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: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Books » Harry Potter » Une force inattendue

Ice-Alex
Author of 4 Stories

Rated: K - French - Adventure/Romance - Harry P. - Reviews: 3 - Updated: 12-25-07 - Published: 09-24-07 - id:3800995
Chapitre 12 : Quand le mensonge n’est plus possible

La jeune fille se raidit, épouvantée par la possibilité que quelqu’un d’autre qu’elle ait pu entendre cette triste et horrible vérité. Elle tourna la tête et ce qu’elle vit la mit encore plus mal à l’aise – si c’était possible- qu’auparavant : les combats avaient cessé depuis l’apparition du Mage Noir. Tous les Mangemorts s’étaient regroupés derrière Voldemort, fidèles à leur maître - tels des chiens - et avaient rangé leur baguette. Les élèves, eux, avaient légèrement reculé, préférant mettre une distance raisonnable entre les Mangemorts et les professeurs. Tous fixaient soit Ellana, soit Voldemort et écoutaient le dialogue entre le père et la fille, mués d’horreur. Les partisans du Seigneur des Ténèbres arboraient un sourire triomphal, ravis de l’effet produit sur les apprentis sorciers.

Comment a-t-il pu savoir ? Comment m’a-t-il reconnue alors que l’on ne s’est jamais rencontrés ? Est-il au courant de tout depuis le début ? Ca expliquerait pourquoi Lucius Malefoy m’a dit qu’il avait sous-estimé son fils… Maintenant tout le monde sait la vérité, ils vont me mépriser, me rejeter, me traiter comme mon père a traité tous ces sorciers depuis le début. Pourquoi ? Je ne veux pas suivre le même chemin que lui ! Y suis-je condamnée depuis ma naissance ? Sans doute. Mais plutôt mourir que de me plier aux souhaits de cette face de serpent répugnante ! Moi, Ellana Evans, fille d’un assassin sanguinaire, suis-je condamnée à mourir pour éprouver ce que mon père ne peut pas ressentir : l’amour ? Si c’est le cas, je mourrai la tête haute, digne fille de ma courageuse mère. Dumbledore avait raison, l’amour fait notre force, l’amour est notre seul moyen de survie face à cette invasion du mal, c’est l’amour qui sauvera le monde. Pourtant, la chose que je crains le plus est bien lui… l’amour… qui nous force à faire des choses que l’on regrettera et que l’on payera de sa propre vie plus tard, qui nous tourne les sens, qui trouble la raison… l’amour rend aveugle, n’est-ce pas ? Est-ce pour ça que je n’ai pas vu ce qui se tramait pour révéler la vérité à la communauté des sorciers ? Oui, demain, ça fera la Une des journaux « Une traître à Poudlard, Ellana Evans, fille de Voldemort, qui l’eût cru ? » et des hiboux se presseront auprès de la directrice, des parents en colère, qui exigeront mon renvoi de l’école… Contrairement à mon père, j’éprouve de l’amour, de l’amour fraternel et de l’amitié, l’amour qui me sauvera peut-être ? Oui, je ne regrette pas d’éprouver cela, l’amour de Draco est la plus belle chose qui m’est arrivée. Draco… où est-il ? Je ne le vois pas.

La Serdaigle se retourna, faisant face à son adversaire, qui la fixait toujours, amusé de sa réaction. Elle ouvrit la bouche, et lui parla avec tout le mépris dont elle était capable :

Il n’y aucun point commun entre nous hormis le sang.

Oui, à ce que je vois, tu n’as pas mes pouvoirs, loin de là… ricana-t-il.

Non, effectivement, j’en ai beaucoup plus.

Eh bien, je suis désolé de t’apprendre qu’il est impossible d’en avoir plus que moi… N’oublie pas que je suis le plus grand Mage Noir, et puis, regarde, j’ai même tué ton cher Dumbledore. Oh oui, j’étais au courant de tes visites pour savoir d’où te venait cette Marque, dit-il en montrant le bras gauche d’Ellana, et qui était ton père. Une gamine bien curieuse à mon avis, on ne t’a jamais appris que la curiosité était un vilain défaut ? Tsst… Regrettable… Tu as hérité de ma beauté, à ce que je vois, oui, je te ressemblais beaucoup à ton âge…

Et les chevilles, ça va ? Fais attention, tes chaussures ne vont pas tarder à exploser…

Mais c’est qu’elle a de la répartie, celle-là ! Tu sais que tu ferais une redoutable Mangemort, malgré tes pouvoirs ridicules ?

Jamais ! Tu m’entends, jamais ! rugit-elle.

Voyons, sois raisonnable, rejoins nos rangs, tu seras respectée, la fille de Lord Voldemort a droit à un traitement de faveur… Et puis, tu seras plus en sécurité que n’importe où ailleurs… Accepte, sinon… tu devras te battre en duel… contre moi ! Je n’aimerais pas avoir à tuer ma fille, mais si tu insistes… Alors ?

Oui…

Bien, tu as fait le bon choix… s’exclama-t-il, triomphant de l’avoir convaincue.

Je me battrai en duel contre toi, poursuivit-elle sous le regard cruel du Lord.

Dans ce cas, prépare ta baguette !

Mais je n’ai pas besoin de baguette…

Je ne m’abaisse pas à faire un combat de Moldus, moi ! répliqua-t-il, sous les rires des Mangemorts.

Moi non plus…

Ah, je vois, tu préfères en finir tout de suite ? ironisa-t-il.

Je croyais que le « plus grand Mage Noir de tous les temps » aurait un peu de culture générale, mais apparemment, je me suis trompée… Pour ton information, une baguette sert à canaliser la magie qui habite un sorcier, car celle-ci est à l’état « sauvage », si je puis dire, mais il se trouve que moi, mes pouvoirs sont plus puissants, et je n’ai donc pas forcément besoin de baguette. Ce ne sont pas des pouvoirs que l’on peut créer avec une baguette, ils sont beaucoup plus complexes et nécessitent une grande concentration. Si tu veux un avant goût, le voilà…

La jeune fille fit un geste de la main, comme si elle cherchait à chasser une mouche, et le Seigneur des Ténèbres fut projeté, comme l’avait été Bellatrix Lestrange quelques minutes auparavant, à une dizaine de mètres plus loin, sous les yeux apeurés des Mangemorts. Celui-ci se releva difficilement, dispersa les quelques Mangemorts qui étaient venus pour l’aider à se redresser, et s’approcha d’Ellana lentement. Il la fixait de ses yeux rouges sang, où brillait une lueur indéfinissable.

Oui, hum, je t’ai peut-être sous-estimée, mais c’était très facile à faire… répliqua-t-il.

Oui, nombreux étaient ceux qui m’avaient sous-estimée… Mais j’ai décidé de tourner le dos à cette route toute tracée, pour construire la mienne, coûte que coûte, qu’importe les obstacles à franchir, qu’importe le prix à payer, de toute façon, là d’où je viens, je n’ai rien à garder…

Alors, on se dégonfle ? railla-t-elle.

Tu aimerais bien… cracha-t-il, toute lueur ayant disparu de ses yeux.

Il lui envoya un sortilège Doloris, qu’elle fit dévier d’un geste négligent de la main. Celui-ci frappa un gros Mangemort - qui s’avérait être le père de Crabbe - aussitôt, il s’effondra sur le sol, le corps agité de violents soubresauts. Il ne put se retenir plus longtemps, et un hurlement de douleur s’échappa de ses lèvres qu’il tentait tant bien que mal de fermer. Voldemort le regarda avec dégoût, puis il y eut un éclair vert aveuglant : Crabbe senior venait de périr de la main de son maître, pour ne pas avoir su se contenir et refouler sa douleur, aussi atroce soit-elle.

Tu viens de me faire perdre un fidèle Mangemort ! ragea-t-il.

Je ne t’ai jamais obligé à le tuer…

Ne joue pas à ça avec moi !

Il repassa aussitôt à l’attaque avec un sortilège Sectusempra, qu’elle désintégra d’emblée, toujours avec ce geste de la main désinvolte. Puis elle fit quelque chose de très étrange, elle tendit les mains vers le ciel en une sorte de vénération à un dieu ; et, contre toute attente, des figures de feu s’élevèrent, évoluant lentement, haut, tellement haut, qu’on n’en voyait à présent plus le sommet. Puis des flèches de flammes se détachèrent de la colonne de feu et fondirent sur Voldemort et tous les Mangemorts regroupés. On pouvait distinguer leurs yeux qui s’écarquillaient de frayeur sous leurs masques. Puis on entendit un grand « Crac » qui résonna dans tout le parc : ils avaient tous transplanés en urgence, même Voldemort, ayant pris peur devant cette magie inconnue aux yeux de tous. Était-ce de la magie noire ? Pourtant Voldemort en connaissait un rayon lui, en magie noire… Décidément, un mystère de plus qui venait s’ajouter à une liste déjà bien remplie…

Ellana se retourna et constata avec soulagement qu’aucun élève ou professeur n’était gravement blessé, juste quelques égratignures bénignes tout au plus. Ils se précipitèrent tous sur elle, la félicitant de son courage et de son audace ; ils semblaient tous avoir oublié qu’elle était la fille de Lord Voldemort, ou du moins, ils ne firent pas de commentaires désobligeants. Elle perçut tout de même des bribes de phrases qui semblaient vouloir signifier qu’ils ne la jugeraient pas, car elle avait fait le bon choix. Le professeur McGonagall vint même la serrer dans ses bras, dans un élan de tendresse, rare chez une personne aussi aigrie.

La jeune fille tentait de distinguer le visage d’un de ses amis dans la marée d’élèves, en vain. Elle se sentit tirée par la manche, elle se retourna dans cette direction et aperçut une tête rousse émerger de la foule. Elle se fraya un passage et parvint enfin à se dégager. Là, devant un arbre, l’attendaient Harry, Ron, Ginny, Draco et Hermione. Elle se dirigea vers ses amis, appréhendant leur réaction, Draco lui adressa un sourire confiant et Harry se décida enfin à parler :

Il faut qu’on parle, on va aller dans une classe vide où l’on sera tranquille…

Elle acquiesça, Draco lui prit la main et ils suivirent Harry, Ron, Hermione et Ginny dans les couloirs du château désert. Ils entrèrent dans la première classe venue. Une classe ? Non, c’était une petite pièce qu’aucun d’entre eux n’avaient remarquée auparavant : elle ne comportait qu’une grande armoire au fond de la pièce, et au centre, se trouvait une table ronde sur laquelle était posé un calendrier annuel. Personne ne semblait y être venu depuis bien longtemps, à en juger par la couche de poussière qui recouvrait les meubles. Les jeunes gens ne s’arrêtèrent pas à ces détails insignifiants et reprirent leur conversation :

C’est vrai ce qu’il a dit ? demanda Hermione.

Malheureusement, oui, répondit l’intéressée.

Harry, tu m’en veux ?

Non, je suis choqué… et puis… je ne comprend pas…

Que ne comprends-tu pas ? demanda Ginny.

Comment… je veux dire… maman…

Pourquoi ta mère a eu un enfant de Lord Voldemort, alors qu’elle le détestait, c’est ça ? compléta Hermione d’un ton compatissant.

Oui…

Je n’en sais pas plus que toi, Harry, mais si tu veux mon avis, je ne pense pas qu’elle ait été consentante, si tu vois ce que je veux dire…

Oui, je pense aussi, tu connais ta mère, Harry, c’était un membre de l’Ordre du Phénix, pas une traître… renchérit Ron, Tu-Sais-Qui avait peut-être besoin d’assurer sa descendance… et c’est sur ta mère que c’est tombé…

Mais, pourquoi n’a-t-elle rien dit ? Pourquoi a-t-elle gardé l’enfant ? demanda Harry.

Tu n’est pas content d’avoir une demi-sœur ? dit la Serdaigle d’un ton accusateur.

Si… bien sûr…

Bah alors ? Pourquoi toutes ces questions ? Harry, le passé, c’est le passé, or nous vivons au présent, alors arrête de te casser la tête à chercher des réponses à ces questions !

Mouais…

Ca doit faire longtemps que personne n’est venu ici ! s’exclama Ron, En plus, le calendrier n’est même pas à jour… Ralala… Il a deux ans de retard…

Ron… s’exaspéra Hermione

Il s’empara du calendrier et tenta de tourner les feuilles, en vain : celles-ci semblaient collées :

J’y arrive pas… dit-il d’un ton sceptique.

Ron ! On s’en fiche de…

Hermione s’apprêtait à rabrouer le jeune homme lorsque tout devint noir. Ils furent comme aspirés dans un tuyau sans fond, et tombèrent quelques secondes plus tard sur des dalles de pierre dures et froides. Ils se relevèrent en grimaçant et constatèrent avec soulagement qu’ils étaient dans la même pièce qu’un instant auparavant.

Je t’avais dit de ne pas y toucher, Ron !

Calme-toi, Granger, tu vois bien qu’on a pas bougés ! répliqua Draco.

Depuis quand tu le protèges toi ?

Moi ? Protéger la belette ? Ha ! Jamais ! Je protège mes tympans, nuance !

Hermione… balbutia Ron.

Quoi encore !

Ron ?

Ron ! Qu’est-ce qu’il y a ?

Celui-ci fixait le calendrier, incapable de parler tant ce qu’il voyait le stupéfiait d’horreur.

Le… le…

Allez accouche, Weasley ! s’impatienta Draco.

Le petit Ronnie à sa maman il sait plus parler ? se moqua Ginny.

Le… le… calendrier…

Eh ben quoi le calendrier ? s’énerva Harry.

Ils regardèrent l’objet et virent avec stupéfaction que le calendrier avait maintenant 20 ans de retard… Ils avaient remonté le temps et étaient en 1977…



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