main. La jeune fille se tourna vers lui ;un sourire timide illuminait son visage. Le sorcier tendit le récipient à la gryffondor :
« Pour tes éternuements et ta fièvre. Cette potion est assez efficace pour les états fébriles, murmura-t-il d’une voix douce. »
La jeune fille prit le verre avec précaution. Le liquide qu’il contenait avec un aspect laiteux. Elle haussa les épaules et l’avala en une traite. Le goût âcre de la mixture envahit sa bouche la forçant à adopter une grimace.
« Erk ! protesta Hermione en faisant une mine de dégoût.
- Tu t’attendais à quoi ? fit il en haussant un sourcil.
- Rien, rien, assura la jeune fille. C’est juste répugnant.
- Au moins ta fièvre baissera. »
La jeune fille secoua la tête, crispant son visage. Le goût répugnant ne voulait pas partir. Elle était rarement tombée malade durant son enfance. Et quand ses parents devaient lui donner des médicaments effervescents c’était la croix et la bannière pour lui faire avaler. Heureusement, le liquide laiteux n’était pas aussi infect que du polynectare. Le professeur Rogue prit place dans un fauteuil et passa ses mains sur son visage ridé. La jeune fille posa le verre sur le bord de la table et s’assit à coté du sorcier. Elle retira ses moufles et son écharpe et les déposa près d’elle. Elle croisa les mains sur ses genoux et attendit. Au bout de quelques minutes, le maître des potions brisa le silence dans un murmure, retirant les mains de son visage, les plaçant sur son genou:
« Tu n’as pas de la famille qui pourrait te dire où sont tes parents ? Un oncle ? Un parrain ? »
Hermione réfléchit un moment. Il y avait bien ses grands-parents maternels qui n’habitaient pas trop loin. Peut-être que ses parents étaient chez eux.
« Mes grands-parents, répondit elle. Je peux peut-être leur demander. »
Il écarta les bras comme pour dire « vas y ».
« Le téléphone est dans l’entré, ajouta-t-il.
- Merci, murmura la jeune fille en se levant. »
Heureusement pour elle, elle avait une bonne mémoire des chiffres. Elle connaissait les numéros de sa famille sur les bouts des doigts même si elle ne les appelait pas trop souvent. Elle marcha doucement vers le hall d’entrer, décrocha le combiné du téléphone dont le son crépita légèrement et composa le numéro. Quatre sonneries retentirent avant que quelqu’un ne décrochât. C’était la grand-mère d’Hermione.
« C’est Hermione, murmura-t-elle d’une voix mal assurée.
- Ha ! Ma chérie ! s’extasia au bout du fil la vieille femme. Comment c’est passé l’école ? »
Les grands-parents de Hermione ne savaient pas où allait leur petite-fille à l’école. En fait, ils ne se doutaient pas du tout qu’elle était une sorcière.
« Très bien, je t’assure, répondit la gryffondor. Je voulais savoir si maman et papa étaient passés chez toi ? »
Il eut un petit silence qui ne la rassura pas. La vieille femme répondit :
« Hum…ils sont passés ce matin puis ils sont partis à deux heures car ils devaient venir te chercher à la gare à quatre heures de l’après midi, il me semble non ?
- Oui mais…ils ne sont pas venus, expliqua la jeune fille en changeant le combiné d’oreille. J’ai attendu quatre heures sur le quai et…
- Quatre heures dans le froid ?!
- Oui mais ça va, je suis au chaud là, rassura-t-elle précipitamment. J’ai peur qu’ils aient eu un accident sur la route. »
Plus le temps passait, plus la jeune fille s’inquiétait pour ses parents. Elle finissait par croire qu’il leur était vraiment arrivé quelque chose. Une mauvaise plaque de verglas et hop….
« Ils doivent être sur le chemin du retour. Tu connais ton père. Il aime être prudent.
- Il est presque minuit ! s’exclama Hermione. Même en roulant très doucement, ils auraient dû arriver. »
Un nouveau silence.
« Je vais téléphoner un peu partout. Ils se sont peut-être arrêtés quelque part pour la nuit. Ou bien ils sont partis au ski sans toi. Ils ne savaient pas si tu venais ou non. C’est ce qu’ils m’ont dit en vais appeler l’hôtel où ils devaient descendre.
- Ok, souffla Hermione, limpide.
- À quel numéro je dois te rappeler ? »
Elle retint son souffle. Elle n’avait pas pensé à cela. Elle murmura à sa grand-mère de patienter un moment avant de se retourner vers le salon. Elle ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit. Elle essaya une dernière fois de se souvenir du prénom du professeur. Avant même qu’elle eut le temps de massacrer un peu plus le prénom du parrain de Harry, le professeur Rogue apparut à l’entrebâillement de la porte. La jeune fille bredouilla quelque chose à propos du numéro de téléphone pour sa grand-mère. Le Serpentard griffonna sur un papier son propre numéro de téléphone et la jeune fille s’empressa d’en faire part à sa grand-mère.
« Ne t’inquiète pas surtout, ils sont certainement pas loin. Je te re sonne dès que je le peux. »
Hermione raccrocha et soupira. En fait c’était tout à fait probable qu’ils se trouvaient aux skis s’ils pensaient qu’elle ne viendrait pas sur le quai de la gare. Le professeur Rogue jaugea la jeune fille :
« Alors ? demanda-t-il doucement.
- Ma grand-mère va appeler l’hôtel où mes parents sont sensés être murmura la jeune fille en se massant le bras droit. Ils m’ont simplement oubliée. »
Le sorcier habillé en noir ne fit aucun commentaire. Il retourna dans le salon, invitant la jeune fille à le rejoindre. Ils s’assirent de nouveau dans le fauteuil. D’un geste frêle de la baguette, le serpentard alluma le feu ouvert avant de passer un bras autour des épaules de Hermione.
Les flammes donnaient un aspect quelque pu irréel à la pièce. Les ombres projetées sur les étagères et sur le sol, le crépitement du feu sur le bois sec. Et lovés l’un contre l’autre, deux amoureux fixaient un point devant eux.
« Severus. »
Hermione cligna les yeux et les leva vers son professeur. Celui-ci plongea son regard dans le sien :
« Mon prénom est Severus, répéta-t-il d’une voix douce. »
La jeune fille rougit. Elle était bien loin du compte. Elle gravit l’information d’une pierre blanche dans le creux de son cerveau tandis que son professeur lui caressa les cheveux du bout des doigts.
« Désolée….j’ai…enfin…je ne m’en rappelais plus vraiment…avoua Hermione en sentant le feu envahir de nouveau ses joues. Je savais que cela ressemblait à Sirius et… »
Le Professeur Rogue eut un sourire crispé :
« Ressemblait…oui…on peut dire cela…. »
La gryffondor déglutit avec peine. Ce n’était pas le moment de se disputer. Elle essaya de se rattraper :
« Juste…Que cela sonnait pareil..enfin presque, bredouilla-t-elle. »
Le sorcier ne répondit pas. Il continua à la fixer d’un air impassible.
« Je sais,j’aurai dû savoir que tu t’appelais comme ça,se défendit Hermione. Juste dans le froid et tout ça, j’avais du mal à remettre la main dessus.
- Je m’en doute bien, dit-il de sa voix doucereuse. Pas la peine de chercher à te justifier. »
Hermione ouvrit la bouche pour répliquer mais la referma presque aussitôt. Elle expira profondément, cala sa tête sous le menton du professeur et ferma les yeux. Elle avait besoin d’une bonne nuit de sommeil.
« Même si au premier abord, j’ai été surpris en lisant les deux premiers mots de ta lettre. »
La jeune fille se crispa, les yeux à nouveau ouverts. Elle feignit le sommeil ce qui fonctionna à merveille car le maître des potions n’ajouta rien au bout de quelques minutes, se contentant de serrer la jeune fille contre lui.
Elle ne voulait pas entendre pour le moment le moindre commentaire sur ces fameux mots. Premièrement car elle ne voulait pas lui avouer qu’elle ne connaissait absolument pas son prénom– même si dans l’immédiat il l’avait pratiquement deviné. Deuxièmement car elle ne savait pas comment l’appeler dans la lettre et que « professeur Rogue » pour un début de lettre de tutoiement cela ne le faisait pas vraiment.
Après tout, pourquoi s’inquiétait elle de ce petit détail ? C’était normal de point de vue de leur relation d’appeler son « petit-ami » dans une lettre par ces deux seuls mots : « mon amour » ?