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: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Books » Harry Potter » La spécieuse Luna Mula

DeesseMew
Author of 15 Stories

Rated: K+ - French - Romance/Angst - Hermione G. & Severus S. - Reviews: 48 - Updated: 05-30-09 - Published: 08-15-07 - id:3726212

Auteur : alors avant que je me fasse tapper sur la tête car cela semble court, j'ai quelques explications à fournir. Premièrement, ce chapitre m'a rendue folle car je n'arrivais pas à faire quelque chose qui me permettait d'avancer. Deuxièmement, je n'ai pas eu le temps "irl" de m'y consacrer correctement. Certes, le chapitre iV semble "etre fait a la va vite"....Donc oui, elle va continuer et pas l'année prochaine, je le promet.

Désolée pour le retard. Et merci de votre patience !


Chapitre IV : « Interlude ...»

Ils arrivèrent au Chaudron Baveur, main dans la main. Tom, le gérant, les salua du bout de la salle sans vraiment faire attention à eux. Ils traversèrent rapidement le bistrot, passèrent le mur de brique pour le chemin de Traverse.

Elle croyait rêver. Jamais elle aurait pu penser que cette allée marchande du monde des sorciers si banalisée pouvait être aussi belle le jour de Noël. Toutes les vitrines affichaient des décorations plus belles les unes que les autres. Chez l’apothicaire, pour les ingrédients de potions, des guirlandes rouges parsemées de sucres d’orges pendaient du haut et tout au long de la vitrine. On pouvait apercevoir des couronnes et des lutins a l’intérieur de la boutique. Chez le vendeur de hiboux, chaque cage était ornée d’un ravissant nœud rouge. La vitrine de la boutique montrait fièrement ses guirlandes, lumières et couronnes de toutes sortes. Le gérant salua le couple et Severus dut tirer légèrement sur la main de la jeune fille pour l’arracher à sa contemplation de la boutique vers la papeterie un peu plus loin. Hermione n’eut pas le temps d’admirer la belle façade rouge et argent, les lutins et anges par-ci, par-là qu’elle était déjà entrée dans le magasin. La décoration du magasin était discrète, quelques guirlandes de Noël au-dessus du comptoir principal et quelques autres objets magiques pour la décoration qu’Hermione ne connaissait pas.

Le professeur Rogue prit entre ses mains les mains gelées d’Hermione pour les réchauffer tandis que celle-ci jetait un œil aux alentours. Le magasin était composé d'une seule pièce dont les armoires parsemées sur la droite de l’entrée montaient jusqu’au plafond. On pouvait y trouver quantité de parchemins roulés, fermés ou simplement empilés, Sur une étagère, se dressaient des centaines de plumes colorées. Certaines étaient plus longues que les autres. D’autres écrivaient délicatement sur un parchemin avec de l’encre noire pour une démonstration. Une noirâtre ratura une ligne avant de plonger dans un encirer blanc et de continuer à écrire sous l’œil émerveillé d’Hermione. Le sol était couvert de plancher, le toit quant à lui était peint en blanc. Au centre de celui-ci, pendait un lustre parsemé de houx et à son milieu une chaussure rouge pendant élégamment.

Elle adorait cet endroit. Elle venait ici en premier lieu quand elle devait acheter de nouveaux matériels pour l’école. Elle achetait généralement pour deux gallions de parchemins et d’encre. Elle était sûre de cette manière de ne pas en manquer. Elle se dégagea doucement de l’étreinte du Professeur pour se diriger vers une étagère ou deux plumes « dormaient » en ronflant bruyamment. A coté d’elle, une plume se taillait toute seule, celle d’à coté encore plongeait toute entière dans son encrier avant de se secouer et de réapparaître complètement propre. On pouvait lire sur un petit écriteau en bas : « plume autonettoyante ». La jeune fille ne put s’empêcher de sourire devant ce spectacle.

« Cette plume vous intéresse, jeune fille ? fit une voix derrière eux. »

Hermione se retourna pour faire face à une vieille sorcière habillée de vert foncé, dont la chevelure grisonnante était nouée dans un chignon serré. Prise au dépourvu, la jeune fille bafouilla quelques mots tandis que son professeur examinait une plume sur une des étagères sur la gauche.

« Cette plume a un toucher très doux. Elle est très légère et se taille très facilement, expliqua la vendeuse d’une voix douce.

-Merci mais..je ne faisais que regarder…heu..Je cherche les encriers et les parchemins, répliqua poliment Hermione. »

La vendeuse hocha la tête et invita Hermione à la suivre vers une autre étagère un peu plus loin. Le professeur Rogue laissa la plume qu’il observait depuis un moment se tailler délicatement avant d’emboîter le pas. Sur l’étagère que présentait la propriétaire se dessinaient une dizaine de parchemins de toutes les couleurs et de toutes tailles ainsi que des bocaux d’encres, d’encriers d’encre diverse. Dans un coin de l’étagère étaient rangées les encriers dont les encres changeaient de couleurs suivant la couleur du parchemin utilisé. Certaines changeaient de couleurs si on faisait des fautes d’orthographes. D’autres passaient par toutes les couleurs de l’arc en ciel en moins de dix minutes. Tout cela était plus ou moins trop extravagant pour la jeune gryffondor qui opta bien évidemment pour une dizaine de pots d’encre noires et bleues foncées sans hésitations.

Quelques minutes plus tard, le jeune couple quitta la papeterie, un sac d’encre et de parchemin sous les bras – du moins celui de la jeune fille. Il neigeait de plus en plus dehors. Le froid intense, le vent qui se levait amenèrent les tourtereaux a ne pas traîner. Hermione se colla naturellement contre le professeur Rogue quand celui-ci passa un bras réconfortant autour de ses épaules pour l’aider à marcher plus rapidement vers Guipure pour les vêtements. Une fois a l'intérieur, la douce chaleur du magasin les envahit….

Hermione Granger tourna la page de son livre posé sur une table du Chaudron Baveur. A quelques centimètres de l’ouvrage, se tenait une bouteille vide de Bierraubeurre. En dessous de la table, à gauche des jambes de la jeune fille, un sac rempli d’encriers de toute sorte ainsi que quelques parchemins. La gryffondor était assise sur une banquette, au fond du café des sorciers. Elle pouvait observer les allées et venues de Tom, le barman, qui servait la maigre clientèle de Noël a l’autre bout de la salle. Cette dernière était faiblement éclairée par des bougies posées ci et là sur les tables. Un feu de cheminée crépitait doucement au centre du mur de droite par rapport à Hermione. Elle pouvait sentir la douce chaleur qu’il émanait. Et, assis prés d’elle, le bras lui élançant la taille, la tête posée sur l’épaule de la jeune fille, le professeur Rogue s’était assoupi. La gryffondor avait l’épaule endolorie, n’osant pas trop bouger. De temps à autre, elle lui caressait des bouts des doigts la main gauche du maître des potions posée sur les hanches de la jeune fille, espérant le réveiller sans brusquer. Cela ne la dérangeait pas qu’il la prenne pour un coussin improvisé, au contraire même. Son épaule par contre exprimait de plus en plus son mécontentement.

Elle tourna de nouveau la page de son livre de la main gauche, le ramenant ensuite un peu plus vers elle. Elle déposa derechef sa main sur celle du serpentard, lui entrelaçant délicatement les doigts frêles qu’elle n’avait pas encore l’habitude de côtoyer. La porte du Chaudron Baveur s’ouvrit un instant, levant ainsi le nez de la jeune fille du livre. Elle le referma du bout des doigts tandis que le client entra dans la salle.

La cliente.

Hermione ne se souvenait plus de la dernière fois qu’elle avait vu une personne porter un cardigan d’une couleur effroyablement éclatante. Une femme habillé de rose bonbon – d’un rose de petite fille ,un chapeau orné d’une grosse fleur et d’un ruban mauve faisant tout le contour sur la tête ,un sac à main rose fuchsia , se présenta à Tom avec un large sourire. La jeune fille n’entendit pas leur conversation et s’en retourna à sa lecture. Quelque part au dessus de son oreille droite, une zone de son cuir chevelu réclama son attention. La gryffondor leva naturellement le coude droit pour présenter ses ongles et soulager sa peau quelques peu. Ce geste anodin eut comme résultat de réveiller son professeur, qui secoua la tête, se remettant bien droit à coté de son amie. Il se frotta l’œil droit avant de balader les alentours du regard.

« Désolée, je ne voulais pas te réveiller, murmura Hermione d’une petite voix. »

Elle lui afficha un sourire d’excuse. Il ne la regarda pas, gardant les yeux fixés sur une masse de couleur se détachant de l’environnement du café. La jeune fille ouvrit la bouche avant de noter son attitude. Elle fronça les sourcils et se tourna vers la sorcière au cardigan rose. Cette dernière s’était un peu rapprochée du bar avec Tom. Ils pouvaient les entendre distinctement maintenant. Elle parlait d’une voix suraigu de petite fille :

« …Je compte bien appliquer le décret avant la reprise des cours, disait elle à Tom, d’une voix proche de celle de la femme d’affaire. Il n’est pas dans les habitudes du ministère de renouveler ses erreurs.

-Qu’est ce que je vous sers..? demanda Tom en présentant les bouteilles d’alcool derrière lui d’un geste de la main.

-Un simple Whisky pure malte, fit elle d’un geste pour chasser un insecte imaginaire devant les yeux et, tandis que Tom débouchait une bouteille d’une main experte, elle continua dans sa lancée. Il est bien entendu que le décret va faire des remous chez les employés et peut-être employeurs. Mais ce n’est pas cher payé pour la sécurité des sorciers et des enfants. Surtout des enfants. »

Hermione fronça les sourcils. Elle n’arrivait pas à comprendre de quoi parlait exactement la femme au cardigan rose. Un décret ? Et pourquoi devait il être appliqué avant la rentré ? La rentré scolaire ? Et cette histoire de sécurité ? L’estomac de la jeune fille se retourna. Peut-être un décret qui stipulait que ceux soupçonnés de faire partie des mangemorts seront renvoyés de leur travail ? Elle tira machinalement sur l’écharpe des Gryffondors qui arborait son cou tandis que la sœur aux couleurs vert et argent se trouvait plié impeccablement à coté du directeur de Serpentard.

« …Et il est évident que Dumbledore ne trouvera pas de remplaçant avant deux ou trois jours…, continua la femme en rose en acceptant le verre de Tom. »

Au nom du directeur de Poudlard, le professeur rogue et Hermione s’échangèrent un regard furtif avant de prêter l’oreille, plus attentif que jamais.

« Le ministère nommera quelqu’un. Quelqu’un de compétent. Il me semble que personne n’est resté à ce poste plus d’une année. Cela changera ! termina la femme en rose.

-Elle parle du poste de Lupin, murmura Rogue presque à lui-même, en plissant les yeux.

-Elle va le faire renvoyer ? s’offusqua Hermione. Mais pourquoi ? »

Pourquoi. C’était une question idiote. C’était un loup-garou. Même avec la potion tue-loup qui lui empêchait de souffrir lors de ses transformations, cela restait un loup garou. Et si le professeur Rogue se trompait dans un seul ingrédient, cela aurait pour conséquence de libérer un loup garou apte à mordre et transformer un élève ou bien un professeur en un être de son espèce. Espèce….Lupin était sans doute le loup-garou le plus doux d’Angleterre. Quoique Hermione n’en connût pas assez pour en juger. Certains loups-garous aimaient particulièrement les nuits de pleine lune pour aller mordre les pauvres moldus.

Bien que le Professeur Lupin eût ce handicap plus que gênant, cela ne lui empêchait pas d’être un très bon enseignant. Aimé et apprécié des élèves. Du moins de la plupart des élèves. Il était intéressant de noter qu’aucun Serpentard ne prenait le professeur Lupin au sérieux, le pointant du doigt dés qu’ils le pouvaient, soulignant ses habits miteux et son attitude. Et si ce cher Lupin se faisait remplacer, Hermione n’aura plus du tout cours avec le professeur Rogue puisqu’il n’aura pas à faire des « remplacements ». Elle avait déjà eu du mal à supporter le fait qu’elle ne l’aura plus en potions du tout. Elle se consolait avec les remplacements du professeur Lupin. Mais maintenant…

Et si jamais à cause de sa jeunesse étrange, le professeur Rogue ne pouvait plus enseigner ?...

« Pourquoi veut elle le faire renvoyer ? Qui est elle pour faire cela ? demanda Hermione d’une petite voix. »

Comme toute réponse, la femme en question se tourna soudainement vers eux. Elle les dévisagea comme pour s’assurer qu’ils se trouvaient bien à l’endroit où elle les voyait. Elle lui décrocha un large sourire en apercevant l’écharpe aux couleurs d’or et rouge de Hermione. Elle fit quelque pas en leur direction, tandis que le professeur Rogue ramena ses bras le long de son corps d’un geste furtif.

« Vous êtes élèves de Poudlard, je présume, dit elle de sa voix de fillette.

-Et vous êtes ? demanda Hermione,un peu trop poliment.

-Dolorès Ombrage. Je travaille pour monsieur le ministre. Je risque d’être votre nouveau professeur de défense contre les forces du mal.

-Vous risquez ? s’enquit le professeur Rogue en haussant un sourcil. Dois-je vous rappeler, Mrs Ombrage, que pour le moment c’est le professeur Lupin qui détient ce poste. Et je doute qu’il veuille le céder. »

Ombrage posa les yeux sur le Serpentard. Elle le jaugea un long moment, plissant les yeux :

« Je vous ai déjà vu quelques parts…murmura-t-elle pour elle-même. Vous êtes…. ?

-Professeur Severus Rogue, maître des potions et directeur de Serpentard, répondit l’intéressé d’une voix doucereuse, le visage impassible. »

Hermione se pinça les lèvres. Il n’aurait jamais dû le lui dire. Elle croisa les bras, prétextant une soudaine envie de se réchauffer en se frottant les avant bras. Ombrage élargit son sourire :

« Puis-je savoir ce qu’un professeur de Poudlard fait dans un endroit pareil avec une de ses élèves le jour de Noël ?

-Vous ai-je demandé ce que font les Kappa en ce moment même ? répliqua le serpentard d’une voix glacée. »

Hermione écarquilla les yeux, sentant le sang monter à ses joues. Ombrage perdit quelque peu son sourire avant de le retrouver, plus large que jamais :

« Bien, nous nous reverrons à Poudlard, dit elle avant de tourner le dos. »

Quand elle se remit à parler à Tom, Hermione se leva de la table, ramassant le sac d’encrier et son livre. Elle décrocha un regard rempli à la fois de fureur et de peur au serpentard. Il se leva à son tour et quand ils passèrent à coté du bar de Tom, Ombrage ne leur adressa aucun regard, se contentant de parler des nouvelles recommandations du ministère au sujet des colis expédiés à Noël. Une fois dehors, le froid glacial et la neige accueillirent le couple. Le directeur de Serpentard passa l’écharpe autour de son cou et tendit sa main gauche à Hermione qu’elle refusa. Elle le fusilla du regard, les joues empourprées :

« Tu n’aurais pas dû dire ça, murmura-t-elle sur un air de reproche.

-Dire quoi ? répliqua Rogue d’une voix impassible.

-Qui tu étais ! s’emporta la jeune fille. Elle va penser que tu as pris un élixir de jouvence pour pouvoir sortir avec moi en tout impunité !

-Je ne vois pas en quoi j’ai fait quelque chose de mal en me trouvant au même endroit que toi dans ce bar. Il n’y a pas de règlement pour empêcher les élèves et les professeurs de se voir en dehors de l’établissement. »

La neige tombait à flots. Hermione avait la chevelure parsemée de flocons, tandis que son professeur gardait toujours la main tendue vers elle, les doigts gelés.

« Et de plus, le ministère est au courant pour nous deux donc je ne vois pas en quoi cela pose problème, ajouta-t-il en ramenant son bras le long du corps. Et même si cela posait problème, je…

-C’est bon, c’est bon. On n’en parle plus, soupira Hermione en lui tournant le dos. »

Elle frissonna de la tête au pied avant de souffler :

« On y va ? »

D’un hochement de tête, il lui tendit le bras. Et dans un « plop » discret, ils disparurent pour réapparaître à quelques mètres seulement de la demeure du professeur de potions.

Il faisait les cent pas dans son bureau, les mains jointes dans son dos, le souffle précipité, les joues rouges. Il s’arrêtait de temps à autre pour maugréer quelques mots aux tableaux qui ornaient la pièce. Après cela, il retournait dans son ballet incessant. Après une bonne heure, le directeur de Poudlard s’assit derrière son bureau, joignit ses mains sur le bois verni du meuble à quelques centimètres de la chose qui avait provoqué cet état d’énervement. Sous l’œil des anciens directeurs, il prit délicatement l’objet entre ses doigts fins et vieillis. Un parchemin. Une lettre écrite avec une écrite fine, droite et terriblement austère. L’écriture du Professeur Rogue. Il avait cru au début à une plaisanterie. Une bonne blague pour Noël ! Non, bien sûr que non, cela ne pouvait pas être possible. Il le connaissait trop bien. Jamais le professeur Rogue aurait provoqué cette situation ou même ri de celle-ci. Il avait rajeuni d’après ses dires. Il avait retrouvé sa jeunesse d’avant son professorat. Il disait aussi qu’il avait perdu une certaine austérité d’après la jeune fille qui l’accompagnait. Il n’était plus si tendu, si hautain qu’avant. Il ne savait pas non plus ce qu’il devait faire pour que cela redevienne comme avant. Il avait tout essayé. Toutes ses connaissances en potions n’avaient pas rien arrangé. La rentrée approchait et il n’était pas question que les élèves le voient dans cet état-là. Malheureusement, Dumbledore séchait lui aussi sur la question. Il avait envoyé du courrier à tous les éminents sorciers qui connaissaient la potion Luna Mula. La seule réponse qu’il en ait eue était que la potion était réputée dangereuse et n’en faisait qu’a sa tête. Et, que c’était la faute au professeur Rogue tout simplement. Pourtant, comment expliquer ce qui s’était passé ? Il n’avait pas bu de potion. De plus, Luna Mula n’émettait pas de gaz d’après les spécialistes. Alors comment ? Le directeur de Poudlard devenait de plus en plus fou. Severus Rogue n’avait pas avalé une goutte de cette potion et voilà qu’il en était atteint. Il n’avait pas le choix. S’il ne trouvait pas d’antidote pour le lendemain, jour de la rentrée, le professeur Rogue devait venir enseigner en étant jeune…Comment les élèves réagiront ? Allaient-ils penser qu’il eut pris une potion de jouvence pour savourer sa relation avec Hermione ? Et elle ? Qu’en pensait-elle de cette situation ?

Il existait pourtant une solution : le professeur Slughorn. Il pouvait enseigner les potions pendant qu’une solution serait élaborée. Comble de malheur, celui-ci n’avait donné aucune nouvelle depuis Noël. Les professeurs de potions n’étaient pas ce qui manquait. Ce qui manquait était les arguments pour les faire venir à Poudlard. Tous avaient plus ou moins refusé pour d’obscures raisons. Un avait même prétendu qu’enseigner à poudlard portait malheur. Ce n’était pas un poste de défense contre les forces du mal qui était « vacant » pourtant…

Le temps passait à une vitesse folle et toujours pas de solution. Peut-être qu’une fois à l’école, les anciens sortilèges agiront sur la potion et permettront ainsi le vieillissement du professeur Rogue ? C’était une possibilité. Cela expliquerait pourquoi cela ne s’était pas produit avant mais une fois en dehors de Poudlard. Oui, c’était cela. Il fallait qu’ils reviennent à Poudlard le plus rapidement possible. Il le fallait…Si cela ne les aidait pas, alors rien ne pourrait arrêter la potion…

Quelque part dans le creux de la tête du vieil homme sommeillait une étrange impression. Certes, Rogue avait utilisé ce stratagème pour séduire Hermione, un coup de pouce dans un certain sens. Et si tout cela n’était pas entrain de se retourner contre lui ? Peut-être que le « jeune Rogue » ne plaisait pas autant à la jeune fille ?

Le directeur de Poudlard soupira, retira ses lunettes, se frottant les yeux lentement en se demandent ce qui pouvait bien encore leur arriver. Lui arriver. Après quelques minutes, il remit ses lunettes sur le nez et croisa les mains sur son bureau. Ce fut à ce moment précis qu’une chouette blanche entra dans la pièce par l’unique fenêtre ouverte. Elle fit quelque rond au-dessus du bureau du directeur avant de se poser gracieusement sur ce même bureau, offrant élégamment sa patte droite où reposait un parchemin solidement attaché. Dumbledore l’extirpa, salua la chouette d’un geste et la laissa s’en aller tandis qu’il ouvrit le document sous l’œil curieux des autres directeurs.

L’écriture était fine, officielle et terriblement tranchante. Écrite en lettres noires, la lettre murmurait :

« Professeur Dumbledore,

Par décret ministériel et selon la présente loi sur la restriction des emplois des sorciers et sorcières présentant des caractéristiques propres aux loups-garous, et pour la sécurité des élèves et du corps enseignement, nous vous informons le renvoi immédiat de votre employé Remus Lupin.

Étant donné le faible laps de temps qui vous est conféré pour trouver un remplaçant, nous avons nommé Dolorès Ombrage comme professeur de Défense contre les forces du mal à dater de ce jour.

Elle sera dès lors en fonction à la rentrée de ce mois de janvier.

Veuillez agréer mes salutations distinguées,

. »

Dumbledore relut une seconde fois la lettre avant de soupirer lentement et de la jeter dans le feu de sa cheminée. Tandis que les flammes léchaient le bout de papiers, le directeur de Poudlard se leva, se dirigeant vers la fenêtre de son bureau avant de la refermer d’un coup sec.

Dehors, la neige recouvrait la totalité du domaine. Hagrid s’était confiné dans sa hutte tandis que les fantômes du château attendaient avec impatience le retour des élèves. Certains en proie à la curiosité des cadeaux offerts, certains juste pour les effrayer quelque peu. Les élèves qui étaient restés pour les vacances avaient une certaine hâte de retrouver leurs compagnons. Dans la tour des Gryffondors, Ginny Weasley participait à une partie d’échecs avec son frère. Ce dernier appréhendait le lendemain matin. Il n’avait pas réussi à terminer le devoir pour le professeur Rogue à propos des Choux mordeurs. Non seulement il n’avait pas terminé ce devoir mais en plus, il avait bâclé les autres. Du moins celui pour le Professeur Chourrave et le Professeur McGonagall. Il espérait qu’Hermione lui passe ses parchemins pour qu’il « s’inspire » de ses réponses. Il savait pertinemment bien au fond de lui qu’elle n’en sera pas contente. Mais après tout, c’était quelque part pour lui sauver la vie non ? Le laissera-t-elle comme cela alors qu’il risquait de rater ses BUSE tout ça parce qu’elle avait refusé qu’il jette un coup d’œil a ses devoirs ? De toutes manières que risquait elle ? Car même s’il recopiait son devoir, tout le monde sera que c’était la sauce de Granger et non pas celle de Weasley et il en paiera le prix. Alors que recopier deux ou trois lignes sur des questions pas répondues…Que risquait-il ? Après tout, les réponses devaient forcément se rapprocher si elles étaient exactes. Donc, qui pouvait dire qui copiait sur qui ? De plus, Ron n’était pas si mauvais que cela en botanique, peut-être moins en métamorphose…Par contre les potions. Le fait qu’Hermione n’eut plus cours avec eux rendait les choses beaucoup plus difficiles qu’auparavant. Ils – Neville, Harry et Ron pour être précis – avaient plus de mal à réaliser les potions sans l’aide précieux de leur amie respective. Neville était de plus en plus catastrophique et le professeur Rogue ne manquait pas une occasion pour lui faire recommencer la potion. Le premier jour où Hermione eut cours avec le professeur Slughorn, Neville avait tellement paniqué qu’il avait réussi à faire fondre son chaudron et une partie du banc ainsi que deux ou trois dalles du sol. Le professeur Rogue s’était tellement égosillé que même les Serpentards avaient blanchi et n’avaient même pas osé rire de la situation. Les cours suivant cela s’était adouci mais pas les malheurs de Neville. Il se demandait même s’il n’allait pas avoir un T a son buse de potions si cela continuait. Harry quant à lui préférait être discret. Il ne tenait pas à attirer les foudres du directeur de serpentards sur lui alors que la situation entre Hermione et lui semblait se calmer. Il préférait rester dans son coin à coté de Ron, préparer ses potions, ses devoirs sans lever les yeux, sans prononcer un seul mot. Un jour, Drago Malefoy,assis derrière lui avec ses acolytes Crabbe et Goyle, s’était amusé à lui lancé des yeux de grenouille dans le dos. Ron en avait reçu dans les cheveux et avait répliqué avec des morceaux de cafards. Le professeur s’était contenté d’enlever quinze points aux gryffondors tandis que Harry n’avait même pas daigné lever le nez de sa potion.

Sur les quais à Londres, tandis que la neige continuait à tomber sur l’Angleterre, les passagers pour Poudlard s’activaient ardemment. Il n’y avait que trois wagons pour les retours des vacances de Noël cette année-là. La récente baisse d’activité de Lord Voldemort avait accentué le climat de sécurité à Poudlard. Les parents –sorciers ou moldus – aidaient leurs progénitures à monter dans le train plus pour qu’ils se mettent au chaud et à l’abri que pour un départ précipité. Dans la foule, un couple se distinguait un peu en retrait du train. Une jeune fille d’environ seize ans, les cheveux chocolats bouclé, tirait une grosse valise derrière elle tandis qu’un jeune homme d’une vingtaine d’année à la chevelure ébène tentait tant bien que de mal de lui venir en aide.

« Je peux très bien la porter toute seule, ne cessait de répétait la jeune fille.

-Laissez-moi au moins lui faire subir un sortilège de lévitation ! quémanda le jeune homme en tendant sa baguette magique sur le dit objet.

-Certainement pas ! répliqua l’élève de Poudlard d’une voix sèche. Maintenant, excusez-moi, professeur, mais j’ai un train à prendre. »

D’un geste semi brusque, elle monta à bord du train, extirpa sa valise près d’elle et referma la porte du wagon au nez du jeune homme. Le nez en l’air, elle ne lui adressa pas un sourire, ni même un regard tandis qu’elle alla prendre place dans un des compartiments après s’être battue avec sa valise qui ne rentrait pas totalement par les portes coulissantes. Hermione Granger, dont la mauvaise humeur était proportionnelle au temps météorologique qui ne s’annonçait pas en s’améliorant, prit place sur la banquette en soupirant en long et en large. Sur le quai, le jeune homme, mains dans les poches, la fixait, le visage de marbre. La Gryffondor tourna légèrement la tête vers la fenêtre. Une fois que leurs yeux se rencontrèrent, la jeune fille fit volte face, bien décidée à ne pas le regarder en face. Elle ouvrit sa valise, en sortit un livre sur la métamorphose et s’y plongea corps et âme, abandonnant complètement la contemplation de la fenêtre. La sonnerie du train retentit et le wagon se mit en route doucement. Du coin de l’œil, Hermione pouvait apercevoir le quai qui défilait doucement. Elle tourna la page de la table des matières, se mettant plus à l’aise dans le fond de la banquette. Elle parcourut du regard quelques pages, tapotant du bout des doigts la reliure du livre. Après quelques minutes de lecture inattentive, elle déposa le livre à ses cotés, croisa les mains sur la petite table du compartiment, avant de poser sa tête sur sa main droite et de rêvasser, contemplant le défilé incessant du paysage.

Quelques minutes passèrent et un sentiment de remord lui prit la gorge tandis que s es souvenirs la berçaient à ce qu’il s’était passé, il y avait à peine un quart d’heure. Elle n’aurait pas dû être aussi sèche avec le Professeur Rogue, du moins, ne pas déverser sa crainte du retour à Poudlard sur lui. Durant les deux semaines de Noël passées ensemble – du moins ensemble était un bien grand mot car les deux protagonistes ne s’étaient pas beaucoup croisés, l’un cherchant une solution enfermé dans son laboratoire et la deuxième le nez dans ses cours à la table de la cuisine – les seuls moments où ils se parlaient ou échangeaient quelques gestes d’affection se résumaient au matin lors du petit-déjeuner, à midi et au soir avant de se coucher. Hermione n’avait pas été trop affectée par ce comportement. En fait, elle s’en était doutée. De plus, ses livres et ses devoirs l’avaient suffisamment occupé l’esprit pour qu’elle n’y pensât pas. Le Professeur Rogue était parti de temps à autre chercher des ingrédients à Poudlard dans son laboratoire en faisant bien attention de ne pas se faire voir par un fantôme ou par un élève. Une fois, il aurait juré qu’une Poufsouffle de deuxième année l’avait entraperçu mais au moment où elle avait voulu vérifier, il était déjà parti. Les deux semaines n’avaient rien donné comme résultat et tout portait à croire qu’ils n’avaient plus le choix : ils devaient retourner à Poudlard avec le « Rogue jeune ». Ils avaient envoyé des lettres aux professeurs, leur expliquant la situation. Le Professeur Dumbledore avait répondu de ne pas s’inquiéter et qu’il allait trouver une solution le plus vite possible. Chose qui était bien difficile…car si même le maître de potion n’avait pas réussi… Il était étrange de noter que les philtres de vieillissement n’avaient eu aucun effet sur lui. Même, il en avait bu quelques uns, passé une heure, il avait dû les recracher aussi vite. Il avait pensé à une mauvaise préparation de potions, pourtant, rien n’avait été anormal ce jour-là.

En fait, il se moquait un peu de son apparence. C’était surtout pour Hermione. Elle était persuadée que les autres élèves de l’école n’y verraient pas un accident mais plutôt une véritable volonté de jeunesse. Pour que « leur couple » soit respecté et plus montré du doigt comme immoral. Il restait le cas de « élève-professeur » mais cela avait été déjà résolu en mettant Hermione avec le Professeur Slughorn comme Professeur de potions.

Elle devait tout d'abord prévenir Ron et Harry. Leur expliquer exactement ce qui s'était passé sans équivoque. Ron pouvait peut-être l'aider. Lui qui avait une famille de sorcier "à sang pur"...

Hermione soupira. Cette potion était vraiment un poison. Rien de plus.

Rien de plus...

Un poison...?

Hermione écarquilla les yeux. Elle se jeta fébrilement sur sa valise pour en sortir un parchemin, une plume et un encrier . Elle posa le tout pêle-mêle sur la petite table du wagon. Elle déboucha l'encrier d'une main tremblante. Quelques gouttes du liquide noir tombèrent sur sa manche gauche mais elle n'y prêta aucune attention. Elle était le parchemin, trempa sa plume et se mit à écrire.

Son écriture rapide trahissait son excitation d'avoir peut-être trouvé la solution aux problèmes. Comment avait elle pu ne pas y penser plus tôt ? S'il ne trouvait pas, alors personne ne le pourra.

Personne.

Elle enroula le parchemin, le glissa dans une enveloppe qu'elle extirpa de sa valise sans regarder les livres qui tombèrent dû à son geste vif pour en suite la ranger soigneusement. Elle la postera des qu'elle sera arrivée à Poudlard.

La jeune fille rangea le reste de ses affaires plus sereinement et se mit à contempler le paysage. Plus le temps passait, plus un noeud se faisait sentir au creux de son estomac. La gryffondor ne pouvait pas s'empêcher d'appréhender les réactions des ses camarades une fois à l'école des sorciers. Malgré le fait que le professeur Dumbledore était de leur coté ou que même ils ne risquaient rien au point de vue du ministère, elle avait peur des autres pressions possibles. Et si les autres jeunes filles de Poudlard se mettaient à trouver l'horrible professeur des potions charmant ?

Non, c'était impossible. Elle en était certaine. Même s'il avait rajeuni jusqu'à être un camarade de classe, il n'aurait pas changé son caractère. Il était peut-être un peu moins mature maintenant qu'avant. Il avait commencé à montrer un tant soit peu d'affection plus facilement. C'était normal. Tout ce qui avait plus de normal.

Tout ce qui avait de plus normal.

Et pourtant....



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