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Chapitre 1
Réveil difficile
Il se réveilla dans un simple lit aux modestes draps de coton, dans une chambre sur les limites du ténébreux. Une certaine douleur lui tiraillait la poitrine, d'ailleurs, quelqu'un était en train de lui appliquer une pommade dégageant une odeur bizarre là où ça lui faisait mal. Il gémit, incapable d'en faire plus.
-Ah ! Tu te réveilles enfin !
oOoOo
Encore cette semaine, Jui avait refusé d'aller chasser. Ça lui arrivait plutôt régulièrement depuis que Tara était mort...
Mort...
Il n'en revenait toujours pas, il l'avait tué... Et tout ça pour respecter la stupide étique du Clan... ils auraient aussi bien pu fuir... Mais fuir avec la peur qu'on les retrouve, finalement, et que lorsque ça se produirait, il serait quand même obligé de le tuer. Il avait toutefois essayé de se suicider pour arranger tout le monde, mais Tara était arrivé et l,en avait empêché parce qu'il ne voulait pas que son cher et tendre ne le voit. Cher et tendre qu'il avait pourtant supprimé.
Il puisa dans les quelques rare forces qu'il lui restait pour pousser une faible plainte, si faible qu'il ne l'entendit à peine lui-même.
Et peu de temps après, il entendit Közi entrer dans sa chambre. Entendit seulement parce qu'il n,avait même plus la force de soulever les paupières. L'autre vint se poster près du lit où il était étendu, immobile.
-Tu fais pitié, Jui, lui cracha-t-il, presque avec dégoût. C'est à se demander pourquoi je vens toujours prendre soin de toi au lieu de te bannir du Clan !
Sur ses mots, il avait glissé un tube de caoutchouc entre ses lèvres entrouvertes pour l,abreuver de sang fraîchement collecté. Cependant, le liquide carmin ne tarda pas à lui emplir la bouche et couler par ses commissures.
-Mais merde ! Tu vas pas te mettre à faire la gueule fine en plus ! Tu vas avaler, oui !
Mais le châtain s'obstina à ne pas ce faire. À quoi bon vivre si Tara n'était plus ? Énervé, Közi enleva le tube de sa bouche en soupirant bruyamment d'exaspération.
-Écoute bien, Jui ! Écoute-moi bien, parce que là, j'en ai ras-le-bol ! Je sais que tu tenais plus que tout à ce garçon, mais ça ne peut être que de ta faute s'il est mort, maintenant. Alors, oui, il n'y a que toi à blâmer, toutefois, il faut savoir en revenir ! Tu finiras bien par trouver quelqu'un d'autre ! Et pis merde, enfin ! Le Clan a besoin de toi pour subsister ! Quand tu fais le con comme en ce moment, c'est tout comme si on était qu'onze ! Qu'est-ce qu'il faut te dire, que Tara reviendra mis à part, pour te convaincre !
Malgré ses paupière closes et sa faiblesse, une larmes perla sur sa joue.
-Arrête de t'appitoyer sur ton sort, y a enore pire, crois-moi... Après presque neuf cents ans de vie (oui, Közi c'est un vieux papy )... j'en ai vues des choses horribles. J'en ai vues et faites... Alors tu peux me croire sur parole, ne tuer qu'un seul de ses petits amis, c'est rien...
Ayant maintenant envie de lui répondre, il se résigna à avaler le sang qu'il avait dans la bouche.
-Sais-tu... au moins... combien... combien j'ai pu l'aimer... Közi ? murmura-t-il.
-Énormément et même plus, j'en doute pas, mais même à ça...
-Közi, j't'en prie, l'interrompi-t-il, tu ne sais pas... Tu n'sais pas... ce que... ce que je vis... Avoue-le donc...
-Jui... soupira le leader, ne sois pas si ridicule, tu l'es déjà bien assez comme ça. Tu ferais mieux de finir ta portion de sang...
-Non.
-Mais qu'est-ce que tu veux de plus, merde, enfin !
-Je veux... Tara... je veux Tara, Közi...
-Je sais bien, mais il est mort !
-Je... je sais que... qu'il est m-mort. Je... je l'ai tué...
-Alors reviends-en, putain d'merde ! Passe à autre chose ! Y a pas que lui dans la vie !
-C'est faux...
-Pardon !
-Pour moi... il n'y avait... que lui...
-Mais qu'est-ce que tu peux être con, à la fin ! Je sais pas, moi, tu peux pas te trouver un quête ayant rapport à lui pour te redonner le goût de vivre, ne serait-ce que pour un ou deux jours !
-Tu disais pas que son ex-petit ami avait été tué alors qu'il ressentait encore, malgré tout, quelque chose pour lui ?
-... Si... Il... il aimait encore Miku... Je... je veux le venger pour Tara... je veux tuer Kanon...
-Kanon ? Il fait pas partie des Niev Diev, celui-là ?
-Si...
-Génial ! soupira une nouvelle fois le roux avec toutefois plus de sarcasme, nous manquait plus que cette seconde raison pour entrer en guerre contre eux !
-Donne-moi encore... à boire, Közi... Il faut... Il faut que je tue Kanon...
-Non, mais quelle idée j,ai eu en te disant ça, moi ! fit-il en lui remettant le tube dans la bouche.
Cette fois, le sac de sang se vida dans le temps de le dire et, une fois ce fait, le châtain ouvrit les yeux pour la première fois depuis un bon moment, s'asseyant, revigoré, dans son lit.
-J'vais me débarasser de cet imbécile !
-Dans ce cas, bien bonne chance, Jui ! Je te rappelle que celui que tu veux éliminer n,est pas qu'un vampire ordinaire.
-Et alors ? Moi non plus !
-J'ai bien hâte que tu arrêtes d'être aussi futile...
-Faudrait te décider ! Tu veux que je vive ou que je me laisse mourir ?
-Tu peux pas te laisser mourir.
-Mais je peux me suicider ! ... Mais pas avant de m'être débarassé de Kanon... !
Le chef du Clan roula les yeux dans leurs orbites alors que Jui se levait pour rapidement s'avancer vers la sortie, vêtu uniquement que de son pyjama d'hôpital blanc.
-Où tu vas, comme ça ?
-Préparer le meurtre de Kanon.
-Tu vas te faire remarquer, habillé comme ça.
Le plus jeune marqua un temps de pause. Il regarda ses vêtements et finit par admettre que Közi avait raison. Il prit la direction du la table où les vêtements qu'il portait lors de son hospitalisation avaient été posés, au fond de la pièce.
Il se changea malgré la présence du l'autre. De toute façon, il savait que le roux n'en avait rien à cirer de le voir tout nu. Et il prit congé de la pièce sans un mot ni un regard pour le leader.
Il sortit rapidement et sans se faire voir dans la nuit fraîche. Scrutant son environnement pour s'assurer de la présence de personne, il s'élança dans le ciel, plus haut que les buildings et emprunta le chemin qui menait à ce qui avait été chez Tara. Une fois les pieds mis dans l'appartement, il sentit ce qui lui restait d'humanité lui serrer le coeur. Il n'y était encore jamais retourné depuis ce soir-là, il n'en avait pas eu le courage. Mais maintenant qu'il avait une motivation pour vivre, les choses étaient différentes. Tellement différentes. Il resta un moment immobile au beau milieu du salon, jusqu'à ce qu'il entende la porte d'entrée s'ouvrir puis se refermer, discrètement. Il fit volte-face et tomba sur Shinya qui arborait un sourire malsain.
-Alors, j'ai entendu dire que tu voulais venger l'ex de ton défunt petit ami, fit-il d'une voix suave.
-C'est vrai qu'avec toi dans les parages, les nouvelles vont vites...
-Hum...
Son sourire s'élargit.
-Si tu veux, Jui, je peux t'aider à te débarasser de lui.
-... Quelle genre d'aide tu m'apporterais ?
-Celle dont tu as besoin.
-C'est-à-dire ?
-Mais tout ce que tu veux, Jui-chan ! répondit-il comme si c'était l'évidence même, faisant quelques pas pour s'approcher de lui.
-Tout ce que je veux, vraiment ?
-Bien entendu ! Qu'est-ce que tu crois !
-Donc tu pourras me trouver un flingue, des balles d'argent, des pieux en argent aussi et un long manteau... en cuir noir, de préférence, pour demain ?
-Je garantis pas que t'auras tout ça demain, mais tu l'auras en court de semaine pour sûr ! dit le plus vieux en avançant encore, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que quelques centimètres pour les séparer.
-Et c'est tout !
-Non. Il y a une condition.
-C'est bien ce que je craignais...
-La dernière fois, c'est toi qui m'as pris. Cette fois, c'est à mon tour ! fit-il avant de l'embrasser sauvagement.
Toutefois, Jui ne e laissa pas faire et le repoussa violement.
-Non mais t'es dingue ou quoi !
-T'as pas vraiment le choix ! Tu veux venger Miku pour Tara ou pas ?
Le cadet fronça les sourcils, préférant ne pas lui donner de réponse. Voyant qu'il ne se résoudait pas à lui répondre, Shinya retourna l'embrasser avec tout aussi peu de délicatesse que la fois précédente, plaquant une main sur sa poitrine pour ensuite la faire descendre jusqu'à son entre-jambre moulé dans son jean.
-Allons, Jui, fais pas cette tête-là ! dit-il en resserrant ses doigts sur sa prise, le faisant hoqueter et frissoner à la fois. Sois raisonnable et laisse-moi faire, tu sais que j'ai raison.
L'autre ne répondant guère plus, il pris cela pour de l'affirmatif. Sans plus de cérémonie, il lui déboucla la ceinture, défit son pantalon pour ensuite le lui descendre avec son boxer et ainsi mieux pouvoir prendre son pénis en main et commencer à le masturber en se mettant à genoux devant lui. Ça fit gémir le châtain un peu, bien qu'il se retenait grandement d'avoir ce genre de réaction pour éviter de lui donner satisfaction. Seulement, lorsque l'aîné vint remplacer sa main par sa bouche, ses jambes vinrent à le trahir, il tomba sur ses genoux alors que Shinya lâchait sa friandise pour le fixer droit dans les yeux, sauf qu'il avait déjà laissé tomber sa tête.
-Ne me dit pas que t'en a déjà assez ! s'exclama-t-il, amusé.
Une larme coula sur la joue de Jui, mais l'autre l'ignora royalement en reprenant sa masturbation de plus belle.
Il ne voulait pas lui donner satisfaction, il ne voulait pas laisser entendre qu'il prenait plaisir aux coups de langue experte de Shinya. Il ne voulait pas trahir la mémoire de Tara. Mais bientôt, son corps et ses sensations eurent raison de lui, il ne pouvait plus retenir ses gémissement, ce qui fit sourire l'autre. Il rejeta la tête vers l'arrière en se mordant la lèvre inférieure à la réduire à l'état de boule de chair sanglante, à force de se retenir de crier. Il serra ses paupières l'une contre l'autre du plus fort qu'il le put, tentant de se contrôler pour ne pas montrer que son corps appréciait la voracité de l'autre vampire. Il finit par lui venir dans la bouche en se mordant le poing, faute de n,avoir plus rien à mordre au niveau de sa lèvre.
Shinya, la bouche toujours étirée en un sourire pervers, remonta en léchant le mince filet de sang ayant dégouliné sur sa poitrine jusqu'à ses lèvres qu'il immacula de quelques coups de langue avant d'introduire celle-ci dans la bouche du plus jeune qui cherchait à l'éviter. Au début, lorsque l'autre alla pour le mettre complètement nu, il se débattit un peu, mais la transformation de Shinya le rendait trop fort pour le laisser s'échapper. Il l'avait donc déshabillé en entier puis s'était empressé de cueuillir durement ses lèvres pour l'empêcher de partir alors qu'il enlevait son propre pantalon. Il s'aggripa à ses hanches pour le mettre à genous pour ensuite le prendre lentement en rentrant ses ongles dans la chaire tendre recouvrant l'os de son bassin. Cela fit gémir Jui contre son gré. L'aîné commença à aller et venir, perçant la peau de l'autre de plus belle, du sang vint à dégouliner sur ses doigts. Et plus ça allait, plus Shinya réussissais à faire aimerça au châtain. Au summum de l'action, il vint à l'intérieur de lui et ils finirent par s'affaler sur le sol, à bout de souffle. à peine une minute plus tard, Shinya était déjà debout à réenfiler son pantalon alors que Jui était toujours dans sa petite mort sur le linoléum de la cuisine. Celui debout se pencha sur lui.
-Tu auras ce que tu m'as demandé en cour de semaine, je te le garantis.
-Me... merci, baffouilla le châtain en s'asseyant.
L'autre ne rajouta rien et partit l'air visiblement satisfait.
oOoOo
-Tu as bien dormi ?
-... J'ai mal à... à... murmura-t-il, incapable de parler plus fort.
-À la poitrine ? C'est normal, ça finira par s'atténuer. Continue de te reposer, tu vas récupérer plus rapidement.
-Hai...
-Tu sais... Je suis désolé de tout ce qui t'arrive... Et j'espère que tu ne m'en voudras pas trop de t'avoir recueuillit...
-Pour... pourquoi ? J-je te... connais pas...
-La mémoire te reviendra assez vite. Je vais te laisser te reposer.
-... D'accord...
Le brun quitta la chambre en fermant la lumière et la porte. L'autre resta étendu dans le lit de l'inconnu, soupirant faiblement. Sa poitrine lui faisait terriblement mal, comme si on la transperçait d'un couteau à maintes reprises au même endroit. Peu à peu, il sentit que ses maux s'atténuaient, c'était probablement la pommade que celui disant l'avoir recueuilli lui appliquait quand il s'était réveillé qui commençait à faire effet. Il ferma les yeux, portant lentement, difficilement sa main à l'endroit où il avait mal. C,est en posant ses doigts sur ce qui avait apparemment été une plaie béante qu'il eut plusieurs flashes rapides et désagréable qu'il ne pouvait déjà plus résumer. Il allait s'endormir lorsqu'il entendit quelqu'un entrer dans la chambre. Il ouvrit les yeux sur une jeune femme aux cheveux d'un rouge sombre, habillée d'un manière assez garçonne. elle le regardait fixement avec un sourcil levé.
-Pourquoi tu le fardes ici, Kann ? lança-t-il d'une voix grave pour celle d'une femme.
-On sera jamais trop pour la guerre prohéminante qu'on aura contre les Douze.
-Tu veux faire de lui un Niev Diev ? Tatsurou sera pas d'accord ! En plus, t'as vu comment il est faiblot !
-Quand il sera complétement rétabli, il deviendra fort. Tatsurou ne pourra que l'accepter.
-Comment peux-tu en être aussi sûr ?
-J'ai fait mes recherches.
-Oui, bien sûr ! Mais qu'est-ce qui t'as pris de créer un nouveau vampire, enfin !
-Je l'ai pas créé !
-Ben tu l'as trouvé où, dans ce cas ?
-Ça te regarde pas, Hiko...
-Avoue que ça fait quand même louche...
-Tu veux qu'on vainque les Douze une bonne fois pour toutes ou non ? monta-t-il le ton.
-... C'est pas avec cette loque qu'on va faire ça.
-Hiko... Ce gars-là... C'est notre arme secrète ! Un vraie perle rare !
-En quoi ? retourna-t-elle, sceptique.
-Viens, je vais t'explique, mais pas ici, il n'a pas besoin de savoir ça, pour l'instant...
Hiko acquiesça et quitta la chambre alors que Kanon refermait la porte derrière elle.
oOoOo
Il avait tourné en rond dans son appartement en réfléchissant à quelle serait la meilleure manière d'éliminer celui qui en avait fait de même avec... l'ex de Tara. Plusieurs idées lui vinrent, mais une vague de sadisme montant en lui lui souffla que toutes ces différentes façons de tuer un vampire n'étaient pas assez douloureuses. Et il fallait d'abord qu'il le retrouve, il devrait donc mener une petite enquète. Il était alors été se coucher à l'aube en tentant de se décider sur la question qu'était "où commencer ?".
Déjà, quand il se leva le soir suivant, il trouva une partie de ce qu'il avait demandé à Shinya posé à côté de lui sur son lit, emballé avec mille et une précautions dans un sac de toile noire, dont son long manteau de cuir noir et diverses armes blanches ainsi que leurs étuits. Il eut un sourire en coin. en fin de compte, Shinya ferait un assez bon fournisseur. De plus, il ne lui couterait pratiquement rien s'il devait lui rendre la pareille qu,avec son corps... Son sourire s'effaça et il soupira en se levant.
oOoOo
-Je t'ai entendu te lever pendant la journée, lui dit Toshiya lorsqu'il se réveilla.
Dans la chambre sombre où ne brillaient seulement que leur deux paires d'yeux, une nouvelle nuit commençait pour eux deux.
-Tu sais que le soleil est encore plus nocif pour toi qu'il ne l'est pour quelconque autre vampire...
-Je sais, murmura Shinya en allant se lover contre lui.
-Je voudrais pas qu'il t'arrive malheur, tu le sais.
-Oui...
-Même si...
-Même si quoi ? répéta-t-il en relevant la tête.
-Même si t'es plus le même depuis l'incident... les incidents...
-... Excuse-moi...
-C'est pas grave...
-... J'ai soif...
-T'as été chasser tout juste avant hier...
-Je sais, mais j'ai soif là !
-Calme-toi, la chasse, c'est demain.
-Je veux pas attendre à demain. J'y vais tout de suite ! s'exclama-t-il en se levant vivement.
-T'auras plus soif, demain ! s'écria le brun en l'attrapant pour l'empêcher de sortir. Közi sait pas que tu chasses plus que les autres et il est mieux de pas savoir.
-Lâche-moi, Toshiya, sinon je vais être obligé de te faire du mal... dit-il, l'air piteux.
-Obligé ? Non ! Pas si le bon Shinya prend le dessus sur le mauvais !
-Mais tu sais que... le mauvais Shinya, comme tu dis, Toshiya, mon coeur, est bien plus fort que le bon, reprit-il d'un voix mielleuse, cette fois.
-Non... Prouve-le moi, Sin ! Prouve-moi que tu peux contrôler cette partie-là de toi, je sais que tu le peux !
Une larme noire perla sur la joue du châtain.
-Aide-moi, Toshi... Aide-moi à prendre le dessus sur lui ! Je veux pas être comme ça, j'aime pas ça !
-Je sais...
-Mais j'ai toujours aussi soif, continua-t-il en commençant à se débattre pour qu'il le lâche.
Le plus grand le retenu aussi longtemps qu'il le put, mais sa forme toute près de l'Extremis vaempirum le rendait trop fort pour lui, il dut le lâcher pour ne pas se faire hacher en morceaux par son amant qui prit la fuite après avoir choisi quelques pièces de vêtements dans la comode.
Toutefois, malgré la noirceur de la pièce et de l'appartement complet, il put distinguer deux bosses noirâtre dans le dos de l'autre, au niveau des homoplates. Des ailes ? Les Extremis Vaempirum avaient donc des ailes ? C'était un détail dont il n'avait encore jamais entendu parler. Il allait devoir se renseigner sur le sujet. Peut-être même en parler à Közi. il se leva à son tour, enfilant les premiers vêtements qui lui tombèrent sous la main et partit en direction de la boîte de nuit des Douze avec son plan en tête.
Il fut là-bas dans le temps de le dire et y entra en silence. Il compta les dalles et appuya sur la première des deux requises pour que le mur face auquel il était s'ouvre.
-Qu'est-ce que tu fais, Toshiya ? demanda la voix du leader du Clan en posant sa main sur son épaule, le faisant sursauter.
Il se tourna face au roux.
-Euh, je...
-T'es pas censé veiller sur Shinya ?
-Si... Mais...
-Il s'est en allé ?
-Eto... oui...
-Et qu'est-ce que tu comptais faire chez Deity alors qu'il se promène seul dans la ville ?
-Ano... C'est que... Ben... J'ai vu dans son dos... Il avait comme deux bosses aux homoplates... Comme s'il lui poussait des... ailes...
-... Des ailes ?
-Oui... Je voulais aller questionner Deity à propos de ça... Je voulais pas t'inquiéter avec ça...
-Mais il n'y a pas que ça, je me trompe ?
-Au point où on en est rendu, Toshiya, un problème de plus ou de moins ne changera pas grand chose...
-Oui, bon... Il doit se nourrir plus d'une fois par semaine... Au début, c'était que deux... mais cette semaine, il en est à sa quatrième fois...
-... Je vois...
-J'essaie de le retenir comme je peux... mais il devient très violent, de plus en plus à chaque fois... Et quand je réussis à le garder à la maison, il finit par soit devenir limite légume, soit par s'évanouir...
-Il est en train de devenir quelque chose de pire qu'un Extremis Vaempirum...
-C'est ce que je crains aussi...
-Il n'a toujours pas voulu te raconter ce qu'il s'était passé, l'autre soir, dans le sous-sol de la maison ?
-Non... J'ai toujours quelques flashes, sourtout quand il devient plus aggressif, mais jamais rien de bien concret.
-Bon, si ça continue comme ça, il nous faudra demander à Jui de sonder la mémoire de Shinya pour que lui nous raconte l'histoire...
-Je pense pas qu'on arriverait à un résultat bien concluant...
-Pourquoi ? interrogea le plus vieux en levant un sourcil.
-J'ai essayé... Mais j'ai l'impression qu'il a fermé son cerveau à toute intrusion... ou alors je n'ai pas la puissance de fouiller l'esprit de qui bon me semble...
-Tu peux le faire aussi ?
-Oui... Depuis ce soir-là...
-Il t'aurait donc mordu... Et administré du sérum ou de l'antidote par la suite...
-Ça... ça serait plausible, ne... Je traîne toujours une fiole de sérum sur moi, quand on sort...
-Bon... on a donc une partie de la réponse.
-Oui... Mais Közi...
-Quoi ?
-Ses "ailes"... c'est pas normal, ne ?
-Effectivement, ça l'est pas. Ça lui vient probablement du fait qu'il t'ait mordu...
-C'est ce que je crois aussi.
-T'avais peut-être pas tort d'aller questionner Deity à ce sujet... Elle en sait probablement plus que moi... Viens.
-Tu viens avec moi ?
-C'est ce qu'il me semble t'avoir dit. Plus on est à en être informé, mieux ce sera.
-Pas s'il est capable de lire nos pensées.
-J'oublie toujours ce foutu détail !
-Ouais... Enfin bon... On y va ?
-Oui.
Ils appuyèrent sur les deux dalles qui déclanchaient l'ouverture de la large porte de pierre et le mécanisme s'enclancha. Közi fut le premier à s'avancer avec l'idée d'allumer la torche, sauf que Kisaki et Hyde étant les derniers à avoir ouvert le passage, celle-ci était restée dans la vaste salle où logeait l'unique Extremis Vaempirum de leur connaissance.
-Bon, fit-il, j'ai bien peur, Toshiya, qu'on doive voyager dans le noir.
-Bah... c'est pas ce qui va me poser le plus de problème, vu que...
-Ah oui, c'est vrai...
-Alors, allons-y, ne.
-Oui... Si ça ne te fais rien, comme tu sembles y voir plus clair que moi, je te laisse passer devant.
-D'accord. Mets ta main sur mon épaule si t'as peur de me perdre.
Le leader fit ainsi et ils s'engouffrèrent dans le passa frais mais où régnait une humidité glauque. Toshiya pouvait avancer aisémentdans le couloir, mais Közi qui marchait à l'aveuglette les ralentissait quelque peu. Deux ou trois minutes de marche plus tard, ils se retrouvèrent dans un cul-de-sac.
-Közi... On est dans un impasse, là...
-Oh ! Non, on ne l'est pas ! Regarde à ta droite, il y a une pierre différente des autres. Appuie dessus.
-Ah.. laissa-t-il s'échapper d'entre ses lèvres en faisant comme indiqué.
Devant eux, le mur de pierres grises disparu en s'encastrant dans le mur à leur gauche pour les laisser entrer dans un passage bien plus propre que le précédent où les toiles d'araignée, les squelettes de rongeurs, poussières et bien d'autres bestioles désagréables étaient rois. Une faible lueur vascillante scintillait après un coude, c'est vers elle qu'ils se dirigèrent, n'ayant guère d'autres choix. Mais plus ils avançaient, plus ils leur semblaient entendre des voix provenant de la chambre de Deity. Il sralentirent l'allure pour mieux entendre ce qui se disait, mais les voix étaient trop basses. Jusqu'à ce qu'elles s'interrompent.
-Quoi ? fit celle de ladite sorcière.
-Quelqu'un approche, fit sèchement une voix masculine.
-Vas-t'en, ordonna la première.
Des bruits de pas, un passage qui s'ouvre puis qui se referme et plus rien.
-Encore des ennuis, Közi ? fit encore sa voix, plus près d'eux.
Ils sursautèrent. Le brun étouffa un juron.
- Entrez ! Je ne vous... comment dire... mangerai pas !