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Author of 14 Stories |
Bonjour à tous !
Un nouveau chapitre, encore une fois pas trop long mais au moins ça avance.
J'espère que vous continuerez à aimer, s'il vous plait, laisser moi des commentaires, c'est ce qui me motive à écrire :o)
Que reste-t-il ?
Chapitre 4
Remus était là, pauvre corps torturé. Il gisait dans l’ombre de la cave, seule la baguette d’Harry apportait une faible lumière qui dessinait un halo plus clair autour de son ancien professeur.
Cette lueur suffisait à révéler son état pitoyable : il était couvert d’ecchymoses, ses épaules et ses membres portaient les marques de nombreuses blessures et morsures desquelles coulait un sang à moitié séché, la pierre des murs avait égratignée son dos et son front.
Il était endormi ou inconscient, en tous cas ne bougea pas du tout à l’arrivée de Harry près de lui. Le jeune homme était horrifié, et mis un certain temps avant de réagir, de réaliser l'ampleur des dégâts.
Il se pencha finalement sur lui, posa sa main sur son épaule et appuya légèrement en murmurant son nom. Mais le loup-garou ne se réveilla pas, ne bougea pas. Seule sa poitrine se soulevait régulièrement et assurait à Harry que son ami était en vie. Il ne savait pas où mettre ses mains sans risquer d’empirer une blessure.
Mais Remus avait désespérément besoin de soin. Finalement, il lui lança un sort pour le réchauffer, puis fit léviter son corps, avec un luxe de précaution. Il était extrêmement soucieux de la répercussion de ces sorts sur l’état du loup-garou, mais il ne voyait vraiment pas comment faire autrement.
Il remonta les marches de la cave, et le grand escalier lugubre pour se rendre dans l’une des salles de bain de la maison, guidant Remus. Il déposa doucement son précieux fardeau au sol, et s’occupa d’abord de rendre la pièce un peu plus humaine : il la réchauffa, l’éclaira, et lança un sort de nettoyage pour en enlever la poussière. Puis il se pencha sous le lavabo, et tira une bassine en fer blanc du placard. Il fit couler l’eau au robinet, attendant qu’elle se réchauffe.
Les canalisations étaient pleines d’air et faisaient des bruits lugubres. L’ensemble de la maison était dans le même état que son gardien : pitoyable.
Quand il eut enfin remplit la bassine, il attrapa le gant de toilette posé sur le rebord du lavabo ainsi que le savon. Il s’accroupit à côté de son ancien professeur, et tout doucement commença à mouiller sa peau pour enlever les traces de sang séché, puis à savonner pour le purifier.
Il maudissait le programme de Poudlard, qui ne jugeait pas indispensable de procurer à ses élèves des cours de médicomagie de base. Il aurait vraiment voulu pouvoir aider Remus beaucoup plus que cela. Et dans cette maison de Sang-Purs, aucune chance de trouver les remèdes moldus qu’il connaissait.
Alors une fois son nettoyage terminé, il ne put que se contenter de refaire léviter le corps maintenant propre, et de le mener dans la seule chambre habitable qu’il avait croisée lors de sa petite exploration dans les étages à la recherche de l'homme dont il devait maintenant prendre soin.
Il le déposa délicatement sur le lit, le fit glisser sur les couvertures. Une fois certain que son professeur, toujours inconscient, était bien installé, il entreprit d’allumer une flambée dans la cheminée de la pièce, puis rapproche un fauteuil du lit et s’y installa aussi confortablement que possible, bien décidé à le veiller jusqu’à son réveil.
En attendant, et pour éviter à ses pensées de retourner se morfondre dans la douleur du manque de son parrain, à occuper ainsi la maison qui aurait du être la sienne, il examina la pièce où ils se trouvaient.
Le seul élément de mobilier en bon état était le lit, vaste, avec des baldaquins lourds en tissus somptueux. Il faisait face à la cheminée dont le manteau était noir d’une suie accumulée sur de nombreuses années. Entre les deux, un tapis de laine, par endroits était rongé par les mites. Il cachait un sol fait de dalles de pierre froides et grises, mais propres. Dans un coin, une armoire et un bureau dont le bois était assombri par le temps et la fumée. De chaque côté du lit, une table de chevet avec un bougeoir couvert de cire fondue et figée, et un fauteuil au tissu usé jusqu’à la corde.
Harry utilisait l’un d’eux, le deuxième servait de support à une pile de vêtements, certainement ceux que Remus avait enlevés avant de partir s’enfermer seul à la cave. Harry reporta son regard sur Remus, qui respirait calmement. La température de la pièce était agréable.
oOoOo
Quand il se réveilla, Harry posa tout de suite les yeux sur le lit. Vide. Il bondit de sa chaise, balaya du regard l’espace autour de lui et, avant d’avoir pu se contrôler, appela d’une voix forte :
- Remus ! Remus, où es-tu ?
Il était complètement paniqué. Il n’aurait pas du d’endormir ! Qui sait ce qui avait pu se passer ? Il ouvrit brutalement la porte de la chambre, prit le couloir et se pencha au dessus de la cage d’escalier :
- Remus ! Remus, tu m’entends ?
- Oui, vint la réponse calme, je suis dans la cuisine, descends.
Harry soupira de soulagement. Il prit conscience qu’il avait effectivement dû juger Remus en très mauvais état la veille, pour s’inquiéter autant de sa disparition. La vue de son corps décharné et si abîmé n’avait fait que renforcer ses inquiétudes dues aux commentaires des membres de l’Ordre du Phénix.
Il descendit l’escalier rapidement, et se dirigea vers la cuisine. Quand il aperçut Remus, un sourire naquit sur ses lèvres : le loup-garou, bien qu’encore très mal en point, avait visiblement prit le temps de se soigner, il semblait en meilleur état que la veille. Il était encore torse nu pour permettre à ses plaies de sécher, avec un jean large qui tombait sur ses hanches beaucoup trop minces. Harry était effaré de sa maigreur, ils auraient pu faire une compétition. Il était attablé devant un petit déjeuner copieux, et souriait à Harry.
- Bonjour Remus, dit celui-ci en souriant également.
- Bonjour Harry, comment vas-tu ? Tu es arrivé hier ? Je suppose que c’est toi qui t’es occupé de moi...
- Oui, je suis arrivé hier soir. On a voyagé une bonne partie de la nuit, et je suis arrivé au petit matin. Et je ne t’ai pas vraiment soigné, juste nettoyé et mis au lit. Mais j’ai été surpris en arrivant : la maison est vraiment dans un sale état, non ? demanda Harry qui s'attable et se servit à manger.
- Oui, c’est vrai, dit Remus à voix basse. Comme moi, hein...
- Oh Remus... Harry, à nouveau inquiet et triste, posa ses couverts. La joie des retrouvailles ne pouvait pas durer, dans de telles conditions. Pourquoi est-ce que tout est comme ça, ici ? Et pourquoi es-tu si..., si...
Il ne pouvait pas finir sa phrase. Alors qu’il avait tant attendu de le revoir, croyant que Remus pourrait l’aider à surmonter la douleur de la perte de Sirius, le loup semblait être en moins bon état encore que Harry lui-même. Il ne savait pas comment le prendre : devait-il ricaner devant l’ironie de la situation, devait-il se mettre à pleurer de désespoir à voir chacun de ses soutiens s’effacer les uns après les autres, devait-il partir en claquant la porte et aller rejoindre Sirius derrière le voile ?
Remus avait les larmes aux yeux, le visage baissé vers son bol de café noir.
- Je ne le supporte pas, Harry. Cette absence, c’est ce que je ne pouvais pas admettre, c’est l’épreuve en trop. Et les membres de l’Ordre ne comprennent pas. Alors ils m’ont confié cette « mission », garder cette maison, pour ne pas que je reste sous leurs yeux.
- Mais pourquoi, Remus ? interrogea Harry, pourquoi est-ce que c’est si difficile ?
- Oh... Eh bien, ce que je craignais le plus est en train de se produire. Le loup en moi est en train de gagner du terrain. Sirius était le dernier membre de ce qu’il voyait comme sa première meute. Depuis, évidemment, j’ai connu d’autres personnes mais aucune n’a eu pour moi et pour le loup la même importance que les maraudeurs.
- Je crois que je comprends, murmura Harry. Mais pourquoi la perte de Sirius fait revenir le loup ?
- Parce qu’il cherche des nouveaux membres pour reconstituer sa meute. Un loup ne peut pas vivre seul, aussi étrange que cela puisse paraître quand on parle de moi.
- Et c’est pour ça que tu ne vas pas très bien ?
- Oui, Harry. Je ne sais même pas comment tu as pu convaincre les membres de l’Ordre de venir ici, tellement ils me craignent, maintenant. Je suis triste en tant qu’humain d’avoir perdu mon meilleur ami et effrayé de sentir le loup revenir, je suis triste en tant que loup d’avoir perdu le dernier membre de ma famille et effrayé d’être seul.
- Ils me l’ont dit, ils ne voulaient pas que je vienne. Mais c’est aussi chez moi, ici, dit Harry qui cherchait à se rassurer. Et si on est tous les deux, ça devrait aller mieux, non ?
Remus releva franchement la tête pour la première fois, et lança un sourire timide.
- Oui, Harry, ça va aller mieux, pour toi comme pour moi
oOoOo
En remontant dans leur chambre pour se préparer pour la journée, ils ne purent que constater ensemble l’état de dégradation avancée de la maison. Et quand ils passèrent devant le tableau de la mère de Sirius, Harry s’arrêta.
- Remus... Qu’est-ce qui est arrivé ?
Et à son grand effroi, Remus ne sembla pas capable de lui répondre immédiatement. Il montra les dents, et grogna en direction de la toile lacérée. Puis il dit, d’une voix affreusement grinçante et totalement inhabituelle :
- Elle ne mérite rien d’autre. Elle n’a toujours fait que critiquer Sirius, elle a osé se réjouir de sa mort. Je ne voulais plus l’entendre, et il faut que le monde l’oublie.
Harry n’en revenait pas. Remus n’était de toute évidence pas dans son état normal.
Mais il décida de ne pas relever, c’était sans doute un état temporaire, à cause de la question sensible qu’il venait de lui poser. Cependant, il se demandait comment il avait pu déchirer à ce point la toile. Il avait pu voir la veille que Remus s’enfermait à la cave lors de ses transformations, alors comment avait-il fait pour griffer comme cela le tableau ? Avec un couteau ?
Il répondit simplement, pour calmer le loup :
- Ok, Remus. Je vais aller prendre ma douche, maintenant. A plus tard !
La voix encore un peu déformée, le loup-garou se contenta d’acquiescer.
oOoOo
Il resta un long moment devant la toile déchirée. Il savait qu’il n’arrivait plus à se contrôler, et ce qu’il avait devant les yeux en était le signe le plus flagrant. Quand Harry avait commencé à lui demander pour Madame Black, il avait sentit ses griffes sortir au bout de ses doigts. Il n’avait réussi à garder son aspect humain que parce que le jeune adolescent était à côté de lui, et qu’il ne voulait pas l’effrayer. Mais après tant d’années à garder le loup entièrement sous contrôle, à l’empêcher de sortir même pendant la pleine lune avec la potion tue-loup, l’humain en lui reculait peu à peu. Sa pire crainte devenait réalité, il se rapprochait peu à peu de l’état d’un Greyback.
En regardant son œuvre, il se fit la promesse que pour Harry, il garderait le loup sous contrôle, encore un peu. Le jeune homme lui avait fait suffisamment confiance pour défier les conseils de tous les membres de l’Ordre, il devait l’honorer. Il se jura de protéger son louveteau, le dernier membre de la meute encore vivant, et même d’expliquer à Harry à quel point il comptait pour lui.
Voilou ! Un petit message ?
J'espère que ça vous plait toujours...