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Talentyre
Author of 13 Stories

Rated: K+ - French - General - Winry R. & Edward E. - Reviews: 39 - Updated: 06-21-08 - Published: 08-31-07 - Complete - id:3758132

1 – Joyeux anniversaire

Il était prêt de onze heures lorsque le train arriva enfin à la gare. Le voyage avait semblé bien long, et c’est avec un certain soulagement que Winry quitta enfin son siège. Elle saisit son sac et rejoignit le quai, légèrement excitée : cela faisait bien un an qu’elle n’avait pas vu cette ville. Deux silhouettes familières vinrent à sa rencontre.

- Roy ! Riza ! s’exclama-t-elle lorsqu’ils furent réunis.

- Le voyage s’est bien passé ? interrogea le général de brigade.

- Bien, même si j’ai cru ne jamais en finir. Depuis sept heures du matin, je commençais à en avoir marre, avoua-t-elle.

Ils se mirent en route, puis Riza demanda :

- Et monsieur Dominique, tu n’as pas eu trop de mal à le convaincre ?

- Un peu, mais comme je travaille beaucoup ces derniers temps, il m’a accordé quelques jours de vacances, pour l’occasion. De toutes façons, j’aurais terminé ma formation dans six mois.

- Et après, tu comptes prendre la suite de ta grand-mère ?

- J’y réfléchis… en fait, je pense à m’installer ici. J’aimerais bien monter ma propre boutique.

- Si tu viens vivre ici, nous pourrons t’aider à t’installer, proposa Roy, tandis qu’ils quittaient enfin la gare.

Ils longèrent la rue pour atteindre leur voiture, garée. Une fois à l’intérieur, Winry s’exclama :

- Au fait ! On n’a pas eu le temps d’en parler au téléphone…

En prononçant ces mots, elle se remémorait les beuglements de Dominique, répétant : « Lâche ce téléphone, pipelette ! Les clients attendent ! »

- …alors ça y est, vous allez avoir un enfant ?

- Exactement, répondit Riza en posant une main sur son ventre encore assez plat pour que la nouvelle passe inaperçue. Ce n’est pas pour tout de suite, ça ne faut qu’un mois.

Winry regarda défiler le paysage par la fenêtre, pensive. Le temps avait semblé s’écouler vite autour d’elle ; aussi, il était certain qu’elle n’avait pas réellement pris le temps de vivre, comme elle passait ses journées à s’entraîner chez Dominique. Elle entamait maintenant sa vingtième année, mais son esprit était resté dans le passé, ainsi que ses sentiments, qu’elle continuait inconsciemment de préserver pour Edward, bien qu’elle su qu’il ne reviendrait pas.

- Nous y voila, annonça Roy en garant la voiture en face d’une grande maison.

Ils sonnèrent, et la porte s’ouvrit. L’intérieur semblait bien bruyant.

- Bonjour Grace ! saluèrent en cœur les trois arrivants.

- Y’a de l’ambiance, on dirait, commenta Roy. On n’est pas trop en retard ?

- Bien sûr que non, entrez.

La maison avait été décorée spécialement pour la fête ; des guirlandes colorées raccordaient murs et plafonds, un tapis de confettis recouvrait le plancher, sur lequel couraient une dizaine d’enfants.

Grace ne tarda pas à apporter un grand gâteau recouvert de crème, sur lequel avaient été plantées neuf bougies. Elysia souffla tandis que résonnait la chanson du « joyeux anniversaire », et lorsque tout le monde eut reçu une part, on distribua les cadeaux. Peluches, livres, et jouets divers s’entassaient, et chaque présent déballé agrandissait le sourire de la petite.

- Joyeux anniversaire ! dit joyeusement Winry lorsque ce fut son tour. Tiens, c’est pour toi.

Elle tendit un paquet, que l’enfant ouvrit : il contenait une figurine articulée en métal, constituée d’armures intégrées miniatures.

- Génial ! Merci Winry ! s’exclama Elysia en lui sautant au cou.

Riza et Roy lui offrirent un petit paquet, emballé dans une boite à chaussures. Elle le déballa, et dans ses yeux brilla une lueur de joie lorsqu’elle découvrit le petit chiot apeuré.

- Black-Hayate a eu des petits, expliqua Riza.

Tandis que cette dernière montrait comment il fallait s’en occuper – omettant le dressage par revolver, qui, selon elle, n’était pas tout à fait approprié à une enfant de neuf ans –, Roy admira la figurine qu’avait confectionné Winry.

- Un travail exceptionnel, commenta-t-il enfin. Les détails et le fonctionnement sont remarquablement réalisés.

- Merci, mais ce n’est pas si extraordinaire, rougit la jeune femme.

- Bien sûr que si ! Tu t’es vraiment améliorée !

Désirant s’éloigner de l’agitation des enfants, ils trouvèrent un peu de calme au balcon.

- Elysia a grandi ! s’exclama Winry. Le temps passe trop vite, je la vois encore toute petite, à quatre ans.

- Maes serait fier de la voir comme ça.

- Il te manque, n’est-ce pas ?

- Oui, avoua-t-il. Le jour de mon mariage avec Riza, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à lui… Il n’arrêtait pas de me répéter de me trouver une femme, alors… j’aurais bien aimé qu’il soit mon témoin.

- Je suis certaine que, de là où il est, il vous a vu tous les deux, et qu’il était heureux.

- Si tu le dis… Tiens, mais, c’était aussi l’anniversaire d’Edward aujourd’hui, non ? demanda Roy pour changer de sujet, ne se rendant compte que trop tard qu’il en avait choisi un bien délicat.

- Oui, il a vingt et un ans aujourd’hui… quelque part, dans l’autre monde, il doit être en train de le fêter. Mais pour tout t’avouer… j’ai du mal à l’imaginer grand et mature…

- Eh bien moi, je suis certain que c’est encore un tout petit gamin, quel que soit l’âge !

Ils rirent ensemble de bon cœur, et le silence s’installa peu à peu. Finalement, Winry parla :

- Je me demande s’il se souvient encore de nous… de ce monde…

- Tu connais Ed, ce n’est pas le genre à oublier ça !

- Je sais… Parfois, je pense à lui et je n’arrive plus à voir son visage, je n’arrive plus à me souvenir de sa voix – pareil pour Alphonse. Je regarde des vieilles photos, pour m’en rappeler mais… j’ai l’impression que le temps les efface peu à peu de ma mémoire, et ça me fait peur. J’ai peur de les oublier…

- C’est normal, moi aussi ça m’arrive. Ne t’en fais pas, même si parfois, tu as du mal à t’en rappeler, tu ne les oublieras pas complètement. Malgré ça, n’oublie pas que, même s’il est certainement en vie quelque part, tu ne le reverras plus : ne vis pas dans l’attente de son retour, vis pour toi.

- Je sais… Finalement, ç’aurait peut-être plus facile pour moi de le savoir – ou de le croire – mort… Avoir une tombe où se rendre, c’est un repère rassurant.

Roy posa son œil unique sur la jeune fille, légèrement attristé.

- Ne parlons plus de ça, finit-il par dire. Allons jouer avec les enfants !

Elle approuva avec un sourire, tout de même légèrement triste ; Edward célébrait sans doute lui aussi son anniversaire, loin d’ici… Alphonse et lui avaient-ils changé depuis leur dernière rencontre ? Ne pas savoir… c’était peut-être le plus dur à supporter.

Winry repris un train dans la soirée. Connaissant les réactions de monsieur Dominique, elle préférait ne pas s’éterniser ; de plus, cette ville la rendait nostalgique. Le couple Mustang l’accompagna à la gare, où ils se dirent au revoir. Ce fut une belle journée que celle-ci. Assise contre la fenêtre, dans le wagon presque vide, la jeune femme fixait ses grands yeux bleus sur l’horizon lointain. Ce voyage avait tout de même réveillé de vieux souvenirs. Tant de questions qui se bousculaient dans son esprit… Edward serait certainement heureux de la voir penser à lui ainsi. Mais son sourire ne disparaîtrait-il pas s’il voyait les quelques larmes qui coulaient sur les joues de Winry ? Elle qui s’était pourtant jurée de ne plus jamais pleurer…

Le temps d’arriver en gare, la jeune femme avait su faire disparaître de son visage toute trace de tristesse. Elle souriait même lorsqu’il fallut descendre du train pour retrouver Paninya. Cette dernière vint à sa rencontre, et elles s’éloignèrent, tout en discutant.

- Alors, c’était bien ?

- Oui, et puis c’est toujours agréable de les revoir.

- La chance ! J’aimerais bien bouger un peu, mais le vieux ne veut même pas en entendre parler…

- Hum… Tu pourrais t’installer, non ? T’es assez douée pour monter ta propre boutique…

- Non… J’ai toujours l’impression d’avoir une dette envers le vieux. Et puis de toute façon, je vais reprendre sa boutique, j’ai qu’à attendre qu’il parte à la retraite !

- C’est vrai…

Hors de la gare, elles montèrent dans la voiture que Dominique avait prêté à sa fille adoptive.

- Moi, je veux partir… avoua Winry après un moment.

- Tu veux retourner chez ta grand-mère ?

- Non, je pense plutôt m’installer à la cité du centre.

- Hum… Pourquoi pas. C’est vrai que si les deux meilleures créatrices d’auto-mail sont dans la même ville, ça risque de poser problème, lâcha Paninya avec un grand sourire.

Cela fit rire Winry ; l’idée première était pourtant sans rapport avec son travail, mais elle n’aurait su lui avouer. C’était pour Edward qu’elle avait appris à fabriquer des auto-mails et qu’elle était venue travailler chez Dominique ; quel intérêt pouvait-elle encore porter à sa profession si la personne pour qui elle désirait œuvrer n’était plus là ? Dominique était grognon, mais pas méchant ; à priori, rien ne la forçait à partir. C’était, une fois encore, pour Edward, qu’elle s’apprêtait à le faire.

Désolée, Roy… je ne peux pas m’y résoudre…



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