Help
Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search
: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Books » Harry Potter » Rapeltout

Owlie Wood
Author of 10 Stories

Rated: T - French - Friendship/Romance - Godric G. & Padma P. - Reviews: 40 - Updated: 08-11-09 - Published: 09-21-07 - id:3795413

Je sais que je n'ai pas mis à jour depuis longtemps et je sais que j'ai énormément de retard dans la réponse à vos commentaires et reviews (et je m'en excuse sincèrement). Les temps sont durs en ce moment (sentencieux, non?) mais je n'ai pas arrêté d'écrire pour autant. Dieux du Stade sera mis à jour bientôt et je planche sur une nouvelle fic ("Chaton") et sur le JTD.

Note de l'auteur (sur cet OS, cette fois): Une des communautés que je suis a organisé une loterie. Le principe est simple, on propose deux nombres et l'organisateur nous donne les personnages qui y sont associés. A nous ensuite de les mettre en scène. Evidemment, le tirage donne des choses farfelues. Pour ma part, je suis notamment tombée sur Louis Weasley (le troisième enfant de Bill et Fleur) et Padma Patil. Voici ce que cela a donné...

Disclaimer: Les personnages appartiennent à JKR.


Jeux interdits

Agé de seize ans à peine, Louis Weasley ignorait qu’il découvrirait l’amour et la dure loi des administrations, le même jour, lors d’une visite au Ministère. Tout ça pour un problème de photo d’identité.

— Suivant.

Son tour enfin arrivé, il s’avança vers le guichet venant de se libérer. Son interlocutrice le dévisagea le temps que la politesse le permettait et rapporta rapidement son attention vers ses papiers d’identité.

— Oh, fit-elle surpris, tu es un Weasley ?

Mal à l’aise, le jeune garçon se frotta la nuque un instant.

— Oui, marmonna-t-il, cela ne se voit pas vraiment, je sais.

Etant le portrait craché de sa mère, Louis avait longtemps songé qu’il avait pu être adopté. Les Weasley étaient tous produits sur le même modèle et, branche Potter mis à part, il était celui qui en était le plus éloigné. Un vrai Delacour, Tante Gabrielle adorait le lui répéter.

Le laissant à ses pensées, la femme derrière le guichet observa de nouveau ses papiers.

— Louis… dit-elle en prenant soin de correctement le prononcer. Tu dois être le fils de Fleur Delacour, non ? J’ai rencontré ta mère lors du Tournoi des Trois Sorciers, il y a de cela des années. Elle était tellement…

Parce que ce genre de conversation ne lui était pas étranger et parce qu’il la vit hésiter, Louis sut que s’il ne lui venait pas en aide, rien de bon n’en sortirait.

— Française ? suggéra-t-il amusé.

— Oui, exactement. Désolée, ajouta-t-elle précipitamment, je ne…

Ses excuses furent interrompit par une sonnerie. Voyant que tout le monde autour commençait à soudainement s’agiter, Louis se tourna vers son interlocutrice pour demander des explications.

— Je suis désolée, expliqua-t-elle avec un sourire. Mais il faudra revenir.

— Pardon ?

De sa baguette, elle lui indiqua l’énorme horloge accrochée au mur.

— Nous venons de fermer !

D’un mouvement du poignet, elle ferma son guichet. Surpris, Louis fit un pas en arrière pour l’éviter.

— Mais… balbutia-t-il abasourdi. Et moi ? Je veux simplement changer ma photo d’identité. Comment je fais ?

— Revenez demain !

Sans qu’il n’ait le temps de le réaliser (elle devait avoir l’habitude de gérer les protestataires), elle l’avait raccompagné à la porte.

— N’oubliez pas ! Demandez Padma Patil.

Il s’éloigna, dépité, prêt à affronter les moqueries et à rejoindre quelques étages plus haut son oncle Percy, chargé de le ramener au Terrier.

oOo

— Oncle Ron, c’est vrai que tu es sorti avec Mme Patil ?

Lorsque la famille Weasley entière se réunissait au Terrier, il n’était pas rare que dans les discussions, un soudain silence soit annonciateur de tempêtes à venir. Adultes comme enfants s’étaient tus, pressentant que comme à son habitude, Ronald répondrait quelque chose d’intéressant.

Mal à l’aise, celui-ci jeta un regard à son épouse, à ses côtés.

— Padma ? Oh… Oui, répondit-il mal à l’aise. Oui, c’est vrai.

— Enfin, une fois, précisa Tante Hermione avec un sourire figé.

— Lors du bal de Noël, pour le tournoi des Trois Sorciers. Enfin, des quatre, rectifia-t-il en évitant de justesse la serviette qu’Oncle Harry venait, depuis l’autre bout de la table, de lui lancer.

— Et toi ? demanda Ginny d’une voix traînante devant l’air un peu trop amusé de son mari. Tu n’y étais pas allé avec Parvati ?

— Tu n’y es pas allé avec Neville ? répliqua celui-ci.

— Avec le professeur Londubat ? répétèrent tous les enfants ahuris.

Le premier cyclone venait de se former, au détriment de Tante Ginny. Elle eut beau tenter de se défendre, ses protestations moururent dans le vacarme des conversations. Louis n’y fit pas attention, il avait besoin que certaines précisions lui soient apportées. Il tourna à nouveau les yeux vers son oncle préféré.

— J’y suis allé après que ta mère ait rejeté ma proposition, lui confia celui-ci prenant un air secret. Elle a préféré y aller avec… Roger Davies !

— Maman ! s’écria Victoire choquée, reposant la bouteille qu’elle venait d’à moitié renverser. Tu es sortie avec Roger Davies ? Le Roger Davies ?

La partie de la table jusque-là épargnée par les débats ne tarda pas à s’embraser. Une fois encore, Louis ne se laissa pas distraire.

— Pourquoi demandes-tu ça Louis ? fit Tante Hermione intriguée.

Parce qu’elle lui en avait parlé, selon elle, par souci d’honnêteté. Louis avait laissé son imagination s’emporter et la colère le gagner. Maintenant, il comprenait pourquoi elle l’avait fait.

— Oh, soupira-t-il d’une voix badine. Je l’ai vue au Ministère le mois dernier et on a discuté.

— Cela fait tellement longtemps que je ne l’ai pas croisée, dit-elle en attaquant son morceau de viande. Padma est une fille bien, elle ne s’est pas laissée berner par ton oncle !

Louis ne put retenir un sourire amusé.

— Une fille brillante. Personne ne comprend pourquoi elle a accepté ce poste au Ministère.

oOo

Taquinant Louis sur le fait qu’il porte le prénom d’un roi, elle lui avait révélé ce que le sien signifiait. Louis avait sourit, trouvant amusant qu’en bon fils de sa mère, il ait pu rencontrer une femme portant le nom d’une… fleur.

La fleur de lotus flotte au-dessus des eaux, elle ne coule ni ne flotte, elle fait face à l’adversité. Encore remué par les confidences qu’elle lui avait fait, Louis avait tendu la main vers elle, fleur fragile, qui d’un sourire triste l’avait acceptée.

Elle se nourrit de la boue, des souffrances, des troubles et du désir, pour pouvoir s’épanouir.

Maudissant le tremblement qui le secouait, avait tendu sa main en direction de son visage grave.

Les gouttes d’eau glissent sur ses feuilles sans jamais s’y étaler. « Ainsi, tu ne me verras jamais pleurer », avait-elle murmuré.

Du doigt, il avait tracé le trajet qu’une larme ne ferait donc jamais.

La graine et la fleur de lotus poussaient de manière simultanée. Elle était le symbole bouddhique de la causalité. La cause et l’effet incarnés.

Cause et effet, dans la tête de Louis Weasley, elle avait fini par tout embrouiller.

oOo

— Pourquoi travailles-tu à l’état civil ? demanda Louis que cette question, depuis longtemps, taraudait. Tu es brillante ! Réellement. Tu pourrais tant faire !

Elle posa le livre qu’elle lisait et tourna ses yeux noirs en direction de son jeune amant. Louis supporta son regard sans ciller et caressa distraitement la peau légèrement cuivrée de son mollet.

— J’aime bien cet endroit, soupira-t-elle en reprenant sa lecture. Cela me permet de rencontrer des gens.

Louis ne fut pas pour autant convaincu. Padma était un esprit éclairé. Bon élève, il ne cessait d’apprendre à ses côtés. Bonne enseignante, elle ne manquait jamais de le récompenser. Elle méritait mieux que ce vulgaire guichet.

Quittant la tête de lit contre laquelle il s’était adossé, le jeune garçon laissa ses mains remonter sur ses jambes nues et finit par déposer un baiser au creux de ses reins.

— Tu sais, reprit-elle d’une voix douce, quand tu traverses des périodes sombres, tu as envie de te raccrocher à la moindre parcelle de légèreté, la moindre chose qui te permette encore un instant de flotter. Pour moi, c’était rester en contact avec la société. Voir les naissances, mes mariages, parfois les décès. Constater le changement entre deux photos d’identité, ajouta-t-elle amusée, se redressant sous l’impulsion des mains de Louis. Il y a aussi les départs et les arrivées de l’étranger…

Laissant ses mains s’attarder sur ses seins, Louis embrassa doucement épaules et nuque.

— Tu sais, cela me donne l’impression de voyager. Et c’est au moins une chose que nous avons en commun… soupira-t-elle en observant le contraste de leurs peaux. L’exotisme.

Sentant son abandon, Louis la fit basculer avec douceur sur le matelas et sourit lorsqu’elle lui murmura.

— Dire que je pensais ne plus jamais avoir à faire avec un Weasley…

oOo

Louis avait laissé la fougue à Victoire et à Dominique la témérité. Lui s’était gardé la raison. Il y avait songé et s’était longuement interrogé. Le pour et le contre pesés, il avait fini par apprécier ce jeu interdit. Il s’en accommodait désormais.

Mais les années et le regard des gens étaient des choses contre lesquelles il ne pouvait lutter.

— Est-ce mal ce que l’on fait ? avait-il fini par demander quand ses lèvres l’avaient enfin quitté.

— Si tu veux une réponse satisfaisante, avait répondu Padma sans même le regarder, il va falloir préciser la question. C’est un acte totalement naturel après tout…

— Je sais, fit-il les joues rougissantes. Je me demandais juste si le fait qu’il s’agisse de toi et de moi…

A cet instant, son regard l’avait comme foudroyé et il ne comprit pas lorsqu’un sourire étrange vient étirer ses lèvres.

— Il y a une loi contre ça ? demanda-t-elle innocemment.

— Hé bien… marmonna-t-il songeur, je crois.

Le jaugeant un instant du regard, elle finit par se détourner et s’éloigner.

— Louis, si tu cherches l’approbation, tu risques bien d’attendre toute ta vie en vain, déclara-t-elle froidement en se penchant pour ramasser ses vêtements. Tu te doutes bien qu’évidemment, les gens n’approuveront pas ce que nous vivons.

Le jeune garçon baissa les yeux, peiné de l’avoir déçue et d’avoir fait preuve de puérilité. Le contact inattendu des doigts de Padma dans ses boucles blondes le fit sursauter. Levant la tête vers elle, il la découvrit en train de retirer les brins d’herbe de ses cheveux.

— Est-ce que tu regrettes ?

Il secoua la tête.

— Autrement, je ne l’aurais pas fait.

Louis savait qu’à défaut d’avoir l’approbation générale, il avait pour lui la raison.

oOo

Elle était fascinante, désirable et troublante. Louis s’était vite rendu compte qu’il n’était finalement fait que de chair et de sang et que telle était la faiblesse de sa condition.

Elle était plus qu’une amante. Vénérant son corps, Louis était fasciné par son esprit.

Sa manière d’envisager les choses, de les formuler. Le talent qu’elle mettait à le convaincre, à ne jamais capituler.

Les discussions qu’elle avait avec Louis étaient riches et profondes. Il en ressortait toujours plus éveillé.

D’abord en opposition, leurs idées finirent par se compléter, puis par se ressembler. Selon elle, c’était ainsi que Louis apprenait.

Padma occupait une place prépondérante. Elle occupait la place, tout simplement.

Padma était différente des autres femmes.

Padma était pour lui unique. Aussi Louis ne comprit pas comment il put un jour se tromper.

oOo

La soudaineté du geste l’empêcha de pouvoir l’esquiver. Il ne l’avait pas vu lever la main. Il ne s’y était pas attendu. Elle n’avait pas mesuré son geste, sa force l’en avait fait tituber.

Louis était un homme désormais mais à cet instant, il se retint à grand peine de pleurer.

— Tante Hermione ? murmura-t-il d’une voix mal assurée.

Elle avait troqué sagesse et mesure pour se laisser aller à la fureur. Le visage écarlate, les larmes aux yeux, tremblante et la mâchoire serrée, elle semblait prête à le tuer. Louis ne put s’empêcher de reculer.

— Louis, comment peux-tu oser faire ça ? se mit-elle à hurler.

— Faire quoi ?

— Je t’en prie, elle est venue me parler !

Le choc le fit tituber. Elle aurait tout aussi bien pu de nouveau le frapper.

— Elle t’a tout dit ? murmura-t-il.

— A quoi est-ce que tu pensais ?

Louis mit quelques instants à retrouver ses esprits. Ses craintes étaient devenues réalité. La vérité avait été révélée. Elle l’avait trahi. Prenant une inspiration profonde, il s’efforça de faire face à sa tante. Il s’y était préparé. Padma n’était pas là pour le conseiller. Il aurait à le faire seul.

— Je suis tombé amoureux, ça arrive !

— Tu es tombé amoureux ? répéta-t-elle écœurée.

— Oui !

— Oh, et tu parviens à te tromper quand il s’agit de la femme que tu aimes ?

Louis ne répondit pas et attendit que sa tante reprenne. La fureur d’Hermione n’en fut que décuplée.

— C’est Parvati qui est venue me parler.

Comme avait-il pu douter ? Padma l’aimait. Padma n’avait rien dit. Elle garderait leur secret.

oOo

— Tu comptes le dire à mes parents ?

C’était à présent la seule chose qui comptait. Tant que ses parents l’ignoraient, tout pouvait continuer.

— Tu n’as même pas dix-sept ans ! rappela-t-elle les dents serrées.

— Tante Hermione ? la supplia-t-il.

Cela suffit à la faire exploser. Jamais encore Louis n’avait entendu sa tante jurer.

Vingt-cinq ans ! Vingt cinq ans d’écart. Elle a mon âge ! Elle a l’âge de tes oncles !

— Je le sais !

— Tu pourrais être son fils ! Tu as même l’âge de l’un de ses neveux ! Et ne me dis pas que l’amour n’a pas d’âge ! gronda-t-elle menaçante.

Louis ne s’y serait pas risqué. Padma lui avait dit qu’ils ne comprendraient jamais.

— Je n’en ai pas après toi, Louis…

La rage de sa tante fondit, laissant place à la déception et au désarroi.

— Elle est mariée, finit-elle par soupirer.

Il s’efforça de ne pas en paraître affecté. Elle ne comprenait pas.

— Mais tu le savais, n’est-ce pas ? Et laisse-moi deviner, elle t’a dit qu’on l’avait mariée trop jeune, que son époux la délaissait, que même parfois il la battait. Qu’à cause de lui, elle ne pourrait jamais enfanter. Louis, ajouta-t-elle avec gravité. J’ai parlé à Parvati.

oOo

— Tu vas le dire à mes parents ?

Il se raccrocha à cette idée pour ne pas sombrer.

— Non, avoua-t-elle finalement. C’est à elle que je suis allée parler.

La colère était sienne désormais. Il se libéra des bras de sa tante et sécha les larmes qu’il n’avait plus pu réprimer.

— Tu as fait quoi ?

Hermione le considéra un instant du regard avant de se redresser.

— C’est terminé.

Voyant qu’il allait protester, elle ne lui en laissa pas le temps.

— Louis, tu as le droit de me détester. Et je ne doute pas que tu le feras durant des années mais cela ne m’ôtera pas de l’idée que j’ai bien fait. Quoi que tu puisses en penser, je l’ai fait pour toi. Cela ne t’aurait rien amené.

La bile dans la gorge, il secoua la tête, écœuré. Comme pour le convaincre, elle se laissa aller à ce dernier aveu.

— Tu sais, elle ne t’a même pas pleuré.

Normal, songea Louis, le lotus ne pleure jamais.



Return to Top