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Adorabelle
Author of 9 Stories

Rated: M - French - Angst/Mystery - Hermione G. & Draco M. - Reviews: 12 - Updated: 10-15-07 - Published: 09-13-07 - id:3782239

4

Les yeux d’Hermione papillotèrent un peu avant de s’ouvrir complètement. Elle regarda autour d’elle, apeurée. Elle ne voyait que du blanc. Des murs blancs, une porte blanche, un lit blanc…elle était enfermée dans une pièce minuscule. Se demandant où elle était et comment elle était arrivée là, elle tenta de se redresser. En vain.

C’est en voyant les trois épaisses sangles qui la tenaient attachée à son lit que Hermione se mit à hurler.

oOo

Dans une pièce non loin de là, Drago était accroupi dans un coin et ne pouvant s’empêcher de trembler. C’était une petite salle de jeux à l’apparence inoffensive, avec des tables pleines de feuilles et de plumes et des chevalets entourés de palettes de couleurs. Mais ce n’était pas une salle de jeux ordinaire : c’était pour les fous. Des vieillards étaient attablés devant les feuilles et les plumes et dessinaient de petits cercles à grand renfort de gestes frénétiques. Près de Drago, une jeune femme à peine plus âgée que lui s’affairait à peindre une tête de mort fracassée contre un mur. Se sentant observée, elle se retourna et jeta un regard noir à Drago, qui se recroquevilla encore plus dans ce coin. Ces gens étaient complètement dérangés et, pour une fois, Drago se l’avouait franchement : il était terrifié.

Près de la fille peintre, une autre fille âgée d’environ trente ans parlait toute seule et son monologue était parfois entrecoupé d’un rire nerveux. Puis, sans crier gare, elle saisit un bloc d’argile et le lança à la tête de l’infirmière chargée de surveiller le groupe. Le bloc rata de peu l’infirmière, qui appela aussitôt du renfort.

-J’en ai assez d’elle ! s’exclama l’infirmière aux médecins qui venaient d’entrer dans la salle. Elle est incorrigible.

-Oui je sais, dit un médecin. Sa place est déjà réservée au Monastère, elle n’y entrera pas plus tard que demain.

À l’entente de ces mots, le rictus de la fille fit place à une expression terrorisée.

-NON ! hurla-t-elle en se débattant avec frénésie. Je ne veux pas y aller ! NON !

-Calme-toi, dit le médecin d’un ton brusque.

-NON JE ME CALMERAI PAS ! JE VEUX PAS Y ALLER ! NOOOOON !

-La piqûre, Jo ! La piqûre ! ordonna le médecin à son collègue.

Jo planta aussitôt une longue aiguille dans l’avant-bras de la femme, qui se débattit avec moins d’effort. Moins d’une minute plus tard, elle était aussi molle que de la pâte à tarte.

Quelques fous regardèrent les médecins emmener une des leurs, aussi paniqués qu’elle ou indifférents, tandis que les autres n’y jetèrent pas même un regard. La fille à la peinture marmonna quelque chose en secouant la tête, puis elle se tourna vers Drago.

-Un jour, ce sera notre tour, dit-elle d’un ton lugubre.

oOo

-Pourquoi l’a-t-on mise dans la salle d’isolement, celle-là?

-Parce que quand je lui ai appris ce qu’elle avait fait, elle m’a attaquée.

-Je t’ai toujours dit que ce n’était pas une bonne méthode que tu appliquais, Médéa. Ces gens sont en état de choc après leur crime, c’est normal qu’ils oublient.

-Mais il faut bien qu’ils apprennent ce qu’ils ont fait un jour! Quelqu’un doit le leur dire.

-Ce n’est pas notre travail. Ils doivent se souvenir par eux-mêmes, sinon ils n’y croient pas ou ils sont encore plus perturbés.

-De toute façon, avec tout ce qu’on lui a injecté à cette pauvre fille, il est clair qu’elle ne se souvient déjà plus de rien. Elle devrait se réveiller sous peu. Puisque ma méthode n’est pas la bonne, Dr Walker, je vous laisse appliquer la vôtre!

-Sans problème, ma chère Dr Mulroney. Et sans rancune.

-C’est cela. Où avez-vous placé son complice?

-À la salle de jeux. Il est terrifié, le pauvre. Il ne sait pas encore pourquoi il se trouve à l’aile psychiatrique, mais sa mémoire ne tardera pas à lui revenir.

-C’est tout de même affreux, ce qu’ils ont fait. Et cette fille, Miss Granger…elle est venue rendre visite à Potter la semaine dernière.

- C’est surprenant, quand on pense qu’elle était si normale!

-Ce qui est surprenant, c’est que vous vous étonnez encore de ce que vous voyez ici, depuis le temps que vous êtes dans le métier! Bon, je vous laisse à votre boulot, Dr Walker.

Une porte se referma. Le bruit semblait moins lointain que les voix, tout à coup…

Hermione sortit de son coma. Elle était encore dans la pièce toute blanche. La seule chose dont elle se souvenait, c’était de s’être réveillée là, d’avoir hurlé et de s’être fait injecté un truc dans l’avant-bras.

-Bonjour, Miss Granger, dit une voix d’homme.

Hermione leva les yeux vers lui. Une épinglette sur son uniforme indiquait « Dr Walker ».

-Bonjour Dr Walker.

L’homme sembla étonné de sa lucidité.

-Vous allez bien ? demanda-t-il.

-Non, pas trop. Pas du tout, en fait. J’ai mal partout, je suis attachée dans un lit et je suis avec un médecin, ce qui signifie que je suis à l’hôpital, seulement je ne sais pas du tout ce que je fais là. J’aimerais bien savoir pourquoi.

-Ne souhaitez pas le savoir trop vite. Votre mémoire reviendra lorsque le temps sera venu.

-Et quand viendra ce temps?

-Malheureusement, bien assez vite.

-Pourquoi malheureusement?

-Vous me semblez en excellente forme, décréta le médecin en esquivant la question. Que diriez-vous de sortir de ce lit et de rejoindre votre camarade à la salle de jeux ?

-Mon camarade ? Quel camarade ?

-Mr Drago Malefoy. Vous souvenez-vous de lui ?

-Malefoy ? s’étonna Hermione. Mais…ce n’est pas mon camarade ! Il est ici lui aussi ? Quel rapport y a-t-il avec moi ? Il vous a dit qu’il me connaissait, c’est

ça ?

-En fait…non. Apparemment, il ne connaît pas plus que vous toute l’étendue de la situation.

-Quelle situation ? Dr Walker, s’il vous plait, je…

-Je vais vous faire conduire à la salle de jeux, l’interrompit le médecin en détachant ses sangles.

Hermione choisit de se taire, comprenant bien qu’à la moindre résistance de sa part, on la clouerait dans cette salle d’isolement et puis basta. Elle se laissa docilement guider vers la salle de jeux par une infirmière prénommée Gina, qui lui parlait véritablement, à s’y méprendre, comme à une débile mentale.

-Alors, mademoiselle Hermione va faire de jolis petits dessins avec ses gentils petits camarades ! susurra Gina d’une voix fluette.

-Je n’ai jamais été douée pour l’art manuel, répondit Hermione d’un ton plat.

-Alors mademoiselle Hermione pourra faire de jolies petites sculptures en pâte d’argile…

-Parce que la sculpture n’est pas considérée comme de l’art manuel peut-être ?

-Si mademoiselle Hermione continue de prendre ce ton bourru, elle retournera dans son petit lit faire un beau petit dodo ! la prévint Gina.

Hermione ferma les yeux, souhaitant de tout son cœur que tout cela n’était qu’un rêve totalement absurde. Elle n’était pas dans une aile psychiatrique et cette Gina, pour qui tout était joli et petit, ne la prenait pas du tout pour une patiente particulièrement affectée.

Mais lorsque Hermione rouvrit les yeux, elle n’était pas à la maison au réveil d’un cauchemar, mais dans une pièce bien réelle qui servait de divertissement à des gens atteints de troubles mentaux. La salle de jeux était l’endroit le plus terrifiant qu’Hermione eut jamais vu et le spectacle qui s’offrait devant ses yeux était des plus désolants : sorciers dérangés, yeux qui roulaient dans leur orbite, filets de bave, sons gutturaux, cris à vous glacer le sang… et Drago Malefoy, accroupi dans un coin de la pièce, qui écoutait d’un air affolé le discours d’une jeune femme. Soulagée à la vue d’un visage familier, Hermione se précipita vers Drago, qui lui ne sembla pas du tout soulagé de la voir.

-Ne m’approche pas ! s’écria-t-il, se tassant un peu plus sur le mur, si c’était possible.

-Malefoy, c’est moi, Hermione Granger, je sais qu’on ne s’est jamais vraiment aimés tous les deux mais je t’en prie…

-RECULE ! ordonna Drago en blêmissant à vue d’œil. Reste loin de moi !


À suivre...

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